Matignon : qui pour sortir de l'impasse ? #cdanslair 26.08.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Que se passe-t-il ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Pourquoi M.Le Pen refuse-t-elle tout gouvernement de gauche ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Est-ce que les Français sont désabusés ou préoccupés ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Est-ce que les patrons font campagne contre le NFP ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la gauche appelle à la rue ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Comment va se passer la rentrée des classes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00B.TeinturierFait
« On est dans la pire des configurations. On tourne en rond. »
- 7:00M.Le PenFait
« Ils se sont fait élire les uns les autres mais ils ne cessent de multiplier les attaques, les outrances, et E.Macron a choisi le chaos. »
- 12:00B.TeinturierFait
« On est à des niveaux de défiance à l'égard de cette nouvelle Assemblée nationale extrêmement élevés. »
- 15:00C.BarbierChiffre
« La croissance était bonne pour le 2d semestre. Les chiffres du chômage aussi sont bons. »
- 17:00B.TeinturierChiffre
« 65 % des Français considèrent que c'est une mauvaise chose qu'il n'y ait pas de force politique avec la majorité à l'Assemblée. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
le blanc est impeccable. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. Les jours passent avec leur lot de scénarios, d'hypothèses, de coups de pression et de com. L'horizon politique est bouché.
La porte ouverte par J.-L.Mélenchon ces derniers jours semble s'être refermée.
Ministres LFI ou pas, le RN censurera tout gouvernement de gauche. C'est ce qu'a déclaré M.Le Pen en sortant de son entretien avec le président de la République, sur la même ligne que toute la droite républicaine qui refuse le programme du Nouveau Front populaire.
Les consultations à l'Elysée se sont poursuivies toute la journée. Les présidents des 2 assemblées, le RN et aussi E.Ciotti qui est persuadé que le choix du Premier ministre n'est pas imminent.
Pourtant, les Français, à l'heure de la rentrée, risquent de perdre patience. C'est le cas des patrons qui font leur université d'été et de ceux qui font face à des urgences. Je pense aux agriculteurs, qui sont prêts à relancer la mobilisation.
Avec nous, pour peut-être répondre à la question de l'émission, C.Barbier. Vous êtes éditorialiste et conseiller de la rédaction de "Franc-Tireur".
Voici votre dernier édito. Je rappelle votre livre. L.Vigogne, vous êtes journaliste politique en charge de l'Elysée à "La Tribune Dimanche".
A la une hier, voici votre article...
Vous cosignez un papier sur les coulisses de cette nomination. R.Garrat-Valcarcel, vous êtes journaliste au "Monde".
B.Teinturier, vous êtes directeur général délégué de l'institut Ipsos. Je cite votre article qui revient sur les enseignements et les attentes des Français après les législatives.
Bonsoir. Merci de participer à ce "C dans l'air" en direct. La semaine dernière, on disait que mardi soir, on aurait sûrement le nom du Premier ministre.
Que se passe-t-il? - C.Barbier: La situation est compliquée.
La situation devait se clarifier, selon le président, elle a embrouillé. L'été a troublé le jeu. Les consultations devaient faire la lumière et pour l'instant, c'est une forêt obscure.
On ne voit pas de solution. Aucune force politique n'a réussi à la fois à s'ouvrir, à s'allier, et à convaincre qu'elle aurait, si ce n'est une minorité avec elle, pas de majorité contre elle. On n'est pas plus avancés.
Ca vient à la fois de la mauvaise volonté des acteurs politiques...
Personne ne veut faire de concession, ni sur son programme, ni sur sa ligne, ni sur son calendrier. Le président a été spectateur attentiste du jeu politique et de son mouvement. Sauf que le mouvement ne viendra pas de lui-même et que le président de la République doit provoquer un mouvement.
Il doit prendre son risque. Il doit dire: "J'ai écouté tout le monde il n'y a aucune solution comme je la souhaitais, avec une majorité stable pour un cap clair qui me convienne. Donc je prends un risque.
Je nomme madame X ou monsieur Y et je tente ma chance." - C.Roux: Sauf qu'on avait compris que ce vote obligeait E.Macron et que ses choix étaient guidés, dictés par les forces politiques qui avaient gagné ces élections législatives.
Là, vous dites qu'il devrait reprendre la main et décider tout seul. - B.Teinturier: Dictés par quoi?
On voit bien que la France est très à droite. Une partie des macronistes sont de droite. Sauf qu'au 2e tour, il y a plus de députés du Front populaire que de députés des autres alliances.
Mais le 1er groupe est quand même le groupe RN. "Il y a quand même une possibilité de faire une union nationale sauf les 2 extrêmes..." Il n'y a pas d'addition gagnante. - C.Roux: Ce matin, une nouvelle porte s'est fermée.
Celle qui a claqué la porte s'appelle M.Le Pen. Elle considère que cette ouverture faite par J.-L.Mélenchon disant qu'il n'est pas nécessaire qu'il y ait forcément des ministres LFI au sein du gouvernement...
Il avait ouvert cette voie. Ca ne suffit pas à ce que M.Le Pen vote l'ascension d'un gouvernement de gauche. - L.Vigogne: C'est une position qui sert E.Macron.
Quand il a lancé les consultations, son idée était de purger dans un 1er temps l'hypothèse L.Castets. Toutes les autres forces politiques refusent la présence de ministres LFI...
Il voulait expliquer que personne n'acceptait la nomination de L.Castets. M.Le Pen est venue aider E.Macron en ce sens.
Ca complique quand même la narration d'E.Macron. Le scénario était assez simple, jusqu'à samedi midi et que J.-L.Mélenchon ouvre cette porte en expliquant que les insoumis étaient prêts à un soutien sans participation.
Ca a été un petit coup de théâtre auquel personne ne s'attendait. C'est venu brouiller les choses. C'est une position qui a obligé l'ancienne majorité présidentielle, le bloc central, à modifier son discours et à dire que ce n'était plus seulement la présence de ministres LFI qui posait problème mais le programme du Nouveau Front populaire.
Ca complique les choses. Ca va créer du ressentiment à gauche et chez les électeurs de gauche. Ca peut compliquer la suite du process.
On va voir la réaction des forces de gauche quand E.Macron dira qu'il ne nommera pas L.Castets à Matignon mais qu'il entame une autre série de consultations. - C.Roux: Les consultations...
On a parlé de M.Le Pen et de J.Bardella qui sont arrivés ensemble à l'Elysée.
Il y a aussi eu E.Ciotti, la présidente de l'Assemblée et le président du Sénat. Tous ces gens se sont parlé.
Ces consultations, ça sert à quoi? A montrer aux Français qu'il aura entendu tout le monde avant de prendre sa décision? - R.Garrat-Valcarcel: Ca sert à justifier qu'il y a une majorité contre L.Castets.
Le problème, c'est que ça ne marche plus très bien si les données ont changé. Depuis l'interview de J.-L.Mélenchon, c'est surtout des ténors de l'aile droite de la majorité qui parlent.
Je suis étonnée qu'il y ait peu de prises de parole ailleurs, dans la majorité. Visiblement, ça discute un peu. C'est difficile, après avoir justifié la non-nomination de L.Castets, de sortir quelqu'un du chapeau dont on ne sait absolument pas qui le soutient.
C'est un problème dans le récit d'E.Macron dans les prochains jours et semaines. - C.Roux: On se demande ce que peuvent penser les Français de ce jeu politique qui dure au-delà de ce qu'on aurait pu imaginer, au soir de ces élections. - B.Teinturier: On est dans la pire des configurations.
On tourne en rond. C'est quand même quelqu'un qui a les clés de la décision. C'est au président de la République de prendre son risque, de nommer ou pas ceux qu'il veut, quitte à ce que le gouvernement tombe immédiatement et qu'il se passe quelque chose, a minima.
Il ne le fait pas. Jusqu'au 20 août, je me disais que les Français allaient partir en congés et que ça pouvait tenir. Mais il y a urgence.
Si vous votez pour des législatives, pour des européennes, que vous envoyez un message, qu'il ne se passe rien et qu'aujourd'hui, on ne sait toujours pas qui sera le Premier ministre, qui sera le gouvernement, quelle sera la coalition... - C.Roux: On voit tous les ministres démissionnaires pour gérer les affaires courantes... - B.Teinturier: Les incarnations restent les mêmes.
On a cette impression de tourner en rond. Si ça dure un peu trop longtemps, qu'est-ce qu'il y aura à disposition pour les Français? Si vous n'avez plus le gouvernement, si rien ne se passe, il y a la protestation et la rue. "Il faut qu'il prenne son risque"...
Je pense qu'il y a urgence à ce qu'il décide...
Je ne peux pas dire "quelle que soit sa décision". L'équation n'est pas possible. - C.Roux: Il a le choix entre la stabilité et l'instabilité? - B.Teinturier: Il y a quand même des marges de manoeuvre.
Il pouvait dire: "Ce n'est pas mon souhait, mais la coalition qui est arrivée en tête, c'est le Nouveau Front populaire"quitte à ce qu'on purge l'équation et que le gouvernement tombe au bout de 3 jours. Mais au moins, la responsabilité eut été du côté de l'Assemblée. Je pense qu'il espère plutôt quelque chose avec les LR et l'abstention du RN. - C.Roux: On va parler de L.Wauquiez plus tard.
Une question...
Vous préparez une enquête avec le journal "Le Monde" sur l'état d'esprit des Français. Est-ce que vous sentez monter une forme d'indifférence face au jeu politique avec des Français qui seraient un peu désabusés ou vous sentez monter quelque chose de plus préoccupant? - B.Teinturier: De plus préoccupant...
Vous aurez la réponse dans "Le Monde" vendredi. Sans trahir de secret, on est à des niveaux de défiance à l'égard de cette nouvelle Assemblée nationale extrêmement élevés. On est à un niveau de défiance que j'ai rarement vu à l'égard du personnel politique.
Il ne faut pas imaginer qu'on serait dans l'esprit des Jeux et que les Français se diraient que tout va bien. L'exaspération est en train de monter. J'en suis convaincu.
Il y a urgence à, au moins, donner un signe qu'il se passe quelque chose. Il y a des décisions qui se prennent, qu'on n'a pas voté pour rien. - C.Roux: On va revenir sur les différents scénarios.
Il devait prendre la parole éventuellement ce soir, E.Macron - L.Vigogne: C'était ce qui était prévu initialement.
On peut imaginer que ce soit encore le cas. L'idée d'E.Macron, c'était de procéder à ciel ouvert, selon ses mots.
De faire en sorte que les Français voient bien qu'il associe tout le monde et qu'il ne prend pas seul la décision de nommer un nouveau Premier ministre. Ca nécessite un moment de pédagogie sur cette 1re phase qu'il va refermer ce soir après avoir reçu G.Larcher. - C.Roux: S'il prend la parole sans donner le nom du Premier ministre, ce sera un sujet?
Manifestement, la décision n'est pas imminente, c'est le pronostic d'E.Ciotti. Le RN a redit fermement non à tout.
Ministres LFI ou pas...
Ce -Ce matin, à l'Elysée, les consultations ont repris. La présidente de l'Assemblée nationale est repartie sans un mot à la presse, et voilà les représentants du RN suivis, quelques minutes plus tard, par leur nouvel ami E.Ciotti, venus dire au président leur opposition à tout gouvernement issu de la gauche. - J.Bardella: Le Nouveau Front populaire a positionné aujourd'hui l'extrême gauche aux portes du pouvoir.
Nous avons indiqué que nous étions en faveur d'une motion de censure à l'égard d'un probable gouvernement du Nouveau Front populaire. - M.Le Pen: Ils se sont fait élire les uns les autres mais ils ne cessent de multiplier les attaques, les outrances, et E.Macron a choisi le chaos.
On a le sentiment qu'il espère faire durer ce chaos jusqu'au mois de septembre. Ca a été le cas également tout l'été. - Comme ses alliés du RN, pour E.Ciotti aussi, un Premier ministre aux couleurs du NFP, c'est non. - E.Ciotti: Ce débat aujourd'hui nous met à l'écart.
Nous n'avons pas vocation à participer dans le choix d'un Premier ministre. Ce que j'ai dit au président de la République, c'est que j'étais totalement opposé à ce qu'il y ait un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire, et notamment de LFI, que ces partis étaient dangereux. Et je dis que tous ces partis sont dangereux. -52 jours après le 2d tour des élections législatives, quel sera le choix du président pour Matignon?
Vendredi, après la visite de la coalition présidentielle de la droite à l'Elysée, un front anti-LFI s'était durci. Ce week-end, J.-L.Mélenchon tente un coup. ...
Tout le week-end, les alliés de la gauche se sont retrouvés aux universités d'été des insoumis et des Ecologistes. Le coup politique de Mélenchon a plutôt plu. - O.Faure: J.-L.Mélenchon a dit qu'il était prêt à un gouvernement où les insoumis soutiennent mais ne participent pas au gouvernement.
Le prétexte qui, jusqu'ici, servait à refuser la nomination de L.Castets est levé. Je ne vois pas d'obstacle Au fait que L.Castets soit nommée. - La question que l'on pose derrière, c'est de savoir si le problème est d'avoir des ministres de LFI ou est-ce que c'est le programme, la programmation de la réforme des retraites, la réforme du Smic... - Ce matin, une nouvelle mise en garde dans la presse, à la radio.
C'est bien le programme de LFI qui inquiète le patron du Medef. - Je me dis: "Attendons de voir à quelle sauce on va être mangés." Les chefs d'entreprise sont inquiets.
Il ne faudrait pas les rendre fébriles avec un flou politique qui dure trop longtemps et des offres politiques inappropriées. - Des patrons qui recevaient cet après-midi les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, impatients de connaître enfin la décision du président. Il va falloir peut-être attendre encore un peu. - C.Roux: Question.
On a évoqué dans la presse l'idée d'un Premier ministre issu de la société civile ou d'un technocrate. - C.Barbier: Il y a des gens d'accord pour piloter l'Etat.
On peut faire des choses en 3 semaines. Bonaparte faisait beaucoup de choses en 3 semaines. Et surtout, ça peut durer.
Chacun peut se dire: "Moi, j'y arriverai." "Je suis l'homme ou la femme de l'intérêt général." Il y a un côté dévouement.
Il y a ceux qui se diront: "Vu mon positionnement, je n'aurai pas de majorité absolue avec moi, mais je n'aurai pas de majorité contre moi parce que la gauche ne me déteste pas assez et l'extrême droite ne me déteste pas assez..." "Au moins, j'aurai pris cette charge pour moi.
Je vais réussir à gagner du temps." C'est en n'étant pas assez détestés, en étant les hommes du juste-milieu qu'ils ont réussi à durer. Et il y a ceux qui peuvent se dire: "Je ne fais peur à personne, mon avenir est derrière moi.
Je peux terminer en rendant service au pays." C'est ce qu'a fait un certain R.Poincaré en 1924 en récupérant le pays dans un état financier lamentable. - C.Roux: C'est le profil que vous privilégiez dans ce que vous expliquez?
J'ai l'impression que vous nous dites qu'un ancien qui aurait du sens politique, de la bouteille et qui accepterait de revenir pour rendre service... - C.Barbier: Et qui discuterait avec le monde, qui n'aurait pas d'a priori idéologique et qui n'aurait pas d'ambition pour 2027.
C'est une évidente condamnation rapide. Ca peut être une solution. C'est une solution qui nécessiterait peut-être un peu plus de chaos encore.
C'est l'union nationale avec la paix des braves. C'est quand ça va très mal. Entre les 2, on peut tenter un gouvernement plus technique des gens qui sont là parce qu'il faut faire un budget et qui, sans a priori idéologique, proposeraient des solutions purement administratives. - C.Roux: Certains noms ont tourné dans la presse.
Est-ce qu'on sait les quelques coups de fil qu'E.Macron aurait pu passer à des candidats potentiels pour Matignon? - L.Vigogne: Je ne sais pas.
Dans ces moments, E.Macron procède de manière prudente. Pour l'instant, c'est un secret assez bien gardé.
Après, des noms ont circulé. On sait que X.Bertrand a fait campagne au coeur de l'été.
Aujourd'hui, il ne fait plus campagne. Celui qui se démène beaucoup en coulisses, c'est J.-L.Borloo qui passe beaucoup de coups de fil.
Il pourrait correspondre au portrait dressé par Christophe, de personnalité en fin de carrière qui peut être relativement consensuel On a beaucoup parlé de B.Cazeneuve. On ne sait pas vraiment s'il y a eu un contact avec le chef de l'Etat, mais c'est un nom qui circule beaucoup.
On sait que les émissaires élyséens qui ont approché B.Cazeneuve n'ont pas été mal reçus. Il n'a pas émis une fin de non-recevoir.
C'est un nom qui circule encore beaucoup à l'Elysée, même si E.Macron a noté que le PS avait dit non à B.Cazeneuve, contrairement au nom de X.Bertrand qui ne circule plus.
E.Macron a noté que X.Bertrand n'était pas soutenu par sa famille politique, Les Républicains.
Et M.Le Pen ne voulait pas non plus de lui. - C.Roux: Pourquoi? - L.Vigogne: Elle le déteste.
Elle était candidate face à lui dans les Hauts-de-France. Elle ne le supporte pas. - C.Roux: Vous faisiez la moue quand on évoquait le nom de B.Cazeneuve.
Vous pensez qu'il n'est plus dans la liste de ceux qui sont... - R.Garrat-Valcarcel: Je pense que c'est difficile de détacher le PS, la grande majorité du PS, tant que l'hypothèque Castets n'est pas levée.
Il est urgent de redonner la parole à l'Assemblée. Je ne crois pas que les blocs bougeront, en tout cas pas fondamentalement, tant qu'il n'y aura pas eu un et peut-être même 2 gouvernements qui tomberont. Ca peut mettre du plomb dans la tête de l'Assemblée qui prendra la responsabilité du blocage.
Aujourd'hui, c'est le président de la République. - C.Roux: M.Le Pen a demandé quelque chose au président de la République ce matin.
Elle a dit qu'il fallait que ça se passe de nouveau à l'Assemblée nationale. Elle a demandé l'ouverture d'une session extraordina à l'Assemblée. - R.Garrat-Valcarcel: Il faudrait qu'il y ait une petite session extraordinaire à l'Assemblée parce qu'il y a des textes qui doivent être déposés le 1er octobre.
Effectivement, ça discute aussi à gauche. Certains se disent...
Il y a 2 moyens de convoquer une session extraordinaire: soit le président de la République soit la moitié des députés. Il faut les trouver, la moitié des députés, évidemment. Mais l'Assemblée pourrait décider de se convoquer elle-même. - C.Roux: En tout cas, le Nouveau Front populaire explique que désormais, le NFP ne reviendra à l'Elysée que pour parler du gouvernement de L.Castets.
Ils considèrent que la seule hypothèse crédible qu'ils souhaitent défendre naturellement, c'est celle de L.Castets - R.Garrat-Valcarcel: Le grand avanta de la gauche, c'est qu'en face, il n'y a aucun nom, aucune alliance.
Ca fait 6 semaines qu'on parle de l'alliance entre la droite et les macronistes et qu'elle n'arrive jamais. Même si à l'arrivée, ça ne donnerait que 20 sièges de plus. Tant qu'il n'y a pas d'autre alliance qui peut dire "j'ai plus de sièges que le NFP", le NFP peut dire"j'ai la main".
Tant qu'il n'y a pas quelqu'un d'autre qui dit "sur mon nom, je réunis plus de monde", aujourd'hui, la personne qui réunit le plus de monde sur son nom, c'est L.Castets. - B.Teinturier: Il faut purger la question.
Mais c'est la même analyse. Il y a une forme de légitimité à ce que L.Castets soit désignée.
C'est la coalition qui arrive en tête. Presque immédiatement, c'est un gouvernement qui tombera. Les positions qu'elle défend, le fait qu'elle veuille rester sur le programme quasi intégral du Nouveau Front populaire et de LFI fait qu'il n'y aura pas de majorité.
Mais j'ai l'impression qu'il faut repasser par là, qu'il faut arrêter ce procès en "vous ne voulez pas, vous manipulez, vous procrastinez en ne nommant pas L.Castets et..." J'ai envie de dire "chiche". - C.Roux: Ce n'est pas la tonalité de ce qu'a dit le président de la République qui évoque une situation et un mot, la stabilité, à tous ses interlocuteurs. - B.Teinturier: Sauf que cette stabilité est introuvable.
C'est une exigence qui, en l'état des forces politiques au Parlement...
C'est une équation qui n'est pas tenable. - R.Garrat-Valcarcel: La stabilité, c'est ce dont on parle beaucoup pour définir la Ve République.
C'est bien, la stabilité, mais il ne faut pas oublier le caractère démocratique du gouvernement. Ce n'est pas fou d'imaginer que le 1er bloc puisse avoir sa chance. Je ne pense pas que ça puisse aller au-delà.
Mais il y a des tas de pays où il y a un scrutin majoritaire où, parfois, il n'y a pas de majorité absolue et où, pendant un temps, tant que ça ne va pas trop loin, on laisse le gouvernement gouverner. Ca ne dure jamais très longtemps. Je n'y crois pas dans le cas français. - C.Roux: Ce qu'on entend beaucoup à droite, c'est: "Vous n'avez pas bien compris le message des urnes.
Le message désormais, c'est 11 millions de voix pour le RN au 1er tour et c'est à cela qu'il faut répondre." - R.Garrat-Valcarcel: Qu'ils proposent un nom et un accord de gouvernement, même a minima. - C.Barbier: C'est la conséquence de la tripartition.
Si vous n'avez pas de coalition entre le RN, les LR ou Ensemble...
Quand vous interrogez les Français et que vous leur demandez où ils se positionnent, ils se positionnent à 45 % à droite. Il y a quelque chose qui plaide pour la droite. Quand l'équation fait que vous n'avez pas de coalition possible de ce côté, vous pouvez toujours dire: "Le pays est à droite." Vous n'avez pas résolu le sujet.
Mon inquiétude, c'est que s'il ne se passe rien, il n'y aura que la rue. Plus les semaines s'écoulent, plus les Français auront le sentiment qu'ils ont voté...
Et ce n'était pas rien, des législatives. Ca sert à définir une politique. Ca ne doit pas perdurer, sinon on court vers des moments extrêmement dangereux et ténus. - C.Roux: Avec la tonalité du pays qui est encore dans les Jeux paralympiques, mais la rentrée va arriver. - C.Barbier: Je pense que ça va revenir extrêmement vite.
J'allais dire "la récréation"...
Cette parenthèse enchantée des JO, cette pause, va se réformer. - C.Roux: Les agriculteurs vous donnent raison.
Vous allez retrouver des agriculteurs qui étaient en colère en hiver dernier et qui sont prêts à reprendre la mobilisation. Ils attendent la nomination d'un Premier ministre et le fait que les promesses qui ont été faites soient honorées. - C.Barbier: Le président de la République évoque 3 arguments pour ne pas passer par cette hypothèse Castets.
Même pour purger cette hypothèse, il ne faut pas se payer une crise politique. Avec un gouvernement qui tombe, c'est une crise politique. 2e argument, ça ne durerait pas 3 jours.
Et la rentrée parlementaire n'a pas eu lieu. On aurait un gouvernement Castets du 28 août...
Jusqu'en octobre. Tout ce que le gouvernement préparera ou promettra pourrait faire un choc économique qui empêcherait les entrepreneurs d'investir, d'embaucher, et inquiéterait beaucoup l'environnement économique. Dernier argument: la lecture de l'argument démocratique.
Ils ont plus de députés, mais au 1er tour, les voix ne se sont pas distribuées comme ça. Et puis, quand il y a eu un référendum sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la démocratie a dit oui à l'aéroport et les écologistes ont dit non à la démocratie. Les écologistes récusaient la légitimité de ce référendum.
Ils voyaient midi à leur porte. - C.Roux: Est-ce que du côté du Nouveau Front populaire, la proposition de J.-L.Mélenchon a ouvert une ère nouvelle dans l'équilibre des forces au sein du Nouveau Front populaire?
Le fait que J.-L.Mélenchon ait dit qu'on n'était pas forcés de participer...
Soutien sans participation. On n'est pas forcés de participer à un gouvernement Nouveau Front populaire. - R.Garrat-Valcarcel: Si jamais ça devait arriver.
Un gouvernement de L.Castets sans LFI, c'est sûr que ça met la pression. Ca met la pression sur les socialistes, les écologistes et les communistes qui seront au gouvernement.
On peut se dire que "réfugiés" hors de la politique, ça peut être une place enviable pour les insoumis. Chacun a bien vu que ça pouvait faire un peu bouger la situation éventuellement et l'accueillir plutôt positivement. Mais comme l'ont dit certains, ça ne vient pas gratuitement.
Il y a des avantages à ce que J.-L.Mélenchon et les insoumis puissent éviter d'aller au gouvernement, dans une situation qui sera extrêmement... - C.Roux: Pour jouer 2027? - R.Garrat-Valcarcel: Eventuellement.
Peut-être avant. - B.Teinturier: Je crois que c'est un jeu de bonneteau.
J.-L.Mélenchon a juste posé une question.
Il a posé la question à Ensemble, à LR. Ils auraient pu dire non, mais J.-L.Mélenchon aurait pu dire "très bien, nous allons faire partie de cette coalition".
Au sein de sa propre coalition, du Nouveau Front populaire, on a vu les choses se dessiner, avec un O.Faure qui, du coup, était plutôt favorable à cela, mais quand même un peu embêté. On ne peut pas exclure totalement que J.-L.Mélenchon déciderait: "Je vais faire du soutien sans participation et comme ça, je vais me ménager.
Si c'est le chaos, je resterai le recours, le recours de la vraie gauche radicale." Il y a une esthétique de la radicalité chez J.-L.Mélenchon qui continue à oeuvrer.
Mais c'est un jeu de bonneteau, de magicien auprès des Français pour dire: "Regardez, c'est eux, c'est pas nous." Les Français ne sont pas dupes de ce qui se passe à LFI et de la part de J.-L.Mélenchon. - C.Roux: Est-ce que les Français attendent une réponse de droite ou une réponse de gauche?
Est-ce qu'ils attendent un programme issu du Nouveau Front populaire ou d'union de la droite avec toutes les droites, y compris du RN? - B.Teinturier: Rien de clair ne sort, malgré les coalitions qui sont testées.
Compte tenu de la tripartition, de la division...
Il ne peut pas y avoir de coalition qui s'impose. En tous les cas, massivement. Vous avez aussi bien une coalition Ensemble et une partie de la droite qu'une coalition Ensemble et une partie de la gauche sans LFI qui sont un peu plus hautes que d'autres coalitions.
Mais le RN et ses alliés, c'est toujours très fort. Quand on mesure les leaders, on a quand même un RN qui reste très puissant. On ne parle que de LFI et de L.Castets, mais celui qui monte dans l'opinion et qui se maintient très bien voire qui continue à progresser, c'est le RN.
Celui qui baisse, c'est LFI. - C.Roux: Sur la question de l'antisémitisme, il y a une polémique qui est née depuis l'incendie de la synagogue à La Grande-Motte. "Intolérable crime", dit J.-L.Mélenchon, qui ne parle pas d'antisémitisme.
Ca lui est reproché? - B.Teinturier: On avait fait, pour "Le Monde", fin octobre, une grosse enquête après le 8 octobre.
On voyait que les positions de J.-L.Mélenchon sur l'antisémitisme étaient condamnées par les Français.
Ils considéraient que soit il faisait le pompier incendiaire sans être forcément lui-même antisémite, mais que ses propos favorisaient l'antisémitisme...
Il n'y a aucune raison que ça ait changé. Au contraire. Vu tout ce qu'on a eu sur la campagne, Gaza, R.Hassan... - C.Roux: On va voir des déclarations qui ont ulcéré une partie de la gauche. - G.Darmanin: Devant tous les offices religieux de nos compatriotes juifs, il y a des gendarmes qui protègent les Juifs de France.
La menace sur eux est très forte. Elle est aussi forte parce qu'il y a des discours politiques haineux devant les juifs de France. Il faut les dénoncer.
On voit bien qu'il y a une partie de la gauche, malheureusement, qui tient ce discours d'encouragement, de haine envers nos compatriotes juifs. Quand on n'est pas capable de qualifier d'antisémite ce qui s'est passé...
Mettre le feu de façon volontaire à une synagogue où le rabbin habite... - R.Garrat-Valcarcel: De toute façon, c'est en...
Je me souviens d'une interview avec J.-L.Mélenchon.
C'était avant le 7 octobre. On lui demandait: "Vous n'avez pas peur que l'étiquette de l'antisémitisme vous colle?" C'est quand même une étiquette particulière.
Il expliquait que c'était comme ça, la vie politique française, que tout le monde a les étiquettes des autres. Ce n'est pas faux, mais c'est quand même une étiquette particulière dont il n'arrive pas à se dépêtrer. Je ne vois pas très bien comment il va s'en dépêtrer mieux. - B.Teinturier: Et qu'il n'avait pas il y a 10 ans! - C.Roux: Vous voulez dire un mot, C.Barbier?
On a une gauche qui essaye de présenter un visage uni, d'arriver ensemble à l'Elysée...
Sur des sujets comme ça, on retrouve les fractures de ces gauches. - C.Barbier: Pourquoi voulez-vous que J.-L.Mélenchon change de stratégie?
Elle lui a permis de gagner 1 million de voix entre les européennes de 2019 et les européennes de cette année. 1 million de voix, avec R.Hassan en porte-drapeau!
Les socialistes avaient dit: "Plus jamais, LFI, c'est terminé!" Ils sont revenus en 2 jours à la niche pour sauver leurs sièges de députés. Pourquoi voulez-vous que J.-L.Mélenchon change de stratégie?
Il est persuadé que cette stratégie va lui permettre de gagner la présidentielle, qu'elle va lui permettre d'être au 2d tour face à M.Le Pen et qu'il gagnera l'élection face à M.Le Pen dans un choc de société en dehors des urnes.
C'est une stratégie révolutionnaire qui passe par l'islamo-gauchisme, une complaisance pour obtenir un vote gauchiste. - C.Barbier: Est-ce que vous avez entendu O.Faure dire "je quitte le Nouveau Front populaire"? - B.Teinturier: Il y a eu 1 million de voix supplémentaires, mais parce que la participation a augmenté.
Tous les autres partis ont aussi beaucoup progressé et davantage que LFI, toutes proportions gardées. Ca devrait alerter LFI. Les cartes recommencent à se creuser plutôt en faveur du PS que du rapport de force qu'on avait en 2022, au moment de la présidentielle.
Ce qui me fascine, c'est de voir que tous les indicateurs montrent que ce n'est pas une bonne stratégie. Je reste là-dessus. Les résultats des européennes, les résultats des législatives...
Tous les sondages montrent que c'est catastrophique pour LFI et J.-L.Mélenchon. - C.Roux: Il sera un des nouveaux visages de l'Assemblée.
L.Wauquiez a fait sa rentrée politique dimanche. Sa candidature à la présidentielle est dans toutes les têtes, mais son urgence est ailleurs: mener la bataille contre la gauche et faire l'unité dans son camp. - L.Wauquiez: Tu ne vas pas te faire doubler par des gens... - C'est un rituel de rentrée tout en symboles.
Gravir un chemin sinueux jusqu'au sommet. L.Wauquiez, entouré de ses fidèles...
Séance photo et quelques mots pour chacun. - L.Wauquiez: Tu es vraiment ravissante. - Une traditionnelle ascension du mont Mézenc qui avait, cette année, un sens tout particulier. - Aujourd'hui, franchement, on a eu quelque chose qu'on n'avait pas ressenti depuis très longtemps.
Pratiquement depuis monsieur Sarkozy. - Et cette sympathisante le verrait bien aller... - Le plus haut possible.
Vous ne me ferez pas dire ce que je ne veux pas dire. - Réponse plus qu'explicite un peu plus bas, imprimée sur ce t-shirt. - Le t-shirt dit tout.
Il dit simplement que ça y est, on a monté une 1re association de soutien à la candidature de L.Wauquiez. Le but est de mailler sur tout le territoire et sur toutes les classes d'âge pour préparer 2027. - Mais pour le nouveau patron des députés LR, l'heure est d'abord à rassembler son camp et à rappeler le cap: pas de coalition gouvernementale mais un pacte législatif. - L.Wauquiez: C'est la 13e ascension que nous faisons ensemble.
Pourtant, elle sonne comme une première. C'est la première pierre pour reconstruire la droite et relever la France. On nous disait voués à disparaître et nous sommes là.
On nous disait condamnés aux compromissions, et nous portons clairement nos convictions. Ca n'a pas manqué de désarçonner le président de la République. Avec les sénateurs, avec les députés, nous avons travaillé avec un pacte législatif autour de mesures de bon sens. - Une façon de contribuer.
Mais la droite pose aussi ses lignes rouges d'un éventuel gouvernement L.Castets. - C'est non.
Dès l'instant où il y a un gouvernement avec des ministres ou des sous-ministres LFI, nous déposerons une motion de censure. Même s'il n'y a pas de ministre, et si c'est le programme ou les idées de LFI qui sont la feuille de route de ce gouvernement, nous censurerons aussi. - Objectif: peser sur la nomination du futur Premier ministre sans se compromettre et se montrer unis, quelques semaines seulement après le séisme provoqué par le rassemblement d'E.Ciotti avec le RN.
Le même qui, il y a 2 ans, a arpenté les sommets du mont Mézenc avec L.Wauquiez. - L.Wauquiez: Il y a beaucoup d'agriculteurs, d'ouvriers qui votent de bonne foi pour le Rassemblement national en pensant que M.Le Pen défend le travail.
M.Le Pen ne défend pas le travail. Elle défend l'assistanat.
Dans son programme économique, il n'y a aucune mesure de revalorisation du travail. contre une alliance avec le RN. - Je pense qu'il y a des moyens, entre Les Républicains et le RN, de faire ce qu'avait fait Mitterrand avec la gauche dans les années 70: un programme commun, sans honte, sans complexe.
On prend les idées acceptables chez l'un, les idées acceptables chez l'autre. Sinon, il n'y a aucune chance pour la droite d'arriver sans alliance avec le RN. Ils représentent 33 % des électeurs dans les dernières élections.
Si on s'abstient de ces 33 %, on n'arrivera jamais au pouvoir. - Ce n'est pas le chemin que choisit L.Wauquiez.
Peut-il le mener jusqu'à l'Elysée? Direction l'Assemblée après une longue absence sur la scène nationale. - C.Roux: On va se poser la question de savoir quel rôle peut jouer L.Wauquiez.
Question. - L.Vigogne: C'est une vraie question.
Aujourd'hui, le chemin qu'a choisi d'emprunter L.Wauquiez était un chemin de crête. Pour l'instant, il garde une indépendance par rapport au bloc central.
Il a expliqué qu'il ne voulait pas de la coalition, qu'il était prêt à des accords sur des textes, comme c'est le cas depuis 2022. Aujourd'hui, y a-t-il encore un espace pour un candidat de la droite qui ne ferait pas alliance avec le bloc central? Il y a 3 blocs.
Est-ce que la stratégie choisie par L.Wauquiez, de rester en dehors d'un des blocs, qui est celui du bloc central, peut fonctionner? On a du mal à voir.
V.Pécresse, X.Bertrand, ces derniers mois, sont arrivés à une conclusion: en 2027, il ne pourra y avoir qu'un candidat entre le bloc macroniste et la droite, ex-LR, canal historique qui n'a pas choisi de s'allier au RN.
X.Bertrand en a tiré une conclusion. C'est pour ça qu'il a fait campagne pour Matignon.
L.Wauquiez, dans son entourage, certains proches lui expliquent qu'il devrait faire partie du prochain gouvernement. C'est comme ça qu'on accède à une autorité plus importante, qu'on fait ses preuves auprès des Français.
Lui n'est pas convaincu de ça. - C.Roux: Que dit-il?
Il a dit non à une coalition gouvernementale. Il l'a dit au lendemain du 2d tour des législatives. Mais depuis, face à cette situation de blocage? - L.Vigogne: Il ne veut pas avoir l'étiquette de sortant en 2027.
Il veut incarner une alternance. C'est un pari. On voit mal comment ça peut se concrétiser.
Aujourd'hui, sa famille politique est dans un état de déliquescence absolue. A chaque scrutin, il y a un recul. Lors des dernières législatives, au 2d tour, LR a recueilli un peu moins de 1,5 million de voix.
Ce n'est pas grand-chose. Le NFP, c'était 7 millions. Le RN, c'était quasiment 8,5 millions.
C'est un état de faiblesse absolue. - C.Roux: E.Ciotti a envoyé un message. - C.Barbier: L'alliance des droites n'est pas exclue pour L.Wauquiez, mais pas pour le moment.
Sinon, on se retrouve en satellite du RN. L.Wauquiez doit nourrir l'espoir que le RN dégringole.
Il y a un procès compliqué cet automne avec l'affaire des assistants. Il y a des échéances électorales qui ne sont pas faciles. Imaginons que l'an prochain, il y ait une dissolution, que le RN remporte le pouvoir.
C'est le RN qui serait responsable. Il n'y a pas de dissolution, les municipales de 2026...
Les municipales, ce n'est pas une bonne élection pour le RN. Aux régionales, à chaque fois, ils font un bon 1er tour, et ensuite...
L.Wauquiez se dit qu'à l'horizon 2027, peut-être qu'il siphonnera les électeurs du RN, comme N.Sarkozy en 2007.
Il se dit que s'il va au gouvernement aujourd'hui, il est tributaire du bilan. La politique que propose la droite sera très impopulaire. Il a le syndrome des protestations de 86, 95.
Comment vous arrivez à la présidentielle de 2027 en ayant été "l'homme de la purge"? - C.Roux: Est-ce simple de rester dans l'antichambre du pouvoir, dans une situation de blocage?
Dire que c'est sans lui, qu'il attend 2027... - C.Barbier: C'est le problème de la lâcheté en politique. - R.Garrat-Valcarcel: C'est plus facile quand votre rapport n'est pas tout à fait décisif.
Si, demain, il tope avec G.Attal et qu'il y a une majorité absolue, il y aurait une grosse pression. Mais ce n'est pas le cas.
L'addition fait 213 sièges, c'est très peu. - C.Roux: Est-ce qu'on entend suffisamment le bloc central?
Renaissance, ce que peut incarner E.Philippe...
Quel message porte-t-il? - C.Barbier: Est-ce un bloc?
G.Attal est en piste...
E.Borne a voulu prendre le parti. Ces gens-là sont tous les mêmes, ils pensent à 2027 pour eux, ils ne pensent pas aux Français.
C'est ça qui peut nourrir la colère. "Vous pensez tous à 2027!" - B.Teinturier: Il y a une équation entre l'offre politique et la demande.
Dans l'opinion, il y a un bloc central. Il va du centre-gauche au centre-droit. Il est prêt à admettre beaucoup de positions communes.
Dans l'opinion, ce bloc existe. Mais il est fracturé par des ambitions personnelles, des stratégies différentes. La stratégie d'E.Philippe n'est pas la même que G.Attal. - C.Roux: En quoi sont-elles différentes? - B.Teinturier: On l'a vu au moment des législatives.
G.Attal a voulu jouer en bloquant le RN. Ce n'était pas la position d'E.Philippe.
Avec LFI, ils ne sont pas dans la même stratégie. En termes de programme, de sensibilité sur les thèmes, ils ne sont pas parfaitement alignés. Mais ce bloc existe.
La tripartition, c'est une réalité. Ce n'est pas une tripartition parfaite. A l'intérieur, il y a des écuries et des fissures.
La clé des difficultés de ce pays, c'est ça. On n'est plus dans un système binaire ou quadripolaire. Ce n'est plus gauche et droite, le système qu'on a connu pendant longtemps. - R.Garrat-Valcarcel: La question de l'unité de ce bloc va se poser.
Elle se posera s'il y a une nouvelle dissolution. Le 30 juin dernier, c'est 20,5, la coalition présidentielle. Si vous divisez ça en 3, il n'y a plus personne à l'Assemblée.
Cette question se posera pour le bloc central. - C.Roux: Question.
Quand on sait sa manière de fonctionner, la façon dont il a toujours surpris dans le choix de ses Premiers ministres... - R.Garrat-Valcarcel: J.Castex, on ne l'a pas vu venir. - L.Vigogne: On peut imaginer qu'il ait 2-3 noms en tête.
De là à savoir lequel il va nommer d'ici la fin de la semaine, si tout va bien... - C.Roux: Vous disiez qu'il y a urgence.
Il y en a qui sonnent l'alerte, les patrons. Ils font leur université d'été. Cette rentrée politique dans laquelle ils disent qu'ils veulent un front économique, en référence au front de gauche...
Ils disent qu'il va falloir trouver le nom d'un Premier ministre car économiquement, ça commence à peser sévèrement sur l'économie française. - C.Barbier: Ca crée de l'attentisme.
On n'a pas de gouvernement, les investisseurs retiennent leur argent, les carnets de commandes ne se remplissent pas. Même les consommateurs pourraient finir par changer d'attitude. Ce n'est pas une bonne solution pour les affaires.
L'économie française s'est installée dans un faux-semblant. Il y a des chiffres qui sont bons. La croissance était bonne pour le 2d semestre.
Les chiffres du chômage aussi sont bons. - C.Roux: Les faillites sont reparties à la hausse.
La France a battu le nombre historique de faillites. Les patrons font campagne contre le NFP? - R.Garrat-Valcarcel: C'est ce qu'ils disent à chaque fois que la gauche a l'occasion d'aller au pouvoir.
Ce n'est pas une grosse surprise. - C.Roux: Ils appuient sur la question de la fiscalité, les impôts, le Smic... - R.Garrat-Valcarcel: La question des impôts se posera quel que soit le gouvernement.
C'est pour ça que j'ai du mal à voir une alliance spontanée des socialistes avec le centre et la droite. Même chez les socialistes, on pense qu'il va falloir augmenter les impôts. - B.Teinturier: La différence, même si c'est récurrent au sein du Medef, c'est qu'il faut remonter à 81 pour avoir un programme qui inquiète à ce point les milieux économiques.
En 97, vous aviez aussi DSK. En 2012, avec F.Hollande, ce n'était pas fou furieux gauchiste.
Là, on retrouve un programme qui rappelle celui de 81. Il y a une réelle crainte. - C.Roux: Un message que le patronat souhaite envoyer au président de la République au moment où il décide. - B.Teinturier: E.Macron ne veut pas qu'on touche à la réforme des retraites, sa politique de l'offre, la fiscalité.
De ce point de vue, on voit ce que cherche le chef de l'Etat, qui rejoint la position du Medef. On s'interroge sur le nom du Premier ministre, mais il est plutôt à droite. - C.Roux: Vous êtes sûr? - B.Teinturier: Je pense que c'est ce qu'il recherche, mais le chemin pour y parvenir, c'est le plus cohérent avec ce qu'il a énoncé en termes de stabilité et de priorités pour lui. - C.Roux: A droite ou de centre-droit. - B.Teinturier: On voit que ce n'est pas le NFP.
La vraie question, c'est comment parvenir à ce chemin, pour lui. Là, on peut dire qu'il faudrait qu'il purge l'hypothèque NFP, et d'un autre côté, non, car en un mois, il pourrait y avoir des décisions qui impacteraient ce qu'E.Macron ne voudrait pas. - C.Roux: Imaginons la gauche, persuadée d'être légitime pour imposer son Premier ministre, malgré les messages portés par les patrons, avec un Premier ministre de centre-droit, une politique budgétaire d'austérité pour faire des économies...
Il y a un scénario imaginé par la gauche? L'appel à la rue? L'appel à la démission?
L'appel au désordre? - R.Garrat-Valcarcel: J'étais chez Les Ecologistes ce week-end.
Je n'ai pas entendu ça. Ca, c'est une politique qui sera censurée par la gauche d'emblée. Il faudra au moins un soutien passif de l'extrême droite... - C.Barbier: Pour que cette motion de censure passe, il faudra le soutien du RN. - C.Roux: La CGT construira une mobilisation à la rentrée avec tous ceux qui le souhaitent fin septembre-début octobre.
Ce sont les mots de S.Binet, qui a déjà pris date. Il y en a qui ne s'amusent pas de voir l'action publique au point mort: les agriculteurs.
Les équipes de "C dans l'air" sont retournées les voir, ceux qui se sont mobilisés l'hiver dernier. Ils avaient obtenu des promesses de la part du gouvernement de l'époque. A leurs yeux, aujourd'hui, c'est un retour à la case départ.
Retour aussi à la colère après un été très difficile. - Ici, l'agriculture se vit en famille. Eleveur de brebis et d'agneaux, c'est avec sa fille que Jean-Marie partage sa passion et ses galères, nombreuses.
Cet été, leur troupeau a été touché par la fièvre catarrhale. - Tout à l'heure, il faudra que tu m'aides. Il faudra les attraper pour les piquer avec des anti-inflammatoires.
C'est déprimant. Voir mourir ses animaux, c'est un crève-coeur. - Au total, 12 % de pertes.
Ce n'est pas sur ses céréales que l'agriculteur peut compter. - La punaise nous mange la récolte. - Des coups durs qui s'ajoutent à une situation déjà catastrophique. jour et nuit à crier leur colère.
A 40 ans, l'agriculteur ne se verse plus de salaire. Son exploitation est en redressement judiciaire. - On veut pouvoir vivre de notre métier.
On ne demande pas grand-chose. On demande un salaire entre 1200 et 1500 euros par mois. - A mon âge, j'aimerais partir en vacances.
Faire des sorties avec mes parents, je ne peux pas. On craque tous. Même moi, des fois, je craque.
J'aimerais voir mes parents...
Je ne dis pas qu'ils ne sourient pas, mais j'aimerais les voir plus sourire. - Une mobilisation inédite et des promesses du gouvernement sur les normes et les prix. 6 mois plus tard, quel est le bilan? - On nous a fait des promesses, mais on a dissout l'Assemblée.
On revient au point de départ. Si on ne met pas les moyens de garder le peu qu'il nous reste, c'est fini. - Lui était encore plus radical dans ses prises de parole.
Devant la préfecture d'Agen, recouverte de fumier... - Ces personnes vous emmerdent, vous mentent. - Nous l'avons retrouvé cet été dans ses vergers.
José est arboriculteur. Il bataille pour s'en sortir. Il y a 6 ans, il s'est lancé dans le bio sous les encouragements des pouvoirs publics.
C'est un choix qu'il regrette. - Aujourd'hui, c'est la catastrophe. Leur politique du bio est mauvaise.
Le bio est invendable. Le pruneau bio, on le vend au prix du conventionnel. C'est honteux! - Des galères solitaires et un combat collectif.
Régulièrement, José se réunit avec ses collègues de la Coordination rurale. - On a tous eu des charges. C'est incroyable, les augmentations. - Depuis 2 ans, on n'y arrive plus.
Là, ça va klaxonner. Aujourd'hui, les factures arrivent et on verra plus tard. Mais plus tard, il n'y aura rien.
Les cultures ont été minables, les récoltes sont horribles. Nos prix de vente sont très moyens. Nos coûts de production sont très élevés.
A un moment, ça ne passe plus. - Retourner bloquer les routes, ils y pensent déjà. - Les discussions stériles, les manifestations pacifiques dans la durée, c'est fini.
Maintenant, c'est droit au but. Qu'ils changent vite, qu'ils fassent en sorte qu'il y ait des gens performants. Enormément de gens vont aller droit au but. - Ces agriculteurs se laissent quelques mois avant de se remobiliser.
L'heure est encore aux récoltes. - C.Roux: Un reportage qui fait écho à ce que vous disiez sur l'état d'esprit des Français.
Question. Ils sont prêts à y retourner. - B.Teinturier: C'est une catégorie très spécifique, mais c'est symptomatique.
Les problèmes ne sont pas résolus. Il y a un sentiment d'urgence, notamment chez les agriculteurs, qui se vivent comme une profession en disparition potentielle. A ce moment-là, vous ne vous laissez pas abattre.
Vous pouvez avoir des réactions très violentes. D'autres catégories peuvent suivre derrière. On évoque à nouveau les "gilets jaunes"...
Je ne crois pas qu'on va avoir une résurgence des "gilets jaunes". Mais vous avez des catégories précaires, des catégories très déçues par leur défaite, notamment les électeurs du RN. Vous avez un condensé dans ce pays de déception, d'amertume et de colère rentrée.
La colère s'était un peu stabilisée. Je crois que c'est hautement inflammable. - C.Roux: Les Français ne laisseront pas beaucoup de temps à ce nouveau Premier ministre? - R.Garrat-Valcarcel: C'est vrai, mais ce sont les Français qui ont élu cette Assemblée où il est difficile de trouver un gouvernement stable.
On parle des agriculteurs, mais il y a aussi des choses très visibles. Quand il avait mis tant de temps à nommer les secrétaires d'Etat dans le gouvernement G.Attal, tout un tas de corps intermédiaires disaient que c'était bloqué.
Là, c'est bloqué depuis la dissolution. - C.Roux: Comment va se passer la rentrée des classes? - R.Garrat-Valcarcel: Le gouvernement gouverne, de fait.
En été, j'ai eu B.Morel au téléphone. Il me disait que plus un gouvernement démissionnaire dure, plus il récupère les prérogatives d'un gouvernement de plein exercice puisque l'urgence change selon le moment.
S'il y a toujours un gouvernement démissionnaire en octobre, l'urgence sera de faire un budget. Là, l'urgence est de tenir la rentrée des classes. - C.Roux: Ca peut durer jusqu'au budget? - R.Garrat-Valcarcel: Non! - L.Vigogne: Le 20 septembre, la France doit présenter sa trajectoire en matière de finances à Bruxelles.
On est soumis à une procédure de déficit excessif. Ce sont des choix économiques. Il y a des choix politiques.
Ca engage la nation. Ce sont des moments très importants. Le chef de l'Etat est convaincu qu'il doit aller vite.
Il l'a dit plusieurs fois au cours de ces entretiens. - B.Teinturier: 65 % des Français considèrent que c'est une mauvaise chose qu'il n'y ait pas de force politique avec la majorité à l'Assemblée.
Ce n'était pas ce qu'on avait auparavant. Dès que ça peut forcer à des compromis, c'est terminé. - C.Roux: Place à vos questions.
Question. - L.Vigogne: On a égrainé quelques noms.
C'est un peu dur à donner. - C.Roux: Le profil?
Après ce que vous avez expliqué, vous pouvez vous mettre d'accord sur les points de passage de la situation qualifiée d'impasse? - L.Vigogne: Ce ne sera pas quelqu'un issu du bloc central.
C'est quelqu'un qui doit avoir une connaissance du jeu parlementaire. C'est là que ça va se passer. - C.Roux: Ca exclut un grand patron. - L.Vigogne: La clé, c'est que c'est quelqu'un à qui on ne va pas demander de réunir une majorité en sa faveur, mais qui saura ne pas constituer une majorité en sa défaveur.
C'est quelqu'un qui saura éviter les motions de censure. - C.Barbier: Et qui n'ait pas d'ambition pour 2027. - C.Roux: Il y a un nom qui circule plus que les autres? - C.Barbier: On a cité des noms: Borloo, Cazeneuve...
A un de ses interlocuteurs qui lui proposait T.Estanguet, le président de la République a répondu: "Pourquoi pas." Il est joueur.
Il ne veut rien dévoiler de son jeu. Pour lui, tout est possible. C'est lui qui a la main.
S'il peut faire un coup, il fera un coup. Il peut prendre quelqu'un qui sera populaire en 15 jours puisqu'il dira la vérité aux Français. On n'est pas à l'abri de ce genre de créature. - C.Roux: Il aura au moins réussi ça avec cette dissolution, garder la main. - R.Garrat-Valcarcel: C'est contre-intuitif.
Puisqu'il n'y a pas de majorité évidente à l'Assemblée, comme il y a le verrou de la nomination par le président de la République... - L.Vigogne: Le pays est bloqué.
La question de sa démission se posera à un moment. - B.Teinturier: C'est une situation complexe.
S'il n'y a pas de solution, des voix vont réclamer une nouvelle élection présidentielle. - C.Barbier: Cette dissolution, on la doit à E.Macron seul. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Ce n'est pas évident.
Non, pas forcément. - R.Garrat-Valcarcel: La stratégie parlementaire de M.Le Pen, ça a été pas mal les zigzags.
Pour la loi immigration, J.Bardella disait que c'était impossible de voter ce texte. Là, elle dit qu'ils censurent tout gouvernement de gauche.
Mais jusqu'au moment où il faut faire scanner son petit bulletin, il y aura une interrogation. - L.Vigogne: C'est une des raisons pour lesquelles E.Macron ne veut pas nommer L.Castets. - C.Roux: Question. - B.Teinturier: Aujourd'hui, vous n'avez pas de majorité de Français qui réclament ça.
Vous avez des formations politiques qui savent qu'elles n'ont pas le leader pour cette situation. Mais c'est quelque chose qui pourrait monter. S'il y a blocage, la seule chose qui permet de débloquer, c'est de tout relancer. - C.Roux: Question. - C.Barbier: La poudrière est là.
Où sont les étincelles? Dans le budget. C'est dans le budget que vous faites passer une taxe, un impôt, que vous coupez tel ou tel crédit...
Et vous vous retrouvez avec les "gilets jaunes", les agriculteurs. Ca, c'est le budget. Ce sera le rôle du Premier ministre.
Il faudra rentrer dans les clous d'un déficit à diminuer. - L.Vigogne: Un symbole important, il va y avoir la réforme des retraites.
Est-ce que le président de la République accepte un Premier ministre qui lui dit qu'il faut toucher à cette réforme, voire l'abroger? C'est une des questions sur la table. - C.Barbier: Comme ça a été fait pour l'assurance-chômage. - C.Roux: Ce n'est pas ce qui va rassurer Bruxelles.
Le sujet, ça va être de rassurer les partenaires européens. - C.Barbier: Ca inquiète peut-être moins Bruxelles qu'un choc sur les salaires, avec derrière une économie française qui se met en panne. - C.Roux: Question. - R.Garrat-Valcarcel: Difficile d'imaginer quelle serait la campagne. - B.Teinturier: Ce serait donner plus de députés RN, moins pour les autres, mais ça pourrait libérer le PS de ses accords avec LFI. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Les Ecologistes n'en veulent pas non plus.
Il n'aurait pas avec lui la majorité du NFP. - L.Vigogne: Est-ce que les députés PS censureraient un gouvernement Cazeneuve?
C'est une vraie question. - C.Roux: Merci.
On ne sait toujours pas si le président de la République va s'exprimer ce soir.
Emmanuel Macron