Bayrou choisit Macron - Les questions SMS #cdanslair 22.02.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse partielle
En quoi va consister cette alliance ? Quelle est la différence avec un rassemblement, Guillaume Tabard ?
- 0:42OuverteRéponse directe
Parce qu'il ne pouvait pas aller à la présidentielle selon vous.
- 1:17OuverteRéponse directe
Pourquoi le modem est-il en perte de vitesse ?
- 2:13OuverteRéponse directe
François Bayrou ne se fâche-t-il pas définitivement avec la droite, Yves-Marie Kahn, à votre avis ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Bayrou serait-il un des derniers politiques à faire preuve d'une certaine éthique ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron devient-il l'homme fort parmi les candidats ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15IntervenantFait
« ce n'est pas tant un acte politique de soutien, c'est avant tout un drame personnel. »
- 0:20IntervenantFait
« François Bayrou vit aujourd'hui un drame personnel qui est l'enterrement de son projet personnel. »
- 1:31IntervenantFait
« Il a perdu énormément d'élus dès l'élection de 2007. »
- 1:58IntervenantFait
« Ce qui est quand même un peu un abus de langage parce qu'il y a d'autres facteurs qui ont fait perdre Nicolas Sarkozy. »
- 3:48IntervenantChiffre
« Il y a 55% des Français qui le considèrent comme honnête. »
- 3:52IntervenantChiffre
« 55% des Français aujourd'hui, lorsque dans le même temps, on est uniquement à 16% pour François Fillon. »
- 7:08IntervenantFait
« la droite avait quand même un espace électoral assez large. »
- 7:50IntervenantFait
« la droite aujourd'hui, même si on parle de droitisation de la société française, chose qu'il faudrait nuancer mais qui mériterait un débat »
- 8:07IntervenantChiffre
« ça fait 20 à 25% des Français aujourd'hui. »
Temps de parole
- Présentateur22 %
- Intervenant20 %
- Intervenant 220 %
- Intervenant 319 %
- Intervenant 419 %
≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
En quoi va consister cette alliance ? Quelle est la différence avec un rassemblement, Guillaume Tabard ? C'est tout le problème. Je crois qu'il y a un véritable angle mort de cette alliance parce qu'il faut quand même le dire, ce qu'on a vécu aujourd'hui, ce n'est pas tant un acte politique de soutien, c'est avant tout un drame personnel. François Bayrou vit aujourd'hui un drame personnel qui est l'enterrement de son projet personnel. Alors, il l'habille sous la forme de cette offre d'alliance. On va voir très rapidement qu'il y aura des accords sur les fameux projets de loi dont on a parlé. Mais voilà, François Bayrou n'a pas le projet d'une alliance politique.
Il a comment habiller un redoncement personnel.
Parce qu'il ne pouvait pas aller à la présidentielle selon vous. Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord parce que la différence entre une alliance et un rassemblement, c'est qu'une alliance, ça peut être entre deux personnes. Un rassemblement, c'est plutôt entre deux mouvements et ni Emmanuel Macron ni François Bayrou n'ont deux partis politiques derrière eux. Donc, en effet, il s'agit clairement d'une alliance. Cette alliance, elle peut avoir un effet d'opportunité que Guillaume Tabard souligne très justement et d'un renoncement dramatique, en tout cas, qui doit être dur pour François Bayrou. Mais c'est aussi une alliance idéologique. Là-dessus, je pense qu'il n'y a pas de doute.
On ne parle pas d'alliance de la carpe et du lapin.
Il y a beaucoup de questions ce soir. Pourquoi le modem est-il en perte de vitesse ? Il est en perte de vitesse parce que la stratégie qu'avait choisie... Enfin, c'est plus qu'une perte de vitesse. C'est plus grand-chose. C'est vrai. Il faut le reconnaître. Le modem, c'est parce que la stratégie qu'avait choisie François Bayrou, finalement, avait été refusée par l'ensemble de tous ceux qui étaient autour de lui. Il a perdu énormément d'élus dès l'élection de 2007. Lorsqu'il a créé le modem, justement, il a perdu la plupart de ses élus. Alors, des élus nationaux parce qu'il reste des réseaux d'élus locaux.
Les électeurs n'ont pas compris qu'ils rompent précisément cette alliance traditionnelle avec la droite. On lui a beaucoup reproché ensuite, en 2012, d'avoir fait perdre Nicolas Sarkozy. Ce qui est quand même un peu un abus de langage parce qu'il y a d'autres facteurs qui ont fait perdre Nicolas Sarkozy. Je veux dire que c'est vrai qu'il s'est beaucoup isolé. On dit aussi qu'il a un mode de gouvernance assez solitaire, assez personnel. Mais je pense que fondamentalement, c'est ça. C'est qu'il a choisi une autre voie. François Bayrou ne se fâche-t-il pas définitivement avec la droite, Yves-Marie Kahn, à votre avis ? Je pense que François Bayrou était déjà fâché avec la droite.
Ou plutôt, la droite était déjà fâché avec François Bayrou. Et quand on dit la droite, il faut faire bien attention de qui l'on parle. C'est essentiellement les anciens électeurs de Nicolas Sarkozy et donc les sympathisants républicains aujourd'hui. Comme le disait Jean Garrigue, il y en a beaucoup effectivement chez eux qui l'ont encore en travers de la gorge et qui estiment que c'est François Bayrou qui a contribué à la victoire de François Hollande en 2012. Donc finalement, en faisant cette alliance, François Bayrou, il ne perd pas grand-chose, en tout cas du côté de la droite. Maintenant, il reste à savoir ce qu'il peut gagner pour l'avenir.
Parce que François Bayrou, il a renoncé à une ambition présidentielle et il ne s'est pas retiré de la vie politique. Donc maintenant, il va falloir voir effectivement comment les choses se traduisent dans les semaines qui viennent. Ou au-delà de l'élection présidentielle, si Emmanuel Macron gagne le scrutin. Bayrou serait-il un des derniers politiques à faire preuve d'une certaine éthique ?
J'espère que non. Il faut espérer que non. Et on le rappelle régulièrement ici, ce n'est pas parce qu'il y a des personnalités politiques qui se conduisent mal que ça représente évidemment l'ensemble de la classe politique et des responsables politiques. L'immense majorité des politiques reste honnête, scrupuleuse. Mais c'est vrai que François Bayrou porte ce discours depuis de longues années. Yves Marigan ?
Oui, ce n'est sans doute pas la seule personnalité politique. Mais en revanche, sur le plan national, c'est l'une des rares personnalités politiques qui bénéficient d'un tel capital en termes d'honnêteté et de probité. Il y a 55% des Français qui le considèrent comme honnête. 55% des Français aujourd'hui, lorsque dans le même temps, on est uniquement à 16% pour François Fillon. Alors, il y a le poids des affaires, mais quand on voit l'écart entre les deux, et sachant qu'Emmanuel Macron, en gros, on est à du 50-50, on voit bien quand même que ça peut être un argument aussi de poids dans les semaines qui viennent pour corneriser encore un peu plus François Fillon.
Emmanuel Macron devient-il l'homme fort parmi les candidats ? De toute façon, il était déjà l'un des potentiels vainqueurs de cette élection présidentielle. Mais je crois qu'il ne faut pas non plus surdimensionner un soutien ou un ralliement. Une présidentielle, ça reste avant tout une campagne personnelle. Et c'est le candidat personnellement qui sera jugé par les électeurs. On a le sentiment en ce moment qu'Emmanuel Macron est dans une phase difficile parce qu'il y a eu, bon, on ne va pas y revenir, la gaffe sur l'Algérie, la gaffe, enfin, le jugement sur l'absence de culture française, etc., qui, à mon avis, pèse lourd.
Parce qu'Emmanuel Macron, qui avait une image d'homme de rassemblement, a montré aujourd'hui que c'était aussi quelqu'un qui provoquait du clivage dans le pays. Et je pense que là-dessus, c'est lui personnellement qui sera jugé avec ou sans le soutien de Bayrou. Le mouvement En Marche est-il une machine à recycler le personnel politique ? Elle est intéressante, cette question. Ah oui. On sait par exemple que certains anciens compagnons éphémères de François Bayrou, comme Corinne Lepage, par exemple, on rejoint Emmanuel Macron. Mais globalement, le projet quand même d'Emmanuel Macron, c'est un renouvellement de la classe politique. Et dans ce... C'est bien le sujet que pose cette question-là.
Alors, mais dans le choix, précisément des candidats pour les législatives, on sait qu'il y a des conditions très strictes, très draconiennes, pour que ce soit des hommes nouveaux qui arrivent. Ce qui d'ailleurs va... Est-ce que ça va être en convergence avec la stratégie de François Bayrou ? Est-ce que François Bayrou va entrer aussi dans cette dynamique-là ? Mais en tout cas, je pense que ce serait quand même un peu réducteur de considérer le mouvement En Marche comme une machine à recycler les anciens, alors qu'au contraire, au moins, il y a des efforts pour donner une place aux femmes, pour donner une place à la société civile. C'est quand même...
Ça peut apparaître comme tel s'il y a des alliances, des ralliements de cette nature. C'est ce que suggère cette question.
Pour l'instant, En Marche est essentiellement composée, en effet, de citoyens, de personnalités engagées, mais pas de vieux, de la vieille, de la politique. On peut s'attendre à des ralliements en cascade s'ils continuent à progresser dans les sondages. Et là, ça deviendrait... Oui, certains... Compliqué à gérer. Certains risquent de se sentir dépossédés, oui.
Écoutez cette question. Macron a-t-il fait une erreur en acceptant le rapprochement avec Bayrou ? Cela peut-il ternir son image de renouveau ?
Moi, je ne pense pas, quand même, parce qu'il avait besoin d'un homme d'expérience et une stature nationale à ses côtés, parce que c'est là-dessus qu'il est faible. C'est sûr que son manque d'expérience, sa jeunesse, le fait qu'il n'ait pas été élu, ce sont des choses qui lui sont reprochées. Donc là, le soutien de François Bayrou le leste de ce point de vue-là.
Avec Bayrou allié à Macron, Fillon se retrouve-t-il à l'étroit entre l'extrême droite et le centre ? Guillaume Dabar. Pas forcément. Tout le défi de François Fillon, c'est au contraire de rassembler la droite. Théoriquement, avant cette affaire, la droite avait quand même un espace électoral assez large. Et clairement, on a vu qu'Alain Juppé a renouvelé son soutien, dans des termes très Juppéi, c'est-à-dire vraiment du bout des lèvres et avec toute la chaleur dont il est capable à l'égard de celui qui l'a battu à la primaire. Mais il n'empêche que politiquement, la droite se reconstitue. Il y a un problème d'image personnelle de François Fillon qui doit reconstruire.
Mais voilà, et d'une certaine manière, le départ de François Bayrou, définitif du côté de Macron, peut aider la droite aussi à se reconstruire sur son périmètre à elle. – Je ne suis pas tout à fait certain, en tout cas je pense qu'il faut avoir à l'esprit que la droite aujourd'hui, même si on parle de droitisation de la société française, chose qu'il faudrait nuancer mais qui mériterait un débat, la droite en elle seule, si on la réduit finalement au centre droit, l'UDI, debout la France de Nicolas Dupont-Aignan et les Républicains qui constituent la majorité des sympathisants de droite, ça fait 20 à 25% des Français aujourd'hui.
Donc on voit bien que l'enjeu pour la droite, si elle souhaite gagner l'élection présidentielle, ça va être aussi d'aller au-delà de son camp traditionnel. – Si Macron est élu, Bayrou risque-t-il de subir le même sort qu'avec Hollande en 2012,
celui d'être tenu à l'écart du pouvoir ? – La différence c'est qu'il avait apporté son soutien à François Hollande pour l'élection, alors que là c'est une alliance bien en amont, donc on peut penser qu'ils auraient discuté de ça avant.
– Une dernière question, très vite François Bayrou, est-il un atout, un boulet pour Emmanuel Macron ? – A priori c'est plutôt un atout et ne sous-estimant pas la dimension éthique et politique de son choix. – Merci à vous tous, c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h15, on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air, tout de suite c'est à vous, belle soirée sur France 5. – Sous-titrage Société Radio-Canada