Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 1 décembre 2017 23 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsImmigration & asile

Marine Le Pen "ne souhaite pas" prendre la tête d'une liste nationale aux européennes de 2019, selon Nicolas Bay

Au micro : Jean-Michel ApathySource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut résister à la modernité ou accepter un monde qui bouge ?

  • 3:45OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est la nature de l'argent déposé par le Front National qui est un problème ?

  • 5:51RelanceRéponse partielle

    Pourquoi cette ingérence des banques à un moment où le Front National s'est banalisé ?

  • 7:01OuverteRéponse directe

    Pourquoi utiliser le mot 'fatwa' pour parler de cette décision bancaire ?

  • 9:34OuverteRéponse directe

    Jean-Luc Mélenchon est-il le premier opposant ?

  • 10:39OuverteRéponse directe

    Ce score d'audience de Marine Le Pen vous inquiète-t-il ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:20InvitéFait
    « La Banque de France a dit que la Société Générale avait respecté le code bancaire et que la fin des comptes du Front National dans cet établissement bancaire ne correspondait pas à une motivation politique. »
  • 4:11InvitéFait
    « Nous levons volontiers le secret bancaire, si c'est ce qui bloque la Société Générale pour dire la vérité. »
  • 4:20InvitéFait
    « Pas d'argent sale lié au prêt russe que vous avez contacté il y a quelques années ? »
  • 4:37InvitéFait
    « Ça nous a obligés à aller à l'international, à aller à l'étranger pour obtenir des prêts bancaires. »
  • 4:48InvitéFait
    « Tout a été déposé auprès de la commission des comptes de campagne, s'agissant des différentes campagnes électorales et des comptes du Front National. »
  • 5:22InvitéFait
    « Les banques font de l'ingérence finalement dans la vie politique en décidant qui peut obtenir un prêt pour une campagne présidentielle. »
  • 9:23InvitéChiffre
    « Il proposait 100 milliards d'euros d'impôts supplémentaires. »
  • 11:26InvitéChiffre
    « 11 millions de voix à l'élection présidentielle. »
  • 12:03InvitéChiffre
    « Il y a quelques semaines, si les présidentielles avaient lieu maintenant, elles obtiendraient le même résultat qu'au printemps dernier. »
  • 17:28InvitéFait
    « Oui, je trouve que c'est de très mauvais goût. »
  • 19:57InvitéFait
    « Je suis d'une génération de français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire. »
  • 21:08InvitéFait
    « Il dit que la France s'est mal comportée pendant la colonisation. »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Invité 223 %
  • Présentateur5 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:13
Présentateur

Notre invité ce matin est Nicolas Bay, vice-président du Front National. Jean-Michel Apathy. Bonjour Nicolas Bay. Bonjour.

0:19
Invité

Nous allons commencer cette émission en évoquant la situation des banques en France. Elles sont soumises à une concurrence implacable d'Internet et les réseaux bancaires traditionnels du coup souffrent. On a appris que la Société Générale, mais aussi les banques populaires et la Caisse d'épargne supprimeraient et des agences et des emplois. Et on écoute une salariée de la Société Générale et les syndicats à la CFDT. On l'écoute. La question est de savoir quelles sont les agences qui vont fermer, quels sont les postes qui vont être supprimés. Donc oui, il y a beaucoup, beaucoup de stress, beaucoup d'incompréhension.

C'est par là Nicolas Bay, parce que c'est une question qui est posée à tous les responsables politiques. Est-ce qu'il faut résister à la modernité ? Ou alors est-ce qu'il faut, avec un peu de fatalisme, accepter un monde qui bouge et donc gérer des réseaux qui disparaissent et des emplois qui diminuent ? Je crois que le métier bancaire est en pleine mutation. Ça c'est évidemment une réalité et ce serait, comment dire, stupide de ne pas accepter ce qui relève de la modernité. Pour autant, il faut être prudent parce que le fait qu'il n'y ait plus aucun contact humain entre une banque et ses clients, je ne suis pas sûr que ça aille vraiment dans le sens de la modernité.

Alors peut-être qu'il faut redéfinir la manière dont prend forme ce contact humain, le réseau des agences. Moi, il ne m'appartient pas d'organiser le système bancaire en France, mais il est certain que le fait de supprimer toujours davantage les contacts humains, y compris dans les activités économiques, je crois que ça constitue une certaine forme de régression aussi. Et puis on peut le prendre comme une métaphore des questions qui nous sont posées à tous, mais que les responsables politiques doivent résoudre. Le volontarisme a ses limites. La modernité, les évolutions du monde font que des choses qui sont désagréables, parfois difficiles à vivre, s'inscrivent dans nos vies.

Et invalident souvent l'optimisme des discours. Oui, mais je crois qu'on a aussi tendance à considérer comme une forme de fatalité certaines évolutions parce qu'on a supprimé toutes les protections et toutes les régulations. Et en matière économique, c'est très vrai, on nous dit, voilà, il y a une logique de libre-échange international, de concurrence déloyale. La mondialisation. Oui, mais enfin liée aussi à des contraintes sociales, sanitaires, fiscales qui ne sont pas du tout les mêmes, ou environnementales qui ne sont pas du tout les mêmes dans certains pays. Et donc il y a deux solutions.

Ou bien vous acceptez cela, et à ce moment-là c'est le nivellement par le bas à l'échelle de la planète, ou alors vous n'acceptez pas cela et vous organisez des protections et des régulations. Et donc je crois qu'aujourd'hui il y a beaucoup de pays, y compris de grandes puissances économiques, qui organisent ces protections et ces régulations justement pour éviter d'avoir à subir un espèce de chaos total.

Alors cette métaphore des banques nous permet aussi de parler de la Société Générale elle-même, qui avec HSBC et le Crédit du Nord a décidé de clore les comptes que le Front National ou Marine Le Pen possédaient dans ses établissements, ce qui évidemment la semaine dernière a entraîné une réaction assez vive de la Présidente du Front National que l'on écoute. Dans la Société Générale, le Crédit du Nord et la banque HSBC ne doivent pas imaginer qu'ils peuvent influer de manière aussi scandaleuse dans le processus démocratique. Et nous déposerons évidemment plainte.

Une plainte en justice, donc la justice dira ce qu'elle a à dire, mais il y a deux jours la Banque de France a dit que la Société Générale avait respecté le code bancaire et que la fin des comptes du Front National dans cet établissement bancaire ne correspondait pas à une motivation politique, mais à des problèmes liés à la banque elle-même. Alors certains disent, est-ce que c'est la nature de l'argent qui était déposé par le Front National sur ses comptes qui est un problème ? Est-ce que vous pouvez nous éclairer, Nicolas Bé, là-dessus ? Alors d'abord, la Banque de France, dans un rapport de trois pages, ne dit pas grand-chose.

Elle dit que la Société Générale a respecté la réglementation bancaire. Oui, pas tout à fait. C'est-à-dire que la Banque de France reconnaît qu'elle n'a fait aucune véritable investigation et qu'elle s'est limitée à demander à la Société Générale si elle avait respecté la règle. Mais la Société Générale n'a fourni aucun élément. Nous, nous avons dit que nous levons volontiers le secret bancaire, si c'est ce qui bloque la Société Générale pour dire la vérité, parce que nous sommes parfaitement sereins. Nous savons qu'il n'y a eu aucun mouvement contestable ou frauduleux, aucun dysfonctionnement. Pas d'argent sale lié au prêt russe que vous avez contacté il y a quelques années ?

Bien sûr que non. La vérité, c'est qu'on a des banques françaises qui, de manière très antidémocratique, ont refusé de prêter au Front National alors qu'ils prêtent à des candidats ou à des partis qui n'offrent pas du tout les mêmes garanties de solidité, y compris en termes de résultats électoraux, avec des conséquences financières. Et donc ça nous a obligés à aller à l'international, à aller à l'étranger pour obtenir des prêts bancaires. Mais tout ça s'est fait de façon parfaitement transparente, parfaitement régulière. Tout a été déposé auprès de la commission des comptes de campagne, s'agissant des différentes campagnes électorales et des comptes du Front National.

Donc nous sommes parfaitement en règle. L'une des banques russes auprès de laquelle vous avez emprunté de l'argent a fait faillite depuis. Et alors je ne veux pas être désagréable avec les russes, mais le système bancaire russe et la provenance de l'argent n'entend tellement de choses. On n'a pas été imprudent. Parce qu'avant des leçons à différents pays, je pense qu'on aurait... Oui, c'est pour ça que j'évoquais ça avec précaution. On aurait intérêt prudent. Ce qu'on voit aujourd'hui très clairement, c'est que les banques font de l'ingérence finalement dans la vie politique en décidant qui peut obtenir un prêt pour une campagne présidentielle.

Ensuite, en multipliant finalement des manœuvres qui entravent l'activité d'un parti politique, ce qui est évidemment très grave parce que le fait de ne plus avoir un compte bancaire qui fonctionne normalement, ça empêche le processus démocratique, c'est à la vie d'un mouvement politique. Ça n'est pas acceptable et c'est d'autant moins acceptable quand on est dans l'opacité totale et que la banque est incapable de fournir le moindre début d'éléments qui justifieraient cette décision.

5:51
Présentateur

Pourquoi cette supposée ingérence à un moment où le Front National, j'allais dire, s'est banalisé ? Vous étiez au deuxième tour de l'élection présidentielle. Pourquoi subitement, en octobre 2017, il y aurait une prise de position politique des banques ? On ne voit pas très bien... Ça, c'est aux banques qu'il faut poser la question. Mais d'accord, mais vous dites que c'est pour des raisons politiques. On ne voit pas très bien ce qui s'est passé subitement cet automne.

6:17
Invité

Par exemple, une décision qu'ils auraient prise avant, mais dont ils auraient considéré qu'en pleine campagne présidentielle, elle aurait été largement commentée et qu'elle aurait peut-être été un peu moins après le cycle électoral. Mais en tout état de cause, encore une fois, c'est aux banques d'avoir des vrais motifs et d'être en mesure de les exposer au minimum aux clients concernés. Or, aujourd'hui, on voit bien qu'il n'y a pas de motif. Et parce qu'il n'y a pas de raison valable, ils sont incapables de fournir la moindre explication, ni à la Banque de France, ni au Front National.

Pour en terminer avec ce sujet, je voulais qu'on écoute encore Marine Le Pen qui dénonce la Société Générale en des termes un peu étonnants, on l'écoute. J'en appelle aussi aux autres partis politiques, à qui j'écrirai, qui demain seront peut-être victimes, eux aussi, à raison de leur prise de position de cette fatwa bancaire. Alors, c'est le mot fatwa qui, moi, m'a étonné. Pourquoi puiser dans le registre de l'Islam pour parler de cette histoire ? Après tout, vous dites souvent que nous avons des racines chrétiennes et le mot d'excommunication aurait été plus approprié. Oui, je crois que c'est très parlant. « Tout le monde sait ce que c'est qu'une fatwa », et bien là, il s'agit de cela.

Oui, mais il s'agit quand même... On voit les sables partout. Non, mais c'est pas ça. Il s'agit simplement d'une décision dont tout le monde voit bien qu'elle est non seulement extrêmement injuste, mais extrêmement grave dans ses conséquences démocratiques. Il est évident que ce que subit le Front National aujourd'hui, d'autres pourraient le subir à demain. Et donc, c'est pour ça que nous avons le devoir de mettre ce débat sur la place publique. Alors, la fatwa, c'est à la fois une condamnation et un avis juridique. Oui, en l'occurrence... Il prendra l'aspect qui lui paraît le plus adapté.

En l'occurrence, c'est une discrimination assez incontestable, mais évidemment, juridiquement, totalement affondé.

7:52
Présentateur

France Info. Nicolas Bé, vice-président du Front National et l'invité de France Info, Jean-Michel Apathy.

7:57
Invité

Jean-Luc Mélenchon a été l'invité hier soir de l'émission politique sur France 2. On écoute un petit extrait de son intervention. Oui, mais je commence à en avoir un peu marre. Qu'on vienne me chercher, pouille, moi. Alors, Mme Le Pen n'est pas milliardaire. M. Fillon, il n'a pas de château. J'en ai par-dessus la tête de ce genre de numéro. Chaque fois que je vais quelque part, je me tape Venezuela. On va faire une boîte. Vous savez, comme les vaches qui font meut, là. Meut. Mais c'est pour ça dans votre programme. Vous n'êtes pas autre chose que le gouvernement déproductiviste. Vous allez nous imposer le CETA alors qu'aucun Français, jamais, aucun Parlement n'a voté sur ce texte.

Voilà, il avait de l'énergie hier soir, Jean-Luc Mélenchon. Vous l'avez regardé ? Vous l'avez trouvé bon ? Non, parce que j'animais une réunion militante en Picardie. Mais voilà, j'en ai eu quelques échos. Moi, je vois surtout une grande incohérence, finalement. Jean-Luc Mélenchon qui prétendait, dans la campagne présidentielle, défendre le peuple. Et puis aujourd'hui, on voit qu'il est revenu sur le logiciel classique de l'extrême gauche en défendant Daniel Obono qui elle-même justifie, par exemple, le racisme anti-blanc, c'est-à-dire des ateliers d'un syndicat enseignant

9:00
Présentateur

qui sont interdits aux personnes qui ne sont pas de... Il a dit qu'il s'y opposait hier soir.

9:05
Invité

Oui, il l'a dit hier. En déterme très net. Il a défendu, en même temps, très clairement, Daniel Obono. Il a défendu aussi le régime vénézuélien. Donc tout le monde voit bien qu'il est une dictature. Il se prononce pour la régularisation totale des clandestins, pour la naturalisation massive des étrangers. Il a aussi, pour une fiscalité par la présidentielle, il proposait 100 milliards d'euros d'impôts supplémentaires. Bon, tout ça est quand même très, très, très éloigné des intérêts des Français, et notamment des classes populaires et moyennes. Quand on dit que c'est le premier opposant, ça vous suggère quoi ? Non, je crois que ce n'est pas le cas.

Je crois qu'il est dans une posture d'opposition. C'est très différent de la véritable opposition. Mais je crois que le Front National est naturellement l'opposition, parce que Marine Le Pen était au second tour de la présidentielle. Ça, c'est le choix des Français dans les urnes. Et aussi parce que nous sommes les seuls à porter un projet alternatif. Vous avez dit le Front National et pas Marine Le Pen ? Les deux. Marine Le Pen est la présidente du Front National.

Mais je crois que nous portons un projet alternatif, ce qui n'est le cas ni de Jean-Luc Mélenchon, dont on voit bien qu'il est sur un projet obsolète de l'extrême-gauche la plus outrancière, ni d'ailleurs les Républicains, dont on a toutes les nuances du macronisme chez eux.

Ceux qui sont au gouvernement, ceux qui, comme Thierry Solaire, rêvent d'y entrer en se rasant le matin, et puis ceux qui sont encore autour de Laurent Wauquiez, mais qui sont incapables de voter contre la confiance au gouvernement, qui sont incapables d'avoir un discours structuré, d'opposition à Emmanuel Macron, et qui reconnaissent même, pour un certain nombre d'entre eux, que Macron mène la politique qu'ils auraient dû mener antérieurement. C'est toujours agréable de parler des autres. On le sent bien dans votre propos. L'invité précédente de l'émission politique, c'était Marine Le Pen. 19 octobre dernier, 1 700 000 téléspectateurs, le plus mauvais score de cette émission.

Est-ce que ça vous a inquiété ? Est-ce que ça vous inquiète ? Ce score-là, celui-là, il est objectif. Je crois que ça correspond aussi à une période qui n'est pas une période d'électorale intense. Donc l'audimat de ces grandes émissions politiques est moins élevé que pendant la séquence présidentielle. Pour partie, acceptons cette explication, et pour partie, elle paie toujours le prix du débat présidentiel manqué, Marine Le Pen ? Elle a elle-même reconnu que ce débat avait été raté. Est-ce qu'elle en paie toujours le prix ? Et pour autant, on le voit d'ailleurs. Est-ce qu'elle en paie toujours le prix ? Je n'en sais rien, ce sera aux Français d'en décider.

Elle a toujours l'air d'être déséquilibré, touché par cette séquence. Non, mais forcément, on est dans une période de réflexion, et je dirais que c'est assez sain. Et si, après un cycle électoral aussi intense qui a permis au Front National de changer de dimension, 11 millions de voix à l'élection présidentielle, eh bien nous n'étions pas capables de mener un vrai travail de réflexion, une forme d'introspection, pour affiner notre projet, le rendre plus attractif, plus rassembleur, on nous dirait, mais vous êtes incapables d'entendre les Français.

Donc on est en effet dans ce processus-là, mais on est aussi, évidemment, sur tous les sujets, dans la défense de nos compatriotes, parce qu'aujourd'hui, je crois qu'il voit clair sur ce qu'est Emmanuel Macron. Il voit clair sur la politique qu'il mène dans tous les domaines.

11:49
Présentateur

Revenons un instant à Marine Le Pen, il y a une différence entre la réflexion et le doute ?

11:53
Invité

Non, mais il n'y a pas de doute. On est dans la réflexion, c'est-à-dire qu'on voit bien...

11:56
Présentateur

Elle ne doute pas d'elle-même ?

11:57
Invité

D'abord, je vous invite à lui poser la question à elle, c'est pas à moi d'y répondre. Vous la connaissez bien, vous savez bien si elle doute ou pas. Écoutez, moi je vois bien qu'il y a eu un sondage il y a pas longtemps, si les présidentielles avaient lieu, il y a quelques semaines, si les présidentielles avaient lieu maintenant, elles obtiendraient le même résultat qu'au printemps dernier. Donc on voit bien... Donc vous êtes totalement rassurés. Nous avons une vraie solidité politique et je pense que le projet que nous portons, il correspond à ce que beaucoup de Français attendent.

À nous de lever les incompréhensions ou de faire des clarifications qui sont nécessaires, par exemple sur l'Europe. Sur l'euro ? C'est sur l'euro qu'on vous attend surtout, pas sur l'Europe ? Oui, enfin, pas seulement sur l'euro, sur la question européenne en général. Vous avez clarifié, vous... Très critique sur l'Union européenne, sur son fonctionnement, sur ses orientations politiques, mais en même temps, nous sommes pour un projet européen différent, une Europe des coopérations, une Europe des nations, c'est-à-dire le contraire de l'anti-Europe qu'ils ont faite. Vous êtes chargé des questions européennes.

Est-ce que vous, c'est une question politique, mais personnelle, est-ce que vous, Nicolas B, vous avez clarifié votre position par rapport à l'euro ? Est-ce que vous pouvez dire ce matin, il faut sortir de l'euro ? Ou est-ce que vous pouvez dire ce matin, il faut garder l'euro ? En fait, c'est très difficile de répondre à cette question-là. Pourquoi ? Parce qu'il y a une vraie question qui est la question de la viabilité à long terme de l'euro sous sa forme actuelle. Ensuite, notre objectif... Non, mais quand on a défendu, pendant la campagne présidentielle, notamment l'idée de revenir à une monnaie nationale, ce n'était pas un objectif en soi.

C'était un moyen, un moyen d'avoir une monnaie qui serve l'économie française. La monnaie, c'est un outil. Aujourd'hui, la monnaie sous sa forme... L'euro sert les intérêts de l'Allemagne et des autres pays, de l'ancienne zone marque, au détriment de la plupart des pays de la zone euro. Donc, il y a une vraie réflexion à mener sur la gouvernance de cette zone euro. La BCE indépendante, ça dessert nos intérêts.

13:34
Présentateur

Comme Marine Le Pen, le 19 octobre sur France 2, vous dit « on verra ».

13:37
Invité

Vous n'avez pas bougé. Le but, c'est quoi ? C'est de retrouver une monnaie qui serve l'économie et de trouver une souveraineté monétaire. Il y a différents moyens d'y parvenir, à la fois en gardant l'euro et peut-être aussi en en sortant. Mais il y a tellement de paramètres que ça nécessite des négociations avec les pays concernés. Donc, on ne peut pas réagir de façon binaire en disant « on y reste sous sa forme actuelle sans rien toucher » ou « on en sort brutalement ». Ça n'aurait aucun sens. La prochaine élection, on continue à parler d'Europe. En France, ce seront précisément les élections européennes. Juin 2019, liste nationale. Ce que vous soutenez, le mode de scrutin va être modifié.

Marine Le Pen sera la tête de liste évidente. Je crois qu'elle a dit elle-même qu'elle ne le souhaitait pas parce que maintenant elle est élue à l'Assemblée nationale où elle mène en première ligne le combat pour la défense des Français dans cet hémicycle-là. Alors, je connais la tête de liste. Et donc, il y aura forcément une réflexion, une discussion. Non, c'est beaucoup trop tôt pour en parler. On est à 18 mois. Vous êtes député européen ? Oui, nous avons 17 députés européens. Il y a des indices. On est à 18 mois de l'élection européenne. Et vous remarquerez, Jean-Michel Apatik, qu'aucun parti politique pour l'instant n'a désigné ses candidats en général. Vous avez raison.

14:46
Présentateur

On ne vous demande pas le nom de la tête. En revanche, ça ne sera pas Marine Le Pen. Ça, c'est sûr.

14:50
Invité

Je crois qu'elle l'a dit elle-même qu'elle ne le souhaitait pas. Mais moi, il ne m'appartient pas de parler à sa place. Encore une fois, je crois que le plus important...

14:57
Présentateur

Mais vous auriez souhaité qu'elle accepte...

14:59
Invité

Non, le plus important, si vous me permettez, le plus important, c'est de mettre les choses dans l'ordre. Présenter notre projet européen. On est très critiques sur l'Union européenne, sur le fonctionnement antidémocratique. Il faut porter un autre projet d'une Europe de l'identité, d'une Europe de la sécurité, d'une Europe de la prospérité économique retrouvée. Et ensuite, il nous appartiendra d'organiser notre dispositif électoral et les candidatures. D'ici à cette élection européenne, le franc national aura changé de nom ? Ça, ce sont les adhérents qui vont en décider.

Il y a, vous le savez, un grand questionnaire qui leur permet de s'exprimer là-dessus, mais sur aussi beaucoup d'autres sujets, sur nos thèmes de campagne, sur notre organisation, sur la stratégie, sur les alliances, etc. Et puis, il y aura des décisions qui seront prises au moment de notre congrès en mars, où il y aura des modifications statutaires et le renouvellement de nos instances. Vous avez une opinion sur le nom, vous ? Écoutez, moi, j'aurai l'occasion de m'exprimer prochainement sur l'opinion personnelle que je défends. Je crois que j'ai eu l'occasion de le dire. Il y a un certain nombre de raisons qui pourraient justifier un changement de nom dans l'absolu.

Ce n'est pas, comment dire, un sujet tabou. La question, c'est de savoir comment et à quel moment le faire. C'est comment la vie au Front National sans Florian Philippot ? Écoutez, moi, j'ai eu l'occasion de dire, je crois que c'était à votre antenne, d'ailleurs, que tout le monde avait sa place au Front National, et donc il était à la table du part. C'est comment la vie s'ennuie ? Mais, voilà, le Front National, d'abord, s'en est très bien remis. Ça n'a pas pris longtemps. Et surtout, je crois que son départ a été aussi une forme de clarification. Il avait parfois exprimé de façon extrêmement clivante certains aspects de notre projet en le dénaturant un petit peu.

Ça nous permet de le réaffiamer par exemple sur l'économie. Nous ne sommes pas étatistes. Nous sommes équilibrés entre un État protecteur et la liberté d'entreprendre. Et sur l'Europe, nous ne sommes pas anti-européens comme ils le laissaient entendre parfois ou comme ils le souhaitaient, mais alter-européens si nous voulons une autre Europe.

16:50
Présentateur

Nicolas Bay, vice-président du Front National et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy.

16:54
Invité

Une pétition circule depuis hier pour défendre, je cite, l'honneur de Gérard Filoche, auteur de... Donc, c'est un dirigeant socialiste et auteur d'un tweet réputé antisémite. Vous avez été choqué, vous, par le tweet de Gérard Filoche qui montrait Emmanuel Macron avec un brassard simili-nazis, un dollar à la place de la croix gammée. Et le commentaire de Gérard Filoche, c'était un sale type, les Français vont le savoir tous ensemble bientôt. Et puis, à l'arrière-plan, il y avait Patrick Drahi, Jacques Attali et l'un des membres de la famille Rothschild, ce qui connotait tout cela d'antisémitisme assez évident. Vous avez été choqué par ce tweet, vous ?

Oui, je trouve que c'est de très mauvais goût. On peut, dans le débat politique, avoir parfois des critiques qui sont vives contre un adversaire. Mais voilà, je pense que c'est évidemment des méthodes qui sont assez choquantes, des assinuations qui sont assez malvenues. C'est un peu plus que de mauvais goût ? Oui, voilà. Enfin, parce que vous avez employé cette formule. C'est pour tout dire assez détestable et ça ne correspond pas à la conception que moi j'ai du débat politique. Je pense qu'on peut avoir, encore une fois, parfois des critiques qui sont très dures.

Mais je pense qu'il faut se garder des genres de comportements qui sont malgré tout très révélateurs aussi, peut-être, d'une idéologie. Le franc national, l'idéologie, c'est-à-dire ? Sous-jacente, c'est-à-dire ? Je ne sais pas. Je ne connais pas Jérard Philoche personnellement. Mais voilà, ce n'est pas un hasard quand on utilise ce genre d'image assez choquante. Vous employez, peut-être, vous, je ne sais pas d'ailleurs, mais Marine Le Pen souvent, Florian Philippot l'employait aussi souvent, le mot d'oligarchie. On ne sait pas toujours ce que recouvre ce mot-là. Vous l'employez, vous, ou pas ? J'ai déjà peut-être eu l'occasion de l'employer. Non, mais il y a, c'est vrai. Parfois...

C'est un mot que vous assumez ou il ne vous plaît pas trop à vous ? Je ne sais pas. Je ne pense pas que ce soit le plus important. Mais je pense que ça définit en tout cas clairement la réalité parfois d'une espèce de système aujourd'hui, on a des, c'est vrai, des puissances politiques, économiques, financières qui parfois, dont on voit bien qu'elles ont aussi parfois des intérêts convergents. Il y en a partout et il y en aura tout le temps. Je vous donne un exemple.

Quand on voit par exemple Emmanuel Macron qui prend un certain nombre de mesures qui vont, fiscales, qui vont favoriser considérablement ceux qui ont une conception purement financière de l'économie au détriment de l'économie réelle et avec des liens très forts, même parfois des conflits d'intérêts, avec des institutions financières, eh bien évidemment on peut quand même s'interroger sur les motivations profondes de la politique qu'ils mènent. Mais l'oligarchie, c'est pas votre truc.

Quand par exemple on retire de l'impôt sur la fortune les placements boursiers ou les objets de luxe, mais par contre qu'on y maintient les biens immobiliers, voilà, tout ça, il y a une philosophie politique qui est derrière. Voilà, je pense que Emmanuel Macron de manière générale et la politique qu'il mène, aujourd'hui est perçue comme pour ce que c'est vraiment par les français, c'est-à-dire une politique qui sert les intérêts d'une petite catégorie au détriment de l'intérêt général. Mais l'oligarchie, on voit bien que c'est pas votre truc. Emmanuel Macron a terminé hier soir un voyage officiel en Afrique et mardi, il était à Ouagadougou, au Burkina Faso et il a dit ceci.

Je suis d'une génération de français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire. Je me reconnais dans les voix d'Albert Londres et d'André Gilles et je n'oublie pas que ces voix, alors, ont été minoritaires en France comme en Europe. Vous êtes de la même génération puisque vous êtes nés le même jour.

20:15
Présentateur

Jumeau astral d'Emmanuel Macron.

20:17
Invité

Voilà, là-dessus, il n'y a pas de problème. Vous êtes d'accord avec lui ? La colonisation, ce sont des crimes ? Non, je crois qu'il y a quelque chose d'insupportable chez Emmanuel Macron qui consiste, à chaque fois qu'il est à l'étranger, vous remarquerez, à critiquer la France, à critiquer son histoire. Non, non, non, non, excusez-moi, je ne voudrais pas vous laisser vous échapper là-dessus. La colonisation, est-ce que c'était des crimes ou pas ? Non, mais qu'on reconnaisse qu'il y a eu des dérives, des excès, peut-être même des délits ou des crimes, pourquoi pas ? Mais ce qui est insupportable, c'est de ne parler que de cela. Mais il n'a pas parlé que de ça.

Ce qui est insupportable, c'est de ne pas reconnaître aussi les bienfaits, les infrastructures, les hôpitaux, les services publics, voilà. Il faut essayer d'avoir une vision juste. Mais quand on fait la balance, quand on fait la balance, est-ce que la colonisation... Je ne suis pas là pour faire la balance. Mais il y a un vrai problème, c'est de ne parler toujours négativement de l'histoire de France, d'organiser une espèce de flagellation collective. Il va en Afrique. Qu'est-ce qu'il dit ? Il dit que la France s'est mal comportée pendant la colonisation. Il dit que je vais libéraliser les visas longue durée, c'est-à-dire amplifier encore les flux migratoires de l'Afrique vers l'Europe.

Et ensuite, il a une attitude de mépris ou à tout le moins de grande légèreté à l'égard du président Burkinabé. Je trouve que l'attitude générale d'Emmanuel Macron à la fois ne sert pas les intérêts de la France, s'agissant en particulier de la politique migratoire et les aides économiques là-bas ne sont pas du tout subordonnées à la maîtrise des flux migratoires. Et de surcroît, il ne donne pas une bonne image sur la scène internationale.

21:38
Présentateur

Sur la forme, on a compris que vous avez dérangé qu'il le... Mais sur le fond, vous êtes donc d'accord. Les crimes de la colonisation, vous venez de le dire.

21:46
Invité

Il y en a eu. Oui, vous l'avez dit. Mais vous savez, des dérives ou des excès, dans tous les aspects ou dans tous les états de notre histoire. Mais il serait temps d'arrêter, d'être dans la culpabilité permanente et il faut aussi valoriser les grandes heures de l'histoire de France. Et dans la colonisation, si on a une vision équilibrée, on peut souligner sans doute des dérives, c'est vrai, mais aussi des bienfaits, notamment pour le continent africain. Pour être précis, Emmanuel Macron n'a pas parlé de la France, il a parlé de l'Europe, la colonisation européenne. Et le Zimbabwe, dans l'actualité, nous montre bien comment la colonisation a pu être un problème pour ces pays.

Un mot, l'équipe de France de football connaîtra ses adversaires ce soir à Moscou pour la Coupe du Monde. Vous n'intéressez pas au foot ? Un petit peu. C'est très rare que les dirigeants du Front National s'intéressent au football. J'espère que l'équipe de France fera un beau parcours. Tel qu'elle est. Oui, bien sûr. J'espère qu'elle arrivera le plus haut possible et si possible, qu'elle gagne en finale. L'équipe de France dans sa diversité. Vous espérez qu'elle arrive le plus haut possible ? Vous savez, moi, je n'ai pas une vision comme ça. pour moi, c'est l'équipe de France avant tout.

22:50
Présentateur

Merci beaucoup, Nicolas. Bonne journée à vous.