Ian Brossat : « On a à faire à des gouvernements qui sont incapables de dialoguer avec les gens »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 60 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:38OuverteÉludée
Est-ce qu'elle a été utile, selon vous, cette allocution ?
- 1:17OuverteRéponse directe
Est-ce que finalement, ça ne renforce pas, malgré lui, la convergence des luttes ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Dontacte, qu'est-ce que vous avez pensé en entendant ça ?
- 3:55RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas ça aussi qui rend compliquée la doctrine du maintien de l'ordre ?
- 4:35OuverteRéponse directe
Vous saluez cette question ?
- 5:02RelanceRéponse directe
Il ne le balaye pas d'un revers de main. Il dit juste qu'il y avait une forme d'instrumentalisation politique.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:50Invité politiqueChiffre
« Quand vous avez, au cours de l'année scolaire 2024-2025, 15 millions d'heures non remplacées avec des professeurs qui ne sont pas là et qui n'ont pas de remplaçants en face, ça fait des situations dramatiques et des lycéens qui se mobilisent en masse. »
- 7:52Invité politiqueChiffre
« Dans le prochain budget, le budget 2027, il est prévu très précisément 1 588 postes de professeurs en moins, notamment dans le secondaire, dans les lycées, ceux qui sont mobilisés en ce moment. »
- 10:25InvitéChiffre
« 25 milliards d'euros pour la rénovation des collèges et des lycées. »
- 10:32InvitéChiffre
« Passer d'environ 21 élèves à 18-19 aux primaires, d'environ 26 à 22-23 aux collèges et de 30 élèves dans les classes aux lycées à 26-27. »
- 14:20InvitéChiffre
« Le budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros. »
- 14:51InvitéChiffre
« Notre engagement est de ramener le déficit public à 5% en 2027. »
- 15:56PrésentateurChiffre
« La loi spéciale c'est 15 milliards. »
- 17:35PrésentateurChiffre
« On va libérer 10 millions de barils de nos stocks stratégiques. »
- 18:50Invité politiqueChiffre
« Vous ne pouvez pas d'un côté continuer à verser 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises. »
- 20:13PrésentateurFait
« Il prendra les décisions nécessaires pour qu'il n'augmente pas cet hiver. »
- 21:20InvitéChiffre
« La région a mis un milliard trois depuis dix ans sur les lycées. »
- 22:58PrésentateurFait
« On entend dans le même temps la colère de ces élus locaux face à la baisse du budget qui est prévu du budget pour les collectivités. »
Temps de parole
- Ian Brossat53 %
- Présentateur23 %
- Invité7 %
- Invité 27 %
- Invité 35 %
- ?3 %
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Vous
écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Yann
Brossat, vous êtes sénateur de Paris, porte-parole du Parti communiste et du candidat Fabien Roussel, qui est votre candidat à la présidentielle et face à la colère lycéenne à l'augmentation des prix de l'énergie, aux inquiétudes du monde agricole, Sébastien Lecornu a donc tenté de rassurer et d'apporter des réponses. Vous allez le voir, Sébastien Lecornu, qui fait la une ce matin de la plupart de vos quotidiens régionaux. Et on va revenir sur cette allocution. Yann Brossat, d'abord, question un peu large. Est-ce qu'elle a été utile, selon vous, cette allocution ?
Non, je pense que ce n'est pas une réponse que Sébastien Lecornu apporte. C'est une fin de non-recevoir. Moi, je me suis demandé pourquoi est-ce qu'il a décidé de prendre la parole et en réalité à qui est-ce qu'il s'adresse ? Il ne s'adresse pas aux lycéens, il ne leur a rien proposé. Il ne s'adresse pas aux parents, il ne leur a rien promis. Et donc, en réalité, mon sentiment,
c
'est qu'il s'adresse au marché. Et il dit au marché, dans la période de crise financière que nous traversons, rassurez-vous, je ne lâcherai rien à la population qui se mobilisait. Donc oui, je trouve ça très inquiétant. Et en tout cas, ça n'est pas à même, à mon avis, de calmer la colère qui s'exprime depuis maintenant plusieurs semaines.
On va revenir en détail sur ces propos. Mais faire une allocution sur les lycéens, sur la colère du monde agricole, sur la hausse des prix du carburant, sur le maintien de l'ordre également, on va en parler. Est-ce que finalement, ça ne renforce pas, malgré lui, la convergence des luttes
? –
Si, assurément. En tout cas, il y
a
une colère multiforme qui s'exprime dans notre pays, qui est directement liée aux insuffisances de la politique gouvernementale, à la fois sur les enjeux du pouvoir d'achat avec l'envolée du prix des carburants, sur la question de l'éducation avec la mobilisation lycéenne, qui pointe du doigt un certain nombre de dysfonctionnements majeurs. Quand vous avez, au cours de l'année scolaire 2024-2025, 15 millions d'heures non remplacées avec des professeurs qui ne sont pas là et qui n'ont pas de remplaçants en face, ça fait des situations dramatiques et des lycéens qui se mobilisent en masse.
Et donc oui, d'une certaine manière, le Premier ministre est contraint de constater que le pays va très mal. Ce qu'il oublie, c'est que ce qui est à l'origine de ce mécontentement, c'est la politique gouvernementale et qu'elle doit être revue de A à Z. –
Sébastien Lecornu qui a débuté son intervention en parlant des violences et de la question du maintien de l'ordre. On va l'écouter.
–
Contrairement à ce que certains racontent et répètent, les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens. Leur mission est de protéger les biens, mais surtout les personnes, de faire respecter la loi et de permettre l'accès aux établissements scolaires.
Elles
doivent agir pour cela de manière proportionnée, dans un contexte souvent très difficile, il faut le reconnaître, et je veux leur redire notre soutien.
Mais
lorsqu'un jeune est gravement blessé, les enquêtes doivent en établir les circonstances en toute transparence, comme pour toute atteinte aux personnes. Je l'ai rappelé hier à l'Assemblée nationale, le respect de l'État droit s'impose à chacun.
–
Dontacte, qu'est-ce que vous avez pensé en entendant ça ?
– D
'abord, il y a des mots qui contredisent Sébastien Lecornu. Lorsque le ministre de l'Intérieur dit explicitement qu'il ne recommande aucune retenue aux forces de l'ordre dans le maintien de l'ordre dans le cadre de ces manifestations, c'est contradictoire avec ce que dit Sébastien Lecornu. Lorsque des enfants se retrouvent avec une main arrachée, avec un œil en moins, avec une mâchoire cassée, tout ça ne va pas dans le sens de ce que dit Sébastien Lecornu. Et donc oui, je pense que la question de la doctrine du maintien de l'ordre doit se poser.
Il n'est pas acceptable que dans notre pays, qui s'enorgueille d'être le pays des droits de l'homme, on ait des événements comme ceux-là qui se produisent. Je le redis, ce sont des enfants. On n'a pas à lancer des grenades sur des enfants. On n'a pas à faire usage de LBD devant des enfants. Or,
c
'est exactement ce qui s'est produit. Et
tout ça a d'ailleurs suscité une grande émotion. Le
problème, Yann Brossat, c'est qu'à cette mobilisation lycéenne viennent se greffer des casseurs. Est-ce que ce n
'est
pas ça aussi qui rend compliquée la doctrine du maintien
de l'ordre ? Bien sûr,
et pour ce qui me concerne, je condamne toutes les violences, mais je condamne aussi les violences policières. Parce que quand on est policier, quand on porte l'uniforme, on représente l'État. Et donc, on doit faire preuve d'une forme d'exemplarité. Par ailleurs, oui, la question du maintien de l'ordre, elle doit se poser quand on voit, par exemple, que les grenades, nous sommes l'un des seuls pays de l'Union européenne à les utiliser. Et d'ailleurs, le ministre de l'Intérieur a fini par reconnaître qu'il y avait un problème, puisqu'il a annoncé hier, chez vos confrères de RTL, que la police n'en ferait plus usage dans le cadre du maintien de l'ordre de ce mouvement social.
De grenade
assourdissante.
De
grenade assourdissante.
Vous saluez cette question ?
Enfin, je le salue, ça vient un peu tard, parce que c'est une grenade assourdissante qui a conduit au drame qu'on a connu à Lens. Mais s'il le fait, c'est bien qu
'il
y
a
un problème. Et que donc, on a eu une forme de déni pendant les premiers jours, qui a conduit à des drames. Et donc, un ministre de l'Intérieur contraint de rétro-pédaler. Mais enfin, quand même, posons-nous ces questions. Ne balayons pas ça d'un revers de main, comme l'a fait le Premier ministre hier.
Il ne le balaye pas d'un revers de
main.
Il dit juste, et il l'a dit d'ailleurs devant l'Assemblée aussi avant-hier, qu'il y avait quelque part une forme d'instrumentalisation politique de ceux qui répètent à l'envie que les forces de l'ordre ont pour instruction d'affronter les lycéens.
–
Mais c'est un fait que des forces de l'ordre ont affronté des lycéens et l'ont fait d'une manière totalement disproportionnée, ce qui est à l'origine
des drames dont je viens de parler.
–
Mais pourquoi
son ministre de l'Intérieur a dit « ne faites preuve d'aucune retenue lorsqu'il s'adressait aux forces de l'ordre ? » Soit le Premier ministre n'est pas obéi par son ministre de l'Intérieur et c'est très inquiétant, soit le Premier ministre ment. Mais en tout cas, il y
a
un problème. Il y
a
quelque chose qui ne convient pas dans cette affaire. D'ailleurs, je vous le dis, je ne comprends pas comment Laurent Nunes peut rester en responsabilité après ce qui s'est produit.
– Il doit démissionner ? –
Oui, il doit démissionner parce que c'est honteux d'avoir des situations comme celle-là dans un pays comme le nôtre. Une fois de plus, ce sont des enfants. Les personnes dont je parle, celui qui a été bornier, celui qui a perdu son bras, celui qui a perdu sa mâchoire, ce sont des enfants, ce sont des mineurs, des lycéens. Et donc personne ne devrait accepter ça dans un pays comme le nôtre. Et donc oui, le ministre de l'Intérieur devrait en tirer les conséquences.
–
Et on a également des forces de l'ordre bressé, des personnels de l'éducation qui sont blessés, qui sont attaqués. Comment on fait ?
– C'est bien la raison pour laquelle je vous dis que je condamne toutes les violences. Mais comment on fait ? D'abord en répondant aux revendications. On a affaire à un gouvernement qui, depuis dix ans maintenant, des gouvernements successifs sous la présidence d'Emmanuel Macron, qui ne sont pas capables de dialoguer avec les gens qui se mobilisent.
C'est
exactement ce qu'on a vécu pendant le mouvement des Gilets jaunes. Et puis il y
a
aussi une autre question à se poser. Quand vous avez des mouvements sociaux pacifiques, le gouvernement n'en tient aucun compte. Souvenez-vous du mouvement sur les retraites. Quand des enfants voient ça, quand des enfants voient que leurs parents se sont mobilisés contre la réforme des retraites par millions, ils ont fait grève, ils ont défilé, ils n'ont rien obtenu. Inévitablement, la leçon qu
'ils ont tirent… – Elle est suspendue,
la réforme des retraites.
–
Elle est suspendue. – Après
une négociation avec le Parlement. – Elle est
très partiellement suspendue en lien avec les élections de 2024. Et le mouvement social y a évidemment contribué. Mais enfin, la réforme, elle a été passée par 49-3. Donc inévitablement, c'est un encouragement à la violence. Quand vous avez un pouvoir qui ne respecte pas les mobilisations pacifiques.
Et
donc, on a besoin de tourner la page de cette manière, de faire de la politique et de cette manière de gouverner. J'espère que ce sera le cas après les élections de 2027.
– Sur le fond, et les réponses aux lycéens hier, il a parlé de la plateforme. 40 000 contributions, a-t-il dit, auxquelles il promet de répondre. Et puis il a rappelé qu'il avait engagé cinq chantiers pour assurer les cours, améliorer les conditions matérielles, organiser le temps scolaire. Là aussi, il promet des décisions avant fin octobre. Est-ce qu'il a quand même entendu les lycéens sur le fond ?
– Non, c'est une manœuvre dilatoire. Pourquoi il dit fin octobre ? Il attend les vacances scolaires, il mise sur le fait que les vacances scolaires feront que le mouvement social s'essoufflera. Et donc, il va pouvoir continuer sa petite popote tranquille. Mais la réalité, c'est qu'il y aura un moment de vérité. Et ce moment de vérité, c'est le budget. Dans le prochain budget, le budget 2027, il est prévu très précisément 1 588 postes de professeurs en moins, notamment dans le secondaire, dans les lycées, ceux qui sont mobilisés en ce moment, lycées dans lesquelles, d'ailleurs, la démographie dans les cinq prochaines années va augmenter.
Si vous avez moins de professeurs et que vous avez plus d'élèves, ça fait que vous aurez des classes plus chargées.
J
'étais professeur à Sarcelles quelques années. C'est une équation qui est assez simple à comprendre. Donc, tout va continuer comme aujourd'hui, ce qui provoque le mécontentement des lycéens. Par exemple, cette question-là, elle doit être revue
par le gouvernement. – Et en même temps, il
rappelle, puisque vous parlez du budget et on va y venir plus largement, mais sur l'éducation,
il
rappelle que c'est un des seuls budgets augmentés, plus 1,2 milliard d'euros. Et d'ailleurs, il dit, les parlementaires ont un mois jusqu'au 12 novembre, jour où il sera examiné à l'Assemblée, pour se mettre d'accord sur des amendements. Quels amendements vous allez proposer pour
votre budget d
'éducation
?
– Par exemple, il est hors de question pour nous de continuer à supprimer des postes de professeurs. Vous vous rendez compte ? Je l'ai dit tout à l'heure, 15 millions d'heures qui partent en fumée parce que, pas remplacer, ça n'est pas normal. Enfin, on devrait quand même au moins, au moins, avoir un consensus national, Fabien Roussel l'a souligné il
y
a quelques jours, un consensus national autour de l'idée qu'il doit y avoir un professeur devant chaque classe et que donc, toutes les heures non effectuées doivent être remplacées. C'est simple, c'est basique, typiquement, ça, ça doit pouvoir être réglé dans le budget.
– Et on va revenir justement sur les mesures présentées par le Parti communiste, par Fabien Roussel. Quentin, puisqu'il présentait mardi un pacte pour la jeunesse et l'éducation, c'était au siège du PCF.
–
Oui, exactement. La conférence de presse était organisée juste avant les grandes mobilisations de présenter son plan. Puis Fabien Roussel, le candidat des communistes à la présidentielle, est allé rejoindre les cortèges parisiens. Fabien Roussel, qui a appelé l'ensemble des forces politiques, des groupes parlementaires à s'engager pour la nation, pour l'avenir de notre jeunesse, ce que vous étiez en train d'évoquer, Yann Brossard, ce pacte qui doit concerner tous les groupes politiques. Écoutez donc le secrétaire national du Parti communiste français.
– Un,
limiter le nombre d'élèves par classe et selon les niveaux
et
y mettre les professeurs correspondants.
Avoir
des professeurs remplacés en 24 heures
partout.
Mettre en place un plan de rénovation des bâtiments. Avoir une meilleure reconnaissance des enseignants
et
abroger Parcoursup.
–
On va voir deux mesures du plan jeunesse 2027-2032 présenté mardi. Fabien Roussel qui veut plus, 18 000 professeurs par an. Cela ferait donc 90 000 sur la période. 25 milliards d'euros pour la rénovation des collèges et des lycées. Fabien Roussel qui a promis aussi des classes moins chargées avec moins d'élèves. Passer d'environ 21 élèves à 18-19 aux primaires, d'environ 26 à 22-23 aux collèges et de 30 élèves dans les classes aux lycées à 26-27 a dit le secrétaire national du Parti communiste. Pourquoi l'idée de ce pacte Yann Brossat ? C'est dire que les mesures doivent faire consensus aujourd'hui sur l'échiquier politique.
C'est dire en tout cas que cet engagement pour la jeunesse ne doit pas attendre l'élection présidentielle et que dès le budget 2027 il faut un certain nombre d'avancées parce que le mouvement social y a lieu tout de suite.
D
'ailleurs les jeunes qui se mobilisent passent le bac cette année donc si on leur dit après les élections présidentielles les choses vont changer ça ne résout pas le problème immédiat auquel ils sont confrontés. Et oui il y a un certain nombre d'exigences qui sont des exigences basiques. Avoir un professeur devant chaque classe ça n'est pas une demande exorbitante. ça devrait être l'évidence même c'était le cas d'ailleurs il y a un certain temps simplement. On paye aujourd'hui une situation où d'année en année on ne recrute pas les professeurs en nombre suffisant et on en arrive à 15 millions d'heures non remplacées. Et c'est à cela qu'il faut remédier.
Ça se complique peut-être sur le financement des mesures la rénovation des bâtiments scolaires qui se ferait en prenant sur les ados entreprises les recrutements eux se feront en prenant 3,5 milliards d'euros obligés de la défense. En fait il faut choisir dans nos politiques publiques la baisse du taux de prélèvement sur les entreprises par exemple ce n
'est
pas quelque chose qui vous intéresse la lutte contre les menaces à l'international non plus ?
C'est la base l'arbitrage politique. Quand on fait de la politique quand on fait un budget on arbitre entre différents choix. Est-ce qu'on décide de continuer à augmenter de manière totalement démesurée le budget de la défense qui a pour objectif d'être doublé avec Emmanuel Macron ou est-ce qu'on considère que la question de l'éducation elle est absolument fondamentale ?
Quand on traite de la question de l'éducation je le dis aussi là aussi comme ancien professeur évidemment c'est la question de nos jeunes mais c'est plus largement la question de l'avenir du pays un pays qui sacrifie son éducation qui ne permet pas qu'on ait un professeur devant chaque classe c'est un pays qui se sacrifie lui-même et c'est exactement la situation dans laquelle nous sommes en ce moment ben oui moi j'assume je pense que nous n'avons pas besoin d'augmenter de manière démesurée comme on le fait en ce moment le budget de la défense et qu'on ferait mieux d'utiliser cet argent pour faire en sorte qu'on ait un professeur devant chaque classe si on a envie d'être un pays fort il faut aussi être un pays bien éduqué
j'ai une dernière question avec la conférence de presse qu'on a vu le jour de la mobilisation est-ce qu
'il
n
'y a
pas l'aveu d'un retard à l'allumage aussi chez les communistes parce qu'aussi on sait que vous avez peut-être moins de succès chez les jeunes que Jean-Luc Mélenchon qui est très populaire auprès de cette catégorie
nous
avons été présents depuis le début pour l'avoir suivi en tant que directeur de campagne de Fabien Roussel dans cette mobilisation et d'ailleurs Bastien Bonargent qu'on voit tout à l'heure sur vos images qui est secrétaire général des jeunes communistes a eu la bonne idée de lancer des cahiers de doléances qui visent avec les jeunes communistes partout dans le pays à recueillir les exigences des lycéens et donc nous sommes à l'initiative porteurs de propositions et vous l'avez montré tout à l'heure
et
on va aller voir ce que pensent les élus locaux de ces annonces de Sébastien Lecornu on va en Seine-Maritime bonjour Virginie Lutrault merci d'être avec nous maire de Port-Jérôme-sur-Seine vice-présidente de la région Normandie vous suivez vous aussi de près sur le terrain cette mobilisation vous allez d'ailleurs vous rendre dans quelques minutes dans un lycée les annonces du premier ministre sont-elles à même de répondre à la colère de la jeunesse
?
Ah on a un petit problème technique Virginie Lutrault on va essayer de rétablir la connexion et on va revenir avec vous on va écouter parce qu'au-delà on le disait en début d'émission Sébastien Lecornu qui n'a pas parlé que de la mobilisation lycée qui a plalé plus largement notamment de la question du budget on va l'écouter le premier ministre est-ce qu'il pointe un risque pour le pays si le Parlement n'adopte pas de budget
? Le
budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros
je
suis donc convaincu que le Parlement permettra à la France d'avoir un budget
l
'opposition a le droit de contester le texte peut être évidemment discuté amendé modifié ligne à ligne s'il le faut
mais
c'est la responsabilité du Parlement sa première des responsabilités que de donner un budget
au
pays
j
'en appelle donc au patriotisme de chacun pour que les échanges engagés aboutissent aux compromis nécessaires
notre
engagement est de ramener le déficit public à 5%
en
2027
je
le dis avec gravité pas davantage
la
cible initiale est de 4,8 et nous l'avons porté à 5
pour
les besoins de notre défense nationale
Yann
Brossat vous allez être patriote vous allez contribuer à ce que la France ait un budget au 31 décembre
c
'est quand même un peu paradoxal quand on a mis le pays dans un état pareil de faire appel au patriotisme des autres en l'occurrence le Premier ministre a mis le pays avec ses amis macronistes dans un état pathétique une crise sociale une crise économique une crise financière budgétaire et il nous dit ben voilà il faut continuer les mêmes recettes et en plus de ça il faudrait que vous me souteniez ben non et en l'occurrence les mêmes recettes produiront les mêmes catastrophes donc un nouveau tour de vis budgétaire des services publics à nouveau mis au régime ça provoquera de nouveaux désastres et donc il n
'est
pas question pour nous d'accompagner ça vous vous rendez compte
oui mais il
dit ça met la France en difficulté s'il n
'y a
pas de budget ça va être ça va être pire si on reste 7 mois sans budget si un nouveau président de la République arrive sans budget vous ne
l
'entendez pas cet argument
sans
parler de la lettre qu'il vous avait écrite cet été
où il disait
la loi spéciale c'est 15
milliards
je l'ai lu mais sa politique est mauvaise et les conséquences de sa politique sont visibles à l
'œil
nu au point qu'on a des mobilisations sociales tous les jours et donc à un moment donné il faut en tirer un certain nombre de leçons j'ajoute par exemple il n'arrête pas de nous dire qu'il
n'y a
pas d'argent il va diminuer dans ce budget si sa copie était retenue la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises ce n
'est
pas indécent dans une période où on a autant de difficultés où on n
'a
même pas un professeur devant chaque classe vous avez un Premier ministre qui dit les grandes entreprises les entreprises du CAC 40 qui viennent de verser 60 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires on va leur baisser leur niveau d'imposition c'est indécent c'est impossible d'accepter ça elle
est en
scène temporaire déjà oui elle peut prolonger un peu on peut prolonger un peu cette contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises ça ne mettra personne sur la paille M. Pouyanné avec ses 10 millions d'euros annuels on peut considérer qu'il peut continuer à faire un petit effort et donc oui on a un problème de justice sociale on a un problème de cohésion sociale dans ce pays et ce budget malheureusement ne répond absolument pas à cet enjeu
allez on va retourner en Seine-Maritime retrouver Virginie Lutro maire de Port Jérôme Sursen Virginie Lutro comment vous en tant qu'élu local vous avez accueilli cette allocution de Sébastien Lecornu
? ça
ne
marche pas alors
là cette fois vous m'entendez mais c'est nous qui ne vous entendons pas on va essayer il nous reste encore 5 minutes pour régler le problème et on va quand même essayer de vous retrouver Virginie Lutro autre sujet abordé hier par le Premier ministre évidemment sujet extrêmement concernant pour les Français c'est les prix de l'énergie les prix du carburant Sébastien Lecornu qui a dit on va libérer 10 millions de barils de nos stocks stratégiques ça va faire baisser le prix à la pompe de 12 à 18 centimes c'est une bonne mesure ?
c'est déjà ça de prix c'est d'ailleurs une proposition que Fabien Roussel avait faite ça reste très insuffisant parce que malheureusement le prix des carburants va demeurer malgré la petite baisse escomptée avec cette mesure va rester très élevé c'est la raison pour laquelle nous plaidons nous en faveur de la baisse des taxes et notamment la baisse de la TVA sur les carburants sur l'énergie de manière générale dont nous estimons qu'elle devrait passer de 20% à 5,5% parce que c'est un produit de première nécessité donc
ça vous
allez le redemander pendant la discussion
budgétaire ? bien sûr
nous allons le redemander pendant la discussion budgétaire et comme nous sommes des gens cohérents et que quand on baisse les recettes d'un côté il faut bien les récupérer de l'autre si on veut défendre le service public nous allons réclamer une taxation beaucoup plus élevée des profits notamment de Total parce qu'on a besoin de récupérer de l'argent pour financer nos services publics
alors vous avez également j'imagine entendu le Premier ministre qui dit on n'a pas les moyens on n'a plus les moyens de faire des aides massives en 2021 ça avait coûté 70 milliards quand on a aidé les Français face à la crise énergétique est-ce que compte tenu de l'état de nos finances il n'a pas raison
?
non il a tort d'abord c'est eux qui ont vidé les caisses
et
puis par ailleurs vous ne pouvez pas d'un côté continuer à verser 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises et dire on n'a pas d'argent pour aider les plus modestes et en l'occurrence c'est toute notre économie qui souffre du fait qu'on a aujourd'hui des classes populaires et des classes moyennes qui sont prises à la gorge par l'envolée des carburants donc c'est rendre service à notre économie que de faire en sorte que le pouvoir d'achat des Français soit mieux défendu et donc non c'est une mauvaise politique et puis une fois de plus comment peut-il dire il n
'y a
pas d'argent et dans le même temps baisser la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises ça n'est pas cohérent s'il n'y a pas d'argent c'est parce que précisément il ne va pas le chercher
Donc
pour vous il faut vous allez relancer cette idée d'aide globale pas forcément d'aide ciblée mais il faut aider plus largement
et plus
globalement
Baisser les taxes ça n'est pas une aide en l'occurrence nous nous sommes favorables à ce qu'on sorte de cette politique des petits chèques qui est une politique qui prétend être ciblée qui en réalité est tellement ciblée qu'elle ne touche personne et donc oui nous nous sommes favorables à la baisse des taxes quand on est de gauche on est favorable à l'impôt progressif on n
'est
pas favorable à ces taxes proportionnelles qui touchent de la même manière tout le monde quel que soit son niveau de revenu ce sont les plus fragiles qui souffrent de ces taxes les plus modestes les travailleurs et donc oui il serait grand temps de les baisser d'autant qu'une fois de plus ce sont des produits de première nécessité qu'on ne choisit pas d'utiliser vous ne choisissez pas de faire votre plein vous en avez besoin pour aller au travail
Un mot sur les prix de l'énergie sur les prix de l'électricité puisque là aussi il s'est exprimé il prendra les décisions nécessaires pour qu'il n'augmente pas cet hiver c'est ce qu'il a dit en appelant également à EDF qu'est-ce que vous en attendez
? Tant mieux en tout cas nous serons vigilants à ce que ces décisions soient vérifiées dans les faits en l'occurrence c'est une intention qui est exprimée par le Premier ministre il faut des faits parce qu'effectivement aujourd'hui le prix de l'énergie de manière globale pèse très lourd dans le budget des ménages
Allez on fait une troisième on espère que la troisième sera la bonne tentative pour aller en Seine-Maritime Virginie Lutroux est-ce que vous nous entendez
?
Moi je vous entends Super ! Et
on vous entend aussi
aller vers de Port-Jérôme sur Seine je le rappelle on le dit vous êtes aux côtés des lycéens vous allez y aller dans quelques instants est-ce que en tant qu'élu local vous dites Sébastien Lecornu a apporté les bonnes réponses hier ou pas
? Je
pense qu'il y a encore beaucoup d'attentes de nos lycéens j'en discuterai avec eux lors de la une manif assez calme je pense que sur notre territoire il n'y a pas eu de cas il y
a
eu beaucoup de respect mutuel entre les forces de l'ordre des lycéens et des revendications qui sont ma foi justifiées des profs absents un lycée qui nécessite de gros investissements en termes de rénovation la région a mis un milliard trois depuis dix ans sur les lycées mais ça n'est pas encore suffisant puisque c
'est
pas avec les ponctions que l'on subit depuis quelques années que malheureusement on va dégager des marges budgétaires pour pouvoir accélérer la rénovation des lycées leurs revendications sont légitimes mais je crois que c'est difficile d'y répondre en 24 heures quand on parle emploie du temps quand on parle de remplacer des profs en 24 heures c'est toute une organisation à mettre derrière j'espère je ne dis pas je ne suis pas aussi déçu que mais j'espère qu'il y aura des vraies mesures concrètes d'ici la fin octobre ça fait des années qu'on subit des profs non remplacés même du personnel d'accompagnement avec le stress de Parcoursup avec cette société anxiogène que vive quand même cette génération Covid et ça je pense qu
'il
ne faut pas du tout ne pas en avoir conscience c'est aussi du personnel accompagnant psychologue infirmière qui manque dans les établissements donc on espère des mesures concrètes et on sera aux côtés des lycéens mais aussi aux côtés des pouvoirs publics pour pouvoir faire en sorte que ces mesures soient vraiment réalisées pour la rentrée après les vacances de Toussaint
Un
mot rapidement puisque vous êtes aussi vice-présidente de la région Normandie Sébastien Lecornu qui s'est entretenu hier avec les présidents de région est-ce que vous savez ce qu'il est sorti de cette réunion
?
Non à ce matin je ne sais pas du tout je pense que je connais bien mon président il a dû réclamer des moyens supplémentaires parce que lui aussi a conscience qu'un établissement qui est à la hauteur de l'enseignement c'est aussi un élément important et prépondérant pour nos élèves
Merci
beaucoup merci Virginie Lutrault d'avoir été avec nous maire de Port-Jérôme-sur-Seine vice-présidente de la région Normandie pardon pour les petits problèmes de connexion mais on a fini par vous entendre un mot sur les élus locaux et les élus régionaux notamment qui en chargent la gestion des lycées et on entend dans le même temps la colère de ces élus locaux face à la baisse du budget qui est prévu du budget pour les collectivités qui est prévu dans le budget 2027 comment vous allez répondre en tant que parlementaire en
tout cas ils ont raison les élus locaux de dire qu'ils ont subi les baisses de dotation et que les difficultés budgétaires auxquelles ils sont confrontés sont directement liées à l'État et donc nous nous allons défendre le budget des collectivités c'est d'ailleurs notre rôle de sénateur nous le faisons tous les ans et nous continuerons à le faire notamment si on veut par exemple que les conseils régionaux puissent améliorer la situation du bâtimentaire dans les lycées qui est l'une des revendications exprimées dans ce mouvement
Merci
beaucoup Merci
Anne
Bressa
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Ian Brossat