Interventions de Nicolas Dupont-Aignan à l'Assemblée Nationale sur le CETA (17-18 juillet 2019)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 95 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:04PrésentateurFait
« ce traité met un virus dans la souveraineté, pas seulement de la France mais de l'Europe, parce que ce sont les multinationales qui auront le pouvoir »
- 1:36PrésentateurFait
« l'accord de Paris n'est pas respecté par le Canada, et vous allez signer et donner un blanc-seing à un pays qui ne le respecte pas »
- 5:10PrésentateurChiffre
« L'augmentation des émissions maritimes, donc cela veut bien dire qu'il reconnaît que le développement des échanges augmente les émissions maritimes. »
- 5:46PrésentateurFait
« Vous n'avez rien compris à la crise des Gilets jaunes, et vous allez avoir de sacrées surprises demain. »
- 6:14PrésentateurFait
« En vérité, vous avez laissé la Commission de Bruxelles sacrifier l'agriculture française pour vendre des automobiles allemandes ou des services français, des banques et des assurances. »
Temps de parole
- Présentateur90 %
- ?10 %
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Monsieur le Président,
mes
chers collègues,
tous
les arguments ont été énoncés et nous avons sans doute
le
débat le plus important,
le
plus utile
et
le plus grave de la législature.
Et
moi je voudrais m'adresser aux ministres
qui
ne nous écoutent pas, Monsieur le Ministre, je voudrais m'adresser aux ministres et aux députés En Marche.
Et
je voudrais leur dire qu'au-delà de l'appartenance à un groupe, d'un soutien au Président de la République, il y a d'abord votre conscience, l'avenir de nos enfants, de nos petits-enfants.
Et
ce soir, et surtout mardi,
vous
allez être devant un vote le plus important de votre carrière politique.
Et
ce vote va avoir une conséquence incalculable sur l'avenir de notre pays
et
de l'Europe. Et ce qui me fascine et m'inquiète et me désespère aujourd'hui et ce soir,
c
'est qu'il est en totale contradiction
avec
tout ce que vous dites depuis des mois, des années.
Il
est en contradiction sur l'affaire démocratique, car ce traité met un virus
dans
la souveraineté, pas seulement de la France mais de l'Europe, parce que ce sont les multinationales qui auront le pouvoir, ce sont les multinationales qui décideront, et nous serons encore plus des pantins qu'auparavant.
C
'est une contradiction totale avec vos engagements sur l'Europe. D'ailleurs, c'est curieux, vous n'avez pas soumis ce traité avant l'élection européenne
? Quand
je parlais pendant l'élection européenne du Mercosur ou du CETA, on me disait, mais non, mais vous, vous alarmez les gens. Et puis, un mois après, on y passe.
C
'est complètement contradictoire avec l'idée d'une Europe qui protège, c'est au contraire une Europe qui s'abaisse.
C
'est une contradiction totale sur le climat, car bien évidemment l'accord de Paris n'est pas respecté par le Canada, et vous allez signer et donner un blanc-seing à un pays qui ne le respecte pas, et à tous ceux, notamment le Mercosur ensuite. C'est une contradiction avec la santé de nos concitoyens, avec l'importation de produits dangereux, et puis c'est une contradiction avec tout le localisme, toute cette idée que nos agriculteurs doivent entretenir d'autres territoires.
Alors regardez-vous dans la glace,
avant qu
'il
ne soit trop tard. Merci, la parole est à monsieur. Cet article 2, mes chers collègues, énonce de belles intentions
un
protocole, et il est évident que le Canada est un pays ami, et qu'on ne pourrait a priori que se réjouir
de
voir cet article 2 énoncer ses belles intentions.
Mais
la question fondamentale n'est pas là.
C
'est que dans cet article 2,
et
dans le protocole, quand on le lit, eh bien il est écrit exactement l'inverse
des
résultats futurs de l'article 1 et de cet accord de libre-échange.
Et
donc je veux insister une nouvelle fois sur l'hypocrisie générale, la tartufferie totale de ce traité, et de ses protocoles, et de ses belles intentions.
Voilà
pourquoi il me paraît encore une fois fou,
ce
soir et surtout mardi, de signer cet accord.
J
'ai entendu beaucoup de débats, et je voudrais conclure mon propos par un point simple.
Quand
il s'agit des acteurs de cinéma,
quand
il s'agit du milieu de la culture, on est capable,
la
France,
de
résister au rouleau compresseur du libre-échange
? On
est capable de mettre des lignes rouges à Bruxelles ? On est capable d'aménager le libre-échange, et de le transformer en juste échange. Est-ce que le cinéma français a échoué à cause de ce protectionnisme intelligent ? Non.
Il
est le troisième du monde. Alors pourquoi ce qui est valable pour le milieu culturel parisien ? Pourquoi ce qui est valable pour les acteurs de cinéma
? Pourquoi
tout cela n'est pas valable pour les agriculteurs
?
C'est là la question fondamentale. Et ce que je ne comprends pas dans ces débats, c'est que la volonté politique est possible pour un certain milieu parisien qui accompagne nos dirigeants.
Mais
la volonté politique n'est pas possible pour les ouvriers, pour les agriculteurs et pour tous les français qui souffrent. Et voilà pourquoi il y a un tel décalage entre l'opinion qui juge ces dirigeants et pourquoi il y a une telle désaffection pour le vote et la démocratie. Alors prenez garde, pas à force de voter des textes comme cela, vous minez la légitimité politique de l'ensemble de notre démocratie. Monsieur le Président, Messieurs les Ministres, Madame la Rapporteure,
mon
amendement bien sûr vise à supprimer cet article pour trois raisons fondamentales.
D
'abord, il abîme notre démocratie.
Les
tribunaux d'arbitrage
vident
de son sens notre démocratie, notre rôle parlementaire. Il donne le pouvoir, un pouvoir extravagant au multinational.
Avant
chaque nouvelle législation, on vous dira, on nous dira, ça va coûter tant, nous ne pourrons pas le faire. Et je veux insister sur le caractère quasi irréversible de ce traité. Ce n'est pas simplement une loi, un traité sur lequel nous pourrons revenir. Cela aura un coût considérable pour notre société et notre pays.
La
deuxième raison, c'est bien sûr qu'il est complètement contraire à l'accord sur le climat de Paris.
Et
Monsieur le Ministre l'a reconnu dans sa réponse. Il a dit, je le cite, il a dit,
«
L'augmentation des émissions maritimes, donc cela veut bien dire qu'il reconnaît
que
le développement des échanges augmente les émissions maritimes. » Et il a ajouté, « Sera compensé par la baisse des émissions routières. » Eh bien, les Français seront heureux d'apprendre qu'ils vont à nouveau être pénalisés quand ils travaillent sur le territoire français, mais qu'en revanche, c'est porte ouverte pour augmenter les émissions maritimes. Car bien évidemment, si vous voulez compenser les émissions maritimes, il faut encore plus embêter les Français dans leur fonctionnement quotidien. Vous n'avez rien compris à la crise des Gilets jaunes, et vous allez avoir de sacrées surprises demain. Troisième point, vous sacrifiez notre modèle d'agriculture.
Il
y avait un
pacte, un
pacte non écrit entre la France et l'Allemagne, qui a expliqué d'ailleurs la fermeté du général de Gaulle sur la politique agricole commune, qui acceptait le libre-échange qui favorisait l'industrie allemande, mais qui avait verrouillé pour développer et
permettre
à l'agriculture française d'exporter, d'être un leader mondial et un leader européen. En vérité, vous avez laissé la Commission de Bruxelles sacrifier l'agriculture française pour vendre des automobiles allemandes ou des services français, des banques et des assurances. On
voit qui sont vos maîtres
dans cette affaire. Merci. Merci.
Merci. Merci.