CORONAVIRUS - Aucune confiance en Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 48 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15FerméeRéponse directe
Vous n'enverriez pas votre collégien à l'école le 11 mai ?
- 0:30OuverteRéponse directe
Pourquoi n'avez-vous pas confiance dans les mesures de déconfinement ?
- 1:00RelanceÉludée
Le ministre affirme pouvoir tester tous les Français symptomatiques, vous y croyez ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Sur les masques gratuits, un masque coûte 90 centimes, comment financer cela ?
- 4:00RelanceRéponse directe
Les transports ont plutôt bien fonctionné selon Île-de-France Mobilités, vous doutez toujours ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Pensez-vous qu'une deuxième vague est inéluctable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30Jean-Luc MélenchonChiffre
« La semaine dernière le ministre nous a annoncé 100 000 tests par jour, eh bien on en est à 50 000. »
- 5:30Jean-Luc MélenchonFait
« Il faut tester, tester, tester encore. »
- 12:30Jean-Luc MélenchonFait
« Le personnel de santé a fait grève pendant UN AN, sans que jamais lui s'y soit intéressé. »
- 14:00Jean-Luc MélenchonFait
« La France qui prétendait avoir le meilleur système de santé du monde. »
- 22:00Jean-Luc MélenchonFait
« Il faut que ceux qui ont le plus donnent le plus. »
- 36:00Jean-Luc MélenchonFait
« Nous avons un programme qui n'est pas dépassé. »
- 3:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« Tant qu'on n'aura pas les masques gratuits dans ce pays on ne dormira pas tranquille. »
- 4:30Jean-Luc MélenchonFait
« Les gens sont payés pour travailler, pas pour se suicider. »
- 5:30Jean-Luc MélenchonFait
« La Justice a tranché et a donné raison à la CGT. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir Jean-Luc Mélenchon – Bonsoir – Merci beaucoup d'être notre invité dans "En toute franchise" ce soir. Alors, je le disais, il y a une semaine vous vous disiez très inquiet à la veille du déconfinement, vous estimiez que les mesures décidées pour un retour à l'école, dans les transports, étaient une fois de plus un "grand n'importe quoi", vous disiez : "je n'enverrais pas mon enfant à l'école le 11 mai". Une semaine plus tard, vous n'avez pas changé d'avis, c'est toujours n'importe quoi, et vous n'enverriez pas, par exemple votre collégien qui pourrait retourner à l'école demain ? – Non. – Pourquoi ? – Parce que je n'ai pas confiance. – Pourquoi et en qui ? – Ben, écoutez, déjà regardez les effectifs dans les écoles, il y a 32% des écoles qui n'ont pas ré-ouvert, est-ce que vous pensez que c'est seulement parce que les gens qui s'en occupent sont des imbéciles ?
Non, ils doivent avoir de bonnes raisons, des bonnes raisons que peut-être les autres n'ont pas. Vous avez eu une proportion significative d'enseignants qui ont mis en avant leur droit d'alerte. Et d'ailleurs on a vu des écoles refermer après avoir ouvert.
Je continue à dire que les dispositions qui doivent être prises… Alors elles n'ont pas été prises pour le confinement, elles n'ont pas été prises pour le déconfinement, j'espère qu'on finira par les prendre. Elles ne sont toujours pas prises qui permettent de mettre le pays en sécurité, voilà. Il faut tester, tester, tester, la semaine dernière le ministre nous a annoncé 100 000 tests par jour, eh bien on en est à 50 000.
Pardon mais ça se sont les réalités. Il dit quoi ? – Il dit qu'on est en mesure aujourd'hui de tester tous les Français qui présentent des symptômes et même les cas contact. – Oui mais je ne le crois pas, – Pourquoi ? – Je ne le crois pas parce qu'il nous a menti, à plusieurs reprises, parce que, dans l'hémicycle, à l'Assemblée nationale, quand je l'ai interrogé avec mes amis, une fois j'ai été un peu lourd même, j'en étais à la 5ème interpellation : "L'Organisation mondiale de la santé Monsieur le Ministre dit qu'il faut tester, tester, tester encore", que répondez-vous ? " Rien, il restait à sa place, muet comme une souche, après que le Premier Ministre ait dit que ça ne servait à rien de tester tout le monde.
Il ont également dit que les masques ne servaient à rien, alors pourquoi voudriez-vous que tout d'un coup je me dise : "Ah ben je vais les croire sur parole" ? Non, je ne les crois pas sur parole mais, je veux qu'on me comprenne bien, ce n'est pas une affaire de : "fallait-il rester tous confinés ? " C'est pas le sujet, on ne peut pas vivre confiné toute l'existence, ce n'est pas possible, tant qu'on n'a pas trouvé de vaccin ni de traitement le virus est là.
Le virus est là, au milieu, d'ailleurs quand je rentre ici, sur le plateau, j'arrive avec un masque, on l'enlève pour l'émission et après on va le remettre. Donc ce qu'il faut c'est d'abord les moyens qu'on met en place, alors, je me répète "masques gratuits pour tout le monde". Savez-vous, Amélie Carrouër que… vous le savez, un masque c'est 90 centimes, pour une famille de quatre personnes qui doit changer trois fois le masque par jour, c'est à peu près ce qu'il faut, ça fait 340 € par mois.
Eh bien je vais vous dire, sans faire de démagogie, moi, je peux les donner, les 340 € et même plusieurs fois, mais d'autres non, pas du tout ! Donc ça veut dire que vous avez des gens qui ne seront pas en état de se défendre contre le virus. De la même manière, si on ne teste pas massivement, comment voulez-vous qu'on isole à temps les gens qui sont malades ?
Le gouvernement n'arrête pas de parler de ça, il faut : "rompre la chaîne de la contamination" mais comment ? – Jean-Luc Mélenchon, sur le fait de détecter les cas, de tester, il y a ces fameuses "brigades", le mot n'est pas très joli mais quand même. – Ça c'est clair. – On a vu plusieurs clusters, des foyers, en France ces derniers jours et le résultat c'est que visiblement ce dispositif fonctionnerait plutôt bien puisqu'on les distingue… – Tant mieux !
Mais Mme. Carrouër, qu'on se comprenne, moi je souhaite me tromper, je n'ai pas envie que le pays soit entièrement malade, je ne veux pas que l'économie s'effondre, ce n'est pas mon sujet. Mon sujet c'est de dire à des moments donnés, ce que vous êtes en train de faire, ça ne tourne pas rond, ce n'est pas logique, vous êtes en train de vous mettre dans une impasse.
Sur la question des masques par exemple, permettez-moi de vous dire : qu'un grand pays avancé comme nous ne soit pas capable de produire plus d'un million de masques par jour, c'est un problème, je leur ai dit "allez imiter les marocains" ils en font 5 millions par jour, donc ça devrait être dans nos moyens, pourquoi ne l'a-t-on pas fait ? Parce que le Président de la République refuse que l'on planifie parce que pour lui, c'est un blocage idéologique. Planifier pour lui c'est l'Union soviétique, il ne sait même pas que c'est le général de Gaulle, à qui il a été rendre hommage, qui était un des grands défenseurs du Plan à la française, il appelait ça : "l'ardente obligation".
Donc il faut planifier, il faut qu'il y ait des masques gratuits, il faut des mesures de sauvetage social de la population, ceux qui ont des sous, ils ne s'en rendent pas compte de ce que ça coûte aujourd'hui d'aller se nourrir, ils ne se rendent pas compte de ce que sont les frais bancaires, les frais bancaires explosent, il faut donc que ces frais bancaires soient retenus, et c'est la proposition de loi qu'a déposée Alexis Corbière, c'est génial, c'est ça qu'il faut faire. Je pourrais vous en citer comme ça je ne sais combien, et tout à l'heure on va sans doutes parler d'économie, c'est pareil, sortir du confinement sans aucune organisation ni planification, ce sera du grand n'importe quoi. Je termine en donnant une date, Amélie Carrouër, nous savons que le microbe incube pendant 11 jours, alors à partir du 22 mai on commencera à savoir si le fait d'avoir mis des dizaines de milliers de gens empilés sur des quais de gare et de RER parce qu'on n'avait pas non plus planifié les transports, ça va avoir des conséquence ou pas, je croise les doigts, je souhaite que ça n'en ait pas, que Raoult ait raison, que le virus soit saisonnier et qu'on n'en parle plus. – Vous parlez des transports, mais visiblement ça ne s'est pas trop mal passé, au vu des premières constatations en tous cas de "Île-de-France Mobilités", on juge le bilan plutôt satisfaisant de ce côté-là, du côté de Valérie Pécresse… – Ben, ils ont pas dû prendre le métro souvent ! – Et qu'il y aurait eu des dysfonctionnements sur les lignes mais à cause de ralentissements rien de plus cette semaine.
Mais malgré tout, vous doutez toujours ? – Non mais, pas "malgré tout", c'est eux qui "malgré tout" sont toujours contents d'eux-mêmes. Moi je parle de ce que j'ai vu.
Vous savez que des incidents sur les lignes de RER B, D, et C il y en a depuis… tous les jours. Quand il n'y avait pas le coronavirus il y en avait déjà 10 par jour, donc ces gens premièrement ont commencé par compter sur le fait qu'il n'y aurait pas d'incident ce qui était impossible. Et deuxièmement qu'ils diminuaient le nombre de trains et diminuaient la capacité de contenance normale des trains et que malgré ça, ça allait fonctionner.
Mais on se moque du monde ! Alors, malgré ça ils continuent à être contents, c'est incroyable. – Vous pensez toujours qu'une deuxième vague est inéluctable ?
Je reprends vos mots. – Peut-être que je me suis… Vous savez je ne suis pas scientifique, je suis comme vous, je lis, je compare, j'écoute ce qu'on me dit et, bon, on m'a dit : "toutes les épidémies il y a une 2ème vague". Ah bon !
Pourquoi ? On m'a dit : parce qu'on enferme les gens, on confine, on prend des mesures de protection et puis les gens ressortent et quand ils ressortent, ils sont toujours aussi contaminables. Donc il y a une 2ème vague.
Ah bon ! Il paraît que c'est le cas pour les grippes. Donc j'en ai déduit que ce qu'on savait scientifiquement c'est qu'il y aurait une 2ème vague, peut-être que je me suis trompé, je suis prêt à le reconnaître sans difficulté.
Mais, pour l'instant personne ne m'a démontré que je me suis trompé, j'observe au contraire qu'en Allemagne où, paraît-il on fait tout mieux que tout le monde, ils ont dû re-confiner dans un certain nombre de cantons, qu'en Chine où ils ont pris des mesures d'organisation dont on n'a même pas idée, ils re-confinent aussi. – Alors, compte tenu de ces inquiétudes potentielles, pour les élections municipales, vous voyez où je veux en venir. Est-ce que vous êtes en faveur ou non d'un second tour au mois de juin, il y a des maires, 30 maires dans le JDD qui ont publié une tribune, est-ce que comme eux vous dites "il faut un déconfinement démocratique au mois de juin, il faut ce second tour" ? – Oui, ah ce sont des grands mots ça hein ! "Déconfinement démocratique", ils feraient bien de s'en occuper pour l'Assemblée nationale, voir comment est traitée la représentation nationale aujourd'hui.
Non, il faut prendre ça avec simplicité, le seul sujet c'est : "est-ce que nous serons encore en danger au mois de juin ? " point. Si nous sommes en danger il n'y aura pas d'élection, si nous ne sommes pas en danger, eh bien il y aura des élections.
On avait dit qu'on en parlerait fin mai, là des maires se sont exprimés, ils disent des choses d'ailleurs intéressantes dans le texte, je ne suis pas d'accord avec leur conclusion mais ils disent des choses intéressantes notamment que la ligne de choc du pays ça a été les communes, il y a les hôpitaux et puis les communes. Donc la commune, vous savez c'est le compte-gouttes qui met la petite goutte de démocratie, la petite goutte d'investissement pile à l'endroit où il faut. Donc ils ont raison, la démonstration a été faite que ce sont les communes, pas les métropoles et toutes ces organisations démentes qui ont été inventées ces dernières années, qui ont fait le boulot.
Alors ça, ils ont raison, là où ils ont tort, c'est de dire "allez, allez on vote". Ils ont des raisons, ils disent : si on ne vote pas, ça bloque la composition de toutes sortes d'organismes. Alors peut-être que le gouvernement devrait nous faire voter à l'Assemblée nationale que nous prolongeons le mandat des équipes actuelles, d'un mois, de deux ou trois mois. – Mais pour un vote au Parlement, il y a eu quand même des polémiques sur le premier tour, vous-même vous étiez dit en faveur et puis finalement vous avez dit "on a été mal informé", donc ça n'aurait pas dû se passer comme ça… – Non, non, non ! c'est terrifiant vous savez Mme.
Carrouër. C'est LREM et le gouvernement qui ont pris l'habitude de se défausser sur les autres. Là, par exemple, pour la rentrée, si vous avez des enfants, ils vous ont dit : "Ah mais vous n'êtes pas obligée madame, de les mettre à l'école, si vous ne voulez pas, vous ne les mettez pas" .
Donc c'est de votre faute s'ils tombent malades. Là c'est pareil pour les élections, ils ne nous ont rien demandé. – Justement c'est ce que je disais, vous vous êtes dit : "j'ai fait confiance et j'ai eu tort". – Je vais vous dire où j'ai fait confiance et où j'ai eu tort.
C'est que, quand le Premier Ministre a annoncé le confinement, il a dit "mais on vote quand même dimanche". Alors, nous étions je crois le samedi à 19 h ou le vendredi, enfin quelque chose comme ça, je consulte mes amis, "qu'est-ce que vous en pensez ? " Bon il y en avait toute une série qui m'ont dit "c'est de la folie, si vraiment on doit être confiné alors on ne va pas voter, faut pas aller voter".
Ben j'ai dit c'est un peu difficile, tout est organisé, les copains sont… bon ! Je me suis dit, si le gouvernement dit ça c'est qu'il a des garanties, donc vous ne m'avez pas entendu crier mais, entre ça et dire que j'étais d'accord, il y a une paire de manches. Bon, maintenant, c'est fini, je ne le referai plus, alors vous comprenez Mme.
Carrouër, pourquoi je vous ai répondu tout à l'heure "je ne leur fais pas confiance. Parce que cette fois-là je me suis dit : bon, ils ont pris la décision en sachant ce qu'ils font. Ben non, ils ne savaient pas. – Bon, là on attend la décision du Conseil scientifique mais, du coup, un vote est-ce que ça permettrait devant le Parlement de mettre toutes les positions au jour et de stopper les polémiques, vous êtes d'accord avec ça ? – Oui mais c'est essentiellement une question d'intérêt général sanitaire, c'est pas un sujet proprement politique, tout le monde est d'accord pour qu'il y ait des élections, je ne connais personne qui dise : "non, je ne veux pas d'élections".
Mais une élection, Mme. Carrouër, attention, ce n'est pas juste le jour où on va voter, comment on fait campagne avant ? Est-ce qu'on a le droit de faire des réunions ?
Non ! on ne s'adresse donc qu'à ceux qui ont internet et un bon Skype installé… bon ! C'est pas que l'élection, quelle campagne électorale on fait ?
Alors il faut aussi considérer que, sur le plan démocratique, une élection c'est aussi une campagne électorale et une capacité à échanger. – Quelle sera votre position ? – On verra le moment venu, on va attendre d'abord la fin du mois de mai pour voir où on en est, c'était ce qui était prévu, on avait dit : on en discutera fin mai.
Là, les élus se sont exprimés, ils disent "il faut faire les élections", je comprends leur souci, mais le souci sanitaire est premier, dans le texte ce n'est même pas mentionné. Et là je leur dis : atterrissez quoi ! Vous ne pouvez pas écrire un texte où vous parlez d'élections et où vous n'évoquez même pas le fait qu'il peut y avoir un risque sanitaire.
Donc moi, je mets toujours en avant chaque fois qu'on réfléchit au problème sous l'angle de la meilleure protection pour la population, pour son bien-être, on trouve toujours des solutions plus intéressantes, plus dynamiques. Dites-moi quel est le problème à retarder des élections, s'il faut le faire, je ne dis pas qu'il faut le faire hein ! On trouvera des solutions intermédiaires, on dit "on ne peut pas mettre en place les nouvelles équipes".
Eh bien alors, on fait avec les anciennes, elles peuvent bien rester 3 ou 4 mois de plus, moi j'ai connu une époque où on a allongé les mandats. – Est-ce que ça n'annulerait pas le premier tour pour certaines communes où le vote n'a pas été décisif au premier tour ? – Ça ne concerne quand même que… Ça concerne 25 millions de personnes je crois sur 65 millions que compte le pays, le reste c'est fait, et on a décidé qu'il fallait qu'ils tiennent leurs réunions, maintenant on manie tous assez bien les réunions numériques pour qu'on arrive à réunir de manière numérique un conseil municipal, 20,30,40,50 membres, on sait le faire.
Donc ça on peut le faire, installer les équipes, mais organiser une élection, encore une fois, il faut un peu atterrir, ce n'est pas que de la technocratie. Une élection c'est : on discute, on s'engueule, on se soutient, c'est tout ça. – On fait campagne quoi ! – On réfléchit, on fait campagne. – Le plan hôpital, on en parle.
Avant de rentrer dans le détail de ce qui a été mis sur la table par le ministre de la Santé notamment dans le JDD aujourd'hui, mea-culpa d'Emmanuel Macron, il a reconnu cette semaine une erreur dans la stratégie sur le plan santé et il dit vouloir mettre fin désormais à la paupérisation des personnels soignants. Déjà, sur le fait qu'il ait fait ce mea-culpa ? – Ah ben c'est très bien, s'il est sincère, s'il reconnait qu'il s'est trompé et qu'il reconnait donc que nous avions raison.
Parce que, pardon Mme. Carrouër, mais avant que cet intéressant personnage s'auto-flagelle, il y avait des gens qui l'avaient prévenu que ça allait mal tourner, mes amis ont retrouvé une vidéo où j'explique ça en 2017 dans la campagne présidentielle où je dis : "il y a un risque de crash sanitaire", je ne l'avais pas inventé, c'est parce qu'on me l'avait expliqué en long, en large et en travers, tout le monde pouvait rencontrer des délégations. Le personnel de santé a fait grève pendant UN AN, sans que jamais lui s'y soit intéressé.
Au mois de décembre l'année 2019 là, on nous a fait voter un plan "santé" dans lequel il y a toutes sortes d'horreurs qui ont contribué à la libéralisation du secteur. Alors d'accord, il reconnait qu'il s'est trompé, parfait, nous avions raison, nous sommes contents et donc maintenant il pourrait entendre les propositions qui ont été faites, mais puisqu'il est en train de se rendre compte qu'on ne gagne rien, pour le pays, pour la patrie à affaiblir le service public, à "misérabiliser" les personnels, alors dites-donc, il n'y a pas que là-dedans, parce que la seule chose qui l'intéressait jusqu'à présent c'était la police, les effectifs de police, les heures supplémentaires de police, par contre : les enseignants, les infirmiers, tout ça n'existait pas. Il y a plein, l'État est malade en France, c'est l'État qu'il faut sauver, et moi, j'en fais une affaire politique et personnelle.
L'État, ça marche avec la France, si c'est contrôlé évidemment par les Français. L'État, les services publics, ce sont les beaux mots qu'il faut ramener parce ce sont les mots typiques du vocabulaire qui a fait la force de notre pays. – Eh bien justement, on va reprendre tout ça mais point par point, restons sur le "plan hôpital", je reviens sur les mesures qui sont mises en avant.
Il y a deux choses, il y a les 35 heures, on va y venir, et la revalorisation des salaires des soignants et notamment des infirmières, la volonté d'atteindre la moyenne européenne, vous avez l'air de douter de la… – Non mais vous vous rendez compte de la honte ? Commençons par enregistrer la honte, la France qui prétendait avoir le meilleur système de santé du monde. Soit dit par parenthèse, il a quand même fonctionné donc les personnels ont su faire tourner ça.
Notre Sécurité sociale a remboursé les dépenses de santé, il n'y a pas beaucoup de pays au monde où c'est comme ça, c'est drôle, ils ne parlent plus de leur modèle anglo-saxon, personne ne nous dit d'aller voir aux États-Unis, en Angleterre comme c'est merveilleux, parce que c'est la ruine. Donc, tout ça, ce fonctionnement-là est remis sur la table et on nous dit… J'ai lu attentivement, le crayon à la main, faites-le Amélie Carrouër si vous ne l'avez pas déjà fait, c'est arnaque sur arnaque. Il faut le temps de travail, on va revenir sur les 35 heures, on a répondu dix fois, quand il y a besoin des gens ils sont là, ils vont travailler plus de 35 heures. – Je précise pour les téléspectateurs, l'une des idées mises en avant c'est revoir les 35 heures – Ben voyons ! – et les flexibiliser pour les infirmières pour qu'elles puissent travailler plus potentiellement pour gagner plus si elles le souhaitent, uniquement si elles le souhaitent. – Voila, très bien, ben oui !
Si elles le souhaitent et seulement si elles le souhaitent. C'est-à-dire que si leur chef leur dit : "tu restes", elles pourraient dire : "Ah non, Macron a dit que si je ne souhaite pas je peux rentrer à la maison m'occuper de mes gosses". Bien sûr que non !
Vous savez très bien que ce ne sont pas les travailleurs qui fixent leur durée de travail. Et puis j'ajoute une chose : ils sont restés au boulot-là, plus de 35 heures, tout le monde s'en est rendu compte, non ? Ça veut dire que quand il y a une urgence les salariés sont toujours là, parce que la plupart du temps ils aiment leur métier, d'accord, donc il faut arrêter de croire que ce sont des animaux, la preuve : vous avez vu comment ont réagi les gens ?
La prime, ils ont dit : ah mais la prime on la prend mais c'est pas ça qu'on vous demande, on vous demande un hôpital qui fonctionne. Qu'on puisse traiter correctement les gens. – Mais ils demandent des revalorisations, le Président dit qu'il y aura revalorisation, est-ce que tout du moins ça va dans le bon sens ? – Nous allons nager dans le bonheur bientôt, mais vous n'avez pas lu les… c'est comme les contrats d'assurance, il faut lire les petites lignes aussi.
Dedans il est dit : "il faut une montée en compétence", ça veut dire : les gens vous n'êtes pas assez qualifiés, va falloir vous… Ah bon, on n'est pas assez qualifié ? Les gens vont être contents d'apprendre ça. Il y a toutes sortes de clauses de cette nature, qui ne valent rien et surtout, ils n'ont pas rompu avec leur idée centrale, qui était : moins de santé publique, plus de santé privée.
Donc ils espéraient que le secteur privé occupe, et ils sont tellement immoraux à la tête de l'État qu'ils n'ont même pas pensé à réquisitionner le secteur privé, pourtant Mme. Carrouër, à la 1ère rencontre à Matignon du chef du gouvernement avec les partis, c'est la première question que j'ai posée. Est-ce qu'on réquisitionne le secteur privé ?
On m'a dit : "oui bien sûr". Et on est arrivé à cette situation, il faut quand même l'avoir vécu pour le croire. D'abord qu'on m'a dit : "mais évidemment".
Mais c'est surtout que c'est le secteur privé des assurances et des cliniques qui a dit : "mais, on ne nous demande rien, qu'est-ce qui se passe, pourquoi on ne nous demande rien ? " Ce qui signifie deux choses : que le pouvoir est tellement obnubilé par son idéologie libérale qu'il ne se rend même pas compte qu'on peut réquisitionner les gens. Et deuxièmement, qu'il y a dans ce pays quelles que soient les opinions politiques, et quelle que soit la position sociale, beaucoup de gens prêts à se dévouer pour les autres. – Alors, la colère sociale, est-ce qu'une colère sociale va à nouveau émerger, une deuxième vague de colère sociale ?
Est-ce que ça va succéder à la crise sanitaire ? Je vais plus loin, dans ma question, vous avez publié un livret intitulé "l'Engrenage" que vous avez rédigé et diffusé ces derniers jours, et vous dites que "le moment peut se dénouer dans un épisode révolutionnaire de prise de contrôle citoyen sur les structures de pouvoir de la société". Est-ce qu'on va vers un épisode révolutionnaire, de quelle nature, similaire aux Gilet jaunes ?
Et est-ce que vous l'appelez finalement de vos vœux cet épisode révolutionnaire ? – L'Histoire nous montre que ce qu'on appelle une révolution, il faut enlever l'imagerie, les barricades et tout ça, un moment où les autorités basculent dans le vide. C'est toujours la même situation, le système, le pouvoir est incapable d'accomplir des fonctions essentielles de l'existence des gens, d'accord ?
Ce n'est donc pas du tout idéologique les révolutions au départ, celle qu'on voit au Liban, qui reprend, celles qu'on a vues ailleurs, les gens ne sont pas dans la rue disant "nous sommes communistes" ou nous sommes écologistes, socialistes, que sais-je encore. Non, ils disent : "nous voulons de l'eau courante et vous n'êtes pas capables de nous mettre l'eau courante plus de 4 ou 5 heures par jour, donc vous êtes des bons-à-rien, allez vous-en". Là, c'est d'eux-mêmes si vous voulez, l'impasse de la société, d'un pouvoir qui est incapable de fournir des masques, des masques !
Un objet en chiffon alors qu'on a 2 300 entreprises qu'on pourrait réquisitionner dans le pays, au point que ce sont des patrons qui ont décidé tout seuls de s'auto-réquisitionner. Par exemple chez Michelin ils ont amené une chaîne de production de masques pour en mettre et ils en vendent à toute l'industrie automobile. Donc on est capable de produire.
Les gens voient bien que ça ne tourne pas rond, qu'on est humilié, on attend que les Chinois veuillent bien nous donner quelque chose, alors un coup on a commandé la bonne machine mais pas les bons écouvillons, par conséquent on ne peut pas faire autant de tests qu'on voudrait. Bref, vous avez un pouvoir qui est incapable d'organiser, parce que pour organiser il faudrait qu'il rompe avec son idéologie, son idéologie "chacun pour soi", l'égoïsme social. Alors il y a les solutions du collectif, c'est pour ça que je parle d'épisode révolutionnaire mais au sens que je viens de dire, c'est-à-dire, vous avez lu Mme.
Carrouër et merci de l'avoir fait, déjà vous avez du courage de lire un texte aussi rude à lire. Qu'est-ce que ça veut dire ? Les gens contrôlent ce qu'ils font, en ce moment vous avez des gens qui ont organisé des chaînes pour alimenter, parce que vous avez des endroits où des gens sont en situation de famine, s'il n'y avait pas les autres qui sont organisés.
Pourquoi les pouvoirs publics ne le font-ils pas ? C'est à eux de le faire, ils ne le font pas parce que ça ne les intéresse pas, ils ne savent pas que ça a lieu. Donc c'est ça que je veux dire, la situation que nous connaissons, je veux le dire très solennellement, ne fait que commencer. – Mais du coup, comment ça va se traduire, Jean-Luc Mélenchon, dans les prochaines semaines, les prochains mois, encore une fois, on parle souvent de la crise des Gilets jaunes, est-ce-que cette colère va s'exprimer de cette manière-là ? – Alors ça je ne suis pas devin.
Mme. Carrouër, je vais vous décevoir, je n'en sais pas plus que vous, j'observe et je propose. – Vous l'appelez de vos vœux ? – Ben moi, par définition, je suis républicain donc pour changer le pouvoir je ne connais que les élections, après si les gens s'y prennent autrement, ce n'est pas moi qui m'en serais mêlé, ils le font, ils ne m'ont pas demandé mon avis pour faire "gilet jaune" ni pour faire quoi que ce soit, c'est normal, la vie est comme ça et quand un mouvement a cette spontanéité, cet enracinement populaire, tant mieux, tant mieux !
Bon alors, peut-être que, tout le monde comprend qu'il y a un problème politique de première grandeur, de légitimité du pouvoir, parce que la légitimité évidemment elle est acquise, M. Macron est élu, le Parlement est élu, il ne s'agit pas de discuter leur droit à délibérer. Mais la légitimité ce n'est pas que le Droit, c'est aussi le consentement à l'autorité et dans ce pays, le consentement à cette autorité-là… !
Donc ils cherchent une sortie politique, M. Macron est en train d'en chercher une, il est en train de préparer son union nationale qu'on va appeler "majorité de projet", vous avez des gens qui sont venus en proposant leurs bons services, d'autres à qui on a dit "vous irez", "je ne dis pas non mais je ne dis pas oui", bla bla bla, la politique traditionnelle. Est-ce que vous avez remarqué que M.
Macron a réussi à nous faire vivre les joies de la 4ème République dans la 5ème ? Il y aura bientôt neuf groupes à l'Assemblée nationale dont trois issus du même, La République en marche, le groupe de Mme Pompili et celui de M. Innocent, trois groupes.
Donc nous allons vivre un certain désordre politique, il est sous nos yeux ce désordre. – Pardon, la question va être très directe, il ne faut pas qu'elle soit mal prise, est-ce que vous allez en "profiter" de ce désordre justement à l'Assemblée, naissant, potentiel ? – Ah ben, on va essayer, parce que plus maltraités qu'on est, ce n'est pas possible, donc, si vous voulez, s'il y a plus de gens qui réclament de la démocratie, de la patience, du respect eh bien tant mieux pour nous.
Et puis vous savez, ils se rendent compte après coup qu'on a raison, je vous donnerais l'exemple, un exemple parmi des milliers, la taxe carbone à la frontière de l'Europe, quand on a proposé ça, on s'est fait traiter de tous les noms, de sales nationalistes, de ceci et de cela. Maintenant tout le monde est d'accord, les idées avancent ! Alors, je ne dis pas seulement que nos idées avancent mais il y a des consensus politiques qui sont en train de se créer, c'est-à-dire maintenant tout le monde parle de planification, tout le monde parle de l'État, moi je suis content, je ne vais pas aller courir derrière chacun en disant : "Eh, c'est moi qui l'ai dit le premier".
Ce qui est important, c'est que les mentalités changent, alors vous me posiez la question de savoir la colère sociale, est-ce qu'il y a de la colère ? Évidemment qu'il y a de la colère, il y a plein de colère, il y a plein de gens qui ont des choses à dire, quand leurs anciens sont morts en Ehpad sans qu'ils aient pu leur dire au-revoir, quand les gens sont allés au travail et sont tombés malades parce qu'ils étaient au travail et qu'on ne leur a pas donné de masques donc il y a plein de colère. Et puis quand on entend les bruits de fond, il y a de quoi être très en colère, tout ce qu'ils ont trouvé c'est de dire qu'il va falloir travailler plus longtemps, c'est tout, c'est la seule idée qu'ils ont. – On va y venir, on va ouvrir le chapitre économique parce que il y a effectivement beaucoup de choses à dire… – Alors je termine, oui il y a de la colère Mme.
Carrouër vous avez raison et 2 : quand il y a une situation qui devient ingérable, dans les démocraties, hein, dans les démocraties, pas celle où on vit en ce moment, et bien on vote. Mais en France on ne votera pas, ils vont mettre des contrôles, ils vont nous envoyer des brigades, ils vont nous faire remplir des papiers avec des croix partout. Mais oui vous voyez là il honorait De Gaulle, De Gaulle à sa manière il nous a rendu la liberté et Macron il nous la reprend parce que c'est un contrôle social de plus en plus dense, numérique, de plus en plus intense qui se fait sur la population. – On s'arrête justement sur ces messages qu'a fait passer le Président de la République à travers cette commémoration dans l'Aisne.
C'était aujourd'hui à la mi-journée, une bataille où s'illustra en 1940 Charles de Gaulle qui était alors un colonel inconnu. Et donc le Président de la République a pris la parole, il a loué "l'esprit Français qui jamais ne meurt même quand le pays est vaincu". Est-ce qu'il parvient, le Président, à incarner l'esprit Français… – Dans cette crise actuelle, celui de la Résistance française, gaullien ? – Non, non, il nous a ridiculisés au plan mondial de toutes les manières possibles clairement il est dépassé par la situation, mais moi je préfère encore une fois, l'entendre tenir ce genre de discours que les sottises qu'on l'a entendu dire par rapport à son admiration pour M.
Trump ou tous ces discours qui n'avaient pas de sens. – Son admiration pour Donald Trump ? – Ben dites-donc, vous avez oublié la scène Mme.
Carrouër ? C'est vous qui l'avez diffusée, où ils étaient là à s'épousseter, les deux, à se toucher, à se tâter comme des vieux potes dans un bistrot. Je me rappelle très bien de tout ça, jamais un président français ne doit se comporter comme ça avec un Nord-Américain.
Si vous voulez, je vous raconte comment ça se passe en Europe, où tout ce qu'il demande, Mme Merkel dit "oui, oui" et dès qu'il a tourné le dos elle dit "Ah ben non, finalement c'est non." Et l'autre, il ne dit rien ! Là encore nous avons eu des problèmes terribles au niveau européen parce que les Allemands ne veulent de rien, d'accord, ils ne pensent qu'à eux et personne n'ose le dire parce que, si vous le dites, vous passez pour un mal élevé, et M.
Macron est incapable de résister. Or, Mme Carrouër, ce n'est pas une affaire de son tempérament ni de son talent ou de ses qualités personnelles, ce n'est pas ça que je discute, ce que je discute c'est que, s'ils continuent à faire ça, l'Europe sur laquelle ils ont fait tant de discours, tout ça va s'effondrer, et moi, je ne suis pas pour le chaos, je suis pour que les choses changent, éventuellement si on ne nous donne pas raison à nous les Français alors on se débrouille nous-mêmes pour faire les choses mais je ne suis pas pour le chaos. Or ce qu'ils préparent, c'est le chaos !
Le ministre Le Maire a dit à l'Assemblée nationale, " si nous sortons du confinement avec un trop grand déséquilibre économique, la zone euro va exploser" est-ce vous croyez que c'est l'intérêt de quelqu'un qu'une zone monétaire explose sans qu'on organise ? Peut être qu'il ne faut plus d'euro, mais alors ça s'organise, on n'attend pas que ça explose, vous comprenez, voilà mon point de vue. – Sur l'économie on reprend aussi les choses les unes après les autres, est-ce que, au moins sur la question du chômage partiel le gouvernement n'a pas fait ce qu'il fallait ?
Parce que la France a fait plus que les voisins, le salaire net c'était 84% pour le chômage partiel, l'Italie c'est plafonné à 1200 euros, l'Allemagne à 60% du salaire net, bref, est-ce que sur ce point, les choses ont été faites comme il fallait ? – Mais (rire) je ne comprends pas le sujet de notre conversation, il faut à tout prix trouver quelque chose de sympa dans l'action du gouvernement. [Les deux parlent en même temps, ce n'est pas compréhensible] Le chômage partiel n'a de sens que par rapport à l'expérience qui a été tirée par les dirigeants français, comme l'a dit M.
Le Maire, encore une fois, qui a les idées claires sur l'histoire économique, même si on n'est pas d'accord avec les conclusions qu'on en tire, mais il se rappelle qu'en 2008 les Français avaient laissé faire les licenciements et les Allemands avaient créé un système de chômage partiel pour passer le plus dur de la crise et garder les gens, les salariés, les compétences, ce qu'ils savent faire. Donc là, ils se sont dit "on fait pareil" et on a mis le chômage partiel, mais ici c'est la France, c'est un peu chaud, donc ils ont pris des mesures qui permettent à celui qui a une paye au SMIC de garder 100% de son salaire, on a essayé nous, de l'étendre à tous les autres, ça n'a pas été possible, bon, il y a eu une certaine résistance, du coup sociale, qui s'est opérée, le pays ne s'est pas effondré, parce qu'il était déjà très bas. Je vous ai parlé de famine tout à l'heure, je sais que vous avez du mal, vous comme tout le monde, à entendre le mot, moi ça m'a fait de la peine quand on m'a raconté ce qui se passait, hein ! bon… mais c'est vrai !
Donc la France était déjà bas, les ouvriers français sont moins payés, mais comme on l'a dit tout à l'heure pour les infirmières et ainsi de suite, donc on était au plancher. Ils ont fait un peu attention, tant mieux, mais c'est pas tout, il y a tout le reste, ce sont les mesures de protection sociale de la population, c'est pourquoi Mme Carrouër, je répugne toujours vous savez, à faire du pointillisme, je suis d'accord avec si, pas d'accord avec ça, c'est le plan général qu'il faut regarder. – Alors, justement, comment on fait, comment on fait pour la suite, plusieurs pistes ont été mises sur la table, ça commence à émerger, bien sûr je vais parler de rétablir l'ISF qui a été mise sur la table en fait par un ancien conseiller de Nicolas Sarkosy, Raymond Soubie cette semaine, ce à quoi Bruno Le Maire… – Vous voyez – a déjà dit non, en réalité, il a dit "C'est très facile de rétablir l'ISF", on va reprendre ses mots, "si je voulais être populaire, j'irais demain annoncer "nous allons rétablir un impôt sur les riches et la France ira mieux" mais ce n'est pas vrai", dit Bruno Le Maire, "C'est un pur mensonge, c'est de la pure démagogie." – Bon, de quoi voulez-vous qu'on parle ? de l'ISF ? – Oui de l'ISF. – Bon déjà, tout d'un coup, il réalise que ce n'était pas une bonne idée, mais moi, je ne prends pas le problème… , le problème n'est pas de punir les riches, ce n'est pas le sujet, le sujet c'est, de quoi a besoin le pays ?
Le pays a besoin de milliards et de milliards pour se remettre debout, donc, il faut que ceux qui ont le plus donnent le plus. C'est très simple à comprendre. Il n'est pas normal qu'on paye une telle quantité de dividendes aux actionnaires alors qu'on a besoin de tant d'argent.
Donc, il faudrait ou qu'on augmente l'impôt à la sortie, ou qu'on interdise purement et simplement de payer des dividendes, ce que beaucoup de gens demandent. Mais le problème c'est pas punir les riches, c'est pourvoir au bien commun. De combien a-t-on besoin ?
Donc on est obligés de planifier, je le redis, il faut pla-ni-fier, y compris l'effort financier. Monsieur Roux de Bézieux qui n'est pas un gauchiste, c'est le président du MEDEF, il écrit dans son interview, il était avec Monsieur Laurent Berger, – Dans le Parisien. – Oui, qui va relancer l'économie ?
C'est l'État qui va investir. Ah, mais Monsieur de Bézieux, voilà une bonne parole, c'est l'État qui va investir, comment va faire l'État qui est endetté à 115 % du PIB ? Même si je critique cette manière de calculer, je la prends en compte, j'ai fait une proposition.
Au début, ah, c'est Mélenchon, donc c'est excessif, c'est insoumis et tout le reste. Finalement, toutes sortes d'économistes disent comme moi, dont Monsieur Draghi, l'ancien directeur de la Banque Centrale Européenne : il faut an-nu-ler la dette qui est dans les coffres de la Banque Centrale Européenne, on n'a pas le temps, là parce que c'est très technique, ça demande une signature un point, et c'est tout. Personne ne sera spolié, personne ne perdra un euro, et la Banque Centrale, dans ses coffres, aura du papier dont on attendra qu'il fonde avec l'inflation.
Ça, ça retire à la France 18 % de sa dette, ce qui veut dire que tout le choc Coronavirus serait effacé en termes de dette, et ensuite on peut aller plus loin et reprendre toute la dette des États, c'est rien à faire, les États-Unis d'Amérique ont repris toutes les dettes des États fédérés plus les dettes privées, et nous, les Européens, parce que les Allemands ont peur pour leurs bas de laine et leurs rentes, alors on n'ose pas bouger, et eux, les Allemands ne se gênent pas, ils ont mis en route leur cour constitutionnelle pour dire "ça nous plait pas, on n'est pas contents". – Sur la dette, d'autres économistes, cette semaine… Certains disent effectivement "il faut l'annuler" ou "une dette perpétuelle"… – Oui, ça revient au même . – Mais d'autres disent quand même, tel Jean Pisani-Ferry "mais c'est toujours redonner et repousser le fardeau aux autres", cette histoire de dette, l'annuler ou la rendre perpétuelle ?
Et à ça vous répondez quoi ? – Mais absolument pas, je ne sais pas pourquoi cet homme parle comme ça c'est faux. – Moi qui ne suis qu'un modeste licencié de philosophie, j'ai compris donc lui devrait comprendre puisqu'il est économiste.
Quand on dit qu'une dette est gelée, qu'elle est perpétuelle, ça veut dire que c'est un bout de papier, et vous ne payez plus d'intérêts dessus, il reste dans le coffre de la banque centrale européenne qui donc n'est pas ruinée, n'est pas spoliée, elle a toujours son papier, et le papier s'use petit à petit parce qu'il y a de l'inflation. Pourquoi M. Pisani-Ferry dit c'est reporter sur les autres ?
On ne reporte sur personne, l'idée qui n'est pas bonne, c'est de faire comme ils ont dit, des eurobonds, alors c'est un grand mot, coronabonds, alors toute l'Europe se serait portée en garantie de cette dette, mais c'est encore de la dette, donc il faut libérer l'État et les sociétés du poids de la dette du passé, il le faut absolument. Mme Carrouër, dans l'histoire, les dettes de cette nature n'ont jamais été payées, alors soit on a l'hyperinflation, bonjour tout le monde, la banqueroute, personne n'en veut, la guerre, je ne connais personne qui propose ça comme solution, ou la dette perpétuelle, voilà, ah oui il y a encore une hypothèse, vous pouvez payer, c'est-à-dire qu'on va dire à vos enfants, le projet pour la prochaine génération et la suivante et la suivante, c'est de payer la dette des années 70, ça va les intéresser les mômes. – En tout cas pour parler de la suite en France pour le plan de relance, voir ce qu'on peut faire socialement, pour le travail, les entreprises, les revalorisations, la planification, vous seriez prêt à parler avec absolument tout le monde ? – Tout le monde – On peut citer le Front national – Tout le monde, alors je vais dire les choses comme je les pense et je demande à mes amis qui ont souvent les nerfs à vifs, de bien m'écouter quand j'explique ce que je vais expliquer maintenant : le pays est menacé économiquement, tout le monde le sait.
Il pourrait se trouver que ce soit le coup qui envoie la France à terre, notre part industrielle est faible, vous connaissez les difficultés de l'économie française, je ne parle pas de l'appétit des riches à gagner toujours plus, ce n'est pas ça le sujet, être capable de produire un certain nombre de choses, ici en France, en agriculture, dans l'industrie et le reste. Nous sommes menacés de nous effondrer, si nous ne trouvons pas de la respiration, une capacité à investir, alors nous nous effondrerons, et moi je dis comme responsable politique de ma famille politique, nous n'avons rien à gagner à avoir des millions de miséreux dans le pays. Ce n'est pas la misère qui déclenche le progrès, ce n'est pas vrai, il n'y a pas d'exemple dans l'histoire que ce soit comme ça.
Nous avons besoin que ça fonctionne, mais pas n'importe comment, regardez Mme Carrouër, c'est affolant, ils parlent de relance, ils ne vous disent même pas laquelle, on recommence comme avant, la même chose, les mêmes produits, c'est absurde ! Donc voilà, ce que je ferais si j'en avais le pouvoir : il faudrait réunir autour d'une table, d'un côté le patronat, qui a un ton… plutôt coopératif ces temps-ci si je lis avec soin les interviews de Monsieur de Bézieux, ce que je fais. Bon alors évidemment, c'est le chef des patrons donc il ne faut pas non plus exagérer, ce n'est pas un syndicaliste en col roulé.
De l'autre côté, les syndicats de salariés qui tous ont également intérêt à ce que ça tourne, vous n'avez qu'à écouter ce que dit M. Martinez, vous verrez que ce n'est pas du tout les propos d'un incendiaire qui dit "on s'en fout", pas du tout, et puis aussi le pouvoir politique, et on devrait planifier la sortie, le déconfinement économique. Si on dit des mesures en général, des saupoudrages en général, ça n'a pas de sens, il faut commencer à calculer pour produire autrement autre chose. – Donc vous nous dites que vous êtes prêts à parler avec tout le monde – Tout le monde, oui – Avec le MEDEF compris, – Oui, – Pour arriver à l'issue de cette solution, – Ah ben évidemment !
Si le pays ne fait pas ça, les gens, écoutez-moi bien, ou on se met d'accord pour essayer de s'en sortir, et proprement, pas : certains en profitent et les autres n'ont rien, comme d'habitude, la sortie ce n'est pas de dire aux gens "ce n'est plus 35 h, vous allez bosser 40-50 et je ne sais pas quoi, non ça c'est stupide. Ce dont on a besoin, prenons un exemple, vous êtes corse, la moitié de l'économie de la Corse c'est du tourisme, le tourisme est en panne. Comment on fait ?
Qu'est-ce qu'on fait ? Comment on sort ? Comment on pratique le déconfinement économique en Corse, il y a une réponse ?
Non, il n'y a en a pas, et ainsi de suite. Nous pourrions prendre par exemple, ils veulent à tout prix reproduire des automobiles, parfait, pour les vendre à qui ? Qui est-ce qui a l'intention d'acheter aujourd'hui une automobile et qui attend avec impatience de le faire ?
Donc on voit bien qu'on est dans un moment où on pourrait changer les productions, se donner le temps de produire d'autres automobiles que celles qu'on produit, je prends cet exemple-là, l'agriculture pareil – Je vais jusqu'au bout juste de cette idée de réunir tout le monde autour de la table, c'est même un appel que vous lancez, vous dites en dehors de grandes… – Non, j'ai dit ce que je ferais moi. – Des partenaires, non vous ne donnez pas rendez-vous pour le moment ? – Non, parce que, après je sais comment ça se passe, à chaque fois que j'ai une idée, ils commencent par dire que je ne suis pas habilité, et puis après ils le font mal, alors ça va, j'en ai assez donc j'ai dit ce que j'ai proposé, voilà ce que moi je ferais.
Si vous m'aviez moi au pouvoir, voilà ce que je ferais. Si d'autres veulent faire la même chose, tant mieux, j'applaudis d'avance, mais je dis à tous ces messieurs-dames qui nous dirigent que la plupart d'entre eux viennent des secteurs de la finance et ne comprennent rien à la production. La production a ses règles, il y a des gens à former, des matières premières à entrer, des machines à mettre sur pied, et ensuite des clients à trouver par rapport à ce qu'on produit.
Si on part de ce que demandent les clients, la politique de la demande, on arrivera à une bonne politique de l'offre. Aujourd’hui le seul argument sur le marché, pardon c'est technique, mais c'est l'occasion ou jamais de le dire, qu'est-ce que c'est leur marché ? Ils sont là, ça leur remplit la bouche.
Le marché, ce n'est pas un marché libre. Quand vous amenez une marchandise qui arrive de Chine, qui coûte le tiers de ce que coûte la même marchandise en France, mais qu'on ne tient compte ni de la pollution qu'elle a occasionnée, ni de tout ce qui va avec, ce n'est pas un marché libre. Donc il faut que le marché soit compensé, c'est-à-dire qu'on mette sur toutes les marchandises qui rentrent chez nous l'équivalent d'un impôt qui correspond, une taxe qui permet de rétablir… À ce moment-là Mme Carrouër quand vous irez au magasin, vous ne choisirez pas entre deux prix, vous choisirez entre deux qualités, c'est mieux non ? – Puisqu'on parle de marché Jean-Luc Mélenchon, parlons de Sanofi si vous le voulez bien. – Ah oui, oui. – Le PDG de Sanofi a dit qu'il fallait servir les États-Unis d'abord, rétropédalage en partie parce qu'il y a eu le mur de la polémique.
Vous, vous feriez quoi ? Est-ce que pour commencer on peut s'en prendre, est-ce même possible de s'en prendre à Sanofi, qui après tout a été payé par les États-Unis, la France et l'Europe ne l'ont pas fait, mais Sanofi du coup fait ce pour quoi il a été payé, non ? – Non, parce qu'il n'y a pas que l'argent qui compte dans la vie, il y a aussi l'intérêt général et le patriotisme, ça existe, on peut aimer son pays.
Donc Sanofi est une entreprise française, enfin française, aujourd'hui tout cela est relatif, – 60% ce sont les actionnaires étrangers. – Oui, ben ils avaient qu'à ne pas se mettre dans cette situation, mais peut-être que 60%, mais en attendant, 40% c'est nous. – Mais est-ce qu'on peut nationaliser comme vous le proposez, une entreprise qui est à 60% détenue par des actionnaires étrangers et en plus cela coûterait très cher non ? – Oui, oui, on fait ce qu'on veut Mme.
Carrouër, l'économie c'est pas très compliqué, alors, puisque vous me posez une question concrète, laissez-moi vous répondre concrètement. D'abord rappelons que Sanofi est une entreprise qui a été créée en France, dont la masse des brevets, les choses qu'elle vend, ont été créés pendant la période où cette entreprise était nationale, elle appartenait à Elf-Aquitaine d'accord, donc tous les brevets. Deuzio, les revenus de Sanofi en France à 80% c'est la Sécurité Sociale française qui paye les médicaments.
Nous leur avons donné 1 milliard en 10 ans sur le crédit-impôt-recherche inventé par M. Hollande, pour payer la recherche, et comment ces Messieurs-dames ont-ils agi ? Sur 11 sites, il n'en reste plus que 4 en France, de recherche, tout le reste ils l'ont expatrié, mais ils ont quand même pris l'argent pour la recherche.
Et j'entends ce patron qui est anglo-saxon, qui n'a rien à voir avec notre pays, décider, dire "oui mais les États-Unis ont payé pour la recherche et pas l'Europe". Mais, Monsieur, ce n'est pas le sujet, le sujet c'est que cette entreprise est à nous, et que nous pouvons par une simple signature, vous ruiner, il suffit que nous décidions que la totalité des produits vendus par Sanofi sont en "licence libre" en gros, bon, on a le droit de les produire ici, et nous sommes capable en un mois, 2 ou 3 mois d'ouvrir une usine ou d'en confisquer une pour le produire, donc, s'il vous plaît, pas trop d'insolence, ne vous moquez pas trop des Français, ils vous ont payé, surpayé, engraissé, gavé et à la fin vous leur dites que s'ils tombent malades, vous n'en avez rien à fiche ! – Vous proposez aussi la réquisition pour assurer la souveraineté thérapeutique du peuple français, la réquisition des futurs vaccins et traitements du COVID-19, clairement ça veut dire quoi ?
Et puis ça veut dire aussi un peu "chacun pour soi" à ce moment-là, est-ce que c'est… est-ce que ça ne vas pas contre l'idée de l'Humanité universelle que vous souhaitez et du vaccin pour tous ? – Non, non, je me serais mal fait comprendre, ou vous m'aurez mal compris, l'un des deux mais je prends la charge sur moi. D'abord, pour terminer sur Sanofi, nous sommes partisans nous, nous avons déposé une proposition de loi, d'un pôle public du médicament, d'accord ?
Et évidemment que mon idée c'est que nous devons nationaliser Sanofi pour qu'il soit la colonne vertébrale de ce futur pôle, où il y aura aussi des boîtes privées, parce qu'on ne va pas tout nationaliser, ce n'est pas marqué dans mon programme l'Avenir en Commun, qu'on va tout nationaliser, mais on a besoin de ça. Alors maintenant on parle de la réquisition, vous m'aurez mal compris, parce que je pense quand même m'être exprimé comme il faut. Moi je dis, le vaccin, il doit être gratuit et mis à disposition de l'humanité, je ne suis pas le seul à dire ça, hein, il y a eu plusieurs personnes qui se sont exprimées dans ce sens-là, et pour finir, on devrait tous être d'accord, l'ONU a voté que ça devrait être comme ça.
Donc, celui qui trouve, j'espère que ce soit les Français qui trouvent les premiers parce que c'est bon pour montrer de quoi on est capable, on est très capable dans le domaine de la recherche, eh bien, ce vaccin, on ne le vendra pas, on le mettra à disposition et il pourra être produit dans tous les pays du monde qui en auront besoin. C'est le moment ou jamais, Mme Carrouër, ne faisons pas comme si c'était juste une petite mesurette dans un coin, non, ça veut dire donc : tout le monde reconnaît que l'Humanité est universelle, que nous sommes semblables, et que nous avons des droits communs, et que face au bien commun, il y a donc les méthodes du commun, les méthodes du commun c'est vaccin pour tout le monde gratuit. Le marché n'existe pas dans ce domaine.
Madame, il y a des domaines où le marché n'existe pas, et ça c'est la grande nouveauté parce que tout le monde est d'accord, beaucoup de gens sont d'accord, ou font semblant d'être d'accord dans la période dans laquelle on est. – Le mot souveraineté en tout cas il revient encore et encore dans ce fascicule, on va l'appeler comme ça, "L'engrenage" donc, que vous avez écrit et diffusé, vous dites "le mot souveraineté est né de notre famille politique", du coup quand vous voyez que l'exécutif dit que ce n'est plus du tout tabou au contraire ça ne fait plus peur du tout, que Bruno Le Maire dit "dans notre plan de relance, ce sera du patriotisme économique", du coup vous devez être… même Geoffroy Roux de Bézieux, puisque vous le citiez tout à l'heure dit "la souveraineté économique n'est plus un gros mot" – Oui enfin il en dit des choses, cet homme, il a même dit "la nationalisation, ce n'est pas un problème", tout va bien ! – Du coup vous en tirez quelle conclusion, vous dites c'est très bien tout le monde s'en saisit, tant mieux ? – Ouais ouais, c'est tant mieux, oui parce que vous voyez Mme Carrouër, une politique n'est pas possible sans un arrière-plan culturel, sur lequel un très grand nombre de gens consentent, donc c'est ce qu'on appelle dans notre vocabulaire terrifiant, une hégémonie culturelle, c'est-à-dire qu'il y a des idées qui l'emportent sur toutes les autres, qui paraissent évidentes à tout le monde.
Dans les années 90, le libre marché, la concurrence, l'égoïsme social, ben oui, Mme Thatcher avait été très loin, elle avait même dit à un moment donné "la société n'existe pas, il n'existe que des individus et s'ils se comportent bien, ils amélioreront le sort de tout le monde." Ça, c'étaient les idées de la top période du néo-libéralisme. Maintenant il y a des idées que tout le monde partage et c'est bien, mais dont la mise en œuvre n'est pas vue de la même manière.
Souveraineté, ça c'est un mot qui vient directement de la famille historique à laquelle j'appartiens. Le mot : "peuple souverain" est né de notre côté et il est né dans la gauche de l'assemblée en face de Louis XVI. Donc, l'idée que le peuple gouverne c'est une idée, tout le monde n'a pas la même idée mais jusqu'à présent on vous disait, ben non, c'est les experts qui ont raison, c'est le marché, il n'y a rien au-dessus du marché.
Avant, il y avait Dieu pendant une période et ensuite c'est le Marché ! Non ! Au-dessus de tout il y a l'Humanité, je crois que ça tout le monde arrive à comprendre.
Donc, Madame Carrouër, oui, c'est bon qu'ils parlent comme ça. Moi, il y a certains de mes amis que ça rend fous de rage, en disant mais ils nous volent nos mots, mais tant mieux, tant mieux ! – Mais est-ce que vous y voyez la preuve que le moment est favorable pour vos idées ?
Là encore, je reprends les mots, que vous écrivez vous-même dans ce fascicule, vous estimez que le moment vous est favorable à vous et à vos idées et après tout j'irai même beaucoup plus loin c'est 2022 qui est en train de se jouer et qui est en train de vous donner raison, peut-être ? – Attendez, 2022 c'est autre chose mais le moment, oui. Alors, il faut comprendre hein parce que sinon les gens vont dire quel drôle d'homme, qui trouve un moment favorable dans un moment pareil.
Ce qui est favorable, c'est quand les esprits bougent, quand les gens se préoccupent de leurs voisins, quand on se soucie du bien commun, ben oui, les gens réfléchissent politiquement au lieu de s'abandonner à la pure et simple loi de la consommation ou non-consommation quotidienne, à avaler tout rond n'importe quelle idée qui traîne parce qu'ils croient qu'ils vont en bénéficier, donc les gens réfléchissent. Ça c'est bon pour un républicain, pour un homme comme moi, c'est bon que les gens se mêlent de leurs affaires. Voilà, c'est pour ça que je dis que c'est un moment qui est propice.
Est-ce que 2022 se joue maintenant ? Je ne vais pas tourner autour du pot Mme. Carrouër, il y a trois mois, ni vous ni moi n'aurions parlé de ce coronavirus, du COVID-19.
Toute la sphère politique a été fracassée, fracassée et les gens s'en fichent de savoir qui, et de quoi. Les gens se disent : "qui est capable de nous tirer d'affaire, et dans quelles conditions ? " donc ils écoutent les programmes. – Et vous dites : "Je suis capable, nous sommes capables à la France insoumise d'être le recours, de trouver les solutions et de les mettre sur la table" ? – Oui, oui, oui, bien sûr, bien sûr que je le crois, d'abord parce que… pardon, dans la vie parfois il y a des inconvénients, par exemple je peux dire un inconvénient c'est moi, il y a des avantages, je peux dire un avantage c'est moi.
Pourquoi moi ? ben l'expérience, l'habitude, l'art de manier les affaires mais surtout un programme. Parce que tout le monde a l'air d'avoir oublié mais j'ai fait campagne présidentielle sur un programme, et j'ai toujours dit aux gens : "c'est pas moi qui suis candidat, c'est le programme".
Bien sûr que c'est moi, il faut bien que quelqu'un le mette en œuvre. Donc nous avons un avantage stratégique considérable : nous avons un programme, qui n'est pas dépassé. Alors ceux qui ont écrit des programmes sur le coin d'une table, ils s'en fichaient d'ailleurs de leur programme, ben aujourd'hui ils ne savent pas quoi faire, nous si !
Et on est à tout moment capable de l'actualiser, et de le mettre en œuvre. Je ne veux pas vous paraître arrogant ou… mais s'il fallait gouverner demain matin, nous saurions le faire et en plus l'expérience que nous avons acquise à l'Assemblée nationale et le groupe, la délégation au Parlement européen font que nous avons, je ne sais pas, une centaine de cadres de très haut niveau capables de prendre en charge les affaires de l'État. – Mais on va directement… – Ah ben on attend les élections hein ! – Oui mais bon, il y a la question de la candidature avant l'élection et vous êtes décrit dans un papier de Médiapart aussi, que j'ai bien lu, comme un peu la boussole, je sais que vous ne me direz pas ce soir que vous êtes candidat ce soir, si ? – Non, ben bien sûr que non, je serais fou de fixer ça, non seulement parce que la tactique serait mauvaise mais parce que j'ai l'humilité d'un homme qui en a beaucoup vu. – Bon, est-ce que quelque part on peut dire que c'est juste une question d'agenda ? – Non, écoutez, non non non, c'est plus compliqué que ça, regardez bien à qui vous avez affaire, je ne suis pas juste un batteur d'estrade, moi je construis un courant dans l'histoire, je suis l'héritier d'une histoire, j'assume cet héritage et je veux le porter le plus loin possible, je ne veux pas qu'en France, il arrive ce qui est arrivé en Italie où il n'y a plus le courant historique de la gauche qui doit se remettre en cause, n'existe plus, il existe à l'état de traces.
Nous en 2017 nous avons sauvé ça de manière plutôt brillante, à presque 20% et c'est ce fil de l'histoire qui continue. Le programme "l'Avenir en commun" ce n'est pas une invention du cerveau génial de Mélenchon, et de ses communicants. Comment je l'ai fait ce programme, pourquoi il est si bon ?
Parce qu'on a recopié, ce que donnaient des syndicats… On a quand même discuté avant mais on leur a pris, on a pris tout ce que la société avait produit, et c'est la même méthode que je veux appliquer. Donc, je ne suis pas en train de me cacher, je sais que j'ai une décision personnelle à prendre Mme. Carrouër, je le sais mais le moment venu.
Le moment n'est pas venu, parce qu'il y a plein de paramètres à mettre côte à côte, là, en ce moment il y a beaucoup de gens qui s'agitent sur l'union des gauches, alors ils pensent qu'il suffira de s'unir et aussitôt les Français diront "Youpi ! Bravo ! nous en voulons". – Je précise, il y a une tribune qui a été publiée avec effectivement des représentants de toutes les gauches mais pas la France insoumise, vous n'avez pas signé.
Si je lis bien encore une fois ce fameux fascicule "l'Engrenage" vous dites que c'est un peu une perte de temps pour le moment de parler de tout ça. – On ne va pas être si méprisant, il y a un peu de ça bien sûr, mais d'abord Mme Carrouër, je ne l'ai pas signé parce que personne ne m'a demandé de le faire. Non mais vous savez c'est des petits jeux, ça va durer deux ans, vous avez des gens qui se mettent d'accord, ils en éliminent certains, ils signent entre eux, et ils disent : "Ah, Machin n'y est pas, Truc n'y est pas et en fait c'est une façon d'être unitaire qui est l'autre côté de la médaille du sectarisme.
Bon, pourquoi on élimine d'entrée de jeu les insoumis, pourquoi ces gens n'en veulent pas ? Ils n'en veulent pas c'est leur affaire, mais Mme Carrouër ce qui est un peu choquant c'est que le jour où est publiée cette tribune, il y en avait une autre pour l'unité, ça s'appelle : Nouveau Conseil National de la Résistance, il y a dedans des gens que j'aime beaucoup, qui sont des proches, Mordillat, Sabrina Ali Benali, combien d'autres… des gens avec qui je m'entends bien, alors ils ont dit "On fait ça sans les politiques." Très bien, faites ça sans les politiques.
Alors peut-être que tous ceux qui veulent l'unité pourraient s'unir pour vouloir l'unité déjà, au lieu de se diviser. Bon, c'est un peu une blague que je suis en train de faire là, moi j'attends de voir que tout ça se stabilise, je vous demande de comprendre que je ne suis pas dans la situation dans laquelle se trouve tel sous-courant du parti socialiste qui passe un accord avec tel sous-courant de chez les Verts, je ne peux pas me hasarder dans des assemblages qui pourraient demain se défaire et qui publient des textes, pardon mais comment dire, c'est vraiment de l'eau tiède hein ! très très tiède, presque froide, d'ailleurs plein de gens n'ont pas voulu signer à cause de ça, parce que je ne sais pas pourquoi, à chaque fois, je suis le baudet de service, "ah, il n'y est pas" mais il n'y a peut-être pas que moi !
Et Fabien Roussel, Secrétaire général du Parti communiste français, il n'a pas signé, et puis d'autres des insoumis à qui on l'a demandé, vous savez chez nous chacun signe ce qu'il veut et quand on nous interroge en tant qu'organisation on répond collectivement. Alors ils ont demandé à plusieurs personnes qui n'ont pas voulu signer non plus, bon il y a plein de gens qui n'ont pas… Alors, ça ne m'énerve pas du tout, ça me fait un peu sourire, je ne veux pas qu'on croit que je m'en moque parce que ce n'est pas mon état d'esprit. Par contre, je peux vous dire, mardi 20 mai il y a eu une réunion à l'initiative d'un groupe qui s'appelle "Plus jamais ça" dans lequel il y a des syndicats, la CGT, Sud, FSU, etc., des associations nombreuses et puis les organisations politiques vont venir là.
Ça, pour moi, c'est sérieux, pourquoi ? Parce que ça représente ce que j'espère, une forme de front populaire, mais on ne va pas se réunir pour bavarder, on va se réunir pour savoir ce qu'on fait TOUT DE SUITE, pas dans deux ans ou je sais pas quoi, maintenant ! La bataille pour les masques gratuits par exemple, que le pouvoir ne croit pas qu'on va les acheter hein !
Tant qu'on n'aura pas les masques gratuits dans ce pays on ne dormira pas tranquille. – Cette bataille, avec quelles formations politiques et comment ça va se concrétiser ? – Eh bien tous ceux qui sont là.
Des actions de terrain, des propositions de loi ? – Oui, ça va être des pétitions, ça va être le fait qu'on va monter, il y a déjà des ateliers qui existent qui sont des ateliers populaires, et on fera ce qu'il faut pour que tout le monde ait des masques, c'est une question de vie ou de mort. Regardez, l'Humanité a publié une pétition sur le sujet, le parti communiste a pris position pour, plein d'associations ont pris position pour, les syndicats aussi, même les Verts, qui ne sont pas en général les plus portés sur la chose, ont commencé par dire : "Il faut encadrer le marché" a dit M.
Bayou pour que le prix ne soit pas excessif, et pour finir les élus Verts de Paris ont dit : "Allez hop, il faut que ce soit du masque gratuit". Donc vous voyez qu'on peut faire avancer des actions communes, commençons au moins par ça. – Alors, je voulais vous interroger avant qu'on se sépare parce que il est l'heure, – Oui j'essaie d'en dire le plus. – Il y a une question qu'on n'a pas évoquée ensemble et je voulais vous entendre sur Sandouville, le tribunal judiciaire du Havre qui a été saisi par la CGT, qui a condamné Renault à suspendre la reprise de la production dans une usine où il n'y avait pas la sécurité pour les travailleurs.
La CFDT a réagi, Laurent Berger a dit en somme que ça laisse des travailleurs chez eux, que c'est pas bien réaliste, que c'est pas un service rendu aux travailleurs, mais FO aussi a été dans ce sens-là. C'est un service rendu aux travailleurs, oui ou non, est-ce que vous avez partagé la démarche de la CGT ? C'était une décision de justice in fine. – Ben quand même c'est ça qui compte, la CGT est un des syndicats, pardon, il a quand même… la CGT dans la métallurgie ça a du sens bon !
Donc le syndicat CGT a estimé que les conditions sanitaires de sécurité n'étaient pas réunies, ils ont porté plainte devant la justice, parce qu'ils estimaient qu'on ne les écoutait pas, très bien. La Justice a tranché et a donné raison à la CGT, alors faudrait savoir, parce que les trois quarts du temps on nous saoule avec le fait qu'on ne discute pas une décision de justice, en fait on peut discuter de ce qu'on veut dans une démocratie, mais il ne faut quand même pas les discuter que quand ça arrange certains et pas d'autres. Après que la CFDT et FO ne soient pas d'accord ben c'est leur droit, de là à dire comme je l'ai vu dans la bouche de M.Laurent Berger que c'est une attitude irresponsable, je trouve qu'un minimum de fraternité de syndicalistes devrait éviter qu'on emploie des mots pareils d'un bord à l'autre, mais c'est tout, sinon le reste, voilà, la discussion a lieu et puis c'est la décision de justice, et M.
Martinez que j'ai lu attentivement lui aussi, a aucun moment ne dit : "on ne souhaite pas la reprise" mais M. Martinez dit quelque chose avec quoi je suis complètement d'accord, les gens sont payés pour travailler, pas pour se suicider. Donc, si vous proposez des conditions de travail qui les conduisent à la mort, ils ont raison de refuser – Jean-Luc Mélenchon, c'est l'heure pour moi de vous remercier, merci d'avoir été l'invité de "En toute franchise" ce soir. – Merci de m'avoir reçu, je toussais un peu mais je ne suis pas malade, je veux tellement en dire que le débit de parole m'assèche la gorge. – Nous voilà rassurés, merci beaucoup en tout cas d'avoir été notre invité. – Sous-titrage : Le crayon d'oreille -
Jean-Luc Mélenchon