Discours d'Hélène Laporte (20/07/2026)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Ce projet doit intervier dans un contexte de souffrance profonde de l'agriculture française. En 20 ans de gestion LR socialiste et macroniste, la France est passée du deuxième au sixième rang des exportateurs agricoles mondiaux et notre excédent commercial agroalimentaire s'est littéralement effondré. Rien que sur les dix dernières années, 100 000 exploitations ont disparu.
A cette crise économique s'ajoutent désormais des aléas climatiques toujours plus violents, auxquels notre pays, contrairement à certains de nos voisins comme l'Espagne, ne s'est pas préparé. L'entrée en vigueur de l'accord UE Mercosur a porté la question de la concurrence déloyale à un niveau d'urgence inédit. Nos producteurs paient aujourd'hui le prix de décennies de renoncements et de gouvernements qui n'ont eu de cesse de leur promettre protection sans jamais la leur garantir.
A cela s'ajoute désormais la perspective d'une baisse drastique de la politique agricole commune, alors que près de trois quarts de nos exploitations peinent déjà à assurer un revenu à leurs exploitants. Cette réduction constituerait le coût de grâce pour nombre d'entre elles. Elle démontre surtout, une fois encore, que l'Union Européenne ne protège pas nos agriculteurs et que la voie de la France, par votre voie, pourtant deuxième contributeur net, ne pèse que rien au sein des instances bruxelloises.
Mise en concurrence avec le monde entier, soumise à des protections toujours plus réduites alors que d'autres pays soutiennent massivement leur agriculture, nos exploitations suffoquent sous un fardeau normatif qu'aucune nation raisonnable ne s'imposerait à elle-même et pourtant, vous l'avez fait. Pour nous, députés du Rassemblement National, notre ligne a toujours été claire. Ce texte ne devait en être en aucun cas, se résumer à votre opération de communication gouvernementale.
Nos agriculteurs traversent et attendent des réponses concrètes et immédiates à la crise historique qu'ils traversent. A l'Assemblée Nationale, comme en Commission mixte paritaire, nous n'avons poursuivi qu'un seul objectif, intégrer à ce texte le plus grand nombre possible de dispositions utiles et renforcer celles qui figuraient déjà dans sa version initiale. Notre ambition reposait sur quatre priorités.
Protéger nos agriculteurs contre la concurrence déloyale en empêchant l'importation de denrées produites dans des conditions que nous interdissions sur notre territoire. Alléger les contraintes en supprimant les surtranspositions qui condamnent nos filières face à leur concurrence européenne. Fixer un cap clair pour moderniser nos exploitations et adapter notre agriculture au changement climatique, notamment sur le stockage de l'eau où notre retard est considérable.
Et aussi garantir enfin un revenu digne à nos agriculteurs en empêchant que leur production soit achetée à un prix inférieur à leur coût de revient. Les débats sur ce troisième grand texte agricole du quinquennat auront une fois de plus montré que nous sommes malheureusement les seuls dans cet hémicycle à défendre avec constance les intérêts de nos agriculteurs sur l'ensemble de ces sujets. Pourtant, grâce aux députés du Rassemblement National, ce texte a été enrichi d'avancées majeures que nous sommes parvenus à préserver en Commission mixte paritaire.
Il comporte désormais la possibilité de dérogation encadrée pour l'utilisation de l'acétamipride et du flux pyradifuron dans quatre filières dépourvues de solutions alternatives. Des dérogations accordées directement par l'ANCES, comme le proposait les socialistes en 2025, pourtant aujourd'hui vendent debout contre ce dispositif, mais on n'est pas une contradiction près avec les socialistes. Mais également l'inscription dans la loi de l'objectif de doubler nos capacités de stockage d'eau d'ici 2035.
Une représentation plus juste des professions agricoles dans les instances de gestion de la ressource en eau. La possibilité pour les éleveurs de mieux protéger leurs troupeaux contre la prédation du loup. L'interdiction faite au gouvernement de surtransposer une nouvelle fois le droit européen dans la réforme applicable aux élevages.
L'extension également à l'ensemble des filières de l'expérimentation du tunnel de prix, avec la reconnaissance des indicateurs de coût de production comme référence minimale. Ce texte n'est pas parfait, il ne va pas aussi loin que nous l'aurions souhaité, mais il représente une avancée pour notre agriculture et notre souveraineté alimentaire, et en l'État nous le soutenons. Nous prenons acte de la décision du gouvernement de ne pas remettre en cause les avancées obtenues en commission mixte paritaire, en particulier des dispositions relatives aux phytosanitaires.
Il aurait été injustifiable de votre part d'accepter un recul dicté par une pression politique et médiatique entretenue par la gauche et l'extrême gauche, sur la base d'accusations mensongères et endossées à des fins électoralistes, par des représentants du bloc central qui sont déjà en campagne. Nous resterons d'une fermeté absolue. Pour défendre jusqu'au vote définitif l'équipe du texte votée en commission mixte paritaire, l'agriculture a besoin de cette souveraineté alimentaire et cela ne se négocie pas, elle se défend pied à pied comme nous le faisons depuis le départ.
Demain, lorsque les rêves français auront porté Marine Le Pen au pouvoir, nous mènerons enfin la politique de renouveau de notre agriculture nationale, celle qu'aucun autre gouvernement n'a jamais eu le courage de conduire. Une politique qui sera fondée sur une protection intégrale contre la concurrence déloyale, l'application universelle du principe « pas d'interdiction sans solution », des prix rémunérateurs pour toutes les filières, la valorisation systématique des produits français dans la restauration collective et un véritable plan de développement du stockage de l'eau. Pour toutes ces avancées, nous sommes bien conscients que nous devrons entamer des négociations à Bruxelles qui n'ont jamais eu lieu.
Donc pour nous, c'est vivement 2027. Et pour nos agriculteurs, je vous remercie. Merci Madame la Présidente.
Merci Madame la Présidente.
Hélène Laporte