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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 novembre 2024 26 min

Réforme des retraites, censure du gouvernement, "immunité" de Benyamin Nétanyahou en France... Le "8h30 franceinfo" de Mathilde Panot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Mathilde Paneau. Bonjour. L'abrogation des retraites, c'est le texte principal de votre grande journée annuelle de niche parlementaire à la France Insoumise. Mais c'est un symbole, même si c'est voté aujourd'hui, il y a toutes les chances que le Sénat, en majorité à droite, ne suive pas. Pourquoi ne pas le dire clairement ? De quoi ? Que ça n'ira pas au bout.

0:25
Mathilde Panot

Mais pourquoi ça n'irait pas au bout ? Je vais vous dire, vous avez une réforme des retraites qui n'a jamais été votée par l'Assemblée nationale. Puisque ce texte a été passé en force contre l'immense majorité du peuple français. Vous avez des grèves historiques qui ont été faites au moment du passage en force de cette réforme des retraites. Vous avez depuis des élections, dans lesquelles les macronistes ont été battus deux fois, aux élections européennes et aux élections législatives. Et l'abrogation de la retraite à 64 ans a gagné les élections à ce moment-là. Donc tôt ou tard, nous réussirons à abroger cette réforme des retraites. Alors qu'est-ce qui se passe pour aujourd'hui ?

0:59
Présentateur

Parce qu'il va y avoir beaucoup d'obstructions aujourd'hui.

1:01
Mathilde Panot

Voilà, pour que les gens comprennent. Il se trouve que les macronistes ont déposé mille amendements dans le cadre de notre niche. D'habitude, les niches sont un moment en quelque sorte sacré dans la démocratie parlementaire. Ou par exemple, nous ne mettons pas de motion de rejet sur les textes pour laisser la discussion se faire, quitte à ce que les textes soient rejetés ou adoptés. Et là, du coup, vous avez un nouveau coup de force qui est fait, après l'avoir passé par 49.3 de force, où on essaye de nous empêcher d'arriver au vote des retraites.

1:30
Invité

Vous avez lancé un appel collectif d'ailleurs avec des universitaires associatifs pour qu'ils retirent ces amendements. Est-ce qu'ils vous ont répondu depuis hier ?

1:35
Mathilde Panot

Alors, nous n'avons pas de réponse, mais nous allons voir comment ça se passe dans l'hémicycle. Il y a effectivement 2500 personnalités du monde associatif, syndical, politiques, d'artistes, d'universitaires qui appellent les macronistes à laisser cette loi être débattue et votée. Et il y aura un rassemblement à 19h à invalides pour celles et ceux qui peuvent être là pour justement appeler à ce que la souveraineté populaire soit respectée.

1:57
Présentateur

Et si ça ne va pas au bout, vous représenterez votre texte à une autre occasion ?

2:01
Mathilde Panot

Vous savez, lorsque un texte se termine, vous pouvez le reprendre exactement au même endroit dans une autre niche parlementaire. Je veux redire, parce que je vois des esprits un peu malins qui expliquent que comme nous, nous aurions fait ce que nous avions appelé une grève du zèle au moment de la réforme des retraites, eh bien ce serait en quelque sorte la monnaie de notre pièce.

2:22
Invité

Ça n'a rien à voir. Ce n'est pas un petit peu exact quand même. Comment ? Ce n'est pas un petit peu exact quand même. C'est votre stratégie finalement qu'ils utilisent ?

2:30
Mathilde Panot

Alors, non, je vais vous expliquer pourquoi. Il y a une différence entre un texte du gouvernement qui peut rajouter du temps à l'examen de son texte et une niche parlementaire qui, pour que tout le monde comprenne bien, commence à 9h et termine à minuit, pas une minute de plus, pas une minute de moins. Bon, ça c'est la première chose. Et je rappelle que le droit de choisir une fois dans l'année l'ordre du jour de l'Assemblée est un droit constitutionnellement garanti pour les groupes d'opposition et les groupes minoritaires. Mais il y a une deuxième chose.

Il y a une différence fondamentale de faire de l'obstruction pour défendre la souveraineté populaire quand 93% des actifs sont opposés à une réforme qui leur vole deux ans de vie, lorsque l'ensemble des syndicats sont contre, lorsque ce sont les plus grandes manifestations depuis 50 ans, et de faire de l'obstruction pour, cette fois-ci, empêcher la souveraineté populaire alors qu'elle a redit très clairement que le peuple, dans son immense majorité, était toujours pour l'abrogation de cette réforme injuste.

3:22
Invité

Pourquoi avoir absolument tenu à abroger non seulement le texte Born pour le retour à un départ à 62 ans, mais aussi le texte Touraine, donc l'ancien ministre de François Hollande, pour revenir à 42 annuités au lieu de 43, à part pour gêner les socialistes ?

3:36
Mathilde Panot

Non, nous l'avons fait pour nous rapprocher le plus possible. Donc lorsque nous abrogeons la retraite de 64 ans pour revenir à 62 ans, pour revenir le plus possible à l'âge de 62 ans, il nous semblait important d'avoir aussi un travail sur les annuités, et donc c'est la manière de faire pour que ça arrive le plus possible proche de 62 ans. Ça, c'est le premier point.

Le deuxième point, et d'ailleurs c'est des discussions qui sont y compris publiques, puisqu'ils l'ont dit publiquement, c'est que le Parti Socialiste l'a dit, quel que soit le texte, que ça soit abrogation de la réforme Touraine ou abrogation de l'accélération de la réforme Touraine, ils le voteront, donc il n'y a pas de sujet sur cette question.

4:14
Présentateur

Avec le sujet quand même à la fin du coût que ça représente pour les finances publiques dans le contexte que l'on sait.

4:19
Mathilde Panot

Oui, et nous avons fait récemment, à l'initiative d'Éric Coquerel, président de la Commission des Finances, et de Charles de Courson, rapporteur général du budget, une conférence de financement avec les syndicats. Nous appelons depuis des mois à ce que le gouvernement en fasse d'eux-mêmes, avec de nombreuses pistes de financement. D'ailleurs, je ne vous l'apprends pas, et ça va répondre aussi à la fin de votre question. Nous ne sommes pas, nous, favorables à la retraite à 62 ans, nous sommes favorables à la retraite à 60 ans avec 40 annuités, et nous avions fait un plan de financement complet que chacun et chacune peut aller voir.

4:51
Invité

Il faut en venir au budget, parce que c'est évidemment l'autre gros sujet du moment. La CMP, la réunion des 7 sénateurs et 7 députés hier, a été conclusive, ce qui veut dire que le projet de budget de la Sécu a été validé, y compris par les élus Renaissance. On se dirige donc vers un 49-3, puisque Michel Barnier n'aura pas de majorité dans l'hémicycle. Les députés aérennes se réunissent cet après-midi, mais ça semble assez clair qu'ils sont plutôt sur l'option de la voter, encore que vous allez nous dire si c'est votre avis. Selon vous, le gouvernement tombe la semaine prochaine ?

5:19
Mathilde Panot

En tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que les députés et sénateurs qui étaient dans la commission mixte paritaire n'aiment pas beaucoup M. Barnier, parce qu'ils ont fait un texte qui est invotable par l'Assemblée.

5:29
Présentateur

Mais ce n'est pas une question personnelle ?

5:30
Mathilde Panot

J'explique, oui, enfin ce qui donne à peu près à coup sûr le fait que ce gouvernement tombera très probablement la semaine prochaine, au pire le 20 décembre. J'explique ce qui a été fait dans cette commission mixte paritaire où donc les sénateurs et les députés doivent se mettre d'accord sur un texte final sur le budget de la Sécurité sociale. D'abord, ils ont aggravé la question de la non-indexation des pensions de retraite, puisque je rappelle qu'au départ, vous aviez M. Barnier qui disait qu'il n'y aura une indexation des pensions de retraite qu'en juillet à 1,8%, puis ensuite M.

Wauquiez a dit que ça sera au 1er janvier de 0,9% et en juillet pour les retraites inférieures à 1 500 euros bruts, en juillet il y aura une nouvelle indexation. Avec un rattrapage sur les six premiers mois. Exact. Donc la note est plus salée pour les retraités. Et cette fois-ci, c'est 1,6% pour janvier et juillet. Donc on est à 0,8-0,8%. Je dis juste ça pour dire que dans cette commission mixte paritaire, il y a eu une nouvelle baisse qui a été actée des pensions de retraite. Ce que vous voulez dire, c'est que c'est invotable par le RN ? C'est ça que vous voulez dire ? Non, c'est invotable par tout le monde.

Je suis désolée, moi je ne suis pas d'accord pour que les retraités paient les cadeaux qui étaient faits aux plus riches et aux grandes multinationales de ce pays. Et la deuxième chose, c'est qu'ils ont décidé, sortis de nulle part, qu'il y aurait 600 millions d'euros en moins dans l'ONDAM, donc 600 millions d'euros en moins, donc un demi milliard en moins pour les hôpitaux et les EHPAD. Et là aussi, c'est inadmissible quand on connaît la situation du pays et les millions de gens qui renoncent à se soigner aujourd'hui.

7:02
Présentateur

Alors on a beaucoup de questions sur le même thème. Et après, si le gouvernement tombe la semaine prochaine, comme vous le pronostiquez, Mathilde Panot, le risque, c'est qu'il n'y ait pas de budget ?

7:11
Mathilde Panot

Non, ça n'existe pas, nous ne sommes pas aux Etats-Unis. Aux Etats-Unis, effectivement, si vous n'avez pas de budget à une certaine date, vous avez ce qu'on appelle le shutdown, et à ce moment-là, les fonctionnaires ne sont plus payés, les musées ferment, les services publics s'arrêtent, etc. La France n'est pas du tout dans cette situation-là. Donc contrairement à ce qu'on nous annonce, ça ne va pas être...

7:31
Invité

Ça n'a aucune conséquence. Notamment, dans ce cas, s'il y avait vraiment de budget, et on reprend le budget de l'année précédente.

7:37
Mathilde Panot

C'est une loi spéciale, effectivement.

7:38
Invité

Voilà, avec des conséquences sur les impôts, par exemple.

7:41
Mathilde Panot

Mais une loi spéciale qui permet de faire le budget 2024 par douzième. Donc par douzième, on débloque les clés. Chaque mois. Mais juste, je le redis, dans le cas où Michel Barnier tombe la semaine prochaine, ou le 20 décembre, dans tous les cas, il ne passera pas la fin de l'année avec son gouvernement, qui n'a aucune base populaire, eh bien, dans ce cadre-là, il peut y avoir une nouvelle discussion budgétaire en janvier.

Donc on peut nous expliquer que ça va être la catastrophe, le chaos, la pluie de sauterelles, l'accident nucléaire, mais la réalité, c'est que nous avons de quoi assurer la continuité de l'État, et surtout, avoir une nouvelle discussion budgétaire, tout début janvier, qui permet au nouveau gouvernement, je l'espère, du nouveau Front populaire, de mettre en place un nouveau budget.

8:24
Présentateur

Alors, c'est peut-être pas encore la pluie de sauterelles, mais il y en a qui sont inquiets, ce sont les créanciers de la France, la France qui emprunte, pour la première fois depuis hier, plus chers, à des taux plus élevés que la Grèce. Est-ce que c'est un problème à vos yeux ?

8:38
Mathilde Panot

Oui, mais écoutez, juste, je voudrais qu'on remette les choses à leur place. Vous avez un président de la République qui a décidé d'une clarification politique après les élections européennes, et qui a décidé seul d'une dissolution sur demande du Rassemblement national. Ensuite, il perd les élections, et contrairement à 27 sondages qui donnaient tous l'extrême droite en tête, c'est le nouveau Front populaire qui arrive en tête.

9:00
Présentateur

Ce n'était pas ma question de savoir qui était responsable de la question, c'est comment est-ce qu'on fait pour rassurer les créanciers de la France. Il décide de mettre un Premier ministre

9:06
Mathilde Panot

qui fait en score de forme 5% aux dernières élections. Donc, à un moment, vous ne pouvez pas à la fois nier le résultat des urnes, renier ce qui est sorti du suffrage universel, et ensuite avoir une situation budgétaire catastrophique qui sont dues au bilan de la politique économique. Mais cette question de savoir

9:25
Présentateur

ce qu'on fait maintenant, demain, ce que le gouvernement t'aussure, notamment rassurer des créanciers dans un pays où il y a 3200 milliards d'euros de dettes.

9:33
Mathilde Panot

Oui, ce qu'on fait, c'est qu'on change de politique. Parce que ceux qui ont fait 1000 milliards de dettes, ce n'est pas nous, je crois. Qui a fait 1000 milliards de dettes dans ce pays ? C'est Emmanuel Macron et la politique qu'il mène depuis maintenant 7 ans. On nous explique que ça va ruisseler des plus riches jusqu'aux millions de gens qui sont en train de vivre dans une situation déplorable. Comprenez-vous ce que ça veut dire concrètement, dans les corps des gens, quand il y a un Français sur trois qui se prive régulièrement de repas pour pouvoir faire en sorte que leurs enfants mangent ? C'est ça dont on est en train de parler. Donc on change de politique.

Voilà ce que nous disons depuis maintenant des mois.

10:04
Invité

C'est un problème, en tout cas pour vous, ces 3 200 milliards d'euros de dettes. Je vous pose la question parce qu'il n'y a pas si longtemps, en 2021 et à nouveau dans la dernière campagne, Jean-Luc Mélenchon et d'autres chez vous disaient que cette dette, en fait, ce n'est pas un problème. Il suffit de ne pas la rembourser. Oui.

10:21
Mathilde Panot

C'est ce que vous pensez ? Oui, c'est ce que nous pensons. Nous avons d'ailleurs proposé des propositions de loi à l'Assemblée sur cette question. On écrase la dette. Oui, on gèle la dette, en fait, si on veut être tout à fait exact. Et je redis que ce qui nous empêche aujourd'hui, par des règles absurdes, notamment imposées par la Commission européenne, ce qui nous empêche d'investir dans, notamment, la bifurcation écologique, alors que vous avez vu ce qui s'est passé, notamment en Espagne. Nous sommes dans un moment où le dérèglement climatique et la crise écologique est l'enjeu numéro 1 du 21e siècle. Nous avons besoin, au contraire, d'investir. Et je vais même aller plus loin.

Ceux qui décident de faire 60 milliards d'économies pour l'année prochaine, comme le veut le gouvernement Barnier. Ce sont des gens qui sont nuisibles à l'économie française. L'économie française tient, dans son PIB, à 53% sur la consommation populaire. Quand l'immense majorité des gens doit choisir entre payer son loyer, payer ses factures et je ne sais quoi, eh bien, ça s'en ressent énormément sur la consommation populaire. Et d'ailleurs, nous sommes sur un niveau de déconsommation alimentaire qui n'a jamais été vu dans notre pays depuis des décennies.

Donc, ce qui permet à l'économie française de tenir et d'être en sorte qu'elle puisse se redévelopper, bien notamment pour les petites et moyennes entreprises, c'est de relancer la consommation populaire. Et je le dis juste parce que dans notre niche, il n'y a pas que les retraites. Il y a un texte que, du coup, les macronistes veulent nous empêcher d'examiner, qui est le texte sur la question du blocage des prix de l'énergie et des tarifs réglementés, qui est une réponse, là aussi, aux faillites des petites et très petites entreprises qui sont dues à majorité à l'explosion des factures d'énergie.

11:56
Présentateur

Mathilde Paneau, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale et sur France Info jusqu'à 9h. On vous retrouve juste après le fil Info 8h45. Maureen Suignard.

12:03
Invité

La France risque de décrocher. Or, il y a un chemin, c'est ce budget. La nouvelle alerte du ministre de l'Économie, Antoine Armand, il tente de convaincre. Le Premier ministre peut utiliser le 49.3 pour passer le budget ou celui de la Sécu la semaine prochaine, le faire passer sans vote. Il pourra alors y avoir une motion de censure contre le gouvernement. Antoine Armand se dit prêt à l'instant à des concessions, notamment sur la taxe sur l'électricité. Il y a eu ArcelorMittal, puis Michelin. C'est maintenant Valeo qui annonce un plan social. L'équipementier automobile dit souffrir du ralentissement du secteur. Près de 900 postes supprimés dans 8 sites français.

Des traces de peste dans des enveloppes en Saône-et-Loire. Plusieurs enveloppes en provenance de l'étranger ont été reçues par un centre de formation près de Dijon. De la poudre blanche à l'intérieur, testée positive à la peste. Six employés ont été envoyés à l'hôpital par précaution. Le parcours de l'île est au-delà de nos espérances. Réjouit l'entraîneur du LOSC. Nouvelle victoire en Ligue des champions de football face à Bologne. 2-1. Monaco s'est incliné face au Benfic à Lisbonne. 3-2. Mais les deux clubs se rapprochent d'une qualification. France Info.

13:13
Présentateur

Le 8.30 France Info. Bérangère Bonte. Jérôme Chapuis.

13:17
Invité

Et ce matin, Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne, présidente du groupe insoumis à l'Assemblée nationale. Parmi les idées qui sont sorties du chapeau dans la bouche de Michel Barnier avant-hier, il y a peut-être, pour trouver de nouvelles ressources, de faire contribuer les anciens premiers ministres. Puisque les chiffres montrent qu'en chauffeur, en voiture, en collaborateur, tout ce qui est prévu par l'État pour les aider après leur mandat, ce chiffre a dé presque 200 000 euros pour certains. Bernard Cazeneuve, Dominique de Villepin. Est-ce que vous êtes favorable à ça ?

13:49
Mathilde Panot

On peut y réfléchir. Par ailleurs, je comprends très bien que ça choque les gens au moment où on demande à tout le monde de faire des efforts. Je comprends l'émotion que ça crée. J'ai vu la diffusion de visuels sur les réseaux sociaux. Il y a une réserve. Enfin, quelle est ma réserve ? Il se trouve que nous avons notamment nous fait adopter la taxe Zuckmann sur les milliardaires, sur les 157 milliardaires de ce pays qui permet de taxer à hauteur de 2% leur patrimoine et de rapporter 13 à 14 milliards dans le budget de l'État.

Ensuite, nous avons fait adopter d'ailleurs une autre taxe qu'on appelle aussi la taxe Zuckmann qui, elle, permet de faire juste payer réellement les bénéfices réellement réalisés en France aux multinationales qui sont en France. Donc, elle fait en sorte qu'elle paye réellement leurs impôts qui rapportent 26 milliards d'euros. Donc, je préfère qu'on soit sur ces grandes masses d'argent qui permettent un véritable partage des richesses plutôt que de lancer quelque chose comme ça où nous récupérerions 200 000 euros, ce qui n'est pas du tout à la hauteur des enjeux. Donc, je trouve que c'est une idée qui est petit bras pour répondre.

14:49
Présentateur

Alors, on continue d'examiner les scénarios en cas de chute du gouvernement que vous prédisiez tout à l'heure. Je vais aussi examiner celui

14:54
Mathilde Panot

où Macron chute, je crois.

14:55
Présentateur

Alors, on va en parler aussi, mais peut-être d'abord quand même ce qui semble vraiment plus probable, c'est-à-dire la chute d'un gouvernement dans les prochains jours, les prochaines semaines. Qu'est-ce qui se passe au nouveau Front populaire ? Qu'est-ce que vous réclamez dans les heures qui suivent ?

15:08
Mathilde Panot

Alors, d'abord, nous faisons la censure, c'est le scénario. Nous remettons les choses à l'endroit en disant que la démocratie ne peut pas être gouvernée par ceux qui ont perdu les élections et ensuite, nous, nous redisons que nous souhaitons que Lucie Casté soit nommée à Matignon avec un gouvernement du nouveau Front populaire, la base programmatique, le programme du nouveau Front populaire et ensuite, à l'Assemblée, des majorités que nous allons chercher texte par texte. Ce dont vos alliés ne veulent plus.

15:33
Invité

Olivier Faure dit non, mais on ne va pas refaire le même film. Est-ce que vous avez des assurances des autres députés PS qui vous soutiendraient, qui soutiendraient un gouvernement Casté ?

15:41
Mathilde Panot

Ça, c'est au Parti Socialiste.

15:43
Invité

Non, non, mais est-ce que vous avez...

15:44
Mathilde Panot

Nous, on a fait des discussions...

15:45
Présentateur

Mais vous, vous parlez... Est-ce qu'on repart dans le même scénario ? Parce que le week-end dernier, il disait qu'il fallait poser la question des conditions d'une non-censure au sein de l'Arc républicain. Nous, on a compris que c'était une manière de commencer à rompre avec vous. C'est comme ça que vous l'avez compris ?

15:57
Mathilde Panot

Bah oui, d'ailleurs, c'est pour ça. Nous, on lui a dit assez directement. Moi, quand j'entends certains porte-parole du Parti Socialiste, Boris Vallaud notamment, mais pas qu'eux, qui expliquent qu'il faudrait aller voir les groupes du socle commun faire gouvernement avec eux ou je ne sais quoi, pour nous, évidemment, c'est une rupture du nouveau Front populaire. C'est une rupture vis-à-vis des électeurs et des électrices sur le programme sur lequel ils nous auront élus, qui est, je le rappelle, en opposition radicale et complète avec la politique d'Emmanuel Macron. Et donc, il est hors de question de faire quelque chose avec le socle commun. Donc, nous l'avons dit très clairement.

Et je le dis d'autant plus que vous avez peut-être entendu M. Darmanin qui, dans un tweet hier, appelait à aller voir... À tendre la main au Réunion nationale sur certaines mesures. aux députés du Rassemblement national pour qu'ils ne censurent pas. Donc, vous avez déjà un gouvernement qui tient, grâce à l'abstention de Marine Le Pen, à la motion de censure, qui vote contre la destitution. Et maintenant, on voudrait encore plus formaliser ça. Donc, j'ose espérer que Philippe Brun et d'autres ne veulent pas s'allier avec M. Darmanin qui veut s'allier

17:00
Présentateur

avec le RN. Qu'est-ce qui est le plus solide aujourd'hui ? C'est le gouvernement Barnier ou c'est le nouveau Front populaire ?

17:05
Mathilde Panot

Le nouveau Front populaire de manière extrêmement claire.

17:08
Invité

Malgré tout ce qu'on a dit sur les socialistes qui n'ont pas l'air tout à fait...

17:10
Mathilde Panot

Écoutez, les socialistes prendront leurs responsabilités mais je rappelle que nous sommes sur les 13 députés du nouveau Front populaire.

17:17
Invité

La nécessité d'un accord de non-censure avec le bloc central

17:19
Mathilde Panot

est un peu inévitable. Les compromis, ce que nous avons dit depuis le début, c'est que les compromis devaient se faire à l'Assemblée et d'ailleurs, nous avons montré dans les débats budgétaires que nombre de nos amendements qui ont gagné du coup une majorité, j'en citais de tout à l'heure, sont possibles d'obtenir des majorités à l'Assemblée.

17:37
Présentateur

Je ne vais pas vous contredire parce que vous dites depuis le début mais au tout début, on a tous en tête que Jean-Luc Mélenchon a dit tout le programme rien que le programme. Vous l'avez répété à l'instant. Je ne l'en ai pas. Donc ce n'est pas un ton qui inspire le compromis.

17:49
Mathilde Panot

Vous l'avez répété à l'instant tout le programme rien que le programme. Oui, mais je le répète avec plaisir, tout le programme rien que le programme il n'y a aucun problème. Je vous répète qu'il y a le programme porté par le gouvernement et c'est le programme tout le programme et ensuite il y a le travail parlementaire dont nous avons toujours dit que c'est dans ce travail parlementaire que nous irons chercher des majorités sur les textes et les idées que nous voulons porter qui par ailleurs dont beaucoup sont extrêmement majoritaires dans le pays et dans l'Assemblée. Alors, l'hypothèse d'une démission

18:17
Invité

du président de la République elle est portée désormais aussi au centre, à droite Jean-François Copé et on va entendre ici Charles de Courson le rapporteur du budget Liott qui a eu ses mots hier sur LCI avec presque des accents assoumis d'ailleurs. Qui est à l'origine du chaos politique ? C'est bien le président de la République lorsqu'il a fait cette dissolution que même ses propres amis n'ont pas comprise. Donc vous lui dites ce matin le seul moyen de sortir de cette crise M. le Président c'est de démissionner ? Bien sûr qu'il respecte le vote des Français.

Depuis que Charles de Courson quitte plus votre collègue Éric Coquerel président de la commission des finances c'est Liott et les filles même combat ?

18:55
Mathilde Panot

Il peut y avoir des influences positives entre les gens mais je suis tout à fait d'accord avec ce que disait Charles de Courson à l'instant sur le fait qu'Emmanuel Macron est le responsable du chaos politique qu'aujourd'hui tout le monde comprend que la France a un problème et qu'il s'appelle Emmanuel Macron Vous l'imaginez

19:10
Invité

quitter de lui-même l'Elysée ? Comment ? Vous l'imaginez sérieusement quitter de lui-même l'Elysée ? Vous avez peut-être vu ce sondage

19:15
Mathilde Panot

que si le gouvernement Barnier tombait 63% des Français interrogés étaient favorables à la démission d'Emmanuel Macron. Moi je vais vous dire le gouvernement Barnier va tomber et il ne restera que deux solutions à Emmanuel Macron soit de nommer Lucie Casté à Matignon soit de s'en aller. Pourquoi ? Quelle autre solution connaissez-vous que de revenir au vote lorsque nous sommes dans une impasse démocratique dans laquelle le président de la République a toute sa responsabilité ?

19:40
Présentateur

D'un gouvernement technique ?

19:42
Mathilde Panot

Je ne suis pas d'accord avec un gouvernement technique ça n'existe pas.

19:46
Présentateur

Autre sujet d'actualité Marine Le Pen sera fixée sur son sort le 31 mars prochain et dans le contexte que vous décrivez depuis tout à l'heure où il pourrait y avoir des élections l'année prochaine législatives, présidentielles Marine Le Pen inéligible pour les prochaines législatives ou présidentielles ça changerait quoi ?

20:02
Mathilde Panot

Ça changerait des choses il ne faut pas se mentir je le dis Marine Le Pen est une adversaire politique que je combattrai farouchement toute ma vie et que nous continuerons de combattre et nous savons depuis longtemps c'est en tout cas l'analyse que nous en faisons qu'à la fin très probablement le pays aura le choix entre deux grandes possibilités ce sera soit eux soit nous et j'ose espérer que ce sera nous parce que ce combat est extrêmement important

20:24
Présentateur

Vous pensez que la prochaine présidentielle législative c'est Rassemblement National ou Nouveau Front Populaire ?

20:32
Mathilde Panot

Oui Oui vous n'avez qu'à voir vous ne regardez pas à l'Assemblée Nationale Un second tour de la présidentielle

20:38
Présentateur

par exemple ce serait Marine Le Pen Jean-Luc Mélenchon pour vous ?

20:41
Mathilde Panot

Oui je pense que nous sommes arrivés dans ce point de bascule où effectivement il va falloir faire

20:46
Invité

un gros choix les deux personnalités qui sont données comme finalistes à ce stade c'est Édouard Philippe et Marine Le Pen et les sondages je rappelle

20:55
Mathilde Panot

juste pour que les gens nous entendent vous nous en citiez d'autres des sondages tout à l'heure on ne peut pas

20:59
Invité

les utiliser à certains moments

21:01
Mathilde Panot

il y a des sondages qui sont sur des opinions les gens disent oui non on s'en sert et puis il y a des sondages sur des intentions de vote qui donnent à la fin un résultat qui est concret et réel 27 sondages pendant les élections législatives anticipées 27 sondages tous sans exception ont donné l'extrême droite en tête l'extrême droite est arrivée troisième et c'est le nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête donc ils se sont tous trompés et ce que vous voyez dans l'élection étaginienne notamment c'est que là aussi si vous écoutez les sondages vous n'avez pas le résultat des élections donc je le dis courage les gens nous pouvons faire en sorte de faire déjouer absolument tous les pronostics et de réouvrir un horizon heureux pour le pays

21:38
Présentateur

quelques questions d'actualité encore importants dans les trois minutes qui nous restent Mathilde Panot la Cour pénale internationale a donc ordonné a émis un mandat d'arrêt contre Benyamin Netanyahou il y a un flou juridique notamment en France doit-il selon vous être arrêté si d'aventure il posait le pied sur notre sol

21:56
Mathilde Panot

évidemment il doit être arrêté et je dois dire que les déclarations qui ont été faites hier qui expliqueraient qu'il aurait une immunité comme chef de gouvernement d'un état non membre de la CPI font honte à la France parce que c'est absolument faux c'est l'article 27 de la Cour pénale internationale il n'y a pas d'immunité et je le dis d'autant plus que imaginez le scandale que ça aurait fait à raison si lorsque la Cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine on aurait expliqué que Vladimir Poutine pouvait venir sur notre territoire tout en étant un criminel de guerre sans être arrêté nous ne sommes pas d'accord avec ça ça suffit maintenant

22:34
Présentateur

vous savez qu'il y a un débat juriste sur ce sujet

22:36
Mathilde Panot

non alors il y a l'article 27 il n'y a pas d'immunité ça c'est la première chose et je veux juste dire ça affaiblit le droit international au moment où nous avons plus que besoin de justement renforcer ce droit international et le signal qui est envoyé par la France est désastreux le signal qui est envoyé c'est de dire à ceux qui sont criminels de guerre sortez de la Cour pénale internationale et il ne vous arrivera rien ce n'est pas acceptable imaginez si on met ça sur tous les traités bon bah vous comprenez qu'à la fin il n'y a plus le droit international il n'y a plus une norme commune bref il n'y a plus rien qui peut faire en sorte de relier l'humanité entre elles on lit sous la plume

23:08
Invité

de certains confrères de la presse étrangère qu'il y aurait peut-être un deal lié au cessez-le-feu obtenu avec le Hezbollah entre Israël et le Hezbollah un deal avec Benjamin Netanyou pour obtenir ce cessez-le-feu en échange d'une garantie de ne pas appliquer le mandat d'arrêt est-ce que vous allez jusque-là ? écoutez je ne sais pas mais si

23:30
Mathilde Panot

ça fait partie des négociations autant je me réjouis du cessez-le-feu qui met fin à la souffrance du peuple libanais autant je ne peux pas accepter que la France renie ainsi ses engagements internationaux et donne un exemple au monde qui est je crois désastreux et vous me permettrez de dire juste que le cessez-le-feu évidemment la France doit mettre toutes ses forces notamment pour aider l'armée libanaise pour que ce cessez-le-feu soit pérenne ça c'est la première chose et surtout je veux dire que je suis très inquiète qu'il y ait une intensification encore plus forte du génocide en cours à Gaza donc cessez-le-feu en Liban c'est une bonne nouvelle cessez-le-feu à Gaza est une nécessité alors qu'aujourd'hui Gaza est devenue un cimetière

24:10
Présentateur

Mathilde Panot Boilem Sansa l'écrivain franco-algérien a donc été arrêté la semaine dernière en Algérie vous vous êtes exprimé une fois en réponse à la question d'un confrère pour demander sa libération depuis il est écroué on l'a appris hier après son audition par le parquet antiterroriste il fait appel est-ce que vous réitérez peut-être de manière plus directe la demande de libération aux autorités algériennes ?

24:31
Mathilde Panot

Quelle de manière plus directe ? Je l'ai dit mardi je l'ai redit encore hier évidemment personne encore moins un écrivain peut-être ne doit être en prison et écroué du fait d'un délit d'opinion donc oui je demande sa libération immédiate

24:46
Présentateur

Qu'est-ce que ça révèle selon vous du régime algérien ?

24:51
Mathilde Panot

Beaucoup de choses ça montre qu'il y a en Algérie et d'ailleurs ce n'est pas moi qui vais dire le contraire puisque je rappelle que j'avais été soutenir le peuple irakien au moment du Hirak et dénoncer les prisonniers d'élits d'opinion qui sont du fait des manifestations qui étaient en prison donc voilà ce que ça Une dérive ? Oui mais bien sûr mais vous savez que nous aussi nous avons des prisonniers politiques je le dis juste

25:16
Présentateur

Pardon ?

25:17
Mathilde Panot

Nous avons nous aussi des prisonniers politiques

25:19
Présentateur

Vous faites un parallèle entre le régime algérien ?

25:23
Mathilde Panot

Non je dis juste que chaque pays doit regarder et balayer devant sa porte qui est devant sa libération immédiate A qui faites vos illusions ? Eh bien je fais allusion par exemple au président du FLNKS donc Kanak qui se trouve actuellement en prison à 17 000 km du territoire de la Kanakie et donc qu'il serait bien qu'il y ait un respect des droits humains dont moi je ne me bats pas à géomériterie variable comme l'extrême droite lorsque c'est dans un pays et pas lorsque c'est dans l'autre et que ça serait bien qu'il y ait un respect des droits humains partout et qu'il n'y ait plus de prisonniers politiques que ce soit en Algérie en France ou partout ailleurs

25:57
Présentateur

Alors on n'a pas le temps de vous reposer quelques questions ça aurait sans doute mérité quelques éclaircissements Mathilde Panot peut-être aurons-nous l'occasion de vous recevoir à nouveau pour parler de tout ça Merci d'avoir été avec nous dans un instant les informer sur France Info Merci d'avoir regardé cette vidéo !

26:09
Locuteur

Merci d'avoir regardé cette vidéo !