Discours phénoménal de Manuel Bompard, député LFI
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Je ne croyais pas, mais finalement, en écoutant les colistiers parler, en écoutant Nordine parler, en écoutant Clémence parler, je me disais, mais finalement, où est la violence ? Est-ce que la violence, ce n'est pas quand des familles sont obligées de sortir leurs enfants de la cantine parce qu'ils n'ont pas les moyens de garantir à leurs enfants d'avoir un repas de qualité pour pouvoir étudier dans des bonnes conditions ? Est-ce que la violence, ce n'est pas vivre dans un logement insalubre, avec des cafards, où il fait trop chaud l'été, où il fait trop froid l'hiver, alors qu'on vit dans la sixième puissance économique du monde ? Est-ce que la violence, ce n'est pas ça, finalement ?
Est-ce que la violence, ce n'est pas être cantonné dans son quartier parce qu'on n'est pas les moyens de pouvoir accéder aux transports publics parce qu'ils sont trop chers, parce qu'on est jeune et qu'on est obligé de rester en bas de son immeuble, parce qu'on ne peut pas aller faire la fête avec ses amis, parce qu'on ne peut pas avoir accès aux loisirs ou aux activités sportives, parce qu'il faut se déplacer de l'autre côté de la ville ? Est-ce que ce n'est pas ça, la violence, finalement ? Et qui en sont les responsables ? Et puis, d'un certain point de vue, est-ce que ce n'est pas de la violence démocratique ?
Quand vous avez des élus, comme ici, à Bordeaux, qui ont été élus avec un programme dans lequel ils disaient, par exemple, jamais nous n'armerons la police municipale, jamais nous n'augmenterons le nombre de caméras de vidéosurveillance, et qui ont été élus sur ce programme, et qui finalement ont fait l'inverse, une fois qu'ils ont été aux responsabilités et au pouvoir, est-ce que ce n'est pas une violence démocratique de trahir ainsi la parole des électrices et des électeurs ?
Est-ce que ce n'est pas une violence symbolique de considérer dans notre pays, dans nos villes, que des habitantes et des habitants sont en quelque sorte un électorat qu'on peut venir acheter, comme ça a été fait depuis des années et des années, par des politiques clientélistes, où on considère que certains, finalement, ne sont bons qu'à ce qu'on vienne les voir pendant les campagnes électorales, pour vous dire, mais si tu votes pour moi, on trouvera peut-être un appartement pour quelqu'un de ta famille, ou si tu votes pour moi, il y aura peut-être un boulot pour quelqu'un de ton entourage à la mairie ?
Est-ce que finalement, ce n'est pas ça la violence aussi, de considérer comme ça, que les citoyennes, et les citoyens, en particulier nos quartiers populaires, ne sont pas des citoyens à part entière ? Et donc, contrairement à ce que vous entendez à la télévision, le programme politique que l'on porte dans cette élection municipale, le programme politique qui est porté par la liste « Faire mieux pour Bordeaux ici », c'est précisément un programme politique qui vise à rétablir la dignité des habitantes et des habitants, l'égalité, la justice sociale, la justice fiscale et l'harmonie entre les êtres humains et entre les êtres humains et la nature.
Et ça, messieurs, mesdames de BFM TV, de CNews, etc., etc., c'est précisément l'inverse de la violence, c'est l'égalité, c'est l'égalité, la fraternité, la solidarité, et c'est ce qui est au cœur du programme qui est porté par cette liste ici à Bordeaux. Donc oui, le 15 et le 22 mars, quand vous allez vous déplacer pour voter, vous allez d'abord aller voter pour ça, d'abord aller voter pour un programme municipal qui vise à considérer les habitantes et les habitants à part entière, tous, avec dignité, avec solidarité, avec fraternité. Voilà pourquoi vous allez aller voter le 15 mars.
Donc oui, oui, vous voterez pour la cantine gratuite, parce que dans un pays comme la France et dans une ville comme Bordeaux, on ne peut pas accepter que des enfants soient à l'école le ventre vide. Oui, vous allez voter pour la cantine bio, parce que la nourriture de qualité, elle n'est pas réservée qu'à une partie de la population.
Et au moment où la droite, la Macronie et l'extrême droite, veulent nous imposer le retour des pesticides à travers la loi du plomb, au moment où la Commission européenne veut passer en force le projet, l'accord de libre-échange avec le Mercosur, malgré le refus du peuple français, en votant pour la liste « Faire mieux pour Bordeaux », vous allez pouvoir leur répondre. Et vous allez pouvoir faire de Bordeaux une ville hors Mercosur.
Une ville dans laquelle les produits de cet accord de libre-échange, qui utilisent des pesticides qui sont interdits en France, ne sont pas servis dans nos cantines scolaires, où nos enfants, quelles que soient leurs conditions sociales, ont droit à une nourriture de qualité. Oui, quand vous allez aller voter le 15 et le 22 mars, vous allez aussi aller voter pour une ville dans laquelle on peut vivre en paix et en tranquillité.
Mais une ville dans laquelle on tourne le dos aux logiques ultra-sécuritaires, aux logiques de shérifs, des maires qui viennent dans les campagnes électorales, vous dire « Si vous votez pour moi, vous allez voir que tout va changer, on va mettre des caméras partout, on va mettre des policiers municipaux partout, on va leur donner des armes partout. » Alors que précisément, ça n'a jamais fonctionné pour garantir la paix, la tranquillité et la sécurité. Est-ce que vous savez quelle est la ville de France où il y a le plus de caméras de vidéosurveillance par habitant ? C'est la ville de Nice.
Dans la ville de Nice, les augmentations, l'augmentation des délits liés au trafic de drogue a été de 80% sur les cinq dernières années et les violences ont augmenté de 20% sur les cinq dernières années. Est-ce que vous savez la ville en France dans laquelle le taux d'encadrement, en quelque sorte, le nombre de policiers municipaux relativement à la population est le plus important ? C'est la ville de Perpignan. Et pourtant, Perpignan, sur les 119 villes qui ont été classées, est arrivée en 106e position dans le nombre de crimes, de délits et donc dans le climat d'insécurité qui s'y trouve réellement.
Alors quand vous entendez à la télévision celles et ceux qui vont vous dire « Oui, les insoumis, vous vous en fichez de cette question-là, de la sécurité et de la tranquillité publique », dites-leur non, précisément parce qu'on ne s'en fiche pas, on veut rompre avec vos logiques parce que vos logiques ne servent à rien sur ce sujet et que si vous voulez, et que parce que moi je n'ai jamais rencontré dans ma vie une seule personne qui, parce qu'elle était menacée dans la rue ou qu'elle risquait une agression à vue, une caméra de vidéosurveillance descendre de son pilier pour venir la protéger.
Par contre, j'ai déjà vu, quand il y a de la présence humaine, quand il y a de la tranquillité publique, quand il y a des services publics, quand il y a de la vie, quand il y a des associations, quand il y a de la prévention, quand il y a des éducatrices et des éducateurs dans la rue. Alors oui, dans ce cas-là, on vit en paix, on vit en sécurité et on vit en tranquillité.
Donc le 15 et le 22 mars, vous allez d'abord voter pour ça, pour des mesures de justice sociale, pour la transition écologique, pour avoir le droit de vivre en paix, en tranquillité, pour tourner la page du clientélisme et de la monarchie municipale qui pourrit la vie politique de nos quartiers et la vie politique de nos communes, pour rendre le pouvoir de décision aux habitantes et aux habitants. Vous allez d'abord aller voter pour ça. Mais votre vote, le 15 et le 22 mars, il aura aussi une signification nationale, parce qu'il est inscrit dans un contexte.
Et tu l'as très bien dit tout à l'heure dans l'introduction, ne croyez jamais ce qu'ils vous diront dans cette campagne, mais il faut distinguer le local du national, c'est deux choses différentes, ça n'a rien à voir. Bien souvent, quand ils vous disent ça, c'est parce qu'ils ne veulent pas assumer localement les prises d'opposition de celles et ceux qui les représentent nationalement. Parce que, ils vont venir vous voir et ils vont vous dire si vous votez pour nous, on va faire de l'éducation de nos enfants une priorité. Mais, les mêmes ont laissé passer un budget à l'Assemblée nationale qui supprime 4000 postes d'enseignants, 3000 postes de surveillants.
Ils vont vous voir et ils vont vous dire notre priorité, ça sera le logement. Mais les mêmes à l'Assemblée nationale ont laissé passer un budget dans lequel on coupe plusieurs centaines de millions d'euros dans le budget du logement, dans les aides à la rénovation thermique et à la rénovation énergétique des logements. Ils vont venir vous voir et ils vont vous dire pour nous la priorité, ça va être l'accès de toutes et tous à la santé.
Mais ils ont accepté un budget de la Sécurité sociale qui fait des milliards d'euros d'économie dans le budget de santé et qui va conduire par exemple à la fermeture de centres de santé associatifs qui sont implantés en particulier partout en France, dans nos quartiers populaires. Il y a une cohérence à avoir entre les engagements qu'on défend à l'échelle locale et les positions politiques qu'on prend à l'échelle nationale. Alors certes, on n'est pas obligé d'être d'accord avec toutes les positions de la France insoumise.
Mais chacune et chacun reconnaîtra dans cette salle que vous ne trouverez pas un seul sujet sur lequel nous les parlementaires insoumis à l'Assemblée nationale, nous n'avons pas été fidèles à la parole que nous avons donnée devant les électrices. Alors certes, ça nous a valu pas mal de gardes à vue médiatiques, certes, ça nous a valu des menaces, certes, ça nous a valu des intimidations, des calomnies et des insultes. Mais finalement, est-ce que l'on attend d'un représentant du peuple ? N'est-ce pas qu'il se pose à chaque fois la question quand il prend une position politique ? Pas de savoir si ça va lui attirer les bonnes grâces et les louanges des médias dominants.
Mais seulement de se poser la question de savoir si sa position, elle est juste du point de vue des principes et de la parole qu'on a donnée devant les électrices et les électeurs au moment des échéances électorales. Et si je vous dis ça aujourd'hui, c'est parce que je sais que les colistières et les colistiers qui sont engagés sur la liste autour de Nordine Raymond, ici à Bordeaux, sont faits du même bois que les parlementaires de la France insoumise, qui ne vous trahiront pas, qu'ils prennent des engagements dans cette campagne électorale et que ce qu'ils auront dit pendant la campagne, ils le feront une fois aux responsabilités et au pouvoir.
Ils le feront, ils le mettront en œuvre, ils ne les oublieront pas. Ça ne sera pas facile. Mais ils ont une idée du contrat qu'on passe avec les électrices et les électeurs quand on s'engage dans une élection. Et vous serez derrière, par ailleurs, pour les pousser. Mais vous avez aussi une garantie, parce que ça a été dit tout à l'heure, et c'est parfois utilisé par nos adversaires pour nous dénigrer d'ailleurs, ce ne sont pas des professionnels de la politique.
Ce sont d'abord des personnes qui sont engagées depuis des années et des années dans leur vie au service de l'intérêt général, ici comme syndicalistes, ici comme militants associatifs, ici comme militants politiques, ici comme membres d'un collectif d'habitantes et d'habitants. Et ils n'ont pas attendu l'élection municipale pour s'engager au service des autres. Ils le font déjà depuis des années et des années.
Et s'ils sont candidats et candidats aujourd'hui sur une liste aux élections municipales, c'est parce qu'à un moment ils se disent, mais si on veut faire avancer ces luttes et ces combats, il faut s'emparer des leviers du pouvoir municipal pour pouvoir effectivement agir sur ces luttes et sur ces combats. Ce ne sont pas des professionnels de la politique, mais ce sont des professionnels de la vie. Ce sont des professionnels de la parole donnée. Ce sont des professionnels du dévouement au service de l'intérêt général et au service des habitantes et des habitants. Et moi je préfère voter pour ce type de professionnel.
Donc oui, il y a un lien entre les batailles qu'on mène à l'échelle locale et les batailles qu'on mène à l'échelle nationale. Et donc dans cette campagne électorale, puisqu'il y a différentes listes, ici à Bordeaux qui se revendiquent de la gauche, je vous dis une chose simple. Choisissez la gauche qui reste fidèle à sa parole. Choisissez la gauche qui ne vous trahira pas. Choisissez la gauche 100% censure des gouvernements macronistes. Choisissez la gauche 0% macronistes. Choisissez cette gauche-là, donnez-lui de la force. Parce que si vous lui donnez de la force, alors vous enverrez aussi un message national contre la politique du gouvernement Macron.
Un message de censure populaire contre celles et ceux qui ont refusé de censurer ces gouvernements. A 12 reprises dans la dernière année, sanctionnez-les par votre vote le 15 et le 22 mars prochains. C'est simple, parce que le message a été entendu. Et puis parce qu'on parle du contexte national, évidemment on ne peut pas ne pas évoquer, comme l'a fait Clémence avant moi, la libération et la banalisation de la parole raciste et islamophobe. Les franchissements de seuil auxquels on assiste ces derniers jours, face à une offensive fasciste et une instrumentalisation absolument ignoble et sordide des événements qui se sont déroulés à Lyon il y a quelques jours.
On a pu voir en quelques jours une ministre, Madame Berger, je précise que c'est vous qui l'avez sifflé par moi, parce qu'après quand on évoque un nom et qu'il est sifflé, on dit « Vous m'avez fait siffler dans votre ministre ». Non, moi j'ai juste cité ce que vous avez dit. Donc posez-vous la question de ce que vous avez dit, pas de pourquoi je vous ai cité.
Mais quand vous avez une ministre qui reprend à son compte un terme, l'anti-France qui est un terme qui a été forgé par Maurras et qui a été utilisé pendant la collaboration pour pointer les Juifs et les étrangers, quand vous avez un ministre de l'Intérieur qui a autorisé à Lyon, ville où a été arrêté Jean Moulin, la date anniversaire du triste anniversaire de l'assassinat des résistants de la main-d'œuvre immigrée du groupe Manouchian. Quelques années, avec un deuxième triste anniversaire ce jour-là, le triste anniversaire de l'assassinat d'un jeune martillais qui s'appelait Ibrahim Ali et qui a été tué par des couleurs d'affiches du Front National dans les années 90.
Que le ministre de l'Intérieur ait autorisé ce jour-là à Lyon, au départ de la place Jean Jaurès, assassiné par un militant d'extrême droite. Ce jour-là qu'un ministre de l'Intérieur ait autorisé une parade néo-nazie dans laquelle on a fait des saluts nazis et dans laquelle on a proféré des insultes racistes et homophobes, si on ne voit pas dans quel moment on est, si on ne comprend pas dans quel moment on est, si on ne sent pas la gravité des événements qui se déroulent ces derniers jours, alors c'est qu'on ne comprend pas, qu'on n'a pas résumé l'histoire, qu'on n'a pas révisé l'histoire.
Et dans ce moment-là, évidemment que la solidarité du camp antifasciste est indispensable, parce que quand le fascisme attaque, l'antifascisme doit répondre. Et je veux dire là, comme l'a dit Clémence Guetta avant moi solennellement, que ceux qui croient que dans un moment comme celui-ci,
donc petit message à ceux qui veulent nous faire baisser les yeux et baisser la tête, nous sommes antifascistes, nous en sommes fiers et nous le restons.
Et je veux dire que ceux qui croient dans ce moment et dans cette période, parfois par lâcheté, par peur du candidatron médiatique, parfois par opportunisme politique, qu'on peut en quelque sorte tirer un bénéfice d'une situation comme celle-ci en essayant d'accabler ceux qui, dans le camp antifasciste, sont ciblés par nos adversaires. Je veux leur dire juste une chose, de se rappeler de chacun des mots, de cette déclaration que vous connaissez sans doute, qui était la déclaration du pasteur Martin Nimmoller. Je ne sais pas si vous vous rappelez de cette déclaration.
Et il disait, je ne vais pas la lire en entier, mais quand ils sont venus chercher les socialistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas socialiste. Et puis quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste. Et puis quand ils sont venus me chercher, moi, il n'y avait plus personne pour protester, parce que j'étais tout seul à ce moment-là, parce que je n'avais rien dit avant, quand on avait ciblé les autres. Ne l'oubliez jamais.
Donc je dis ici, sans acrimonie vis-à-vis de qui que ce soit, mais je dis aux militantes et aux militants de ces partis, je dis aux sympathisantes et aux sympathisants de ces partis, je dis aux électristes et aux électeurs de ces partis, n'acceptez pas ça, rompez les rangs, venez rejoindre le camp qui résiste face à la vague fasciste, venez nous aider, venez nous soutenir.
Et menez la bataille antifasciste, c'est chaud, hein, et menez la bataille antifasciste,
ça se fait avec tous les moyens à notre disposition pour le faire. Oui, évidemment, il faut être nombreuses et nombreux ce dimanche 8 mars dans la rue, parce que ce jour-là, la manifestation féministe, c'est une manifestation antifasciste. Oui, il faudra être nombreux dans la rue le 14 mars, puisque chaque année a lieu, autour de cette date-là, une manifestation contre le racisme et contre les idées d'extrême droite, à l'appel de la marche des solidarités, et il faudra être à leur côté ce jour-là. Mais, oui, la bataille antifasciste, elle se mène aussi avec des bulletins de vote. Et je veux vous dire que chaque bulletin de vote devient une arme de résistance dans ce contexte.
Que chaque bulletin de vote pour la liste soutenue par la France insoumise, que chaque conseiller municipal de la France insoumise, que chaque mairie de la France insoumise sera autant de points d'appui dans la lutte et dans la bataille antifasciste, qui ne va pas s'arrêter au lendemain des élections municipales. Personne ne doit rester au bord du chemin. Dans ce contexte, l'élection municipale a changé de nature. Elle devient aussi le moment d'un vote de résistance antiraciste et antifasciste, et on a besoin pour ça de tout le monde ce jour-là.
Je crois que le message est bien passé.
Et le contexte, évidemment, c'est aussi la situation internationale. Et quand on parle de fascisme, on ne doit jamais oublier que le fascisme vise à faire régner partout la loi du plus fort. C'est le cas dans les villes. Clémence a donné quelques exemples des politiques qui sont mis en place dans les municipalités dirigées par le Rassemblement National. J'entends parfois sur les marchés, on n'a jamais essayé. Mais si on a essayé, bien sûr qu'on a essayé. Ils sont au pouvoir dans un certain nombre de villes et de communes. Et c'est toujours les mêmes qui subissent les conséquences de leur politique. Donc oui, le fascisme, c'est la loi du plus fort partout.
C'est pousser dans leurs dimensions les plus autoritaires les rapports de domination du capitalisme. Ça s'applique à l'échelle de la ville. Ça s'appliquerait évidemment demain à l'échelle du pays si nous laissions les fascistes s'emparer du pouvoir. Ça s'applique à l'échelle internationale. Où l'international fasciste a comme premier adversaire le droit international. Les règles qui permettent précisément de tourner le dos au fait que les relations entre États s'appliquent autour de la règle du plus fort et à y insérer des règles de droit, certes imparfaites, certes pas suffisamment respectées, certes à améliorer encore. Et la France insoumise défend évidemment cet objectif.
Mais oui, quand on est antifasciste, on refuse aussi les guerres impérialistes et les guerres d'agression comme celles qu'on a sous les yeux aujourd'hui. Et je veux dire que le bulletin de vote des listes soutenues par la France insoumise le 15 mars, ça sera aussi un vote contre la guerre et un vote pour la paix, un vote pour le droit international, un vote pour le respect des droits humains partout dans le monde. Et je veux dire notre solidarité avec le peuple iranien qui subit dorénavant, en plus de la répression du régime, les conséquences des bombardements de cette guerre impérialiste.
Et je veux rendre hommage aux organisations de la gauche iranienne anticoloniale, des collectifs comme Roja, par exemple, qui ont manifesté dimanche dernier à Paris et qui ont le courage de dire dans cette période non à la guerre, non au régime, femmes, vie, liberté, et qui comprennent que les deux revendications vont ensemble, contrairement à ce qu'on entend à la télé, où des impérialistes essayent de s'emparer, de détourner la lutte légitime du peuple iranien pour légitimer ou justifier une agression impériale qui n'a aucune légitimisation et aucune justification.
Et il faut avoir du courage pour faire ce que font ces militantes et ces militants et ils ont besoin de notre soutien et de notre solidarité. Je veux dire notre soutien au peuple libanais qui est à nouveau bombardé, à nouveau envahi. Je veux dire notre solidarité au peuple palestinien qui vit depuis des mois et des mois le martyr du génocide, dans l'impunité absolue de puissance qui regarde ailleurs et qui considère en quelque sorte que toutes les vies ne se valent pas comme si finalement notre indignation devrait dépendre de la religion, de l'origine, de la région du monde où des pauvres gens se font massacrer.
Alors que précisément, quand on est du camp, du respect des droits humains, de l'égalité entre les êtres humains, on s'indigne partout quand des gens souffrent le martyr, qu'ils soient palestiniens, ukrainiens, congolais, iraniens, parce que c'est ça notre gloire et notre force à nous, de nous lever à chaque fois. On ne justifie pas, on ne prétend pas que les bombardements ou les guerres préventives existent, parce qu'un bombardement, ça tue d'abord les gens qui en sont victimes. Oui, aussi, aux élections municipales, c'est ce message que vous pouvez faire, raisonner le plus fort possible. Donner de la force à celles et ceux qui sont les garants et les partisans du droit international.
donner de la force à celles et ceux qui en toutes circonstances défendront la voie de la paix. Parce que comme le disait Jean Jaurès, quand on prétend vouloir apporter la liberté par les armes, en vérité, on ne la porte pas, on la retire. Voilà la vérité. Et donc ce message, ce message de paix, ce message de résistance anti-fasciste à l'échelle internationale, ce sera aussi un message que l'on peut porter ensemble dans cette élection municipale. Chacun de vos bulletins doit-il aidera aussi. Et ça donne raison à ce que tu disais tout à l'heure. Quand tu disais que oui, entre le local et le global, les questions sont intimement liées. Je pense qu'on en a fait la démonstration ensemble ce soir.
Il vous reste maintenant 10 jours dans cette campagne. Un peu moins de 10 jours pour faire campagne. Parce que ça s'arrête le vendredi soir, un peu plus de 10 jours avant le vote du premier tour qui aura lieu le 15 mars prochain. Je veux vous dire que si vous êtes venus ici en sympathisante et en sympathisant, en curieuse et en curieux, je veux vous dire, qu'on a besoin de vous. Aidez-nous. Aidez-nous dans les derniers jours de cette campagne. Ah, Nordin et Saliste n'auront pas le soutien des grandes chaînes d'information. Ils ne les auront pas. Ah, il n'aura pas le soutien des grands milliardaires de ce pays. On ne les aura pas non plus.
Mais nous pouvons avoir une force que personne d'autre n'a. C'est le réseau social humain qu'on constitue ici dans cette salle. Si une personne parle à une personne qui parle à une personne, à la fin, ça fait beaucoup de personnes. Et n'oubliez jamais que ce ne sont pas les sondages, que ce ne sont pas les médias, que ce ne sont pas les puissants qui décident du résultat de l'élection. C'est les citoyennes et les citoyens. C'est les habitantes et les habitants. Parce que ce jour-là, votre bulletin de vote, il aura la même valeur que le bulletin de vote de Bolloré, de Bernard Arnault ou de Macron. Il vaut un, comme les autres. Et on est plus nombreux.
Et notre objectif à nous, c'est que cette majorité sociologique devienne une majorité politique. Et pour qu'elle devienne une majorité politique, on doit lutter contre la résignation, la désespérance, le sentiment que ça ne sert à rien d'aller voter, que de toute façon, c'est toujours les mêmes qui font des promesses et qu'ils ne les respectent pas. Et c'est pourquoi c'est aussi important qu'on a dit les uns et les autres tout à l'heure sur la confiance que vous pouvez avoir en cette liste, en ces colistiers et en ces colistiers. Parce qu'ils ont fait la démonstration dans leurs engagements.
Parce que nous avons fait la démonstration, nous, les insoumis à l'Assemblée nationale, que nous ne trahissons pas, que nous ne tournons pas le dos aux engagements que nous prenons devant les électrices et les électeurs. Oui, notre adversaire principal, c'est la résignation. C'est le sentiment que ça ne sert à rien, qu'on ne va pas y arriver, que les gens restent à la maison. Et donc, on peut tous participer. Quand on sait qu'ici, à Bordeaux, Jean-Luc Mélenchon a fait près de 30% des voix à l'élection présidentielle de 2022.
Ça veut dire que si toutes les personnes qui ont voté Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de 2022 votent pour la liste Faire Mieux pour Bordeaux, alors vous pouvez vous qualifier pour le second tour. Et le 22 mars, vous pouvez l'emporter. Eh, vous pouvez faire un tremblement de terre politique. Un tremblement de terre politique. Ça dépend de chacune et de chacun d'entre nous. Venez nous aider, laissez vos coordonnées, parlez-en autour de vous, prenez des procurations, laissez une procuration si vous n'êtes pas là ce jour-là. Eh, même le jour du vote, vous avez le droit d'aller taper aux portes à côté de chez vous pour dire aux gens d'aller voter.
Il ne faut pas dire pour qui, mais vous avez le droit de dire qu'il faut aller voter ce jour-là. Eh, la campagne, elle est terminée. Mais une action civique de lutte contre l'abstention pour dire aux gens c'est aujourd'hui le vote, ça n'a pas oublié, il faut aller voter.
Si on fait tous ça, si chacune et chacun d'entre nous on prend notre part dans cette bataille et dans ce combat, si chacun et chacune d'entre nous on est convaincus que le vote, évidemment, il va changer la vie des Bordelaises et des Bordelais, mais qu'il en verra et qu'il a une signification qui va bien au-delà simplement de la ville de Bordeaux, qu'il aura des répercussions nationales, qu'il sera évidemment un an avant la grande bataille qui va venir après dans la bataille de l'élection présidentielle et que toute la force qu'on accumulera dans cette campagne des élections municipales, elle sera ensuite projetée dans la grande bataille nationale contre l'extrême droite et pour tourner définitivement la page du macronisme.
Alors voilà ce qu'il faut qu'on fasse ensemble. Et ça, ça dépend de chacune et de chacun d'entre nous. Pour terminer, je voudrais, dans ce contexte-là, donner la parole au grand poète palestinien Mahmoud Darwish. Regardez, ça va peut-être résonner. Nous souffrons d'un mal incurable qui s'appelle l'espoir. Espoir de libération et d'indépendance. Espoir d'une vie normale où nous ne serons ni héros ni victimes. espoir de voir nos enfants aller sans danger à l'école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant dans un hôpital et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire.
Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original, terre d'amour et de paix. Merci de porter avec nous le fardeau de cet espoir disait Mahmoud Narouich. Alors le 15 mars, faisons ensemble vivre cet espoir. Votez et faites voter pour la liste Faire mieux pour Bordeaux. Merci à vous.
Merci à vous.
Manuel Bompard