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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 21 août 2024 21 min

Menace de destitution d'Emmanuel Macron : "Nous ne voulons pas banaliser le coup de force antidémocratique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Alexis Morel, le 6-9. Bonjour Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, députée du Val-de-Marne, invitée d'Inter ce matin. Chers auditrices et auditeurs, on attend bien sûr vos questions au 01 45 24 7000 et via l'application France Inter. Mathilde Panot, dans 48 heures vous serez à l'Elysée face à Emmanuel Macron. Pour lui demander d'en partir de l'Elysée ?

0:27
Mathilde Panot

Alors nous irons collectivement avec le Nouveau Front Populaire et en présence de Lucie Casté qui est la candidate que nous avons choisie pour aller à Matignon et porter un gouvernement du Nouveau Front Populaire et nous irons dire au président de la République Emmanuel Macron qu'il doit respecter la souveraineté populaire, qu'il doit respecter le résultat des urnes et nommer urgemment Lucie Casté à Matignon puisque nous sommes dans une situation ubuesque avec un coup de force du président de la République qui n'est pas acceptable.

0:57
Présentateur

Donc pour vous l'enjeu, toujours ce matin, c'est Lucie Casté à Matignon ou la destitution du président ?

1:03
Mathilde Panot

Écoutez, nous avons lancé cette tribune sur la question de la destitution du président parce que nous sommes des démocrates et que c'est une des choses que nous permet de faire la Constitution, c'est l'article 68 de la Constitution, parce que nous sommes dans une situation là aussi qui est très dangereuse démocratiquement. Si je reprends, nous avons un président de la République avec une Macronie qui a perdu les élections européennes, qui décide ensuite, sur demande du Rassemblement National, la dissolution de l'Assemblée Nationale. Il perd de nouveau les élections législatives et le nouveau Front Populaire gagne ses élections législatives.

1:37
Présentateur

Avec une majorité très très très relative.

1:39
Mathilde Panot

Oui, comme l'était la majorité relative des macronistes en 2022.

1:42
Présentateur

Elle était beaucoup moins forte la vôtre.

1:44
Mathilde Panot

Elle était moins forte, mais c'était une majorité relative d'eux-mêmes. Depuis, il refuse de faire ce qui se passe dans toutes les démocraties. Dans toutes les démocraties, c'est la coalition arrivée en tête qui doit être nommée à Matignon. Cela fait sept semaines que les Français et les Françaises ont été votés massivement. Et depuis sept semaines, le président de la République décrète des trêves olympiques, décrète qu'il ne veut pas nommer la coalition qui a gagné à Matignon. Et donc, je crois qu'il faut faire respecter le résultat des urnes et réagir au comportement erratique et dangereux du président de la République.

2:17
Présentateur

Vous dites que vous arriverez groupé vendredi avec vos partenaires du NFP, socialiste, communiste, écologiste. Vu ce qui se passe depuis votre tribune dimanche, vu le rejet qu'elle suscite chez vos partenaires, justement, vous pouvez toujours arriver unis vendredi. Justement, est-ce que vous ne lui servez pas sur un plateau à Emmanuel Macron une raison de rejeter votre candidate ?

2:36
Mathilde Panot

Mais pas du tout. Écoutez, est-ce que nous devons être gentils avec le président de la République alors qu'il refuse de reconnaître le résultat des urnes ? Ce n'est pas ça la question. D'ailleurs, avec le nouveau Front Populaire, nous sommes tous d'accord pour dire que si le président de la République nomme quelqu'un d'autre que Lucie Casté, donc quelqu'un d'autre que la coalition qui est arrivée en tête, alors nous déposerions une motion de censure.

2:58
Présentateur

Mais je vais vous dire... Voilà, donc cet outil, il existait. Les autres y sont d'accord au NFP pour la motion de censure. Pourquoi évoquer cette destitution tout seul, dans votre coin, sans prévenir vos partenaires ?

3:06
Mathilde Panot

Parce qu'il nous semble important d'être à la hauteur de ce qui est en train de se passer. Je vais vous dire, ce qui est scandaleux, ce n'est pas de s'opposer au coup de force. Ce qui est scandaleux, c'est le coup de force qu'est en train de faire le président. Et nous voulons, en quelque sorte, nous voulions par cette tribune, lancer un avertissement à Emmanuel Macron. Parce que nous ne voulons pas banaliser le coup de force antidémocratique qu'il y a en train de faire le président. Et vous n'avez qu'à regarder la presse étrangère, qui, elle, s'en émeut énormément. Je vous lis juste ce que dit Dietzeit, l'hebdomadaire allemand. Macron fait comme s'il avait les pleins pouvoirs.

Il viole les usages démocratiques. Il se comporte comme un puissant vainqueur des élections. C'est choquant vu d'Allemagne. Et vous avez la même chose dans le New York-Katan. Mais cette menace de destitution, elle n'est pas crédible

3:52
Présentateur

parce qu'elle n'est pas réalisable en l'état des forces en présence au Parlement. Donc, elle sert à quoi ? Elle sert à installer Jean-Luc Mélenchon en vue de 2027 et ne pas gouverner tout de suite ?

4:01
Mathilde Panot

Mais pas du tout. Nous voulons gouverner immédiatement. C'est ce que nous demandons. Et d'ailleurs, nous avons en ce moment l'allocation de rentrée scolaire qui a été versée hier aux 3 millions de personnes qui peuvent en bénéficier. Or, une des mesures que nous avions, nous, en plus de l'abrogation de la réforme de la retraite, en plus de l'augmentation des salaires immédiates, c'était une rentrée scolaire entièrement gratuite, que ce soit sur les fournitures, mais aussi sur la cantine et autres. Voilà ce qu'est en train de faire le président de la République. C'est nous bloquer dans les mesures d'urgence pour lesquelles les Français et les Françaises ont majoritairement voté.

Donc, nous, ce que nous voulons, c'est gouverner. Et je vais vous dire, ce n'est pas la première fois que l'article 68 est déclenché. Il y a déjà eu un précédent, c'était en 2007, avec des députés à l'ère de l'époque. Je vous cite qui avait signé, par exemple, cet article 68, donc cette demande de destitution. Catherine Vautrin, ministre de Macron. Édouard Philippe, ancien Premier ministre et président d'Horizon. Ou encore Laurent Wauquiez.

4:56
Présentateur

Et quel a été le sort de cette menace ? Elle n'est même pas passée au bureau de l'Assemblée à l'époque.

5:00
Mathilde Panot

Oui, mais nous sommes majoritaires au bureau du Nouveau Front Populaire. Donc, nous aurons des discussions.

5:05
Présentateur

Pas si le PS refuse de l'appuyer.

5:07
Mathilde Panot

Effectivement, mais vous savez, nous ne craignons pas les discussions avec nos partenaires. Et je ne crois pas qu'à chacune des discussions, il faut expliquer qu'il y a une explosion du Nouveau Front Populaire. Nous irons unis le 23. Et je crois qu'il était important de marquer, et de marquer vraiment, le coup de force antidémocratique qui est en cours dans notre pays et qui est absolument choquant. Et c'est ça qui est choquant, pas la menace des destitutions.

5:29
Présentateur

Une première question à ce sujet, au standard. Bonjour Laurent, vous nous appelez de Metz.

5:33
Invité

Bonjour. Bonjour Madame Panot. Alors, j'ai l'impression que vous parlez à la place de vos électeurs et vous ne représentez pas vraiment le sentiment pour lequel on a voté. L'esprit devait être collectif, une bonne entente, une concertation avant de prendre des positions. Et systématiquement, LFI, vous êtes en aiguillon, vous attaquez. Et je ne suis pas du tout d'accord avec cette stratégie, parce que, même si, une autre raison que je ne suis pas du tout d'accord, c'est l'argument des questions qu'on aurait votées pour vous, pour des questions d'urgence politique. Pas du tout. Le problème de la politique de M. Macron est structurel. M.

Mélenchon avait bien proposé une sixième république, revoir les institutions, les collectivités, patata. Donc, le problème est beaucoup plus de fond que les questions d'urgence. Or, vous agissez toujours dans l'urgence, comme s'il manquait toujours un petit peu de poivre dans la cuisine. Et à un moment, le poivre, ça commence à gratter un peu la gorge, même chez vos électeurs.

6:33
Présentateur

Merci beaucoup, Laurence. Cette stratégie individuelle, dans votre coin, tout était trop calme à gauche cet été ? Il fallait tout faire capoter ?

6:41
Mathilde Panot

Non. Nous nous concertons, puisque nous allons ensemble à Matignon, avec Lucie Casté, là encore, et que nous porterons un message collectif avec le nouveau Front populaire. Mais je vais vous dire, je crois que c'est sain que nous posions cette question dans le pays, et qu'il y ait une discussion, qui est une discussion d'intérêt général, sur le comportement d'Emmanuel Macron.

Et je crois que c'est important, et c'est pourquoi nous sommes toujours les partisans de la VIème République, qui est d'ailleurs dans le programme partagé de gouvernement du nouveau Front populaire, de rappeler qu'il y a un seul souverain dans ce pays, et le seul souverain, c'est le peuple, et que, donc, il faut respecter le résultat des urnes. Et je vais même aller un peu plus loin. Tout à l'heure, on parlait des électeurs et des électrices. Moi, j'ai beaucoup croisé cet été des gens qui me disaient « ça ne sert plus à rien de voter ». Regardez, même lorsqu'on vote, même lorsqu'on gagne, eh bien, il ne se passe rien.

Il n'y a pas de changement de politique, alors que nous avons voté pour la rupture avec la politique d'Emmanuel Macron. Donc, je le dis, il est dangereux de pousser encore plus à l'extérieur, notamment les milieux populaires, du jeu démocratique. Et nous, nous voulons être à la hauteur de ce moment politique, pour dire « nous devons avoir des ruptures fortes »,

7:52
Présentateur

et notamment tourner la page de la Vème République. Vous assumez d'installer un rapport de force, là, avec Emmanuel Macron. Si le ou la Première Ministre qui était choisi ne vous convenait pas dans les prochains jours, est-ce qu'il changerait de nature, ce rapport de force ? Il se passe quoi, derrière, quand on a menacé de destitution cette semaine ?

8:09
Mathilde Panot

Eh bien, nous verrons. Moi, j'espère qu'Emmanuel Macron nommera Lucie Casté. Mais nous avons averti, en toute transparence, nous avons un programme qui est transparent, et je le redis, ce n'est pas juste qu'il ne nous convient pas. Je rappelle que, lors de ces élections, lorsque nous avons vu, dans 27 sondages, l'extrême droite qui devait arriver en tête, et qui, finalement, est arrivée troisième, eh bien, tout le monde expliquait, sur l'ensemble des plateaux, radio, télé et autres, qu'au vu de la participation historique, et de la mobilisation des électeurs et des électrices, le résultat des urnes serait incontestable.

Eh bien, d'un coup, ce résultat des urnes devient contestable, parce que le nouveau Front Populaire a gagné. Savez-vous combien de temps maximum sous la Vème République a duré un gouvernement qui gérait les affaires courantes ? Neuf jours. Nous sommes d'ores et déjà à 36 jours. C'est inacceptable en démocratie.

9:03
Présentateur

Un peu plus de 193 députés, 193 députés, exactement, pour le NFP à l'Assemblée, majorité, je disais, très relative. Donc, même si Lucie Casté était nommée à Matignon, Mathilde Panot, comment vous faites pour que votre gouvernement, il ne tombe pas le lendemain ou le surlendemain à l'Assemblée ?

9:19
Mathilde Panot

Eh bien, nous avançons, notamment avec la discussion parlementaire que nous nous assumons. Nous assumons aussi de remettre le Parlement au centre de notre démocratie, puisque c'est aussi l'affirmation de l'indépendance du Parlement vis-à-vis notamment du pouvoir présidentiel. Et donc, nous irons chercher des majorités. Il y a une majorité sur l'abrogation de la réforme de la retraite à 64 ans. Nous irons chercher des majorités sur le fait de rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune, d'investir dans les services publics.

Bref, des choses sur lesquelles, si certains veulent nous faire tomber avec une motion de censure, ils devront assumer de nous faire tomber sur des sujets aussi importants pour le peuple français.

9:59
Présentateur

On n'est plus dans tout le programme, rien que le programme du NFP, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon le 7 juillet au soir.

10:04
Mathilde Panot

Ah si, tout le programme, rien que le programme, mais je vous dis, nous assumons la discussion parlementaire.

10:08
Présentateur

Parce qu'on a vu quand même quelques signes d'ouverture de la part de Lucie Castel, notamment ces derniers jours. Ce matin encore dans l'Ibê, elle nous dit évidemment, aujourd'hui, on ne peut pas dire ce sera ce que nous proposons et seulement en nos termes, il faudra faire des pas vers les autres sur la base de nos propositions. Elle parle de consensus, ça c'est des mots qu'on vous entend moins prononcer ?

10:24
Mathilde Panot

Mais si, je viens de vous dire que nous aurons des discussions parlementaires. Regardez par exemple... Mais des discussions au point

10:29
Présentateur

de faire des compromis sur vos propositions ?

10:32
Mathilde Panot

Eh bien non, je crois que nous ferons ce que nous avons dit que nous ferions. C'est justement... Donc les autres n'auront pas le choix,

10:37
Présentateur

c'est des discussions unilatérales.

10:38
Mathilde Panot

Non, mais ce n'est pas ça ce que je vous dis. Par exemple, sur la question des services publics. Lorsque vous avez en ce moment une cinquantaine d'hôpitaux dans lesquels les services d'urgence sont dans un état de tension extrême. D'ailleurs, sur votre antenne hier, c'était une aide-soignante de l'hôpital... De Belfort. Exactement, de Belfort, qui expliquait qu'il y avait des gens qui pouvaient rester sur des brancards dans des couloirs pendant 60 heures. Eh bien, je crois que sur ces sujets-là, nous pouvons trouver des accords pour réinvestir dans les services publics.

Comme dans l'éducation nationale, comme dans la protection de l'enfance, dans tous ces services publics-là, nous avons besoin de réinvestir. Et si des groupes politiques veulent nous faire tomber sur cette question-là, eh bien, chacun et chacune prendra ses responsabilités. Je crois que nous disons la même chose avec Lucie Casté.

11:24
Présentateur

Un nouveau détour par Le Standard. Bonjour, Joséphine. Vous nous appelez de Perpignan. C'est à vous. Oui, bonjour. Je voulais simplement dire que personnellement, j'ai voté à l'EFI au deuxième tour, mais pas par conviction, parce que je ne voulais pas que le RN arrive au pouvoir. Deuxièmement, j'ai été chef d'entreprise, j'avais une seule salariée que je payais il y a 10 ans 10 600 euros au mois, et moi, ça me coûtait 3 200. Donc, il faut avoir le courage de dire aux gens, si on augmente le SMIC, vous paierez un peu plus cher vos services, vos biens de consommation. Et pour terminer, le RSA, pendant des années, j'ai galéré pour trouver une employée de maison qui voulait être déclarée.

Ah mais non, ça va me faire perdre mes avantages. Et là, maintenant, il y a une loi qui leur impose de trouver des heures payées. Enfin ! Voilà, il faut se mettre dans la réalité. Il n'y a pas que les employés qui ont droit à la parole, il y a aussi les autres. Merci, Joséphine. Mathilde Panot sur ces électeurs, ces électrices qui ont voté pour vous, non pas par conviction, mais pour faire barrage. Ça représente une partie non négligeable de vos électeurs du deuxième tour. Est-ce que pour eux, il ne faut pas aussi que vous soyez forcé ou compromis sur vos propositions initiales ? On parle du SMIC à 1 600 euros avec Joséphine.

12:49
Mathilde Panot

Alors, encore une fois, il y a dans nos propositions des propositions qui sont très largement majoritaires dans le pays. Je parlais du partage des richesses, je parlais de l'abrogation de la réforme de la retraite à 64 ans. Quant à l'augmentation du SMIC, dans toutes les époques, on nous a expliqué à chaque moment lorsqu'on augmentait les salaires que l'augmentation des salaires serait une catastrophe économique. Moi, ce que je veux dire à l'auditrice qui vient d'appeler, c'est qu'au contraire, l'augmentation du SMIC aurait un effet très bénéfique sur l'économie française. Pourquoi ? 53% de l'économie française, c'est la consommation populaire.

Et donc, si vous augmentez le SMIC avec une conférence sur les salaires, vous permettez aux gens de relancer la consommation populaire et donc de relancer, je ne sais pas quelle entreprise madame avait, mais de relancer notamment le carnet de commandes qui est déterminant pour les petites et moyennes entreprises. La deuxième chose, c'est que nous, nous avons prévu une caisse de péréquation entre les grandes entreprises et les petites et moyennes entreprises pour justement aider à payer les cotisations et faire en sorte qu'on puisse augmenter les salaires partout, ce qui a un effet très positif sur l'économie.

13:57
Présentateur

Gabriel Attal, Premier ministre des Missionnaires, propose depuis hier soir une ébauche de budget pour 2025 qui reconduit le même que l'année dernière, ce qui fait avec l'inflation 10 milliards d'euros d'économies à trouver pour les ministères. Matignon explique que c'est pour éviter de faire dérailler l'agenda qui est très serré pour le budget qu'il envoie ses lettres de mission. Vous l'enverrez valser ce budget ?

14:18
Mathilde Panot

Mais c'est un scandale de faire ça. Rendez-vous compte, ça fait 7 semaines qu'il refuse de nommer la coalition arrivée en tête. Ça fait 36 jours que nous avons proposé le nom de Lucie Casté et donc il refuse de nommer la candidate du Nouveau Front Populaire à Matignon et ensuite il nous explique que pour ne pas nous mettre en retard sur le budget, ils vont préparer un budget ce qui est complètement en dehors de la gestion des affaires courantes. C'est un budget

14:43
Présentateur

complètement réversible. C'est une ébauche de budget, le prochain gouvernement pourra en faire ce qu'il veut. En fait,

14:48
Mathilde Panot

ça ne sert à rien, ce n'est pas son rôle de faire cela. C'est un gouvernement démissionnaire en charge des affaires courantes. Donc ce qu'il faut urgemment, c'est nommer Lucie Casté à Matignon parce que nous avons des options politiques et financières qui sont complètement différentes de l'ancienne majorité et d'autant plus quand on nous parle de 10 milliards d'euros d'austérité supplémentaire. Il y a encore eu en juillet 10 milliards de gels de crédit qui ont été annoncés par ce gouvernement démissionnaire. Où est-ce que vous allez trouver l'argent ? Où est-ce qu'ils vont le prendre ? Dans quels services publics ? Tous sont à l'os. Tous n'en peuvent plus.

Vous aurez le temps de le révolutionner qui sont en privation matérielle.

15:26
Présentateur

Il est prêt votre budget ? Vous aurez le temps de le révolutionner ce budget ? Vous n'aurez que

15:31
Mathilde Panot

quelques semaines ? Depuis chaque année, nous faisons un contre-budget pour expliquer ce que nous, nous ferions. Donc oui, ne vous inquiétez pas, nous sommes prêts à gouverner. Maintenant, il faut qu'Emmanuel Macron arrête son coup de force, arrête de bloquer la démocratie, de faire une trêve de la démocratie comme il l'appelle lui-même et donc qu'on fasse en sorte d'avoir le plus rapidement possible un gouvernement qui puisse travailler.

15:55
Présentateur

Raphaël Glucksmann, hier dans Le Point, qui appelle la gauche à renouer avec la social-démocratie et à délaisser, je cite, Jupiter comme Robespierre, donc dans son esprit Macron et Mélenchon. Vous ne risquez pas d'être marginalisés, même à gauche, LFI, à force de provocations ?

16:11
Mathilde Panot

Je ne crois pas. Nous venons de gagner les élections législatives. Quant à la gauche, sans Jean-Luc Mélenchon ou sans les insoumis, nous avons déjà essayé. Dans l'histoire de notre pays récente, ça donne notamment François Hollande, ça donne la déchéance de nationalité, ça donne la loi travail. Donc je crois que lorsque moi j'ai lu l'interview de Glucksmann, j'ai vu notamment cette phrase qui disait que dès le second tour, nous aurions dû aller discuter avec les différents partis politiques qui ont, je cite ces mots, participé au Front Républicain. Eh bien, je le dis ici à cette antenne, ce sera sans nous. Jamais. Jamais nous ne ferons ça.

Parce que nous avons fait barrage à l'extrême droite, vous donniez une électrice qui a voté pour nous pour faire barrage à l'extrême droite, comme nous avons voté parfois pour d'autres pour faire barrage à l'extrême droite, mais jamais nous n'avons fait d'alliance avec les macronistes. Et je le dis, nos programmes sont incompatibles. Donc nous, nous respecterons la parole que nous avons donnée aux électeurs et aux électrices autour de notre programme partagé et nous ne voulons pas d'un gouvernement du monde national.

17:08
Présentateur

Vous parliez tout à l'heure des réactions en Allemagne sur le comportement d'Emmanuel Macron. Pourquoi vous avez peur du compromis alors que justement en Allemagne et chez beaucoup de nos voisins européens, c'est une culture politique qui est à l'œuvre depuis des décennies. Pour vous, le compromis, c'est forcément la compromission ?

17:24
Mathilde Panot

Mais écoutez, ce que nous disons, c'est que nous respecterons notre programme. Je ne vois pas ce qu'il y a d'extraordinaire là-dedans. Par contre, faire des grandes coalitions comme il existe en Allemagne, nous ne sommes pas d'accord avec cela. Nous ne sommes pas d'accord parce que nous voulons respecter là aussi la parole qui a été donnée et l'engagement puisque c'est ça une élection. C'est choisir à un moment une direction que peut prendre le pays et en politique, à tout moment, le peuple français peut décider de prendre telle ou telle direction. Il en a choisi une. Maintenant, il s'agit de la respecter.

17:53
Présentateur

Alors, vous l'avez dit, vous avez une priorité, c'est l'abrogation de la réforme des retraites. Vous la pousserez à l'Assemblée, d'ailleurs, quelle que soit la nomination du gouvernement. Si elle devait passer grâce au soutien du Rassemblement national, ce serait un problème ou pas pour vous ?

18:08
Mathilde Panot

Non, le Rassemblement national décidera ce qu'il veut voter mais je crois que nous avons une majorité y compris sur le Rassemblement national pour faire battre et abroger cette réforme de la retraite à 64 ans. Je vais vous dire, la grande différence entre nous et les macronistes, c'est que jamais, jamais, nous n'avons voté une proposition de loi du Rassemblement national ou fait adopter une loi avec le Rassemblement national. Je vais vous expliquer. Par exemple, nous, nous nous sommes battus contre la loi immigration qui reprend directement non seulement des mesures du programme du Front national de Jean-Marie Le Pen mais qui a été adoptée grâce aux voix du Rassemblement national.

Eh bien, je crois que nous ne sommes pas dans cette situation et que nous pouvons y trouver une majorité. Après, que voulez-vous ? Je ne vais pas m'allonger sur les boutons des députés RN pour savoir ce qu'ils votent. Chacun prend ses responsabilités.

19:00
Présentateur

Un mot pour terminer de l'été qu'on vient de vivre. Quanta,

19:02
Mathilde Panot

je vous le dis quand même sur l'extrême droite, comme ils viennent de s'allier notamment avec M. Ciotti, qui lui est pour la retraite à 66 ou 67 ans. Je ne sais pas bien ce qu'ils vont faire.

19:10
Présentateur

Un mot de l'été qu'on vient de vivre marqué par cette quinzaine olympique du Mathilde Panot. Quel regard et quelle leçon on tire à LFI des Jeux olympiques ?

19:18
Mathilde Panot

Alors bon, le regard, on le fera notamment après les Jeux paralympiques. Nous, nous avons déclenché une commission d'enquête populaire qui mènera des auditions. On en est où

19:28
Présentateur

de cette commission d'enquête populaire ?

19:29
Mathilde Panot

Elle mènera des auditions en septembre. Bon, moi, j'ai trouvé la cérémonie d'ouverture extrêmement belle. Je me suis reconnue dans la France comme nation politique qui était présentée autour de liberté, égalité, fraternité. J'en profite d'être à votre micro pour apporter tout mon soutien à Thomas Joly menacé de mort par l'extrême droite un peu partout dans le monde avec des performances des athlètes qui sont intéressantes. Après, je le dis, nous avions pointé à plusieurs reprises le fait que les Jeux olympiques ne devaient pas être l'occasion d'avoir des atteintes aux droits du travail et aux libertés fondamentales.

Et quand je vois qu'il y a eu 12 500 expulsions pour les Jeux olympiques avec un nettoyage social que dénoncent les associations, l'utilisation de la vidéosurveillance algorithmique, là aussi dénoncée par plusieurs associations sur les libertés fondamentales comme étant quelque chose qui pourrait perdurer par la suite et un héritage des Jeux olympiques qui s'annonce très compliqué puisque nous avons un sous-investissement Cette quinzaine, elle n'a pas fait du bien

20:27
Présentateur

aux Français ? Elle n'a pas fait du bien à la France quand on voit des Français heureux rassembler eux qui s'étaient tant divisés ? Ça ne devrait pas inspirer notre classe politique ?

20:34
Mathilde Panot

Probablement. Après, oui, une fête populaire c'est toujours quelque chose d'agréable. Après, je le dis, rien n'a été réglé pendant les Jeux olympiques sur les 9 millions de personnes qui sont sous le seuil de pauvreté, sur les gens qui vont retrouver les difficultés autour des factures d'électricité, du paiement de la cantine et autres. Et donc, à un moment où le président de la République a choisi lui-même le moment de la dissolution, je trouve ça scandaleux de prendre prétexte des Jeux olympiques pour expliquer qu'on ne pourrait pas changer de gouvernement.

21:05
Présentateur

Merci Mathilde Panot, présidente du groupe Insoumis à l'Assemblée, invitée d'Inter ce matin. Bonne journée.