Face à Face : Bruno Retailleau - 04/09
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Bruno Retailleau Bonjour Apolline de Malherbe Merci d'être ce matin dans ce studio pour répondre à mes questions Vous êtes président du groupe Les Républicains au Sénat Vous êtes vous-même sénateur de Vendée Et il semble que ce matin c'est vous qui déteniez la clé Parce que c'est le soutien ou non des Républicains Un gouvernement Bertrand qui pourrait être déterminant Je vous pose donc la question de manière assez franche et directe Si Xavier Bertrand est nommé Premier ministre est-ce que vous le soutenez ?
Écoutez on a eu une conversation téléphonique avec le Président de République hier matin Auquel assistait Gérard Larcher, Président du Sénat Il est dans notre famille politique Gérard Larcher Et bien sûr mon homologue Laurent Wauquiez à l'Assemblée Nationale Et les choses ont été très claires Nous ne nous opposerons pas bien entendu à la nomination de Xavier Bertrand Au rendez-vous de la responsabilité nous répondrons toujours présents Ce qui nous importe c'est l'intérêt supérieur du pays Et nous avons posé au Président de la République Deux points qui nous semblent importants Pour que si tel devait être le cas ça puisse réussir Pas pour nous mais pour la France Un point qui concerne nos convictions Qui concerne les solutions qu'on propose C'est-à-dire le pacte législatif Va-t-on sur des solutions de droite ou non ?
Ou de là en même temps ? C'est-à-dire qu'à quoi servirait-il De nommer une personnalité de droite Si c'est pour être un alibi à une politique de gauche ? Ça c'est le premier point, c'est le plus important C'est le fond, c'est les convictions Et le deuxième point c'est les institutions Nous avons demandé au Président de la République De vérifier comme il avait fait d'ailleurs pour Mme Casté La censurabilité C'est-à-dire qu'il n'y ait pas une motion de censure Aussitôt nommée, aussitôt censurée Et donc il doit faire le tour De l'ensemble des forces politiques parlementaires
C'est ce qu'il a l'air de faire Puisqu'il a notamment appelé Marine Le Pen hier soir On va y revenir Mais Bruno Retaille aussi, j'ai bien compris Vous avez dit nous ne nous y opposerons pas Est-ce que vous pourriez aller plus loin Que juste cette réponse un peu neutre ? Est-ce que vous pourriez aller jusqu'à dire publiquement Que vous soutraindriez, que vous souhaitez même La nomination de Xavier Bertrand ?
Les choses pour nous sont très très claires Notre objectif, c'est le pays, c'est la France Et notre objectif, c'est de faire en sorte Qu'il n'y ait pas de ministre, de premier ministre de gauche De politique de gauche, regardez Donc ça veut dire que Non, attendez, arrêtez Oui, mais je suis très clair
Il y en a deux sur la table En tout cas, c'est ce que l'Elysée est en train de nous dire Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand
Je préfère Xavier Bertrand à Bernard Cazeneuve Mais vous avez la madie dans les médias De faire du casting Comme le président de la République
Non, en l'occurrence, je vais même vous dire On est hyper transparent C'est aussi l'Elysée qui nous fait savoir Par des éléments de langage hier Qui ont été repris par toute la presse Que, je cite Le président teste les hypothèses Bernard Cazeneuve et Xavier Bertrand
La situation du pays, elle est catastrophique Emmanuel Macron, avec la décision de Comment dirais-je, de renouveler l'Assemblée nationale De dissoudre A fait une faute politique majeure Qui n'a pas été comprise par les Français Et là, il est en train d'ajouter A la première crise Une autre crise En procrastinant En laissant filer le temps Alors que la France Est sous une épée d'amoclès Celle d'une crise financière Extrêmement grave Compte au-delà du dérapage Du naufrage Des finances publiques Donc moi, ce que je vous dis C'est que bien sûr, nous préférons Un Premier ministre de droite Un Premier ministre de gauche A une condition C'est pour faire une politique de droite
Alors c'est quoi une politique de droite ?
La politique de droite On a mis sur la table Juste avant de partir en vacances D'ailleurs 13 textes législatifs Pour tenir compte Non pas des lubies Des caprices Qu'on pourrait nous avoir LR Mais simplement du message Que les Français Ont adressé Nous ont adressé A la classe politique Au premier tour Pas au second tour Le second tour C'était un rejet Au second tour Ils ont simplement dit On ne veut pas Que le Rassemblement national Gouverne Mais le vrai message C'est le premier tour Et on a posé des textes Ces textes-là C'est un Plus de régalien Plus de fermeté C'est quoi ?
C'est la sécurité ?
C'est la sécurité C'est-à-dire une révolution pénale Avec la réhabilitation De la sanction De la prison Des courtes peines Double peine Peines minimales Un changement de doctrine Total Aujourd'hui en France C'est la gauche judiciaire Qui gouverne depuis des années Vous dites que les juges sont de gauche ? Je dis que la politique judiciaire Notamment depuis Mme Taubira Ensuite Mme Belloubet Puis ensuite M. Dupond-Moretti C'est une politique qui vise à éviter à tout prix la prison C'est l'inverse de ce qu'ont fait par exemple les Pays-Bas Où dès qu'il y a un délit On fait des courtes peines de prison
Là-dessus vous estimez qu'il pourrait y avoir une majorité qui se dessine ?
Je pense que oui
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire les macronistes, les LR Et le RN qui ne s'opposerait pas au minimum ?
Pourquoi pas ? Donc dans ce bloc du régalien Il y a cette révolution pour une nouvelle justice pénale Il y a aussi une révolution sur l'immigration Puisqu'on est toujours sur des records migratoires Et le Conseil constitutionnel Avec des clins d'œil appuyés du Président de République Avaient censuré plus de 30 de nos articles Il suffit de reprendre ces articles Dans un texte qui serait présenté d'un commun accord Et il n'y aurait plus de problème de constitutionnalité Au regard de l'article... Il serait voté par ce bloc central et par le RN ? Exactement !
Mais il faut la faire meter Par exemple, arrêtons l'aide médicale d'État Il faut la transformer en aide médicale d'urgence On est les seuls pays en Europe A pratiquer cette AME
Pour ces premiers points, Bruno Retailleau Ce qui est quand même frappant C'est que ce dont vous avez besoin, c'est le RN
Oui, mais sur le plan économique C'est l'inverse Puisque sur le plan économique Nous, Mme Le Pen, elle est socialiste Elle veut moins de travail C'est-à-dire que quand j'ai fait voter au Sénat La contrepartie de 15 heures pour le RSA Parce que je considère qu'une aide sociale, ce n'est pas un dû Il doit y avoir un équilibre entre droits et devoirs 15 heures, on les vote au Sénat C'est voté ensuite à l'Assemblée nationale Et ça n'est pas voté par le RN De même que le RN veut déconstruire la réforme des retraites Que nous avons votée Elle est de gauche Le Rassemblement national soutient des politiques économiques
Quand vous dites elle est de gauche, vous parlez de Marine Le Pen Ah oui, mais c'est la chef Bruno Retailleau
Et il est très obéi par ses troupes Tout à fait
Mais Bruno Retailleau Vous avez parlé avec Xavier Bertrand hier Il s'est engagé sur ces points
Sur ces points, on a eu une longue discussion Et il s'est engagé Je lui ai simplement dit que Je croyais en sa parole Mais nous voulons, nous, un Premier ministre de cohabitation C'est-à-dire un Premier ministre qui applique La Constitution de la Ve République Article 20 C'est le gouvernement qui détermine Et qui conduit la politique de la nation En fait, vous voulez un Xavier Bertrand Qui ne fasse pas du macronisme Absolument Vous avez très bien résumé Ce que nous essayons de faire avec le pacte législatif Et avec nos dernières discussions
Est-ce que vous accepteriez que dans le gouvernement de Xavier Bertrand Il y ait des membres des Républicains ? Est-ce que vous estimeriez que c'est leur place ?
Attendez, colline après colline Ah ouais, mais enfin ça y est, c'est aujourd'hui que ça se joue Colline après colline Si c'était un gouvernement de cohabitation Pourquoi pas avec une feuille de route Qui s'appuierait sur notre pacte législatif Mais y compris sur le pacte législatif Je ne suis pas un perdreau de l'année Et nous voudrons des engagements très précis, très clairs Publics J'ai bien compris, mais vous en êtes tous à poser vos conditions On va y revenir
Parce que le RN pose ses conditions Le nouveau Front populaire pose ses conditions Quand vous dites colline après colline Celle-là, elle a quand même déjà été largement franchie Par deux personnalités qui ne sont pas des moindres Chez LR Wauquiez d'un côté Sarkozy de l'autre La ligne Wauquiez, c'est pas de participation active Dans un gouvernement La ligne Sarkozy, c'est au contraire de dire Allons-y, allons-y franchement Et mettons y compris des ministres Qui suivent le rang LR
Il y a une grande différence Je vais prendre, on peut reconnaître à Nicolas Sarkozy La constance, le bénéfice de la constance Dès 2017, il aurait souhaité qu'on gouverne Vous aurez remarqué que ce n'est pas la nomination de Bruno Le Maire Qui aura pu éviter à la France le surendettement Au contraire, qu'a-t-il fait ?
Lui qui pronnait pendant les primaires 500 000 fonctionnaires de moins des économies drastiques Est-ce que la nomination de Gérald Darmanin A permis d'éviter que nous franchissions des records en matière de migration A permis d'éviter que nous franchissions aussi des records en matière de délinquance Chaque jour, ce sont les chiffres De son propre ministère de l'Intérieur Vous avez par heure, toutes les heures Une attaque avec armes 600 par jour, 600 cobriolages 1000 violences
Si je vous écoute, vous avez répondu à ma question Vous êtes toujours sur la ligne Wauquiez Vous êtes toujours sur une ligne qui est On ne participe pas à ce gouvernement
A Pauline de Malherbe On veut participer pour le bien de la France Le problème c'est que
Vous ne dites pas complètement non Mais avec ça, il faudra qu'il y ait une sorte de règlement Que ce soit lu et approuvé et que ce soit signé
Mais non, parce qu'on veut des solutions qui soient bonnes pour le pays Moins d'immigration Plus de fermeté pour les délinquants Le pouvoir d'achat, oui Mais le pouvoir d'achat, pas par des chèques en blanc de l'État Des chèques en bois Le pouvoir d'achat par le travail Revalorisons le travail
Vous avez peur d'être piégé ? Vous avez peur qu'on vous promette mon émerveille Et qu'on le fasse pas ?
La droite a tellement...
Je vais vous dire le fond de ma pensée La droite, elle a tellement déçu son électorat Il n'y aurait rien de pire Que l'un des nôtres soit Premier ministre Pour appliquer d'autres solutions que les nôtres Si on doit être au gouvernement Et surtout si le poste de Premier ministre De chef de gouvernement Doit être occupé par un homme de droite Alors il faut des propositions de droite D'ailleurs la France est à droite Je me retrouve avec le constat du Président de République L'ancien Président de République Nicolas Sarkozy Et bien d'autres qui disent qu'aujourd'hui On le voit au premier tour Les solutions que veulent les Français Ce ne sont pas les solutions de gauche Regardez le programme de la gauche Sous domination idéologique de LFI C'est moins de travail Plus d'impôts Plus d'endettement Être laxiste avec l'islamisme Être laxiste avec les délinquants Etc C'est le pire de ce que les gauches en Europe Ont pu proposer
Sauf que vous-même vous venez de le dire Il y a des points sur lesquels vous aurez besoin Pas forcément d'un soutien Mais au minimum d'une non-censure de la part du RN Et puis il y a d'autres points Plus économiques comme vous disiez Pour lesquels le RN ne vous soutiendrait pas Et où vous allez devoir Enfin vous allez devoir Où le gouvernement devra D'une certaine manière Trouver quelques soutiens Au minimum à gauche Qu'est-ce que vous pensez Des conditions que les uns et les autres posent ?
Du côté du parti socialiste Il pose notamment comme condition Le fait d'abroger La loi retraite Et d'abroger la loi immigration Sur ces deux points J'ai bien compris C'est absolument non de votre côté Il n'y a pas de dialogue possible
Ce n'est pas seulement non de notre côté C'est non de la part des Français Apolline de Malèvre Revoyez les résultats du premier tour Ils sont absolument clairs On est un des pays d'Europe Les plus laxistes Notamment en matière d'aide sociale Vis-à-vis des immigrants Donc il faut être très ferme Quant à les réformes des retraites Quelques chiffres Quelques chiffres simplement En 1970 L'âge de départ C'était 65 ans Il y avait 4 cotisants Pour un recrété Et aujourd'hui On n'est toujours pas à 64 ans Et on ne le sera même pas d'ailleurs Avec les carrières longues En 2030 Et bien aujourd'hui C'est un peu plus d'1,5 cotisants Par retraité Ça ne peut pas tenir Ou alors Ou alors Ces gens-là Je vais vous dire Je vais vous expliquer le fond de ma pensée Parce que nous Dans les lignes rouges On m'a dit au président de la République Pas question Que les économies Que vous devez faire Sur le train de l'État Se fassent dans la poche des retraités Avec la sous-indexation Des retraités français Et bien ces gens-là Ceux qui veulent Détricoter Ceux qui veulent détricoter La réforme des retraites Préparent en réalité L'appauvrissement De nos retraités Simplement pour conclure En 2030 De tous les pays d'Europe Nous serons le pays Où on partira Le plus tôt en retraite Est-ce que ça peut continuer Comme ça longtemps ?
Bruno Retailleau Du côté du RNE Ils disent qu'ils ne censureraient Pas de manière automatique C'est sans doute Ce que Marine Le Pen A peut-être dit hier soir Ou vous avez peut-être Des informations là-dessus Est-ce que vous pensez Que Marine Le Pen Est prête à ne pas censurer Un gouvernement Xavier Bertrand ?
Ce que j'ai entendu C'est qu'il y aurait une censure
Quoi qu'il arrive
C'est une sorte de vengeance D'ailleurs je voudrais vraiment Faire un point Sur le comportement Du Rassemblement National Et de Marine Le Pen Qu'a-t-elle dit Ces dernières heures ? Elle a révélé beaucoup De son rapport A l'intérêt général A l'intérêt supérieur De la nation En disant par exemple Que les conditions Qu'elle mettait Pour un nouveau gouvernement C'était la proportionnelle Est-ce que vous pensez Que la préoccupation Des Français Ce soit le système électoral ? Est-ce qu'on veut en revenir A la quatrième république Avec l'instabilité Et avec le règne Des partis Et des appareils ?
C'est en effet la deuxième condition La première pour elle C'est il faut que le futur Premier ministre Ne nous traite pas Comme des pestiférés Et qu'il respecte nos élus Deux, en effet Qu'il installe la proportionnelle Et trois, qu'il n'aggrave pas Le problème de l'immigration De l'insécurité Et qu'il ne rase pas Les classes populaires Et modestes dans son budget
Mais quand elle dit Il faut bien nous traiter Elle pense évidemment A Xavier Bertrand Qu'elle censurerait Dit-elle Dès l'instant Qu'il serait nommé Premier ministre Mais là encore C'est quelque chose Qui est intéressant Dans le rapport D'elle-même
Parce que Xavier Bertrand A été son adversaire Et qu'il l'a battu Au régional
Est-ce que la politique française Se fait sur des notions De vengeance personnelle De relation personnelle Ça n'est pas ça L'intérêt supérieur du pays Ça n'est pas ça L'intérêt général
Ça peut se débloquer ça Vous pensez que Marine Le Pen Là dans les 24 heures Pourrait dire Bon je ne censurerai pas Automatiquement Xavier Bertrand
Je ne commente jamais J'observe Un rapport à l'intérêt général Qui pose un problème Et je pense que Du coup on voit bien Qu'il y a un plafond de verre Sur le Rassemblement national
Sur le troisième point En revanche C'est à peu près Ce que vous venez de dire C'est-à-dire Qu'il n'aggrave pas Les problèmes de l'immigration De l'insécurité Et qu'il ne rase pas Les classes populaires Et modestes dans son budget
Bien sûr Nous on est ajouté Le redressement des comptes publics Parce que S'il y a toujours plus d'impôts On est déjà le pays Un des pays au monde Où on a le record De l'imposition Des prélèvements obligatoires Si on est aussi Le pays d'Europe Qui dépensera le plus Si jamais il y a un dérapage Des comptes publics Encore une fois C'est les Français modestes Qu'est-ce qu'il y aura ?
Il y aura dans quelques semaines Est-ce que je vous dis Croyez-moi Ce ne sont pas des propos en l'air Des gens qui sont Très très bien informés Savent parfaitement Qu'il y a des hedge funds Des fonds de pension Par exemple Anglo-Saxon Américain Qui si jamais il y a un dérapage Si jamais il y a un problème Politique en France Se retirerait ? Non Prépare Une attaque spéculative Sur la dette souveraine
C'est quoi une attaque spéculative ? Une attaque spéculative
Ça a été le cas pour la Grèce Et pour d'autres C'est des marchés Financiers Qui jouent Des grands acteurs Qui jouent à la baisse Parce que Le pays est réputé pas fiable Et qui enclenchent Finalement Un mouvement D'augmentation Des taux d'intérêt Et quand vous avez Un mouvement D'augmentation Des taux d'intérêt La dette française Le coût de la dette française S'envole Vous vous rendez compte Que déjà Qui vous dit ça ? Quelqu'un qui a été Très très bien placé À ce niveau-là Qui suit parfaitement L'actualité Sur les marchés financiers
Donc il y a tapis dans l'ombre Si je vous écoute Il y a tapis dans l'ombre Des vautours Des fonds de pension Anglais-américains Qui feraient de la spéculation Sur la France
Bien sûr Ce que je veux dire C'est que Déjà l'écart de taux Entre la France Et l'Allemagne A considérablement augmenté De 0,4 point Depuis la dissolution Très bien Mais là aujourd'hui 54% de la dette française Est dans les mains D'étrangers Napoléon avait une phrase La main qui donne Est au-dessus De la main qui reçoit C'est-à-dire Qu'il y a un problème D'indépendance financière Et le risque Que nous avons là C'est une crise majeure Déjà Avec les dos d'intérêt Qu'on a En 2027 C'est demain 2027 Et bien La totalité De l'impôt sur le revenu Que les Français versent A l'État français Servira uniquement Pour le paiement Des taux d'intérêt
C'est-à-dire Ça ne remboursera même pas La dette elle-même Mais uniquement Les intérêts Des prêteurs Bruno Retailleau En fait j'ai l'impression Depuis le début De cette interview Que je suis face A quelqu'un d'échaudé Enfin chat échaudé Craint l'eau froide C'est-à-dire que là Même quand on vous dit Mais écoutez Vous pourriez avoir Un Premier ministre Qui est de chez vous Xavier Bertrand Que vous avez eu Longuement au téléphone hier Qui vous a garanti Qu'il allait faire Une politique de droite Et tout ça Et même là On a l'impression Que vous avancez Comme un chat Qui n'a qu'une peur C'est qu'on la lui refasse
Mais quand vous avez eu Trois rencontres Avec Emmanuel Macron Vous êtes un peu méfiants Vous voyez Vous ne faites pas De chèques en blanc C'est tout Quand on connait Le personnage Trois rencontres Cette année De présidence Emmanuel Macron J'ai entendu Beaucoup de ses discours Certains étaient Très séduisants Et les faits Et très très loin Les actes étaient Très éloignés Des discours Donc ce que nous voulons Nous très franchement C'est la réussite Pour la France Avec des solutions de droite
Donc si ça passe Avec Xavier Bertrand Et qu'il arrive Effectivement A vous donner Toutes les garanties Que vous souhaitez Dans ce cas-là Vous serez au rendez-vous
Notre priorité C'est d'éviter Un Premier ministre de gauche Qui pousserait Des solutions de gauche Par exemple Comme le tétricotage De la réforme des retraites Et j'ai insisté Et cela conduit
On l'a bien compris
Xavier Bertrand M'a dit encore hier Qu'il ne toucherait pas A la réforme des retraites
Bruno Retailleau Il y en a un par contre Qui est prêt C'est Édouard Philippe Qui hier soir A 20h Annoncer sur lepoint.fr Qu'il était candidat A la prochaine présidentielle
J'ai vu sur vos lèvres C'est ce qu'il s'est Un sourire en coin
Je me dis Qu'est-ce que vous pensez De ce timing C'est-à-dire que là Nous on est tous Vraiment le nez Sur le guidon De la question Est-ce qu'il y aura Quelqu'un pour gouverner Là maintenant Aujourd'hui demain Et effectivement Il se projette Alors peut-être Qu'au contraire Il a l'air de dire Ils n'y arrivent pas Mais moi j'y arriverai Est-ce que c'est comme ça Que vous le voyez
Non De réflexion Franchement Est-ce que 2027 C'est dans la préoccupation Des français aujourd'hui La France Vient de subir Une dissolution Il n'y a pas de majorité A l'Assemblée nationale Il n'y a pas de premier ministre Il n'y a pas de gouvernement Il n'y a pas de budget Posé sur la table Contrairement à l'habitude Et on voit quelqu'un Sortir du bois Pour 2027 Je pense que Comme vous le dites Très bien Ce n'est pas dans le timing Ce n'est pas dans le timing Deuxième élément C'est ce que je note En tout cas Deuxième élément Ça marque bien La fin du macronisme En tout cas On est entré Dans une autre période Je me souviens Que cet été Au moment de la dissolution Edouard Philippe A juste titre d'ailleurs Avait indiqué Avec ces mots Emmanuel Macron Vient de tuer La majorité présidentielle C'est donc Une course Petit chevot Qui est en train D'être lancée Dans le camp Du président de la république
Est-ce qu'il faut Est-ce que tout cela plaide Pour que les élections présidentielles Soient avancées au fond Est-ce qu'il faut encore Tenir trois ans Ou est-ce que vous vous dites Sans aller Jusqu'à la destitution Demandée par La France insoumise Mais par vous dire Au fond Emmanuel Macron Lui-même Aurait tout intérêt A dire Allez on rebattre Toutes les cas
Edouard Philippe Il semble avoir anticipé Une démission Heureusement Il ne demande pas Une destitution Moi c'est ce que nous avons dit A plusieurs reprises Au président de la république Il faut régler le problème Très vite Pourquoi ? Parce que
Donc pourquoi pas ? C'est-à-dire si dans un an Emmanuel Macron dit Ou dans six mois Même s'il ne se rend compte Qu'il n'arrive pas Avoir une stabilité institutionnelle Comme vous dites Au fond il faudra qu'il remette en jeu Sa propre présidence
C'est aussi la raison Pour laquelle Il nous a toujours dit Qu'il choisirait Son premier ministre Sur un critère De stabilité institutionnelle Et nous on veut La stabilité institutionnelle Après tant d'instabilité C'est la raison pour laquelle On lui a demandé Par exemple Dans l'hypothèse De Xavier Bertrand De bien contrôler Qu'il n'y aurait pas Une censure Aussitôt la nomination Parce que si c'était le cas Ensuite Ce ne sera pas Le premier ministre Ou le gouvernement Qui sera mis en cause Ce sera lui directement Et la gauche a déjà Dit qu'elle déposerait Une proposition De destitution Et donc ce sera lui Ce sera sa démission Qui sera demandée Donc il ne faut pas En arriver là Parce que ce sera Une crise institutionnelle grave Mais encore une fois La responsabilité Du choix du premier ministre C'est au président De la République Moi je suis gaulliste Et c'est à lui De choisir le premier ministre Il doit le faire Dans les heures qui viennent Dans les heures qui viennent Pas dans les jours qui viennent Dans les heures qui viennent
Vous voulez que d'ici ce soir Il y ait un nouveau premier ministre En France
Bien sûr Et nous l'avons répété A chaque fois Nous sommes les héritiers Du gaulliste
Il a eu l'air de vous dire
C'est pas au parti politique Même de droite C'est pas au groupe parlementaire C'est pas je ne sais qui De nommer C'est au président De l'article Pardon De la République Selon l'article De la Constitution française
Et vous soutiendrez Donc on l'a bien compris Xavier Bertrand S'il était nommé A Matignon Merci Bruno Retailleau D'être venu le dire Sur ce micro Vous êtes président Du groupe Les Républicains Au Sénat Sénateur de Vendée Il est 8h52 Sur RMC BFM TV Sous-titrage Société Radio-Canada
Bruno Retailleau