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interviewC à vous· 23 mars 2022 4 min

Faut-il continuer à importer du gaz russe ? Avec Delphine Batho - C à Vous - 23/03/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonsoir Delfine Bateau, député Génération Écologie, porte-parole de Yannick Jadot. Cet après-midi, le groupe Total Energy a décidé d'attaquer votre candidat pour diffamation. Est-ce que Yannick Jadot maintient ses propos ? Totalement. Totalement, c'est le cas de le dire.

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Delphine Batho

Total est aujourd'hui directement impliqué dans une relation économique avec l'oligarchie russe. D'une part, d'autres compagnies pétrolières ont décidé de mettre fin, de céder leurs activités en Russie et pas le groupe Total. Et enfin, les importations de gaz, parce que nous sommes pour un embargo sur les énergies fossiles russe, financent chaque jour pour 700 millions de dollars.

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Invité

Mais ce n'est pas Total qui va décider de mettre fin aux livraisons de gaz. Total n'est qu'un prestataire dans cette histoire.

0:51
Delphine Batho

Total n'est pas qu'un prestataire.

0:53
Invité

C'est une décision politique, un embargo.

0:55
Delphine Batho

Il y a une décision politique à prendre, et nous sommes pour l'embargo sur les énergies fossiles russes. Il y a urgence, on peut dire même qu'il y a un mois qui a été perdu, et qu'il faut aujourd'hui que l'Europe décide de faire cet effort. Pour l'instant, je rappelle que ce qui est prévu par Emmanuel Macron et par les décisions actuelles de l'Union européenne, c'est de continuer à importer du gaz russe jusqu'en 2027, alors que les Ukrainiens et les Ukrainiens sont sous les bombes. C'est la décision qui a été prise au sommet de Versailles.

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Invité

De réduire à deux tiers d'ici la fin de l'année. C'est le plan de la Commission européenne, de von der Leyen. D'ici la fin de l'année, de réduire ?

1:33
Delphine Batho

De réduire, mais de continuer jusqu'en 2027. Donc le message qui est envoyé à Vladimir Poutine, c'est nous sommes trop dépendants de vous pour nous passer de vos énergies fossiles. Donc c'est un message en quelque sorte de dépendance, d'allégeance et c'est un message qui envoie le signal que nous ne sommes pas prêts à faire nous-mêmes des efforts.

1:55
Invité

Et en même temps, c'est la vérité, l'Europe est devenue dépendante. Elle ne l'est pas à cause de toutes les décisions qui ont été prises ces dernières années.

2:02
Delphine Batho

À cause de l'inaction climatique, à cause de la complaisance vis-à-vis des gouvernements successifs, vis-à-vis de Vladimir Poutine. Cette situation, les écologistes, nous sommes…

2:11
Invité

Notamment du gouvernement allemand.

2:12
Delphine Batho

Du gouvernement allemand, de Schröder, de la CDU. Mais nous sommes la seule force politique qui alerte depuis des décennies sur ce qu'induisent les énergies fossiles, non seulement pour le climat, mais pour le pouvoir d'achat et aussi en termes de dépendance géostratégique vis-à-vis d'un certain nombre de dictatures. Donc aujourd'hui, il est nécessaire, c'est ce qu'a dit encore le président ukrainien cet après-midi à l'Assemblée nationale, Il faut que les entreprises françaises quittent la Russie et Total doit le faire. Et aucune forme de procédure, les écologistes ont l'habitude de ça, les pressions des lobbies ne nous impressionnent pas.

2:53
Invité

160 000 salariés en Russie pour les entreprises françaises.

2:58
Delphine Batho

C'est vrai, c'est totalement vrai. Et combien d'Ukrainiennes et d'Ukrainien sur les routes ? Combien de réfugiés ? Combien de morts ? Combien d'enfants de maternité bombardés ? C'est vrai. Je ne suis pas du tout en train de dire qu'il n'y a pas des salariés en Russie. Je ne suis pas en train de dire qu'il n'y aurait pas de conséquences pour nous. Je dis qu'on est malheureusement dans un moment qui est tragique, où il faut faire des choix historiques. Et le choix historique à faire est d'arrêter de financer la guerre de Poutine en consommant son gaz et son pétrole. Et comment ferait Yannick Jadot, président, pour contraindre Total de quitter la Russie ?

D'abord, vous avez vu que Total a dit qu'il n'avait aucune pression des autorités françaises pour quitter la Russie. Donc, ça veut dire que ce groupe est sensible à la position des autorités françaises. Ensuite, il y a la bataille au niveau européen pour l'embargo, pour les sanctions. Un certain nombre de pays de l'Union européenne y sont favorables. Donc, après, c'est une bataille au niveau européen. Mais, vous savez, le groupe Total, il n'aurait jamais fait les projets, ce qu'on appelle Yamal 1, Yamal 2, c'est dans l'Arctique russe, sans le soutien du gouvernement français à l'époque.

Emmanuel Macron, qui était ministre de François Hollande, avait même obtenu des financements chinois pour contourner les sanctions américaines. Donc, le soutien actif de la France à Total en Russie, est établi et très documenté.

Faut-il continuer à importer du gaz russe ? Avec Delphine Batho - C à Vous - 23/03/2022 — Delphine Batho · Pourquijevote