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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 26 juin 2026Portrait personnelInstitutions & élections

Elise Lucet : les coulisses de son interview de Jacques Chirac

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Jacques ChiracFait
    « Hier, on faisait circuler une rumeur fantaisiste sur une grave maladie qui m'aurait atteinte. »
  • 0:25Jacques ChiracFait
    « Aujourd'hui, on rapporte une histoire abracadabrantesque. Et tout cela, comme par hasard, trois jours avant un référendum. »
  • 3:00Elise LucetFait
    « Vous avez été élu sur un programme de baisse des impôts. Vous les avez augmentés comme jamais sous la Ve République. Quand allez-vous les baisser et de combien ? »
  • 3:30Jacques ChiracFait
    « Monsieur Chien, si... »
  • 5:00Jacques ChiracFait
    « Vous comprendrez dans ces circonstances que je ne souhaite aucune relance. »
  • 5:30Jacques ChiracFait
    « Vous allez me poser vos questions et je ne vais pas y répondre. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

L'un des moments qui vous ont le plus marqué, je crois, à la télévision, il y a notamment ce face-à-face avec Jacques Chirac. On est en 2000, quelques jours du référendum sur le quinquennat. Le président veut absolument expliquer pourquoi il faut passer de 7 à 5 ans.

Il choisit le 19-20 que vous présentez à l'époque. Sauf que, quelques-uns à l'entretien, Le Monde rend public le contenu de la fameuse cassette-mairie, avec cette confession d'un financier au fil du RPR, confession posthume, qui accuse globalement, entre autres, Jacques Chirac d'avoir lui-même touché des valises de billets. Et évidemment, vous tenez à évoquer cette affaire au moment de l'interview que vous accorde Jacques Chirac.

Madame Lucet, il doit y avoir des limites à la calomnie. Hier, on faisait circuler une rumeur fantaisiste sur une grave maladie qui m'aurait atteinte. Sous-entendu, je ne serais plus capable d'assumer mes fonctions.

Aujourd'hui, on rapporte une histoire abracadabrantesque. Et tout cela, comme par hasard, trois jours avant un référendum, visant à améliorer le fonctionnement de notre démocratie. Il faut nous raconter des coulisses qui sont tout aussi abracadabrantesques que...

Vous avez deux heures ? Non mais c'est hallucinant. Enfin, je ne peux pas vous raconter toutes les coulisses.

Ce que je peux vous dire, c'est qu'il s'est écoulé, il a participé au journal régional et ensuite il était dans 19 ans national. Il y a eu une négociation qui a duré toute l'après-midi pour qu'on commence l'interview avec Claude Chirac. Qu'on commence l'interview sur ce thème-là.

C'était un énorme bras de fer que je menais moi d'un côté avec Hervé Brusini qui était mon directeur de l'info. De l'autre côté, on était à deux à avancer comme ça. Finalement, il nous dit ok, d'accord, on va commencer...

Enfin, Claude Chirac nous dit ok, on va commencer l'interview par ça. Une seule question. Ben non, parce qu'on a les extraits de la vidéo de Jean-Claude Méry.

Donc on va diffuser...

Enfin bref, la négo arrive, on commence, on va diffuser des extraits de la vidéo. Et entre le journal régional et nous, il y avait 7 minutes. Et là, on était dans la verrière de la préfecture d'Angoulême.

On était 45 dedans. Et Claude arrive et dit, le président veut parler en tête-à-tête à Élise Lucet. Et là, en 3 minutes, la verrière s'est vidée.

Je me suis retrouvée, moi, en seul à seul avec Jacques Chirac, qui me dit, Madame Lucet. Et il me dit, vous avez entendu, il commence comme ça. Et voilà ce que je vais vous répondre.

Et il me fait sa tirade avec Abracadavantesque. Intérieurement, je me dis, c'est pas français ce truc, c'est bizarre. Sauf qu'il ponctue à la fin en me disant, vous comprendrez dans ces circonstances que je ne souhaite aucune relance.

Et là, Claude Chirac dit, antenne dans 2 minutes. Antenne dans 1 minute. Tout au long de la conversation, c'était ça.

Et je lui dis, mais monsieur le président, c'est impossible, ce que vous me demandez. C'est à la une de tous les journaux. Écoutez France Info, regardez la une du monde.

On ne va parler que de ça dans les jours qui viennent. Donc c'est impossible. Antenne dans 1 minute.

Et il m'a dit très gentiment. Parce que c'est...

Franchement, Jacques Chirac était très respectueux des journalistes. Courtois. Et il m'a dit, écoutez, c'est très simple.

Vous allez me poser vos questions et je ne vais pas y répondre. Ce qu'il a fait. A peu près.

C'est-à-dire qu'il a répondu 3 fois ou 4 fois la même chose. Mais c'était un moment de tension incroyable qui est, je pense, dans une vie de journaliste, c'est vraiment des moments dont on se souvient qui sont imprimés comme ça et où on se dit, ne pas flancher. Ne pas flancher.

Jacques Chirac, que vous avez interrogé et que vous avez même agacé. C'était en 1996. Je l'ai interviewé deux fois.

La première fois en 1996. Il était élu depuis un an. Et je me souviens, par rapport à l'anecdote que tu viens de raconter, Guillaume Durand m'avait dit, tu sais, quand le rouge est mis, t'es le patron.

T'es en direct. Tu peux relancer autant de fois que tu veux. Donc, t'as beau avoir le président de la République qui te dit, vous ne me relancerez pas, t'es en direct.

Tu fais ton métier. Et moi, je me souviens, j'avais commencé à l'interviewer sur les questions économiques. Et je l'écoutais depuis une heure et demie.

Je passais en troisième, après Michel Field. Et je commence en disant, monsieur le président, ça fait une heure et quart que je vous écoute. J'ai le sentiment que vous êtes complètement impuissant.

Vous êtes président de la République. On vous pose des questions précises. Et vous partez sur des considérations générales.

Alors, je vous pose une question très précise. Vous avez été élu sur un programme de baisse des impôts. Vous les avez augmentés comme jamais sous la Ve République.

Quand allez-vous les baisser et de combien ? Monsieur Chien, si...

Et je relançais. Et je relançais. Écoutez, si je peux en placer une.

Alors, on a eu...

On a les images parce que...

Et le lendemain, j'avais ma marionnette au guignol. Voilà comment avoir une marionnette au guignol. Voilà.

Un million et demi de gens comme cette femme qui ont des contrats précaires. Cette année...

Contrats précaires. Cette année, quatre fois plus de contrats. Est-ce que vous voulez me démontrer, monsieur Chien, qui a du chômage ?

Parce que ça, je le sais. Oui, non, je voudrais en fait essayer de comprendre ce que vous pouvez faire. Vous avez dit, pendant votre campagne, on va remettre la France en marche.

Vous l'avez dit d'ailleurs tout à l'heure, on va remettre la France en marche. On a l'impression que la France est en panne. Que pouvez-vous faire ?

Vous dites qu'il faut remettre la France en marche. C'est vous qui le dites. Oui, ben nous disons.

On cherche les solutions. Oui, on cherche les cibles. S'il vous plaît, c'est une seconde, je vais essayer de vous donner une piste, n'est-ce pas ?

C'est l'enthousiasme, monsieur le Président. Oui, oui, je vois bien. Je vois bien.

Non, mais c'est surtout la compétence. Et je me souviens que, quand on a, à la fin de l'émission, chaque fois que je choisis quelqu'un, il regardait ses pompes. Je me suis dit, oh là là, j'ai dû faire un interview, etc.

Et la première qui est arrivée, c'est Claude Chirac. Et elle appelait son père le Président. Elle m'a dit, quand tu es arrivé, le Président s'est réveillé.

Et là, tout d'un coup, il y a eu un moment. Et après, j'ai eu une scène absolument incroyable avec Jacques Chirac qui me présente Bernadette. Et qui me dit, je vous présente Bernadette.

Et je me retrouve seul avec Bernadette qui m'explique, qui me dit, « Pourquoi vous n'avez pas demandé à mon mari s'il ne fallait pas créer des emplois jeunes pour les jeunes ? » C'était avant, j'ose pas. C'était avant.

Elle avait un sens politique incroyable. Oui, oui. Incroyable.

Il faudrait qu'elle soit à l'oreillette. Cet après-midi, Emmanuel, on regardait toutes les productions de votre société, Elephant. Et je n'avais pas noté que vous étiez impliqué dans les Caprices de l'Enfant-Roi, le film de Michel Leclerc, qui marche très fort en ce moment, depuis sa sortie hier.

Voilà, avec l'archus Franck Dubois. Je crois que vous recevez Julia Piaton demain et Le Jeune Roi. Mais on les a reçus à Cannes.

Ah oui, on les a reçus déjà à Cannes, etc. Oui, voilà, c'est une comédie d'époque. Absolument, qu'on a adoré.

On avait déjà parlé à Cannes, ils en reparleront demain avec Mohamed. Il y a aussi, vous faites des documentaires, et j'ai appris des tas de trucs dans celui que vous venez de faire, sur le fameux match entre l'OM et Valenciennes. Et puis, dans votre catalogue, il y a aussi les rencontres du papotin, qu'on aime tellement.

Vous êtes sacrément impliqué dans cette émission qui commence à faire le tour du monde, qui connaît des répliques à peu près partout sur la planète, et aux États-Unis notamment. Et on ne sait pas que pour le pilote de l'émission, ses confrères journalistes qu'on aime tant du papotin avaient interviewé, ça n'a jamais été diffusé, un certain Emmanuel Chin. Bonjour.

Bonjour, monsieur Chin. Ravie de vous connaître. Moi aussi, enchantée.

Moi, c'est Claire Ottawa. Je n'ai jamais entendu parler de vous. Ah bah...

Le monde vous a perdu de vue à cette époque. C'est vrai. J'étais encore une petite jeune fille.

Voilà. Dernière petite émission. Oui.

Pour toi, tu as toujours le sourcil un peu...

Pourquoi tu n'as pas un seul sourcil ? Ah bah ça, il faut demander à mes parents. Ils m'ont fabriqué comme ça.

Je ne sais pas. Non, pourquoi tu ne fais pas un petit...

Pourquoi je ne me fais pas épiler ? Parce que je suis né comme ça, et tu as raison. Je pourrais couper, là, on m'a dit.

Mais en fait, ça fait partie de moi. Donc, c'est comme les gens qui font de la chirurgie esthétique. Moi, je n'aime pas trop changer les choses.

Mais est-ce que les nanas, ils ne tombent pas dans les pommes dont ils te voient un peu ? Ah non, non, ça ne m'est jamais arrivé. C'est un journaliste qui vous a posé cette question-là.

Oh oui, c'est une petite question-là. Non, mais c'est la magie des rencontres du papotin. Nous avons créé avec Olivier Nacash et Eric Toladeno, Quad, qui est produite effectivement par Elephant et Clément Chouman et Kiosco.

Et c'est une magie parce que c'est des questions, que ce soit Emmanuel Macron, Catherine Deneuve, Gilles Lelouch, tous ceux qui y sont passés, quand ils lâchent prise, il se passe des moments incroyables. Mais effectivement, j'avais fait un pilote qui n'a jamais été diffusé. Je ne sais pas comment vous avez eu cet extrait.

Vous parliez du foot, je sais que vous êtes un grand amateur, Pierre. Au MVA, ce sera une production à venir sur Netflix. Et en ce moment, il y a Le Bus, qui est l'histoire de la Coupe du Monde de 2002.

On est en pleine Coupe du Monde sur Netflix. C'est, je crois, le documentaire qui a été le plus suivi depuis que Netflix fait des documentaires, qui est absolument incroyable et qui revisite cette histoire. Et même pour ceux qui n'aiment pas le foot, c'est une leçon extraordinaire.

Il y a une comédie humaine dans cette histoire. Une comédie humaine. C'est ça ?

Oui, un extrait. Sur Netflix en ce moment, absolument extraordinaire. Non, mais à l'époque, ce qu'il faut savoir, c'est qu'on disait, ces joueurs qui ont fait grève, c'était des millionnaires gâtés, ultra gâtés.

C'était scandaleux. En fait, ce n'est pas ça l'histoire. C'est une bande qui s'est soudée autour, à cause d'une injustice, l'expulsion d'Anelka.

Et ce film rend hommage aussi aux joueurs, finalement, et raconte l'histoire avec une vérité humaine incroyable. Et oui, c'est un vrai thriller. Ben voilà.

On a parlé de l'Enfant-Roi, des caprices de l'Enfant-Roi, de Netflix, de la série documentaire sur Prime, de Papotin, de Cache Investigation, de Pascal Pic aux éditions Édouard Jacob. Merci beaucoup à tous les quatre. Dans un instant sur France 5, la soirée science grand format de Mathieu Vidard.

Mais tout de suite, les actualités de Bertrand. J'ai un maïs coincé.