Les USA : premiers investisseurs en France – 18/05
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 53 %Attaque 32 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse directe
Est-ce que la France reste attractive malgré ses déficits, son coût du travail, malgré l'élection présidentielle qui va faire que tout va s'arrêter ?
- 7:30OuverteRéponse directe
Est-ce que vous sentez un désintérêt pour la France ?
- 9:25ComplaisanteRéponse partielle
Est-ce que vous conseillez aux entreprises françaises à l'investir actuellement dans le golf ?
- 10:57OuverteRéponse directe
Est-ce que vous allez pouvoir annoncer des gros investissements en France ?
- 11:55OuverteRéponse directe
Est-ce que les investisseurs ici, parce que les Américains sont à répondre toujours présents, est-ce qu'il y a autant d'investissements américains que l'année dernière ?
- 13:33RelanceÉludée
Est-ce qu'il y a des entreprises françaises qui vont investir aux États-Unis à cause de Donald Trump ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:52InvitéChiffre
« Nous sommes premiers depuis 7 ans sur tous les investissements. »
- 6:59InvitéFait
« Premier, le Royaume-Uni deuxième et l'Allemagne troisième. »
- 9:56InvitéFait
« Ce que les investisseurs recherchent en France, c'est d'abord avoir l'accès au marché. »
- 10:08InvitéFait
« 70 millions d'habitants, c'est au cœur de l'Europe. »
- 10:35InvitéFait
« Nous sommes la première économie européenne à proposer une énergie qui est décarbonée, abondante, avec une forme de stabilité liée à notre programme nucléaire. »
- 12:20InvitéFait
« L'investissement américain, c'est les premiers investisseurs étrangers en France. »
- 21:22InvitéFait
« Le coût du travail est plutôt dans la fourchette haute des pays européens. »
- 21:53InvitéChiffre
« On a toujours 1000 projets par an et des beaux projets. »
- 22:40InvitéChiffre
« 55 sites clés en main auxquels on ajoute 35 sites spécifiques sur les data centers et sur l'intelligence artificielle. »
- 28:21Locuteur 8Fait
« Il n'y a pas de bénéfice économique à forcer à travailler des gens qui n'en ont plus ni la force ni le désir. »
- 30:35Locuteur 8Chiffre
« 211 suivant le rapport sénatorial, 250 suivant comment on évalue les choses, c'est le nombre de milliards qui sont transférés. »
- 31:36Locuteur 8Fait
« la politique de l'offre qui a été mise en place et qui a été augmentée et multipliée par 3 en 10 ans ne produit pas l'effet économique qu'elle devrait produire. »
- 35:44Locuteur 8Fait
« Non, c'est un accord qu'on n'a pas signé. »
- 37:40Locuteur 8Promesse
« j'ai la solution pour les contrats courts et je fais économiser entre 3 et 4 milliards à l'assurance chômage. »
- 37:51Locuteur 8Chiffre
« Un contrat d'ajour, vous mettez 20% de cotisation à l'assurance chômage, ça va réguler le système automatiquement et on va économiser 3 milliards. »
- 38:36Locuteur 8Fait
« les fameux 4% qui payent l'assurance chômage, elle est totalement exonérée. C'est l'État qui paye à sa place. »
- 42:12Locuteur 8Fait
« Regardez France Compétences, regardez France Travail, etc. Rien ne va. »
- 43:27Locuteur 8Fait
« En fait, ça ne fonctionne pas. Pourquoi ? Parce que l'État met des lettres de cadrage qui font cinq pages qui sont en fait l'écriture de la loi. »
- 45:24Locuteur 8Fait
« le Crédit Agricole, une entreprise quand même plutôt bien vue dans laquelle la CFE-CGC c'est notre grande fierté avec le CECA, la première organisation syndicale. Eh bien, ils ont fait deux jours de grève. »
- 46:45Locuteur 8Fait
« le Rassemblement National ne m'a jamais demandé à me rencontrer. »
- 49:41Locuteur 8Fait
« Moi, il y a un truc dont je suis assez fier et je suis content de le faire ici sur votre plateau puisque mon premier plateau de président, je l'ai fait chez vous. »
- 50:15Locuteur 8Fait
« je n'aimais pas, j'ai souhaité faire sortir mon organisation de la case réformiste. »
- 51:02Locuteur 8Fait
« je pense que j'ai beaucoup contribué à démonétiser le terme de réformiste et j'en suis très fier. »
Temps de parole
- Locuteur 835 %
- Présentateur30 %
- Invité27 %
- Invité 24 %
- Locuteur 12 %
- Locuteur 72 %
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L'UFM Business et la Tribune présente 8-19, Dédvie Chevrillon.
Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19. Deux invités ce soir tout d'abord. Louis Marguerite, c'était le monsieur Budget de Sébastien Lecornuie. Il est le nouveau directeur général de Business France. On parlera bien sûr de l'attractivité. Est-ce que la France reste attractive malgré ses déficits, son coût du travail, malgré l'élection présidentielle qui va faire que tout va s'arrêter ? Il sera en studio avec nous d'ici une poignée de minutes. Et puis après, c'est François Omri, il est le président de la CFE-CGC. Il doit partir dans une dizaine de jours, le 10 juin. Ça fait 10 ans qu'il est la tête de la CFE-CGC. Avec lui, on parlera chômage, rupture conventionnelle.
Le texte vient d'être validé par le Sénat. Et puis bien sûr, on parlera de l'allègement des charges patronales. Mais tout de suite, c'est le journal. Le journal ce soir avec Erwann Maurice. Toi Erwann.
Bonsoir Edwige.
Merci d'être avec nous. Elle a eu ce soir, évidemment, le G7 Finance qui se déroule à Paris.
Avec cette question sur laquelle planchent donc les ministres des Finances du G7. Comment garantir la bonne marge de l'économie mondiale dans un contexte d'instabilité géopolitique ? On retrouve notre reporter Hugo Babet sur place à Bercy. Hugo, on arrive aux conclusions de cette première journée.
Oui, les réunions de ce premier jour du G7 Finance vont bientôt s'achever. Elles ont commencé très tôt dans la matinée. Avec une première sur les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient. L'objectif annoncé du ministre de l'économie français Roland Lescure, c'était de montrer que le multilatéralisme, le dialogue, cela fonctionne. Et à la fin de cette première réunion, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a dit que le travail allait dans le bon sens, qu'il était productif. Ensuite, deuxième réunion sur la guerre en Ukraine. Cette fois, c'est le ministre de l'économie ukrainien qui voulait des réponses sur des sanctions.
Est-ce que les sanctions allaient continuer vis-à-vis du pétrole russe, de la Russie, notamment celle des Etats-Unis ? Scott Bessens, le secrétaire au Trésor américain, était présent et il a répondu à ces questions. Ensuite, un déjeuner sur les déséquilibres mondiaux. Ceux des Etats-Unis, ceux de la Chine, le manque d'innovation de l'Union européenne. Et enfin, une réunion demandée par la présidence française du G7 sur les matières premières critiques. Sécuriser les chaînes d'approvisionnement, diversifier les pays producteurs pour moins dépendre de la Chine. Toutes ces discussions ont animé cette première journée du G7 Finance.
Merci Hugo Bebet pour BFM Business depuis Bercy. Notez que le ministre de l'économie, Roland Lescure, sera l'invité de leur closier demain à 7h45 dans Good Morning Business. Et dans ce contexte, Georgia Meloni réclame à Bruxelles l'assouplissement des règles budgétaires au-delà des dépenses de défense. Pour la première ministre italienne, cela est nécessaire pour faire face à la hausse des prix de l'énergie liés à la guerre au Moyen-Orient. En guise de réponse, un porte-parole de l'exécutif européen rappelle que des mesures sont déjà engagées pour aider les Etats membres à répondre à la crise énergétique.
A noter que l'agence Reuters nous apprend ce soir que l'Iran a transmis par l'intermédiaire du Pakistan une nouvelle proposition aux Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, sans plus de détails à ce stade. Dans le reste de l'actualité, Adani accepte de payer 275 millions de dollars à Washington. Le conglomérat indien met ainsi fin à une enquête pour des achats de pétrole iranien sous sanction. IKEA annonce supprimer 850 postes dans le monde. Le groupe suédois d'ameublement dit vouloir simplifier son organisation et réaliser des économies. 300 postes concerneront la Suède dès cette année. Et puis on aurait aimé que ça nous arrive, Edwige.
Cette erreur du fisc, la star colombienne Shakira, va récupérer, tenez-vous bien, 55 millions d'euros indûment payés pour l'année 2011. La justice annule ainsi les redressements et les amendes imposées par l'administration qui considérait l'artiste comme résidente fiscale en Espagne cette année-là.
Eh bien je vais mettre à chanter, peut-être que j'aurai 5 centimes de...
Vous ferez un peu plus recettes peut-être. Il est 18h03, les marchés. Bonsoir Antoine Marigaudry. Bonsoir. Bonsoir Antoine. On est sous les 8000 points, mais c'est du vert quand même à la Bourse de Paris ce lundi.
Oui, la tendance est retournée à la mi-journée effectivement. Et on a des indices qui terminent pas trop mal. Plus 0,44% pour le CAC 40 à 7987 points avec des volumes d'échange assez consistants à 4,1 milliards. Mais belle hausse du côté de Francfort. Le DAX gagne 1,5%, plus 0,36% pour l'Eurostox 50. Plus forte hausse du CAC 40, c'est Publicis. Le marché salue une acquisition importante du côté des Etats-Unis qui confirme le statut d'entreprise donnée, d'entreprise IAD, Publicis, qui gagne 6% à 81,74 euros. AXA, plus de 25, 40,06 euros. Carrefour, plus de 17, 17,46 euros. À la baisse, on retrouve Legrand, moins de 2,07 euros à 148,95 euros. Stellantis, moins 39,6,39 euros.
Schneider Electric, moins 0,06, 260,95 euros. Attention, malgré une légère détente, ça reste quand même tendu sur l'obligataire. La dette française 10 ans, 3,8% de rendement. 4,6% pour le 10 ans américain. Et pareil pour le pétrole. 110 dollars pour le Brent. 102 dollars pour le brut léger américain. Le CAC, plus 0,44, 7987.
Et merci Antoine et merci Erwann. Rendez-vous pour vous, ça sera à 19h, 19h30. Tout de suite, Louis Marguerite, le nouveau directeur général de Business France, est notre invité.
BFM Business et la Tribune présente Le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
Vous êtes bien dans le 18-19 mon invité. Je crois que c'est la première fois qu'il prend la parole depuis qu'il est devenu directeur général de Business France. Bonsoir Louis Marguerite. Bonsoir. Merci d'être là. Vous avez été député de Saône-et-Loire. Donc là, vous étiez venu sur notre plateau. Vous avez été le monsieur budget de Sébastien Lecornu. Et donc, fin 2026, vous avez été nommé à la tête de Business France, organiste qui fait un peu la promotion de la France à l'étranger. Beaucoup de questions à vous poser, évidemment, parce qu'il y a cette enquête, ce baromètre EY, où on attend de voir la position française.
Est-ce qu'elle reste numéro 1 ou numéro 2 en termes d'investissement étranger ? Il y a aussi ce climat quand même géopolitique extrêmement périlleux pour l'économie mondiale. Et donc, est-ce que ça a une influence peut-être sur le poids des étrangers ? Et puis, il y a la France, avec ses caractéristiques quand même qui sont un coût du travail élevé, une élection présidentielle qui s'avère quand même compliquée. Et donc, on voit que le climat politique n'est pas formidable pour le business. Vous, comment est-ce que vous voyez les choses ? Vous venez d'arriver, vous êtes tout frais, même si vous connaissez bien le sujet. Comment est-ce que vous voyez ce qui se passe ?
La France, elle se positionne comment ?
Vous avez raison, c'est le classement EY qui dira si nous gardons notre première place. Je rappelle d'ailleurs que nous sommes premiers depuis 7 ans sur tous les investissements. Premier, le Royaume-Uni deuxième et l'Allemagne troisième. et que nous avons conservé notre rang. Et en fait, pour tout ce qui est projet industriel en particulier, nous sommes premiers depuis 9 ans. Donc évidemment, ce sera important de vérifier.
Oui, ils seront en studio justement. Ce sera important.
Ça préparera d'ailleurs le sommet Choose France qui aura lieu le 1er juin à Versailles et qui devrait être mes équipes que je remercie de leur action. Ils travaillent, ça devrait être un bon Choose France en termes de volume d'investissement.
On va revenir là-dessus. Nous n'allons pas trop vite. D'abord, vous, votre regard un peu. Est-ce que vous sentez un désintérêt pour la France ? Est-ce que... ou pas ?
Non, vraiment pas. Alors, c'est l'observation de moi et puis mes équipes l'observent, j'allais dire, tous les jours depuis des années. Pourquoi ? Parce que l'investissement au fond, d'abord l'investissement étranger en France, ce n'est plus un tabou. Et ça, c'est une réussite de la politique d'attractivité qui a été menée...
Elle l'entend cette petite attractivité, excusez-moi.
Oui, mais ce n'est quand même plus un gros mot. On en parle librement, évidemment, avec à la fois beaucoup d'ambition et sans naïveté. Mais surtout, ce qu'on observe, c'est que l'investissement, c'est du temps long. Et ça, au fond, ça dépasse le temps politique et peut-être même le temps géopolitique. Alors, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas être prudent et regarder ce qui se passe. Je ne dis pas qu'il n'y aura pas des conséquences à long terme, notamment au Proche et Moyen-Orient qui vivent évidemment des situations difficiles.
mais ce qu'on observe, et notamment depuis deux mois et demi avec l'attaque en Iran et le conflit au Proche et Moyen-Orient, c'est que ça n'a pas, pour l'instant en tout cas, bousculé les projets d'investissement, en tout cas ceux que nous observons. On en traite mille par an. Et pour tous ceux qu'on traite, on n'a pas vu de mise en attente.
Vous n'en avez pas qui vous ont dit ? Bon, écoutez, parce qu'on voit des entreprises françaises qui nous disent, ici même, ou qui nous disent sinon en off, écoutez-moi, mes projets d'investissement en France, pour l'instant, je mets la pédale douce.
Ce qu'on a vu, c'est effectivement des interrogations sur les entreprises qui cherchent à exporter sur la zone. Ça, évidemment. Et pour l'instant, ce sont des décalages, des interrogations. Nous-mêmes, nous avons des événements que nous portons chez Business France. Je me rends d'ailleurs ce soir à Dubaï pour aller soutenir les équipes qui font un travail formidable sur place et sur toute la zone. Et ça, effectivement, on s'adapte et on peut décaler de quelques semaines. Je précise, j'en profite pour parler d'un événement qui s'appelle Vision Golf, qui aura lieu à Bercy et qui permettra de mettre en valeur toute cette activité.
Est-ce que vous conseillez aux entreprises françaises à l'investir actuellement dans le golf ? Il faut regarder du cas par cas. Il faut regarder...
Non, mais vous, en tant qu'observateur, est-ce que vous dites, bon, allez-y, allez-y, c'est le moment d'y aller ?
Ce que je dis, c'est que nous sommes en mesure de continuer à les accompagner au cas par cas sur un certain nombre de projets. Donc là, je vais parler des entreprises exportatrices. Mais pour la question des entreprises qui s'intéressent à la France, ce qu'il faut retenir, c'est que la France tient son rang. Pourquoi ? Parce que ce que les investisseurs recherchent en France, c'est d'abord avoir l'accès au marché. C'est un marché de 70 millions d'habitants. Oui, avec une baisse du pouvoir d'achat. Une baisse du pouvoir d'achat. Effectivement, j'étais élu en Saône-et-Loire, donc je vois bien de quoi il s'agit.
Mais 70 millions d'habitants, c'est au cœur de l'Europe, donc avec une transition entre l'Europe orientale et l'Europe du Sud. Et ils cherchent aussi une forme de stabilité, y compris, et à commencer par la question des réseaux. Nous sommes le seul pays européen, en tout cas un pays européen, qui est extrêmement bien placé en termes de densité de réseau. Réseau de quoi ? Réseau d'infrastructures, réseau de transport, réseau de logistique, qui est assez maillé, assez dense. Réseau énergétique, avec un vrai atout compétitif. Et nous sommes la première économie européenne à proposer une énergie qui est décarbonée, abondante, avec une forme de stabilité liée à notre programme nucléaire.
Moi, je me réjouis d'ailleurs que ce programme nucléaire dépasse les clivages politiques. Et ça, quoi qu'il se passe, quelles que soient les évolutions politiques, ça, cela restera. Et c'est pour ça que la France tient son rang et qu'en tout cas, on est...
Est-ce que vous allez pouvoir annoncer des gros investissements en France ? Est-ce que vous en avez sous le pied ? Pardonnez-moi cette expression.
Oui, Marguerite, oui. Oui, alors les annonces, évidemment, je laisserai les autorités politiques et en particulier le Président de la République les faire à l'occasion du sommet de la France. Mais oui, il y aura des belles annonces. Je pense notamment à des questions sur les data centers, mais pas seulement. Également sur l'agroalimentaire, sur des projets liés à la tech. Mais pour illustrer concrètement celles et ceux qui nous écoutent, l'investissement étranger en France, c'est aussi et c'est avant tout l'économie du quotidien. Je pense notamment à la question des biscuits napolitains, dont raffolent les enfants. C'est écrit, vous allez me parler des poulets, là. Non, non, pas du tout.
C'est un autre sujet, mais je parle des biscuits napolitains. Il y a une usine à Jussi, dans l'Aisne, à côté de Saint-Quentin, que j'aurai le plaisir de visiter à l'occasion des pré-journées des Journées Chousse France qui auront lieu les 30 et 31 mai. Ouverte à toutes et tous. Ce sont des journées portes ouvertes. Il y en a partout sur le territoire. Et ça, ce sont des investissements étrangers en France et qui sont l'économie du quotidien. Voilà des belles usines.
Est-ce que les investisseurs ici, parce que les Américains sont à répondre toujours présents, parce que lorsqu'on voit les discours de Donald Trump vis-à-vis de l'Europe et vis-à-vis de la France et vis-à-vis du président Macron, on se dit que ce n'est pas très friendly. Même s'il y a le ministre du Commerce qui est actuellement au GC de Finances qui se tient à Bercy. Mais est-ce qu'il y a autant d'investissements américains que l'année dernière ?
C'est ce que nous sommes en train d'analyser. Mais l'investissement américain, c'est les premiers investisseurs étrangers en France. Donc oui, ça a beaucoup de valeur. Ça, c'est le premier élément qu'il faut retenir.
Et le reste, en fin de toute façon. Je ne parle pas d'EY, mais la tendance. En tout cas, la tendance,
la tendance ne montre pas d'affaiblissement d'investissement américain en France. Ça, c'est très important. Et par ailleurs, moi, j'étais très frappé. Je me suis rendu aussi aux Etats-Unis parce que c'est un marché important pour nous. Nous avons 100 équipières et équipiers de Business France aux Etats-Unis et aussi au Canada. Et nous, on a une augmentation de la demande d'entreprises françaises qui cherchent aussi à s'implanter dans ces zones-là. Alors, ce n'est pas absolument massif, mais c'est des signaux qui montrent que malgré, évidemment, la guerre douanière, en tout cas, la crise sur les tarifs qui est devenue pratiquement un objet politique. Qui est devenue un objet politique.
Vous pouvez aller jusque-là, oui. Les hauts et les bas, en effet. Eh bien, malgré tout, le marché américain reste un marché profond, un marché liquide, avec ses spécificités. Vous parlez, par exemple, d'industrie medtech, en tout cas, tout ce qui est sur le secteur médical et paramédical à Boston. Vous avez d'autres initiatives. Vous avez un peu d'agroalimentaire à Chicago. Donc, on a aussi ce marché-là. Et nous, on a vraiment ce besoin à la fois d'aider les entreprises françaises sur ces marchés-là et aussi de faire venir des investisseurs chez nous.
Alors, Louis-Marie, justement, sur ce point. Après, on parlera des Chinois, si vous voulez bien. Mais parce que, là encore, les nombreux témoignages de chez l'entreprise qui défilent ici ou qu'on rencontre, ils vous disent la France est tellement compliquée qu'on va garder un petit bout de notre activité en France qui n'est plus très souvent, notamment dans les grands groupes, autour de 15-16%, voire 20% max. Et qu'est-ce qu'ils font ? En fait, ils investissent énormément à l'étranger et notamment aux États-Unis. Et ça, donc, là, vous avez raison. Mais il y a quand même, je ne sais pas si c'est un exil de production aux États-Unis et au Canada très significatif.
Non, mais je ne dis pas que tout va bien et qu'il n'y a rien à changer.
Est-ce que ça, vous l'observez déjà ?
Non, moi, j'observe que nous sommes restés premiers pendant 7 et 9 ans. Donc, ça, c'est ce que...
Non, mais il y a d'entreprises françaises et de plus en plus qui vont investir aux États-Unis à cause de Donald Trump, notamment.
Ce n'est pas une tendance de fond. Ce qu'on observe, ce n'est pas une tendance de fond absolument massive. Alors, nous, on observe une partie du marché. Nous, en tout cas, pour ce qui est de l'export, on s'occupe de 11 000 PME et ETI. On a envie d'ailleurs de mettre l'accent sur les ETI au cours des prochains mois. Ça, c'est des objectifs très importants. On s'occupe de 2 000 ETI. C'était 1 000 il y a 3 ans et j'espère que ce sera 3 000 l'année prochaine ou dans les 18 prochains mois. Ça devait de quoi, l'objectif du plan ETI ?
C'était 3 500, 4 000 ? C'était vrai.
Il y a 7 000 ETI en France et on estime qu'il y en a à peu près 70 % qui, de près ou de loin, s'intéressent aux sujets internationaux. C'est dire s'il y a un marché et il y a un potentiel de développement. Et ce que nous, nous pouvons offrir, Business France, en tant qu'agence publique, de soutien à... C'est un peu plus que de l'exportation en réalité. C'est de l'internationalisation parce que tout n'est pas un sport. Ça peut être, effectivement, développer une activité, c'est dans les chaînes de valeur. Eh bien non, on pense qu'on peut très largement participer à ce mouvement très important.
Donc c'est les ETI, les PME de croissance, toutes celles qui sont déjà bien identifiées, tout en, évidemment, laissant le champ ouvert à toutes celles et ceux qui veulent s'intéresser à ces questions.
J'ai participé, c'était la semaine dernière, à un événement très intéressant autour de la transmission de l'entreprise qui est une des priorités de Serge Papin qui est le ministre notamment des PME et du pouvoir d'achat avec le président du MEDEF, de la CPME et de l'UDP et des témoignages parce que la transmission d'entreprise, ça va devenir un enjeu essentiel notamment auprès des ETI mais aussi des plus petites entreprises parce qu'il faut trouver des repreneurs, le contexte est difficile, c'est compliqué.
Est-ce qu'il y a quand même la peur d'avoir une radia étrangère, notamment des Chinois et notamment dans les secteurs sensibles, que ce soit dans la défense on voit qu'il faut être très vigilant et Bercy essaie de l'être, que ce soit aussi dans d'autres secteurs, l'état de technologie. Est-ce que ça c'est un point sur lequel vous allez être vigilant ?
Absolument, absolument parce que c'est aussi quelque chose dont nous, nous avons la compétence et on peut accompagner utilement toutes les entreprises qui s'interrogent sur ces questions. Je suis heureux que ce débat arrive dans le débat public. Est-ce que vous l'observez ?
Est-ce que là, il y a des clignotants ou pas ? On est comme d'habitude. Est-ce qu'il y a des clignotants ?
En tout cas, les clignotants, il y a un dispositif qui s'appelle les investissements étrangers en France qui justement vise... Si on écoute M. Montebourg, il ne marche pas très bien. Je suis toujours surpris de voir que quand il y a des opportunités, certains disent qu'il ne faut pas vendre parce que le dispositif IUF, donc investissement étranger en France, pour ceux qui nous écoutent, c'est s'assurer effectivement que le repreneur ne va pas avoir des actions hostiles vis-à-vis des intérêts souverains de la France. Donc certains trouvent ce dispositif un peu trop dur et d'autres considèrent que ce dispositif, il est au contraire pas assez dur.
Donc il faut trouver le point d'équilibre et peut-être que le point d'équilibre d'aujourd'hui n'est pas celui de demain. Mais ce qui est certain, c'est que... Oui, c'est quelque chose... Mais il faudra qu'on soit mobile par rapport à ces questions. Ce qui est certain, c'est qu'on n'échappera pas à ce débat et en particulier dans le débat pour la présidentielle sur la question de la fiscalité sur la transmission parce que ça, c'est un sujet qui est important. On a le pacte du trail qui permet un certain nombre de choses. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que vous allez vous battre pour que le pacte du trail ne soit pas impacté ? Alors, ce n'est plus ma responsabilité.
Je sais, ça a été votre responsabilité à la tignan, bien sûr.
Mais maintenant, vous avez comme une casquette Business France.
En tout cas, nous, on soutiendra, en tout cas, on proposera aux autorités politiques en tant qu'agence publique tout dispositif qui permet de maintenir l'emploi et surtout l'emploi pérenne en France. C'est ça qui est important dans nos territoires.
Tiens, question annexe avant de vous en poser une autre, Marguerite. Est-ce qu'il faut que le commerce extérieur revienne à Bercy ? Parce que pour l'instant, il est scindé en deux, donc on ne sait plus très bien qui s'en occupe, qui s'en soit. Enfin, tout le monde est un peu perdu. Est-ce qu'il ne faut pas qu'il soit, ça y est, qu'il sorte, il avait été mis en partie sous la responsabilité du ministre des Affaires étrangères et européennes ? Maintenant, il ne faut pas qu'il y ait... C'est une question qu'il faut poser au Premier ministre. Non, mais vous,
vous êtes trop prudent,
vous ne pouvez pas répondre.
Ce n'est pas la question d'être trop prudent, c'est que moi, j'ai effectivement trois ministères qui sont très représentés à mon conseil d'administration et que ce n'est pas une difficulté pour moi de travailler très utilement avec les trois et en particulier avec le commerce extérieur. Ce n'est pas très efficace d'avoir trois ministres au-dessus de soi ? Moi, tout va bien, j'ai leur numéro de téléphone, j'ai leur numéro de téléphone de leurs équipes et ça fonctionne. En fait, quatre avec évidemment Nicolas Faurissier qui s'ajoute aux trois autres. En tout cas, ce n'est pas mon sujet de court terme.
Est-ce que les Chinois, on voit tout ce qui se passe notamment dans l'individu, l'industrie automobile mais pas que ? Est-ce que c'est la plus grande crainte chez les Chinois et la difficulté à mettre en place une protection de nos entreprises ?
Je crois que c'est extrêmement clair. J'avais accordé une première intervention presse dès ma nomination et j'avais dit qu'il fallait participer et Business Brand prendra toute sa part à se défendre contre la déferlante asiatique. Ça ne veut pas dire faire tout et son contraire sur ce sujet-là. Ça veut dire quoi ?
Il faut dire qu'il faut faire quoi ? Par exemple,
la taxe sur les petits colis que beaucoup critiquaient quelque soit dans des deux ans, elle a enfin été adoptée au niveau de l'Union Européenne. Je le dis d'autant plus que c'est au niveau de l'échelle de l'Union Européenne qu'on doit avoir une réponse vis-à-vis de la Chine parce qu'ils faisaient de la compétitivité sur les coûts, sur les prix et maintenant, ils le font aussi sur la qualité et c'est bien toute la difficulté que nous avons.
Vous avez bien vu comment c'est contourné et du coup, ça ne rapporte rien. C'est la question qu'on se posait à Serge Papin en début d'après d'une semaine. C'est vrai qu'il disait tant que ce n'est pas au niveau européen, ça ne servira pas à grand-chose et que pour l'instant, c'est les Belges qui en profitent.
Vous avez raison. Ça pouvait être contourné notamment avec des flux qui, notamment lorsqu'il y a des contrôles à Roissy, assez vite, les flux peuvent être détournés sur des aéroports des Pays-Bas, de Belgique ou d'ailleurs. C'est vrai, mais le fait qu'il y ait cette taxe au niveau européen déjà va limiter cet effet de contournement.
Je ne dis pas que ça n'arrivera plus jamais mais en tout cas, il y a ces premiers effets de limitation et je pense que par ailleurs, et ça, nous on le fait, je me rends en Allemagne la semaine prochaine sur ces questions-là, la réponse, elle doit être européenne et notamment la question c'est comment au niveau européen on arrive à faire de la part européenne comme on arrive à faire de l'export européen. Ça, c'est compliqué mais je pense qu'on peut y arriver.
Est-ce que vous dites à vos anciens petits camarades de Matignon, Louis-Marguerite, que attention, si on baisse les allégements de cotisations sociales pour les patrons, ça va augmenter le coût du travail sachant qu'en plus, avec l'inflation due au contexte géopolitique, le SMIC va augmenter de 2,41%. Donc, pour les entreprises qui elles-mêmes sont dans une situation délicate, ce n'est quand même pas forcément une bonne nouvelle.
Ce que je dis là-dessus, encore une fois, c'est peut-être moins mon sujet puisque moi, je défends les entreprises françaises et les emplois pérennes en France. Mais les coûts du travail, ça fait partie quand même
de l'attractivité
ou de la moindre attractivité de la France. Ce qu'on peut observer, c'est que c'est vrai que le coût du travail est plutôt dans la fourchette haute des pays européens. Il n'y a pas de doute et c'est factuel que de dire cela. Il reste quand même faible et notamment lié à ces allégements généraux sur les bas salaires. D'ailleurs, c'est presque une critique qu'on pourrait faire sur le côté un peu trappe à bas salaire jusqu'à 1,6 SMIC, parfois 2 SMIC. Donc, on a ce système effectivement d'allègement. Mais il est, et je ne dis pas que c'est suffisant, mais il est partiellement compensé par une productivité qui est plus élevée en France que dans d'autres pays européens.
C'était vrai, c'est moins vrai. Ça reste encore assez vrai. Ça reste encore assez vrai. C'était plus vrai, je crois que ça remonte un tout petit peu. Et ce que je peux dire, encore une fois, je reviens sur cette question de l'investissement. L'investissement, nous, on n'observe pas, et je ne dis pas que ce ne sera pas le cas dans le futur, mais on n'observe pas aujourd'hui un affaiblissement du niveau d'investissement. On a toujours 1000 projets par an et des beaux projets et on verra bien le classement EY. Mais est-ce que ça serait
une erreur d'alourdir encore
le cours du travail en France ? C'est pas des facteurs qui vont dans le bon sens. Mais ce que je veux dire par là, c'est que ce n'est pas ce facteur qui en soit définit la politique d'investissement pour les chefs d'entreprise. En tout cas, pour les investisseurs étrangers en France, ils veulent aussi avoir accès à un réseau, comme je l'indiquais, à de la formation, à des institutions de formation qui sont stables. Il faut avoir des décisions
d'investissement qui soient rapides. Parce que, par exemple, Elon Musk pourrait mettre une entreprise en Allemagne. C'était 2 ans. Chez nous, c'était 5 ans ou 6 ans. Est-ce que c'est...
Ça, c'est un vrai point. J'allais y venir. Vous avez les projets, les sites clés en main qui ont été mis en place il y a 2 ou 3 ans maintenant. 55 sites clés en main auxquels on ajoute 35 sites spécifiques sur les data centers et sur l'intelligence artificielle. Le premier site a été d'ailleurs a été inauguré à Chalons-sur-Saône, ville où j'ai été élu avec une entreprise qui s'appelle Vicky Foods dans l'agroalimentaire. Il y a aussi les projets Notre-Dame qui ont été lancés sur tout type de projet. Donc, oui, on est capable de le faire.
Ce que demandent les investisseurs, ce qu'ils nous disent, c'est moins le côté combien de temps ça va durer sur l'engagement de ça va durer de temps et on va s'y tenir avec les accès au bout de temps, les accès à l'énergie, les autorisations. C'est donner de la visibilité et que cette visibilité soit stable dans le temps. C'est difficile en France.
Je ne dis pas que c'est simple mais on y arrive. On va parler de choses France. En conclusion, Louis-Marguerite, si vous voulez bien, j'ai juste un point. Est-ce que finalement, aujourd'hui, notre principal concurrent, pour l'attractivité, c'était les Allemands. Est-ce qu'aujourd'hui, ce n'est pas les Polonais, ce n'est pas la Pologne ? On voit qu'il y a des énormes data centers qui sont installés en Pologne. La Pologne, sur la distrait de défense, ils sont en train de mettre 5% de leur PIB. Donc, il y a plein d'entreprises, évidemment, qui vont là-bas. La Pologne est en train de devenir le moteur de la croissance européenne ?
Je n'irai pas jusque-là, mais ce qui est sûr, c'est que tant mieux. S'il y a une saine concurrence au sein des pays européens, effectivement, ils ont une affaire de défense extrêmement significative. Ils partent aussi d'un montant en volant absolu qui est plus bas que le nôtre. L'effort de défense, il a été significativement rehaussé au Parlement et je m'en réjouis. Ça va dans le bon sens. Mais on est quand même, en tout cas, je le dis à nouveau, premier depuis 7 ans. J'espère qu'on le sera dans 3 jours. Ça ne voudra pas dire qu'il faudra créer Cocorico. Mais les data centers, c'est aussi des demandes très fortes que nous avons faites.
Moi, j'ai rencontré le président de la République aussi des marques d'intérêt en Asie, en Corée et partout ailleurs dans le monde. C'est ça qu'il faut susciter.
Est-ce qu'on aura à Choose France le 1er juin à Versailles ? Vous y serez, on y sera. BFM Business. Est-ce qu'il y aura le patron de Nvidia ? Est-ce qu'il y aura un nouveau patron d'Apple ? Est-ce qu'il y aura quelques têtes d'affiches dans la tech ?
Ce n'est pas pour faire de la langue de bois, mais je ne peux évidemment pas dévoiler les noms non seulement des présents. Non, mais il y aura des beaux noms. Il y aura des beaux noms. Il y aura des beaux noms. Dans la tech, dans l'IA, américains ? Dans tous les domaines et partout dans le monde, il y aura des beaux noms. Il y aura probablement des beaux projets. C'est ce que nous sommes en train de voir parce qu'il faut aussi s'assurer de la maturité des projets. C'est pour ça que le travail qui est fait par mes équipes et je les en remercie est très important. jusqu'au dernier moment pour que le président de la République puisse faire ses annonces. Mais ce sera un beau chose, François.
Est-ce qu'il y aura quand même des beaux noms américains ? Il y aura des beaux noms. Il y aura des beaux noms de partout dans le monde. Oui, américains. Parce que c'est là où se passe la tech. C'est pas la même amuse. Il y a la tech, bien évidemment. Il y a l'IA, ça se passe là-bas. Mais il y aura de l'agroalimentaire, il y aura de la santé, il y aura de l'industrie aussi et c'est très important.
Vous savez que la valorisation de Nvidia, c'est supérieur au PIB français. Donc, c'est pour dire l'importance de ces entreprises.
Oui, absolument. Mais ils viennent, elles viennent et il y a un vrai intérêt. Vous savez, Toulouse France, je pense que quand il y a eu l'idée de le créer, beaucoup ont dû dire que ça ne marchera jamais. Moi, je note que c'est devenu un incontournable pour l'actualité financière internationale. Et en plus, ça sera le dernier du président Macron.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Louis-Marguerite, le nouveau directeur général de Business France qui part à Dubaï. Vous avez dit qu'il faut continuer à investir à Dubaï. Moi, je pense que c'est quand même un peu dangereux d'investir en ce moment pour les entreprises.
Il faut soutenir les équipes qui sont en contact avec les entreprises françaises. Il faut soutenir les équipes. Il faut pas forcément investir. Et puis faire la promotion du Vision Golf qui aura lieu le 18 et 19 juin à Bercy. Ce sera aussi un bel événement. Voilà. Merci beaucoup.
Dans un instant, lui, il va tirer sa révérence. Il y a un entrant, un sortant. François Omri, le président de la CFE-CGC, c'est l'heure de faire son bilan avec une actualité sociale extrêmement chargée. On a parlé des ruptures conventionnelles. Le Sénat vient de valider le texte. Mais enfin, il l'a déjà fait. Quand est-ce qu'on aura quelque chose ? On parlera, bien sûr, du patronat qui est contre la baisse des allégements de charges. On en parlait un instant avec Lune Marguerite. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Tout de suite, François Omri.
BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
Ça fait 10 ans qu'il dirige la CFE-CGC de la Confédération Française de l'encadrement et des cadres. Il tire sa révérence que ça sera le 10 juin. Bonsoir, François Omri. Vous êtes habitué au 10-10 en tous les cas. C'est un moment, j'imagine. Vous allez prendre votre retraite en tous les cas du syndicat. Beaucoup de sujets d'actualité. C'est l'occasion aussi de faire peut-être le bilan, les succès, les échecs en tous les cas. Qu'est-ce qu'il faut réformer ? C'est un moment... Est-ce que vous vous sentez fatigué ?
Non, moi je ne suis pas fatigué. D'abord, je vous remercie de votre invitation. J'ai toujours beaucoup de plaisir à être avec vous, avec d'autres personnes sur le plateau. Personnellement, je ne me sens pas fatigué mais je pense que c'est le moment pour moi de passer la main en disant que c'est long quand même. Beaucoup de choses, beaucoup d'actualité, d'actualité politique et sociale et économique. Je crois que c'est le moment que nouvelles personnes et nouvelles équipes arrivent. Je me sens tout autant motivé, tout autant intéressé par les débats, les enjeux du moment. Je vais continuer à suivre ça.
Je pense peut-être à essayer d'être un peu acteur dans mon environnement qui, de fait, va changer. Mais je suis très content pour mon organisation, c'est le bon moment pour moi.
Donc, ça veut dire qu'on peut être très en forme et prendre sa retraite qu'à 65 ans ou à 67 ans. On n'est pas forcément épuisé, pour tout le monde, j'entends, à 65 ans ou 67 ans,
mais je suis 100% d'accord avec ça et je ne crois pas avoir jamais dit le contraire. Moi, mon slogan est le suivant sur la question de la retraite puisque vous taquinez un peu. Je pense qu'il n'y a pas de bénéfice économique à forcer à travailler des gens qui n'en ont plus ni la force ni le désir. C'est ça que je dis. Moi, je me présente devant vous, dans un mois et demi, j'aurai 65 ans. Je me sens encore la force de pouvoir participer à des débats, construire des points de vue, les argumenter, pourquoi pas se faire ailler. Mais c'est possible. À condition
que des carrières longues, des métiers pénibles, puissent prendre une retraite plus tôt. Tout à fait. Donc, on peut avoir une retraite à 67 ans.
Pourquoi pas ? Mais quand on n'en a plus ni la force ni le désir, c'est pour ça que j'étais contre avec mon organisation ce passage à 64 ans parce que ça forçait à travailler des gens, pas forcément un nombre immense, mais des gens qui normalement auraient dû partir à 62 et qui n'étaient pas prêts à travailler deux ans de plus.
Mais vous vous rendez compte quand même qu'il fallait trouver une solution. Mais vous voyez bien qu'aujourd'hui, on est dans une impasse totale parce qu'il faut trouver une solution. On va y revenir là-dessus. On va y revenir parce que la finance et la retraite, ça va être un des sujets principaux de l'élection présidentielle parce qu'on est complètement paralysé. On a des milliards de dettes, on a des milliards d'intérêts. On voit bien qu'il faut trouver une solution parce que là, on est complètement dans un corner alors que le monde avance à une vitesse quatre fois plus rapide qu'avant. Justement, et de l'actualité, on est un peu rattrapés par ça. Il y a d'abord le patronat.
Le patronat, il se mobilise à l'étroit parce qu'il y a une décision qui doit être prise par Sébastien Lecornu. Il faut faire des économies, notamment un milliard et demi, notamment sur la question de diminuer les allégements de cotisations sociales pour les entreprises. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que Sébastien Lecornu, il a raison ? Est-ce qu'il faut justement qu'il y a certains, ils n'ont pas besoin d'allégements de cotisations parce qu'ils peuvent trouver un job facilement ?
Encore, je suis constant. Tout le monde a tort, tout le monde a raison.
J'ai évidemment lu
avec attention le communiqué du patronat, y compris jusqu'à la FNSEA qui est du voyage. J'avoue que j'ai du mal à comprendre pourquoi.
C'est les entreprises aussi.
En l'occurrence, qu'est-ce qu'ils disent ? Ne changez rien. Moi, je dis, il faut tout changer. Pas forcément le montant. 211 suivant le rapport sénatorial, 250 suivant comment on évalue les choses, c'est le nombre de milliards qui sont transférés. Ça, c'est l'ensemble. Ok, c'est l'ensemble.
Moi, je ne remets pas en cause
le montant global. Je dis, pourquoi pas ? Tous les pays aident les entreprises, aident les différents secteurs économiques. Pour moi, ce n'est pas un problème et je suis, au nom de la CFE-CGC, favorable à ce que l'État s'engage et aide les différents secteurs économiques.
C'est une précision importante, pardonnez-moi de vous interrompre, les allégements de cotisation seuls, c'est plutôt entre 60 et 80. Ce n'est pas 220 milliards d'euros parce que 220, c'est l'ensemble. Après, il faut regarder l'ensemble. Ça aurait pu entraîner une confusion.
Moi, je raisonne en personne qui a fait toute sa carrière. Vous avez gentiment relevé mon âge tout à l'heure, qui a fait toute sa carrière dans un secteur industriel qui est très exigeant en matière d'investissement. Quand on transfère de l'argent public à ce niveau-là dans les secteurs économiques, il faut avoir quand même un investissement entre guillemets rentable. Il faut que ça produise de la valeur économique et du développement économique. Ce que moi, je dis, c'est que la politique de l'offre qui a été mise en place et qui a été augmentée et multipliée par 3 en 10 ans ne produit pas l'effet économique qu'elle devrait produire. Donc, je ne remets pas en question le montant.
Ce que je remets en question, c'est la méthode. Et par ailleurs, je ne suis pas le seul à le dire. Nous avons un problème de ciblage des aides et nous avons un problème de conditionnalité au sens de la nécessité de la mesure d'un résultat.
Répondez-moi sur les allégements de cotisations sociales. Est-ce qu'il faut les alléger comme souhaite le faire le Premier ministre ?
Moi, je pense que le problème, c'est leur caractère universel. Ça n'est pas efficace. Ça crée des trappes à bas salaire. D'ailleurs, la personne qui me précédait, Louis-Marguerite, que je connais bien, c'est très exactement la formule qu'il a employée. Aujourd'hui, cette formule, je vais vous dire quelque chose. Je l'ai déjà dit plusieurs fois ici. Si la question du coût du salaire était déterminante sur la position économique d'un pays, le Bangladesh serait la première économie du monde. Il faut arrêter avec ça. Certes, le salaire, le niveau du salaire, c'est important. Ça dépend des entreprises. Moi, je vais vous faire remarquer une chose.
C'est que, par exemple, les chercheurs français qui passaient leur diplôme, leur doctorat, ne trouvent pas de poste en France. Parfois, souvent, ils en trouvent dans des pays en trangé où on leur propose une rémunération deux à trois fois supérieure à celle qu'on leur propose en France. Ça veut donc dire que pour les emplois dits de qualité, ça ne veut pas dire que les autres sont de qualité inférieure. Mais au sens de la productivité qu'ils procurent, le niveau salarial n'est pas le déterminant. Donc, c'est ça. Moi, c'est à ça que je voudrais que le gouvernement prête une attention redoublée.
C'est-à-dire que la question des systèmes systématiques qui sont mis en place pour répondre, en fait, au couinement du patronat, le patronat ne sait faire que ça. Donnez-moi de l'argent, donnez-moi de l'argent, je saurais quoi en faire. Mais attendez,
excusez-moi quand même, je ne vais pas... Si, je vais prendre leur défense. Mais c'est quand même eux qui produisent de la richesse. C'est comme les entreprises qui produisent de la richesse.
Mais négatif, c'est les entreprises qui produisent de la richesse. Et alors, c'est quoi les entreprises ? C'est des salariés dedans. C'est des salariés qui s'engagent.
C'est quand même aussi les chefs d'entreprise. Je vais vous donner un exemple.
Le groupe Casino qui a pratiquement fait faillite il y a deux ans. Qui a fait la richesse du groupe Casino ? C'est qui ? Je vais vous dire, moi. Ce sont ces personnes qui sont rentrées à 16 ans ou chariots élévateurs qui se sont engagées dans leur carrière et qui ont fini directeurs de magasins. C'est ces gens-là qui ont fait la richesse de l'entreprise. Et à 50 ans, on les a laissés au chômage sans aucune autre considération que l'attestation employeur qui puisse s'inscrire à ton travail.
Il faut toujours quelqu'un pour diriger. Alors ça, je suis d'accord. Mais je le respecte énormément. Vous, vous êtes le patron de la CFE-CGC. Mais tout à fait. Donc, il faut quelqu'un pour diriger. Mais je le respecte énormément. Ils se rendent compte qu'il y a un problème du coût du travail en France. Pourquoi ? Parce qu'on l'a dit tout de suite d'emblée. Moi, je vous dis que non.
Il n'y a pas de problème du coût du travail en France. Ça n'est pas vrai.
Mais pourquoi ? Par rapport aux Allemands, par rapport à nos concurrents directs, vous voyez bien qu'il y a une différence. Mais pourquoi on se compare toujours dans ces conditions-là ? On n'est pas seul en France. Mais ce n'est pas le seul déterminant.
Vous savez, pendant longtemps, puisqu'on parlait avec Choose France des investissements à l'étranger, dans les critères qui déterminaient le critère de choix des investissements étrangers en France, la question du coût salarial était le cinquième. Ce qu'on regardait en France, c'est le niveau des infrastructures, le niveau des études, la capacité de l'administration à accueillir les gens. Ça, ça, c'était...
Mais il y a une fiscalité qui a explosé aussi. Vous le savez bien.
Mais ce n'est pas vrai. Au contraire, elle a été plutôt réunie.
Mais il y a des points
sur lesquels je vais être d'accord avec vous.
Mais pas là-dessus.
Emmenez-moi sur les points sur lesquels je serai d'accord. Mais la question du coût salarial comme étant le seul déterminant de la compétitivité, c'est faux. Ce qui fait la compétitivité, c'est la stratégie. Personne ne dit que c'est le seul.
Mais c'est un point important. Allez, on passe au sujet suivant. On ne se mettra pas d'accord. Mais ce n'est pas grave. Rupture conventionnelle. Vous avez vu, le Sénat, il vient de valider le texte, la transposition de loi de l'accord qui avait été signé par des partenaires sociaux. Il l'a validé une deuxième fois parce qu'en fait, le texte n'a pas été validé par l'Assemblée nationale qui l'avait validé une première fois. C'est un peu compliqué. Puis que finalement, comme il n'y a pas assez de députés de la majorité, le texte n'a pas été validé. Vous, vous n'avez pas signé le texte, les ruptures conventionnelles. Est-ce que là, c'est quoi votre position ?
Non, c'est un accord qu'on n'a pas signé. Moi, je ne prétends pas que ce soit un mauvais ou un bon accord. On ne l'a pas signé. C'est une question de contexte. C'est une négociation qui est dépendante de la négociation assurance-chômage. C'est un texte sur lequel, de notre point de vue, on n'a pas trouvé un accord satisfaisant parce qu'il n'examine pas le problème au fond. Pourquoi est-ce qu'il y a aujourd'hui une explosion des ruptures conventionnelles ? Le patronat, aujourd'hui, s'en plaint. Mais c'est lui qui l'a voulu, le dispositif, il y a 20 ans.
Alors, tout le temps qu'il était maîtrisé, qu'il permettait, pour le coup, aux employeurs d'éviter des contentions au prud'homme, moi, je trouve que le dispositif est plutôt bien équilibré. Mais dès l'instant qu'il a passé la moyenne et qu'on a aujourd'hui, il est vrai, moi, je suis prêt à le reconnaître, une forte demande de la part des salariés de ruptures conventionnelles et y compris de salariés qui occupent plutôt des emplois de haut niveau dans les entreprises. Des cas, notamment, pour vous le représenter.
Et moi, ce que je dis au patronat, ce que j'ai dit quand on a fait la réunion sur le sujet entre les organisations patronales et les syndicats, j'ai dit, écoutez, on ne trouvera pas de solution si on n'examine pas au fond la raison qui fait exploser les demandes de ruptures conventionnelles du côté des salariés. Ayons en tête que c'est un dispositif aujourd'hui dans l'écriture du CERFA qui fait qu'il n'est pas nécessaire que la demande soit motivée et on n'a pas la trace dans le CERFA de qui en a été à l'initiative. Je trouve fort de café aujourd'hui que le patronat vienne nous dire que finalement, la rupture conventionnelle, ça ne vaut que si c'est moi qui en suis à l'initiative.
Non, ce n'est pas vrai. Ça peut être un problème quand le nombre de personnes qui le demandent et qui sont des salariés ne fait qu'augmenter. Mais en examinant la raison pour laquelle aujourd'hui, des salariés se trouvent suffisamment mal dans l'entreprise pour en permanence demander des ruptures conventionnelles. Peut-être que ça, c'est un sujet de société. Peut-être que ça, c'est un sujet important.
Non, mais ça, c'est un sujet de société comme vous dites et la remise en cause du rapport au travail, etc. Mais là, il y a un sujet assez rapide parce que les ruptures conventionnelles, ça coûte cher. Ça coûte cher à la science chômage, bien sûr. Donc, il faut diminuer. Au passage,
vous le savez très bien. Or, moi, j'ai la solution pour les contrats courts et je fais économiser entre 3 et 4 milliards à l'assurance chômage. Tout de suite, il suffit d'augmenter la cotisation à l'assurance chômage à due proportion inverse de la durée du contrat. Ce n'est pas compliqué. Un contrat d'ajour, vous mettez 20% de cotisation à l'assurance chômage, ça va réguler le système automatiquement et on va économiser 3 milliards. Ce n'est pas compliqué. Ça tient en une ligne ce que je viens de vous dire.
Mais par les entreprises, ça fait 20% de cotisation chômage.
Mais c'est qui les contrats courts d'un jour ? Qui peut avoir un intérêt à embaucher des gens comme ça ? Alors, sachant très bien que, par ailleurs, il y a la substitution de l'intérim et que l'intérim, c'est entre 30 et 65% plus cher qu'un CDD. Il faut arrêter avec ça. On n'est pas des lapins de 6 semaines quand même. On voit bien qu'il y a une impossibilité pour le patronat de réfléchir même à une solution possible. Qu'est-ce que vous dites ? Au passage, une solution qui permettrait de réduire la cotisation employeur sur les CDI. Mais vous savez pourquoi les employeurs, et on reboucle sur votre premier sujet, pourquoi ils ne veulent pas avancer sur ce sujet-là ?
Parce que la cotisation, les fameux 4% qui payent l'assurance chômage, elle est totalement exonérée. C'est l'État qui paye à sa place. Donc, en fait, ils ne payent pas. Ils ne payent pas l'assurance chômage. Donc, ils n'ont pas intérêt à ce que ça change. Vous comprenez ? C'est ça, le problème. Et c'est pour ça que la question des allégements de cotisation, elle est centrale dans notre affaire. Parce que rien ne bouge à cause de ça. Et c'est pour ça que le patronat ne veut pas que ça bouge. parce que, justement, ils ont tout intérêt à ce système-là. Et nous, on veut que ça bouge, au contraire. On veut rendre dynamique le sujet.
Moi, je suis prêt à négocier la baisse de la cotisation de chômage, y compris pour toutes les catégories professionnelles. Mais à condition qu'on ait sur le système une vision globale, une vision positive, une vision qui fait avancer les choses.
Est-ce que, puisque c'est un peu l'heure du bilan, vous avez en plus maintenant, vous pouvez dire ce que vous voulez, presque. Enfin, attendre encore le dis-jeu, mais enfin, d'abord, vous avez toujours une langue bien... Pendue. Pendue. Vous le dites, alors je vais l'utiliser. François Omril, le barétarisme social, le dialogue social, en France, il n'est pas bon. Enfin, il n'y en a pas. Comment faire évoluer ça ? Qu'est-ce qu'il faudrait ?
Alors, moi, là encore, j'ai la solution. Ou les intérêts
sont trop divergents ?
Aujourd'hui, la situation n'est pas bonne. Non. Moi, je m'en plains. Franchement, la mare, elle est presque vide aujourd'hui. Et c'est... Honnêtement, c'est l'État qui est responsable en quasi-totalité. C'est quoi le dialogue social ? Le dialogue social, c'est deux équipes qui se rencontrent sur un terrain et qui vont jouer ensemble le même jeu sur le même terrain et avec les mêmes règles. Aujourd'hui, l'État, notamment depuis 10 ans, mais ça fait quand même un petit peu plus longtemps, en fait, il biaise les règles. Imaginez, je vous donne la scène, on est deux équipes, on est censé jouer au football et l'État arrive, c'est l'arbitre. L'État, c'est l'arbitre.
Il dit, vous allez jouer entre vous. Simplement, vous, l'équipe des salariés, je vous mets dans le point de corner et je vous mets le ballon devant les buts. Et puis, vous n'êtes pas 11 joueurs, vous n'êtes que deux joueurs. Ça ne va pas fonctionner comme ça. Moi, je pense qu'une négociation équilibrée, c'est une négociation dans laquelle chacun des deux parties a autant de risques à prendre à ce qui n'est pas d'accord à la fin. C'est un principe universel de la négociation. Or, en fait, ce principe, c'est complètement décalé. Et l'État est très responsable de ça. c'est exactement représenter la totalité de l'entreprise. Mais ce n'est pas vrai.
Je représente autant l'entreprise que le patronat. Oui, parce que vous, c'est les cadres et l'encadrement. Mais même, c'est l'ensemble des salariés, effectivement. Nous, c'est l'encadrement, les cadres, les techniciens, les agents de maîtrise. Mais d'une certaine manière, peu importe. On y est dans l'entreprise. On a cause commune, en fait, dans l'entreprise. Les entreprises, elles avancent parce qu'il y a des salariés qui s'y investissent. Les transglorieuses, c'est quoi ? Tout le monde en a plein la bouche, les transglorieuses. Mais c'est quoi ? Mais c'est des gens qui rentrent ouvriers dans des entreprises, qui dans la métallurgie, la chimie, le commerce, etc.
Et parce qu'ils ont la volonté de progresser pour eux-mêmes, ils font progresser l'entreprise.
Alors, là-dessus, est-ce que, donc justement, un petit point très rapide, mais dans le cadre de la réforme des retraites, si un jour, on y arrive, il y a certains syndicats qui demandent que, en fait, ça soit géré par, justement, par les partenaires sociaux, comme la GERCARCO. Est-ce que, pour vous, vous êtes favorable ? Est-ce qu'effectivement, ça serait la solution ?
Moi, je suis favorable parce que les partenaires sociaux gèrent tout ce que l'État est en capacité de leur laisser à gérer. Ce serait un sacré retournement parce que les partenaires sociaux, ils géraient quand même pas mal de choses, pas si mal, bien sûr, des critiques, tout le monde en a, c'est normal, et les instances de contrôle, elles sont nécessaires. Mais à chaque fois que l'État s'est ingéré dans nos affaires, il a créé des machines à fabriquer du déficit. Regardez France Compétences, regardez France Travail, etc. Rien ne va. Je ne vais pas ici rentrer dans le détail, mais je pense qu'on a matière humblement, à dire à l'État, nous, on a fait nos preuves. Nous, on a fait nos preuves.
on veut bien reprendre la main sur telle ou telle partie du système, on fait un audit, et puis après, on reprend nos responsabilités. Moi, je pense qu'on a, de notre côté, nous, partenaires sociaux, un bilan à faire valoir, et surtout une capacité.
Est-ce qu'on ne pourrait pas imaginer, pardon, est-ce qu'on ne pourrait pas imaginer, je ne sais pas, une congestion un peu allemande, alors historiquement, c'est sûr, ce n'est pas dans notre culture, mais vous voyez qu'il y a un rapprochement, au lieu que ce soit toujours des oppositions extrêmement, enfin, plus ou moins violentes.
Ce qui est très clair, c'est qu'en France, le tripartisme, ça ne marche pas. Ça ne marche pas, c'est un échec total. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas vous dire pourquoi, mais aujourd'hui, si on fait le bilan, franchement, ça ne marche pas, c'est un échec. Moi, je pense qu'on peut penser, on peut se donner un petit peu de temps et un petit peu de peine pour essayer de repenser un petit peu le modèle. Je crois que dans la loi, on a quand même un certain nombre de choses. Il suffit simplement de respecter l'esprit et la lettre de la loi.
En matière sociale, quand il s'agit de légiférer, il est écrit dans la loi L1 que le gouvernement laisse les partenaires sociaux un espace suffisamment important pour qu'il puisse négocier au préalable. En fait, ça ne fonctionne pas. Pourquoi ? Parce que l'État met des lettres de cadrage qui font cinq pages qui sont en fait l'écriture de la loi. Il dit, vous devez arriver à ce résultat-là. Et finalement, il n'y a pas d'espace pour la négociation. Il faut que l'État se remette en compte. Et ça,
c'est un peu récent quand même.
Il faut qu'il ouvre des espaces.
J'ai une question. J'imagine que vous avez lu une interview de la secrétaire générale de la CFDT, Marie-Élise Léon qui dit ce week-end, elle parle des négociations salariales qui viennent de se terminer, les fameuses NAO qui se sont terminées il y a quelques semaines. Elle dit, il faut les rouvrir parce qu'on voit bien qu'il y a un problème de pouvoir d'achat qui est d'autant plus accentué qu'il y a ce contexte géopolitique difficile. Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ?
Maintenant, pratiquement en permanence, on devrait négocier sur les salaires. Bien sûr, il y a des séquences dans les entreprises. La séquence, elle est terminée, d'autres vont se rouvrir à la rentrée. Ça dépend des entreprises, de leurs habitudes. Mais la négociation salariale en entreprise, évidemment, elle est clé. Moi, je vais vous dire un truc qui a changé. Moi, je suis un militant.
Pour rouvrir les négociations salariales.
Peu importe qu'on les rouvre ou qu'on les ferme.
C'est ma question, pardon. En somme rile, c'est ma question.
Laissez-moi répondre.
Oui, oui. Je vais vous donner ma réponse. Moi, qui suis un vieux militant,
j'ai connu les négociations salariales en entreprise il y a 35 ans. C'était le DRH qui décidait de ses objectifs et qui l'imposait à la direction générale et y compris à la direction financière. Aujourd'hui, ça ne se passe plus comme ça. C'est la direction financière qui dit à la direction générale ce sera temps et tout ça, ça redescend en plus fine. Et en fait, on a en face de nous des gens pour négocier qui n'ont aucune marge de manœuvre. Donc, je réponds à votre question. Le problème n'est pas de les rouvrir.
Le problème est de savoir dans quel cadre et dans quel contexte on ouvre des négociations dans lesquelles on a vraiment matière à négocier autrement que par mobiliser des rapports de force qui peuvent être des appels à la grève, des appels au blocage, etc. Ce qui n'est pas forcément le genre de beauté de la CFE-CGC. Mais il y a un moment où quand même, devant l'aberration du dispositif, tiens, je vous prends un exemple, le Crédit Agricole, une entreprise quand même plutôt bien vue dans laquelle la CFE-CGC c'est notre grande fierté avec le CECA, la première organisation syndicale. Eh bien, ils ont fait deux jours de grève.
Ils ont fait deux jours de grève parce qu'on leur proposait 0,0 je ne sais quoi. Alors même que l'entreprise fait des bénéfices, etc. Je ne dis pas qu'elle est mal gérée. Mais il y a un moment où il faut se retourner vers les salariés et avoir quand même un petit peu d'humilité en leur redonnant ce qui leur revient de mérite.
Encore quelques questions à vous poser. Tiens, juste pour faire un petit pas de côté, est-ce qu'il faut rencontrer le Rassemblement National ? Est-ce que vous l'avez rencontré ? J'imagine que vous avez beaucoup d'adhérents qui votent le Rassemblement National.
Écoutez, de toute façon, c'est les statistiques, etc. Chacun est concerné par ça. Il y en a combien
à priori à la CFSGC ?
J'en ai peut-être tout autant qui votent pour les filles, je suis dit. Moi, je ne m'intéresse pas de ça.
Mais il y en a combien au sein de votre syndicat ? Vous avez une idée ?
Écoutez, les dernières enquêtes que j'ai en tête, on était plutôt un peu en dessous de la moyenne des syndicats. C'est-à-dire ? C'était de l'ordre de 18 à 20 %, je crois, ou même peut-être entre 15 et 18. Je raisonne de mémoire. Si je suis contredit, ce sera parfait. le chiffre sera plus précis. Puis ça change au cours du temps. Mais je vais répondre très précisément à votre question. Moi, personnellement, je ne sollicite jamais les partis politiques. Quand ils me demandent de me rencontrer, je les rencontre. En l'occurrence, le Rassemblement National ne m'a jamais demandé à me rencontrer. Donc, je n'ai jamais eu l'occasion de le faire. Mais je vais plus loin dans la question.
S'il n'arrivait que, dans un temps proche, dans l'ordre du calendrier, il y ait la nécessité institutionnelle pour la CFE-CGC de rencontrer des personnes qui seraient aux responsabilités au niveau du Rassemblement National. Eh bien, on le ferait, forcément. Mais dans des conditions qui sont à déterminer par d'autres. Puisque moi, dans trois semaines, je ne serai plus au mandat. Bien sûr, mais c'est pour ça que je vous prie l'attention. Mais je rappelle, la CFE-CGC, organisation syndicale, libre et indépendante, indépendante de tout parti politique.
Alors, en même temps, puisque vous parlez de votre succession, votre successeur, ce sera Christelle Tchiffin.
On en parle.
On en parle. En tous les cas, elle est seule candidate.
C'est ça la démocratie ?
Non, mais ce qui est drôle.
Clôture des candidatures demain soir. 16h.
Voilà, 16h. Donc, il reste peu de temps.
Vous pouvez encore être candidate ? Oui. Ah non, vous ne pouvez pas. Je ne sais pas.
Pourquoi je ne pourrais pas ?
Il faut cinq ans d'ancienneté dans le syndicat. D'accord. On ne va révéler aucun secret ici. On ne sait pas.
Plus sérieusement, c'est ça la démocratie ? C'est d'avoir un seul candidat ?
Non, moi-même, vous savez, j'ai été à plusieurs reprises, et notamment au Congrès de Saint-Malo en 2013, candidat contre une autre personne. Donc, moi, je n'ai pas de problème par rapport à ça.
C'est le cas, il faut, France Ouvrière. J'ai reçu Frédéric, je viens de trouver tout d'un coup, là. Frédéric Souillot. Frédéric Souillot. Il était seul candidat à sa réélection.
Vous n'avez pas trop
la démocratie chez les syndicats ?
Non, alors les syndicats, c'est un exemple quasi parfait d'une vraie démocratie. Dans une organisation syndicale, il y a un exécutif qui est élu par le Congrès, et cet exécutif en permanence interagit avec des assemblées qui sont là, comme le propose Montesquieu, qui sont là pour le réguler. Après, il y aurait pu y avoir plusieurs candidatures. Ça aurait été mieux ? Je n'ai rien à dire là-dessus. Parfois, c'est mieux parce que ça sollicite à un moment précis un débat interne qui est nécessaire. Moi-même, j'en ai été l'exemple. Ça permet de purger un certain nombre de choses.
C'était votre candidate ?
Christelle ? Oui. Alors moi, je ne désigne personne, mais je suis très satisfait qu'elle soit candidate. D'accord. Est-ce que j'ai bien répondu ? Plus ou moins. Voilà. Il ne faut pas désigner les gens, ce n'est pas bon pour eux. Christelle Théphine qui vient de chez Thalès, qui est de la métallurgie, qui est une militante depuis 25 ans, aguerrie, qui s'est occupée du dossier social, du dossier des retraites à la Confédération. Elle est une parfaite cliente pour reprendre les rênes de la CFE-CGC et pour pouvoir la mener encore plus loin que ce que j'ai moi-même un peu contribué à faire.
Justement, vous direz aussi qu'il y a un truc dont vous êtes fiers, les conclusions. C'est quoi, François Ombril ? Un truc dont je suis fier ? Oui, je ne sais pas. Quelque chose d'un succès. Peut-être un échec. On a parmi un petit peu l'échec du paritarius, etc. Mais un succès.
Moi, il y a un truc dont je suis assez fier et je suis content de le faire ici sur votre plateau puisque mon premier plateau de président, je l'ai fait chez vous. Je voulais d'ailleurs au passage vous en remercier et quelque part, un peu pour moi, la symbolique est forte de faire peut-être mon dernier plateau chez vous parce que vous m'avez toujours bien traité, vous m'avez invité mais je pense que c'est le pluralisme de la chaîne aussi qui veut ça et je me tiens aussi à la...
Ça me fait plaisir de le remarquer et vous m'avez invité la semaine qui a suivi mon élection en 2016, au mois de juin 2016 et vous m'aviez un peu taquiné sur mes déclarations à l'époque qui était de dire que moi, je n'aimais pas, j'ai souhaité faire sortir mon organisation de la case réformiste. Ce fameux terme que, personnellement, je n'aime pas du tout qui est une assignation à résidence. Voilà, vous êtes un syndicat réformiste donc de fait, vous devez accepter toutes les réformes quelles qu'elles soient parce que c'est le sens du vent, c'est le sens de l'histoire.
Parce que c'est un syndicat réformiste la CFDT ?
Écoutez, je vais vous dire un truc. Je suis pas sûr
que Marie-Élise Léon soit d'accord avec vous sur ce point.
C'est la définition que j'en donne. Je n'ai aucun problème avec Marie-Élise Léon et avec la CFDT qui est un syndicat que je respecte et que j'ai d'autant plus respecté dès l'instant qu'ils sont le numéro 1 que je considère que nous devons tous quelque chose à l'organisation qui nous précède et qui, quelque part, tire un peu le groupe. Je n'ai pas de problème par rapport à ça. Je ne crois pas que ces derniers temps, la CFDT, au passage, se soit beaucoup revendiqué comme étant un syndicat réformiste.
Je pense que j'ai beaucoup contribué à démonétiser le terme de réformiste et j'en suis très fier parce que ça, ce sera, si je dois retenir parmi toutes les contributions que peut-être on peut m'attribuer, celle-ci, au moins, c'est la première et si elle a été un peu décisive, eh bien, j'en suis très heureux.
Bon, là, vous allez faire quoi ?
Ah, qu'est-ce que je vais faire ?
Parce qu'en plus, vous êtes chômeur, vous avez été viré aussi, donc vous, vous avez tout.
Oui, c'est vrai. Là, je suis chômeur, donc je vais retourner à France Travail. Je vais leur demander s'ils ont un travail à proposer pour un chômeur de 65 ans qui a quand même un bon CV, mais je ne suis pas sûr mais il faut bien dire que je n'étais pas forcément très disponible puisque désormais, depuis que je suis chômeur, j'ai une activité bénévole qui m'occupe à temps plein, ce qui n'est pas sans poser de problème par rapport au cadre dans lequel on est intégré dans les fichiers de France Travail. Et ça, c'est un cadre personnel, j'allais dire presque anecdotique. Vous allez exprimer,
vous allez découvert les méandres de la bureaucratie sociale.
Je les connais déjà un peu mais pour finir de répondre à votre question, moi, je n'ai pas du tout l'intention de sortir du débat. Je trouverai, croyez-le, d'autres moyens pour être un intervenant. Et vous serez toujours
la bienvenue sur ce plateau. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. François Ombril, donc le président, vous l'avez compris, la CFE-CGC jusqu'au 10 juin et puis on attend votre nouvelle, celle qui va vous succéder avec intérêt. Voilà, c'est la fin de ce 18-19. Évidemment, on se retrouve demain tout de suite Erwan Maurice pour son grand journal de l'écho. Bonne soirée.