Marion Maréchal assure être "un allié" de Marine Le Pen pour la campagne présidentielle
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Marion Maréchal est avec nous, bonsoir, mais avant ça quand même on a besoin de l'éclairage de Vincent Vantiguem parce que la véritable feuilleton judiciaire que nous vivons depuis hier, on a appris dans un communiqué que la cour de cassation pourrait se prononcer au plus tard début avril 2027, rappelons que le premier tour c'est le 18 avril, le premier tour de la présidentielle, ça veut dire que ce jour-là, à cette période-là, début avril, la cour de cassation pourrait rejeter le pourvoi et donc Marine Le Pen serait définitivement condamnée ?
Oui, c'est ce qu'on comprend dans ce communiqué de la cour de cassation qui vient un peu invalider, je ne vais pas dire la stratégie, mais en tout cas ce que les avocats de Marine Le Pen ont indiqué hier sur l'antenne même de BFM, Rodolphe Bosslu et Sandra Chirac-Colary qui étaient avec Maxime Switek hier soir et qui expliquaient bien que le pourvoi en cassation, maintenant il n'y a plus de caractère urgent et qu'il faudrait sans doute attendre 12 à 18 mois pour le voir examiner, eh bien non, la cour de cassation dit aujourd'hui qu'on va aller plus vite, comme elle l'avait d'ailleurs indiqué en début d'année.
Un examen avec une décision au plus tard, avant le premier tour, donc début du mois d'avril, les mêmes options sont sur la table, si jamais la cour de cassation rejette le pourvoi déposé par Marine Le Pen, effectivement sa condamnation deviendra définitive et viendra alors le temps de l'équiper d'un bracelet électronique. Est-ce qu'on aura le temps entre une décision début avril et un premier tour le 18 avril ? Ça semble un petit peu compliqué, il y aura d'autres débats en ce moment-là.
Et puis il y a l'autre option, si la cour de cassation casse l'arrêt qui a été rendu hier par la cour d'appel, eh bien on leur donnera un nouveau procès et à ce moment-là elle redevient totalement présumée innocente. Elle l'est aujourd'hui.
Un procès qui n'aura pas lieu dans la foulée.
Un procès qui n'aura pas lieu dans la foulée si jamais elle est élue. Si elle n'est pas élue, on pourra très bien avoir son procès.
Avant de me tourner vers vous Marion Maréchal, la campagne, Marie Chantret, ce matin il y avait des gens avec des casseroles. On a entendu condamnés, condamnés, condamnés. Donc elle prend le risque, moi aussi Marine Le Pen, de retrouver ça à chaque meeting, à chaque moment.
Empêchée, pas par un bracelet électronique de faire campagne, mais empêchée peut-être par des manifestants. Dès hier soir, quand on a appris ce déplacement sur les réseaux sociaux, ont circulé des appels justement lancés par des partis politiques et des militants. En l'occurrence, la France Insoumise et les écologistes, qui étaient présents ce matin à La Flèche, qui ont obligé d'ailleurs la candidate et Jordan Bardella à écourter ce déplacement et à aller, je mets de gros guillemets, se réfugier dans la mairie de La Flèche.
Julien Sanchez, justement le patron de la campagne du RN, disait tout à l'heure sur notre antenne et notre plateau que le préfet, le préfet de la Sarthe, avait sous-estimé ses appels à manifester et que les forces de l'ordre n'étaient pas assez nombreuses sur place. Mais en effet, c'est le risque que prend aujourd'hui Marine Le Pen candidate en se maintenant de déplacement parfois contrarié des appels à manifester très régulièrement à chaque fois qu'elle se déplace.
Donc, pari politique, mais aussi, on vient de le voir avec Vincent, pari judiciaire puisque la Cour de cassation n'a pas l'intention de céder aux pressions de Marine Le Pen et de ses avocats. Peut-être que Marine Le Pen en a fait un peu trop hier ?
Non, pas un pari. Respect de l'état de droit, respect de la décision de justice, de la part du justiciable qui n'a pas plus de droits mais n'en a pas moins. Or, la justice a décidé que Marine Le Pen avait le droit d'être candidate. Donc, elle fait valoir ce droit. La justice prévoit qu'elle peut se pourvoir en cassation. Donc, elle fait valoir ce droit. Maintenant, moi, je vous le dis, je... Enfin non, pas je m'étonne.
Mais j'interpelle quand même sur ce récent communiqué de la Cour de cassation qui annonce donc qu'il prendra une décision d'ici maximum la fin d'avril, ce qui démontre bien que nous sommes dans un calendrier politique et qu'en réalité, contrairement à ce qu'on nous dit, Marine Le Pen n'est pas une justiciable comme les autres. Parce que si Marine Le Pen était une justiciable comme les autres, rien n'aurait indiqué que la Cour de cassation se prononce avant...
Oui, mais elle voulait un appel rapide, Mme Le Pen.
Excusez-moi juste qu'elle se prononce avant 12 à 18 mois, ce qui est le délai classique de la Cour de cassation.
On va écouter Jean-Philippe Tanguy, pardon, priorito. On revient tout de suite.
Il y a une autre campagne qui prend l'eau et qui n'intéresse personne. Par contre, j'aimerais bien avoir une vie privée... Ça ne vous met pas des bâtons dans les roues, quand même ? Ça ne vous met pas des bâtons dans les roues, le fait que la Cour de cassation compte se prononcer avant le début de la campagne ? Absolument pas. Tout est normal et vous allez vous prendre un poteau et vous allez vous faire très mal. Or, on a besoin de vous pour justement que la campagne se passe bien et qu'on ait des débats de qualité.
Oui, donc, le petit trait d'humour de Jean-Philippe Tanguy vis-à-vis de Milan Argelas, notre journaliste. Pardon, je vous ai interrompu dans votre raisonnement.
Non, je vous en prie, mais je vais au bout de mon raisonnement. Le raisonnement, c'est que pour moi, il y a donc un calendrier politique puisque nous ne sommes pas dans les délais classiques de la Cour de cassation. Alors, on nous oppose le fait que la Cour de cassation avait dit à l'époque qu'elle se prononcerait rapidement, mais quand il y avait un caractère d'urgence, c'est-à-dire l'inégibilité prononcée de Marine Le Pen est provisoire, ce qui n'est plus le cas en espèce, donc il n'y a plus de caractère d'urgence.
Et donc, moi, je vais vous dire, c'est mon avis très personnel, là, je parle en mon nom exclusivement, puisque ce calendrier est politique, puisque Marine Le Pen n'est pas traitée comme une justiciable classique, puisque la Cour de cassation marque la volonté de vouloir potentiellement interférer dans cette campagne en ne donnant plus les moyens à Marine Le Pen de pouvoir exercer cette campagne normalement, puisqu'elle pourrait, dans ce cas-là, avoir un bracelet. Moi, je considère qu'elle doit aller au bout de cette campagne quoi qu'il arrive, c'est-à-dire même avec un bracelet électronique.
– Vous avez dit « on nous oppose », vous êtes dans le camp de Marine Le Pen. – Quel rôle vous avez joué ?
– Je ne fais pas de surprise en vous disant que je suis un soutien et un allié de Marine Le Pen, j'ai des candidats qui étaient sur des listes communes avec le Rassemblement national et l'UDR d'Éric Ciotti.
– Vous allez rejoindre le R pour la campagne Identité et Liberté.
– Exactement, donc je suis un allié, je suis un soutien, sans aucune ambiguïté depuis maintenant des mois. Nous avons déjà eu des listes communes par le passé, et je serai évidemment active.
– Quel rôle voulez-vous jouer ? Vous voulez jouer un rôle particulier dans cette campagne ?
– Écoutez, de fait, aujourd'hui, qu'est-ce qui est indiqué par les sondages, c'est une photographie, c'est que le camp national est très haut, historiquement haut, mais que pour arriver à une victoire au second tour, il faut faire 50 plus 1. Donc il y a encore des électeurs à aller chercher, et donc je vais contribuer à aller chercher ces électeurs, peut-être davantage, si je puis dire, de ceux qui sont aujourd'hui encore, pour ce qu'il en reste, chez Éric Zemmour ou chez Bruno Retailleau, parce que je pense que nous partageons l'essentiel.
Et moi, le message que j'ai envie de leur faire passer, c'est de leur dire que plutôt que leurs idées soient enfermées dans une impasse électorale, ou qu'elles puissent prendre les risques d'être diluées dans la Macronie, qu'ils se joignent à nous, parce qu'avec nous, elles seront non seulement représentées, défendues, mais potentiellement au pouvoir. – Marion Maréchal, je suis saisie, même si vous dites que vous parlez en votre nom, vous dénonciez, vous appropriez ce terme de calendrier politique. La critique de la justice, de cette justice politique, c'était la tonalité après la première instance.
Force est de constater que vous avez vu que vous et vos troupes, et Marine Le Pen elle-même, c'est revenu un peu en boomerang. Ça vous a été fortement reproché par les avocats généraux, notamment lors des réquisitions. Est-ce que reprendre finalement cette sémantique-là n'est pas un risque dans lequel vous pouvez tomber à nouveau ? – Mais vous savez, comment expliquer une accélération inédite du calendrier de la Cour de cassation autrement que pour cette raison-là ? Il n'y a aucune raison objective que la Cour de cassation ne respecte pas. – C'était une volonté de votre part que la justice a été dit.
– Une fois de plus, nous ne sommes plus dans la même configuration que celle de l'exécution provisoire, qui avait un caractère d'urgence. Maintenant, moi je vous le dis, une fois de plus, on a le droit de critiquer des décisions de justice et de ne pas être d'accord. Je vous donne un exemple sur cette affaire très claire. En première instance, il a été dit que Marine Le Pen devait être inéligible parce que sa candidature, je cite, risquait de créer un grave trouble public à l'ordre démocratique. Ce n'est pas une petite phrase ça quand même. Eh bien l'appel a totalement effacé ça.
Et l'appel a considéré que non, sa candidature finalement ne représentait pas un trouble grave à l'ordre démocratique. – Et l'appel a sans doute la liberté.
– Il fallait laisser la liberté, le choix aux électeurs.
– Et donc exactement, donc manifestement, une Cour de justice peut se tromper. Il peut y avoir des interprétations différentes. Et donc rien n'indique que Marine Le Pen ne parviendra pas à prouver définitivement son innocence sur le plan du droit devant la Cour de cassation, puisque déjà entre deux décisions de justice, il y a eu une inflexion, une réduction très importante. – Mais c'est pour ça en fait que la Cour de cassation accélère son calendrier en fait. Parce que dans un premier temps, après le jugement de première instance, Marine Le Pen elle-même avait réclamé une accélération pour que ce soit purgé avant le premier tour de la présidentielle. Sinon elle n'aurait pas pu se présenter.
C'est pour ça que la Cour d'appel s'est mise en marche rapidement. Et c'est dans ce cadre-là que la Cour de cassation a indiqué oui, il faut purger ce dossier avant la présidentielle parce qu'il y a un débat sur l'inéligibilité. On ne peut pas dire d'un côté quand je suis inéligible il faut que ça aille vite et maintenant que je ne le suis plus il faut redevenir normal. – Vous ne pouvez pas écarter le caractère quand même un peu pernicieux de cette annonce de la Cour de cassation.
Parce que la Cour de cassation dans ce cas-là va avoir créé une incertitude justement sur cette campagne et créé une incertitude sur cette candidature qu'il ne devrait pas lieu d'avoir puisqu'elle a l'occasion de pouvoir se présenter. Et de fait, le côté pernicieux c'est de ne pas donner une date précise. Donc ils sont en train de nous expliquer qu'ils prendront une décision au maximum en avril, c'est-à-dire n'importe quand pendant la campagne.
– On écoute Marine Le Pen qui est en train de sortir.
– Qu'est-ce que vous répondez au bloc central notamment qui vous accuse de prendre en otage cette campagne ?
– Comment vous avez réagi madame ?
– Qu'est-ce qui s'est dit là-dessus sur ce qu'a annoncé la Cour de cassation lors du Conseil national ? – Don't acte. – Mais encore, qu'est-ce que ça veut dire « don't acte » ? – Attention, la voiture derrière.
– Le poteau, la voiture, il y a tout. – Je prends acte. – Pas de commentaire supplémentaire de Marine Le Pen, elle a dit ce qu'elle avait à dire, place à la campagne maintenant.
– Si on quitte le terrain judiciaire pour aller sur le terrain politique, est-ce que Marine Le Pen est une meilleure candidate que Jordan Bardella selon vous ?
– Moi je pense que Marine Le Pen est une très bonne candidate, elle est d'ailleurs reconnue par…
– Non la question est, est-ce qu'elle est meilleure que Jordan Bardella ?
– J'ai compris, ce que je veux dire c'est que je pense, mais en fait ce qui est terrible, c'est qu'on a le sentiment que lorsqu'on donne des qualités à Marine Le Pen, ce serait une manière en miroir de relever les défauts de Jordan Bardella. Mais ce n'est pas le cas, ils ont tous les deux des qualités, des parcours différents. – Mais c'est un argument de vos adversaires. Manuel Bompard dit en fait, c'est une forme de défiance, il s'est dit Jordan Bardella, d'avoir maintenu coûte que coûte sa candidature.
– Mais pas du tout, je veux dire Jordan Bardella. – Vous ne faisiez pas confiance à Jordan Bardella ?
– Jordan Bardella a été le premier d'ailleurs dans cette campagne à dire et redire que Marine Le Pen était la candidate légitime du camp national. Et la réalité d'ailleurs, quand on regarde les photographies selon les configurations qui n'étaient pas toujours testées de la même manière d'ailleurs, dans le même étiage, voilà, donc je pense que la confiance des Français est envers eux et envers le Rassemblement national au sens large et ses alliés, elle est massive.
– D'accord, mais notre sondage et l'app que nous publions ce soir montrent quand même qu'il y a un tiers des électeurs du Rassemblement national qui auraient finalement préféré que Marine Le Pen ne se présente pas et quand on va plus dans le détail, Jordan Bardella finalement est devant Marine Le Pen, c'est-à-dire qu'il commence à s'habituer à la candidature Bardella il va falloir faire un travail là.
– Non mais je vais vous dire, une fois de plus, quand on regarde les photographies, il y a très très peu d'écart entre les candidats et maintenant la campagne commence, voilà, donc tout est à faire, rien n'est jamais acquis, ça vous avez raison de le dire, c'est pas parce qu'on est très haut dans une photographie que nécessairement ce sera le résultat final et une fois de plus…
– En général les favoris perdent à la fin, la présidentielle.
– Oui, enfin, parce qu'on a beaucoup ce débat, mais enfin on a quand même la chance nous au sein du camp national d'avoir eu deux candidats potentiels qui étaient quand même de grande qualité et envers lesquels les Français avaient quand même une large confiance, c'est pas le cas de nos adversaires, il y en a qui ont même parfois une difficulté à avoir un seul bon candidat, donc je pense qu'on va pas se plaindre de ça, maintenant ce qui est vrai c'est qu'il faut transformer l'essai et faire 50 plus 1, donc il y a des électeurs à aller chercher, mais en revanche moi ce que je dis aux électeurs, c'est qu'il y a quand même trois hypothèses très claires qui se dessinent devant nous.
– Lesquelles ?
– L'hypothèse numéro 1, c'est la continuité de la Macronie avec le duo Édouard-Philippe Attal qui recycleront l'intégralité de la Macronie et des LR centristes, voilà. L'hypothèse numéro 2, pardon, mais c'est tout droit et à toute balle vers le risque de guerre civile avec Jean-Luc Mélenchon et son concept de Nouvelle-France, voilà. Et troisième option, c'est une nouvelle génération politique avec un projet de rupture qui n'est tenu par personne et qui est incarné par l'international.
– Pardon, Marine Le Pen n'incarne pas la nouvelle génération, Jean-Dame Bardella a incarné une nouvelle génération, le renouvellement. Marine Le Pen, c'est sa quatrième candidature, on ne peut pas dire qu'elle incarne le renouvellement.
– Si, elle incarne évidemment une nouvelle génération qui n'a jamais été aux affaires et qui a, malgré tout, je pense qu'on pourra lui accorder ça, vu loin et beaucoup de choses depuis longtemps, là où beaucoup ont été naïfs, aveugles, voire incompétents. Donc si, de fait, elle incarne cette nouvelle génération qui pourrait changer complètement la donne et c'est comme ça qu'elle sera perçue. Et juste, je me permets juste un dernier sujet parce que ça me paraît très important, vous parliez du rôle que je pourrais jouer dans la campagne, ça c'est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur. Moi, je considère qu'il y a trois tours, en fait, dans cette campagne.
Il y a les présidentielles, il y a les législatives et il y a l'Europe. Et ce n'est pas un petit sujet, parce qu'il faut savoir que l'élection italienne va se jouer au même moment que l'élection française. Imaginez le scénario extrêmement enthousiasmant que nous pourrions vivre si Marine Le Pen l'emportait, si Georgia Belloni était reconduite, nous aurions l'opportunité historique de construire un couple franco-italien cohérent, notamment sur la question de l'immigration, et pouvoir ainsi infléchir de manière inédite et historique les politiques européennes au Conseil européen. Et ça, vous voyez, c'est quelque chose qui me motive.
Madame Mélonique avait régularisé 500 000 personnes.
Mais c'est totalement faux. C'est répété en boucle depuis un an. Madame Mélonique n'a jamais régularisé 500 personnes. Jamais. C'est faux. C'est faux. C'est totalement faux. D'ailleurs, l'immigration de travail... Elle était revenue, en tout cas, sur ses promesses de campagne. L'immigration, vous regardez tous les chiffres factuellement... Face à la réalité économique du pays. Non, mais tous les chiffres factuellement démontrent que l'immigration, à la fois illégale, d'ailleurs illégale, a baissé en Italie parce qu'elle avait donné un potentiel de visa de travail avec des conditions tellement strictes qu'en réalité, ce potentiel est très très loin d'être atteint.
Parce qu'un exemple, elle n'accorde pas de visa de travail à des pays qui ne s'engagent pas à reprendre leur clandestin. Voyez-vous, c'est en France, on n'aurait pas de travailleurs algériens, par exemple. Donc évidemment, les conséquences se font tout de suite voir. Donc moi, nous avons commencé à changer l'Europe. Si nous avions devant les mains Marine Le Pen et Georgia Meloni au Conseil européen ensemble, nous ferions des étincelles.
Vous avez toujours ce problème, parce que vous, vous défendez l'union des droites. C'est votre combat. Marine Le Pen, votre tante, elle ne cesse de dire « je ne suis ni de droite ni de gauche ». Donc vous avez quand même une différence d'approche. Comment vous allez la convaincre d'aller vers votre ligne ? Puisque vous dites « c'est ma ligne qui permettrait de gagner ce fameux second tour ». Rappelons que Marine Le Pen a toujours échoué au second tour sur une espèce de plafond de verre.
Et Jordan Bardella était beaucoup plus ouvert, et beaucoup plus ouvert à cette main tendue, à cette union des droites. Au-delà des sujets doctrinaux, de posture, ou d'éléments de langage, ou de vocabulaire, moi je regarde les actes. Marine Le Pen, elle a été celle qui a tendu la main et a rassemblé ces dernières années. Elle nous a rassemblés, nous, en l'occurrence, mon mouvement. Elle a accueilli quand même rien de moins que l'ancien patron de LR, pour quelqu'un qui serait contre l'union des droites. Ce n'est quand même pas un petit sujet.
Elle a de fait, aux dernières élections municipales, laissé l'intégralité des candidats qui le souhaitaient tendre la main au LR à l'entre-deux-tours pour faire battre la gauche, ce que les LR ont refusé. Mais ce n'est pas Marine Le Pen qui a empêché ce rassemblement. Donc je veux dire, cette volonté de rassemblement, elle existe et elle est déjà en cours.
– Est-ce qu'il faut par exemple dire à Bruno Retailleau, au lieu de rejoindre Edboard Philippe, pendant quelques mois, rejoignez-nous ?
– Moi je le dis très ouvertement, parce que la réalité, c'est que moi je ne remets pas en cause la sincérité de Bruno Retailleau, mais la réalité de son choix politique de s'allier à la Macronie, c'est que ses résultats ont été déplorables en matière de lutte contre l'immigration clandestine. Parce que précisément, il était allié à des gens qui ne pouvaient pas lui permettre de mettre en place vraiment les idées auxquelles il est censé croire. Or, avec nous, de fait, il aurait une coalition cohérente dans laquelle il pourrait défendre ce qui lui tient à cœur.
– Donc vous dites ce soir, et le rôle que vous aurez dans cette campagne, que l'on ne comprend pas véritablement, mais vous allez avoir un rôle, vous allez conseiller à Marine Le Pen de faire ce rapprochement. La victoire peut aussi passer par là, selon vous ? – Croyez-vous vraiment que si demain, Bruno Retailleau, je ne sais pas, en novembre, après avoir joué la course aux petits chevaux des sondages, se posait la question de savoir s'il devait rejoindre Marine Le Pen ou Edouard Philippe, et qu'il disait finalement, je fais le choix historique de rejoindre le camp national, vous croyez que Marine Le Pen refuserait ? Mais jamais de la vie, jamais de la vie.
Maintenant, la balle est dans leur camp, parce que la réalité de cette main tendue, elle a été démontrée à très nombreuses reprises par le passé soir. – Vous dites ce soir que Marine Le Pen accepterait de s'allier, finalement, comme avec Éric Ciotti en son temps ? – Mais j'en suis absolument convaincu, j'en suis absolument convaincu. Alors, sur un programme cohérent, évidemment, il faudrait qu'on discute des idées. – Après avoir été ministre de l'Intérieur d'Emmanuel Macron, elle pourrait revenir sur… – Pour récupérer finalement des alliés d'Emmanuel Macron.
– Moi, je suis convaincue que s'il y a, comment dire, un projet de rassemblement cohérent et qu'il y a des gages qui sont donnés de sincérité et de construction à l'avenir, je suis convaincue que Marine Le Pen ne serait pas un obstacle à ce rassemblement, ça me paraît être une absolue évidence. Maintenant, je veux dire, on n'en prend pas le chemin, parce que de fait, à l'heure où nous parlons, encore aux dernières législatives, les LR ont fait le choix de s'allier avec Horizon et avec la Macronie, et qu'à l'heure où nous parlons au sénatorial, il y a encore des listes communes entre les LR et la Macronie.
– Admettons que ça se passe, ça ne garantit pas…
– Vous nous retirez le président des LR quand même, il fait des alliances avec la Macronie au sénatorial.
– Ça ne garantit pas, c'est-à-dire que les électeurs suivent et fassent la même chose. Ça peut être un ralliement solitaire à ce moment-là.
– Rien ne garantit rien, si vous voulez, mais à un moment donné, il me semble quand même que quand on incarne une coalition et une équipe, on a plus de chances de parler un maximum de Français que lorsque l'on est tout seul. Et je crois que vous parliez de mon rôle, l'une des plus-values que je peux apporter, c'est que moi, je porte aussi une sensibilité dans cette coalition particulière, et donc je parle à des gens qui se reconnaissent peut-être davantage sur certains points dans la ligne que je porte et qui ont la garantie ainsi que leur ligne sera représentée dans cette coalition, influera dans cette coalition et aura demain des représentants dans les institutions.
– Si on revient juste sur sa décision de se maintenir et d'aller à cette présidentielle, il y a aussi depuis plusieurs heures, plusieurs jours, des propos, le fameux placard à archives qui ressortent sur la probité, sur l'exemplarité, sur des élus condamnés. Et ça, c'est des mots qu'a tenus Marine Le Pen.
– On peut l'écouter directement.
– On peut l'écouter.
– Merci Marie Chantré, on va l'écouter, cette archive. Allons-y.
– Est-ce qu'il faudra un casier vierge, désormais, pour être candidat du Rassemblement national ? – Mais c'est toujours la politique que nous avons suivie. Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro une lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République. – Si Marine Le Pen est condamnée ? – Si, avec des si, un appel. – L'appel vous rend plus blanc que blanc. – Très bien, et si l'appel confirme la première sanction et qu'il y a des législatives en 2027, ou une présidentielle en 2027, Marine Le Pen ne peut pas être candidate parce qu'elle aura été condamnée, c'est ce que vous venez de dire.
– Mais l'appel ne confirmera pas puisque Marine Le Pen est totalement innocente. – Mais vous venez d'édicter une position de principe qui est de dire s'il y a condamnation, il n'y a pas de candidature. Et ça vaut pour tout le monde, on est d'accord. – Mais évidemment que ça vaut pour tout le monde. – Mais Marine Le Pen est innocente. – Oui, mais il y a quand même le scénario de la condamnation. – Je vais vous dire, moi je n'ai jamais voulu d'ailleurs rentrer dans ce débat du casier judiciaire vierge parce qu'il faut comprendre de quoi on parle. Moi je vais vous dire, vous avez quelqu'un devant vous qui a été condamné en première instance. Alors j'ai fait appel, donc je suis encore innocente.
Vous savez pourquoi j'ai été condamné ? J'ai été condamné parce qu'à l'époque, j'ai dit de l'IESH, l'Institut des Frères Musulmans, qu'il était une école islamiste. Il se trouve qu'entre-temps, cette école a été fermée, précisément pour ses accointances avec les Frères Musulmans, et que le juge a quand même trouvé bien de me condamner pour avoir dit après la fermeture de cette école qu'il était anormal, que j'ai pu dire que c'était des islamistes.
– Donc vous étiez quoi, condamné pour diffamation ? – Exactement. – Ce n'est pas la même chose qu'à me condamner pour détournement.
– Oui, mais d'accord, mais ça commence et ça s'arrête où ? Parce que la réalité de cette affaire, une fois de plus, c'est que, non, si, je suis désolée, parce que de fait, on n'est pas, c'est important de le rappeler, Marine Le Pen ne s'est pas mis de l'argent dans les poches, il n'y a pas d'enrichissement personnel, il n'y a pas de corruption, on est sur un débat sur le périmètre…
– Il y a du détournement, le jugement il est clair, il y a juste détournement.
– C'est un sujet, c'est un sujet en fait de périmètre de travail des assistants parlementaires. – Mais qui a été reconnu comme étant une infraction. – Et par ailleurs, Jordan Mandela a raison de le rappeler d'ailleurs, jusqu'à que la cassation se soit, comment dire, décidée, Marine Le Pen reste innocente, et une fois de plus, il a été démontré qu'entre la première instance et l'appel, la peine avait déjà été réduite, donc on peut espérer que le droit… – Mais pas la culpabilité.
– Que le droit, que le droit, oui d'accord, mais enfin ce que je veux dire c'est que si déjà on est capable de passer deux juges qui expliquent que sa candidature serait un trouble à l'ordre démocratique, et les suivants qui disent que ce ne serait plus le cas, bon c'est que manifestement il y a une marge d'interprétation.
– Donc on comprenait bien votre position, si jamais la cour de cassation début avril ne casse pas le procès, enfin l'arrêt, et donc ne redemande pas un procès, Marine Le Pen sera donc condamnée définitivement, et ça ne vous choquera pas qu'elle se présente condamnée ?
– Non, parce que ça c'est mon avis personnel, parce que je considérais que ce calendrier était politique, et puis surtout je vais vous dire, au-delà de ce sujet de cette affaire… – Ça sera compliqué quand même de demander ensuite,
une fois au pouvoir, zéro, zéro lactisme, tolérance zéro, plus de répression, incarner l'autorité, incarner l'ordre, enfin pardon, une présidente condamnée peut-elle incarner l'autorité ?
– Qui on a face à nous, excusez-moi, on a face à nous des gens qui appellent à l'insurrection populaire en cas de victoire de Marine Le Pen, qui mettent le dawa, le chaos à l'Assemblée nationale quand des textes parlementaires ne leur plaisent pas ? Des élus de la République qui sont aujourd'hui… Excusez-moi, non mais parce que moi je veux bien… – Non mais vous vous échappez,
est-ce qu'une présidente condamnée peut être la garante des institutions, et notamment des institutions judiciaires ?
– Je vous dis que quand on voit aujourd'hui le dossier qui touche à Marine Le Pen, dans lequel il n'y a ni corruption, ni enrichissement personnel, et un débat, comment dire, d'ordre presque administratif… – C'est pas parce que ça a été tranché. – Non mais d'accord, mais moi je conteste la manière dont les juges ont décidé de cette décision. – Sauf qu'on est dans un état de droit
avec une décision de justice, une cassation, une possibilité d'une condamnation potentielle, définitive, pour quelqu'un qui peut être élu président de la République. Enfin, aujourd'hui on ne peut pas être fonctionnaire si on a un casier judiciaire, et là on aurait une personne qui irait à l'Élysée avec un casier judiciaire.
– Moi ce que je vois… – Enfin, Marion Maréchal, vous êtes élue de la République. – Oui, oui, mais moi ce que je vois, si vous voulez, c'est que Marine Le Pen aujourd'hui est la mieux placée, me semble-t-il, pour répondre à deux dangers qui nous menacent, qui sont celui finalement de la continuation de ceux qui nous ont mis dans le mur aujourd'hui, et d'un homme qui menace rien de moins, si vous voulez, que la paix civile dans notre pays. – Non mais d'accord, mais ça c'est les Français qui trancheront par rapport au programme.
– Oui, mais c'est exactement ça, laissez les Français trancher, c'est pas vous sur ce plateau de télévision qui pouvez dire est-ce que Marine Le Pen est digne d'être chef de l'État. – Je vous réponds, je vous réponds.
– Moi je me fie simplement un scénario judiciaire.
– Ce sont les Français qui décideront si Marine Le Pen, est digne d'être chef de l'État ou pas. – D'accord. – C'est quand même la chose la plus saine qui soit. Si les Français sont d'accord avec vous, eh bien ils n'iront pas à Maléry Le Pen. S'ils ont confiance en elle, malgré son casier judiciaire possible, eh bien ils iront chef de l'État. – Et vous ça ne vous choque pas. – Il me semble, excusez-moi, que quand on revient à ce qu'a pu dire le général de Gaulle qui s'y connaît un petit peu en Vème République et qui expliquait que le juge suprême, le juge suprême c'est le peuple, c'est pas la cour de cassation, c'est pas le conseil constitutionnel.
Ce serait bien que certains s'en rappellent, notamment dans la magistrature.
– Merci Marion Maëch. – Merci d'avoir été avec nous.
Marion Maréchal