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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 19 septembre 2026 5 min

Logements sociaux : pourquoi Marine Le Pen veut-elle supprimer la loi SRU ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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Donc Marine Le Pen, elle souhaite supprimer la loi qu'on appelle SRU. Cette loi SRU, c'est une loi qu'on a assez emblématique en France qui impose au maire d'avoir un quota de logements sociaux dans leur ville, quota de 20 à 25 % s'il le respecte pas, il y a des sanctions. Donc Marine Le Pen, elle considère elle que les logements sociaux sont trop souvent donnés aux immigrés et ça vous allez voir que les cadres du RN sont venus le répéter toute la semaine à la télé. Aujourd'hui, la saturation du parc social est liée essentiellement à l'immigration. Le logement social a été financé par nos parents, nos grands-parents, nos arrières-grands-parents et il est aujourd'hui assez incompréhensible que les Français en soient un peu exclus. 70 % des Français sont éligibles au

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logement social. Ils rentrent dans les critères qui pourraient leur permettre d'avoir un logement social. 11 % d'entre eux en bénéficie. On entend beaucoup de chiffres 70 % 11 % mais ça semble assez confus ce débat et on a du mal à comprendre finalement tout simplement quelle est la part des étrangers dans les logements sociaux ou des immigrés et au tu vas nous aider à y voir plus clair ou parce que ce chiffre il a d'abord été prononcé par Marine Le Pen seulement 11 % des Français bénéficient des logements sociaux c'est vrai que dit comme ça ça paraît peu. Alors pour dire ça le RN se base sur un chiffre qui existe et celui de l'INC hein. Regardez, on va ça va s'afficher 11 % des personnes non immigrées, c'est-à-dire des personnes nées en France vivent dans un logement

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social. Donc ça fait un français sur 10. Pour les immigrés au sens de l'INC, c'est-à-dire les personnes nées à l'étranger, mais aussi les personnes qui ont été naturalisées français depuis, là c'est 30 %. Donc trois immigrés sur 10 vivent dans un logement social. Donc proportionnellement, oui, c'est vrai, les immigrés vivent plus souvent dans des logements sociaux et c'est ce qui permet aux députés de de du RN de parler de surreprésentation. En revanche, nous, on a aussi regardé les chiffres en valeur absolue cette fois-ci et là, on voit qu'au total 16 % des résidents du parc social sont étrangers. Donc, si on fait la soustraction, ça veut dire que on arrive à la conclusion que plus de 8 français sur 10 vivent dans des dans les logements sociaux. Donc on peut pas non

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plus dire que les français sont sur 10 logements sociaux, il y en a plus de h qui sont occupés par des franç qui sont occupés par des français. C'est ça qu'il faut retenir en fait pour comprendre cette proportion. Donc on peut pas dire qu'ils sont exclus comme on l'a entendu. Voilà mais voilà on remet les choses un peu au carré et c'est très bien. On va recevoir Pierre Madeek donc à distance mais merci beaucoup d'être avec nous. Pierre Madeek, bonjour. Bonjour. Alors vous avez entendu cette chronique, vous êtes économiste à l'OFCE, vous êtes spécialiste du logement. Merci encore d'être avec nous. Et donc on a fait le point sur qu'est-ce que représentent les étrangers dans les logements sociaux. Ça c'est fait. Maintenant, est-ce qu'on peut dire plus généralement qui bénéficie en France des

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logements sociaux et notamment la question qu'on se pose, c'est est-ce que c'est vraiment les les plus pauvres ? Alors oui, c'est-à-dire que globalement quand on regarde le taux de pauvreté dans le parc social, il est très élevé. Il y a une surreprésentation des pauvres dans le parc social. Je pourrais revenir juste sur ce qui a été dit avant. En fait, ce que dénonce euh sans le dire le Rassemblement national, c'est le fait qu'il y ait pas assez de pas suffisamment de de logements sociaux. C'est ce que montre bien les chiffres que vous avez exposés. C'est on a 70 % des gens qui sont éligibles euh par leur revenus et on a que une toute petite minorité qui y accède. Il y a aujourd'hui plus de 3 millions de demandeurs de logements sociaux. Euh et donc derrière le problème c'est le

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problème du nombre de logements plus que qui euh le les occupent. Ceux qui les occupent c'est plutôt des ménages pauvres et il s'avère que bah les étrangers sont plutôt plus pauvres que les autres. Ouais. Mais ce que j'ai compris aussi c'est que les plus pauvres des plus pauvres eux ont du mal à accéder au logement social. Ça peut paraître paradoxal mais c'est quand même le cas en France. Alors il y a en effet beaucoup de pauvres dans le parc social. Ce qui se passe, c'est que il y a pas suffisamment de logement accessible pour les ménages les plus pauvres. Il y en a un peu dans le stock mais en fait les ménages qui sont en place ne quittent pas leur logement parce qu'ils ont aucune solution pour aller se loger ailleurs. Ils peuvent pas aller sur le marché

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locatif privé qui est trop cher. Ils peuvent évidemment pas accéder à la propriété compte tenue du niveau des prix. Et donc en effet, ce que nous on avait montré euh à l'OFCE pour le défenseur des droits notamment il y a quelques années, c'est qu'il y a des vraies difficultés d'accès des ménages les plus modestes au parc à la fois parce que il y a pas assez de logements disponibles, notamment des logements très peu chers pour ces ces populations. Et en plus quand des logements se libèrent, on a tendance à préférer, toute chose égale par ailleurs, des ménages un peu moins pauvres. Soit parce que on a des systèmes de priorisation euh qui font que il y a certaines situations d'urgence qu'il faut traiter euh et que la pauvreté n'en est pas forcément une. Euh soit parce que on va

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avoir tendance à préférer un ménage un peu plus riche qui a moins de chance, en tout cas c'est ce qu'on pense euh de ne pas payer son loyer des mécanismes qui en fait sont à l'œuvre également sur le marché locatif privé. Alors en tout cas, il y a un levier pour le RN qui est très clair, c'est queon devrait libérer de la place dans les logements sociaux la place des prises par les immigrés et ils appellent ça donc la priorité nationale. On a ils veulent pas les les ils veulent pas faire sortir. Ils disent ceux qui sont occupés sont occupés, c'est plus sur les nouvelles attributions d'accord. En tout cas, ça ferait de la place pour des Français.