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interviewRMC· 26 février 2024

🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Céline Imart sur RMC

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

et les députés LR qui ne l'ont pas voté. Donc pour moi, ce sont des actes. Donc ça veut dire que là, vous êtes tout de suite en train d'attaquer les députés Renaissance, qui diraient aujourd'hui le contraire de ce qu'ils ont fait à Bruxelles ?

Moi, je n'attaque personne, je constate simplement qu'aujourd'hui, il y a des paroles et il y a des actes. Et pourquoi l'Europe ? Parce que c'est là que ça se joue ?

Il y a beaucoup de choses qui se jouent à l'échelon européen. 80% de notre droit en France, qui pèse énormément sur les gens qui travaillent, sur les entreprises, sur les agriculteurs, est produit d'abord à l'échelon européen. Tout à fait.

Vous avez entendu cette colère. Vous serez, vous, au Salon de l'agriculture toute la journée aujourd'hui, Céline Imar. Quand vous avez vu les images de la visite d'Emmanuel Macron, particulièrement chahutée, voire violentée, samedi, vous êtes de quel côté ?

Vous êtes plutôt quand même du côté du président de la République en vous disant « voilà, il faut qu'il puisse visiter le salon dignement » ou est-ce que vous êtes plutôt du côté de la colère des agriculteurs ? Si je dois vous répondre très clairement, je suis du côté de la colère des agriculteurs. Emmanuel Macron, en faisant ce qu'il a fait avec l'épisode de l'invitation des soulèvements de la terre, où il a été incapable de présenter ses excuses, où il a été incapable d'assumer les actes qui ont été posés par ses conseillers, aujourd'hui c'est le pompier Pierre Romane.

Il souffle sur les braises de la colère agricole depuis des mois. Il nous promet d'entendre la colère agricole depuis des mois. Là, il a décidé avec Gabriel Attal de dire au monde agricole « proposez-nous des mesures de simplification, on va travailler ensemble ».

Aujourd'hui, dans le filière où il dit « proposez-nous trois ou quatre mesures, pas 150 pages ». Aujourd'hui, ce n'est pas 150, il ne faut pas qu'on ait trop d'idées, c'est trois ou quatre mesures. En fait, il traite le monde du travail et le monde agricole comme si c'était une grève à la SNCF.

Ce n'est pas possible, c'est un double langage, c'est un double discours. Donc, il faut comprendre la colère des agriculteurs qui travaillent, qui essayent de faire remonter des propositions depuis les annonces de Gabriel Attal. Et aujourd'hui, quand on les invite à un grand débat, en même temps que des éco-terroristes qui ont saccagé notaires, qui ont saccagé les biens publics des agriculteurs, les biens privés, qui ont tapé sur des policiers, et aujourd'hui de les mettre au même rang dans le débat sur les avancées de cette France agricole, c'est inadmissible.

C'est inadmissible, et donc vous comprenez cette colère, y compris de ceux qui vraiment étaient les moteurs de cette violence pendant le salon ? La question est, moi je ne cautionne pas les violences, je pense que personne ne peut cautionner les violences. Mais aujourd'hui, il faut quand même reconnaître que quand on souffle sur des braises, on attige une colère.

Mais c'était pour vous représentatif ? Je vous pose cette question aussi parce que ce matin sur RMC, j'ai reçu la porte-parole du gouvernement Prisca Tevenot. Je lui ai posé à peu près la même question qu'à vous, c'est-à-dire, est-ce que vous entendez cette colère ?

Est-ce que pour vous, elle est en quelque sorte justifiée ? Elle m'a répondu d'une manière très politique. Pour elle, il s'agit d'une centaine d'agriculteurs qui ont voulu attaquer, en quelque sorte, le président.

Et d'ailleurs, pour elle, c'est signé, et c'est signé par les slogans qu'ils ont prononcés. Écoutez Prisca Tevenot. Nous avons eu en face de ce moment important, solennel, national, une minorité, une centaine d'ultras, ultra-violents, qui étaient là non pas pour dialoguer, pour échanger, mais pour en découdre.

Et donc ça, nous devons être collectivement capables de le dénoncer. Quand j'ai entendu, samedi matin, vraiment extrêmement choquant, « Nous sommes chez nous, nous allons tout faire pour le dégager », à quel moment on tolère ce genre de phrase ? Quand elle dit, et qu'elle fait référence à « Nous sommes chez nous », elle veut qu'on entende aussi un slogan qui a lieu parfois dans les meetings du FN ou du RN, qui est « On est chez nous ».

Est-ce qu'en effet, cette colère n'est pas une colère manipulée, ou en tout cas proche du RN ? Je ne pense pas. Après, il y a beaucoup de votes RN dans le monde agricole, mais comme dans toutes les couches et les catégories de la société aujourd'hui, je ne pense pas que ce soit un problème de politisation des agriculteurs.

Ce serait trop facile de la part du gouvernement de dire que c'est le RN ? Absolument. Non, mais aujourd'hui, ce genre de débat, le fait de dire « Est-ce que ces agriculteurs, ils étaient politisés ou pas ? », ça, c'est la partie émergée de l'iceberg.

Et ça cache en fait les véritables sujets de fonds qui sont aujourd'hui problématiques pour le monde agricole. Vous comprenez donc cette colère ? J'avoue que je m'arrête un instant là-dessus, Céline Imar, parce que vous vous êtes engagée avec LR.

LR, c'est quand même un parti de l'ordre qui, soudain, a une forme au minimum de complaisance avec une expression violente de la colère. Non, il y a eu des épisodes de violence extrêmement poussés qui sont la partie émergée, encore une fois, d'un mouvement de colère qui sourd, qui grande depuis des mois. Mais on ne peut pas dire aujourd'hui que ce mouvement-là est incompréhensible.

Ce sont des manifestations qui émergent parce qu'il y a certains agriculteurs qui craquent aussi, qui n'en peuvent plus. Et puis, vous savez, quand on a commencé à retourner les panneaux chez moi dans le Tarn, c'était une manière de dire notre colère, notre incompréhension face à ce monde. On a tiré un signal d'alerte, on a fait le buzz dans les médias, on a dit attention, on nous demande beaucoup de choses.

Il y a beaucoup de contradictions entre ce que disent les politiques, ce que font les administrations. Aujourd'hui, on a des réglementations qui ne vont pas, on n'a pas de revenus, on a un problème de considération, on retourne les panneaux parce qu'on marche sur la tête. Ça a fait le buzz, mais on n'a pas été entendus.

Et pour être entendus, il a fallu passer à la vitesse supérieure. C'est ça qui est regrettable aussi aujourd'hui, c'est que si on n'arrive pas à capter l'attention en faisant vraiment une surenchère, en montrant qu'on est là, qu'il faut nous écouter, qu'on est des forces vives du pays, entre guillemets, et qu'on a des choses à dire, que notre problématique, c'est la problématique de toute la France et de tous les citoyens, parce que c'est ce qui se retrouve dans leur assiette trois fois par jour, eh bien, on a dû arriver là pour se faire entendre. Céline Imar, je le rappelle pour ceux qui nous rejoindraient, vous êtes le nouveau visage aussi de ces européennes, numéro 2 sur la liste LR.

Quand vous voyez les mesures qui ont jusqu'à présent été proposées, et y compris jusqu'à ces prix planchers, dont a parlé Emmanuel Macron pendant sa visite samedi, est-ce la réponse que les agriculteurs attendent ? Alors, les prix planchers dans un deuxième temps, mais je reviens sur la première partie de votre question, les mesures. Aujourd'hui, ce qui a été pris, ce ne sont pas des mesures, ce sont des mesurettes.

Ce sont des choses vraiment qui sont destinées à éteindre le feu. La trésorerie sur le GNR, le vincement de la PAC. Tout à fait, ce sont des petits chèques ici.

La PAC, elle aurait dû être versée pour tous les agriculteurs entre le mois d'octobre et le mois de décembre. Et on dit « Ouh là là, il y a des retards ». Ok, mais ça, c'est une avance de calendrier sur des choses qui auraient déjà dû être versées en décembre.

Toutes les mesures qui ont été prises ne sont pas des mesures, ce sont des mesurettes. Nous, ce que demande le monde agricole...

Le gouvernement dit quand même que c'est 400 millions d'euros, et ce n'est pas rien. Oui, mais c'est surtout dans le contexte où vous-même, les LR, vous n'arrêtez pas de dire qu'il faut maîtriser les coûts. Bien sûr, il faut maîtriser les coûts, mais 400 millions d'euros à l'échelle de ce qu'on peut donner aujourd'hui pour d'autres politiques, ce n'est pas grand-chose.

Et puis, c'est surtout, ce n'est pas ce que réclame la profession. Ce sont des aides de trésorerie, mais c'est surtout ce que réclame la profession agricole. C'est vraiment des manières d'avoir du revenu.

Quel morceau de la profession, d'ailleurs, vous représentez ? C'est-à-dire, quand vous dites que ce n'est pas ce que demande la profession, Emmanuel Macron vous relance la question en disant, aujourd'hui, dans les colonnes du journal Le Figaro, qu'il me donne trois ou quatre mesures, trois ou quatre propositions. Vous retiendriez quoi ?

Oui, il traite le problème agricole comme il pourrait traiter une grève des cheminots. Nous, ce qu'on demande, c'est un changement de logiciel. Ce ne sont pas trois ou quatre petites mesures, comme ça, mises à côté les unes des autres, ou trois ou quatre chèques.

Aujourd'hui, vous, à Pauline de Malherbe, vous faites une matinale tous les matins. En gros, vous rendez une copie tous les jours. Nous, quand on est agriculteur, on rend une copie par an.

C'est-à-dire que moi, je me suis installée à l'âge de 28 ans. Je vais probablement prendre ma retraite vers 68 ans. J'aurais rendu 40 copies dans ma vie.

On est sur le temps long. Aujourd'hui, quand le gouvernement prétend obtenir une dérogation sur les jachères, les 4% de jachères à Bruxelles, c'est une dérogation de non. Comment voulez-vous qu'on se projette, qu'on fasse un plan d'entreprise ?

On a des investissements qui nous engagent à 10 ans, à 15 ans, à 20 ans. On est aussi des chefs d'entreprise. On a besoin de savoir si la France veut encore de nous.

On a besoin de savoir quelle vision, quel cap elle nous fixe à long terme et quels moyens elle va nous donner pour y parvenir. C'est un changement de logiciel qu'il faut aujourd'hui. Emmanuel Macron dit qu'il va faire de l'agriculture un enjeu majeur, une sorte d'intérêt supérieur de la nation.

Est-ce une réponse à cette question ? C'est ce qu'il propose de mettre dans la loi, je pense. Après, ce sont des mots.

Nous, tant qu'on ne voit pas des actes, les mots, les grands concepts, en disant qu'on vous aime, qu'on va placer l'agriculture au-dessus de tout, ça ne fonctionne pas. On ne peut pas faire des grandes déclarations d'amour à l'agriculture ou à toute une partie de la population en France. C'est très simple ce que vous dites.

On veut savoir si la France veut encore de nous ? Oui, bien sûr. Mais c'est aujourd'hui ce qui mine le moral de beaucoup de monde.

Quand on a des exploitations, souvent on les reçoit. On les reçoit d'une génération, de deux générations, de trois générations. Vous avez repris vous-même l'exploitation familiale.

Oui, tout à fait. Moi, je suis la sixième génération d'agriculteurs installés sur ma ferme. C'est quelque chose dont je suis très fière.

Et je pense qu'aujourd'hui, les agriculteurs qui ont reçu ce patrimoine, cette terre dont nous sommes les gardiens, sur lesquels nous essayons de produire, sur lesquels on fait de notre mieux, et on attend de savoir que la société veut de nous, aussi parce qu'on espère demain bonifier ce qu'on a reçu et le transmettre à notre tour, à la génération qui viendra. Et vous allez me raconter d'ailleurs cette histoire de reprise de ferme et comment est-ce que vous vous êtes retrouvés là ? Mais je vous repose la question sur les prix planchers.

Est-ce que vous êtes favorable ou non à ces prix planchers ? Écoutez, je ne comprends pas ce que ça veut dire les prix planchers. Je ne sais pas, je ne comprends pas.

Les prix planchers, alors déjà, on nous a dit il y a quelques semaines, Marc Fénaud, il disait « Ouh là là, c'est un système soviétique, c'est une très mauvaise idée ». Le propre ministre de l'Agriculture d'Emmanuel Macron, effectivement, y était opposé. Bon, je pense qu'il doit être au bord de la crise de nerfs.

Aujourd'hui, on a Emmanuel Macron qui, sous la pression de cette actualité un peu brûlante, qui dit « On va mettre des prix planchers », on ne sait pas ce que ça veut dire, quelle forme ça peut avoir. Est-ce que c'est un aboutissement de ce qui est prévu dans la loi EGalim ? Donc, ce sont des indicateurs de coût de production à partir desquels on doit construire le prix des produits finis.

Est-ce que c'est ça qu'il veut aboutir encore plus dans la loi ? Est-ce que c'est un système beaucoup plus réglementé ? Aujourd'hui, on ne sait pas ce que ça veut dire.

Et ça, c'est le professionnel des effets d'annonce, qui fait des annonces, des annonces, avec des concepts. Et on ne sait pas comment on va construire derrière. Pour l'instant, notamment la porte-parole du gouvernement, encore une fois sur RMC ce matin, expliquez que ce serait vous, les agriculteurs, c'est-à-dire l'interprofessionnel, qui fixerait ces prix, que ces prix pourraient d'ailleurs évoluer au fil des mois en fonction du contexte, à la fois météo ou du contexte international.

Et d'ailleurs, que ces prix seraient fixés par département. Ça ne vous convient pas, comme première explication ou comme première méthode ? Je ne sais pas.

Je pense que ce sont des choses qui méritent d'être approfondies, étudiées calmement. Aujourd'hui, je pense que là, on est sur une politique du doigt mouillé qui essaie de raccorder, de proposer des pistes réelles à des effets d'annonce. Ce n'est pas sérieux.

Il faut qu'on se pose, il faut que tout soit examiné, concerté. Il faut encore une fois qu'on puisse se projeter sur des mécanismes qui sont sérieux et à long terme. Céline Imar, quelle agricultrice êtes-vous ?

Céréalière, dans le Tarn, grosse exploitation, petite exploitation ? C'est une étiquette qui est...

Moi, j'ai une exploitation qui est considérée, je pense, comme moyenne dans ma région de production, qui est le Loraguet. Ça veut dire combien d'hectares ? Moi, je cultive 240 hectares.

Je fais des céréales. C'est plus que la moyenne. La moyenne des exploitations, c'est 70 hectares.

Mais si vous prenez des exploitations de maraîchage qui font de la salade, des tomates ou autre, on aura une moyenne plus petite que sur une moyenne d'une exploitation céréalière. Peu importe. Aujourd'hui, ce n'est pas la taille qui va faire la valeur ajoutée d'une exploitation, c'est la qualité de ce qu'elle fait, des produits qu'elle a, c'est le revenu, la valeur ajoutée.

J'exploite des céréales, du blé dur qui va servir à faire des pâtes, à faire de la semoule, du blé dur qui va être notamment valorisé en farine. Je fais du sorgho, du tournesolette, du colza pour faire de l'huile et je multiplie de la semence en maïs et aussi en luzerne. C'est vous qui conduisez le tracteur ?

Oui. Oui, c'est vous, je veux dire, c'est vous l'agricultrice. Vous n'êtes pas juste dans un bureau à donner des ordres, vous avez des salariés ?

J'ai un salarié à mi-temps depuis quelques mois, oui. Un salarié à mi-temps. Et vous êtes l'agricultrice, vous vendez à qui ?

Alors, je vends à des négoces et des coopératives, donc ils sont des organismes collecteurs. Et vous avez d'ailleurs été représentante, me semble-t-il, de l'inter-céréalière de votre département. D'inter-céréales au niveau national, qui représente en fait toute l'inter-profession des céréales, depuis les producteurs, en passant par les collecteurs, jusqu'aux transformateurs.

Vous continuez d'ailleurs cette activité pendant la campagne ? Non, que ce soit au niveau, vous l'avez évoqué au début de notre entretien, que ce soit au niveau de la FDSEA, donc de la Fédération départementale, ou que ce soit au niveau d'inter-céréales, je me suis tout de suite mise en retrait de mes fonctions. Vous vendez en France, vous vendez à l'export ?

Je vends à des organismes français, à des négoces et à des coopératives. Et si je vous pose cette question, c'est aussi parce que, quelle est votre position par rapport à la question des accords de libre-échange ? Ça a beaucoup cristallisé aussi une partie des colères, le Mercosur, les accords de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande, la question des droits de Loine avec l'Ukraine.

Quelle est votre position d'abord sur Mercosur et Nouvelle-Zélande ? Est-ce que vous, vous êtes défavorable à ces accords de libre-échange ? Est-ce que vous estimez qu'il faut simplement les geler le temps de négocier ?

Ou est-ce qu'il faut carrément les jeter aux orties ? L'accord de libre-échange en soi n'est pas quelque chose que nous rejetons. Ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui, quand on a des accords comme le Mercosur ou la Nouvelle-Zélande, auxquels, je rappelle, sur la Nouvelle-Zélande, les députés à l'air en place à Strasbourg ont voté contre, aujourd'hui...

Là encore, c'est pour vous un des signes de cohérence ? Tout à fait, c'est un des signes de cohérence. C'est-à-dire que quand il y a des accords qui peuvent déséquilibrer des filières ou importer des produits qui sont beaucoup moins dix ans, entre guillemets, en qualité, en normes environnementales, en normes sanitaires que ce qu'on peut produire en France, qui viennent déstabiliser nos marchés et nos filières, là-dessus, ce sont des choses qu'on ne peut pas accepter.

Après, il faut des traités de libre-échange, il faut du commerce. Nous, on commercialise nos vins, nos spiritueux, nos fromages, du lait. Mais voilà, il faut savoir aussi qu'il y a des bassins qui importent des denrées dont ils ont besoin parce qu'ils ne peuvent pas les produire chez eux.

C'est un enjeu aussi de paix, de solidarité internationale. En revanche, on ne peut pas importer des produits entiers de maïs, de millions de tonnes traités à l'atrazine au Brésil, avec des OGM, avec des avions qui passent, et nous, en fait, taper sans cesse sur nos producteurs en leur disant que...

Mais vous demandez quoi ? Vous demandez qu'eux arrêtent d'utiliser ça ? Ou est-ce que vous vous demandez est-ce que nous, on puisse utiliser les mêmes ?

Non, non, non, non, on demande de la réciprocité. On va sur l'exigence française ? Il faut que la concurrence soit loyale.

Absolument. C'est-à-dire que nous, par exemple, si on a un accord avec le Canada où on va importer du cognac ou du foie gras, on ne va pas aller déstabiliser des filières entières d'agriculteurs au Canada. En revanche, si on importe comme c'est le cas, puisque finalement, avec l'appui de Pascal Canfin et de tous les députés macronistes, on va importer beaucoup plus d'agneau...

Absolument, de Nouvelle-Zélande. Là, ça veut dire qu'on vient de déstabiliser la filière Rovine, notre filière Rovine de qualité. Céline Imar sur l'Ukraine, les accords douaniers avec l'Ukraine qui ont donc été renouvelés.

Les accords, justement, vous disiez le mot de solidarité, des accords qui, au nom de la solidarité avec l'Ukraine, ont permis à ce que l'agriculture ukrainienne puisse venir à la fois en Europe, mais aussi traverser l'Europe pour aller aussi vendre notamment des céréales justement au pays du Maghreb. Quelle est votre position aujourd'hui ? Est-ce qu'il faut remonter les tarifs douaniers avec l'Ukraine ou est-ce qu'il faut continuer la solidarité avec l'agriculture ukrainienne ?

Ce n'est pas si binaire. On peut tout à fait être solidaire de la cause ukrainienne, mais il est très clair que ce n'est pas à nous, les agriculteurs français, aujourd'hui, de payer le prix de cette guerre. Tout simplement.

Donc, il faut être cohérent. Là aussi, on a des millions de tonnes de denrées qui rentrent, qui viennent déstabiliser nos filières, nos marchés de la volaille, le marché du sucre et des céréales. Et il nous faut des mécanismes de sauvegarde qui soient extrêmement efficaces pour protéger nos propres filières.

Mais ça veut dire quoi ? Ça marche comment ? Est-ce qu'on remonte les tarifs douaniers ?

Oui, c'est tout à fait possible. Une clause de sauvegarde, c'est quelque chose qui peut être activée ou sur la partie douanière ou sur une partie normative pour protéger simplement le marché. Céline Imar, est-ce que les Européennes ne vont se jouer que sur la question agricole ?

C'est-à-dire qu'au-delà de vous, d'ailleurs, on le voit bien, alors qu'ils se cherchent une tête de liste du côté des macronistes, la personne qu'ils envisagent, ils mettent en avant l'idée qu'elle est fille ou petite-fille d'agriculteurs. On a l'impression que finalement, ces Européennes ne vont se jouer que sur cette question-là. Est-ce que vous avez un avis sur les règles budgétaires ?

Est-ce que vous avez un avis sur la politique de défense européenne ? Est-ce que vous avez un avis sur la question de l'immigration ? Elle ne va pas se jouer que sur la politique agricole, cette campagne.

Aujourd'hui, elle va se jouer sur notre capacité à reprendre notre destin en main, sur des sujets stratégiques que sont aujourd'hui l'agriculture, parce que maîtriser son agriculture, son alimentation, aujourd'hui, c'est fondamental. Déléguer à d'autres personnes l'alimentation que l'on a sur notre territoire, c'est de la folie. Elle va se jouer sur la défense, bien évidemment, qui pose la question des frontières, qui pose la question de notre autonomie dans un monde en crise, dans un monde où la sécurité et la paix ne sont plus assurés.

Elle va se jouer, bien sûr, sur la politique économique, tout ce qui se joue aujourd'hui sur l'appauvrissement, la paupérisation des Français, tout simplement. Elle va se jouer sur beaucoup de domaines sur lesquels il faut reprendre son destin en main. Et l'agriculture en fait partie.

L'agriculture, pour vous, en est l'un des symboles ? Bien sûr, l'agriculture est un symbole aujourd'hui, et c'est certainement pour ça que beaucoup de Français soutiennent les mobilisations agricoles. Elle est un symbole de cette France qui se bat, de cette France qui travaille, qui est étouffée par les normes, qui aujourd'hui n'est plus valorisée, n'est plus considérée par les décisions, par les décideurs, par les communicants qui prennent des décisions à la place des gouvernants, par les administrations.

Et c'est ça aujourd'hui, c'est pour ça qu'on est aussi soutenus par la population. Mais l'agriculture est un symbole de tout ça. Elle ne concentre pas l'intégralité des problèmes.

Il y a d'autres problématiques, vous l'avez rappelé, stratégiques. La santé, aujourd'hui, on importe aussi des médicaments, on est dépendant d'autres pays. Au fond, c'est la question de la souveraineté que vous souviez.

Bien sûr. Céline Imar, merci d'être venue nous accorder votre première interview nationale. Vous qui êtes donc agricultrice et désormais politique, on l'a bien compris.

Numéro 2 sur la liste des Républicains. Il est 8h52 sur RMC BFM TV. Et bonjour à tous.

Bienvenue dans le live. Dans un instant, nous irons au salon de l'agriculture. Nouveau théâtre du match Bardella-Atal.

Les fines ours.