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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 15 octobre 2026 19 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesBudget & impôtsTravail & emploi

Les arrêts maladie courts sont-ils vraiment "un open bar" ? Arnaud Péricard face à Pierre Ouzoulias

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Certains posent un arrêt comme ils prennent un jour de congé. Comment vous réagissez à cette formule ?

  • 0:35RelanceRéponse partielle

    Sur le fond, est-ce que vous dites, oui, effectivement, si c'est pour mieux prendre en charge les gens qui sont véritablement malades ?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Arnaud Péricard, alors pour le coup, est-ce que vous reprenez, est-ce que vous assumez encore aujourd'hui ce terme qui avait fait débat quand Edouard Philippe l'est sorti ? L'open bar des arrêts maladies.

  • 3:01RelanceRéponse directe

    Mais est-ce qu'on fait une règle pour quelques abus au risque de pénaliser l'ensemble des malades ? Par exemple, quelqu'un qui a une gastro, une grippe, qui viendrait travailler ?

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas aussi question de justice d'aligner ces deux secteurs-là sur ces 3 jours de carence ?

  • 5:17RelanceRéponse directe

    Vous dites que vous êtes responsable. Si vous êtes malade, vous restez chez vous. Mais si vous n'êtes pas payé pendant 3 jours, vous ne pouvez pas vous permettre.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:08Invité politiqueFait
    « Mal, mal. Je pense que c'est une parole très malheureuse. »
  • 0:15Invité politiqueFait
    « Si on supprime les arrêts maladie de courte durée, les gens vont les travailler avec leur maladie. »
  • 0:21Invité politiqueFait
    « Quand les médecins prescrivent, c'est pour d'une part que le patient guérisse, mais c'est aussi pour épargner ton environnement. »
  • 2:04Invité politiqueChiffre
    « Mais depuis 2019, il y a un vrai sujet. Il y a 10% d'arrêts maladies en plus. »
  • 2:08Invité politiqueChiffre
    « Et surtout, ça coûte 18 milliards par an. C'est 45% de plus depuis 5 ans. »
  • 2:14Invité politiqueChiffre
    « Et ça progresse d'un milliard en plus par an. »
  • 2:44Invité politiquePromesse
    « Mais en revanche, je pense que la réinstauration d'une période de carence, que ce soit dans le privé ou dans les périodes publiques, à hauteur de 3 jours, c'est notre proposition, serait de nature à limiter, peut-être, ces petits arrêts d'un jour ou deux jours. »
  • 3:37Invité politiqueChiffre
    « Quand ça coûte 9 milliards de plus en 5 ans, ce n'est pas une petite dérive. C'est une pratique qui, malheureusement, s'est installée ou instaurée dans le monde du travail. »
  • 4:45Invité politiqueFait
    « C'est un alignement sur les pratiques européennes. »
  • 6:01PrésentateurChiffre
    « Quasiment 18 milliards d'euros par an. »
  • 9:30PrésentateurChiffre
    « 6 milliards d'euros, soit 0,2% du PIB. »
  • 11:31Invité politiqueChiffre
    « L'État a déversé 211 milliards aux entreprises sans aucune contrepartie, sans vérification, sans contrôle. »
  • 13:58Invité politiqueChiffre
    « On réduit de 50 milliards environ les impôts de production sur les entreprises. Et en contrepartie, on allège de 50 milliards ces aides, dont certaines ne sont pas efficaces. »
  • 16:00Invité politiqueChiffre
    « Ils ont perdu 200 000 emplois dans l'automobile. »
  • 17:10Invité politiquePromesse
    « On combat le budget. S'il y a un 49-3, on vote la censure. »

Temps de parole

  • Arnaud Pericard41 %
  • Pierre Ouzoulias29 %
  • Présentateur23 %
  • ?7 %

≈ 24,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Certains posent un arrêt comme ils prennent un jour de congé. Comment vous réagissez à cette formule

0:04
Locuteur

? Mal,

0:05
Pierre Ouzoulias

mal, mal. Je pense que c'est une parole très malheureuse. Parce que si on supprime les arrêts maladie de courte durée, les gens vont les travailler avec leur maladie. Ils vont la transmettre à tout leur environnement. Je pense que ça va coûter beaucoup plus cher à la sécurité sociale. Quand les médecins prescrivent, c'est pour d'une part que le patient guérisse, mais c'est aussi pour épargner

0:28
Locuteur

ton environnement. Alors attention, oui, mais pas tout le monde dans

0:29
Présentateur

le même sac. Il reconnaît qu'effectivement, fort heureusement, la plupart des arrêts, c'est réellement parce que les gens sont malades. Mais il dit voilà, il y a des abus, il y a une dérive qui est réelle et il faut les combattre parce que ça plombe le système, parce qu'au final, c'est moins bien protéger ceux qui sont véritablement malades. Sur le fond, au-delà de la forme, et on y reviendra parce qu'Edouard Philippe a aussi eu des mots qui ont marqué les esprits. Sur le fond, est-ce que vous dites, oui, effectivement, si c'est pour mieux prendre en charge les gens qui sont véritablement malades ?

0:56
Locuteur

Sur

0:56
Pierre Ouzoulias

le fond, on a un problème du financement de la sécurité sociale parce que notre pays...

1:02
Locuteur

Mais est-ce qu'il y a un

1:02
Présentateur

problème d'abus

1:02
Locuteur

aussi

1:03
Pierre Ouzoulias

?

1:04
Locuteur

Il

1:04
Pierre Ouzoulias

y a toujours des abus, mais le problème, il

1:06
Locuteur

n

1:06
Pierre Ouzoulias

'est pas là. Il y a un déficit structurel de la sécurité sociale parce qu'on a besoin aujourd'hui de plus de moyens. Regardez, aujourd'hui,

1:14
Locuteur

c

1:14
Pierre Ouzoulias

'est ce mois-ci, c'est octobre

1:16
Locuteur

rose.

1:17
Pierre Ouzoulias

Pour

1:18
Locuteur

lutter contre le cancer du sein. Voilà,

1:19
Pierre Ouzoulias

ça coûte très cher une chimiothérapie. Est-ce qu'on se pose la question de l'origine de la recrudescence des cancers et notamment des cancers du sein ? Il y a des causes environnementales.

1:29
Locuteur

Là, en l

1:30
Présentateur

'occurrence, si je recentre le débat, il parle des arrêts courts, non pas des arrêts longs, justement.

1:35
Locuteur

Il

1:35
Présentateur

dit qu

1:35
Locuteur

'il faudrait

1:36
Présentateur

même indemniser moins les arrêts courts

1:38
Locuteur

pour pouvoir mieux

1:38
Présentateur

protéger les maladies.

1:40
Locuteur

Il y a un problème,

1:40
Pierre Ouzoulias

encore une fois, il y

1:41
Locuteur

a

1:41
Pierre Ouzoulias

un problème structurel. Il faut penser structurel.

1:45
Présentateur

Arnaud Péricard, alors pour le coup, est-ce que vous reprenez, est-ce que vous assumez encore aujourd'hui ce terme qui avait fait débat quand Edouard Philippe l'est sorti ? L'open bar des arrêts maladies. Moi,

1:54
Arnaud Pericard

ce que je voudrais vous dire,

1:55
Locuteur

c

1:55
Arnaud Pericard

'est que quand on est malade,

1:56
Locuteur

on n'est pas... Mais juste d'abord sur la formule. Non, non, quand on est malade, on n'est pas présumé fraudeur. Il

2:00
Arnaud Pericard

faut juste, pardon, il ne

2:01
Locuteur

faut

2:01
Arnaud Pericard

pas antagoniser, il ne

2:02
Locuteur

faut

2:02
Arnaud Pericard

pas opposer. Mais depuis 2019, il y

2:05
Locuteur

a

2:05
Arnaud Pericard

un vrai sujet. Il y a 10% d'arrêts maladies en plus. Et surtout, ça coûte 18 milliards par an. C'est 45% de plus depuis 5 ans.

2:14
Locuteur

Et ça progresse d'un milliard en plus par an. C

2:16
Arnaud Pericard

'est 10% de plus. Et c'est surtout 9 milliards de plus. Donc, il y a une situation d'abus. Il faut y mettre un terme. Il faut la réguler. Il faut la contrôler. Il ne

2:24
Locuteur

s

2:24
Arnaud Pericard

'agit pas de dire que chaque personne qui est malade, qui est en arrêt maladie, doit être justement, être présumée dans une situation de fraude. Parce que ça n'est pas le cas. Mais les arrêts longs, et vous évoquiez l'oncologie, le cancer, qui est un vrai sujet. On doit accompagner davantage, justement, les arrêts longs pour des femmes ou des hommes qui sont victimes de cancer. Mais en revanche, je pense que la réinstauration d'une période de carence, que ce soit dans le privé ou dans les périodes publiques,

2:52
Locuteur

à

2:52
Arnaud Pericard

hauteur de 3 jours, c'est notre proposition, serait de nature à limiter, peut-être, ces petits arrêts d'un jour ou deux jours, qui parfois flirtent un petit peu avec la ligne blanche.

3:01
Présentateur

Oui,

3:01
Locuteur

mais

3:01
Présentateur

alors, justement, est-ce qu'on fait une règle pour quelques abus

3:04
Locuteur

? Oui,

3:05
Arnaud Pericard

bien sûr. Quand vous avez une

3:06
Locuteur

situation qui est abusique, il faut les réguler. Donc, vous pénalisez

3:09
Présentateur

l'ensemble des malades ? Par

3:10
Locuteur

exemple, quelqu'un qui a une gastro, une grippe, qui viendrait travailler ? En mettant 3 jours

3:13
Arnaud Pericard

de carence, vous n'allez pas pénaliser les arrêts longs. Au contraire,

3:16
Locuteur

je pense qu'il faut mieux

3:17
Arnaud Pericard

indemniser les

3:18
Locuteur

arrêts longs et un peu moins bien les arrêts courts.

3:19
Présentateur

Pardonnez-moi, mais vous parliez des abus. Vous disiez, voilà, il y a des dérives sur les arrêts maladies courts. Mais est-ce que vous faites une loi, une réglementation pour quelques dérives au risque de

3:31
Locuteur

sanctionner les gens qui sont malades ? Quand ça coûte 9 milliards de plus en 5

3:36
Arnaud Pericard

ans,

3:36
Locuteur

ce n'est pas

3:37
Arnaud Pericard

une petite dérive. C'est une pratique qui, malheureusement, s'est installée ou instaurée dans le monde du travail, qu'il soit public. Je suis chef d'entreprise moi-même, je dirige un cabinet d'avocats, ça peut m'arriver.

3:48
Locuteur

Je conseille des entreprises

3:50
Arnaud Pericard

qui sont tous les jours sujettes à ce genre parfois de pratiques

3:54
Locuteur

abusives. La

3:54
Présentateur

majorité des arrêts courts, ce sont des abus pour vous ?

3:56
Arnaud Pericard

Non, non, ce n

3:57
Locuteur

'est

3:57
Arnaud Pericard

pas ce que je dis.

3:58
Locuteur

Donc vous faites une loi pour une nourriture ? Non,

3:59
Arnaud Pericard

je dis simplement que de mettre en place 3 jours de carence, ça permettrait d'y voir un peu plus clair entre ce qui est abusif et ce qui ne l'est pas. C

4:06
Présentateur

'est la proposition d'Edouard Philippe, 3 jours de carence. Donc en fait, on aligne, et pour le coup, on aligne à la fois le privé et le public. Est-ce que ce n'est pas aussi question de justice d'aligner ces deux secteurs-là sur ces 3 jours de carence ?

4:16
Pierre Ouzoulias

Il n

4:17
Locuteur

'y a

4:17
Pierre Ouzoulias

plus de différence entre le public et le privé, que ce soit la retraite, les arrêts maladie. Aujourd'hui, c'est des systèmes qui seront très proches. Non, mais s'il y a 3 jours de carence, les gens iront travailler malades. C'est tout. C'est aussi simple que ça. Les gens iront au boulot et transmettront leur grippe, leur Covid à leurs voisins de bureau. Et à la fin, on fera le bilan. Ça coûtera plus cher, la sécurité sociale.

4:42
Locuteur

Je ne suis

4:42
Arnaud Pericard

pas d'accord avec ça. Je ne

4:44
Locuteur

suis

4:44
Arnaud Pericard

pas d'accord. C'est un alignement sur les pratiques européennes. Dans les autres pays européens, les gens ne sont pas plus ou pas moins malades que nous. Pourquoi on serait toujours l'exception qui ne confirme pas cette règle ? 3 jours de carence,

4:55
Locuteur

ça

4:55
Arnaud Pericard

ne me semble pas. Déjà, vous avez raison de parler de justice.

4:57
Locuteur

C

4:57
Arnaud Pericard

'est une vraie mesure de justice et d'équilibre et d'équité entre le public et le privé. Donc, je pense que c'est important de la mettre en place. Et je pense que les gens, ils sont responsables. Ils savent ce qu'ils font. Si vous êtes malade, vous restez chez vous. Si c'est une journée ou deux journées d'immobilisation, si vous avez la grippe,

5:12
Locuteur

que c'est au-delà de 3 jours, forcément,

5:14
Arnaud Pericard

c'est plus compliqué. Et vous n'êtes pas dans le même type d'arrêt.

5:17
Présentateur

Vous dites que vous êtes responsable. Si vous êtes malade, vous restez chez vous. Mais si vous n'êtes pas payé pendant 3 jours, vous ne pouvez pas vous permettre.

5:21
Arnaud Pericard

Il y a des médecins.

5:22
Locuteur

En fonction des revenus, peut-être que vous, vous pouvez vous permettre. Mais il y a un certain nombre de conseils qui ne peuvent pas se permettre de ce TV 3 jours. Je ne

5:28
Arnaud Pericard

peux pas me permettre. Mais on ne peut pas. Je suis désolé.

5:31
Locuteur

Et

5:31
Arnaud Pericard

puis, les partenaires sociaux auront peut-être leur mot à dire dans cette régulation. Mais on ne peut pas dire que

5:37
Locuteur

c

5:37
Arnaud Pericard

'est 9 milliards de plus en 5 ans. Donc, ce n

5:39
Locuteur

'est

5:39
Arnaud Pericard

pas un petit sujet. Donc, il ne faut pas le régler. Je pense qu'il faut le régler. Vous avez rappelé, M. le sénateur, tout à l'heure, que la situation des comptes de la Sécurité sociale fait qu'on va devoir justement aller peut-être un petit peu plus en profondeur dans la régulation de tout ça. Il va falloir y aller un petit peu plus à la serpe.

5:56
Présentateur

Quasiment 18 milliards d'euros par an. C'est plus soutenable.

5:58
Locuteur

C

5:58
Présentateur

'est ce que dit Edouard Philippe. C'est ce que dit aussi Jean-Pierre Farrandou.

6:03
Locuteur

Parce

6:04
Pierre Ouzoulias

que le modèle de la Sécurité sociale, tel qu'il a été conçu en 1945, reposait essentiellement sur le travail salarié. Et aujourd'hui, le travail salarié, dans la production de richesses nationales, il tend à diminuer.

6:19
Locuteur

Donc,

6:19
Pierre Ouzoulias

il y a un problème structurel qu'on ne réglera pas en diminuant les soins, que ce soit pour les petits congés, les non-congés, etc. Il faut repenser le mode de financement de la Sécurité sociale et faire que la richesse qui est produite en France, toute la richesse produite en France, concourt de façon plus efficace au financement de la Sécurité sociale.

6:41
Locuteur

C

6:41
Pierre Ouzoulias

'est tout.

6:41
Présentateur

Est-ce que vous avez lu en intégralité le programme d'Edouard Philippe

6:45
Locuteur

?

6:46
Pierre Ouzoulias

Non.

6:46
Présentateur

Non ? Je

6:47
Locuteur

vais vous l'offrir.

6:48
Arnaud Pericard

Et je vais même lui demander de vous le dédicacer.

6:50
Présentateur

Volontiers. J'aimerais qu'on revienne sur une mesure, justement, puisqu'on parle des arrêts maladie. la possibilité de créer une période incompressible de trois à six mois entre un arrêt maladie

7:01
Locuteur

et

7:01
Arnaud Pericard

une

7:02
Présentateur

rupture conventionnelle pour éviter le chantage à l'arrêt maladie.

7:06
Locuteur

Qu

7:06
Présentateur

'est-ce que ça vous inspire

7:07
Locuteur

?

7:10
Pierre Ouzoulias

Encore une fois, il y

7:11
Locuteur

a

7:11
Pierre Ouzoulias

un problème structurel. Donc, il faut s'attaquer au problème structurel. Juste une réflexion, mais de bon sens. On n'a pas besoin d'avoir un doctorat en économie pour comprendre ça. Notre PIB croit. Alors, pas beaucoup, mais il croit. Aujourd'hui, le pouvoir d'achat de tous les salariés baisse. Donc, il y a une partie de la richesse qui ne va pas aux salariés et qui s'en va ailleurs. Pas en France, c'est paradis fiscaux, tout ce que vous voulez. À un moment donné, on a besoin de mobiliser toute la richesse produite pour concourir au compte de la sécurité sociale. C'est tout. Il y a une partie de la richesse produite qui échappe à toute forme de cotisation sociale. C'est une vraie bonne idée.

7:54
Arnaud Pericard

Alors, ce n

7:54
Locuteur

'est

7:54
Arnaud Pericard

pas parce que c'est l'idée d'Edor Philippe. C'est une vraie bonne

7:56
Locuteur

idée. Vous savez, moi,

7:57
Arnaud Pericard

je

7:59
Locuteur

suis

8:00
Arnaud Pericard

à la tête d'une collectivité.

8:08
Locuteur

J

8:08
Arnaud Pericard

'ai 900 feuilles de paye. Je viens d'être victime de ça, justement, d'un arrêt maladie prolongé dans le cadre d'une négociation, d'une rupture conventionnelle. On a le droit d'en faire maintenant quand on est en collectivité locale et pour certains de nos agents contractualisés. Et en tant que praticien, là, je change de casquette, je reprends ma casquette d'avocat. Tout le temps, on a ça. Cette situation-là, on la vit tout le temps. Donc, vous avez des employeurs qui sont parfois victimes d'une certaine forme de chantage. Je mets des guillemets. Attention au terme.

8:37
Locuteur

Je mets des guillemets.

8:37
Arnaud Pericard

Et donc, ça va apporter peut-être un petit peu plus de souplesse dans le cadre des négociations de départ et des vrais arrêts.

8:43
Présentateur

Mais vous dites parfois, et je reprends ma question de départ, est-ce qu'on fait une règle pour quelques cas ?

8:50
Locuteur

Je ne dis pas qu'il n'y a pas de chantage à l

8:52
Présentateur

'arrêt maladie. Je ne dis pas que ça n'existe

8:54
Locuteur

pas.

8:54
Présentateur

Je

8:55
Locuteur

ne

8:55
Présentateur

dis pas que ça n'existe pas, mais ce n

8:57
Locuteur

'est

8:57
Présentateur

pas la majorité

8:58
Locuteur

des cas. J'aimerais bien que

8:58
Arnaud Pericard

ça ne soit que quelques cas. Parce que nos comptes publics et nos comptes sociaux ne seraient pas dans la situation dans laquelle ils sont. Mais malheureusement, quand on voit l'incrémentation, l'augmentation de tout ça, c'est forcément qu'il

9:09
Locuteur

y a

9:09
Arnaud Pericard

une pratique qui dérive.

9:10
Locuteur

Vous

9:10
Présentateur

disiez, il

9:10
Locuteur

y a

9:10
Présentateur

un instant, il faut peut-être aller chercher ailleurs aussi les économies. Et c'est vrai que si on parle souvent des arrêts maladie, de la fraude sociale, on parle moins de la fraude des entreprises. La Direction générale des finances publiques a chiffré pour la première fois le manque à gagner lié aux fraudes des entreprises. 6 milliards d'euros, soit 0,2% du PIB. Il n

9:31
Locuteur

'y a

9:31
Présentateur

pas de l'argent à aller chercher

9:32
Locuteur

? De quelle

9:32
Arnaud Pericard

typologie de fraude ? Est-ce que c'est de la fraude à la TVA ? Est-ce que c'est parce que vous augmentez vos charges « déductibles » pour ne pas avoir à acquitter l'impôt sur les sociétés ? De quel type de fraude ? Moi, je ne veux pas, encore une fois, que les chefs d'entreprise soient perçus comme des fraudeurs en puissance. Il y a des abus, là aussi. Et je vous promets qu'on a une Direction générale des finances publiques qui est plus que performante en la matière, qui contrôle et qui sanctionne. Elle est très rentable et elle est en capacité d'aller chercher les abus là où il y en a. Donc, il y a des abus, là aussi. Il y a des situations de fraude. Mais moi,

10:11
Locuteur

je ne veux pas dire… Mais donc, il faut aller

10:12
Présentateur

regarder attentivement

10:13
Locuteur

aussi la fraude des entreprises. Mais c'est trop facile de dire qu'il y a de la

10:15
Arnaud Pericard

fraude, donc on va aller récupérer de

10:17
Locuteur

l

10:17
Arnaud Pericard

'argent. Parce que ça ne marche pas comme ça. Non,

10:19
Présentateur

mais parce qu'on parle toujours de la fraude sociale et on parle rarement de la fraude des entreprises. Mais il y

10:22
Locuteur

en

10:22
Présentateur

a aussi. Oui, donc il faut aussi aller chercher

10:24
Locuteur

sur… Mais il y a

10:25
Arnaud Pericard

déjà. Mais je suis désolé, les chefs d'entreprise aujourd'hui, ils ont besoin peut-être d'un carcan qui soit un peu moins fort, qui les emprisonne un petit peu plus, un petit peu moins. Ils ont besoin de davantage de liberté. Je veux bien qu

10:36
Locuteur

'on

10:36
Arnaud Pericard

fasse la chasse aux fraudes. Les chefs d'entreprise sont suffisamment contrôlés aujourd'hui en France pour qu

10:40
Locuteur

'on

10:40
Arnaud Pericard

ne rajoute pas en plus une présomption de fraudeurs sur leur tête. 6

10:44
Présentateur

milliards, encore une fois, ce sont les

10:46
Locuteur

chiffres

10:46
Présentateur

qui sont sortis de la Direction générale des finances publiques.

10:49
Locuteur

Je

10:49
Présentateur

le redis, 0,2% du PIB. Alors c'est intéressant quand on regarde cette note dans le détail, c'est qu'en fait, ce sont les petites entreprises qui fraudent davantage. Elles paient 18% de l'impôt sur les sociétés totales, mais elles pèsent 28% de l'écart fiscal. Est-ce qu'il faut serrer la vis

11:06
Locuteur

auprès

11:07
Présentateur

de ces petites boîtes qui, on le sait, ce n

11:10
Locuteur

'est

11:10
Présentateur

pas forcément facile pour elles et qui ont du mal à s'en sortir ? Il

11:14
Pierre Ouzoulias

y

11:14
Locuteur

a

11:14
Pierre Ouzoulias

un travail

11:14
Présentateur

général

11:14
Locuteur

à

11:15
Pierre Ouzoulias

faire. Et je regrette que dans la discussion budgétaire qui s'amorce, on parle beaucoup des dépenses et de la réduction des dépenses, mais pas tellement du bilan sur les recettes. Mon collègue sénateur Fabien Guay a montré, alors là, c'est une grande liberté qui est faite aux entreprises, que l'État a déversé 211 milliards aux entreprises

11:35
Locuteur

sans

11:36
Pierre Ouzoulias

aucune contrepartie, sans vérification, sans contrôle. 211 milliards. L'indemple, je ne

11:42
Locuteur

veux

11:42
Pierre Ouzoulias

pas dire que c'est de l'argent gâché. Il faut absolument aider les entreprises. J'en suis le premier persuadé, notamment pour la réindustrialisation. Mais donner 211 milliards sans aucun contrôle, aujourd'hui, c'est inadmissible. Donc par rapport à ce que vous nous dites, c'est le même sujet. Il faut, on a besoin, vous savez, moi je suis patriote, mais pour tout le monde, pour les citoyens, mais aussi pour les entreprises. Et les entreprises, elles doivent comprendre qu'elles doivent participer aujourd'hui à un effort patriotique pour assurer la souveraineté de notre nation. C'est fondamental. Donc quand elles trichent, tout ça, ça affaiblit notre nation.

12:17
Locuteur

Est

12:17
Présentateur

-ce que vous avez l'impression que dans le budget actuel, précisément, les entreprises sont les épargnées, les privilégiées de ce budget ? Elles sont totalement épargnées. Alors le

12:26
Locuteur

gouvernement

12:26
Présentateur

vous répondra qu'ils maintiennent la contribution exceptionnelle

12:29
Locuteur

des gros entreprises, parce qu'elle a été baissée, mais qu'elle est maintenue malgré tout. C'est

12:31
Pierre Ouzoulias

tout. Alors que le gouvernement nous avait dit dès juin qu'il ferait un bilan des dépenses, moi j'attendais un bilan des recettes. On ne

12:38
Locuteur

l

12:38
Pierre Ouzoulias

'a pas eu. Donc on repart avec le même budget recette.

12:41
Présentateur

Sur ce rapport sénatorial, 211 milliards d'aides publiques, et ce qui est noté, c'est qu'il n

12:47
Locuteur

'y a

12:47
Présentateur

pas de contribution en retour.

12:49
Arnaud Pericard

Il y a une règle d'or, quand on reçoit de

12:50
Locuteur

l

12:50
Arnaud Pericard

'argent public, on doit être exigeant et on doit contrôler. C'est pareil dans une collectivité territoriale, une mairie, quand vous recevez une subvention, vous avez des contreparties, vous avez un reporting, des exigences à apporter. Et pour une entreprise publique, c'est pareil. Si on veut que le système marche, si on veut, et le problème de tout ça, c'est que l'État n'est plus stratège, l'État n'a plus de vision économique,

13:12
Locuteur

l

13:12
Arnaud Pericard

'État ne porte plus de planification. Ce n

13:14
Locuteur

'est

13:14
Arnaud Pericard

pas un gros mot, la planification économique, l'industrialisation à l'échelle du territoire, ce ne sont pas des gros mots. Moi, je suis assez d'accord avec vous. On doit avoir une forme d'exigence quand on reçoit de l'aide publique. Et moi, je regrette, effectivement, il y

13:28
Locuteur

a

13:28
Arnaud Pericard

beaucoup d'entreprises en difficulté qui font l'objet de procédures de redressement judiciaire, qui ont été aidées par le CIRIS, c'est un organisme notamment à Bercy, mais qui ne joue pas son rôle, qui est censé être une agence de recouvrement et qui laisse parfois un peu trop facilement faire les choses. Il y

13:42
Locuteur

a

13:42
Arnaud Pericard

un degré d'exigence à avoir, à mon avis, à tous les

13:45
Locuteur

stades. Alors

13:45
Présentateur

quand vous dites degré d'exigence, c'est-à-dire que ces aides, il faut les conditionner davantage, ça veut dire qu'il faut diminuer

13:51
Locuteur

ce magodet de

13:52
Arnaud Pericard

211 milliards ? Il y

13:53
Locuteur

a

13:53
Arnaud Pericard

un double volet. Il y a un volet, ce qu'on appelle un petit peu les subventions exceptionnelles. Nous, on propose un schéma qui est assez simple. On réduit de 50 milliards environ les impôts de production sur les entreprises. Et en contrepartie, on allège de 50 milliards ces aides, dont certaines ne sont pas efficaces. Il faut aussi analyser, aide par aide, celles qui sont productives,

14:14
Locuteur

celles qui sont rentables. C'est une carte de recette

14:15
Présentateur

aussi pour l'État. Mais

14:16
Locuteur

non, mais on

14:17
Arnaud Pericard

est à somme nulle. Et je vais vous dire, les entreprises...

14:20
Locuteur

Vous êtes à

14:20
Présentateur

somme nulle, véritablement

14:21
Locuteur

?

14:21
Arnaud Pericard

Ah oui, vous êtes à somme nulle, évidemment, moins 50 plus 50, jusqu'à preuve du contraire, ça fait zéro, à peu près. Donc on est à somme nulle. Simplement, ce sont des taxes qui aujourd'hui coûtent cher et qui ne produisent pas d'effet. Et ce sont des allégements de charges ou des aides indirectes que l'on a sur les entreprises qui n'apportent pas de rentabilité. Elles ne servent à rien. Et on propose de clarifier et de simplifier tout

14:43
Locuteur

ça.

14:43
Arnaud Pericard

Mais au

14:43
Locuteur

final,

14:43
Présentateur

si vous êtes à somme nulle, vous ne récupérez pas d'argent ?

14:45
Arnaud Pericard

Mais vous récupérez déjà 50. 50 milliards sur les 201 ou 211 que vous avez évoqués.

14:49
Présentateur

Qu'est-ce que vous pensez de cette proposition qui

14:51
Locuteur

a avancé

14:51
Pierre Ouzoulias

? Moi, je ne suis pas contre. Je ne suis pas contre. Je pense que, de toute façon, face à la concurrence internationale, aujourd'hui, l'économie, c'est une arme de guerre utilisée par les États-Unis, la Chine. Il faut se défendre. Il faut se défendre et défendre nos entreprises. Mais je suis d'accord avec vous, il faut de la transparence. Et M. Attal dit « tu casses, tu rembourses ». Eh bien, tu as des subventions de l'État et tu délocalises, tu rembourses.

15:17
Locuteur

C

15:17
Pierre Ouzoulias

'est ce que Michelin a fait. À la suite de la commission d'enquête de mon collègue et camarade Fabien Gué, Michelin a remboursé. Ils ont eu une subvention pour installer des machines. Les machines sont partis ailleurs, ils remboursent. C'est tout. C'est aussi simple que ça. C'est de la morale. De la morale et de la vertu. Ce n

15:34
Locuteur

'est

15:34
Pierre Ouzoulias

pas compliqué.

15:34
Présentateur

Vous prenez le cas de la Chine, justement, qui a été citée dans ce rapport sénatorial, où les sénateurs prennent l'exemple des deux grandes économies, la Chine et les États-Unis, qui ont consacré plusieurs centaines de milliards de dollars de soutien public, d'investissement, en direction de leur industrie, de leur tissu économique au sens large. Donc, ça a du bon, ces aides aux entreprises. Ah,

15:57
Pierre Ouzoulias

mais ça a du bon. Et le résultat, c'est l'Allemagne.

15:59
Locuteur

Ils

16:00
Pierre Ouzoulias

ont perdu 200 000 emplois dans l'automobile. Et vous connaissez le résultat dans les urnes. C'est le parti de

16:07
Locuteur

l

16:07
Pierre Ouzoulias

'extrême droite AFD qui, aujourd'hui, peut prendre le pouvoir en Allemagne.

16:10
Arnaud Pericard

À ceci près que dans les deux économies que vous avez citées, vous avez des administrations centrales

16:15
Locuteur

qui

16:15
Arnaud Pericard

font bien leur job, qui identifient ici les start-up, les entreprises, les produits, les brevets, même, y compris sur notre territoire. Nombre d'entreprises qui n'ont pas pu développer leurs brevets ou leurs produits en France les ont trouvées à se développer en Chine ou aux États-Unis. Il y en a une myriade, il y

16:32
Locuteur

en

16:32
Arnaud Pericard

a pléthore. Donc vous avez là des États qui jouent leur rôle un petit peu de stratège, de soutien de leur économie dans les filières qui rapportent et qui génèrent des emplois.

16:41
Locuteur

On

16:41
Présentateur

a entendu de la part de la gauche certains dire sur ce budget, c'est un budget qui est fort avec les faibles et qui est faible avec les forts.

16:50
Locuteur

Oui.

16:51
Pierre Ouzoulias

Après, le budget, c'est un budget pour six mois.

16:54
Locuteur

Ah, il

16:55
Pierre Ouzoulias

faut dire les choses.

16:56
Locuteur

Il faut dire ça à vos amis socialistes qui ont déposé une motion. Je l'aurais

16:59
Pierre Ouzoulias

dit, il y

17:01
Locuteur

a

17:01
Pierre Ouzoulias

une présidentielle, derrière, il y

17:03
Locuteur

a

17:03
Pierre Ouzoulias

une dissolution des élections législatives. Et bien évidemment, en juillet,

17:07
Locuteur

il

17:07
Pierre Ouzoulias

y aura un

17:07
Locuteur

projet de loi rectificatif. Donc pas question de censure du

17:08
Présentateur

côté des communistes

17:09
Locuteur

?

17:10
Pierre Ouzoulias

Ah ben si, bien sûr, on censurera.

17:11
Présentateur

Vous dites vous-même que

17:12
Locuteur

c

17:12
Présentateur

'est un projet pour six mois, donc

17:13
Locuteur

après, il sera

17:14
Présentateur

rectifié.

17:15
Pierre Ouzoulias

Non,

17:15
Locuteur

mais après,

17:15
Pierre Ouzoulias

il y

17:15
Locuteur

a

17:15
Pierre Ouzoulias

une logique politique. On combat le budget. S'il y a un 49-3, on vote la censure. Une

17:21
Locuteur

logique

17:21
Présentateur

politique qui peut coûter cher aussi, puisque derrière, ça amène à une

17:24
Locuteur

instabilité politique,

17:25
Présentateur

à la panique sur les marchés. Je

17:27
Pierre Ouzoulias

vous rassure, le Rassemblement national ne votera pas la censure, parce qu'ils ne veulent pas de législative

17:32
Locuteur

avant la présidentielle. Donc vous, vous voterez la

17:33
Présentateur

censure, parce que vous savez que le Rassemblement national ne la

17:35
Pierre Ouzoulias

votera pas

17:36
Locuteur

?

17:36
Pierre Ouzoulias

Non, nous, on vote la censure parce qu'on est contre ce budget.

17:38
Locuteur

Pour

17:38
Pierre Ouzoulias

les raisons que vous avez données, voilà. Parce qu'il est dur avec les pauvres et beaucoup moins

17:43
Locuteur

dur avec les autres. Tout en admettant que c'est un budget

17:44
Présentateur

provisoire, sur lequel vous pourrez revenir sur la grande

17:48
Locuteur

partie des dispositions budgétaires. On combattra

17:49
Pierre Ouzoulias

ce budget en juillet s'il est tout aussi mauvais, c'est tout.

17:52
Présentateur

Arnaud Péricard.

17:53
Arnaud Pericard

Écoutez, le commentaire du budget au quotidien, c'est un exercice qui est devenu, dans lequel je pense que tous vos auditeurs maintenant sont devenus experts. On verra bien ce

18:04
Locuteur

qui ressort. C'est une bonne chose, non

18:04
Arnaud Pericard

? Oui, moi je trouve qu'il y a un niveau d'acculturation qui est assez intéressant, sur plein de sujets assez compliqués. Moi, je trouve ça assez intéressant. Après, je ne sais pas ce qu'il en ressortira. Est-ce que nous aurons un budget ? Nous, notre position, elle est claire. Est-ce qu'on a envie, dans la situation chaotique qu'est la nôtre, de rajouter du chaos au chaos ? Je ne le crois pas. Et vous l'avez très justement rappelé, c'est un budget de transition, parce qu'il y aura une loi de finances

18:25
Locuteur

rectificative. Oui, il y aura quand même un vote de censure du côté des... Alors, je ne sais pas si... Je vais vous dire,

18:29
Arnaud Pericard

il

18:29
Locuteur

ne

18:29
Arnaud Pericard

faut pas censurer. Il y a un temps de rencontre électorale au mois d'avril et au mois de mai. Il faut le respecter.