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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 18 septembre 2025 25 min

Vincent Capo-Canellas : « La taxe Zucman porterait atteinte à la propriété des entreprises »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Vincent Capocanella, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes sénateur union centriste de la Seine-Saint-Denis. On va évidemment parler de la journée de mobilisation, des rencontres de Sébastien Lecornu. Mais d'abord, on va regarder les unes de la presse régionale. Derrière moi, d'abord la une de La Dépêche. C'est Sébastien Lecornu face à un jeudi noir. Les syndicats unis appellent à manifester pour le Premier ministre. Cette journée constitue l'épreuve du feu. Et la deuxième une, c'est celle de Sud-Ouest. C'est cortège sous haute surveillance.

Le dispositif policier Audrey l'a appelé sera au rendez-vous, notamment avec le concours de drones. Et puis la dernière une, autre sujet, c'est l'Est républicain. Les dépenses qui pèsent lourdes sur les étudiants. Le coût du logement reste la principale charge du budget. De quelle une avez-vous envie de parler ?

0:57
Locuteur 5

Oh, la première, La Dépêche.

0:59
Présentateur

Sébastien Lecornu face à un jeudi noir. On va évidemment revenir sur cette journée de mobilisation. Les raisons, les réponses que peut apporter le Premier ministre avec vous, Vincent Capocanella. Mais d'abord, elle s'annonce très suivie, cette journée de mobilisation. Et il y a des inquiétudes, des alertes de la part du ministère de l'Intérieur sur la sécurité. Un nombre de casseurs. Ce matin, très tôt, Bruno Retailleau s'est exprimé. Il parlait de 5 à 8 000 casseurs qui pourraient potentiellement venir dans les cortèges. Vous êtes inquiet de la tournure que pourraient prendre ces manifestations ?

1:34
Locuteur 5

Moi, je suis conscient des enjeux pour le pays. Je pense que les Français sont en attente de solutions. Il est bien que la colère sociale s'exprime. Il est bien que l'inquiétude s'exprime. Mais il faudra aussi qu'on se mette dans une posture maintenant, globalement, où chacun fasse un pas l'un vers l'autre. le mouvement social d'un côté. Mais les réalités économiques sont là. Et il faut que le gouvernement puisse aboutir à une feuille de route qui nous remette un peu sur une trajectoire où on renoue avec la croissance et où on montre que le ciel bleu peut être retrouvé. Mais il y a des efforts à faire. Et donc, ça passe par une journée de mobilisation. C'est normal. C'est constitutionnel.

Qui doit passer dans le calme. Et on pense aussi à ceux qui sont en galère aujourd'hui, ceux qui n'ont pas de solution de transport, ceux qui avaient des formalités à accomplir. Ceux qui veulent se rendre sur les lieux de travail ou dans les écoles. Voilà. Donc, c'est toujours une journée difficile. Mais je souhaite que ça se passe dans le calme. On peut dire que les forces de l'ordre sont mobilisées. Et c'est bien ainsi, pour assurer aussi cette liberté constitutionnelle.

2:32
Présentateur

80 000 policiers en déployés. Audrey le rappelait. 80 000 policiers déployés. C'est un gros dispositif. Vous faites confiance à Bruno Retailleau pour encadrer, sécuriser ces mobilisations ?

2:44
Locuteur 5

Oui, bien sûr. Je crois que la police et les forces de l'ordre sont au service de la République. Il y a un droit constitutionnel à faire grève, à manifester une colère sociale. Mais je crois que ça doit se passer dans l'ordre, bien évidemment. Et puis, il faut quand même penser à nos compatriotes. Parce qu'on a eu le 10, on a le 18. Il y a d'autres mobilisations qui sont annoncées. Mais tout ça ne doit pas nous conduire à oublier la réalité économique qui s'impose à nous. Comme disait Michel Rocard, les faits sont têtus. Moi, je crois au dialogue social, mais il doit être basé sur une logique de responsabilité. Il y a des problèmes à traiter.

Comme disait André Bergeron, il faut du grain à moudre, sans doute. Mais n'oublions pas quand même les difficultés que le pays rencontre. Et il faut les traiter tous ensemble.

3:23
Présentateur

Et cette journée de mobilisation, le disait, elle s'annonce très suivie. On va voir comment elle se prépare dans nos régions. Nous sommes avec le maire socialiste de Périgueux. Bonjour, Aymeric Lavitola. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin depuis Périgueux. Avant de parler, pareil, des raisons de cette colère, est-ce que vous, vous êtes inquiet pour la sécurité dans les manifestations et particulièrement dans votre ville ?

3:46
Locuteur 3

Écoutez, il n'y a pas d'habitude de phénomène de violence quand il y a des manifestations à Périgueux. Mais là, force est de constater, au vu des effectifs policiers, notamment les forces de sécurité nationale, mais même municipales. Bon, il y a quand même une inquiétude qui est nouvelle. Moi, ce que j'espère, c'est que ces mobilisations vont se passer dans le calme. On peut être en colère, exprimer des revendications, mais tout ça peut se faire dans le calme. Justement, ça donne encore plus de force aux idées qui sont défendues.

4:17
Présentateur

Pourquoi vous avez eu une inquiétude nouvelle ? Vous craignez que cette fois, ça dégénère ?

4:23
Locuteur 3

Alors, moi, je ne crains pas spécialement que ça dégénère, mais forcément, j'ai un dialogue avec l'État, les forces de sécurité, et je sens une forme de fragilité qui est nouvelle. D'ailleurs, moi, j'ai interrogé plusieurs fois. À Périgueux, on n'a jamais connu de phénomène de violence. Donc, je sens qu'il y a une inquiétude, quand même, de ce côté-là. J'espère que ce sera démenti dans la journée. Et puis, vous le savez, en tant que maire, on est vigilant à ces questions-là. J'ai d'ailleurs même annulé un voyage au Québec d'un jumelage pour rester sur place. On dira finalement au cas où. Et j'espère que ce sera finalement tout ça dans le calme.

4:58
Présentateur

– Comment on gère ce genre de journée, justement, quand on est maire ?

5:01
Locuteur 3

– Écoutez, assez tranquillement. On va être en lien avec les forces de police pour être bien sûr que tout se passe bien, notamment, y compris pour ne serait-ce que le défilé des manifestants. Et puis moi, en tant que maire, j'aurai à la fois cette casquette-là, d'accompagner et puis d'être sûr que tout se déroule dans le calme. Et puis de citoyens, parce que je participerai moi-même aux mobilisations aux côtés des citoyens et des citoyennes qui se mobilisent aujourd'hui.

5:29
Présentateur

– Qu'est-ce que vous attendez de cette journée ? Qu'est-ce que vous attendez de Sébastien Lecornu ? C'est une manière de mettre la pression sur lui ?

5:37
Locuteur 3

– Alors la pression, je crois qu'il l'a, il n'a pas besoin des manifestations, mais c'est surtout faire entendre le mécontentement. Et les maires et les élus aussi en font partie. Les difficultés que nous pouvons vivre, les collectivités, mais aussi et surtout une forme d'injustice sociale et fiscale. Je crois que c'est ça qui est réclamé avant tout. Et il faut que M. Lecornu puisse donner des signes importants qui répondent au mauvais budget qui avait été présenté par M. Bayrou. Moi je ne suis pas un partisan de l'instabilité, je crois qu'il faut une stabilité. J'ai entendu M. le sénateur dire qu'il fallait des efforts, c'est à M. Lecornu désormais de les faire.

Notamment, moi ce que je crois, je relais l'idée de la taxe Zuckmann, faire en sorte qu'on prenne aux plus riches de ce pays, ceux qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine, qui l'ont vu doubler depuis huit ans, là je crois qu'il y a aussi de l'argent. Et je crois que les gens entendront mieux les efforts consentis si on demande à celles et ceux qui gagnent le plus dans notre pays.

6:35
Présentateur

Je vais laisser Vincent Capocanella vous répondre. Vous entendez ce que dit le maire de Périgueux. Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ?

6:41
Locuteur 5

Moi je crois que d'abord, il faut que les manifestations se passent bien. C'est normal, c'est la République, c'est le dialogue social. Mais après, il va falloir se mettre autour de la table. Il y a un certain nombre de propositions qui avaient été faites par le précédent gouvernement. Je ne savais à personne que François Bayrou ait parti, que ce plan-là est virtuel. M. Lecorni a dit qu'il a réouvré la discussion. Il a commencé à bouger. Il a bougé sur les deux jours. Il y a d'autres points de discussion qui sont en cours. Je souhaite qu'on avance maintenant. Je ne crois pas du tout à la taxe Zuckman, parce que ça serait portée atteinte à la propriété des entreprises. Et ça ne fonctionne pas.

Il faut trouver des solutions qui soient robustes économiquement. Il y avait un point qu'il fallait améliorer dans la proposition Bayrou, qui était l'équité. Et donc là-dessus, il y a des éléments qui sont en discussion aujourd'hui. Moi, je fais confiance au Premier ministre pour proposer une voie. C'est difficile. Mais si on ne se met pas tous autour d'une table, on n'y arrivera pas. Le pays doit faire des efforts. Il faut qu'il soit bien réparti. Mais attention, ce n'est pas en fiscalisant en outrance qu'on n'y arrivera non plus. Donc autour de tout ça, on doit pouvoir maintenant se mettre dans une logique de construction. Est-ce que ça vous paraît possible

7:49
Présentateur

de trouver des accords avec les socialistes ?

7:52
Locuteur 5

Bien sûr qu'il faut en trouver. Moi, j'étais membre de la commission mixte paritaire qui a voté, en tout cas trouvé le compromis sur le budget de cette année. Et donc je souhaite qu'on soit capable à nouveau de se remettre autour d'une table et de permettre qu'il n'y ait pas de censure sur une proposition qui aura été présentée et qui soit quand même réaliste pour le pays. Voilà, il y a quand même des sujets financiers, les intérêts de la dette augmentent, ça devient exponentiel, donc il y a des efforts à faire. Il faut les répartir de manière équitable, mais attention, on ne peut pas nier cette réalité financière qui est présente.

Et au fond, si le pays se bloque au moment où les circonstances sont terribles du point de vue géopolitique, au moment où les marchés financiers peuvent à tout moment quand même nous attaquer sur la dette, on aura une vraie difficulté.

Voilà, donc regardons les choses en face, il faut se retrousser les manches, on est au pied du mur, on est à un moment historique finalement, il y a beaucoup de transitions difficiles à financer, il y a une inquiétude dans le pays, il y a une volonté aussi de se rapprocher du niveau territorial, parce que les vraies solutions elles sont à ce niveau-là, le Premier ministre a commencé à bouger, ça peut aller dans le bon sens, mais chacun doit être responsable et faire un pas l'un vers l'autre. Si on commence à se révolter contre les réalités, on n'y arrivera pas non plus.

9:11
Présentateur

– Émeric Lavitola, qu'est-ce que vous dites ? Est-ce qu'il faut tenir compte des réalités économiques et du mur de la dette ?

9:21
Locuteur 3

– Mais ça, moi je suis convaincu qu'effectivement, il faut quelque chose d'équilibré, on doit être capable de réduire la dette et dans le même temps, donner et accéder à cette volonté de justice sociale et fiscale. Quand je dis justice sociale et socialiste, par exemple, proposent quelque chose, ils disent que pour les revenus de moins de 2 000 euros, on baisse la CSG pour rendre du pouvoir d'achat. Ils disent aussi que sur la question des retraites, qui avaient eu de nombreuses mobilisations, on devrait la suspendre. J'ai bien vu que M. Lecornu balayait ça rapidement.

Je dis quand même attention, à force de balayer des questions qui sont pour nous fondamentales, ça risque de tendre le dialogue et en particulier avec les parlementaires socialistes qui sont quand même volontaires. Vous l'avez vu, nous avons présenté un contre-budget. Nous considérons que dans la période, nous pouvons être utiles aux Français. Bien entendu, on a bien compris que tout ce que nous disons ne sera pas repris. Mais si tout est balayé, à un moment donné, le risque, c'est que les mêmes causes provoquent les mêmes effets et que vous ayez M. Lecornu qui sera censuré. Et je le dis moi aussi tranquillement, ce n'est pas, comment dire, une victoire en soi.

Moi, je ne me lève pas tous les matins en me disant vivement que le Premier ministre tombe et qu'il y a une solution parce que je crois que pour notre pays, c'est de l'instabilité. Je le vois, les habitants de Périgueux me le disent. Ils sont inquiets, ils voient que le pays quand même est en grande difficulté. Donc, ils attendent des responsables politiques qu'on se mette à la hauteur. Mais se mettre à la hauteur, ce n'est pas se dire à chaque fois, les uns et les autres, on a raison. Moi, je porte des propositions, vous les avez entendues. J'aimerais qu'on ne les balaye pas trop rapidement en disant « Ça, c'est impossible.

» Mais ça, on ne peut quand même pas le financer puisqu'à un moment donné, on ne trouvera aucun consensus. Et je sais que la taxe Zuckmann est en tout cas une forme fondamentale de dire « Est-ce que les gens qui ont 100 millions d'euros de patrimoine, c'est ça dont on parle, ce n'est pas vous et moi, je crois qu'autour du plateau, personne n'a ce type de patrimoine, est-ce que de manière temporaire, ils ne pourraient pas contribuer au fait que notre pays puisse se redresser ? » Moi, je le crois. Alors, j'entends très vite qu'on me met des éléments anticonstitutionnels. C'est souvent le cas quand on veut mettre en place une nouvelle mesure plus progressiste, plus juste.

Alors, faisons en sorte déjà de la discuter jusqu'au bout et puis si ce n'est pas cette forme-là, peut-être une autre. Mais accorder quand même le fait que si on veut aussi que notre pays se redresse, ben oui, les plus riches et oui, les grandes entreprises peuvent contribuer, bien entendu, en maintenant un équilibre puisque le but, ce n'est pas qu'à un moment donné, on prenne tellement à ceux qui ont beaucoup que soit ils s'en vont, soit ils arrêtent leur activité. Je crois qu'on peut être juste. D'autres pays l'ont déjà fait. Regardons de l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis, quand il y avait eu la crise des subprimes, ne s'était pas empêchée de faire ce type d'évolution fiscale.

12:12
Présentateur

Et une dernière réponse, Vincent Capocanella ?

12:14
Locuteur 5

Je crois qu'il y a une place pour une négociation à partir du moment où chacun a de bonne volonté. En restant encore dans un cadre économique qui soit réaliste aujourd'hui, la France n'est pas coupée du monde. On ne pourra pas distribuer de l'argent qu'on n'a pas et ça fait longtemps qu'on a tendance à le faire. Donc le Premier ministre n'a pas encore abattu ses cartes. Je souhaite que ça permette à chacun de se positionner de manière responsable. Juste un point, quand on fait une négociation, il faut savoir si on l'amène dans l'idée d'aboutir ou dans l'idée simplement de prouver que c'est l'autre qui a tort. Je souhaite qu'on se mette en situation d'aboutir.

12:47
Présentateur

Merci Aymeric Lavitola. Merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis votre ville de Périgueux dont vous êtes le maire. Merci beaucoup. Les perturbations, on l'a dit, sont fortes dans les transports. Un TGV sur 10 annulé, un intercité sur deux DRR, des métros perturbés en région parisienne à l'occasion de cette journée de mobilisation. Et voilà qui remet au cœur de l'actualité des travaux du Sénat sur lesquels vous allez nous éclairer. Audrey, c'est l'encadrement du droit de grève dans les transports.

13:12
Locuteur 7

Une idée qui ne date pas d'hier, Oriane. Elle est portée par la majorité sénatoriale de droite et du centre depuis au moins 2020. D'abord avec la proposition de loi d'un certain Bruno Retailleau, plus récemment celle du LR Stéphane Lerusulier. Et puis en 2024, Hervé Marseille, le chef du groupe union centriste au Sénat, avait déposé une proposition qui a été adoptée au Sénat en avril 2024 mais qui n'a pas encore été étudiée à l'Assemblée. Et voici comment il justifiait à l'époque sa proposition. On l'écoute.

13:45
Locuteur 4

Trop c'est trop. Nos concitoyens n'en peuvent plus. À chaque mouvement social, ils sont des millions à faire les frais de ces débrayages, à devoir s'entasser sur des quais ou dans des rames bondées. Dans ces conditions, la défense corporatiste des intérêts des uns se fait au détriment de la liberté des autres.

14:01
Locuteur 7

Son idée, c'est de s'inspirer de ce qui se fait déjà en Italie et de donner la possibilité au gouvernement de définir par décret 30 jours par an durant lesquels les agents des services de transport n'ont pas la possibilité de faire grève. En Italie, ces jours font l'objet de négociations avec les syndicats. Ça se passe à l'automne. Pour la version française, cette interdiction serait limitée à 7 jours glissants et vise plus particulièrement les vacances scolaires, les jours fériés, les élections et les référendums ainsi que les événements d'importance majeure. Une mesure fustigée en 2024 par la gauche lors de l'examen au Sénat. On écoute.

14:42
Locuteur 2

Pouvons-nous engager de telles restrictions d'un droit fondamental ? Renverser ainsi les conditions d'encadrement légal du rapport de force des conflits sociaux ? À ces questions, si nous étions raisonnables, il faudrait aujourd'hui répondre non.

15:01
Locuteur 7

Monsieur le Sénateur, la gauche estime que cette proposition, même si elle a été étudiée à l'Assemblée, serait inconstitutionnelle car le droit de grève en France est un droit à valeur constitutionnelle et là, il s'agit d'une interdiction même si c'est pour quelques jours et même si c'est négocié en amont. Vous qui êtes centriste, j'imagine que vous soutenez la proposition de votre président de groupe. Alors comment on fait pour que ce soit constitutionnel ?

15:20
Locuteur 5

D'abord, on peut encadrer le droit de grève par la loi. Je l'ai fait s'agissant du transport aérien et des contrôleurs du ciel en instaurant une obligation de se déclarer et grévistes à l'avance ce qui permet aujourd'hui d'ailleurs d'établir qu'il y a une centaine de contrôleurs grévistes et on a des retards qui sont annoncés mais pas ou quasiment pas de suppression de vol parce qu'on sait à l'avance le nombre réel de grévistes. Donc oui, on peut trouver des voies et des moyens qui permettent de concilier le droit de grève et le respect du droit aussi de se déplacer. Mais nos concitoyens ont quand même le sentiment d'être souvent pris en otage.

Regardez, il y a eu en juillet une grève d'une partie des contrôleurs du ciel, des syndicats minoritaires, il y a eu le mouvement du 10, il y a ce mouvement aujourd'hui qui est moins suivi par les contrôleurs du ciel majoritaires cette fois annoncent un nouveau mouvement du 7 au 9 octobre. Donc voilà, il y a un moment où il faut se poser la question, permettre cette liberté fondamentale mais aussi éviter par exemple ce qu'on appelle les préavis dormants ce qui permet à tout moment de déclencher une grève parce qu'il y a des préavis de grève déposés toute l'année. Ça par exemple, il faut l'encadrer.

Après Hervé Marseille a fait une proposition de mon groupe, évidemment, je la soutiens qui doit permettre aussi de réfléchir à des pertes clés, des périodes de vacances quand les Français finalement veulent souffler un peu à ce moment-là est-ce qu'on ne peut pas aussi se dire qu'il y a des zones où on évite d'avoir des conflits sociaux mais il faut permettre cette liberté à d'autres moments. Voilà, donc c'est un débat qui peut exister mais surtout au-delà de la grève. La question c'est qu'en France il faut arrêter cette logique de dialogue social par la confrontation et la grève. Il faut savoir se mettre au tour de la table.

En Allemagne par exemple, les syndicats sont forts mais ils négocient et ça c'est la voie qui devrait marcher.

16:58
Locuteur 7

Alors justement en ce qui concerne les contrôleurs aériens vous avez apporté un texte vous l'avez dit pour limiter l'annulation des vols ça a déjà des résultats ça permet aux compagnies de s'organiser et vous avez même dit résultat on voit moins les effets de la grève mais est-ce que ce n'est pas le principe justement d'une grève d'être visible et de peser dans les négociations ?

17:16
Locuteur 5

Avant c'était paradoxal parce que comme on ne savait pas combien il y avait de contrôleurs grévistes on faisait ce qu'on appelle des abattements c'est qu'on supprimait des vols à l'avance et finalement il y avait 10 grévistes au niveau national donc c'était un système qui était totalement pervers là c'est la vérité des prix si j'ose dire en fonction du nombre de grévistes il y a des suppressions de vols et ça permet aussi aux voyageurs de ne pas se rendre dans les aéroports pour au dernier moment se rendre compte que le vol est annulé ça permet de un peu mieux organiser les choses et les petits mouvements se voient moins c'est normal mais les gros mouvements là le SNCTA qui est le syndicat majoritaire a annoncé un préavis de grève on sait quand le SNCTA fait grève il y a 60 à 80% de l'annulation des vols voilà donc là ça oblige à négocier en fonction de la proportionnalité du nombre de grévistes voilà ça me paraît logique mais en tout cas dans le transport aérien comme partout moi j'appelle le dialogue social en respectant les réalités économiques il faut assurer la performance la France est regardée aussi et on doit sortir de cette fatalité finalement qui est un pays qui est éternellement bloqué qui ne voit pas les réalités économiques et qui ne sait pas se moderniser la France a un talent formidable on a des atouts formidables mais regardons de l'avant il y a un blocage politique aujourd'hui notamment à l'Assemblée nationale il y a un sentiment de ne pas être assez entendu il faut aussi qu'on réfléchit sur la façon de faire de la politique de s'adresser à nos concitoyens de leur permettre de participer plus ok mais il faut aussi se dire que si on sait regarder les réalités financières on pourra les traiter il y a des économies à faire ça ne règle pas tout il faut retrouver la croissance aussi si on avait un taux d'emploi égal à celui de la manne on n'aurait aucune difficulté végétaire ça c'est l'essentiel moi je voudrais qu'il y ait une grande conférence sociale sur ce genre de questions là

18:50
Présentateur

Un mot Vincent Capocanella puisqu'on l'a vu dans le journal Sébastien Lecornu hier a écrit une lettre aux maires aux 35 000 maires du pays il leur promet une reconnaissance plus juste de leur engagement comme agent de l'État notamment dans le budget de 2026 ça doit se traduire comment selon vous ?

19:06
Locuteur 5

D'abord Sébastien Lecornu a un parcours d'élu local qui le qualifie particulièrement pour essayer de résoudre cette contradiction entre un État fort un peu omnipotent qui se croit omniscient et qui a tendance à asphyxier les initiatives locales donc voilà c'est en partant du terrain qu'on va y arriver il y a une vraie question qui est comment on refait l'équilibre entre l'État et les collectivités locales comment on donne plus de liberté au territoire pour s'organiser et pour trouver des solutions localement il y a des questions de plus d'autonomie des collectivités locales et donc moi je trouve que c'est de bonne alloi cette lettre du Premier ministre voilà après le Sénat va s'en saisir le président de l'Archer l'a indiqué il y aura un travail important qui va être mené dans cette maison là-dessus pour un nouvel acte de décentralisation ce que je souhaite simplement c'est que ça ne soit pas que de la posture politique et qu'on ait une majorité pour le voter

19:52
Présentateur

mais que promet dans cette lettre dit Sébastien Lecornu ce grand acte de décentralisation sauf que ça va faire 8 ans maintenant qu'Emmanuel Macron promet un grand acte de décentralisation est-ce que vous pensez que cette fois c'est la bonne ?

20:04
Locuteur 5

je crois que l'intention est très bonne mon petit doute c'est juste que en l'absence de majorité claire à l'Assemblée et juste avant les grandes échéances ça risque d'être difficile mais je crois que c'est un des sujets consensuels et que la démarche est bonne je souhaite qu'elle réussisse le Sénat fera tout pour qu'elle réussisse mais je dis simplement qu'il y a deux assemblées et il faut que dans l'autre assemblée on cesse un peu les jeux politiques sur au moins ce sujet-là qui est un sujet d'intérêt général c'est comment on prend les décisions au bon niveau et comment on donne aux élus locaux la liberté d'agir au bénéfice de nos concitoyens

20:36
Présentateur

Allez pour terminer on va voir l'actualité dans votre département on va à Montreuil on retrouve Charles-Henri bonjour merci beaucoup d'être avec nous journaliste à citoyens.com et vous vouliez interroger Vincent Capocanella sur le dossier brûlant du projet d'extension de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle

20:51
Vincent Capo-canellas

Oui bonjour merci pour l'invitation donc en effet Aéroport de Paris a présenté au printemps un nouveau plan d'aménagement de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle ce projet il arrive 4 ans après l'abandon de la construction d'un quatrième terminal il est adossé à toute une stratégie pour absorber la hausse attendue du trafic aérien dans les prochaines années dans la foulée de l'annonce de ce nouveau projet ADP a organisé une consultation préalable avec le public sous l'égide de la commission nationale du débat public le bilan sera présenté le 9 octobre mais déjà donc dérivera parfois des élus des associations ont fait connaître leurs inquiétudes quant à la pertinence même du projet et plus particulièrement sur les nuisances sonores qu'ils engendreraient des associations d'ailleurs réclament dès maintenant la mise en place d'un couvre-feu à Roissy comme c'est le cas à Orly pour limiter le trafic aérien de nuit et j'ajouterai qu'en fait ce sujet fait aussi écho à un autre projet d'actualité en Seine-Saint-Denis qui est la liaison du CDG Express sur la ligne B du RER donc monsieur Vincent Capocanella pouvez-vous nous apporter votre éclairage sur les enjeux du projet d'extension de l'aéroport de Roissy et sur l'équilibre à trouver pour mieux prendre en considération les impacts sanitaires et environnementaux de l'activité aéroportuaire et enfin est-ce que vous êtes favorable ou non à un couvre-feu sur l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle

22:28
Locuteur 5

alors il y a en fait deux procédures en cours il y en a une dite approche équilibrée qui est menée dans l'Union Européenne et c'est le préfet du Val d'Oise qui fait une proposition à cet titre là qui vise à réglementer les questions que vous évoquez de nuisances sonores de quel type d'appareil peut atterrir à quelle heure etc donc ça c'est le préfet du Val d'Oise qui va faire une proposition il a déjà commencé une concertation là-dessus sur tout l'aspect réglementaire de suivi des nuisances sonores et je fais confiance dans le représentant de l'État pour faire la meilleure proposition là-dessus ça sera mis en débat dans les semaines qui viennent c'est un sujet particulièrement important c'est vrai ensuite l'aéroport de Paris a un programme d'investissement il est normal que cet aéroport se modernise pour mieux accueillir les passagers pour faire que aussi le petit travail des salariés s'améliore et pour qu'on organise mieux la mobilité c'est dans un cadre de décarbonation c'est très important ça n'est pas le projet d'avant ça n'est pas le T4 c'est un projet qui vise à mieux relier les terminaux et au fur et à mesure sans grande cathédrale si j'ose dire à permettre de bien accueillir d'améliorer la qualité de service il y a une concertation volontaire qui a été menée par l'aéroport de Paris je pense que c'était une démarche utile ils n'y étaient pas obligés ils vont en tirer le bilan je vais participer à un certain nombre de réunions là-dessus je pense que cette démarche est positive on a un outil d'emploi on a un outil de mobilité mais il faut qu'ils prennent en compte évidemment l'environnement aussi je ne suis pas sur l'idée du couvre-feu je pense que ça ne marche pas il y a un couvre-feu à Orly si on ne peut pas avoir un couvre-feu d'ailleurs dans les deux aéroports parce que finalement il y a des avions qui doivent aussi décoller la nuit on a un sujet fret en particulier il faut réglementer tout ça mais là-dessus voilà voyons la proposition qui va être au départ proposée par le préfet du Valdoise et qui ensuite sera discutée et puis à la fin le ministre tranchera sur ces différents points là-dessus voilà mais je crois qu'il faut avoir un développement concerté et laissons le dialogue se dérouler là-dessus

24:30
Présentateur

Merci Merci Charles-Henri d'avoir été avec nous journaliste à citoyens.com Merci beaucoup d'avoir été avec nous Merci Vincent Capocanella d'avoir été notre invité Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat