Jean-Michel Blanquer : "Il faut retrouver une forme de volontarisme et d'optimisme français"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On a le plaisir d'accueillir Jean-Michel Blancard. Bonsoir à vous. Ancien ministre de l'éducation nationale et auteur de ce livre Civilisation française aux auditions Albin Michel.
On va y revenir. Vous êtes inquiet pour notre civilisation française. Elle est en danger selon vous.
On était juste avant que vous n'arriviez en train d'évoquer les mots du chef d'étatmajor des armées, le général Mandon qui nous met en garde contre une confrontation avec la Russie d'ici 2030. C'est très précis par solidarité avec d'autres pays. Il dit il va falloir accepter l'idée de perdre des enfants.
À l'instant, on a Jean-Luc Mélenchon qui monte sur ses grands chevaux et qui dit "Ben enfin, où est Emmanuel Macron ? Pourquoi permet-il ça au chef d'étatmajor des armées ?" Il y a un risque de guerre.
On est dans un monde où la guerre peut survenir selon vous sur Michel Blanquer ou est-ce qu'on nous fait peur ? On joue à nous faire peur ? Je pense qu'il y a plusieurs sujets dans dans une affaire comme celle-ci.
La première, c'est le fait d'être toujours préparé à la guerre, quel que soit l'adversaire. Euh la première caractéristique d'une démocratie, ça doit être d'être capable de se défendre contre les forces antidémocratiques, que ce soit à l'extérieur ou à l'intérieur. Donc, d'une certaine façon, il y a une banalité à dire cela.
Euh heureusement qu'un pays doit être capable de se défendre et se défendre c'est malheureusement perdre des soldats. Donc nos enfants, c'est c'est euh c'est une sorte d'évidence euh qu'il faut qu'il faut rappeler. Évidemment, il faut éviter que ce soit le cas.
Euh mais il faut être prêt. Qui qui veut la paix prépare la guerre. C'est bien connu et c'est une un adage éternel.
Donc que cette évidence soit rappelée me paraît pas du tout choquant. Ensuite, il y a un deuxième sujet qui est celui de la relation avec la la Russie et là je pense qu'il faut savoir distinguer le court terme et le long terme. C'est ce que j'essaie de faire dans le livre.
Je parle d'ailleurs de la Russie à un moment donné, c'est que à court terme, il y a indiscutablement une agressivité russe contre nous. C'est un fait. Je l'ai moi-même constaté d'ailleurs lorsque j'étais au gouvernement des attaques numériques auxquelles nous ne répliquions pas assez.
D'ailleurs, je pense que il faut savoir répondre à l'agressivité. Donc c'est un fait, il est très regrettable mais on ne choisit pas ses adversaires quand il quand il vous attaque. En revanche, il faut savoir penser à une Russie post-Poutine et à une Russie de de demain.
Et c'est d'ailleurs le même sujet avec l'Iran. Autrement dit, ce sont des pays potentiellement amis. Euh et justement, d'un point de vue civilisationnel, si vous voulez, demain l'Europe de l'Atlantique à l'oral, ça peut faire sens.
Ça paraît un peu étonnant de dire ça aujourd'hui parce qu'on a tous l'œil sur le guidon et et de mais en réalité, il faut avoir ce type de vision et c'est d'ailleurs parler de cela qui peut-être apaisera les choses si ce n'est de gouvernement à gouvernement, au moins de société à société et qui doit bah nous permettre justement de préparer la paix pour le coup. Et donc je pense qu'il faut savoir euh tenir les debouts de cette chaîne et avoir et la vision de court terme où on doit être toujours préparé à tout et la vision de long terme où on doit avoir un idéal. En même temps, Jean-Michel Blanquer, on est dans un pays qui a tant de mal à préparer l'avenir immédiat de ses propres enfants.
On nous projette en 2030 et une confrontation avec la Russie. On a du mal à les éduquer et vous le savez, vous avez été ministre de l'éducation nationale. On a du mal à leur enseigner ce que sont les valeurs de la République, ce que sont les valeurs de la vie en société.
Est-ce qu'on on on met pas on mélange pas tout en réalité ? Il y a quand même des priorités, des ultra priorités aujourd'hui. Oui, justement les priorités s'ordonnent en fonction d'une vision de long terme.
Ce qui est notre maladie, une de nos maladies contemporaines, c'est le court termisme. Et donc de d'être sans taré, balloté dans un sentiment d'urgence et puis d'absence de sens parce que les choses ne sont pas reliées entre elles. Or, si on doit les relier, c'est toujours au travers de l'idée républicaine, c'est-à-dire le commun, ce qui nous rassemble.
Par exemple, le service national, c'est quelque chose qui normalement nous rassemblait, faisait un creusé républicain et c'est pourquoi je prononcie le retour d'un service national. C'est lié à notre à notre sujet. Et encore une fois, un pays doit être toujours capable de se de se défendre et il doit avoir l'esprit de défense, pas seulement des bonnes armes, une armée professionnelle bien préparée, mais aussi un pays qui a des valeurs et qui est qui est prêt qui est prêt à les défendre.
On peut dire le contraire par démagogie, mais c'est ce qui mène justement à la mort des civilisations ou des pays. Donc, il faut avoir cet esprit de défense. C'est d'ailleurs entre l'éducation nationale et la défense, il y a des accords pour cela.
On a des classes défenses, on a des choses qui sont faites. Il faut que ça aille plus loin pour que ce soit naturel pour tout enfant de France, non pas de mourir pour son pays, mais de servir son pays. Alors, justement, on parlait des enfants de France.
On a eu une étude assez intéressante publiée cette semaine par les Figaro concernant l'islam notamment sur les jeunes générations avec des chiffres édifiants. Une jeune femme sur deux qui dit porter le voile de façon volontaire, 57 % qui pensent que les lois coraniques doivent être au-dessus de la loi de la République. Encore une fois, la lumière de votre livre, est-ce que nous pouvons encore fabriquer un substrat national et faire une civilisation française ?
Oui, c'est encore possible mais il est un peu minuit - 5 sur ce sujet. Certains diront il est minuit 5. Moi je dis il est minuit - 5.
C'està-dire on peut se redresser. Encore faut-il faire envie ? Encore faut-il avoir un modèle de société ?
Encore faut-il avoir un idéal de société républicain qui soit qui soit intégrateur. Donc aujourd'hui il y a notre modèle d'intégration républicain qui fonctionne en partie et qui dysfonctionne en partie. On insiste beaucoup sur les dysfonctionnements, mais il faut aussi regarder ce qui marche dans le modèle républicain français et faire levier avec ça et c'est les proposition que je que que je fais.
Alors là-dessus, pour lter contre le séparatisme, pour le lonté contre le communarisme, qu'est-ce que vous proposez dans civilisation française ? Bah d'abord la la première des choses, c'est retrouver cette cohésion nationale qui passe par le sujet principal dont dont je parle qui est celui de de retrouver notre territoire et de réirriguer notre territoire. Et donc la langue territoire langue institution, ce sont mes trois mes mes trois éléments en effet, les trois supports de civilisation et la langue ça porte énormément de choses.
C'est évidemment la culture, l'éducation euh et cetera. On doit avoir un creuser républicain. Euh en France, le fait de s'autoénigrer en permanence est un des éléments qui est qui va contre l'intégration.
Si vous regardez les les immigrés aux États-Unis, très souvent le ils ont beaucoup plus de difficultés matérielles que en France. euh ils sont moins bienvenus à à bien des égards. Néanmoins à la fin le jour où ils sont naturalisés ou même où ils ont une carte, c'est la Exactement, c'est ce que je veux dire.
La main sur le cœur et le le l'hymne américain. Euh nous en France, on passe notre journée à dire que euh la France ça va mal, c'est un pays pessimiste, un pays raciste et cetera et cetera. Comment voulez-vous faire envie et qu'il disent que les lois de la République c'est ce qu'il y a de plus haut et de plus important si toute la journée nous disons du mal de nous-mêmes.
Donc il faut retrouver une forme de volontarisme et d'optimisme français qui a existé dans des temps anciens. La France était considérée même à l'échelle européenne et mondiale comme le pays de la vaillance, de l'optimisme, de la créativité. Oui.
Jusqu'au milieu du 20e siècle en gros. C'est-à-dire euh je pense que si vous voulez les deux guerres mondiales et les crises économiques ont donné des coups de béliers dans notre confiance en nous-même en fait et que on est rentré dans un cercle vicieux de la défiance de nous-même. Donc et quand on n pas confiance en soi-même, on fait envie à personne.
Donc le le le le sujet aujourd'hui, c'est comment retrouver du collectif sur chacun des sujets qu'on va aborder. Le à chaque fois c'est la même question centrale qui est matricielle pour le reste, c'est comment on vient équilibrer tout ce qui fragmente aujourd'hui ? combien on vient compenser ce qui fragmente aujourd'hui un système démocratique par définition ça crée de la diversité ça crée des droits, ça crée des libertés, ça crée de l'affirmation de différence.
Ce qui est très bien, c'est le principe de la démocratie. Mais s'il n'y a que ça, vous n'avez que de l'individualisme voire du communautarisme. Il faut du commun euh de la République, c'estàdire de la res publica, de l'intérêt général, du creuser qui passe par l'école, par le service national, par une série d'institutions qui font qu'on est ensemble queles que soient nos nos classes sociales et nos origines.
Et et donc si vous devez avoir et l'un et l'autre, c'est-à-dire et la démocratie et la République. Et cette idée là, vous pouvez la décliner en économie, dans le domaine social, dans le domaine culturel, dans le domaine urbanistique et cetera et cetera. Et donc c'est c'est à cette condition que nous nous maintiendrons comme civilisation avec de l'exigence envers nous-même.
Une question de Geoffre le jeune à Jean-Michel Blanquer. Je vous écoute parler de civilisation française et on sait que les civilisations sont mortelles. Si à très court terme aujourd'h vous parlez tout à l'heure de long terme, si à très court terme il y avait un péril mortel qui qui nous conduisait de minuit- 5 à min5, lequel serait-il selon vous le le la priorité des priorités du moment ?
La priorité, c'est justement de savoir se défendre en effet, c'est-à-dire être capable de prendre les mesures qui permettent de faire face. Regardez ce qui s'est passé pendant la crise sanitaire. Nous avons alors en terme vous parliez en terme de menaces géopolitiques.
Non non non, je toutes les certains disent l'immigration, d'autres disent c'est l'islamisme, peu l'autre le le narcot. La caractéristique de notre époque c'est qu'elle est c'est qu'elle est multirisque et je les hiérarchiserai pas entre eux. La question du narcotrafic qui est dans l'actualité aussi est une une question gravissime et très concrète.
Ce qui s'est dit aujourd'hui sur la Russie, c'est une question potentielle. C'est une question en fait de scénario. Il y a un scénario négatif, il existe.
Il faut le le regarder en face et il faut travailler à d'autres scénarios aussi. Bien sûr, s'agissant du narcotrafic, c'est pas un scénario. C'est déjà là, c'est une réalité.
Elle nous menace, elle gangraine le la République comme elle gangraine tout pays où le narcotrafic trop d'importance. C'est c'est ce qui est arrivé chez nous, ce qui est en train d'arriver puisqueà partir du moment où il y a des milliards qui sont en jeu, c'est entre 4 et 10 milliards d'euros de trafic de drogue au moins par an chaque année en France, vous avez une capacité de corruption qui est gigantesque avec cet argent et donc c'est des quartiers entiers qui basculent dans autre chose que l'autorité de l'État. Et ça c'est une menace iket nun à laquelle il faut faire face par l'affirmation de l'autorité de l'État.
Une question d'André Vanini peut-être. C'est moi une question moi une question qui qu' un regret. Jean-Michel Blanquer a été ministre de l'éducation nationale pendant 5 ans et il a des valeurs.
C'est un républicain, il a c'est un républicain fervant. Moi, j'apprécie beaucoup ce qu'il dit. Et je lui disais à l'instant à l'oreille que depuis qu'il est parti, nous avons eu sep ministres de l'éducation en 5 en moins de 5 ans, 7 en 4 ans.
Une instabilité ministérielle jamais vu en France à l'éducation et à la santé. Qui dirige le pays ? qui dirige les administrations, les haut fonctionnaires.
C'est une catastrophe que cette instabilité ministérielle, on ne le dit pas assez mais la santé et l'éducation sont les deux ministères qui connaissent un turnover si j'ose dire de ministre. On change de ministre à peu près tous les 6 mois. Monsieur Blanquer avait une vision, il a eu 5 ans pour mettre en œuvre sa vision.
Ses successeurs n'ont même pas le temps de s'installer, de connaître les dossiers qui sont déjà remplacés. Vous le regrettez aussi et vous l'avez regardé dans votre précédent livre. Ah oui, c'est malheureusement complètement indiscutable.
C'est ainsi et c'est triste. C'est-à-dire, j'ai souvent eu à dire que mon idée était que ça dure que qu'on devait avoir une vision sur 10 ans. J'avais fait, je ne voulais pas être ministre 10 ans, je rassure tout le monde.
Mais le mais c'était qui est une une seule personne pour les 5 ans du deuxème quinquena. C'est à l'image d'autres problèmes que le ce quinquena a eu. Et si on avait eu ça avec une continuité dans les lignes et puis éventuellement de nouvelles lignes pour approfondir.
Alors un petit élément d'optimisme malgré tout, c'est qu'il y a certaines politiques publiques qui ont été enclenchées en 2017 qui valent toujours et on en parle pas mais elle continue à produire certains fruits. L'exemple typique c'est le dédoublement des classes. C'est quand même 400000 enfants par an.
Ça existe encore aujourd'hui et c'est une des choses qui nous permet, ça aussi on en parle jamais parce qu'il faut parler aussi des points positifs, un début de petit rebond du niveau de l'école primaire tel que mesuré à l'âge de 8 ans. D'ailleurs, demain, ce sera dans l'actualité, je connais pas les résultats donc je Mais demain, vous aurez les résultats des évaluations nationales euh que tous les parents d'élèves connaissent puisque c'est ce qu'il y a en début de CP, début de CE1, début de CM1, début de 6e, début de 4e, début de seconde euh et qui nous permettent de voir comment euh évolue le niveau de chaque enfant de France. en français et en mathématiques, c'est des choses de longue haleine et vous avez raison.
C'est-à-dire que depuis tout à l'heure, je parle que du long terme en disant "Ayons une vision de long terme." L'éducation, c'est le sujet par excellence de long terme. Lorsque j'étais ministre, on attendait toujours que le lendemain matin des des magies s'accomplissent.
Mais c'est jamais comme ça. Vous devez semer des graines, arroser et et donc aujourd'hui sur certains sujets, il y a des petits bourgeons et tous n'ont pas connu le gel de au cours des des trois dernières années. D'abord parce qu'il y a eu des des continuités assumées par certains ministres, parce que l'administration a continué certaines choses, mais il y a eu des choses abîmées, ne serait-ce que parce que tout ça c'est affaire de technique, mais c'est aussi affaire de psychologie.
On doit sentir le cap, on doit voir où on va. Et quand vous dites c'est les fonctionnaires qui gouvernent, j'aimerais presque que vous ayez raison. C'est même pas ça, c'est juste le canard sans tête dans ces cas la machine qui tourne à vide.
Vous dites aussi dans votre livre pour s'intégrer à la France, ce n'est pas s'intégrer à la France ce n'est pas seulement habiter son sol, c'est partager son âme. Quand on voit encore une fois les résultats de cette enquête ifope, quand on voit que des jeunes pensent que les lois de la religion quel que soit sont supérieur, comment est-ce qu'on peut encore partager l'âme d'un pays et donc faire nation ? par la par la fierté de nous-même.
Je pense que ça vraiment et qui ensuite se diffuse dans dans tous les problèmes magique ça que que c'est Ah bien sûr, de toute façon, il y aura pas rien ne se décrète en cette matière et et et évidemment le l'exemple est donné par en haut par le chef de de l'État, le gouvernement et cetera, mais c'est aussi tous les Français qui sont responsables de ça, ce que nous disons tous les jours. L'exemple de l'école est typique. Comment en parlons-nous tous les jours ?
Nous nous avons volontiers des paroles de dénigrement plus que des paroles de de de soutien. Euh très souvent en famille, on critique un professeur plutôt que de de de dire à l'élève, enfin à l'enfant de de mieux se comporter avec un professeur. Donc c'est un peu une forme de révolution mentale de la société française qu'il faut euh appeler de nos vœux et qui est possible parce qu'en fait on voit sous certains angles que les Français attendent ça et il faut simplement que l'ambiance le le permette et c'est quels sont les leviers ?
Moi j'ai du mal à voir les leviers concrets. Ah je pense que la prochaine élection présidentielle sera ce moment-là où ne et si ce n'est pas le cas, ce sera très grave. Mais en tout cas, la prochaine élection présidentielle doit cristalliser quelque chose de ce désir de vivre en commun français et que nous ayons aussi conscience que nous avons beaucoup à perdre à nous délecter de d'une espèce de déclinisme.
Il faut nous n'oublions pas la chance que nous avons de vivre dans ce pays qui est une démocratie, qui est beau, qui a toute une histoire avec sans laquelle nous ne serions pas là. Tout ça nous en nous en avons trop peu conscience. Nous sommes un peu des enfants gâtés de la France et euh et donc élevons-nous à l'auteur de la France et soyons et ayons ce langage là si vous voulez.
Vous pz vous pourriez décliner ça un programme présidentiel éventuellement. Alors je vous pose pas la question blancaire président. Alors, je n'ai [rires] pas dit ça.
Je n'ai pas dit ça. En revanche, j'assume que le livre euh puisse inspirer euh il est fait, si vous voulez, justement pour ne pas mettre de noms propre, enfin pour que le sujet soit pas celui des candidats à la présidentielle, mais pour que le sujet soit celui de la de la meilleure possible des plateformes présidentielles. Et j'espère que c'est que qu'il y aura des logiques assez collectives dans cette élection présidentielle, c'est-à-dire qu'on sente une agrégation de bonne volonté derrière les remèdes qui apparaissent nécessaires pour la France.
Je pense que le sujet premier que je mets en haut de la pile qui est celui de réinerver, réirriguer notre territoire pour que les petites villes et les villages retrouvent de la vitalité, c'est-à-dire de la démographie, de l'industrie, du commerce, de l'agriculture et cetera que qui qui est une vitalité des enfants. Donc et bien que ça c'est c'est un élément clé qui à mon avis pourrait être en effet central dans pour ce celle ou celui qui sera élu président de la République. Petite question rapide de Guillaume Pierro avant la fin.
Euh Jean-Michel Blanqu, vous constatez, vous regrettez l'autodénigrement des Français. Ça m'a fait penser à Pompidou qui à l'Élysé disait "Il fustigait ceux qui n'ont pas de meilleur plaisir que de dire du mal de leur pays." Il avait eu cette formule dans ses derniers vœux aux français.
Mais comment expliquer que ça soit une singularité française ? Parce qu'après tout, les Anglais, ils passent pas leur temps à s'autoigrer. Les Italiens, ils passent pas leur temps à s'autodénigrer.
Oh, ils ont de la dérision sur eux-même. C'est pas pareil, je il me semble-t-il. Euh comment expliquer ce mal français ?
Peut-être que nous avons euh retourné contre nous-mêmes nos qualités, c'est-à-dire notre esprit critique. Euh une des grandes qualités de la France euh au travers du cartésianisme et d'autres caractéristiques de notre histoire, c'est l'esprit critique et c'est magnifique. Vous le pratiquez toute la journée et c'est beau et c'est et tant mieux.
Heureusement que que que que ça existe et ça c'est synonyme de liberté et et mais simplement il y a un moment il y a une limite si vous voulez. C'est-à-dire et cette limite, elle est sur la la critique que nous tournons sur nous-mêmes en permanence. Donc évidemment, ça ressemble parfois au village gaulois et nous poussons assez loin notre capacité à nous tirer les uns sur les autres.
Mais il y a des moments, il faut retrouver le sens de nationale. Ça se voit à certains moments de de notre histoire récente. Nous en sommes encore capables.
Euh regardez quand au moment des Jeux Olympiques, regardez la reconstruction de Notre Dame, il y a des moments où nous savons faire cohésion. Donc le donc c'est cette euh on doit retrouver cette cet amour de nous-même, cette confiance en nous-même, cet amour propre qui est euh qui est indispensable. Civilisation française aux éditions Album Michel, c'est votre livre.
Merci Jean-Michel Blancard parce que vous entendre. Merci Andréalini, Jeanfun, Guillaume Pérou, Jean-Michel Salv
Marina Ferrari