Nicolas Dupont Aignan, député NI de l'Essonne et Alexis Bachelay, député PS des Hauts de Seine LCP 2
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:08FerméeÉludée
Est-ce que cela va suffire ?
- 7:51OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il n'y a pas un paradoxe entre les Ukrainiens qui veulent plus d'Europe et l'Europe qui ne vient pas à leur chevet ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Quel est votre avis sur le boycott des JO de Sochi ?
- 11:23OuverteRéponse directe
On les appelle maintenant les repentis. 16 000 Français ont déposé un dossier de régularisation fiscale. Que pensez-vous de ces résultats ?
- 12:49ComplaisanteRéponse directe
Vous pensez qu'il aurait pu se féliciter davantage de la politique du gouvernement ?
- 13:59OuverteRéponse directe
Vous en parliez, est-ce que vous dites bravo au gouvernement aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Locuteur 1Fait
« Le président de la République a demandé que des sanctions ciblées et personnelles soient prises contre les responsables de ces exactions inadmissibles. »
- 4:28Locuteur 4Fait
« Nous demandons que des sanctions graduelles, ciblées, soient prises à l'égard de celles et ceux qui sont responsables de la dégradation de la situation en Ukraine et qui sont responsables de la mort d'Ukrainien. »
- 5:07Locuteur 4Fait
« Nous pouvons aussi aider les associations, des ONG qui travaillent en Ukraine pour pouvoir permettre une expression effectivement démocratique. »
- 12:03Locuteur 3Chiffre
« Sur ces 15 000 dossiers, nous avons traité 240 dossiers sur un montant d'avoir de 300 millions qui a permis d'encaisser d'ores et déjà dans les caisses de l'État 70 millions d'impôts, de peines et d'amendes. »
- 12:22Locuteur 3Chiffre
« Sur les 2600 dossiers complets, c'est 230 millions qui ont été encaissés qui ne sont pas représentatifs de la totalité des sommes dues. »
- 13:37Invité politiqueChiffre
« Le rapporteur général du budget, Christian Eckert, a estimé entre 3 et 4 milliards de recettes potentielles pour l'État. »
- 19:18Locuteur 5Fait
« La France est attractive. Et vous savez aussi que nous sommes, demeurons, la première destination pour les investissements américains en France. »
- 19:35Locuteur 5Chiffre
« Les grandes entreprises mondiales, qui représentaient 850 milliards de dollars, trouvaient notre territoire attractif. »
- 19:54PrésentateurChiffre
« Si la France est si attractive que ça, comment ça se fait qu'il y a eu une baisse de 76% des investissements étrangers en 2013 ? »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan28 %
- Alexis Bachelay26 %
- Présentateur18 %
- Locuteur 48 %
- ?5 %
- Locuteur 25 %
- Locuteur 14 %
- Locuteur 33 %
- Locuteur 62 %
≈ 17 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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La séance est terminée, mais elle continue sur LCP. Bonjour et bienvenue pour ce débrief des questions au gouvernement. Au sommaire, le chaos en Ukraine, les résultats de la fraude fiscale et puis l'attractivité française. Et pour en débattre, mes deux invités, je vous les présente. Le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, et face à lui, le député PS, Alexis Bachelet. La séance continue. C'est maintenant, nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 16h30. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Alexis Bachelet, bonjour. Merci d'être présent sur ce plateau.
Et chez vous, pour commenter cette émission en direct, bien évidemment, rendez-vous sur Twitter avec le hashtag que vous connaissez, le hashtag QAG pour questions au gouvernement. Et on démarre cette émission, bien évidemment, par cette situation de chaos en Ukraine. Les violences continuent entre les opposants au président et les forces de l'ordre. Le bilan est lourd, 25 morts. La condamnation est unanime. Écoutez une réaction de celle du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.
Le
président de la République a demandé que des sanctions ciblées et personnelles soient prises contre les responsables de ces exactions inadmissibles. Parallèlement, nous avons engagé
ce
qu'il faut bien appeler un dialogue, puisque c'est nécessaire, à la fois avec et faciliter le dialogue entre l'opposition et le gouvernement. C'est une tâche très difficile, mais il n
'y
a pas d'autre voie de sortie.
Il
faudra bien que ce dialogue a lieu. Il faudra bien que le gouvernement change. Il faudra bien qu'il y ait finalement des élections. Car autant notre cœur est évidemment aux côtés des Ukrainiens qui luttent pour se rapprocher de l'Union européenne. Autant vous savez, comme moi, comme tous les membres de cette Assemblée, qu'il y a une partie de ce pays qui est profondément russophone et qui a des aspirations qui, peut-être, sont diverses. Et néanmoins, la tâche de l'Europe et de la France, c'est de favoriser une solution pacifique. Et croyez bien que nous y sommes engagés.
Et
demain aura lieu un conseil extraordinaire des ministres européens des Affaires étrangères. Alexis Bachelet, en l'entend, des mots reviennent depuis ce matin. Condamnations, bien sûr, mais aussi promesses, sanctions.
On
sent quelque peu l'Europe impuissante dans ce chaos ukrainien.
La
situation est très préoccupante parce que l'Ukraine, c'est un grand pays d'Europe.
Et
quand un grand pays du continent européen est déstabilisé à ce point, ça ne peut pas ne pas nous interpeller, nous qui sommes au cœur de ce continent, la France. Et donc, évidemment, ce qui est souhaitable d'abord, c'est l'arrêt des violences. Parce qu'aucune justification ne peut être donnée à un gouvernement qui fait tirer ou qui utilise la force brutale.
On le voit les images d'hier soir.
Des images extrêmement choquantes. Donc, il faut effectivement obtenir dans un premier temps l'arrêt immédiat des violences. Et dans un second temps, effectivement, une réouverture du dialogue qui dure
depuis
des mois. Parce que la situation de crise en Ukraine, elle n'est pas nouvelle. Elle dure maintenant depuis des mois et même des années. On se rappelle il y
a
quelques années de la révolution orange qui avait permis un premier étape de démocratisation du pays. Malheureusement, on est à nouveau dans une situation de blocage. Et pourquoi ? Parce qu'effectivement, il y
a
un gouvernement aujourd'hui qui est, on va dire, qui représente une partie de la population plutôt pro-russe. Et qui a fait un accord avec Poutine au détriment d'une autre partie du pays et de la population qui aurait préféré un accord de partenariat renforcé avec l'Union Européenne.
On
va vous entendre, Nicolas Dupont-Léon, dans deux minutes. Juste avant ça, on va prendre la direction de la salle des quatre colonnes à l'Assemblée. Bonjour, Franck Tavares. Oui, bonjour, Thomas Soulier. Et à vos côtés, un ministre préoccupé par cette situation, sans doute, le ministre des Affaires européennes, Thierry Ropentin.
Monsieur
le ministre, merci d'être avec nous en direct. Alors, on a beaucoup parlé, évidemment, de l'Ukraine cet après-midi dans l'hémicycle. Demain, les chefs de la diplomatie européenne vont envisager un certain nombre de sanctions. Est-ce que c'est la bonne démarche ? Est-ce que c'est aussi simple que ça, dans la mesure où Vladimir Poutine est concerné aussi par cette affaire
? Non,
ce n
'est
pas aussi simple que cela. Si la question ukrainienne était simple, il y a longtemps qu'elle aurait été résolue. Ceci étant, vis-à-vis de ce qui s'est passé au cours de la dernière journée, c'est impossible de ne pas répondre d'une façon très claire. C'est pour cela qu'effectivement, demain, est convoqué en urgence un conseil des ministres des Affaires étrangères au niveau de l'Union européenne pour qu'une décision collective soit prise sous l'autorité de Mme Ashton, qui représente l'Union européenne sur la scène internationale.
Nous demandons que des sanctions graduelles, ciblées, soient prises à l'égard de celles et ceux qui sont responsables de la dégradation de la situation en Ukraine et qui sont responsables de la mort d'Ukrainien. Mais cela ne suffira pas. Nous avons aussi la responsabilité de mettre en place les conditions du dialogue, car seules les sanctions financières ne suffiront pas. Herman Van Rompuy, le président du Conseil, s'est expliqué très clairement sur ce sujet. Et nous devons voir parallèlement comment nous pouvons aussi aider à l'expression démocratique.
Pour ma part, je crois que nous pouvons aussi aider les associations, des ONG qui travaillent en Ukraine pour pouvoir permettre une expression effectivement démocratique. Dans votre réflexion, vous ne pouvez pas faire l'impasse sur Poutine tout de même.
Je
ne fais pas l'impasse sur un chef d'État qui n'est pas un chef d'État ukrainien. Ce que nous devons faire, c'est donner les conditions pour retisser le dialogue politique, faire accepter au pouvoir et M. Yanukovitch qu'il discute avec ses principaux opposants, M. Klitschko, M. Yatsenyuk, qui sont les deux porte-parole. Il n
'y
aura pas de solution dans la violence. Il n
'y
aura pas de solution par un état d'urgence. Et il y aura des conséquences d'ailleurs, y compris financières, internationales. La Banque Européenne d'Investissement vient de prendre la décision, par exemple, de geler tous ses avoirs en Ukraine. Donc c'est de l'intérêt même de l'Ukraine, du peuple ukrainien, de l'économie ukrainienne, de sortir par le haut. On ne laissera pas faire ce qui se fait aujourd'hui.
Merci M. le ministre d'avoir été avec nous en direct.
Merci beaucoup Ferdinand et
merci beaucoup à votre invité également Nicolas Dupont-Aignan. Vous avez entendu le ministre qui parle de sanctions et un nouveau dialogue. Est-ce que cela va suffire
?
Non. Parole, parole, parole. Parce que le ministre n'a pas dit, à mon avis, la seule chose importante.
Parce
qu'il ne peut pas la dire. C'est que, bien évidemment, tout le monde condamne ces violences. C'est un gâchis monstrueux au cœur de l'Europe. On est tous d'accord. Simplement, on paye là l'absence de vrais dialogues entre la France, notamment, et la Russie.
Ce
n
'est
pas Mme Ashton et M. Van Rompuy, je ne
sais
plus comment ils s'appellent, qui vont faire quoi que ce soit. Ils ne feront rien. C'est la capacité de l'Allemagne et de la France à entamer un vrai dialogue avec Poutine et à peser pour qu'il y ait un accord entre les principaux pays d'Europe sur le sort de l'Ukraine. L'Ukraine, c'est un pays partagé. C'est un pays qui est écartelé entre la Russie et Kiev.
C
'est le berceau de la Russie. Donc, penser en Union Européenne qu'on va prendre Kiev pour l'Union Européenne, c'est absurde. De l'autre côté, il y a des Ukrainiens qui veulent aller vers l'Union Européenne. On n'y arrivera pas sans un accord entre les Russes et l'Union Européenne. Tout le reste, c'est de la littérature. Alors, il
y a
l'émotion. On est tous d'accord. Il faut quelques sanctions. Mais les sanctions, ça va être quoi ? Pénaliser encore plus le peuple ukrainien, lui retirer l'investissement et le pousser dans les bras de Poutine. Et le président peut rester au pouvoir ? Mais bien sûr que non. Il faudra une solution. Mais vous ne ferez rien
sans
une coopération avec Poutine et la Russie. Et des élections ?
Et bien sûr, des élections.
Et des élections. Mais penser qu'on puisse gouverner l'Union Européenne sans travailler avec la Russie comme ça se fait depuis dix ans, c'est une erreur stratégique majeure. Comme penser qu'on peut gouverner l'Union Européenne sans travailler avec l'Afrique. C'est une erreur absolue. Et ça montre bien qu'on raisonne à faux et qu'il faut changer de dimension dans notre raisonnement.
Est-ce
que c'est vrai qu'il
y a
un vrai paradoxe ? On a des milliers d'Ukrainiens dans la rue actuellement qui demandent que le pouvoir se tourne plutôt vers Bruxelles que plutôt vers la Russie. Et finalement, l'Europe attend encore demain pour une nouvelle réunion et des sanctions qui se font attendre. Est
-ce
qu
'il n'y a
pas un paradoxe dans ce pays-là entre les gens qui veulent plus d'Europe et l'Europe qui ne vient pas à leur chevet
? Mais
le paradoxe, il est aussi celui des États de l'Union Européenne qui, pour un certain nombre d'entre eux, s'interrogent au fond sur la capacité de l'Union Européenne à apporter des réponses déjà par rapport à nos problèmes, à nous. Donc effectivement, à partir du moment où déjà on a une Union Européenne qui est interpellée et qui parfois n'offre pas des solutions,
des
réponses satisfaisantes à nous, peuple qui y sommes dedans. Comment ensuite tendre la main de façon, je dirais, efficace ? Et comment proposer par exemple à l'Ukraine et pourquoi pas à la Russie, même si sur la Russie il y a aussi des questions qui se posent sur la nature du régime russe, quand même il faut aussi se rappeler que notre continent s'est construit autour de valeurs, de valeurs de liberté et de démocratie. Donc que ces valeurs de liberté et
de
démocratie soient respectées en Ukraine, que le peuple ukrainien, dans sa souveraineté populaire, ait un gouvernement digne de ce nom qui le représente. Il y
a
une majorité qui sortira des urnes, il y aura une minorité. Si cette minorité souhaite l'association avec la Russie, il faut qu
'elle
l'accepte. C'est le principe démocratique. Sauf
que vous savez très bien que la grande difficulté de ce pays, moi je suis d'accord avec ce que vous dites, la grande difficulté de ce pays, c'est qu'on est presque face à une sorte de guerre civile. Et c'est toujours très délicat de gérer une guerre civile. Et c'est là où chacun doit essayer de mettre du sien, l'Union Européenne, la France, l'Allemagne, la Russie, pour essayer d'éviter le sang. Parce que c'est ça aujourd'hui. Pour autant, il ne faut pas rêver la situation. Il y aura toujours deux tendances en Ukraine. Et il faut essayer d'avoir un gouvernement qui soit moins sanguinaire. Et arrêter aussi, pour l'Union Européenne, de souffler sur les braises.
En faisant croire aux Ukrainiens qui rentreront dans l'Union Européenne, alors que
l
'Union Européenne est incapable déjà de gérer, je suis d'accord avec vous, les 28 pays qui sont avec elle.
Et on voit du sang et des larmes à Kiev aujourd'hui. On voit par contre de la joie à Sochi. Et des voix s'élèvent notamment pour le demandant le boycott des JO aujourd'hui. Quel est votre avis, vous deux, sur ce sujet ? Nicolas Dupont-Lignon,
peut-être d'abord... Mais il faut
arrêter. Et ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Rien. C'est ce que j'appelle les pétitionnaires de principe. Sochi est un bel événement. Il faut arrêter cette espèce de parti pris contre la Russie, qui est une aberration. Et on sera beaucoup plus fort d'ailleurs vis-à-vis de la Russie si on est à la fois juste et ferme.
Je
ne
dis
pas d'être à plat-vente devant la Russie. Je dis d'être juste et ferme. Et je pense qu'on aurait intérêt à se souvenir de la phrase du Général De Gaulle, l'Europe de l'Atlantique à l'Oural. Et oui, l'Europe, elle ne s'arrête pas au milieu.
Alex, c
'est
passé. Je crois que c'est un non-sens de parler aujourd'hui de boycott. Le problème, c'est qu
'on
s'est mis à plat-vente devant la Russie pour l'organisation de ces JO. Le CEO a accordé à Sochi, donc à la Russie, l'organisation des JO, les JO d'hiver les plus chères de l'histoire des JO, avec, on l'a vu dans des reportages récents, probablement des milliards
de corruptions
dans la poche de quelques oligarches russes. Moi, je pense que si on devait se poser une bonne question, c'est de se
la
poser un petit peu en amont.
Donc il fallait boycotté dès le départ, vous
dites. Est-ce qu'on doit accorder à des régimes dont on sait que cela va générer de la corruption, même des gens ont été expropriés sans être relogés ? Il y a des vrais scandales dans l'organisation de JO. Est-ce que c'est acceptable aujourd'hui de proposer les JO à des pays qui traitent les gens de cette manière
? Donc on
devait boycotter a priori ? On aurait dû se poser des questions avant, bien avant.
Merci beaucoup.
On
passe au deuxième sujet, et à la fraude fiscale. On les appelle maintenant les repentis.
Ils
sont près de 16 000, 16 000 Français qui ont déposé un dossier de régularisation fiscale. Tous possèdent un compte à l'étranger à 80% en Suisse. Et l'État devrait donc récupérer maintenant 230 millions d'euros. Le gouvernement s'en félicite, même si le ministre du Budget, vous allez le voir, cache un petit peu sa joie.
C
'est 15 880 dossiers qui ont été déposés devant l'administration fiscale en vue d'une régularisation de la situation de ceux qui ont des avoirs non déclarés à l'étranger. C'est près de 150 dossiers supplémentaires de régularisation qui sont déposés chaque semaine devant l'administration fiscale. Sur ces 15 000 dossiers, nous avons traité 240 dossiers sur un montant d'avoir de 300 millions qui a permis d'encaisser d'ores et déjà dans les caisses de l'État 70 millions d'impôts, de peines et d'amendes. Et sur les 2600 dossiers complets, c'est 230 millions qui ont été encaissés qui ne sont pas représentatifs de la totalité des sommes dues.
Avant de parler du fond, juste un petit sourire, ce Twitter, regardez, discret à haine, c'est le compte qui a relayé ce tweet-là. Bernard Cazeneuve décide d'organiser une interro-surprise de calcul mental pour les députés. Il n
'était
pas très heureux, non, Bernard Cazeneuve et Alexis Bachelet sur ce sujet
?
Vous pensez qu'il allait se féliciter, féliciter la politique du gouvernement ? Je pense qu'il aurait pu plus d'enthousiasme. Ah,
c'est un euphémisme
ou ? Par rapport, vous le voyez comme vous voulez,
moi je pense
que, moi en tout cas, je suis plus enthousiaste que lui parce que, d'abord, il y a une loi qui a été votée il y a quelques mois, au mois de novembre, qui a renforcé les conditions de contrôle des évadés fiscaux. Et si on a abouti à ce retour par milliers, donc 16 000 dossiers d'évadés fiscaux, c'est aussi grâce à des initiatives parlementaires. Je pense notamment à mon collègue Yann Galu, mais je sais aussi que Nicolas Dupont-Aignan est très attentif à ces questions de la fraude et des paradis fiscaux et de l'évasion fiscale.
Ce qu'il faut dire, que n'a peut-être pas suffisamment mis en valeur le ministre, c'est que, outre les premiers retours de dossiers de repentis, potentiellement, à l'issue de l'examen de l'ensemble des 16 000 dossiers, le rapporteur général du budget, Christian Eckert, a estimé entre 3 et 4 milliards de recettes potentielles pour l'État. Dans le contexte des finances publiques que nous connaissons, il faudrait quand même, enfin j'espère que collectivement, je ne sais pas si vous avez voté la loi en novembre dernier, j'imagine que oui, mais il faudrait quand même, au moins là-dessus, on peut se mettre d'accord et se féliciter du résultat obtenu dans cette première
étape. Vous en parliez, Alexis Bachelet, vous avez déjà un rapport sur les paradis fiscaux, est-ce que vous dites bravo au gouvernement aujourd'hui
?
Écoutez, moi, j'ai voté cette loi, et tout ce qui permettra de rétablir la légalité et la justice, j'y serai favorable. Mais vous savez pourquoi le ministre n'avait pas l'air si enthousiaste ? Moi, je vais vous dire, c'est parce qu'il sait très bien au fond de lui-même,
que
c'est une goutte d'eau, c'est bien, moi je suis ravi, c'est bien, mais c'est à peu près 1% de ce qu'il y a pour les particuliers. Et donc, il a plutôt raison d'être modeste, parce que ce sera long et difficile. Ce qui rentre de Suisse, notamment aujourd'hui, ce sont les petits comptes que les Suisses ferment. Et on sait très bien qu'il y a des départs vers des paradis fiscaux plus lointains, organisés par des banques suisses souvent. Et puis, il y a un autre domaine où vraiment je supplie le gouvernement d'agir, et où M. Yann Gallu du Parti Socialiste a le même avis que moi, c'est ce que j'ai démonté dans le livre, avec
Alain Boquet,
l'escroquerie à la TVA. Et là, le gouvernement est inerte. Et ça, je ne peux pas l'accepter. Donc je dis, bien, il y
a
un progrès, moi je ne
vais
pas être critique, au contraire, mais on est encore très loin du compte et on pourrait récupérer 10 milliards d'euros par an en éradiquant la fraude
escroquerie à la TVA. Justement,
il faut aller plus vite, plus loin, vous êtes d'accord, on va essayer de comprendre avec vous comment, mais juste avant cela, on va donner la parole à l'UMP. Thierry Solaire, député UMP, est à vos côtés, Fernand.
Effectivement, alors vous avez entendu tout à l'heure le ministre du Budget. Est-ce que le comptier, finalement, dans ces problèmes d'évasion fiscale, est-ce que vous souhaitez qu'on aille encore beaucoup plus loin et que finalement, les évadés fiscaux reviennent faire amende
honorable le plus vite possible ? D'abord, il est évident qu'il faut lutter contre l'évasion fiscale. Les Français ne peuvent pas comprendre qu'une partie des Français qui doivent acquitter l'impôt ne le fassent pas et détournent leurs obligations fiscales en plaçant leur compte à l'étranger. C'est un mécanisme d'ailleurs qui n
'est
pas nouveau, malheureusement. Alors 16 000, aujourd'hui, Français qui viennent essentiellement de Suisse régulariser leur situation, c'est bien. Ce n
'est
pas du tout à l'échelle de la réalité de l'évasion fiscale. Les études le montrent, c'est près de 60 000 Français qui ont des comptes à l'étranger et l'évasion fiscale vers la Suisse, c'est un peu l'évasion fiscale à papa. C'est souvent d'ailleurs des Français qui ont hérité d'un compte à l'étranger, le ministre le dit d'ailleurs, où il y a dessus des sommes importantes, de l'ordre de 100 000 euros. Ce n
'est
pas toujours là où on trouve l'évasion fiscale la plus sophistiquée. Je note d'ailleurs dans l'affaire Cahuzac, parce qu
'on
est quand même dans un pays pas banal où c'est le précédent ministre chargé du budget qui lui-même avait un compte à l'étranger, que le compte à l'étranger de M. Cahuzac n'était pas en Suisse à la fin, je crois que c'était à Singapour. Aujourd'hui tout ça est très sophistiqué, il faut que l'administration fiscale, elle commence à le faire, aille beaucoup plus loin dans cette affaire. Ce n
'est
pas normal, les comptes publics ne le permettent pas et surtout la morale publique ne permet pas de continuer dans ces pratiques.
Donc sur cette question,
pas de clivage droite-gauche, tout le monde se soutient ? L'application de la loi, bien sûr, elle est transcourante et tout le monde est favorable et tout le monde doit aller dans ce sens-là.
Merci beaucoup Thierry Solaire. A vous Thomas Soulier.
Merci beaucoup Fernand-Alexis Bachelet. Quoi que vous fassiez, on vous retorque tout le temps cette affaire Cahuzac, on ne sortirait pas.
Non mais moi je soutiens la comparaison par rapport à ce qui avait été fait notamment quand Éric Woerth était ministre du budget où il avait mis en place une sorte de négociation avec les repentis où ceux qui revenaient bénéficiaient d'une ristourne. Là aujourd'hui, je crois qu'on a l'application du droit commun, c'est-à-dire que les gens, on est plutôt sur des sommes moyennes de 900 à 1 million d'euros. Ce n
'est
pas 100 000 euros comme l'a dit Thierry Solaire, donc c'est quand même des sommes conséquentes. Et quand ils reviennent, on leur applique le droit commun,
c
'est
-à-dire
qu'ils payent ce qu'ils doivent payer. Et moi je pense que cette méthode-là est meilleure que celle qui consistait à dire en gros, si vous partez et que vous revenez après, vous pourrez négocier avec le fisc pour payer un peu moins.
Nicolas
Dupont-Aignan, on vous disait qu
'il
faut aller plus vite, plus loin. Comment maintenant on va plus vite, plus loin pour que des Français se régularisent maintenant
?
Sur le plan international,
ce
qu'il faut absolument, c'est que l'Union Européenne ou au moins la France,
l
'Allemagne, mettent en place la loi qui a été votée par les Américains pour les citoyens américains. C'est-à
-dire
qu'à partir de 2015, toutes les banques du monde devront envoyer au fisc américain les comptes ouverts par des citoyens américains. Et il faut faire la même chose pour les pays d'Europe. Je pense qu'on y arrivera, j'espère. Mais encore une fois, il y a deux autres domaines très importants. Il y a l'évasion fiscale des multinationales. Et là, c'est extrêmement difficile parce que ce n
'est
pas de la fraude, c'est de l'évasion, c'est-à-dire qu'ils jouent entre les règles. Et là, ça veut dire de taper du poing sur la table vis-à-vis du Luxembourg, vis-à
-vis
de l'Irlande, vis-à
-vis
des Pays-Bas. Donc,
c
'est une affaire de rapport de force. Et puis enfin, l'escroquerie à la TVA.
Moi,
j'insiste sur l'escroquerie à la TVA parce qu
'on
peut le faire, les Belges y sont arrivés. Je n'ai aucun mépris pour les Belges, mais ce n
'est
quand même pas un pays gigantesque. Donc, pourquoi les Belges y sont arrivés et pourquoi nous,
on
n'y arrive pas ? Et là, ça veut dire aussi qu'il faut de la cohérence. Et je le dis autant pour les gens de droite et de gauche. Il faut mettre fin au régime simplifié de TVA qui fait qu'on n'écart que tous les ans. Il faut déclarer tous les mois sa TVA. Et alors, on pourra casser ceux qui sont en train de braquer le fisc, c'est-à-dire qu'on leur rembourse des centaines de millions. C'est terrible ce qui se passe et ça continue aujourd'hui.
Allez, dernier sujet de cette séance continue, de ces questions au gouvernement. Donc, avec, comme hier, cette opposition qui a interpellé le gouvernement sur le plan attractivité. Elle a été présentée, vous le savez, lundi par le chef de l'État, François Hollande, qui a tenté de séduire les investisseurs étrangers. N'ayez pas peur, leur a-t-il martelé, on l'a vu. Mais le président l'a martelé lundi. Hier, dans l'hémicycle, le ministre de l'Économie. Et encore aujourd'hui, Pierre Moscovici, qui le dit, il n'y a pas péril en la demeure. Écoutez bien.
La
France
est attractive. Et vous savez aussi que nous sommes, demeurons, la première destination pour les investissements américains en France. Et vous vous doutez bien qu'il ne s'agit pas de philanthropie. Si vous aviez été lundi avec nous, lors du Conseil stratégique de l'attractivité, vous auriez vu à quel point les grandes entreprises mondiales, qui représentaient 850 milliards de dollars, trouvaient notre
territoire attractif. Celles
qui y sont, y sont
bien et beaucoup veulent continuer. J'ai une question plutôt simple, Alexis Bachelet. Si la France est si attractive que ça, comment ça se fait qu'il y a eu une baisse de 76% des investissements étrangers en 2013
? La
France est attractive sur
une durée longue. Ah,
bonne réponse. Là, il y a une
conjoncture économique que vous connaissez, qui n
'est
pas d'ailleurs que française, qui touche toute l'Europe, de croissance faible et de difficultés. Donc, effectivement, il se peut qu'on ait à un moment donné des faiblesses en ce domaine. Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'on a créé un Conseil stratégique de l'attractivité et qu'il y a des mesures à prendre à court et à plus long terme. À court terme, je crois qu'il y a deux choses qui font aujourd'hui la force de notre pays et qu'il ne faudrait pas perdre. C'est d'une part la formation des salariés, la formation professionnelle. Il y
a
une loi qui est en train d'être discutée pour créer un compte personnalisé. Je crois que l'avenir de la France dans la mondialisation, parce que la mondialisation, elle est là, qu
'on
le veuille ou non, c'est de former ses salariés, de monter en gamme sur les produits et donc d'aller encore plus loin dans notre capacité à former un plus grand nombre de salariés et mieux les former. Premier point. Deuxième point, c'est toute la question autour de la fiscalité des entreprises qui est aussi posée. Le gouvernement, enfin le président de la République même, a proposé un pacte de responsabilité entre les partenaires sociaux, patronat, entreprises et syndicats représentants des salariés. J'espère qu'il en sortira des mesures fortes.
Nicolas Dupont-Aignan, vous avez entendu les mesures lundi du chef de l'État, création dans le bureau des investissements étrangers, la création dans le passeport talent, des visas plus longs pour les entrepreneurs, des aides pour les start-up. Est
-ce
que cela va suffire
? Mais non, mais c'est pathétique. Je ne
sais
pas si vous réalisez la situation. C'est pathétique parce qu'on ne traite pas les vrais problèmes. Cette espèce de tapis rouge d'un an et demi après être arrivé au pouvoir, après avoir fait tant de bêtises est tragique. La vraie question, c'est pourquoi des entreprises françaises délocalisent et pourquoi des entreprises internationales n'investissent pas en France
?
Alors il y a un domaine qui est tabou. C'est l'affaire de la monnaie. Quand vous avez l'euro qui est le plus cher du monde, je regardais depuis août 2012,
le
dollar a été dévalué de 13%, l'Inde a dévalué de 47%, le Japon de 46%. C'est-à-dire que tous les pays du monde ont baissé la valeur de leur monnaie
pour
attirer des investissements, pour exporter. Les grandes entreprises mondiales, même Airbus, investis hors zone euro pour pouvoir réexporter. Donc on a la monnaie la plus chère du monde. On invente des pactes, des bureaux, des conseils.
Et
en même temps, on a un boulet sur le dos. Donc tant qu'on aura cette monnaie trop chère, M.
Montebourg l'a dit d'ailleurs.
Mais
l
'Allemagne a une démographie.
Demandez à M. Montebourg, il l'a très bien dit. L'Allemagne,
on voit la situation de l'Espagne. Vous voulez un chômeur sur deux, un jeune sur deux au chômage ? Donc
la
situation est simple. L'Allemagne a une démographie en chute libre et l'Allemagne a une spécialisation industrielle qui lui permet d'avoir une monnaie chère. Nous n'avons pas les mêmes intérêts. Nous sommes en train de supprimer notre industrie parce que nous avons une monnaie délirante. Et je voudrais vous faire remarquer que le fameux pacte de compétitivité... De responsabilité.
Voilà. Il
y a encore trois mois, on parlait du CICE disparu. Le
Crédit d'un an, il n'a pas disparu. Alors, c'est quoi ? C'est 6%. C'est pour deux ans, le CICE. M. Bachelet, c'est 6%.
Ça fait une baisse de charge de 6%. Oui. Et tout le monde dit formidable. Et au même moment, l'ensemble des pays qui nous entourent ont dévalué de 20%. C'est-à-dire qu'ils ont donné un bonus à leurs entreprises de 20%. Tous les efforts que
vous faites... Les pays qui nous entourent par l'Europe. Dans 30 milliards
d
'euros économiques. Mais ça n'a
aucun sens si au même moment, vous êtes
tué
par votre monnaie. M. Cameron a dévalué la livre de 25% en 3 ans.
Et
il nous gagne des parts de
marché. À la faute de l'euro, elle s'est pas chée. Mais ce que dit M. Montebourg, pourquoi vous êtes en
désaccord ?
Tout le monde est d'accord. Tous les économistes. Oui.
Moi, je suis d'accord sur un point. Il faut une gouvernance politique de l'euro. On ne peut pas avoir une monnaie commune dans
un continent. Et
en même temps, ne pas avoir
une
mise en commun d'autres outils économiques, notamment la dette, par exemple. On ne peut pas avoir 18 dettes dans les 18 pays. Avoir une monnaie ensemble à 18 et pas de dette, etc. Et surtout, avoir une absence de conduite politique. Les Etats-Unis ont une politique monétaire. La Chine a une politique monétaire. L'Europe, aujourd'hui, de ce point de vue-là, et je donne quittus à M. Dupont-Aignan sur ce point, est relativement fragile. Mais pour autant, je ne jette pas le bébé avec l'eau du bain. Moi, je rencontre les chefs d'entreprise en ma circonscription. Aucun ne me tient le discours catastrophique de M. Dupont-Aignan
sur l'euro qui serait un boulé. Les entreprises sont encore vivantes. Ceux qui sont morts. Et en plus,
c'est sans doute grâce à l'euro
qu'on a
100 000 entreprises aujourd'hui qui travaillent à
l
'exportation. Parce que malgré... Mais si, M. Dupont
-Aignan. Ils ne peuvent plus exporter. Mais si,
mais si. La
monnaie est trop chère, ils n'exportent plus. Le record des faillites
en 2013. C'est pas simpliste,
c'est un chiffre. Regardez sur Internet. Le record des faillites en 2013.
Les
entreprises vous parlent plus de fiscalité que d'euros, finalement. Mais
parce que ça
peut survivre,
bien sûr. Mais vous ne pouvez pas d'un côté baisser les charges si au même moment la monnaie se surévalue.
Tous les efforts qu'on fait... Si on dévaluait la monnaie, c'est dévaluer la monnaie. Et tous
les pays le font. Si on dévaluait la monnaie, le coût des matières premières serait renchéri.
Donc on aurait d'autres difficultés. C'est pas une solution magique. Mais non, il faut qu'on le
fasse à l'échelle européenne à
ce moment-là. Je ne vais pas le faire à l'échelle européenne. L
'émission est terminée. Vous devez retourner à l'hémicycle, je crois. Merci d'avoir été pour voter exactement. Merci beaucoup d'avoir été mes invités. On se retrouve mardi prochain pour la dernière semaine des questions au gouvernement avant les municipales. Très belle suite des programmes sur LCP.
Sous
-titrage
Société
Radio
-Canada
Nicolas Dupont-Aignan