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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 22 septembre 2022 25 min

Bruno Retailleau : "Cette réforme de la retraite, il faut la faire"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le sénateur Les Républicains de Vendée, président du groupe Les Républicains au Sénat, candidat à la présidence du parti Les Républicains. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Bruno Retailleau, bonjour. Bonjour à vous Nicolas Demand. Heureux de vous retrouver au micro de France Inter. Et moi alors ?

0:21
Bruno Retailleau

Bonjour Léa Salamé, vous m'avez pas entendu votre bonjour. Ah bah si je l'ai fait, il était au dit.

0:25
Présentateur

Ça faisait longtemps que vous n'avez pas entendu à ce micro. Et puis là vous êtes candidat donc à la présidence du parti Les Républicains. Il fallait dire oui, on va en parler évidemment tout à l'heure. Mais d'abord l'actualité internationale plus sérieusement. Et ce discours très fort d'Emmanuel Macron mardi soir à l'ONU qui dénonce avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie un retour de l'âge des impérialismes et des colonies. Emmanuel Macron qui a condamné par ailleurs les pays qui refusent de prendre position. Comment avez-vous reçu le discours du président de la République ?

0:57
Bruno Retailleau

J'ai rien à dire sur le fond. Je sais qu'Emmanuel Macron peut faire de bons discours. Il a le verbe haut, mais est-ce que son verbe porte ? C'est toute la question. Il a eu raison de dénoncer l'impérialisme parce que c'est ce que poursuit finalement Vladimir Poutine. Qu'est-ce qu'il cherche à faire ? Il a cherché à renverser bien sûr le régime ukrainien, mais il cherche à réunifier en réalité l'empire, l'empire tsariste et l'empire soviétique. Il prétend à lui seul récapituler l'avant 1917, l'après 1917. Et pour ceux qui ne le savent pas, l'Union soviétique aurait eu le 30 décembre prochain un siècle, son temps.

Je suis persuadé que lorsque il a appuyé sur le bouton de la guerre, il avait cette idée de laver l'affront de la chute de l'Union soviétique. C'est ce qui rend excessivement grave sa posture actuelle, puisque je vous rappelle qu'en mobilisant, en faisant cette levée des 300 000 hommes, ça devrait d'ailleurs nous renvoyer à notre propre histoire. Et les levées, notamment, de mobilisation, c'est un risque qu'il a pris, un risque interne, parce qu'il avoue à sa propre population que les choses se passent mal, qu'il ne s'agit pas seulement d'une opération spéciale, mais d'une guerre. Et du coup, il est aux abois, il est acculé. Et un dictateur, un autocrate acculé peut être capable de tout.

2:18
Invité

Peut être capable de tout, même du nucléaire. Vladimir Poutine a choisi l'escalade, il a donc annoncé cette mobilisation partielle, il a agité à nouveau la menace nucléaire contre l'Occident. Ce n'est pas du bluff, il a dit. Comment la France, comment l'Europe doivent répondre à ces menaces-là nucléaires explicites ?

2:34
Bruno Retailleau

Avec la plus grande fermeté et la plus grande prudence. La plus grande fermeté, parce que je pense qu'il faut appuyer l'Ukraine pour que le coût de la guerre vis-à-vis de la Russie soit tellement important pour M. Poutine qu'il en vienne à la table des négociations.

2:52
Invité

Ça veut dire envoyer plus d'armes ?

2:54
Bruno Retailleau

Ça veut dire appuyer évidemment par les armes, sans franchir le seuil de la co-belligérance, mais appuyer évidemment l'armée ukrainienne, mais avec de la prudence, non au va-t'en-guerre. Attention aux discours qui veulent châtier, par exemple, M. Poutine, parce que là, c'est le plus surmoyen d'entraîner une escalade. Je pense qu'il faut garder des canaux diplomatiques. Il faudra un moment ou un autre revenir autour de la table pour la paix.

3:23
Invité

Mais Bruno Retailleau, je vous entends très dur ce matin, à l'encontre de Vladimir Poutine, condamné totalement cette annexion et ses propos. Vous ne l'avez pas toujours été chez LR. Et notamment vous, vous avez longtemps parlé de conciliation. On vous a entendu à ce micro dire, il ne faut surtout pas humilier Vladimir Poutine. Vous aviez condamné à l'époque François Hollande, quand il avait annoncé sa décision de ne plus vendre les mistrals à Poutine. Vous étiez quoi ? Vous avez péché ? Vous vous êtes trompé ? C'est quoi ? Vous avez péché, pardon.

3:46
Bruno Retailleau

Je pense que l'OTAN et je pense que l'Amérique ont, notamment après la chute du mur de Berlin, été excessivement confiantes et ont donné des signaux d'agression vis-à-vis de l'URSS qui était tombée et vis-à-vis d'une Russie, si j'ose dire, qui était dans un état traumatique.

4:06
Invité

Pourquoi d'agression ? Pourquoi ils ont agressé ? C'était les pays de l'Est qui voulaient rentrer dans l'OTAN ?

4:10
Bruno Retailleau

Bien sûr, bien sûr. Mais quand M. James Baker, par exemple, dans les années 90, M. Kohl avait promis, par exemple, à M. Gorbatchev que l'OTAN ne s'étendrait pas, en réalité, il en fut différemment. Évidemment, c'était la souveraineté de ces pays qui ont souhaité rentrer de l'OTAN. Simplement, j'avais toujours considéré, moi, qu'il y a l'Europe, c'est une vision gaulliste, jusque, bien sûr, à la Russie, et qu'il fallait se prémunir aussi du risque de la Chine en Asie et du risque islamiste. de la Turquie au Sud.

Donc, je pense que ce calcul géopolitique, je ne le renie absolument pas, mais personne, mais vraiment personne, n'aurait imaginé qu'on aurait vu des chars russes à quelques centaines de kilomètres, il y a quelques mois, de Kiev. Franchement, personne.

4:56
Présentateur

En parlant d'Europe, le Parlement européen a voté à une large majorité une résolution qui qualifie la Hongrie d'Orbanne d'autocratie électorale, c'est-à-dire un régime au sein duquel sont organisées des élections, mais qui ne respectent pas les normes démocratiques. La droite européenne, le PPE, a largement voté cette résolution, mais pas la droite française. Sur les huit euros députés LR, quatre ont voté contre cette résolution, quatre se sont abstenus. Pourquoi Bruno Retailleau ?

5:24
Bruno Retailleau

Vous comprenez ce vote ? Oui, je le comprends parfaitement. Je pense qu'il faut à la fois dire que M. Orbanne est un autocrate et dénoncer un certain nombre de dérives, mais il ne faut pas s'arrêter là. Il ne peut pas y avoir de poids, de mesures. Par exemple, avec Malte. Par exemple, avec M. Babich, qui était le patron de la République tchèque, on sait parfaitement qu'il y a des problèmes de corruption personnels, notamment sur la politique agricole commune. Il a bénéficié sur une entreprise personnelle de 13 millions d'euros. Il est dans le parti Renew proche de M. Macron. Donc, pourquoi ce deux poids deux mesures ? C'est ce que je dénonce aussi. Par exemple, on parlait de l'Ukraine.

Actuellement, il y a un scandale moral avec l'Arménie. Vous savez que nous, et on a à juste titre eu raison de dire, on oppose à Poutine, notamment, le fait qu'on refuse le gaz russe. Très bien. Eh bien, pendant ce temps-là, Mme van der Leyen va en Azerbaïdjan, qui a agressé l'Arménie, et qui l'agresse toujours, avec, on le sait, des armes qui sont interdites, avec des crimes de guerre, voilà, et on fait un accord gazier. C'est le deux poids deux mesures, vous voyez, et je pense qu'il ne s'agit pas de disculper M. Orban, mais je pense que l'Europe s'honorerait à ne pas faire du deux poids deux mesures.

6:43
Invité

On va passer à l'actualité française. Vous avez rencontré hier à Matignon la première ministre Elisabeth Borne qui s'entretenait avec les présidents de groupes parlementaires en amont d'une session parlementaire qui s'annoncerait mouvementée. Qu'est-ce que vous lui avez dit ? Qu'après avoir été un appui du gouvernement cet été, notamment pour le vote de la loi sur le pouvoir d'achat, la droite LR ne serait plus la force d'appoint du gouvernement ?

7:02
Bruno Retailleau

Ce que je lui ai dit, c'est quel est l'intérêt de la France et des Français. C'est une réforme des retraites. Chaque président de la République, depuis bien des quinquennats, même avec François Hollande, a assumé une réforme des retraites. Il faut la faire. Il faut la faire pour nos retraités.

7:17
Invité

Elle ne vous a pas dit qu'on va la faire ?

7:18
Bruno Retailleau

Elle ne m'a rien dit. Et encore moins sur la méthode. Il faut la faire pour les retraités qui ont subi une ponction sur leur pouvoir d'achat parce qu'il y a eu la CSG, parce qu'il y a la sous-indexation avec l'inflation. Il faut la faire si on ne veut pas faire supporter aux jeunes générations un fardeau incroyable. Donc je pense que, et nous avons fait des propositions au Sénat, un, je pense qu'en matière de méthode, un amendement tombé du haut sur le PLFSS, c'est inacceptable.

7:46
Invité

C'est ce que vous voulez faire, vous, la droite sénatoriale ? Non, attendez-moi. Gérard Larcher, à votre endroit, il y a deux semaines, nous explique qu'il allait faire passer la réforme des retraites

7:54
Bruno Retailleau

par un amendement au PLFSS. Salamé, ce n'est pas nous qui avons la plume pour un projet de loi. Le seul moyen d'agir du Parlement, c'est un amendement. Et ce que je lui ai dit, s'il voulait vraiment, vous, le gouvernement, le faire passer, la faire passer, cette réforme, dans le PLFSS, alors mettez-la dans le PLFSS initial. Et nous, notre amendement, vous l'avez mal lu, puisque notre amendement, que disait-il l'an dernier ?

Il disait la chose suivante, On fait cette réforme, on recule, 64 ans, l'âge légal de départ, on accélère la réforme touraine en matière de durée de cotisation, mais ces dispositions ne s'appliqueront qu'après une réforme, pardon, après une période de dialogue et de concertation. C'est ce que nous demandons. Donc, oui, il faut réformer, mais on ne peut pas réformer au total mépris du dialogue social. Si le dialogue social échoue, eh bien, évidemment, le coup près tombe. La décision tombe pour l'intérêt général. Vous l'avez dit hier,

8:50
Invité

l'idée de le faire passer par un amendement au PLFSS, ce n'est pas une bonne idée. Vous l'avez dit ça ?

8:54
Bruno Retailleau

J'ai senti, maintenant, ce n'est pas elle qui est la patronne, mais j'ai senti que sa préférence serait sans doute sur un texte ad hoc, sur une loi, une loi qui serait une loi retraite où on puisse réformer sur des paramètres, comme je vous le disais à l'instant, mais aussi sur d'autres choses. Pourquoi la réforme et les retraites ? Bien sûr, pour les aînés, mais aussi pour se donner de la marge. Moi, j'habite un milieu rural, il y a plein de petites retraites agricoles. artisanales, qui sont des retraites de 700-800 euros. Je veux que demain, elles puissent être à 1200 euros. Pour cela, il faut des marges de manœuvre.

Une autre proposition que j'ai faite, vous savez qu'il y a des parents qui ont des enfants handicapés. Ils vivent avec la peur aux ventes parce que quand ils décèdent tous les deux, ils se disent mon enfant handicapé, que deviendra-t-il ? Je veux qu'on institue dans ce pays, dans mon pays, une pension de réversion pour que ces parents, après leur mort, puissent donner une partie de leur retraite à cet enfant handicapé. Pour cela, il nous faut des marges de manœuvre et il faut une quantité de travail. Je le dis solennellement, que ce soit à mes amis de ma famille politique ou aux Français, on ne peut pas financer le modèle social généreux que nous avons en travaillant toujours moins.

10:03
Présentateur

Ce n'est pas possible. Bruno Retailleau, il y a un autre texte qui va bientôt arriver consacré, lui, à l'asile et à l'immigration et qui va dans votre sens. Il veut durcir notamment les conditions de reconduite aux frontières. Est-ce que c'est un texte que vous voterez ?

10:17
Bruno Retailleau

C'est un texte qu'on a déjà voté. J'entendais M. Darmanin vouloir faire en sorte que les occupés, c'est-à-dire les obligations de quitter le territoire lorsqu'il y a quelqu'un qui demande le droit d'asile qui est débouté, soit automatiquement transcrite en obligation de quitter le territoire et avec une expulsion directe. On l'a déjà voté au Sénat, M. Darmanin, et le gouvernement, les gouvernements successifs ont toujours refusé. Qu'il faut-il croire ? Maintenant, je pense qu'on est rendu à un stade où l'immigration est une question très très grave. Et je pense qu'il faut reprendre la main.

Nous n'avons plus la main là-dessus, pour plein de raisons d'ailleurs en matière de souveraineté juridique. Ce que je veux vous dire, c'est que, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Didier Leschi, qui vient plutôt de la gauche, qui est le patron de l'OFI, l'Office français de l'immigration, de l'intégration. Que dit-il ? Que la France est le pays le plus avantageux pour l'asile, pour l'accès aux soins gratuits Donc, ça n'est plus nous qui décidons qui vient chez nous. Ce sont les passeurs, ce sont les filières, les mafieux qui font du trafic d'êtres humains et qui comparent, qui font leur benchmark, comme on dit dans un abominable anglicisme, entre les pays européens.

Donc, il faut arrêter les pompes aspirantes et moi, je proposerai, sans doute, après une révision constitutionnelle, de redonner la parole au peuple français pour qu'il y ait un référendum sur une politique migratoire. Marcel Gaucher l'avait dit dans les premiers, dans le malheur français, c'est une question qui a bousculé, bouleversé la société française depuis un demi-siècle et pourtant, les français ont été tenus à l'écart des grandes décisions.

11:50
Invité

Donc, vous voulez un référendum sur l'immigration ? Bien sûr. Dans le contexte de fractures du pays, vous voulez un référendum sur l'immigration ?

11:56
Bruno Retailleau

Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Par contre, vous ne voulez pas

11:58
Invité

un référendum sur la loi sur la fin de vie ?

12:00
Bruno Retailleau

Ah, peu importe. La modalité sur la fin de vie, ce n'est pas à moi de la donner. S'il y a un référendum, il y aura un référendum. Moi, je suis plutôt favorable une crise civique qu'on traverse avec l'abstention, c'est que beaucoup de français considèrent qu'ils n'ont plus le pouvoir, ils ne gouvernent plus. C'est-à-dire que, quoi qu'ils votent, les choses se passent en dehors d'eux et leur redonner la parole, ce serait redonner un peu de confiance dans nos institutions. Je suis pour qu'il y ait plus, effectivement, de démocratie directe

12:30
Présentateur

dans notre pays. Sur la fin de vie, Bruno Retailleau, je resitue les choses. Emmanuel Macron, vous le savez, a décidé d'ouvrir une convention citoyenne. Un avis du comité d'éthique couvre de son côté pour la première fois la possibilité d'une aide active à mourir sous certaines conditions extrêmement strictes. Est-ce qu'il faut aller plus loin que le cadre légal actuel, le cadre de la fameuse loi Claes-Léonetti ? Première chose,

12:57
Bruno Retailleau

je considère que cette convention, c'est du pipeau. C'est du pipeau. Emmanuel Macron l'a dit, l'a redit récemment, Aline Renaud. Cette réforme, nous la ferons. Donc, une fois de plus, cette notion de démocratie participative, ça n'est qu'un faux nez. Première chose. Deuxième chose, je ne suis pas favorable. Je respecte les opinions contraires. À une évolution de la loi,

13:16
Présentateur

vous n'êtes pas favorable.

13:17
Bruno Retailleau

Je pense qu'on a voté une loi à la quasi-unanimité. C'était il y a moins de dix ans. Vous vous rendez compte, cette bougeotte législative. Je pense que ce qui se joue, c'est quelque chose d'extrêmement important. Je préférais que, dans un premier temps, vous savez qu'il y a 26 départements en France qui ne bénéficient pas de soins palliatifs. Il y a deux tiers des Français qui pourraient avoir un accompagnement au crépuscule de leur vie qui n'ont pas cet accompagnement.

Et ce que je crains, c'est qu'en franchissant cette limite, cette barrière, la capacité de donner la mort, on abandonne un certain nombre de patients en fin de vie qui vont se dire, je vais vous dire, je suis une charge pour ma famille, pour mon entourage. Je ferais peut-être bien de choisir de partir. Et je crois que ce qui va se jouer est grave. Et je crois qu'il ne faut pas, ça ne doit pas être un sujet partisan. Je pense que c'est un sujet de civilisation. Je pense qu'il faut trouver les moyens de soulager la souffrance. Vous savez qu'aujourd'hui, avec la loi Clès-Leonetti, vous écartez l'achatement thérapeutique. Vous endormez dormir avant de mourir.

Quitte à ce que cet endormissement provoque parfois, peut-être, sans doute, une mort, si j'ose dire, plus rapide. Eh bien, moi, je préfère le soulagement plutôt que de donner par cet acte-là, qui est un acte un peu prométhéen quand même. Vous vous rendez compte si les médecins, on leur donne cette responsabilité ? Si jamais on en est là, j'espère qu'ils ont au moins une clause de conscience. Mais vous voyez, ce sont des sujets très très très graves. Et ça ne mérite pas

14:45
Présentateur

un grand débat, justement ?

14:46
Bruno Retailleau

Ça mérite un débat, oui, ça mérite un débat, mais ça ne mérite pas un faux débat. Vous voyez, la Convention citoyenne, on l'a vu. Écoutez, je discutais il y a quelques mois avec un des membres de la Convention citoyenne. Il faut inviter les. Je sais que vous en aviez invité, d'ailleurs, qui ont été très déçus. On ne peut pas avoir un président de République qui prend un engagement, qui dit, on va faire le texte, et puis, finalement, dire, je vais quand même essayer le dialogue. Non, tout ça, c'est de la fausse démocratie participative, vous le savez bien, c'est du pipeau.

15:14
Présentateur

Allons au standard où nous attend Christophe pour une question politique, je crois. Bonjour Christophe.

15:20
Invité

Oui, bonjour, merci de prendre ma question. Je vous en prie. Toujours en parlant pipeau, je pensais économie d'échelle ce matin, donc les LR font les lions indomptables dans les médias, mais votent en majorité les lois du parti présidentiel, donc je demanderai avec humour à quand la fusion des deux partis.

15:40
Présentateur

Merci Christophe pour cette question. Bruno Retailleau vous répond. Le lion indomptable.

15:45
Bruno Retailleau

Merci. Je vais vous répondre. Ce n'est pas nous qui avons voté le texte de M. Macron, c'est la majorité de M. Macron qui ont voté nos textes. Regardez le texte sanitaire, nous l'avons entièrement écrit, il voulait nous imposer à nouveau le pass sanitaire. Nous l'avons exclu et réécrit totalement et c'est la majorité macrotienne qui a voté le texte. Sur le pouvoir d'achat, nous voulions instiller cette idée que le pouvoir d'achat, ce n'est pas des chèques en bois de l'État fait sur le dos de nos enfants, de nos petits-enfants. C'est le travail. C'est pour ça qu'on a desserré les contraintes dès 35 heures.

Vous voyez que si nous avons voté ce texte, c'est parce que nous y avons ces textes, nous y avions instillé nos convictions. Voilà.

16:28
Présentateur

On retourne au standard. Jacques nous attend. Bonjour, bienvenue.

16:32
Invité

Oui, bonjour France Inter. Merci de prendre ma question. Donc, je voudrais poser cette question à M. Retailleau. quelle est la position des Républicains sur les profiteurs de guerre ? Je m'explique. Le jour du déclenchement de la guerre en Ukraine, le prix du lait a augmenté de 10 centimes. Trois semaines plus tard, il a augmenté de 20 centimes. Donc, en trois mois de temps, il y a une hausse de 26% sur le prix du lait que j'achète habituellement et sur le fromage blanc, une hausse de 20%. Un smicard comme je suis n'a pas eu de hausse de salaire de 26 ou de 20% depuis trois mois. Après, je ne sais pas si le prix d'une Rolex ou d'une Porsche a augmenté de 26%.

Donc, je voudrais avoir la position de M. Retailleau sur les profiteurs de guerre.

17:22
Présentateur

Et sur le pouvoir d'achat que vous posez également. Merci Jacques pour cette question. Bruno Retailleau.

17:29
Bruno Retailleau

Franchement, sur les profiteurs de guerre, j'habite à Mille Rural, mon voisin produit du lait, il a fait une conversion bio et il vend son lait bio au prix du lait conventionnel. Croyez-moi, il gagne sans doute moins que le smic. Ce n'est pas un profiteur de guerre, il ne faut pas dire ça. Maintenant, il y a un problème de pouvoir d'achat. Pourquoi est-ce qu'il y a un problème de pouvoir d'achat en France ? Parce qu'on a euthanasié le travail, on a fait les 35 heures, etc. Et ce sont les ouvriers, ce sont les gens du bas qui l'ont payé. Ce ne sont pas les cadres qui ont récupéré du loisir, du temps pour leur loisir.

Moi, je pense qu'il faut impérativement faire en sorte qu'on baisse notamment les charges et les charges qui pèsent sur les salaires pour rapprocher le salaire net du salaire brut. Et ça, c'est absolument fondamental. On peut, par d'autres moyens, moi, je suis très très chaud pour la participation, je pense, pour l'intéressement. Je pense que justement, quand il y a des entreprises qui touchent des fruits d'une croissance ponctuelle ou d'une croissance plus pérenne, il faut absolument les redistribuer. Je suis, moi, pour justement un capitalisme qui soit un capitalisme participatif.

18:33
Invité

Avant de vous parler de la compétition qui a commencé dans votre parti, Les Républicains, parce que vous êtes candidat pour en prendre la tête face à Éric Ciotier et Aurélien Pradié, juste une question sur l'actualité de cette semaine. La classe politique, en particulier la NUP, est secouée par la question de la gestion des violences sexistes et sexuelles. Adrien Quatennens a révélé publiquement des actes de violence envers son épouse. Il s'est mis en retrait de ses fonctions de coordinateur de la France Insoumise. Par la suite, c'est des accusations qui ont visé Julien Bayou, le secrétaire national des Verts, qui s'est lui aussi mis en retrait. À quoi est-ce qu'on assiste ?

Un MeToo politique ? Un MeToo de la NUPES ?

19:08
Bruno Retailleau

Un bal des tartuffes, déjà, parce que beaucoup de ces gens-là de l'extrême gauche passent leur temps à donner des leçons sur la vertu féministe et on se rend compte que certains d'entre eux, heureusement, ne généralisons pas, mais certains d'entre eux, certains de ces donneurs de leçons étaient aussi des donneurs de GILF.

Écoutez, il faut à la fois que chaque parti politique fasse le ménage qui ne se substitue pas à la justice, c'est à la justice d'instruire et de punir, mais ça n'empêche pas et je pense que pour ce qui me concerne, pour ma famille politique, il faudra s'atteler à cette question-là et je pense qu'il faudra bien entendu que demain, il puisse y avoir une organisation qui permette d'écouter, de recevoir... Une cellule entre guillemets

19:54
Présentateur

au sein du parti des Républicains comme il y en a dans d'autres partis.

19:58
Bruno Retailleau

Il n'y en a pas aujourd'hui. Il n'y en a pas et mon point de vue pour moi, c'est que la justice doit instruire et punir mais quand même, il y a un rôle d'exemplarité des partis politiques et il faut prendre en charge cette question, il faut être implacable, une cellule, moi j'y suis favorable sans pour autant préjuger des choses. Mais là, il y a eu des aveux, c'est différent. Quand il y a des aveux, il ne s'agit pas de soupçonner tout le monde, certainement pas, ne tombons pas dans les fous qui est un vide. Je pense que la déontologie, il faut un code déontologique.

20:24
Invité

Il peut rester député Adrien Quatennens ?

20:27
Bruno Retailleau

Écoutez, il y a deux temps. Il y a sa position par rapport à son parti, mise en retrait, mise en retrait et ensuite, il y a le temps de la justice. Voilà, je pense que, attention, ne substituons pas une sorte de des tribunaux populaires, si vous voulez, au lieu de notre propre justice. Moi je fais... C'est le cas un peu

20:48
Invité

avec Julien Bayou, il n'y a rien de pénalement répréhensible

20:52
Bruno Retailleau

et il se met en retrait.

20:54
Invité

Comment vous l'analysez ?

20:55
Bruno Retailleau

Parce que je distingue deux choses. Je distingue le code de déontologie et ça n'est pas acceptable parce que, quand on fait de la politique, on n'est pas meilleur que les autres mais il y a quand même un devoir d'exemplarité. Ça, c'est le rôle de la déontologie. Après, il y a la justice. Ne mélangeons pas tout mais ça ne veut pas dire que les partis ne doivent pas s'en préoccuper. On ne doit pas tolérer l'intolérable.

21:16
Présentateur

Vous êtes donc, Bruno Retailleau, candidat à la présidence des Républicains. Parti en crise depuis la défaite de Nicolas Sarkozy il y a dix ans, vous affrontez Éric Ciotti et Aurélien Pradié. Le premier dit qu'il sera l'homme du retour de la sécurité. Le second dit qu'il sera l'homme du retour de la droite populaire. Et vous, ce sera quoi alors ? La droite vendéenne ? Non,

21:38
Bruno Retailleau

pour moi, il y a une droite française. Pour moi, on ne doit pas qualifier la droite comme on ne doit pas qualifier par exemple la laïcité. quand on veut qualifier la droite, quand on la qualifie de libérale, de populaire, de sociale, de conservatrice, on la disqualifie. Pour moi, la droite, c'est tout un, parce que tout se tient. Vous ne pouvez pas avoir la liberté sans l'autorité et sans l'ordre. Parce que quand vous avez la chienlis et le désordre, vous n'avez plus la capacité d'aller et venir. Vous ne pouvez pas avoir un modèle social généreux si vous n'avez pas une économie qui crée les richesses.

Et à l'inverse, quand on a une cohésion dans la société, dans une entreprise, alors c'est un levier de compétitivité. L'identité, pour moi, n'est pas un gros mot. Je suis par mes racines. Vous le disiez, Vendéenne, on a un des départements qui a le plus d'entreprises et on puise dans la fierté de nos racines quelque chose qui nous pousse en avant. Exactement comme dans une équipe de foot. Je pense que c'est une sève. Et je crois que la droite doit être aussi celle, un mouvement politique qui accorde du prix à l'immatériel. Il n'y a pas que le matériel. L'immatériel, c'est ce qui pousse les hommes et les femmes. C'est ce qui nous fait déplacer les montagnes.

Donc ma droite à moi, c'est celle-là, mais c'est une droite qui ne s'excuse pas d'être de droite. On doit s'assumer parce que dès lors qu'on s'assumera, on fera baisser le vote, par exemple, du RN, comme l'avait fait d'ailleurs à l'époque la campagne en 2007.

23:00
Invité

Mais là, le favori, ce n'est pas vous. C'est Éric Ciotti. Croyez-vous ?

23:04
Bruno Retailleau

Pourquoi vous dites ça ?

23:04
Invité

Je ne sais pas si j'ai l'impression parce qu'il est arrivé deuxième face à Valérie Pécresse il y a un an ? Vous pensez que vous allez retourner la table par votre simple présence ?

23:14
Bruno Retailleau

Non, simplement, je pense que j'ai une capacité qui tient mon ADN. C'est que vous savez, d'ailleurs, vous avez le sourire affiché sur vos visages ou dans votre regard. Mais vous me connaissez, je n'ai jamais reculé sur mes convictions. On peut être pour, on peut être contre. J'essaie d'abord de respecter ceux qui ne pensent pas comme moi et j'essaie toujours d'apporter des arguments. Donc ça, mes convictions, je les tiens, mais j'ai toujours essayé aussi de rassembler autour de moi. C'était vrai quand j'étais président du département, de ma région. C'est vrai avec un groupe de 145 sénateurs où il y a tout le spectre et c'est un groupe qui est très cohérent.

23:48
Invité

Eric Ciotti, c'est ma dernière question, dit que votre candidat pour 2027 est déjà trouvé et qu'il s'appelle Laurent Wauquiez. Est-ce que vous dites la même chose ? C'est Wauquiez pour 2027 ou vous dites on attend ?

23:56
Bruno Retailleau

Je dis simplement que bien entendu Laurent Wauquiez a ses qualités pour être notre candidat. Je l'avais d'ailleurs incité à être président du parti. Je pense que c'est une double erreur. Je pense que si on choisit maintenant le candidat pour 2027, on ne devient qu'une écurie et on s'interdit de reconstruire. Et la deuxième erreur c'est que si on désigne ce candidat en 2023, si admettons ce que je n'espère pas, on trébuche aux européennes, on électrocutera avant qu'il ait même commencé sa propre campagne notre candidat. Ce n'est pas une bonne chose pour le parti et ce n'est pas une bonne chose pour le candidat. Bruno Retailleau,

24:32
Présentateur

merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin.

24:34
Bruno Retailleau

France Inter France Inter France Inter

24:37
Locuteur

France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter