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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 30 octobre 2021 26 min

Jean-Luc Mélenchon accusé d'antisémitisme, précarité en France... le 8h30 franceinfo de Mathilde Panot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam. Bonjour Hercine, bonjour à tous. Notre invitée aujourd'hui est la présidente du groupe des Insoumis à l'Assemblée Nationale, députée LFI du Val-de-Marne, Mathilde Panot. Bonjour à vous. Bonjour, merci pour l'invitation. Merci d'être avec nous ce matin. On va parler évidemment de la reprise économique du pouvoir d'achat d'hôpital dans un instant. Mais d'abord, une polémique qui enfle après des propos de Jean-Luc Mélenchon. C'était sur BFM jeudi, Myriam.

0:35
Mathilde Panot

Oui Mathilde Panot. La question Éric Zemmour est-il antisémite ? Le candidat de la France Insoumise a répondu que M. Zemmour ne doit pas être antisémite parce qu'il reproduit, je cite, beaucoup de scénarios culturels de traditions liées au judaïsme. Les propos ont suscité un tollé sur les réseaux sociaux, référence abjecte pour Christophe Castaner, pour qui Jean-Luc Mélenchon a sombré dans l'antisémitisme. C'est une indignation aussi de la LICRA. Jean-Luc Mélenchon a reconnu s'être mal exprimé, mais est-ce que c'est suffisant ?

1:05
Invité

Oui, je crois que Jean-Luc Mélenchon a fait un niqué qui est extrêmement clair. Je crois que nous avons assez d'antisémites dans notre pays sans en inventer des nouveaux. Et je crois que pour toutes celles et ceux qui suivent le parcours de Jean-Luc Mélenchon, qui regardent le programme de la France Insoumise, ils verront la cohérence que nous avons dans la lutte contre ce poison qui est l'antisémitisme.

1:24
Mathilde Panot

Écoute attentivement les propos de Jean-Luc Mélenchon. Vraiment, il laisse entendre dans ses propos, au fond, que le racisme, les propos haineux d'Éric Zemmour, lui viendraient de ses traditions juives.

1:37
Invité

C'est grave ? Non, non, non, non, Jean-Luc Mélenchon ne dit pas ça. Par ailleurs, je vous ai ramené par exemple une phrase que Jean-Luc Mélenchon a dite lorsque, je ne sais pas si vous vous rappelez, on avait été évacués de la manifestation pour la mort de Mireille Knoll. Il avait dit, chaque juif dans le plus modeste village de France doit savoir que s'il est mis en cause parce qu'il est juif, me trouvera, à l'instant d'après, à ses côtés.

Et je crois que Jean-Luc Mélenchon a dit ces mots-là plusieurs fois et qu'il a dit, notre réserve d'amour pour toutes celles qui se font persécuter du fait de leur religion parce qu'ils sont juifs ou du fait de leur religion, du fait de leur sexe ou du fait de leur couleur de peau, eh bien, me trouveront là aussi à leur côté. Cette fois-ci, de quoi s'agit-il ? Mais Jean-Luc Mélenchon a fait un communiqué pour s'en expliquer. Il a expliqué que les références, moi j'aimerais entendre d'ailleurs ces gens-là sur les références à Pétain, les réhabilitations de Pétain, du régime de Vichy. Je crois que c'est ça qui est grave.

2:39
Mathilde Panot

Mais vous vous souvenez, Jean-Luc Mélenchon, il avait été critiqué aussi pour ne pas avoir au fond condamné Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste britannique. Non, mais qui n'avait pas à l'époque, il a été suspendu, lutté contre l'antisémitisme au sein du Labour, condamné les choses. Il y a quand même un malaise parfois sur ces sujets-là avec Jean-Luc Mélenchon. Non, madame, il n'y a aucun malaise.

3:03
Invité

Dans ce que je viens de vous dire dans les propos de Jean-Luc Mélenchon, qu'il a réitéré plusieurs fois, il n'y a aucun malaise sur cette question-là. Et je vais vous dire, l'antisémitisme est utilisé aujourd'hui contre tous les leaders progressistes dans le monde. Et je crois que c'est extrêmement grave. Regardez la cohérence de Jean-Luc Mélenchon sur cette question. Vous trouvez que là, on cherche à faire un faux procès, un mauvais procès à Jean-Luc Mélenchon ? Je trouve que ce procès qui a été fait à beaucoup des leaders du monde, vous parliez de Corbyn, mais il y en a beaucoup d'autres. Il a été suspendu du parti.

Ce procès se répète régulièrement et je crois que nous avons prouvé et nous n'avons plus à prouver que nous loutons à la fois contre l'antisémitisme et contre toutes les formes de racisme. Et j'aimerais que celles et ceux qui crient au loup aujourd'hui s'intéressent un peu à quand M. Zemmour dit des choses racistes, à ce qu'il dit sur le régime de Vichy, ce qu'il dit sur Pétain, ce qu'il dit sur les résistants. Et je crois que j'aimerais beaucoup les entendre sur ces questions-là.

4:01
Mathilde Panot

On reviendra à la campagne présidentielle tout à l'heure. Parlons de la reprise. 3% de croissance, c'est du jamais vu depuis 50 ans, a dit Bruno Le Maire. Prévision de l'INSEE au troisième trimestre annoncée hier. Et ce n'est pas tout puisque le chômage diminue aussi fortement. Écoutez Elisabeth Borne, la ministre du Travail sur France Inter.

4:20
Invité

On a eu un nombre record d'embauches au troisième trimestre. Vous avez plus de 2,5 millions d'embauches en CDD de plus d'un mois ou en CDI. Donc c'est un record depuis 20 ans. C'est l'effet du quoi qu'il en coûte, clairement. Si on n'a pu protéger les emplois, c'est ce qui permet au moment où l'économie repart que les entreprises en profitent pleinement.

4:42
Mathilde Panot

Voilà, toutes les tranches d'âge bénéficient de cette embellie. Est-ce que vous saluez l'action du gouvernement ? Est-ce qu'elle a permis cette reprise ?

4:49
Invité

Non, c'est de la propagande de Mme Borne. Je vais vous dire pourquoi ils ont besoin de ces chiffres et je vais vous dire comment ils ont manipulé ces chiffres que je conteste formellement. Ils ont besoin de ces chiffres parce qu'ils ont mis en place le premier temps de la réforme de l'assurance chômage qui va quand même faire une économie de 2 milliards sur les plus précaires de notre pays. Et qu'au 1er décembre va s'appliquer ce deuxième temps de la réforme de l'assurance chômage que nous combattons fermement. Donc, ils ont besoin de montrer ça. Alors déjà, il y a quelque chose de très simple.

5:16
Mathilde Panot

Mais vous pensez que les embauches sont liées directement à la réforme de l'assurance chômage ?

5:18
Invité

Je vais vous expliquer pourquoi je pense qu'on manipule les chiffres. Mais d'abord, on explique quelque chose.

5:22
Mathilde Panot

On embauche dans la restauration, dans les cafés.

5:24
Invité

Je vais d'abord vous dire quelque chose de très simple. Quand il y a des trous économiques, vous voyez, on a perdu beaucoup pendant le Covid, c'est bien normal. Quand vous rebouchez le trou et vous créez des emplois, vous avez des Covid. Donc, vous avez un effet de rattrapage. Mais de quoi parle Mme Borne ? Parce que c'est ça qui est intéressant. Elle parle des catégories A. Or, quand on regarde, depuis fin 2019, vous avez plus de 240 000 personnes inscrites en plus à Pôle emploi. Donc, j'aimerais qu'elle m'explique comment le chômage baisse. Et surtout, ce qui est historique et qu'on n'a pas vu depuis extrêmement longtemps, c'est l'explosion des catégories B, C et D.

Les catégories D augmentant même de plus 40%.

6:01
Présentateur

Alors, les auditeurs catégorie A sont les gens qui n'ont aucune activité professionnelle. Les autres catégories peuvent avoir des activités, disons, intermittentes ou occasionnelles.

6:08
Invité

Exactement. Ce que ça montre, c'est qu'en fait, ce qui est en train d'exploser dans notre pays, en plus d'un effet de reprise qui est conjoncturel, ce qui est en train d'exploser dans notre pays, c'est la précarité. Et quand on regarde au troisième trimestre, les deux tiers des embauches qui ont été créées, eh bien, les deux tiers sont de moins d'un mois. Je vous alerte dessus, de moins d'un mois. Donc, non, ce qui est en train d'exploser dans notre pays, c'est la précarité.

6:31
Présentateur

Ce n'est pas de vrais emplois. Ce n'est pas de vrais emplois. Ça ne compte pas, tout ça.

6:35
Mathilde Panot

C'est des contrats très courts, effectivement, de moins d'un mois. Et en même temps, les syndicats négocient. On voit dans la restauration des premiers CDI parce qu'il y a pénurie de recrutement. Et donc, on commence à proposer aux gens pour les faire revenir vers ces secteurs-là. Des contrats longs. Il y a des négociations aussi sur le travail le week-end. Est-ce que vous faites confiance à ces négociations-là ?

6:55
Invité

En tout cas, moi, je trouve ça important qu'on commence à se dire que peut-être que les gens ne viennent pas parce qu'ils sont trop mal payés. Que peut-être que d'avoir détruit méthodiquement le code du travail qui fait qu'aujourd'hui, dans notre pays, on a un code du travail entreprise par entreprise, est une mauvaise idée. Et que dans un moment où on a quand même 11 000 plans de licenciement qui sont en route dans notre pays ou qui ont déjà eu lieu, je crois que oui, nous devons changer radicalement notre approche sur l'emploi et créer des emplois qui sont utiles socialement et écologiquement.

7:24
Présentateur

Mathilde Panot est l'invité du 8.30 politique ce matin. On va entendre le fil info dans un instant. D'abord, un tout petit mot sur cette prime de 100 euros qui a été annoncée, prime inflation pour les classes moyennes, a dit Jean Castex. Jean Castex, pour tous ceux qui gagnent moins de 2 000 euros nets mensuels, vous en pensez quoi ?

7:46
Invité

Il est très généreux de nous donner 100 euros avec le propre argent des Français. Pendant ce temps-là, Total et les autres fournisseurs d'énergie sont bien tranquilles. Total, on vient d'apprendre qu'il avait augmenté son profit de multiplier par 23. Ils ont distribué l'année dernière 9 milliards de dividendes. Je crois qu'il fallait au contraire bloquer les prix parce que c'est ça prendre le mal à la racine. Ça s'est déjà fait. On peut le faire avec le code du commerce. Emmanuel Macron l'avait fait avec le prix du gel ou le prix du masque. Mais c'est contraire au traité européen. Oui, ça a été fait en fait. Sur certains produits.

Oui, sur certains produits et je crois qu'il faut le faire et que c'est une manière de faire en sorte que ça soit durable et pas qu'elle se fasse manger dans quelques mois par l'augmentation qui continue du prix de l'énergie.

8:30
Présentateur

Vous allez pouvoir développer là-dessus Mathilde Panot juste après le fil info avec Diane Ferschit, 9h moins 20.

8:35
Invité

La préfecture du Gard lance un appel à la vigilance sur France Info. Elle demande à la population de respecter les consignes de sécurité, notamment d'éviter les déplacements. Ce week-end, le département est touché par un épisode sévenol de forte pluie. Le Gard placé en orange par météo France, tout comme la Lausère, l'Ardèche et le Var. La main tendue de Joe Biden à la France au G20 à Rome. Le président américain a reconnu auprès d'Emmanuel Macron que les Etats-Unis avaient manqué d'élégance, qu'ils avaient agi de façon maladroite dans l'affaire des sous-marins destinés à l'Australie.

A l'issue de cette rencontre, Emmanuel Macron a déclaré préférer les preuves de confiance aux simples déclarations. Autre crise à régler pour Emmanuel Macron lors de ce G20, celle avec le Royaume-Uni. Autour de la question des licences de pêche dans le Financial Times, le président de la République estime que la crédibilité du Royaume-Uni est en jeu dans cette affaire. Les Britanniques qui menacent à leur tour de représailles. L'Agence européenne du médicament est en train d'étudier la possibilité de vacciner les 5-11 ans alors que l'Agence américaine du médicament vient d'autoriser le vaccin Pfizer pour cette classe d'âge.

Et en France, un nouveau cap franchi, celui des 50 millions de Français totalement vaccinés contre le Covid. Victoire sur le fil du PSG face à Lille hier soir pour l'ouverture de la 12e journée de Ligue 1 de football. 2 à 1 pour les Parisiens. Deux buts inscrits dans le dernier quart d'heure du match. Deux rencontres sont à suivre ce samedi. Metz-Saint-Etienne, c'est à 17h. Et le déplacement de Lens à Lyon, coup d'envoi 21h. France Info.

10:05
Présentateur

C'est Mathilde Panot qui est l'invité du 830 France Info ce matin, présidente du groupe des Insoumis à l'Assemblée nationale. Myriam Ancawa.

10:11
Mathilde Panot

Oui, on continue à parler des questions économiques et l'inflation. Donc on a compris la position insoumise, blocage des prix des biens de première nécessité. Jean-Luc Mélenchon a longuement parlé aussi du SMIC qui peut augmenter à 1 400 euros. Et pour l'hôpital, au bord de la rupture, un lit sur cinq en France est fermé. C'est l'urgence absolue. Qu'est-ce qu'on fait ?

10:33
Invité

Alors, la première des choses, c'est qu'il faut expliquer pourquoi ces lits sont fermés. Il y a deux choses. Il y a les 14 000 lits qui ont été fermés sous le quinquennat d'Emmanuel Macro, donc fermés, fermés, et qui sont, en fait, la continuité de politiques qui ont été menées, qui font que 100 000 lits ont été fermés à l'hôpital, ce qui explique qu'on en manque cruellement. Et il y a beaucoup de projets qui continuent à enfermer. Et puis, il y a une deuxième chose qui est ce chiffre absolument effrayant. Un lit sur cinq qui est ouvert administrativement, mais qui n'est pas ouvert par manque de soignants.

Par exemple, à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, on m'expliquait que 5 enfants qui étaient en urgence absolue ont été refusés parce qu'il n'y avait pas les lits pédiatriques, puisque 20% des lits pédiatriques étaient fermés. Donc, il y a des pertes de chance pour les malades. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Nous, ça fait quand même des années qu'on demande à ce qu'on arrête l'austérité dans la santé, à ce qu'on réouvre des lits, à ce qu'on recrute du personnel, à ce qu'on augmente les salaires aussi des personnels.

11:20
Mathilde Panot

Des 10 milliards d'euros du Ségur de la santé, 183 euros net pour les soignants.

11:23
Invité

Eh bien, avec ça, les soignants sont toujours à la 18e place des pays de l'OCDE et largement en dessous de la moyenne des pays européens. Vous faites un plan Marshall ? Combien ? Oui, je crois qu'il faut mettre énormément d'argent dans la santé. Je vous le redirai parce que là, je ne l'ai pas en tête. Je sais juste que le rapport de Caroline Fiat disait 210 000 recrutements dans les EHPAL pour mettre fin à la maltraitance institutionnelle et dans l'hôpital, 100 000 immédiatement et plus. Et ce que nous avons proposé...

11:50
Présentateur

Donc, des budgets colossaux.

11:51
Invité

Mais bien sûr ! Mais on a bien vu ce que ça a créé de ne pas mettre l'argent au fur et à mesure du temps. Et ce que nous dit Olivier Véran, parce que je vais dire tout de suite la contre-attaque de ça, on nous dit qu'on ne peut pas former en deux minutes. Bon, ça fait quatre ans et demi qu'ils sont au pouvoir, mais ce n'est pas grave. Le numerus claudius, la fin du numerus claudius va faire qu'il va y avoir le personnel à l'hôpital, mais pas tout de suite. Nous nous demandons depuis deux ans, en dix ans, dans l'urgence de la situation, il y a 180 000 personnes qui ont quitté leur profession et pour plein de raisons, parce qu'ils étaient découragés.

Allons les voir pour leur demander pourquoi est-ce qu'ils ne veulent pas reprendre le travail et surtout arrêtons la suspension des soignants.

12:23
Mathilde Panot

La suspension des soignants, vous pensez que ça a un effet sur la pénurie ? Mais bien sûr, c'est pas ce que dit le conseil scientifique. La suspension des soignants pour non-vaccination, je précise. Oui, la suspension. Vous pensez que c'est ça qui a ralenti ?

12:35
Invité

Bien sûr, il y a des soignants qui aujourd'hui sont en congé parce qu'ils ne sont pas vaccinés. Nous avons besoin d'eux.

12:40
Mathilde Panot

Justement, sur la crise sanitaire, on voit bien que le virus est plus présent ces dernières semaines et qu'une menace de cinquième vague se profile. par précaution et face aux risques, le gouvernement veut étendre la possibilité de proroger le pass jusqu'au 31 juillet. Cette prudence, vous ne la comprenez pas ?

12:59
Invité

Non, absolument pas. Et d'ailleurs, toutes les oppositions se sont battues à l'Assemblée nationale. Le Sénat vient de modifier le texte. C'est un pouvoir extraordinaire qui est donné au gouvernement. C'est du jamais vu. Huit mois et demi où le gouvernement peut, comme il veut, activer ou désactiver le pass sanitaire. Et je vais vous dire pourquoi nous sommes contre le pass sanitaire. Nous avons voté contre au départ et nous continuons à être contre. Parce que quand l'Organisation mondiale de la santé dit qu'il faut convaincre plutôt que contraindre, s'adresser à l'intelligence des Français, il y a une raison.

C'est que lorsque vous faites des politiques autoritaires, vous n'êtes pas dans les politiques sanitaires. D'autant plus quand on ne met pas les moyens derrière, dans l'hôpital public, dans une société de roulement, dans les purificateurs d'air et j'en passe.

13:42
Présentateur

Par exemple, avoir des soignants non vaccinés au contact de patients, pour vous, ça ne serait pas un problème ?

13:48
Invité

Mais écoutez, en fait, la question, évidemment que je suis vacciné, nous l'avons dit, nous sommes pour la vaccination, mais vous ne pouvez pas le faire par la contrainte. Regardez ce qui se passe en Martinique.

13:58
Présentateur

Donc, des soignants non vaccinés au contact de patients, vous dites pas de souci.

14:02
Invité

Eh bien, je pense que ce n'est pas en les suspendant qu'on arrive à les convaincre.

14:06
Présentateur

Donc, vous les laissez au contact et ça ne vous est pas risqué ?

14:10
Invité

Non, je vais vous expliquer pourquoi. Dans toutes les politiques de santé qui ont été étudiées, c'est notamment l'Observatoire pour la transparence du médicament qui le dit, toutes les politiques de santé qui ont été étudiées, lorsque vous faites des politiques de contrainte, c'est contre-productif. Nous sommes dans un moment où c'est contre-productif. Nous avons besoin de confiance.

14:27
Présentateur

La circulation du virus.

14:28
Invité

Oui, nous avons besoin.

14:29
Présentateur

Entre des gens non vaccinés et des patients.

14:32
Invité

Oui, nous avons besoin. Oui, non mais moi, je peux vous en donner plein d'autres, des choses absolument ahurissantes qui sont faites.

14:38
Présentateur

Non, mais j'ai eu cette question-là.

14:40
Invité

La question n'est pas de dire ne vous vaccinez pas. Je n'ai jamais dit ça, je ne dirai jamais ça. La question, c'est de dire comment faire pour que les gens se vaccinent. C'est ça la question. Eh bien, je crois que c'est exactement le contraire de ce qu'est en train de faire le gouvernement qui, par ailleurs, ne fait que la politique autoritaire sans la politique sanitaire.

14:56
Mathilde Panot

Beaucoup de sujets dans l'actualité et notamment la COP26, 120 dirigeants dont la France, bien évidemment, se retrouve en Écosse. Demain, l'enjeu est énorme avec des prévisions climatiques très alarmantes du GIEC. Que propose Jean-Luc Mélenchon pour réduire massivement les émissions de CO2 ?

15:16
Invité

Alors, il y a le niveau international puisque nous craignons que la COP soit un énième sommet de l'inaction climatique. C'est l'échec annoncé pour vous ? Ça fait 30 ans qu'on fait des COPs, qu'il y a des rapports scientifiques de partout et que les gouvernements n'entendent absolument rien. Et en plus, notre pays n'est pas exactement en bonne position puisque lui-même ne respecte pas les engagements qu'il a pris. Donc, oui, je crains que cette COP soit un énième sommet de l'inaction.

Alors, nous, ce qu'on demande sur cette question-là au niveau international, c'est qu'il y ait par exemple un traité de non-prolifération sur les énergies fossiles, c'est qu'il y ait un tribunal climatique, c'est qu'il y ait notamment un traité pour contraindre les multinationales à respecter les droits humains et à l'environnement. Et qui signera ces traités ? Eh bien, l'ensemble des pays, je crois que... Vous pensez que ce ne sera pas un souci ? Mais vous savez, nous avons déjà fait des traités internationaux, par exemple sur le gaz qui détruit la couche d'ozone. Nous avons réussi à nous mettre d'accord là-dessus. Donc, bien sûr qu'il faut être ambitieux.

Mais il faut être ambitieux seulement si nous-mêmes, on respecte ce qui se fait et si nous-mêmes, on fait une politique à la hauteur de l'urgence écologique. Alors, que faut-il faire ? Eh bien, il faut une politique de rupture très claire sur nos manières de produire, d'échanger et de consommer. On arrête avec les traités de libre-échange à tout va, qui augmentent le grand déménagement du monde. On crée des emplois qui sont écologiquement utiles, notamment, on arrête avec l'agro-business, on fait une agriculture paysanne et écologique qui crée...

16:38
Mathilde Panot

Et on sort aussi du nucléaire, ce qui peut surprendre, franchement, face à l'urgence climatique. Même votre ancien allié communiste, Fabien Roussel, ne va pas sur ce chemin.

16:46
Invité

Eh bien oui, pourquoi c'est très important ? Déjà, pour la première des choses, il faut dire les choses clairement. Ce n'est pas vrai qu'on remplacera l'énergie nucléaire intégralement par le 100% énergie renouvelable. Donc, la première des politiques énergétiques, c'est d'abord une politique de sobriété et d'efficacité énergétique et notamment arrêter que les gens aient froids chez eux l'hiver. Qu'est-ce que vous mettez derrière la sobriété ? Parce qu'on entend beaucoup la décroissance derrière. Il faut faire, et c'est ce que nous avons dans notre programme, 700 000 rénovations thermiques par an. Nous en sommes à 33 000 aujourd'hui.

Et alors, je vais vous expliquer pourquoi le nucléaire est à notre avis.

17:19
Présentateur

Si vous voulez bien, vous nous l'expliquerez après le fil info, puisqu'il est 9h moins 10. Voici Diane Ferschit.

17:23
Invité

Les flacons rondés et bouchons oranges. Pour les différenciers de ceux destinés aux adultes aux Etats-Unis, le vaccin Pfizer va pouvoir être injecté aux enfants âgés de 5 à 11 ans. Les autorités sanitaires donnent leur autorisation. 28 millions d'enfants américains sont potentiellement concernés. Et en France, on vient de franchir le seuil des 50 millions de personnes vaccinées. Cela représente les trois quarts de la population. De la maladresse, un manque d'élégance. Joe Biden, le président américain, a fait acte de contrition vis-à-vis de la France dans l'affaire du contrat australien de sous-marin.

Emmanuel Macron, de son côté, affirme préférer les preuves de confiance plutôt que les déclarations. Le chef de l'État qui attend donc des initiatives concrètes de la part des Etats-Unis. La députée La République en marche de l'aéroporte plainte après avoir reçu deux nouvelles menaces de mort en une semaine. Patricia Miralles a porté plainte. La députée Hérôltaise en a reçu 12 de ses menaces. Au total, depuis le mois de juillet, notamment après les annonces d'Emmanuel Macron sur l'extension du pass sanitaire et l'obligation vaccinale pour les soignants.

Quatre départements sont en vigilance orange face à un nouvel épisode sévenol de très fortes pluies attendues sur le Var, la Lausère, l'Ardèche ainsi que le Gard. Les Jeux Olympiques de Paris, J-1000 avant le coup d'envoi et la construction des sites avant sont nés dans les temps, estime sur France Info l'ancien ministre et champion olympique Grille Drute. Il est l'un des trois membres français du comité international olympique et il reste donc à présent un peu moins de trois ans aux athlètes français pour se préparer pour ces Jeux.

18:56
Présentateur

France Info Mathilde Panot de la France Insoumise est l'invité du 830 France Info. Ce matin, vous nous expliquiez votre pensée à propos du nucléaire.

19:04
Invité

Exactement, parce que l'énergie nucléaire est une énergie aujourd'hui qui est plus chère que les énergies renouvelables, qui crée des déchets dont on ne sait que faire, qui nous rend dépendants de l'uranium, donc qui n'assure pas notre autonomie énergétique, qui est notre indépendance énergétique. Oui, mais alors je vais vous dire, alors déjà, bon, moi je conteste ça, mais ce n'est pas grave, je vais vous dire le plus gros problème. Le plus gros problème du nucléaire, c'est que ce n'est pas résilient au changement climatique. C'est que, eh bien, vos centrales nucléaires, vous avez besoin de les refroidir.

Et quand vous savez que d'ici à 2050, le Rhône, qui est quand même le fleuve le plus nucléarisé en France, eh bien, va baisser de débit de 10 à 40%, vous allez faire comment pour refroidir vos centrales nucléaires ? Vous savez que chaque été, il y a des réacteurs nucléaires qui sont arrêtés, et non pas seulement juste en termes de quantité, mais aussi parce que l'eau se réchauffe. Et vous le savez, avec la montée des mers, avec les tempêtes, nous allons avoir un gros problème de sûreté et de sécurité sur l'énergie nucléaire.

19:54
Mathilde Panot

Le rapport RTE, qui fait ces six scénarios sur la neutralité carbone à l'horizon 2050, montre que le 100% renouvelable, c'est un pari qu'aucun pays ne peut faire. C'est le plus cher, 80 milliards, et ça demanderait de multiplier par 20 le parc solaire, par 4 l'éolien. Personne ne le fait ce pari là.

20:13
Invité

Alors, je vais vous dire quelque chose sur le scénario RTE. Il y a un scénario qui montre que 100% énergie renouvelable, c'est possible. Et ils se sont un petit peu trompés, puisqu'ils se sont trompés d'un rapport de 1 à 6 sur l'EPR de Flamanville. C'est-à-dire que l'EPR de Flamanville est compté à 3 milliards, alors qu'aujourd'hui, c'est la Cour des comptes qui le dit, c'est 19,5 milliards. Ce n'est pas vrai. Les énergies renouvelables sont aujourd'hui moins chères que l'énergie nucléaire. Les courbes se sont croisées. Donc, en fait, et même si on accepte, ok, j'accepte ce que dit RTE, il montre que c'est 15% d'écart en 2050. Bon, ça montre que c'est une question de choix politique.

Et ce choix politique, ça ne peut pas être Emmanuel Macron tout seul, qui décide qu'il va nucléariser la France de partout avec des mini-réacteurs et 6 EPR. C'est un choix politique qui appartient aux Français et au peuple de France. Et donc, je veux que ça soit notamment une des questions de l'élection présidentielle qui soit tranchée en 2022.

21:03
Mathilde Panot

Alors, on entend l'énergie ce matin que vous mettez pour convaincre. Simplement, Jean-Luc Mélenchon, lui, peine à convaincre dans cette élection présidentielle. Pour le moment, les intentions de vote ne dépassent pas les 10% entre 7 et 9. Derrière Yannick Jadot, c'est la troisième fois qu'il se présente. Est-ce que c'est la campagne de trop ? Alors, déjà, ça dépend effectivement des sondages que vous regardez

21:23
Invité

puisqu'il y a des sondages où il est à 13%. J'ai regardé les derniers. Je vais passer là-dessus. Je vais vous expliquer quelque chose.

21:29
Mathilde Panot

Qu'est-ce qui ne marche pas dans cette campagne ? Pourquoi ça ne décolle pas ?

21:32
Invité

Alors, non, non. Je vais vous expliquer pourquoi, à notre avis, il y a effectivement quelque chose qui est absolument faux dans ce qui est mis dans les sondages aujourd'hui. C'est que dans la plupart des instituts de sondage, c'est d'ailleurs ce que nous demandons, c'est que les instituts de sondage mettent différents scénarios selon le taux de participation.

Et nous, nous sommes d'accord pour dire que oui, nous serons battus s'il y a effectivement 55% de participation, 60% de participation, mais que nous pouvons gagner si, et notamment, les quartiers populaires vont voter, si les plus pauvres et le peuple de France s'occupent de cette élection et décident de participer à ce choix sur notre avenir commun sur les cinq prochaines années. Or, qu'est-ce qui se passe sur la plupart des instituts de sondage ? Ils vous appellent, ils vous demandent sur 0 à 10 à combien êtes-vous sûr d'aller voter ? Et en fait, ils ne le gardent que les plus sûrs d'aller voter. Et donc, forcément, ça a introduit un biais extrêmement fort.

Mais je vous assure que s'il y a une forte mobilisation à l'élection présidentielle, si les 13 millions de gens non et mal inscrits vont s'inscrire sur les listes électorales...

22:30
Présentateur

Ça, c'est votre objectif de campagne ?

22:31
Invité

Mais bien sûr, c'est notre objectif numéro 1. Nous, nous n'acceptons pas qu'il y ait une élection sans le peuple. Nous n'acceptons pas que les plus jeunes ne participent pas, comme on l'a vu dans les élections régionales où 85% des jeunes n'ont pas été votés. Nous n'acceptons pas un pays. Ce sont les plus riches qui décident pour tout le pays.

22:46
Mathilde Panot

Vous n'êtes pas les seuls. Il aurait pu se rallier à Sandrine Rousseau, Jean-Luc Mélenchon ? C'est une indiscrétion de nos confrères de BFM TV. Si elle avait gagné la primaire ? Oui, en tout cas.

22:57
Invité

Enfin, j'en sais rien s'il aurait pu se rallier. Ça fait le demander à Jean-Luc Mélenchon lui-même. Je ne sais pas. Mais ça n'a pas l'air de vous surprendre. Non, ça ne me surprend pas. Pourquoi ? Parce que je crois que Sandrine Rousseau, elle porte une écologie de rupture qui...

23:11
Présentateur

Il y a une proximité.

23:14
Invité

C'est-à-dire que l'écologie doit être sociale, que c'est une écologie populaire qui porte des thèmes sur le féminisme, qui porte sur lequel nous nous retrouvons tout à fait. C'est la radicalité, le point commun ? Alors vous, vous aimez beaucoup dans les médias le terme radicalité. Mais je crois que oui, le temps n'est pas à la tiédeur. Vous aussi vous l'aime bien alors. Oui, nous n'avons jamais été devant des défis aussi grands que celui-ci. C'est-à-dire que vous voyez, un enfant qui est né en 2020, il aura sept fois plus de chances d'avoir des incendies, des inondations, des sécheresses dans sa vie que nous qui vivons aujourd'hui.

Donc oui, je crois que le temps est à répondre à ces grands défis et c'est pour ça que nous nous proposons notamment la constituante, c'est-à-dire que le peuple réécrive les règles du jeu et la constitution et je crois que c'est une manière de sortir par le haut de cette situation. L'union de la gauche, on n'y pense plus. Socialiste et insoumis, c'est comme l'eau et l'huile. Mais en fait, ce n'est même pas cette question-là. C'est qu'il faut de la clarté dans une élection présidentielle. Qu'est-ce qu'on enlève dans notre programme ?

La constituante, on va maintenant dire que finalement, tout ce qu'on proposait ou on expliquait que ce n'était pas compatible avec les traités européens, finalement, d'un coup, ça le devient. Mais simplement,

24:21
Présentateur

vous mettre autour de la table et chercher...

24:23
Invité

Mais nous l'avons déjà fait. Vous avez suivi les épisodes précédents. Nous l'avons déjà fait nous mettre autour de la table. Mais la question, c'est que nous ne voulons pas mentir aux Français et notre programme, nous sommes quand même les seuls à avoir... Il y a quand même quelque chose qui est compliqué de discuter avec les autres. C'est qu'on est les seuls à avoir un programme. Donc discuter avec des gens autour de la table France qui le note il y a deux jours en disant les seuls qui ont un programme ce sont les insoumis. Alors on les aime, on les aime pas, mais c'est des choses écrites dont on peut discuter. En attendant,

24:48
Mathilde Panot

le bloc de gauche se rétrécit à peine 20% et le bloc de droite et droite de la droite extrême droite n'a jamais été aussi haut. Vous ne craignez pas au fond que finalement, vos électeurs se disent vote utile dès le premier tour pour faire barrage à l'extrême droite. Non, non, ça c'est un montage

25:03
Invité

qui a été fait. Il y a des sondages qui le montrent. Oui, nous on a fait aussi des sondages cet été pour montrer que nos propositions sont majoritaires dans le pays, que les gens sont majoritairement pour augmenter le SMIC, pour rompre avec cette société de malheur et c'est ce que nous allons faire et c'est cette clarté dont nous avons besoin pour 2022.

25:19
Présentateur

Merci.

25:20
Invité

Merci à vous.

25:20
Présentateur

Mathilde Panot, présidente du groupe des Insoumis à l'Assemblée nationale, invitée du 830 France Info ce matin. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.