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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 19 septembre 2025 23 min

Mobilisation du 18 septembre, reconnaissance de la Palestine à l'ONU... Le 8h30 de Sylvain Maillard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sylvain Maillard, on va revenir sur cette mobilisation lors de la journée d'hier, mobilisation quand même notable, 500 000 manifestants à travers la France, le double selon la CGT. On va voir comment vous proposez d'y répondre, vous, du côté de ce que fut la majorité présidentielle, du côté du camp d'Emmanuel Macron. Avant cela, les syndicats ensemble se réunissent en ce moment même pour décider des suites de ce mouvement. Est-ce que vous craignez qu'il y ait d'autres manifestations et que la journée d'hier ne soit qu'un début ?

0:35
Sylvain Maillard

Il n'y a pas à craindre qu'il y ait d'autres manifestations, c'est un droit et il est normal que les syndicats l'exercent s'ils souhaitent. Ce qui est certain, c'est qu'un nouveau gouvernement va s'installer. Pour le moment, il y a uniquement un Premier ministre. Il a dit qu'il retravaillerait sur le budget et que le budget prévisionnel de ce qu'avait proposé François Bayrou pour le moment était stoppé.

Et donc, il me semble important de lui laisser du temps pour s'installer, pouvoir continuer les discussions avec les partis politiques, mais aussi avec les syndicats pour qu'ils puissent prendre en compte et trouver une voie de passage pour que nous puissions avoir une majorité pour voter un budget.

1:10
Invité

Mais Sylvain Maillat, il y avait un point commun chez tous les manifestants hier. C'était la colère très forte exprimée contre Emmanuel Macron. Est-ce que vous l'entendez cette colère et surtout comment on y répond concrètement ?

1:20
Sylvain Maillard

Moi, ce que j'entendais beaucoup, c'est que beaucoup, et à juste titre, disaient que le travail ne payait pas assez. C'est ça qu'on entendait. Le travail ne payait pas assez et nous sommes d'accord là-dessus.

1:31
Invité

On entendait beaucoup plus de justice fiscale, plus de justice sociale surtout.

1:34
Sylvain Maillard

Oui, mais peut-être qu'on y reviendra dessus. On peut parler de grands agrégats et dire qu'il faut taxer plus les riches. On en reparlera si vous le souhaitez. Oui, on va en reparler. Mais très clairement, pour monsieur et madame qui travaillent dans une entreprise, qui gagnent 1800 euros, leur problème, ce n'est pas qu'on taxe les riches. C'est comment je fais pour avoir un pouvoir d'achat plus important, pour tout simplement la vie de tous les jours. Ça, c'est votre avis, Sylvain Maillat. Oui, mais enfin, moi, en tout cas, c'est ça que j'ai entendu comme grande demande. Et je crois qu'ils ont raison. Et c'est là-dessus qu'il faut que nous puissions répondre.

2:09
Présentateur

Est-ce que ces manifestants, il faut les écouter ou est-ce qu'il faut dire finalement, certes, même s'ils étaient un million, comme le dit la CGT, ça veut dire qu'il y en a soixante et quelques millions qui n'ont pas manifesté ?

2:21
Sylvain Maillard

Non, moi, je suis d'accord. Je suis d'accord sur le fait que le travail ne paye pas assez en France. Je le dis régulièrement, y compris à votre antenne, travaille suffisamment.

2:28
Présentateur

Ce n'est pas tout à fait ma question. Est-ce que dans leurs revendications, qui ne sont pas que celles que vous donnez, il faut quand même prendre en compte, dire, voilà, il y a besoin de justice fiscale, il y a besoin d'un certain nombre de choses. Il faut qu'on prenne en compte ce qui a été dit.

2:41
Sylvain Maillard

Oui, mais on peut toujours, évidemment, qu'il faut toujours plus de justice fiscale, plus de justice sociale. Après, rentrons dans les mesures. En tout cas, ce que j'entends prioritairement, et ils ont raison, il faut que le travail en France paye plus. Nous avons trop de charges, nous avons trop de cotisations. Il est essentiel que le travail paie plus parce que, attendez, il n'y a pas que les manifestations. On est partout sur le territoire. Vous-même, vos envoyés, vos journalistes sont, ils le disent. Simplement, ça ne paye pas suffisamment. Il n'y a pas assez d'écart entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas.

3:13
Invité

On a entendu sur les antennes de France Info hier, mais aussi dans la rue, cette demande de justice sociale. Je voulais vous faire écouter Patricia Sanon, une retraitée. Elle était présente dans la manifestation à Marseille hier. J'ai travaillé jusqu'à 67 ans pour avoir une retraite quasi misérable. Et je ne peux plus supporter un monde où les nantis se gavent sur le compte des plus pauvres. Alors, je ne peux plus supporter un monde où les nantis se gavent. On lui donne quoi à Patricia la taxe Zuckman sur les plus riches ?

3:45
Sylvain Maillard

Vous voyez, quand on l'écoute, évidemment qu'on n'a qu'une envie, c'est de dire elle a raison, au fond, au fond, elle a raison. On va aller un peu plus loin. Comment fonctionne notre système de retraite ? Quand vous avez une petite retraite, c'est que vous n'avez pas cotisé suffisamment.

3:58
Invité

Mais le propos qu'on vient d'entendre, c'est un simple particulièrement.

4:02
Sylvain Maillard

Après, on peut faire toujours... Moi, je suis pour qu'on change le système de retraite. Vous savez, tout simplement, le système de retraite, il traduit exactement ce que vous avez cotisé tout au long de votre vie.

4:12
Présentateur

On ne connaît pas la situation de cette dame, mais peut-être qu'elle n'a pas cotisé assez de façon subie, pourrie que subie.

4:17
Sylvain Maillard

Peut-être, mais un système de retraite, notre système à l'heure actuelle, il traduit les années durant lesquelles vous avez travaillé. C'est un système qui traduit. Ce n'est pas une correction sociale. C'est un système qui vous permet, en fonction de ce que vous avez cotisé, de récupérer un montant pendant votre retraite. Ce n'est pas un système social. Donc moi, j'entends ce qu'elle dit. Pour moi, c'est deux revendications différentes. Elle estime qu'elle n'a pas assez d'argent pour 67 ans, 68 ans, pour vivre, et ça, il faut l'entendre. Mais à côté de ça, on ne peut pas demander au système de retraite ce qui n'est pas conçu de faire.

4:52
Présentateur

Ce que vous nous dites depuis le début de cette interview, Sylvain Maillard, c'est quand les gens réclament, et on parle peu de sondage sur l'antenne de France Info, mais on va quand même le faire, quand dans les sondages, les gens réclament plus de justice fiscale, quand on les entend dans un reportage qui demande plus de justice fiscale, vous leur répondez, ce n'est pas le sujet, le sujet, c'est qu'il faut que le travail paye. Il ne peut pas y avoir, d'un point de vue, j'allais dire presque philosophique et politique,

5:14
Sylvain Maillard

l'idée qu'un certain nombre de Français juste demandent plus de justice fiscale, à vos yeux. Non, mais moi, ce que j'entends, et je pense que c'est assez démagogique en réalité, parce que vous pouvez taxer les plus riches, qui considérez déjà les riches, j'ai eu ce débat, qui est riche, qui n'est pas riche, vous pouvez toujours plus taxer. D'ailleurs, on est le pays qui taxe le plus. Et vous pouvez toujours penser qu'on ne taxe pas suffisamment. Moi, ce qui m'importe...

5:37
Présentateur

Mais c'est la démocratie aussi qui dit ça, bien sûr.

5:39
Sylvain Maillard

Peut-être que si les Français veulent taxer, peut-être qu'il faut le faire. Mais peut-être, c'est la démocratie, vous avez tout à fait raison. Moi, je défends un point de vue, et j'ai le droit, en démocratie, je ne suis pas obligé de dire toujours tout ce que peut penser même une majorité, je défends des idées. Moi, je pense que c'est important qu'il y ait du mérite, de la réussite pour créer des emplois, et que si on fait tout, qu'on taxe, et donc on revient à un système comme on a connu en URSS, c'est un système où tout s'écroule. Tout simplement. Mais c'est ça. On est déjà un pays qui taxe énormément.

Moi, ce que j'entends, c'est une dame, et là vous venez de le diffuser, qui dit qu'elle n'a pas suffisamment pour vivre. Je crois que c'est ça qu'il faut entendre, et c'est à ça qu'il faut répondre.

6:17
Invité

Aucune taxe. En plus, vous aviez dit que la taxe Zuckman, c'est une sombre connerie. Je vous cite. Vous proposez quoi, du coup ? Aucune taxation supplémentaire des hauts revenus ?

6:26
Sylvain Maillard

Oui, je pense que la taxe Zuckman est une connerie. D'ailleurs, vous l'avez largement dans l'ensemble des chaînes diffusées, d'ailleurs, je trouve parfois sans trop de contradictions, parce que c'est un système quand même qui fait que, tout simplement, vous voulez créer votre entreprise et votre entreprise se développe. Si vous ne gagnez pas d'argent dans votre entreprise, vous n'avez qu'une solution, c'est quitter la France.

6:48
Présentateur

Pardon, on a posé tous les termes du débat sur l'enquête, dans l'espèce.

6:51
Sylvain Maillard

J'ai eu l'occasion d'écouter M. Zuckman sur toutes les chaînes dessus. Je trouvais que parfois, il n'y avait pas tellement de contradictions. Il y a aussi eu des économistes avec des avis divergents. J'aurais voulu avoir une connerie. Parce que nous, on a eu un débat à l'Assemblée nationale, qui était très riche, d'ailleurs, sur la taxe Zuckman, qui était très intéressant, sur lequel on est rentré dans les détails de le fonctionnement de cette taxe. Et honnêtement, oui, je le redis, c'est une connerie. Il faudra qu'on ait une discussion avec le Parti Socialiste. Vous savez très bien qu'ils le mettent en exergue. Il faudra un compromis, et ça, nous en parlons. Oui, vous avez raison.

Il faut, en tout cas, la justice fiscale et sociale, en fait, ce qu'il faut éviter, c'est que les plus fortunés ne payent pas au moins autant d'impôts que les autres. C'est ça, la vraie discussion. Et comment ils font, dans différents mécanismes, différents mécanismes, on connaît très bien fonctionner sur des holdings, faire en sorte qu'il n'y ait pas d'exemption de l'impôt. C'est ça, la vraie réponse.

7:42
Présentateur

Quand vous dites, vous l'avez évoqué, il faudra de toute façon tenter un accord avec le Parti Socialiste, donc avancer, ça veut dire que vous êtes conscient qu'il faudra peut-être bouger sur ce sujet. Est-ce que, pour vous, la taxe Zuckman, quel qu'en soit le taux, certains ont évoqué des taux plus ou moins bas, le taux proposé par Gabriel Zuckman est 2%, mais certains ont évoqué des taux plus bas. Est-ce que, pour vous, c'est une ligne rouge ? Est-ce que vous dites, moi, s'il y a une taxe de ce type-là,

8:08
Sylvain Maillard

quelle qu'elle soit, moi, le budget, je ne le vote pas ? Je suis contre l'augmentation des taxes. Je pense qu'on taxe déjà suffisamment en France. Mais sur la taxe Zuckman, mon problème, ce n'est pas le taux, en réalité. C'est la base de la taxe Zuckman. Vous soyez 2, 3, 4, 1, 5. C'est que si vous prenez l'outil productif dans lequel vous travaillez comme base de taxes, ça veut dire qu'une partie des entrepreneurs, et surtout sur les nouvelles technologies, partiront de France. Est-ce que, dans ces conditions-là, vous pourriez ne pas voter le budget ? On va discuter, en fait, avec l'ensemble, pour trouver... Pour moi, l'essentiel, c'est d'avoir un budget.

Je pense que c'est l'essentiel de pouvoir...

8:41
Invité

Et pour avoir un budget, il faut avoir les socialistes. Et les socialistes ont dit, on met la barre haute dans ces négociations. Qu'est-ce que vous allez leur donner comme objet politique, symbolique, aux socialistes pour qu'ils acceptent de voter un budget ?

8:50
Sylvain Maillard

Je pense que les... D'abord, on va voir. Les négociations ont commencé. On discutera autour du... C'est le Premier ministre qui doit animer cette discussion. Nous, ce que l'on a dit, c'est qu'en tout cas, sur la taxe Zuckman, c'est impossible en l'état de pouvoir fonctionner si on ne change pas la base de cette taxe. On va se tirer une balle dans le pied. Il faudra enlever, par exemple,

9:08
Présentateur

le patrimoine professionnel. Mais bien sûr.

9:11
Sylvain Maillard

Bien sûr, parce que sinon, on a pris... J'ai pris souvent l'exemple, mais d'autres, de Mistral, une société qui vient... qui vaut des plusieurs milliards, mais qui ne gagne pas un euro. Et les propriétaires ne sont pas capables de payer cette taxe. Donc, qu'est-ce qu'ils feront ? Ils partiront aux Etats-Unis ou ailleurs parce qu'ils ne pourront pas payer cette taxe. Donc, c'est très important, nous, de faire en sorte d'avoir un impôt qui est payable. C'est-à-dire pas uniquement un impôt symbolique. On a dit qu'on ouvrait la discussion avec les socialistes. Il n'y a pas de ligne rouge.

9:41
Invité

Il n'y a pas de ligne rouge. Il y a un tabou, pourtant un autre tabou dans votre famille politique. C'est celle des aides aux entreprises. 2 200 dispositifs d'aide pour un total de 270 milliards d'euros par an, selon un livre qui vient de sortir, Le Grand Détournement, Caroline Michel, Mathieu Aron. On y apprend que ce sont les plus grosses entreprises, celles qui font déjà des millions de bénéfices qui perçoivent le plus d'aides sans quasiment aucun contrôle sur leur efficacité. Est-ce que ça serait une bonne idée de revoir ces aides ou là aussi, y toucher, c'est une connerie ?

10:10
Sylvain Maillard

Les aides aux entreprises, vous avez présenté ça de façon très globale. En fait, ça ne veut tout et rien dire. Par exemple, les aides aux entreprises, ce qui est compté, c'est la baisse de la TVA dans la restauration.

10:23
Présentateur

Ça, c'est quand on parle de ce chiffre de 211 milliards qui vient d'un... On a 270, là. On n'était plus à 211,

10:29
Sylvain Maillard

on a 270 milliards. C'est une aide, par exemple, à la SNCF, un peu plus de 4 milliards à la SNCF.

10:34
Invité

Oui, il y a par exemple aussi LVMH qui fait 15 milliards d'euros de bénéfices en 2023 et qui a touché 275 millions d'aides cette année-là. C'est beaucoup pour une entreprise qui fait autant de bénéfices.

10:44
Sylvain Maillard

Juste dessus, les aides, c'est une multitude de choses sur lesquelles, quand vous les additionnez, ça ne veut plus, à mon avis, plus dire grand-chose. On regarde sur LVMH, je ne connais pas le détail sur LVMH, est-ce que c'est des baisses sur les cotisations comme bénéficient l'ensemble des entreprises à partir d'un certain niveau de salaire ? Vous savez, sur les bas salaires, vous avez une baisse de cotisation, c'est peut-être ça. Toutes les entreprises en bénéficient. Moi, je me bats parce que le coût du travail en France est trop cher. Moi, je préfère qu'on paye mieux nos salariés plutôt que d'avoir des coûts et des cotisations plus importantes.

Donc ça, c'est un combat pour moi qui est important. Je rappelle que, par exemple, en Allemagne, on a 16 points de plus de cotisation en France qu'en Allemagne. Alors qu'en Allemagne, j'ai l'impression qu'on a à peu près le même service public qu'en France. Je crois que nous avons trop de cotisations. Et donc, les aides, comme vous dites, en tout cas, c'est une partie des aides. Sur LVMH, je n'en sais rien. Mais sur une partie des aides, une grosse partie, c'est un peu plus de 68 milliards, elles bénéficient aux bas salaires qui permettent de baisser les cotisations. Mais elles bénéficient surtout aux grosses entreprises

11:45
Invité

qui ont un gros service juridique pour les aider dans la démarche, pour y voir quelque chose, pour y comprendre quelque chose aussi. Si, parce que dans la multitude d'aides, pour y voir clair, ce sont les multinationales qui, elles-mêmes, dégagent beaucoup de bénéfices

11:56
Sylvain Maillard

qui sont le mieux armé pour solliciter et pour obtenir ces aides. C'est tout à fait automatique puisque ça se calcule automatiquement quand vous faites la fiche de paye. C'est 68 milliards, c'est n'importe quelle entreprise.

12:06
Invité

Tous les chefs d'entreprise

12:07
Sylvain Maillard

ou tous les salariés qui nous écoutent le savent très bien, c'est un truc totalement automatique. Il y a d'autres aides, vous avez raison, est-ce qu'il faut conditionner certaines aides ? Sûrement. Mais sur les baisses de cotisations ? Par exemple, quand vous faites, moi sur le crédit impôt recherche, je pense qu'il faut beaucoup plus conditionner. Je pense que quand vous aidez une entreprise sur un développement, une nouvelle ligne de production, on a beaucoup aidé à travers France 2030, je pense qu'il faut un peu plus conditionner.

Tout simplement, faire en sorte que quand on investit nous-mêmes la puissance publique investie dans une entreprise, au fond, qu'elle ait un rendu et que si ça marche, qu'elle puisse en bénéficier, pas uniquement un don en fait. Je pense qu'il faut qu'il y ait une contrepartie.

12:45
Présentateur

Un dernier mot sur ce sujet, Sylvain Maillard, vous êtes, et on l'entend, plutôt d'une tendance libérale. On voit quand même que... Ce n'est pas un gros mot. Non, non, je suis un libéral. Je ne sais pas du tout ni ce que je disais ni ce que j'insinuais. Vous êtes donc d'une tendance plutôt libérale. Quand on voit, quand on lit les sondages, quand on voit ce que disent les Français, ce que disent les partis politiques aussi, sur le sujet de la fiscalité, est-ce que vous n'avez quand même pas l'impression d'avoir complètement perdu la bataille de l'opinion ?

13:13
Sylvain Maillard

Je pense que la bataille de l'opinion, ce qui est extrêmement difficile, c'est quand il y a un besoin, et vous l'avez dit tout à l'heure dans votre reportage, quand on travaille et qu'on n'y arrive pas à la fin du mois. Et ça, là-dessus, je crois que c'est vraiment la réponse la plus forte que nous devons donner, faire en sorte que... Ce n'est pas pour autant que les gens veulent moins

13:32
Présentateur

de prélèvement obligatoires.

13:33
Sylvain Maillard

Que le brut se rapproche du net. Quand vous regardez ce que vous avez sur votre fiche de paye, en brut, ce que paye l'employeur et ce que vous touchez, c'est là où il faut qu'on travaille. Le 8.30 France Info, Adrien Beck, Camille Vigogne-Lecouat.

13:49
Invité

Sylvain Maillard, vous êtes toujours avec nous sur France Info. Hier, Emmanuel Macron a accordé une interview à une grande chaîne de télévision israélienne. Il a tenu des propos fermes à l'égard d'Israël. Vous causez tellement de victimes civiles et de pertes humaines que vous détruisez complètement l'image et la crédibilité d'Israël, non seulement dans la région, mais aussi dans l'opinion publique partout dans le monde. Sylvain Maillard, vous êtes membre du groupe d'amitié France-Israël à l'Assemblée nationale. Israël est en train de détruire totalement son image et sa crédibilité selon le président de la République. Vous êtes d'accord avec ces propos ?

14:22
Sylvain Maillard

D'abord, je trouve que c'est une bonne idée que le président de la République aille s'expliquer sur la reconnaissance de la Palestine sur une chaîne israélienne. Je pense que c'est bien. C'est aussi dans son rôle et même si, évidemment, la population israélienne est opposée, je trouve que c'est bien qu'il aille répondre aux questions. L'Israël est une démocratie, c'est un peuple ami, c'est important qu'il puisse le faire.

14:45
Invité

Sur le fond de ses propos ?

14:46
Sylvain Maillard

Vous connaissez ma position. Moi, je ne suis pas favorable au fait qu'on reconnaisse la Palestine à l'heure actuelle parce qu'il y avait des conditions qui avaient été posées, entre autres, la libération des otages, le désarmement et la fin politique du Hamas dans la bande de Gaza et que ces conditions ne sont pas remplies. Donc, vous assumez

15:06
Invité

la survie opposée à celle du Quai d'Orsay aujourd'hui ?

15:08
Sylvain Maillard

Oui, je l'ai toujours été très clair là-dessus. En tout cas, ce que je sais, c'est que le président de la République ne va pas uniquement prendre la parole lundi pour annoncer une reconnaissance de la Palestine de façon très sèche. Il arrive avec les Saoudiens, avec le prince Mohamed Ben Salmane et ils vont faire des propositions assez fortes lundi qui seront un plan beaucoup plus structurant pour la région et donc, j'attends avec impatience les propositions et les engagements qui seront pris de part de l'autre. De quelle nature ? C'est au président de la République de les annoncer lundi prochain. Mais il vous en a parlé de toute évidence ?

C'est au président de la République d'en parler lundi prochain.

15:51
Invité

Pour vous, ce qui se passe à Gaza, c'est un génocide, Sylvain Maillard ?

15:54
Sylvain Maillard

Non, ce n'est pas moi de dire, c'est un terme juridique le génocide. J'ai bien compris qu'on en avait fait un terme politique. c'est la guerre, la guerre c'est horrible, la guerre en Ukraine est horrible, la guerre à Gaza c'est horrible, la guerre c'est horrible. Il y en a partout, il y a 102 conflits à travers le monde à l'heure actuelle.

16:14
Invité

C'est horrible. C'est pour ça que la qualification de génocide ou pas est importante parce que ça place la guerre justement dans une autre dimension. A Genève, une commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU a accusé Israël de génocide à Gaza justement cette semaine.

16:28
Sylvain Maillard

C'est un terme juridique les chercheurs les juristes on verra dans le temps et diront ce qui se passe en tout cas ce qui est certain c'est qu'il faut trouver le plus rapidement possible une solution politique. J'ai toujours dit je pense que Israël les termes qu'ont employé le président de la République je ne suis pas loin de penser la même chose dire que la façon on a ce sentiment que Netanyahou n'a pas de but de guerre et que cette guerre continue sans fin donc c'est pour ça qu'aussi le président de la République fera des annonces et des annonces fortes mais après sur la temporalité de la reconnaissance de la Palestine je vous ai dit ce que j'en pensais.

17:05
Présentateur

Mais pour vous ce qui se passe à Gaza c'est simplement la guerre ?

17:09
Sylvain Maillard

Non je dis juste que la guerre est horrible et que quelle que soit la guerre la guerre en Ukraine est horrible on n'en parle plus ou moins.

17:15
Présentateur

Donc vous mettez sur le même plan ce qui se passe en Ukraine et ce qui se passe à Gaza ?

17:18
Sylvain Maillard

C'est dans les deux cas c'est deux guerres c'est deux guerres oui avec des motifs différents mais c'est horrible la guerre dans ces cas-là et je le redis

17:27
Présentateur

même si vous avez raison que c'est horrible dans tous les cas je le redis la guerre au Soudan est horrible

17:31
Sylvain Maillard

on n'en parle pas la guerre au Soudan est horrible aussi les guerres c'est terrible c'est infamant c'est horrible mais je dis j'ai l'impression d'être assez clair je pense que Netanyahou sur Gaza n'a plus de but de guerre et c'est la situation extrêmement difficile avec un gouvernement israélien où on ne comprend pas bien où il veut en venir et donc je pense que c'est bien que le président de la République s'implique et essaye de trouver une solution

17:54
Présentateur

On apprend à l'instant Sylvain Maillard que le ministre de l'Intérieur demande au préfet de s'opposer à le fait d'arborer des drapeaux palestiniens sur les mérilles le 22 septembre donc le jour de la reconnaissance par Emmanuel Macron de la Palestine ces mères qui le font qui braveront peut-être les interdictions ils devront être sanctionnés ?

18:12
Sylvain Maillard

Bon je j'en sais rien je ne suis pas favorable au fait qu'on pavoise du drapeau palestinien le lundi prochain en tout cas c'est ma position

18:22
Invité

Pourquoi ?

18:23
Sylvain Maillard

Parce que je suis encore une fois je pense que reconnaître la Palestine à l'heure actuelle alors que les conditions les otages n'ont pas été libérés et que le Hamas est encore à la manœuvre politiquement à Gaza ce sont des conditions qui ont été posées par la France en disant qu'on ne pouvait pas reconnaître tant que c'était pas ces deux conditions essentielles on a encore des otages qui sont en train de croupir des otages du 7 octobre croupir dans les joules dans les tunnels affamés du Hamas

18:55
Invité

On a appris cette semaine que la commission européenne envisageait de sanctionner Israël concrètement il s'agirait de suspendre une partie du volet commercial de l'accord entre l'Union Européenne et Israël vous êtes en faveur de ces sanctions économiques ?

19:07
Sylvain Maillard

Moi les sanctions économiques d'une façon générale je trouve ça c'est vraiment la dernière roue quand on n'arrive pas à trouver une solution politique on voit bien que là il faut une solution politique là on a besoin d'une solution politique

19:19
Invité

parce que la solution diplomatique c'est pas la bonne la solution économique c'est pas la bonne non plus mettre des drapeaux dans ce qui pourrait être un geste militant

19:26
Sylvain Maillard

on fait quoi concrètement

19:27
Invité

Sylvain Maillard ?

19:28
Sylvain Maillard

Mettre des drapeaux sur une mairie je crois que ça ne veut jamais libérer des otages ou ça ne veut jamais trouver une solution Vous êtes aussi opposé

19:36
Invité

à la reconnaissance à la voie diplomatique et à la voie économique

19:39
Sylvain Maillard

parce que lundi si on fait une reconnaissance sèche de la Palestine il se passe quoi le mardi en fait ? Qu'est-ce que ça a changé ?

19:47
Invité

Et donc on ne fait rien ?

19:48
Sylvain Maillard

Non je pense que le président de la République va faire une initiative je permets de vous le dire mais ce n'est pas moi de porter assez forte sur un projet plus large de résolution de ce conflit

20:00
Présentateur

Sylvain Maillard sur un tout autre sujet un peu plus léger politique française important quand même pour les Français dernier mot sur cette polémique qui concerne Anne Hidalgo la maire de Paris épinglée pour avoir fait passer en note de frais pour 84 000 euros de dépenses il n'y a pas que ça mais il y a aussi notamment des vêtements tout ça entre 2020 et 2024 des vêtements de luxe est-ce qu'il faudrait que les notes de frais des élus soient publiées soient rendues publiques dans un souci de transparence ?

20:33
Sylvain Maillard

C'est une très bonne question moi je suis pour qu'on ait le même système au-delà des montants parfois qu'on nous donne sur des dépenses d'Anne Hidalgo en fait je suis pour le système qu'on a nous à l'Assemblée nationale c'est-à-dire qu'on est contrôlé directement par on a des comptes ce qu'on fait depuis 2017

20:54
Invité

c'est alléatoire par le déontologue de l'Assemblée vos notes de frais ne sont pas publiques

20:59
Sylvain Maillard

non non on a des contrôles puisqu'on a un expert comptable qui doit certifier nos comptes tous les ans on dépose et il y a un contrôle tous les 3 ans c'est vrai tirage au sort après et il peut y avoir plusieurs contrôles c'est le déontologue qui décide en fonction de ce qu'il souhaite il faudrait un fonctionnement un peu comme dans une entreprise exactement en fait c'est ça où je voulais en venir on fonctionne comme ça dans n'importe quelle entreprise en France vous avez des notes de frais c'est-à-dire que vous dépensez et que vous arrivez avec vos notes de frais et votre employeur vous rembourse sur justificatif moi je trouve ça très bien très confortable sur les notes de rendre totalement transparent il y a une vraie difficulté c'est que par exemple je prends des exemples il y a certains vous avez un rendez-vous avec telle ou telle politique dans les discussions qu'on peut avoir de façon formelle ou informelle vous n'avez pas forcément envie de rendre ça public donc voilà je trouve que c'est important que le déontologue le fasse c'est ce qu'il fait à l'Assemblée Nationale s'il y a des excès vous avez tout un vous savez tout un barème de vous avez le droit de dépenser tant pour un repas tant pour des fleurs par exemple des gerbes de fleurs tant pour un remboursement de voiture un costume

22:10
Présentateur

vous avez déjà fait passer un costume oui par exemple

22:12
Sylvain Maillard

les costumes vous avez un montant

22:13
Présentateur

ce qui n'est pas le cas par exemple pour les personnes en entreprise

22:16
Sylvain Maillard

alors ça dépend moi par exemple je suis aussi chef d'entreprise je paye aussi les uniformes enfin voilà ça dépend ce que vous payez en fait c'est un choix de l'entreprise vous faites comme vous voulez c'est au chef d'entreprise de décider s'il souhaite que s'il estime aussi votre PDG ici à France Info estime que votre costume ne convient pas il y a beaucoup de professions

22:37
Invité

on n'a pas le choix de faire passer

22:38
Sylvain Maillard

bien sûr mais c'est le choix de l'entreprise de décider je trouve que c'est la même chose pour voilà l'essentiel c'est que ça reste dans des sommes tout à fait justifiables et qui concernent votre métier moi mon costume il est pour mon métier merci à vous

22:52
Présentateur

Sylvain Maillard député Renaissance de Paris d'avoir été avec nous ce matin dans le 830 France Info merci Camille Vigogne restez sur France Info les informés avec Renaud Delis arrive dans quelques minutes merci à vous

23:16
Locuteur

merci à vous merci à vous merci à vous