Législatives, nucléaire, réponse à Michel Sardou... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Luc Mélenchon
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Bonjour Jean-Luc Mélenchon. Bonjour. Élisez-moi à Matignon, c'est ce que vous demandez aux Français depuis le début de la campagne. Alors, imaginons qu'il le fasse. Vous remportez les élections législatives dans quelques jours. Emmanuel Macron vous nomme Premier ministre et vous avez rendez-vous pour la première fois avec lui à l'Élysée pour le tout premier Conseil des ministres de cohabitation. Que lui direz-vous ce jour-là à Emmanuel Macron en arrivant à l'Élysée ?
Bonjour. C'est sûr. Voilà. Et puis on commencera une page d'histoire à écrire dont je suis parfaitement conscient du caractère exceptionnel. Mais si on n'accepte pas l'idée que dans une élection on puisse élire quelqu'un d'autre que les hommes du Président, alors il ne faut pas faire d'élection, il faut nommer les gens. Donc il y a une élection. C'est vrai, nous sommes bien placés pour la gagner. Je ne dis pas que c'est fait. Il faut surmonter beaucoup de difficultés encore. Mais nous sommes bien placés pour la gagner. C'est vrai. Vous serez capable de vous entendre avec lui ? Avec tout le monde. Vous savez, j'ai été longtemps un élu local.
Alors s'il y a bien un endroit où il faut s'entendre avec tout le monde, c'est bien là. Mais après, il y a une règle démocratique. On ne fera pas la combine à deux. Le peuple français aura voté. Et le peuple français dans l'élection présidentielle, il a voté, il a élu un président, mais il n'a pas tranché politiquement le programme. Il a voté par défaut. Essentiellement, une majorité d'électeurs a voté pour M. Macron pour que Mme Le Pen ne soit pas la présidente de la République. Nous le savons tous et le dépouillement des votes le montre. Et puis, donc on n'a pas tranché. Là, on va trancher sur les programmes politiques.
Et dans ces conditions, si les Français choisissent le programme politique de la nouvelle Union populaire, écologique et sociale, eh bien, c'est celui qui sera appliqué.
Mais ça veut dire quoi, Jean-Luc Mélenchon ? Ça veut dire que vous dites que votre élection sera plus légitime que celle d'Emmanuel Macron, alors que vous-même, on rappelle, vous n'êtes pas candidat aux élections législatives.
Quel rapport il y a entre les deux parties de votre phrase, madame ? Il y en a un qui a été élu et pas l'autre.
Il y en a un qui est élu au suffrage universel et pas l'autre, vous.
Mais, attendez, vous voudriez que je sois pour la septième fois parlementaire ? Mais je viens de rassembler 7 700 000 voix, il me semble que ça va. Je ne suis pas, j'ai une certaine légitimité. Il faudrait additionner les suffrages de toute l'Assemblée nationale actuelle pour que ce soit un nombre de voix équivalent à ce que j'ai obtenu à l'élection présidentielle. Mais faites-vous à l'idée qu'il y a une constitution, ce n'est pas moi qui l'ai voulu, je veux la changer. Elle est comme ça. On élit le président, il est légitime à être le président de la République. Ce sujet n'est pas posé. Je ne suis pas en train d'appeler à une insurrection.
Mais vous dites que le pouvoir sera à Matignon, pas à l'Élysée. Oui, si les Françaises et les Français votent pour les candidats de l'ANUPS, c'est ce programme-là qui s'appliquera. Sinon, ce n'est pas la peine de faire une élection. Le patron, ce sera vous. Le patron, c'est un bien grand mot. Celui qui dirigera la France, de fait, ce sera vous. La politique qui s'appliquera, c'est celle de l'ANUPS. Et je peux vous en donner des exemples comparables. Lorsque M. Chirac a été élu en cohabitation en face de François Mitterrand, c'est son programme qui s'est appliqué. M. Balladur de même.
Avec parfois des bras de fer, on va en parler.
Alors ça, vous avez raison de dire, parfois il y a des bras de fer, mais la règle démocratique, c'est que quand il y a une majorité à l'Assemblée nationale, c'est son programme qui s'applique. Il faudrait que vous habituiez à l'idée que c'est une démocratie et pas juste une monarchie présidentielle.
Vous entendez aujourd'hui les critiques qui vous sont faites, notamment de personnalités de gauche, comme François Hollande, qui disent que votre programme n'est pas du tout crédible, vous allez mener la France dans le chaos, c'est ce que disait hier, avant-hier, pardon, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du MEDEF, et même Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, lui dit que vous êtes un Chavez gaulois. Vous leur répondez quoi à toutes ces personnalités ?
Bon, c'est très classique. Vous savez, j'ai l'âge d'en avoir vu beaucoup, comment oublier M. Giscard d'Estaing, apparaissant à la télévision, le programme commun à la main, et nous annonçant l'hiver nucléaire et les sauterelles, enfin bref, c'est un grand classique, et qui est assez drôle parce que leur coup est réussi, du coup on dit, ah M. Mélenchon, que répondez-vous ? Et c'est vous qui devriez leur poser la question à eux, et vous, votre programme, combien il coûte ? D'ailleurs, c'est quoi votre programme ?
Est-ce que vous avez eu la curiosité de vous pencher sur le document de Renaissance à l'RM, enfin je ne sais plus comment il s'appelle, ensemble, regardez ce qu'il y a dedans, c'est un clafoutis de phrases creuses, du genre, il faut mieux considérer les enseignants, nous devons penser à l'hôpital, bon bref. Et puis des mesures extrêmement rudes pour le peuple, telles que la retraite à 65 ans, le travail forcé avec le RSA, etc. On ne leur pose jamais de questions. Est-ce que vous savez, par exemple, vous qui m'écoutez, que le simple fait de passer à la retraite à 65 ans, le simple fait coûte 8 milliards d'euros, et ce n'est pas moi qui l'invente, c'est le corps qui dit ça.
Eh bien parce que, comme tout le monde sait très bien, que si vous mettez la retraite à 65 ans, ça ne veut pas dire que les gens vont travailler jusqu'à 65 ans, parce qu'ils partent en gros maintenant, aux alentours de 60, définitivement du travail, pas à la retraite. Bon, alors ça coûte quoi ? Les gens vont au RSA, ils n'ont plus de sous, ou bien ils vont à l'allocation chômage. Je mets de côté le coût médical de santé, d'usure des pauvres gens qui se dévorent de ne pas avoir de revenus et de travail, parce que plus du tiers des gens qui ne sont pas encore à la retraite et plus au boulot, vit des revenus de son conjoint. Imaginez-vous que ce n'est pas la chose la plus importante.
Mais là, le gouvernement dit qu'il va améliorer le travail des seniors.
Oui, oui, on va améliorer, on connaît ça. On va parler. Promesse verbale. Non mais c'est pour dire, leur critique de notre programme, alors je le résume d'un mot, ils ne disent, oui c'est vrai, le programme que je propose, avec mes amis, décide de l'utilisation de 250 milliards de plus. Mais les milliards qui sont injectés en salaire, quand vous les donnez à des gens qui n'ont que leur salaire pour vivre, ils le dépensent. Donc, il y a une activité qui se met en mouvement. Et comment avons-nous fait ? Toutes nos dépenses, nous les avons inscrites dans le modèle de la Banque de France, pas de nos copains.
Et ça montre qu'à la sortie, vous avez un retour de 267 milliards en cotisations, en impôts et en taxes qui rentrent dans la caisse. C'est un circuit, mais c'est le circuit, on ne va pas utiliser des grands mots, mais est-ce que c'est le circuit keynésien, par exemple ? Voilà, on peut le nommer comme vous voulez. Mais eux, ils ne disent pas ce qu'est leur circuit. Je termine d'un mot. Il a écrit, M. Macron, et il a repromis qu'il va faire descendre le déficit public à 3% d'ici à 2027. Pas folle, la guêpe. Il envoie la balle à la fin de son mandat. Mais pour le ramener à 3%, il faut donc qu'il le réduise de 6,5 qu'il est à 3. Combien ça coûte ? 80 milliards. Où, M.
Macron, écoutez-moi bien, M. Macron, où comptez-vous trouver 80 milliards à enlever dans le budget de l'État entre maintenant et 2027 ? Combien de classes vous continuez à fermer ? Vous avez déjà supprimé 8000 postes de profs. Combien de lits d'hôpitaux vous fermez ? Vous en avez déjà fermé 17000 et 5000 en pleine crise. Donc, à un moment donné, il faut qu'ils soient sérieux et qu'eux aussi, ils disent « Voilà, mesdames, messieurs, nous avons un régime très rude à vous appliquer, mais bon, pour des raisons exceptionnelles, blablabla, il faut l'appliquer. »
Un mot, Jean-Luc Mélenchon, d'un homme qu'on n'attendait sans doute pas dans la campagne, c'est Michel Sardou, qui a prévenu, qui a dit « Si Jean-Luc Mélenchon arrive à Matignon, je quitte le pays. » Est-ce que vous pouvez le rassurer ?
Alors, je ne sais pas pourquoi il veut partir, donc j'ai déjà dit que je vais le voir. Vous lui faites peur. Pourquoi je lui fais peur ? Mais qu'est-ce que j'ai des frayants comme ça. Avec votre programme. D'ailleurs, regardez Meuvela Repin en Chavez gaulois, ça fait de moi un galop gauchis, je suis content. J'étais extrêmement gauchiste qui a une date précédente.
Est-ce que vous dites « bon débarras, quitter la France » ou « je ferai tout pour vous retenir et pour vous prouver que vous vous trompez ? »
Non, non, d'abord, il y a beaucoup de Français qui l'aiment, il fait partie du patrimoine, ça lui plaît ou ça lui plaît pas, mais c'est comme ça. Et puis, lui-même, il aime son pays, je me rappelle quand même de ne m'appeler plus France. Bon, donc, je vais lui dire « écoutez, ne faites pas ça, d'autant que ça ne sert à rien. Le système d'impôt universel que nous avons imaginé, vous pouvez aller même en enfer, je vous rattrape, avec la note. » Bon, c'est un système qu'ont inventé les Américains, donc je vais l'appuyer enfin. Vous êtes prêt à le rencontrer pour le convaincre. Donc, M. Sardou, ne partez pas, restez, on vous aime trop et vous aimez trop votre pays.
Rappelez-vous la phrase de Danton, « on n'emmène pas sa patrie à la semaine de ses chaussures. »
Voilà, ça c'est dit, message transmis. Jean-Luc Mélenchon, vous restez avec nous, le fil info, 8h41 avec Diane Ferschit, on poursuit dans un instant.
Lutter contre la délinquance autour du Stade de France, c'est l'objectif premier des forces de l'ordre qui seront déployées ce soir autour de l'enceinte à Saint-Denis, près d'une semaine après la finale chaotique de la Ligue des champions. La France affronte ce soir le Danemark en Ligue des Nations. Retour de l'enseignement des mathématiques en première, une heure et demie par semaine, mais seulement pour les élèves qui le souhaitent. Ce sera à partir de la rentrée prochaine, les maths étaient sorties du tronc commun avec la réforme de Jean-Michel Blanquer pour les syndicats enseignants. Le délai est un peu court, il dénonce aussi un manque de professeurs de mathématiques.
Grève des salariés d'Orpea ce vendredi, dans une quinzaine d'établissements du groupe de maisons de retraite à l'appel de la CGT, en cause la décision d'Orpea de ne pas verser de primes d'intéressement cette année. Combien d'autres carnages ? Sommes-nous prêts à accepter la question posée par Joe Biden au Congrès américain ? Le président des Etats-Unis demande à l'ensemble des élus de trouver une voie pour restreindre les ventes de fusils d'assaut dix jours après la tuerie dans une école du Texas. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Sur le fond, Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, ça donnerait quoi ? Prenons quelques exemples précis. Sur la sécurité par exemple, après ce qui s'est passé au Stade de France, vous avez dit avant-hier, si j'arrive à Matignon, le préfet de l'Allemand, le préfet de police de Paris, il s'en va. Ça veut dire quoi ? Comment vous faites ? Parce que ce n'est pas vous qui décidez sa nomination.
C'est le pouvoir du Premier ministre de nommer les préfets. Alors c'est une co-signature avec le président de l'Allemand.
Oui, il faut les deux signatures. L'une sans l'autre, ça ne marche pas.
Vous ne commencez pas par dire non, parce que c'est en partie oui. Alors donc, oui, alors...
Vous allez tordre le bras d'Emmanuel Macron pour qu'il signe le décret.
D'abord, je ne pense pas qu'Emmanuel Macron ait apprécié la risée dont nous avons été objets, l'objet sur la terre entière. Alors il y a aussi un principe de responsabilité pour les hauts fonctionnaires.
Il a rappé sa confiance hier au préfet de l'Allemand.
Ah ben je n'ai pas entendu ça. Et bien ce n'est pas mon cas. Je n'ai pas confiance. Alors écoutez, c'est en réalité, dans la pratique de la Ve République, c'est un peu comme le Premier ministre. Il propose des ministres. Le Président les prend. Non, parce qu'il nomme le Premier ministre et donc c'est le Premier ministre. Bon, là c'est pareil. Alors si le Président de la République décide d'organiser une pouille avec moi sur le préfet l'Allemand, ben on verra, on va en discuter. Mais franchement, ce n'est pas un sujet qui vaut la peine de créer une crise institutionnelle.
Par contre, là où je comprends le sens de la question, j'imagine qu'on aura des sujets sur lesquels en effet, bon, ça peut être difficile pour lui. Mais la loi est la loi. Celui qui a gagné l'élection législative, c'est moi. Donc, on discutera, on verra comment les choses peuvent bien se passer, mais le programme sera appliqué. Et s'il y avait une tension telle qu'on ne s'accorde pas, ça s'est produit entre François Mitterrand et M. Chirac, eh bien François Mitterrand a refusé de signer les ordonnances de privatisation, qu'a fait Jacques Chirac, il est allé à l'Assemblée faire voter une loi.
Donc, s'il y a un blocage entre le président de la République et moi comme Premier ministre de la NUPS, eh bien, j'irai à l'Assemblée. C'est pourquoi j'ai dit qu'on allait reparlementariser le régime.
Alors justement, Jean-Luc Mélenchon, il y a un point sur lequel vous n'avez pas obtenu d'accord avec les autres partenaires de gauche, c'est le nucléaire. Ça fait partie des points que vous avez laissés en suspens. Les communistes souhaitent par exemple qu'on construise de nouveaux EPR, les socialistes disent qu'il faut prolonger la durée de vie des centrales actuelles, et vous et les écologistes vous dites qu'il faut arrêter le nucléaire avec un calendrier de sortie. Du coup, il se passe quoi ? Le 19 juin.
Parce que la controverse va être réglée toute seule. C'est-à-dire comment ? Tout simplement par le fait que cet été, nous avons déjà la moitié des centrales dont les réacteurs sont à l'arrêt. Alors les uns, c'est pour réparation, les autres, c'est parce qu'il y a un défaut dedans. Attendez, je termine. Et maintenant arrive le fait que comme il y a un été terrifiant qui arrive devant nous pour la sécheresse, et qu'on ne refroidit pas les centrales nucléaires avec de l'eau chaude, eh bien, on va devoir les arrêter. Donc tout le monde comprend qu'on est obligé de maintenant de retrousser les manches de chemise.
Il faut construire à marge forcée toutes les machines d'énergie renouvelable qui vont remplacer le nucléaire.
Je prends un exemple, Jean-Luc Mélenchon. Vous remportez la législative avec vos alliés communistes qui décident dans la foulée de déposer une proposition de loi pour construire rapidement un nouvel EPR. Les communistes peuvent s'allier avec la droite, avec les marcheurs, avec l'ERN et faire passer ce texte. Ça s'appelle la démocratie parlementaire.
Et dans ce cas-là, vous laisserez l'animo. Mais que le Rassemblement National et la droite construire des centrales nucléaires de plus, ce n'est pas ce qui était prévu par le programme. Je me permets même de vous le signaler. Mais vous direz oui. Mais je me plierai devant la décision de l'Assemblée Nationale.
Donc en envoyant, comme vous dites, Jean-Luc Mélenchon à Matignon, il y aura peut-être encore du nucléaire et même une relance du nucléaire dans le quinquennat.
Je ne pense pas parce que je pense que personne n'aura l'audace de se mettre en travers d'un plan comme celui que je propose. Car entre-temps, la situation se sera tellement dégradée que la preuve a été faite que c'est bien nous qui avons raison, les écologistes et les insoumis. Il faut arrêter. Un, parce que c'est dangereux. Deux, parce que ça ne marche pas. Trois, parce que c'est intermittent. Et ça fait beaucoup de raisons pour qu'on passe à autre chose. Mais si vous voulez, ne vous cristallisez pas non plus sur le 5% des points sur lesquels on n'est pas d'accord. Parce que j'ai réglé le problème.
Le président de la République lui-même veut relancer le nucléaire. Il l'a d'ailleurs annoncé. Et c'est dans un plan hyper précis. Et vos alliés aussi. C'est pour ça.
Non, non, mes alliés aussi. Il y a un vrai désaccord de fond. Non, non, n'exagérez pas. Les communistes, s'ils le disent, c'est écrit noir sur blanc dans l'accord. Les communistes sont les communistes. Eh bien, les communistes proposeront de construire des EPR partout si ça leur chante. Et ils auront le droit de le faire. C'est ce que vous nous dites. Et vous verrez que l'Assemblée nationale, j'irai, d'autres iront et nous convaincrons les députés que ce n'est pas la bonne idée. Il faut faire autre chose. Mais où est la gravité là-dedans ? C'est la vie, les amis. C'est l'avenir du pays aussi. Vous n'élisez pas un monarque. Vous élisez un Premier ministre.
Jean-Luc Mélenchon, lors de son déplacement hier à Marseille, Emmanuel Macron a annoncé vouloir généraliser ce qu'il appelle les écoles du futur en donnant plus de liberté pédagogique aux enseignants en permettant aux directeurs d'école de recruter leur équipe pédagogique. Est-ce que tout ça, c'est forcément mauvais ?
Bien sûr. C'est abominable. Parce que ça veut dire morceler le système scolaire français en établissement autonome et concurrent. Et quand on dit autonome et concurrent, ça veut dire que les programmes ne seront pas les mêmes d'un établissement à l'autre. Les normes de recrutement des enseignants ne seront pas les mêmes. Si bien que, pour moi, qui représente d'abord et avant tout le peuple populaire, ça veut dire qu'on aura la double peine pour nous. C'est-à-dire que votre diplôme, vous aurez un bac, mais on vous dira oui, mais c'est un bac d'où ? De quel lycée ? Donc vous aurez l'adresse, la compter autant. Et pourtant le programme est-ce que c'est pour les écoles primaires ?
Ah non, mais vous n'êtes pas au courant là, les amis, il faut vous mettre à la page. 20% des programmes des collèges ne sont plus les mêmes puisqu'ils sont à la discrétion de chaque collège. Ensuite... Ce n'est pas bien
de faire confiance au terrain ?
Ça ne s'appelle pas faire confiance au terrain. Ça s'appelle démembrer l'éducation nationale. Là, il faut être sérieux. La ressource numéro 1 de la France, c'est l'intelligence de ses enfants, la matière grise et la capacité à former les jeunes gens. Donc, si je suis le Premier ministre, si l'ANUPS est majoritaire, nous rétablirons l'homogénéité de l'enseignement dans tout le pays. C'est-à-dire que les diplômes auront la même valeur, nous supprimerons Parcoursup, nous supprimerons les horaires aléatoires prévus dans le collège, nous recruterons des enseignants autant qu'il en faut jusqu'à ce que tout le monde soit bien encadré et bien éduqué.
Sauf que quand on écoute hier Emmanuel Macron, lui, il dit « Moi, je veux l'égalité des chances pour tous ». C'est-à-dire, est-ce que... Non, mais attendez... Est-ce qu'il n'est pas préférable, par exemple, dans certains quartiers, d'avoir des profs plus motivés que d'autres pour justement donner des cours à des élèves ?
C'est une longue de... Ah, pardon, écoutez, je crois que vous ne vous rendez pas compte de ce que vous dites. Les profs sont motivés. Le problème, c'est qu'ils sont motivés et exténués. Parce qu'ils ne sont pas en nombre suffisant. Parce qu'ils n'ont pas le matériel. Parce que les locaux, ce ne sont pas forcément de bonne qualité. Donc arrêtons de charger la mule sans cesse et de rendre les enseignants responsables et coupables de tout. Ça n'a pas de sens.
Ce qui a du sens, c'est de bien comprendre qu'à partir du moment où un chef d'établissement choisit les enseignants, vous voyez bien que nous allons avoir immédiatement en quelque sorte une prime au copinage, une prime à une vision du chef d'établissement. Qu'est-ce qui ne va pas dans le système d'aujourd'hui ? Expliquez-moi. Quand il parle de liberté d'enseignement, je ne veux pas être trop cruel, mais qui est le premier qui a commencé à discuter de ce qu'il s'enseignait dans les universités, si ce n'est pas M. Macron et les deux exaltés qu'il y avait Mme Vidal et M. Blanquer qui qualifiaient tout le monde d'islamo-gauchiste et qui voulaient que le CNRS aille enquêter dans les facultés.
Ce n'est pas vrai. Et la liberté pédagogique de l'enseignant, elle est dans leur statut enfin quand même, M. Macron est en train d'inventer l'eau chaude ou quoi ? La liberté de l'enseignant pour mener son enseignement est acquise. Ce qui n'est pas acquis, c'est cette histoire d'opposer les établissements les uns aux autres. Et ça, il le vend habilement. Vous me parliez à l'instant...
Qu'il faut être plus performant. Voilà ce qu'il dit.
Oui, très bien. Pour être plus performant, payez mieux les gens, mettez-les en nombre suffisant, cessez de bourrer les classes. Là où il y a besoin de gens, comme c'était le cas quand j'étais à Trappes, où vous avez des secteurs qui sont en difficulté, eh bien, augmenter les effectifs jusqu'à 29 par classe, eh bien, ce n'est pas une bonne idée. Et en fait, quand vous dites l'égalité des chances, pardon, mais permettez juste un mot de philosophie. Qu'est-ce que ça veut dire l'égalité des chances, s'il vous plaît ? Tous ceux qui jouent au loto ont la même chance de gagner, d'accord ? Mais il y en a qu'un qui gagne. Moi, ce n'est pas l'égalité des chances qui m'intéresse.
Ce qui m'intéresse, c'est des droits égaux. Le droit égal à un enseignement de très haute qualité où qu'on soit. Comme moi, je considère. On a le droit de ne pas être d'accord. Moi, je considère que la ressource numéro 1 de la France, ce sont ses enfants et leurs intelligences. Donc, je mettrai le paquet, écoutez-moi bien, quoi qu'il en coûte.
Le fil Info, 8h51. On parle pouvoir d'achat dans une minute avec vous. Jean-Luc Mélenchon, voici Diane Ferschit.
Centième jour de la guerre menée par la Russie en Ukraine. L'offensive se concentre sur le Donbass. Désormais, Moscou contrôle 20% du pays. Selon Kiev, près de 125 000 km² au total, soit l'équivalent d'un quart de la France. La réforme de Jean-Michel Blanquer avait sorti les mathématiques du tronc commun. Aux classes de première, les maths feront leur retour à la rentrée. Mais de façon optionnelle, cette annonce laisse l'impression d'une forme de bricolage pour tenir une promesse du candidat Macron, regrette sur France Info le syndicat enseignant SNES-FSU. Il signe le renouvellement des forces sous-marines françaises. Le Suffren entre en service aujourd'hui à Cherbourg.
Un sous-marin nucléaire d'attaque de nouvelle génération. Cinq autres doivent être mis à l'eau d'ici 2030. A Roland-Garros, la première demi-finale homme opposera à partir de 15h Raphaël Nadal à l'allemand Alexander Zverev. Celui-ci joue sa deuxième demi-finale consécutive. Porte d'Auteuil, l'Espagnol à lui. Déjà remporté le tournoi à 13 reprises, l'autre demi-finale verra s'affronter le norvégien Kasper Rud et le croate Marine Sidic.
France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel Jean-Luc Mélenchon de tous les pays de la zone euro, la France est quasiment celui où l'inflation est la moins élevée. Aujourd'hui on est à 5,2% là où la plupart de nos voisins Allemagne, Belgique, Espagne sont entre 8 et 9. Est-ce que vous en attribuez le mérite à ce qu'a fait le gouvernement ?
Non, ne vous attendez pas à ce que je vous dis ça. Il y a les circonstances particulières qui font que la transmission de l'augmentation des prix se fait moins sentir en France notamment parce que l'activité y est plus basse et par conséquent la répercussion de l'augmentation se fait moins puisqu'on fait moins.
La France est l'un des pays qui a dépensé le plus ces derniers mois. Pour vous, ça n'a aucun rapport
pour le pouvoir d'achat ? Non, mais attendez, vous me parlez d'inflation. Donc l'inflation, c'est l'augmentation des prix. Quelle est la cause de l'augmentation des prix ? Soit l'abondance du signe numéraire, ce n'est pas le cas, soit le fait qu'on transmet des augmentations de prix, le bois, le pétrole, etc. Je vous dis que comme l'activité est plus basse, nous répercutons moins l'augmentation des prix. Vous savez pas ?
Quand le gouvernement fait le bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité, ça freine la hausse des prix puisque le prix du gaz, par exemple, a été gelé et que ça freine donc
l'inflation.
Mais pour vous, il n'y a pas de rapport.
Mais bien sûr que non et je veux vous dire c'est absurde de faire des chèques ceci, des chèques cela parce que le bouclier est en question, il a déjà été annoncé qu'il y aura un rattrapage des prix après. Ça a été démenti. Oui, oui, ça a été démenti. Par Bruno Le Maire. Ça a été dit 3 ou 4 fois et moi je ne les crois pas. Par qui ? Mais attendez, laissez-moi finir sur le sujet que vous avez posé. Je vous dis que c'est absurde de prendre de l'argent public pour aider des gens à aller alimenter le trésor privé. Je préfère que ce soit ceux qui augmentent les prix qu'ils soient bloqués. C'est pourquoi je veux bloquer notamment les prix du carburant.
Et je vous signale que deux pays l'ont fait, l'Espagne et le Portugal. Et l'Europe ne leur a pas dit c'est interdit.
Ils remboursent les compagnies pétrolières,
ces deux pays-là. Ils ont gelé effectivement et ils remboursent. Je ne les rembourserai pas parce que Total a fait le plus grand bénéfice de l'histoire commerciale de France avec des milliards qui ont été gagnés. Il peut donc mettre la main à la poche. On est tous en problème. Pourquoi ? Les problèmes seraient uniquement payés par les gens. Non, il faut que ce soit payé par les profits. Moi, je ferai payer les profits. D'autres préfèrent faire payer les gens. Donc, je reviens à ce que je disais. Le président de la République est encore le président de l'Union Européenne jusqu'au mois de juillet.
Qu'est-ce qui l'empêche de dire que l'Union Européenne peut fixer un prix maximum pour l'essence et le gaz ? Qu'est-ce qui l'empêche de le faire ? Mais ne gardons que le pétrole. D'accord ? Si nous le faisions, quel est le pays au monde qui dira comme l'Union Européenne 450 millions de consommateurs veulent bloquer le prix, je ne les sers pas. Ça n'existe pas.
Ce n'est pas la meilleure période puisqu'on a décidé d'un embargo sur le pétrole russe.
Eh bien, précisément, c'est le bon moment pour que les autres se mettent au boulot. Je parle du pétrole à l'instant. Le gaz, c'est un autre sujet. Je vais bien l'aborder avec vous. Mais le pétrole, vous avez bien vu qu'on a demandé au pays de l'OPEP d'augmenter la production. Ils ont accepté surtout parce que... Très bien. Alors que vous en déduisez. Moi, j'ai fait le calcul. Ça ne vous a pas intéressé. Eh bien, je m'aperçois qu'ils ne se proposent pas de produire les quantités équivalentes à celles qui n'arriveront pas du côté russe. Donc, je commence par dire que ça vaudrait la peine qu'ils augmentent leur production et c'est un écologiste qui vous parle.
Ça ne m'amuse pas, moi, de dire qu'il faut qu'on arrive à maintenir aujourd'hui la production au niveau de la demande. Mais nous la baisserons progressivement. Moi, je ne suis pas d'accord pour dire que c'est les gens qui vont payer le prix de la dévastation de la nature par l'essence. Mais j'y reviens. Je bloquerai les prix, que ceci soit clair. Les prix du pétrole, les prix du gaz et je bloquerai les prix des produits de première nécessité.
Justement, en parlant...
Si vous voulez savoir comment ça marche, allez à l'île de la Réunion parce que là-bas, il y a 153 produits qui sont bloqués. C'est le préfet qui le décide et on manque de rien.
Vous voulez bloquer le prix d'une centaine de produits alimentaires. Là où Emmanuel Macron propose un chèque alimentaire destiné aux plus modestes, ce n'est pas un peu étrange. Vous voulez bloquer les prix pour tout le monde, les riches comme les pauvres. Lui, il veut cibler les plus modestes.
Quel brave homme. Bon, soyons sérieux.
Ça n'a pas... Pardon ? Je vous interromps, mais est-ce que de ces deux mesures, chèque alimentaire pour les plus pauvres ou gel des prix pour tout le monde, riches comme pauvres, il n'y a pas une mesure qui est plus à gauche pour vous qui serait celle, paradoxalement, qui n'est pas la vôtre ?
Merci de la remarque, mais elle montre que vous ne comprenez pas bien le sens de ce qui est le progressisme. Non, mais je vous le dis. Aider les plus modestes, ce n'est pas une mesure de gauche. Non, non, non. Un droit, pour nous, est un droit universel. C'est la raison pour laquelle que vous soyez riche ou pauvre, si vous cotisez à la sécurité sociale, quel que soit votre revenu très faible ou très important, vous serez soigné autant que de besoin. C'est-à-dire chacun selon ses moyens et ensuite selon les besoins. Ah non, non, attendez. Donc, ma méthode permet de desserrer les taux et nous ne voulons pas vivre de chèques, figurez-vous. Quand il y en a, on les prend.
Mais il faut qu'il y ait des prix qui soient maintenus ou baissés. Voilà ma logique de la vie, c'est-à-dire la défense de la dignité des personnes qui décident librement ce qu'elles font des revenus qu'elles ont. Et je trouve que, du coup, vous avez bloqué notre entretien et je le regrette parce que Michel-Edouard Leclerc, qui n'est pas un communiste sauf erreur, a expliqué que l'augmentation des prix était une augmentation qui était liée à la spéculation. Et en ce moment, les économistes de droite, parce qu'il y a des économistes populaires, les nôtres, je lance un défi à qui le veut pour qu'il y ait un débat sur le programme économique des deux.
Eh bien, les économistes de droite sont en train d'expliquer que s'il y a eu de l'inflation, c'est parce que les salaires vont augmenter. Moi, je dis, s'il y a de l'inflation, c'est parce qu'il y a de la spéculation. Quand les pâtes augmentent aujourd'hui, on fait des pâtes avec le blé de la récolte précédente. Et à l'époque, il n'y avait pas les blocages qu'il y a aujourd'hui. Donc, il faut un peu arrêter de se moquer du monde en laissant croire que tout ça serait une loi de la nature qui ferait augmenter les prix. Non, c'est la spéculation, c'est l'enrichissement, la cupidité qui mène le monde.
Une réponse très courte, si vous voulez bien, Jean-Luc Mélenchon. Pour arriver à Matignon, il y a un petit détail. Il faut qu'Emmanuel Macron vous nomme, il faut gagner les élections et ensuite, il faut qu'Emmanuel Macron vous nomme. Or, rien dans la constitution ne l'oblige à le faire. S'il choisit, par exemple, de nommer la chef de file des insoumis à l'Assemblée nationale qui est Mathilde Panot, que fera-t-elle ?
On verra, c'est de la fiction votre histoire. C'est lui qui choisit. Est-ce qu'elle devra refuser le poste ? Attendez. Non, non, non. Prenez pas les choses comme ça. On va perdre une minute à des bêtises. C'est de la science-fiction. Mais non, mais non. Est-ce qu'elle refusera le poste ? Écoutez-moi, si vous permettez, je réponds. Si vous posez une question, c'est sans doute pour entendre la réponse. Bon, sans doute, c'est pas sûr. Mais clairement, nous avons un accord programmatique qui désigne un candidat à la primature. Emmanuel Macron n'a pas signé votre accord à ma connaissance. M. Macron fera ce qu'il entend faire.
Je rappelle qu'il y a une formalité qui ne dépend pas de sa bonne volonté qui s'appelle le vote de confiance. Donc, quand on est un démocrate, qu'on a l'habitude de la démocratie, et bien, et qu'on ne décide pas de tout en conseil de défense, d'habitude, on nomme la personne qui est proposée par la coalition majoritaire.
Si vous perdez, vous devenez quoi ?
Attendez, c'est une autre question. Oui, oui. Si vous perdez,
vous devenez quoi ?
Eh bien quoi, je deviens un homme qui continue sa vie, son engagement de militant. Voilà, je suis un démocrate. C'est-à-dire, j'accepte, j'ai souvent accepté de perdre. Mais cette fois-ci, je ne voudrais pas qu'on termine l'émission en se demandant ce que je vais faire dans le cas où on perd, parce qu'on va gagner. Merci, Jean-Luc Mélenchon. N'oubliez pas que le bulletin de vote, c'est avec un V dessus. V, victoire, votez. Ça, c'est fait.
Merci beaucoup, Jean-Luc Mélenchon. Bonne journée à vous.
Jean-Luc Mélenchon