Valérie Pécresse : "Si je ne suis pas au deuxième tour, je ne donnerai jamais de consigne de vote"
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Et c'est le dernier des 12 grands entretiens spéciaux que nous avons organisés pour donner la parole aux 12 candidats au premier tour de l'élection présidentielle. C'est aujourd'hui avec la candidate Les Républicains que vous allez pouvoir dialoguer dans une bonne dizaine de minutes, chers auditeurs. Alors appelez-nous au 01 45 24 7000 ou passez par l'application de France Inter. Valérie Pécresse, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes avec nous en duplex de la belle ville de Lyon. Nous vous proposons avec Yael Gauze le déroulé suivant pour notre entretien. Il fut commun aux 11 autres candidats qui vous ont précédé à ce micro. Trois questions sans filtre pour commencer. Réponse rapide s'il vous plaît. Interview ensuite sur votre programme et l'actualité avant la séquence où les auditeurs auront donc la parole. Et puis nous terminerons avec quelques questions plus personnelles. Yael.
Valérie Pécresse, bonjour. Bonjour. À minuit. À minuit tout sera fini. Ce sera la fin de cette campagne de premier tour. Comment la décririez-vous cette campagne ? On l'a dite étrange, on l'a dite empêchée, voire téfale. Jean Lassalle y a vu une campagne de merde, je le cite. Jean-Luc Mélenchon une campagne passionnante. Et vous, vous vous situez où ?
Eh bien écoutez, moi j'ai l'impression que le scénario était écrit d'avance. On a un président de la République qui ne voulait pas faire campagne, qui s'est dérobé, qui a d'ailleurs interdit à ses ministres de dialoguer ou de débattre avec moi. Il a fui le débat parce qu'il ne voulait pas assumer son bilan. Il a fui cette campagne parce que le scénario était écrit d'avance. Il voulait un face-à-face avec les extrêmes. Parce que le face-à-face avec les extrêmes, c'est l'assurance réélection d'Emmanuel Macron. Eh bien moi, je le dis à tous les électeurs qui vont se déplacer pour ce premier tour. Dimanche, c'est le premier tour.
Et au premier tour, on choisit, et on choisit ses idées, ses convictions. Et aujourd'hui, il y a un programme de rupture avec le macronisme, avec l'immobilisme, avec le en même temps, avec le je ne sais pas réformer. C'est le programme de la droite, de la droite que je porte. Et ce n'est pas un programme extrême, ce n'est pas un programme qui mettra le désordre dans la rue, qui mettra la faillite dans nos comptes. C'est un programme qui est sérieux, financé, et qui remettra de l'autorité dans le pays, et des réformes, celles dont le pays a besoin, et qu'Emmanuel Macron ne fera pas. Donc il faut déjouer ce scénario écrit d'avance.
Il y a deux tours à cette élection, et au premier tour, il faut voter pour ses convictions, il faut voter pour la droite, qui a un programme puissant, et qu'Emmanuel Macron ne veut pas voir se relever.
Vous ne trouvez pas de circonstances atténuantes à Emmanuel Macron dans ce premier tour ? La crise sanitaire, la crise en Ukraine, vous dites qu'il a volontairement escamoté la campagne, vous-même dans les mêmes fonctions, au même moment, est-ce que vous n'auriez pas mis votre campagne en pause pour gérer l'essentiel ?
Mais je n'aurais pas interdit à mes ministres de venir débattre avec les opposants et les adversaires, j'aurais assumé mon bilan, j'aurais aussi, je n'aurais pas évité d'aller débattre sur la grande chaîne de services publics France 2, en faisant passer ma propagande électorale à la place des questions impertinentes des journalistes. Non, le président a volontairement escamoté, et c'est pour ça qu'il y a aujourd'hui une vague de dégagisme très puissante dans le pays, et une vague de colère, parce que les Français ont le sentiment qu'on les a privés de cette campagne électorale.
Et c'est particulièrement le cas à droite, parce que la France aujourd'hui attend les solutions de la droite, a besoin d'un choc d'autorité, elle a besoin de réformes, elle a besoin de pouvoir d'achat, elle a besoin de valorisation du travail, et cette France-là, eh bien, elle a été privée de campagne.
Valérie Pécresse, votre slogan pour cette campagne est « le courage de faire », mais de faire quoi ? Est-ce que ce slogan n'est pas si vaste qu'il en devient peut-être trop vague ?
Mais non, parce que partout où j'ai été, j'ai fait. Quand j'étais ministre des universités, j'ai tenu face à la rue, alors qu'Emmanuel Macron, en Corse, il y a deux mouvements de rue, et après cinq ans de mépris pour la Corse, il lâche l'autonomie, il lâche face à la rue, il a lâché face aux gilets jaunes. On a un président de la République qui ne tient pas face à la rue, et moi, je suis une candidate qui tient face à la rue. J'ai le courage de faire les réformes. Les réformes, je les ai faites dans ma région, ça s'appelle la politique par la preuve.
Aujourd'hui, nous avons un président de la République qui n'a pas eu le courage de réformer les retraites, et qui nous dit « je vais le faire, je vais le faire ». Et puis, deux jours plus tard, il nous dit « ah, deux ans de concertation, ce serait peut-être pas mal avant ». Il ne la fera pas, cette réforme, et les retraités qui ont été les grands oubliés du quinquennat n'auront pas leur retraite indexée. Restons sur vous, Valérie Beckeres.
Non, pas une vieillesse à 1 000 euros. Restons sur vous, restons sur vous. Deux tiers Merkel, un tiers Thatcher, vous disiez. Est-ce que vous n'êtes pas trompé de campagne quand on voit comment Marine Le Pen engrange des points sur la question du pouvoir d'achat, alors que vous avez privilégié les questions régaliennes ?
Non, je n'ai privilégié les deux, le pouvoir d'achat et les questions régaliennes. Plus tard, peut-être, le pouvoir d'achat ? Non, pas du tout, pas du tout, puisque la valorisation du travail, ma grande mesure dans mon programme, c'est l'augmentation de 10% des salaires, parce que je veux que le travail paye plus que l'assistanat. Mon autre grande mesure, c'est plus aucune retraite inférieure au SMIC, parce que je ferai la réforme des retraites. Ma troisième mesure, c'est une vraie politique familiale pour aider les familles. Donc vous voyez que la problématique du pouvoir d'achat a été au cœur de ma campagne.
Simplement, la différence entre moi et Marine Le Pen, ou Éric Zemmour, c'est que je ne suis pas la mère Noël. Moi, tout ce que je propose, c'est financé, c'est clair. Je ne lèguerai pas aux générations futures une dette abyssale, et je ne promets pas ce que je ne sais pas tenir. Je suis, j'ai un gros défaut, je suis une candidate sérieuse, je suis une candidate qui fait, et qui fait ce qu'elle dit, et je dis avant ce que je vais faire.
Alors oui, je le dis au premier tour, si vous voulez du sérieux, de la crédibilité, du pouvoir d'achat, vivre décemment avec votre salaire, c'est pour moi qu'il faut voter, et pas pour Madame 250 milliards d'euros, qui ne sait absolument pas comment elle tiendra ses promesses.
Au chapitre de l'Ukraine, Valérie Pécresse, le cinquième train de sanctions européennes contre la Russie, est mis en œuvre avec notamment un embargo total sur les importations de charbon, et la fermeture des ports européens aux navires russes. Est-ce que vous saluez cette décision, ou est-ce que vous dites ce matin qu'il faut maintenant aller plus vite et plus loin, c'est-à-dire fermer le robinet du gaz et du pétrole, comme l'a voté le Parlement européen à une écrasante majorité, dont les eurodéputés LR ?
Mais le problème, c'est que je rencontre des Français tous les jours, et tous les jours ils me disent, comme hier dans cette usine du Rhône, qu'ils n'arrivent plus à payer leur facture d'essence. Alors soit on arrive à faire un vrai bouclier pour que les Français, que ce soit ceux qui se déplacent, les travailleurs, que ce soit les chefs d'entreprise électro-intensifs qui se voient prendre leur marché par leurs concurrents, soit on arrive à faire un vrai bouclier énergétique en sortant de notre dépendance au gaz russe et au pétrole russe, et à ce moment-là on pourra faire cet embargo, soit on n'y arrive pas.
Et là encore, Emmanuel Macron est coupable, il est coupable d'avoir tiré un trait sur le nucléaire beaucoup trop vite et de nous avoir rendus dépendants du pétrole et du gaz russe.
Valérie Pécresse, faut-il continuer à dialoguer avec Vladimir Poutine depuis ce qu'on a découvert, les atrocités de Boucha et de la région de Kiev ? Le Premier ministre polonais lundi a vivement critiqué la France et le président Emmanuel Macron en disant « Personne n'a négocié avec Hitler. Est-ce que vous négocieriez avec Staline, avec Pol Pot, avec Hitler ? Est-ce que c'est dialoguer avec Hitler que dialoguer avec Poutine ? »
Mais il y a deux choses qui sont très différentes. D'abord, je crois qu'il va falloir que nous réformions très puissamment le mécanisme de la Cour pénale internationale. Nous avons une Cour pénale internationale qui doit juger les crimes de guerre et ces atrocités de Boucha, elles doivent être jugées. Des comptes doivent être rendues et Vladimir Poutine doit être poursuivi.
Mais si je vous suis, tant qu'il n'est pas poursuivi, on peut dialoguer avec lui.
Non, non, non, la procédure a été ouverte, ça y est, devant la Cour pénale internationale. Le problème, c'est que ça va durer beaucoup trop longtemps. Donc il faut accélérer ces procédures pour que ces dictateurs, pour que ces bouchers rendent des comptes sur leurs actes. En revanche, évidemment, il faut sortir de cette guerre par une solution diplomatique. On ne choisit pas ses interlocuteurs et on est obligé d'avoir des interlocuteurs. Un interlocuteur ne veut pas dire un allié.
Et quand j'entends Marine Le Pen dire, il y a une semaine, qu'elle pourrait, une fois la guerre terminée, redevenir alliée avec Vladimir Poutine, je me dis qu'elle est définitivement discréditée pour présider la France.
Le président de la République a vivement réagi aux propos du Premier ministre polonais, qui est d'un parti d'extrême droite, dit-il, et qui s'immisce dans la campagne politique française après avoir plusieurs fois reçu Marine Le Pen. C'est ce que dit Emmanuel Macron. Est-ce que vous y voyez, vous aussi, de l'ingérence ? Et est-ce que vous condamnez, tout simplement, les propos du Premier ministre polonais ?
Mais je condamne tout autant le président de la République qui immisce dans la campagne électorale des considérations qui sont des considérations internationales. Nous n'aurions pas dû prendre la présidence française de l'Union européenne pendant cette campagne électorale. Emmanuel Macron l'a fait sciemment pour ne pas avoir à répondre de son bilan, qui est calamiteux en matière de violence. J'étais hier au quartier de la Guillotière à Lyon. Je peux vous dire que rien n'est fait pour que la République, à 700 mètres de la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alme, rien n'est fait pour que la République soit chez elle, en plein cœur de Lyon. Son bilan est calamiteux en matière de sécurité.
Il est calamiteux en matière d'immigration. Il est calamiteux en matière de désindustrialisation. Il est calamiteux en matière de services publics. Regardez l'état de l'école, regardez l'état de l'hôpital, regardez l'état de la justice. Emmanuel Macron s'est servi de la politique internationale pour ne pas avoir à rendre des comptes. Moi, je demande aux Français de voter dimanche en ayant en tête ce bilan calamiteux d'Emmanuel Macron et en choisissant quelqu'un qui, dans sa région, a un très bon bilan et a pu faire ses preuves, et en choisissant la candidature de la droite. Je le dis parce qu'Emmanuel Macron a voulu se faire passer pour un homme de droite.
Il a voulu reprendre un certain nombre d'éléments de mon programme, mais ce sont des mauvais plagiat. Regardez ce qu'il a fait sur le RSA. Il a dit qu'il va falloir 15 heures en contrepartie du RSA désormais. Et le lendemain, il a dit, mais ce seront 15 heures volontaires et pas 15 heures obligatoires. Alors je vous le dis, ne vous laissez pas prendre à ces faussaires de la droite. Emmanuel Macron n'est pas de droite et Éric Zemmour, qui a choisi Poutine et Pétain, ne peut pas se rappeler du général de Gaulle et se référer à lui.
Il dit aussi, Emmanuel Macron, que les Français ne se reconnaissent plus dans ce clivage gauche-droite et que la gauche comme la droite sont devenus aujourd'hui des partis d'élus locaux. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? A-t-il tort ?
Eh bien, je réponds que c'est encore une fois une marque de son immense mépris pour la France d'en bas. Cette France des élus locaux, cette France qui tient, cette France qui est à portée d'engueulade, cette France qui cherche des solutions concrètes aux problèmes, cette France dont je fais partie parce que ma vie, mes 30 dernières années, ça n'a été que chercher des solutions aux problèmes des Français et essayer de changer leur vie. Alors oui, c'est du mépris.
Et je vais vous dire, il n'y aurait pas eu la crise des Gilets jaunes pendant ce mandat si Emmanuel Macron s'était entouré d'une armée d'élus locaux, de professionnels de la politique, de gens dont le métier c'est servir les autres et pas de cette armée de ministres amateurs et il n'aurait pas fait toutes les erreurs qu'il a commises.
Valérie Pécresse, comment vous pouvez parler de plagiat de la droite quand vos amis Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo, piliers des gouvernements Chirac et Sarkozy pendant 9 ans, choisissent, eux, ou en tout cas ne disent pas s'ils le choisissent pour Nicolas Sarkozy, mais Borloo choisit de rallier Emmanuel Macron. Vous pensez qu'il pense que c'est un plagieur ?
Alors d'abord, je voudrais remercier François Fillon de son soutien parce que je pense que... Ça aide vraiment ça d'avoir François Fillon avec soi ? Eh bien c'est un soutien d'un ancien Premier ministre qui a été le dernier candidat de la droite à porter nos valeurs. Marqué par les affaires ? C'est important, pour moi c'est important, il n'est pas le seul marqué par les affaires dans ceux que vous venez de citer. Mais aujourd'hui, le sujet n'est pas celui-là. Le sujet est simple, il y a un premier tour avant le second.
Et moi j'ai bien entendu Jean-Louis Borloo parce que je partage avec lui son cri d'alarme sur les banlieues et il le sait puisqu'il est venu dans la région Île-de-France, dans ma région, rédiger son plan banlieue. Ce plan banlieue que Emmanuel Macron a déchiré et a jeté à la poubelle parce que deux mâles blancs ne pouvaient pas résoudre le problème de la banlieue. Que dit Jean-Louis Borloo dans son interview ? C'est très important. Il dit je partage le diagnostic de Valérie Pécresse, je partage beaucoup de choses avec elle, mais ça va se jouer entre Macron et Le Pen. Mais non, rien n'est joué.
Rien n'est joué parce que les Français sont libres et qu'il y a un premier tour dimanche et qu'on n'est pas au deuxième tour. Au premier tour, on choisit et on choisit selon ses convictions. Et je suis persuadé que mon plan banlieue est beaucoup plus ambitieux que celui qui n'existe pas d'Emmanuel Macron.
Jean-Louis Borloo dit garder de l'estime et de l'affection pour vous. Vous ne trouvez pas ça cruelle la politique ? Est-ce que vous aurez envie de rempiler au niveau national si ça se passe mal dimanche pour vous ?
Mais vous savez, moi ce que je crois, c'est que cette campagne a été une formidable moment de rencontre. J'ai vu des Français qui veulent s'en sortir. J'ai vu des Français qui ne comprennent pas pourquoi on les ligote avec toute cette bureaucratie. J'ai vu des Français qui ne comprennent pas pourquoi l'ordre n'est pas respecté dans leur quartier, pourquoi ils payent des impôts et pourquoi ils n'ont pas les services publics.
On parle de vous et de l'avire de la droite.
Oui, mais je parle de moi. Moi, ma vie, ça a été servir et ça va continuer de servir ces Français qui attendent beaucoup de la politique. Eh bien, sous la forme que j'espère ils me donneront, celle d'être au deuxième tour face à Emmanuel Macron et d'avoir enfin un débat face à lui, sur son bilan, sur sa vision de la France et sur son projet, parce qu'il y a tellement à reconstruire. Et si ce n'est pas le cas, Valérie Pécresse ? Je veux une France forte. Je veux que cette France, elle soit fière. Je veux qu'elle rayonne. Je veux qu'à l'international, on soit respecté plus que les Allemands aujourd'hui parce que nous serons demain à nouveau la France.
Et c'est pour ça que je me bats aujourd'hui, demain et après-demain.
Avant de donner la parole aux auditeurs de France Inter qui nous attendent au standard, une question sur le GIEC, Valérie Pécresse, qui dans son dernier rapport pointe qu'il reste trois ans pour limiter le réchauffement climatique à un degré et demi. La sobriété est au cœur des recommandations du GIEC. Or, les mesures de sobriété ne sont pas au cœur de votre programme. À vous, selon les Shifters, cette association qui travaille avec Jean-Marc Jancovici, le spécialiste de la transition énergétique, et qui a évalué votre projet. Si vous êtes élu, on parle de trois ans, donc du prochain quinquennat. Quelles mesures mettez-vous en place immédiatement pour répondre à cette exigence ?
Dans mon programme, il y a 25% d'économie d'énergie sur le mandat. 25%, c'est énorme. Et si Jean-Marc Jancovici avait lu avec les Shifters l'intégralité du projet, il se serait rendu compte qu'il était puissamment écologique. Puissamment écologique, mais pas décroissant. Pourquoi ? Parce que je crois que face au réchauffement climatique, nous allons avoir besoin d'une agriculture qui produise davantage, parce que les famines vont être à nos portes sur le continent africain, et que nos destins sont liés. Donc il faut une agriculture qui produise, et pas une agriculture décroissante. Alors oui, c'est vrai aussi que je vais réinvestir le nucléaire.
Je vais réinvestir le nucléaire parce que je veux une France zéro carbone 2050, et que sans cette France zéro carbone 2050, nous ne sauverons pas la planète. Alors j'ai des désaccords avec un certain nombre d'activistes écologistes, mais ce que je veux, c'est une France de la sobriété et du recyclage.
Et d'ailleurs, j'ai toute une série de propositions qui peuvent paraître anecdotiques, mais vous savez, 10 euros pour ramener les 100 millions de téléphones portables qui sont aujourd'hui dans les tiroirs des Français, 50 euros pour ramener les dizaines de millions d'ordinateurs qui traînent pour pouvoir faire du recyclage, et pour pouvoir réutiliser, réemployer toutes ces matières et arrêter de polluer la planète. Je vous assure que ce sont des très belles mesures. J'ajoute que dans mon projet, il y a la fin des 5000 dépôts sauvages, de ces décharges à ciel ouvert, que nous n'arrivons pas aujourd'hui à régler. Donc je remettrai de l'ordre en France.
Allez, des questions précises de nos auditeurs. France Inter, 8h36. Vous pouvez dialoguer maintenant avec Valérie Pécresse. La parole à Laurent pour commencer. Bonjour et bienvenue.
Oui, bonjour. On vous écoute.
Bonjour Laurent. Bonjour Laurent.
Oui, bonjour Mme Pécresse. Bonjour M. Gauze. Bonjour M. Demorand.
Bonjour.
Je vous appelle, je suis médecin dans les Hauts-de-France. Je suis très inquiet de l'avenir de l'hôpital et je trouve que c'est un sujet qui n'a été quasiment pas abordé dans la campagne. J'aurais aimé poser cette question aux 12 candidats. Bon, ce sera pour vous. J'aimerais savoir ce que vous proposez factuellement pour améliorer tout simplement que l'hôpital ait un avenir. On a un problème qui, pour moi, a deux têtes à l'hôpital. On a premièrement un manque structurel, un manque de lits, un manque de moyens qui serait une première chose à gérer. Et la deuxième chose, c'est le manque de personnel, le manque de médecins parce qu'à cause des conditions de travail, les gens s'en vont.
Et surtout, le manque de personnel paramédical, le manque d'infirmières, le manque d'aides-soignants qui ont un quotidien extrêmement difficile. Il est difficile pour nous de travailler dans de bonnes conditions parce qu'eux ont des conditions de travail qui sont inacceptables. J'aimerais savoir ce que vous proposez, particulièrement pour les infirmières et les aides-soignantes, savoir comment vous allez les revaloriser, comment vous allez améliorer leur quotidien et surtout, comment vous allez en recruter. Parce que les seuls chiffres que j'entends sont des chiffres aberrants de dire on va recruter 50 000 infirmières, mais où les trouverez-vous ?
Parce que soit elles n'existent pas, elles ne sont pas formées, elles n'existent pas dans le pays, soit si elles existent, elles ne veulent plus venir travailler à l'hôpital parce que travailler à l'hôpital est devenu impossible pour elles.
Merci Laurent pour cette question. Réponse de Valérie Pécresse.
Question cruciale de Laurent qui aurait dû être au cœur de cette campagne et qui ne l'a pas été. Alors pour sauver l'hôpital, évidemment il faut revaloriser les métiers hospitaliers, ça a déjà été fait avec le Ségur, mais il ne suffit pas de toucher les soignants au portefeuille et Laurent l'a très bien dit, la question c'est les conditions de travail. Et pendant cette crise Covid, j'ai découvert les salles de repos des soignants, c'est indigne. On n'a même pas des salles de repos qui permettent d'avoir un moment à soi, un moment, une bulle de repos dans un univers où, vous le savez, le travail de nuit est payé à peine plus d'un euro de l'heure.
Donc aujourd'hui, on a besoin de revoir complètement le mode de fonctionnement de l'hôpital. Et moi je veux redonner le pouvoir aux soignants dans l'hôpital parce que je pense que c'est à eux d'organiser les soins, les recrutements, l'organisation de ces soins. Et puis évidemment, il va falloir faire revenir, et il l'a dit, parce qu'on va recruter. Dans mon programme, il y a 25 000 soignants pour l'hôpital et il y aura 25 000 soignants pour les EHPAD et pour les services à domicile. Mais pour recruter, il faut former et puis il faut surtout rendre attractif ce métier. Et ça, ça veut dire que l'hôpital doit profondément changer ses méthodes de travail.
Et aujourd'hui, le travail de nuit est un travail considéré comme très pénible. On a besoin aujourd'hui de meilleures conditions dans l'hôpital. Ça veut dire un réinvestissement dans l'hôpital, les salles de repos pour les soignants, des conditions de travail différentes, une prise en compte aussi de la charge que ça représente de faire garder les enfants quand on travaille de nuit. Tout ça n'a pas été pensé. Et ça va aussi avec le logement. Vous savez que dans mon programme, je donne priorité dans l'accès au logement social aux travailleurs de première ligne, ceux qui ne peuvent pas télétravailler. Et ça, ça non plus, ça n'a pas été réfléchi et pas pensé.
Valérie Pécresse, vous êtes à Lyon en duplex, je le rappelle. Donc on ne vous a pas en face. Je vous transmets la question très simple de Christian sur l'application France Inter. Je veux partir à la retraite le plus tôt possible, jamais à 65 ans. Le travail est trop dur aujourd'hui. Que répondez-vous à Christian ?
Je réponds qu'évidemment, il y aura, dès que je serai élu, une grande conférence sociale et qu'on parlera pénibilité du travail et on parlera aussi carrière longue. Parce qu'il y a des Français qui ont commencé à travailler très jeunes et il y a des Français qui ont eu des métiers pénibles et qui sont usés par le travail. Et bien évidemment, on le prendra en compte dans ma réforme.
On retourne au standard. Jean-Philippe, bonjour, bienvenue. Vous êtes là, Jean-Philippe ?
Mais je continue sur la réforme des retraites.
Allez-y, le temps qu'on retrouve Jean-Philippe.
Pour une seconde. Mais le sujet, c'est quand même de vivre dignement de sa retraite. Et aujourd'hui, ce qui est quand même très angoissant pour tous nos retraités, c'est de se dire qu'ils voient tous les jours leur pouvoir d'achat se dégrader et que le reste à charge pour eux de rentrer dans un EHPAD est très élevé. Donc moi, je veux le maintien à domicile de nos aînés le plus longtemps possible avec des retraites dignes. C'est pour ça que je veux un minimum vieillesse à 1000 euros et que je veux que plus aucun salarié qui a travaillé une carrière complète ait une retraite inférieure au SMIC.
Et pour les veuves qui n'ont pas eu de carrière complète, les veuves des commerçants, des artisans, des agriculteurs, les femmes qui sont arrêtées pour élever leurs enfants, je veux que leur pension de reversion passe de 54% à 75%. Mais c'est pour ça qu'on fait la réforme. C'est du gagnant-gagnant. C'est pour que nos retraités, cet impact social avec eux, puissent affronter dignement le grand âge.
Valérie Pécresse, on a retrouvé Jean-Philippe, il est au standard Inter. Bonjour, bienvenue. Bonjour.
Voter pour une personnalité politique, c'est donner confiance à quelqu'un de tout à fait capable d'anticipation et qui soit aussi le moins possible l'usager de la langue de bois. C'est le ferment de l'abstention d'ailleurs. Alors, Mme Pécresse, efforcez-vous d'imaginer l'hypothèse que vous ne soyez pas au second tour. Donneriez-vous alors une consigne de vote pour la suite ? Ça, c'est le plus facile de ma question car je n'ose à peine vous demander un choix sincère entre l'extrême droite et Emmanuel Macron. Mais autrement, si Emmanuel Macron était élu, anticipation encore, accepteriez-vous un poste au gouvernement ?
Merci Jean-Philippe pour cette question. On est content de vous avoir retrouvés. Valérie Pécresse vous répond. C'est mieux posé que la nôtre.
Je réponds aux deux questions, non et non. Pas de consigne parce que je pense que les Français ne veulent pas de consigne. Je dirais pour qui je vote, mais pas de consigne. Et j'espère être au deuxième tour et je pense que c'est moi qui l'emporterai. Mais je ne donnerai jamais de consigne aux Français parce que les Français sont libres et c'est eux qui votent.
Et deuxième réponse, non, je ne souhaite pas avoir de responsabilité avec un président de la République qui fait une politique que je réprouve, qui n'est pas la mienne, qui est une politique qui est défaillante en matière d'autorité, en matière d'immigration, en matière de services publics et en matière de réformes et en matière de valorisation du travail.
Valérie Pécresse, vous êtes allé plusieurs fois en Corrèze vous revendiquez la filiation chiracienne de votre famille politique. Est-ce que ça ne vous oblige pas, après ce qui s'est passé en 2002 par exemple, à appeler à voter Emmanuel Macron si c'est lui qui d'aventure était en finale face à Marine Le Pen dimanche ?
M. Gauze, vous êtes en train de faire exactement ce que veut Emmanuel Macron, c'est-à-dire nous empêcher de voter au premier tour. Au premier tour, on choisit. Au deuxième tour, on élimine. Au premier tour, on choisit ses convictions et on choisit le meilleur projet. Et de l'avis de beaucoup, mon projet est l'un des plus solides, celui qui ramènera de l'ordre avec des quotas migratoires, plus un clandestin ne sera accepté dans notre pays et les pays qui refusent de les reprendre auront zéro visa. Un projet qui ramène de l'ordre avec des peines de prison ferme minimales. Ça, ce sera dans la Constitution parce que pour l'instant, ça n'est pas possible.
Peines de prison ferme minimales pour tous ceux notamment qui s'en prennent aux personnes qui ont autorité, les élus, les professeurs, les médecins, les forces de l'ordre, les pompiers. Et on remettra des peines planchées. Alors oui, je vais remettre de l'ordre. Oui, je vais revaloriser les salaires de 10% sur mon quinquennat. Et ce sera fait parce qu'aujourd'hui, le travail doit payer. C'est une question de dignité. Oui, je ferai la réforme des retraites. Oui, on a un programme aujourd'hui puissant. Et moi, je n'ai jamais cédé à la rue. Moi, ce programme, je le ferai parce que j'ai toujours fait ce que j'avais dit. Et je l'ai dit avant pour pouvoir le faire après.
Vous savez, on ne m'a pas attaqué dans cette campagne sur mon bilan régional. Ça veut tout dire. Ça veut dire qu'à la région, j'ai fait ce que j'avais dit. Et personne n'a réussi à me prendre en défaut là-dessus.
La Françoise est au standard d'Inter. Soyez la bienvenue. Bonjour.
Oui, bonjour Madame Pécresse. Bonjour à tous. Bonjour Françoise. Alors, vous nous dites que vous serez intraitable avec les petits délinquants. Quelle est votre solution pour lutter contre les grands délinquants en col blanc qui ruinent la France en détournant l'impôt des bénéfices faits en France vers les paradis fiscaux, Panama, Pandora, j'en passe et les meilleurs. Car nous les petits, nous payons nos impôts. Et petite question supplémentaire. Êtes-vous prêt aussi à dénationaliser notre radio préférée France Inter ?
Merci pour France Inter et la radio préférée. Merci beaucoup Françoise. Valérie Pécresse vous répond.
Je pense qu'à l'heure des fake news, nous avons besoin d'un service public de l'audiovisuel. Nous avons besoin d'un service public de l'audiovisuel parce que nous avons besoin d'une information fiable. Il y a eu tellement de fake news. Et vous avez vu cette campagne. Cette campagne a été une campagne abominable, uniquement faite de fake news, de complotisme, etc. Donc nous avons besoin d'un service public pluraliste, je le dis aussi à France Inter, c'est-à-dire dans lequel toutes les expressions politiques peuvent s'exprimer de manière tout à fait ouverte et claire. Nous avons besoin de ce service public, Madame, je vous rassure.
En revanche, sur votre première question qui est cruciale, je créerai un ministère dédié de la fraude fiscale et sociale que je placerai auprès du ministre des Finances. Nous avons besoin aujourd'hui, ça n'est pas acceptable, que le gouvernement puisse passer les commandes publiques à des entreprises qui ne payent pas leurs impôts en France et qui viennent au Sénat faire des déclarations sous serment mensongères disant qu'ils payent leurs impôts en France.
Et ce combat contre la fraude fiscale, ce sera un combat qu'il faudra mener en topant la cyberpolice et en se dotant d'un cyberparquet, une cyberjustice, parce que le sujet, c'est que les gros fraudeurs, c'est sur Internet qu'on les retrouve et c'est à travers des mouvements internationaux de capitaux et c'est évidemment pas du tout la même chose que ceux qui remplissent leur déclaration d'influence.
L'ARCOM nous surveille, Valérie Pécresse. Une dernière question rapide, réponse rapidissime. Elle surveille moins Emmanuel Macron
quand il refuse d'aller débattre sur le service public.
Mais là, on ne parle pas de France Inter. Vous avez eu un regret, vous avez eu un regret récemment, Valérie Pécresse, c'est d'avoir voulu parler comme un homme dans la campagne, en particulier au meeting du Zénith à Paris. Qu'avez-vous voulu dire par là, en un mot ?
Eh bien, qu'aujourd'hui, je suis entièrement moi-même, je parle avec mon cœur et je sais que les Français le ressentent. Je leur dis, il faut reconstruire la France qu'ils aiment, il faut remettre de l'ordre et il faut aussi redonner du pouvoir d'achat par le travail. Ce seront mes priorités et je le ferai.
Merci Valérie Pécresse d'avoir été au micro d'Inter ce matin. 8h48 et merci aux équipes de Lyon qui ont permis le duplex.
France Inter
Valérie Pécresse