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interviewLCP (sur YouTube)· 17 janvier 2026 34 min

Accord avec le Mercosur, l'agriculture européenne sacrifiée ? | Ici l'Europe - 17/01/26

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

France 24 LCP public Sénap présente. Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires. Nous allons parler du mercour et de la colère agricole qui gronde cette semaine encore.

Mais pour commencer, un point géopolitique. L'Europe est complètement chamboulée par les grandes manœuvres de Donald Trump à travers le monde qui remet profondément en cause l'ordre mondial d'après-guerre. Et nous avons le plaisir d'être à Bruxelles aujourd'hui au siège de la Commission européenne en compagnie de Hadj Alabib.

Bonjour. Je rappelle que vous avez été précédemment ministre des affaires étrangères de la Belgique, du Parti réformateur qui correspond au centre, au groupe Renew en Europe si on si on préfère. Vous avez été aussi ancienne présentatrice vedette de la télévision belge et aujourd'hui commissaire européenne à la coopération internationale, à l'aide humanitaire et à la réaction aux crises.

Alors, c'est un peu peut dire que l'époque n'est pas à la coopération et que par contre l'Union européenne réagit sans cesse à des crises nouvelles. Mon rôle c'est anticiper les crises qu'ell soient provoquées par des catastrophes naturelles ou par des guerres ou par des des attaques cybernes et cetera. Et je vais vous donner un très bon exemple de de réaction aussi puisque vous avez parlé de réaction.

Le drame qui s'est déroulé à Cran Montana tout récemment, malheureusement le le 1er janvier, restera bien sûr ancré dans les mémoires Suisse, mais aussi dans la nôtre puisque nous avons euh été appelé euh la Suisse qui ne fait pas partie de l'Union européenne, il faut le rappeler, qui ne fait pas partie non plus de notre mécanisme de protection civile a activé ce mécanisme de solidarité et nous avons immédiatement répondu présent en envoyant deux experts sur le terrain et en contribuant à l'é évacuation rapide de 39 blessés graves qui ont ainsi pu être distribué dans différents pays dont la Belgique, l'Allemagne, la France, l'Italie avec le concours par exemple de la Roumanie aussi, de Luxembourg, tout ça c'est la solidarité européenne en action en situation de crise parce que je rappelle que vous étiez d'ailleurs présente à la cérémonie d'hommage aux victimes à CRMAN. Madame la commissaire, comme toutes les semaines, nous nous penchons sur quelques infos européennes qui ont fait l'actualité. C'est l'Europe en bref proposé par Oyana Almandose.

Donald Trump ne cesse de répéter sa volonté de s'emparer du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. En réaction, le Danemark et certains Étatsmembres dont la France et l'Allemagne renforcent leur présence militaire sur ce territoire autonome danois. Le premier ministre du Groenlande, Yan Frédéric Nilsen, hausse le ton.

Le Groenland ne veut pas faire partie des États-Unis. Nous choisissons le Groenland tel que nous le connaissons aujourd'hui, c'est-à-dire comme faisant partie de la communauté du Royaume du Danemark. En Iran, la répression des manifestations par le régime au pouvoir a déjà causé des milliers de morts et plus de 10000 arrestations.

Madrid, Berlin, Paris et d'autres États-membres ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour demander le respect de la liberté d'expression. Initialement jugé trop timide par certains dans la condamnation de cette répression, Lue néanmoins travailler sur de nouvelles sanctions contre Teran. Une force militaire européenne de 100000 hommes.

C'est ce que préconise le commissaire européen à la défense Andreus Cubilius pour protéger le continent. Nous faisons face à deux défis, la menace russe et le redéploiement des troupes américaines dans la région indo-acifique. Les États-Unis nous demandent officiellement d'assurer nous-même la défense de l'Europe.

Nous ne pouvons qu'être d'accord. L'idée d'armée européenne n'est pas nouvelle, mais jusqu'à présent, les 27 l'ont rejeté par peur de perte de leur souveraineté militaire ou de doublon avec le commandement de l'OTAN. Adja Labi, votre collègue à la défense, l'ancien premier ministre l'italien Andreus Cubilius parle de la création d'une force militaire européenne permanente de 100000 hommes pour remplacer les forces américaines.

Est-ce qu'on est nous en Europe suffisamment préparé à la guerre ? Alors, il est bien que nous constituons cette force militaire mais rappelez-vous la pandémie. Si nous ne sommes pas capables d'arrêter un virus, que peuvent faire 100000 militaires ou le meilleur armement ?

Et donc, il convient d'avoir une approche globale. Aujourd'hui, les crises sont multiples, elles ont des effets en cascade et c'est aussi une des leçons imprises de la la pandémie de Covid-19. C'était un virus qui a immobilisé la planète entière, rappelez-vous, qui a entraîné des problèmes de transport, de communication, d'éducation.

On a découvert euh le présentiel et le non présentiel. Tout cela a provoqué d'abord mon poste, c'est-à-dire un commissaire à l'état de préparation, donc d'anticipation des crises. Et nous avons d'ailleurs produit une stratégie.

La gestion des crises, ce n'est pas une question d'expert, c'est une question qui concerne tous les acteurs à commencer par les citoyens. Donc si nous sommes préparés avec des kits de survie euh de 72h que nous avons 72 he pour les Français que nous avons euh proposé, même s'il n'y a pas un kit euh valable pour les 27, évidemment, ça dépend où on habite. Alors ces kits de survie, ils sont admis, ils sont répandus déjà et acceptés, considéré comme normal dans des pays comme la Suède, comme la Finlande, comme le Danemark. dans d'autres pays, c'est plus difficile.

Euh la France par exemple ou d'autres peut-être la Belgique aussi ou l'Espagne où ça provoquer certains certaines questions. On m'a demandé "Est-ce que vous n'avez pas peur de semer la panique ?" Moi, je dirais plutôt le contraire.

Plus nous sommes préparés et plus nous dormirons tranquilles parce que nous pourrons euh faire face à par exemple euh une fermeture pendant euh euh quelques heures euh de toute alimentation énergétique, par exemple, un blackout comme il s'est passé d'ailleurs, il s'en est passé en Espagne. Parlons justement de l'Ukraine, les frappes se multiplient aussi contre les infrastructures. parler d'électricité en plein hiver sur des millions de foyers affectés.

C'est une crise majeure et une tentative de démoralisation des civil là en l'occurrence par les Russes. Oui, c'est une stratégie euh très claire qui est poursuivie par les Russes euh qui enfreint d'ailleurs euh les règles du droit de la guerre. Il y a des règles à respecter.

On ne vise pas les infrastructures vitales, les infrastructures civiles en temps de guerre, même en temps de guerre. Et évidemment, l'objectif c'est de de mettre à genou la population. À l'heure où nous parlons, il fait à peu près - 15°gr en Ukraine, à Kiev particulièrement où des citoyens, des familles entières doivent loger dans des trains parce que les trains sont alimentés en énergie et entre autres grâce à des générateurs que l'Union européenne leur fournit.

Depuis le début de la guerre, nous avons fourni à peu près 9500 générateurs à l'Ukraine pour lui permettre justement de de survivre. Alors, depuis 2022, nous avons contribué à peu près à hauteur de 1,25 milliards d'euros pour aider l'Ukraine et nous allons continuer. Donald Trump a pris un peu tout le monde de court autre dossier au Venézuelia après la capture du président Maduro.

Il vise clairement le pétrole. ne s'en cache pas d'ailleurs et laisse en place sa vice-présidente. Pourtant chaviste, l'Union européenne qui se veut euh la championne du respect de l'intégrité territoriale et du droit des peuples à disposer d'eux-même.

Elle elle semble pas très audible dans ce dossier. Non. Euh ce ce à quoi je pense, c'est les générations qui nous précèdent et nous-mêmes qui avons considéré pendant des décennies.

Vous savez, les États-Unis incarnaient euh cette force pour la liberté, pour la défense de la démocratie. Et évidemment, il y a beaucoup d'amertume aujourd'hui. Euh d'un autre côté, ce qui se passe au Venézuela est très inquiétant.

Euh ce n'est pas que Maduro avait une légitimité démocratique, certainement pas, mais c'est la manière parce qu'effectivement euh le droit international, la charte des Nations- Unies est remise en question et donc c'est toute l'architecture finalement à laquelle les États-Unis ont ont largement contribué, celle d'après-guerre, celle qui visait à ce qu'il n'y ait plus jamais de guerre à établir une paix durable qui est remise en question. Donc moi, je dirais ce qui est important aujourd'hui c'est que le les Vénézuéliens et le dernier mot. Vous savez, j'étais en Colombie il y a quelques semaines où j'ai rencontré énormément de Vénézuéliens.

Il faut savoir que les Vénézuéliens aujourd'hui, c'est le premier groupe de réfugiés au monde. En Europe, c'est le deuxième groupe de demandeurs d'asile après les Afghans. Donc ça montre l'ampleur de la crise.

Et en tant que commissaire en charge de l'aide humanitaire, c'est eux qui m'intéressent. C'est réduire la crise. Nous contribuons à à l'aide humanitaire aux vénézuéliens au au aux pays aussi limitrophes qui accueille beaucoup euh de de réfugiés mais aussi en Europe, je viens de le dire, il y en a beaucoup en Espagne entre autres.

Donc c'est une crise qui nous concerne tous et ce qui m'inquiète c'est le régime d'abord qui est toujours en place et comment finalement le droit à l'autodétermination des peuples sera garanti. Alors parlons aussi de de l'Iran. Là encore, on sent les Européens très gênés aux entournures.

Certaines craignent un basculement dans le chaos. D'autres euh doutent que l'insurrection réussisse à se débarrasser du système totalitaire. D'autres encore ne veulent pas apparaître comme les alliés des États-Unis et d'Israël dans ce dossier.

Alors, on dit et on fait quoi en Europe exactement sur ce dossier ? Alors, beaucoup de chancelleries ont rappelé, ont demandé à aux ambassadeurs, les ont conviés pour demander des explications. C'était le même la même chose au niveau européen.

Nous envisageons des sanctions. Nous en avons déjà pris euh beaucoup entre autres euh contre les les cords de la révolution euh islamique. Et bien sûr euh nous sommes à l'écoute du peuple iranien.

De nouveau, ici ce qui nous importe, c'est que le premier et le dernier mot reviennent au peuple iranien. Euh cette révolution, elle est partie du bazar. Elle part aussi d'une crise économique, d'une inflation euh auquel les gens ne savent plus faire face.

Il y a une fatigue évidemment du régime qui étouffe les libertés fondamentales. Vous vous souviendrez certainement de la révolte qui est née après la mort de Massa Amini. Cette jeune fille qui avait mal mis son voile et qui était arrêtée par la police des mœurs et qui en a perdu la vie malheureusement.

C'était un mouvement qui impliquait beaucoup les femmes et les jeunes. Ici, on est face à un mouvement beaucoup plus populaire euh qui est beaucoup plus large. Il y a un ralbol général.

En même temps, euh toutes les régions ne sont pas concernées et même je dirais tous les quartiers de Teran. Donc, il faut être extrêmement prudent. de nouveau respecter le droit à l'autodétermination des peuples, écouter ce que les Iraniens veulent, les soutenir.

J'entends que Donald Trump dit que l'aide est en route. Nous, en tout cas, nous serons auprès des Iraniens dans l'aide humanitaire évidemment s'il y a une situation de crise qui se présente. Et nous aidons déjà d'ailleurs les Afghans, les réfugiés afghans qui ont été chassés par millions, vous le savez, d'Iran et beaucoup par la force.

Le grand dossier qui affole les Européens en ce moment, c'est le Groenland, territoire autonome du Danemark, un pays qui appartient bien sûr à l'Union européenne et à l'OTAN. Donald Trump répète que les États-Unis auront l'île d'une manière ou d'une autre, je cite, si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le fera. Euh de son côté, le Groenlande assure qu'il va intensifier ses efforts pour que sa défense soit assurée dans le cadre de l'OTAN euh et l'Union européenne dans tout ça.

L'Union européenne soutient le Danemark, est en empathie et en solidarité avec le peuple grenlandais qui s'est exprimé très clairement il y a quelques mois. 85 % d'entre eux ont dit qu'ils ne voulaient pas faire partie des États-Unis. Le premier ministre Gwenlandais s'est exprimé aussi.

Il a dit que son pays n'était pas à vendre. qu'il s'il devait choisir entre les États-Unis et le Danemark, il choisirait clairement le Danemark, l'Union européenne et l'OTAN. Et puis on est face aussi à une situation extrêmement complexe avec une menace qui pèse sur un pays qui euh est membre de l'OTAN.

Euh aussi des citoyens euh grenlandais qui sont euh citoyens de l'Union européenne. Et donc oui, c'est une situation sans précédent. Il faut être à l'écoute aussi du Groenland et éviter la surenchère, maintenir l'architecture qui a été construite après la Seconde Guerre mondiale pour maintenir la paix.

Alors, parlons de d'un d'un territoire sur lequel l'Union européenne contribue beaucoup Gaza qu'il ne faut pas oublier. Le montant total de l'aide financière humanitaire de l'équipe Europe au territoire palestinien occupé, c'est 1,6 milliards d'euros. État membre et Commission européenne compris depuis le 7 octobre 2023.

Donc c'est un chiffre impressionnant mais 37 organisations sont bloquées euh à l'issue d'une nouvelle réglementation. L'aide humanitaire doit parvenir euh sans entrave. C'est une obligation aussi euh qui est incombe à l'État israélien.

La puissance occupante, c'est une obligation inscrite dans les conventions de Genève dont Israël est partie prenante. C'est aussi le message qui était adressé à plusieurs reprises par l'ensemble des 27 États-membres. Parce que si nous sommes parfois pas tout à fait sur la même ligne quand il s'agit de ce conflit au Moyen-Orient, par contre l'accès à l'aide humanitaire, nous sommes tous alignés, nous sommes tous sur la même page.

Vous savez qu'il y a eu un cesser le feu qui était conclu, nous nous en sommes ravis. Mais d'un autre côté euh l'aide humanitaire qui était un des premiers points euh du plan euh qui était signé, à savoir laisser à peu près 600 camions entrer euh par jour, nous en sommes très loin. Il y a à peu près 250 camions qui entrent par jour à Gaza.

C'est largement insuffisant. La crise humanitaire continue à s'aggraver. Vous savez, je je me suis rendue moi-même à la porte de Rafa. euh avec l'Égypte en fait, le point d'entrée qui permettrait qui devrait permettre point de passage de l'aide humanitaire de l'Égypte vers Gaza.

Cette porte est malheureusement fermée et on assiste à une situation assez comment dire cafayenne. J'ai visité des hôpitaux à Rafa où il y a des Palestiniens qui sont bloqués et qui ne demandent qu'une chose, rentrer chez eux. Israël doit euh comment dire respecter ses obligations.

Vous êtes en charge de l'égalité et donc du soutien aux minorités. Elles sont de plus en plus stigmatisées dans certains Étatsmembres, on sent bien sur les réseaux sociaux aussi sous sous l'influence ultra conservatrice du trumpisme entre autres. Vous allez lancer un grand plan contre le racisme ces grandes lignes.

On a interrogé les citoyens européens. 2/3 d'entre eux nous disent clairement que dans leur pays, le racisme est présent de façon euh très euh large, que ce soit sur les réseaux sociaux, que ce soit dans la vie. 47 % euh des citoyens européens d'origine africaine euh occupent des emplois qui ne correspondent pas à leur qualification.

Ils sont sous-employés. Nous avons dès lors décidé de déployer une stratégie qui s'attaque finalement à ce qu'on appelle le racisme structurel. Il y a cette tendance qui nous vient d'outreatlantique, ce parfum voilà de régression de droits que l'on pensait acquis et il y a aussi cette nécessité de lutter contre le racisme qui reste largement répondu et donc ça porte atteinte à la cohésion sociale.

Merci Adjalabib d'avoir été notre invité à la Commission européenne. Merci à vous de nous avoir suivi. Nous poursuivons au Parlement européen sur la question du mercour et de la colère agricole. [musique] C'est tout de suite le débat.

Bienvenue au Parlement européen à Bruxelles où les eurodéputés sont aux première loge des manifestations d'agriculteurs organisé depuis des semaines devant le Parlement place du Luxembourg. Les éleveurs de toute l'Europe protestent contre l'accord de libre échange conclu entre l'Union européenne et les pays du Mercosour en Amérique du Sud. Un accord en discussion depuis 25 ans qui prévoit la suppression de 90 % des droits de douane entre les deux continents créant un immense marché de 700 millions de consommateurs.

Oui. Et si cette zone de libre échange va profiter à l'industrie européenne et notamment les secteurs automobiles, pharmaceutiques, chimiques, les agriculteurs de l'Union s'inquiètent eux des importations de bœuf du mercour, de volaille, mais aussi de sucre, des denrées sud-américaines qui ne sont pas produites selon les mêmes normes sanitaires et environnementales que celles de l'Union européenne. Parmi les 27, la France, l'Irlande, la Hongrie, la Pologne et l'Autriche ont d'ailleurs voté contre ce traité mais n'ont pas réussi à former la fameuse minorité de blocage.

Alors pour débattre de cet accord avec le Mercosour, deux eurodéputés, nous accueillons Jérémie de Cerle. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes eurodéputé français, membre du groupe Rouw, le groupe centrist au Parlement européen et je précise que vous êtes éleveur de profession. En un mot, Jérémie Deurer, comment vous qualifiez cet accord ? vieux, injuste et puis je pense triste aussi pour l'agriculture européenne en tout cas.

Ravier Moreno Sanchez espagnole, membre du groupe des socio-démocrates. Vous comment vous le décrivriez ce traité de libre échange brièvement ? D'abord, c'est un accord beaucoup plus large qu'un accord commercial.

C'est un accord stratégique avec un partenaire stratégique dans une situation géopolitique et géoéconomique très délicate où Trump veut imposer sa loi et nous on négocie. Lui monte les tarifs, nous on les descend. Alors écoutons d'ailleurs ce qu'en pense la présidente de la Commission européenne Urzula Van Derleyen qui se réjouit du vote de cet accord de libre échange au niveau des 27.

Cette décision du Conseil européen marque un jour historique. L'Europe envoie un signal fort. Nous nous engageons pour nos priorités.

Cet accord de libre échange va générer de la croissance économique, des opportunités et de la prospérité pour les citoyens et les entreprises européennes. Nous sommes en train de créer la plus grande zone de libre échange du monde avec un marché de 700 millions de consommateurs. Monsieur De vous admettez que cet accord de libre échange peut être positif pour de nombreux secteurs économiques et même j'ai envie de dire même dans le secteur agricole, il y a des producteurs de vin et de fromage qui se réjouissent plutôt ?

Moi, j'admets que le commerce international et les échanges avec d'ailleurs n'importe quelle zone du monde peuvent apporter une part de bénéfice. Par contre, pour que le bénéfice soit bon, il faut pas qu'on finalement qu'on mette à mal ou qu'on affaiblisse un certain nombre de secteurs. Et je parlais de justice ou d'accord juste tout à l'heure dans mes propos.

Et ben en fait là c'est pas juste pour l'agriculture européenne. Donc encore une fois les agriculteurs ce qu'ils viennent dire c'est pas qu'ils veulent plus de commerce, c'est qu'ils veulent un commerce juste. Et dans la mesure où en Europe, on a choisi d'avoir l'agriculture la plus belle du monde, ce qui est un objectif formidable, et bien on devrait s'assurer de mieux la protéger et c'est pas le cas avec cet accord.

Alors Ravière Moreno Sanchez, on a entendu Ursula Van Derleen parler d'accord historique mais selon les prévisions, ce traité de libre échange devrait rapporter à l'Union européenne en 2040 une croissance de 0,05 % du PIB européen. Ça en vaut vraiment la peine. Mais au comme j'ai dit tout à l'heure, au-delà de de l'aspect économique, c'est important qu'on qu'on ait des relations avec des pays avec qui on partage les valeurs, spécialement dans la situation dans laquelle on se trouve.

Moi, je pense que le Mercosour est un peu le bouquém pour le mal-être qu'expriment les agriculteurs et notre but, c'est de faire comprendre aux agriculteurs que c'est pas une menace mais une opportunité. Par exemple, mes agriculteurs espagnols, la plupart sont très favorables parce qu'ils voient des possibilités d'exportation et et ils sont très actifs. Donc, on n' pas tout à fait les mêmes problèmes qu'en France, je et je respecte tout à fait ce qui se passe, mais je pense que on doit plutôt voir comment on doit gérer, comment on doit redéfinir la politique agricole commune et la politique de chacun de nos pays auprès de ces paysans qui ont ce mal-être, mais pas prendre le le Mercosour comme bou commissaire.

Vous entendez euh ce qui est dit des opportunités, pourquoi pas ? Euh il y a d'ailleurs des quotas d'importation qui sont euh très faible, moins de 2 % euh pour la production euh totale européenne, par exemple pour les pour la bœuf, les volailles, le sucre et cetera. C'est des faibles quantités.

On voit mal comment ça pourrait à ce point déséquilibrer les marchés et mettre en difficulté les agriculteurs européens. Justement, je crois qu'il faut faire attention les agriculteurs qui sont dans la rue d'ailleurs qui sont pas que français et même s'il y a une majorité d'agriculteurs espagnols et je pense qu'on peut faire le calcul qui sont favorables à ça. Il y en a aussi des Espagnols, des Italiens, des Allemands qui étaient dans la rue le 18 le 18 décembre et qui seront aussi à Strasbourg dans quelques jours pour manifester aussi leur colère.

Ce que je veux dire par là, c'est pas tant les quantités euh de produits qui arriveraient sur sur notre territoire, c'est la qualité et la manière dont ils sont produits. On ne peut pas dire encore une fois aux agricultrices et aux agriculteurs européens, faites de cette manière parce que c'est mieux pour les consommateurs et les citoyens et parce que ça respecte aussi nos ambitions sur la lutte contre le changement climatique ou sur l'écologie en général. Mais par contre, on ne s'interdit pas d'importer euh des produits qui ne respectent pas ça.

Peu importe s'il y a 1 kg de viande ou 100 kg, si elle n'est pas bonne, si elle n'est pas produite dans les conditions dans lesquelles nous imposons ces ces ces normes-là à nos agriculteurs. Vous êtes pas d'accord, je vois je vous vois la parce que la viande qui respecte pas ces normes elle rentre pas. En ce moment, par exemple, en ce moment, par exemple, par exemple en ce moment à Bruxelles, c'est impossible de trouver de la viande brésilienne.

En ce moment, c'est très difficile. C'est impossible parce qu'elle est pas arrivée. Mais non, non.

Elle est elle est elle est elle est elle est interdite. Mais il y a beaucoup de populisme avec ça. Et elle est interdite comment ?

Dites-moi comment ? au port d'Amsterdam où où elle arrive, ça c'est à nous aux autorités portuaires de de stopper. Mais ceci dit, il y a il y a beaucoup il y a beaucoup de populisme avec tout ça.

Alexandre, Caroline, Jérémy, combien de steaks canadiens avez-vous mangé depuis 9 ans ? Bah aucun. Voilà pourquoi parce que pourtant il y a 9 ans, il y avait la grande polémique on va on allait avoir une invasion de bf canadiens.

Invasion non mais c'est du populisme repris par l'extrême droit. Non, parce que il aura les contrôles il aura les contrôles sanitaires et phyosanitaires qui ont lieu déjà maintenant et qui seront renforcés parce qu'on aura un cadre institutionnel qui qui force. Et ben il le faut avant le cadre, il existe pas là.

Mais ils sont déjà contrôlés. C'est déjà contrôlé et ça sera encore plus. Bah moi je veux bien mais apportez-moi des preuves.

Il y a pas de preuve que qu'il y a que les produits bah allez allez trouver allez trouver à Bruxelles. Allez dans les supermarchés. Donc ça veut dire que les agriculteurs qui se battent contre ça sont des nazes en fait parce que du coup ils disent que des petites si c'était fait bien évidemment que il y a beaucoup de mensonges les contrôles il y a des contents et que les agriculteurs ment aussi donc arrêtez de dire qu'il y a des mensonges les produits pourquoi les brésiliens ne veulent pas de réciprocité parce que ils veulent pouvoir vendre avoir accès à notre marché.

Peut-être qu'il y en arrivera pas beaucoup et je suis d'accord que c'est minime mais ils veulent avoir accès à notre marché sans respecter nos nom. C'est ça. D'abord, elles sont respectées et puis entre nous entre nous entre nous entre une vache euh dans la pompe à argentine et une vache en Autriche dans une case, je pense que la le moyen de production sont beaucoup plus pour le bien-être des des des anim.

Vous voulez qu'on regarde les fidelotes sud-américains ? Arrêtez de comparer. Argentine Oui.

Je suis allé au Brésil, j'ai fait 6 mois au Brésil sur une exploitation agricole. Oui. Puisque dans ce débats étatsmembres de l'Union européenne comme la France demandent ce qu'on appelle des mesures miroir, c'est-à-dire d'aligner les normes du mercosour sur celle de l'Union européenne.

On va écouter sur ce point une ONG environnementale française sur ces mesures miroir. Si l'Europe euh appliquait véritablement ses propres normes environnementales et sanitaires euh à toutes ces importations, on sait très bien qu'une grande majorité des produits du Mercosur ne pourrait plus rentrer sur le marché européen. Et c'est pour ça qu'on a de nombreux politiques qui bricolent mais qui ne souhaitent pas véritablement mettre en place ces mesures miroires.

Un pilier essentiel d'un commerce plus juste et plus équitable. Alors on bricole et finalement ces mesures miroir n'existent pas. En tout cas, pas dans cet accord-là.

Ça a peut-être existé dans l'accord. Il suffit de de lire dans l'accord, c'est écrit, hein. Donc c'est aussi clair que ça.

C'est de la mauvaise fois. Je dis ben alors faut dire aux agriculteurs, arrêtez de manifester, il y a aucun risque. C'est vrai que les agriculteurs sont bêtes à d'un autre côté, OK, je je suis d'accord et j'ai compris j'ai j'ai compris j'ai compris le le malaise et ça, mais c'est pas un accord agricole.

Je suis désolé. Comment c'est pas un accord agricole ? Et ben alors, fallait sortir l'agriculture.

C'est beaucoup plus c'est beaucoup plus large que ça. D'accord. Alors l'agriculture est une partie, c'est ce que les agriculteurs demandent mais ça offre des possibilités à nos à nos PME, à nos entreprises, même à nos agriculteurs.

Mais mes agriculteurs mais ils il ils sont en train d'attendre de de de pouvoir de pouvoir exporter interviewer des agriculteurs espagnols et on verra. Et puis les produits sensibles sont protégés par ce qu'on appelle les indications géographiques, le le le Bordeaux, tout ça. Et ça c'est très mais ça c'est très important.

C'est très important. Et je vais vous donner une anecdote. Le gruè qui est d'origine suisse d'une petite région suisse les Suisses l'ont pas protégé.

C'est pas une indication géographique. Et ben dans la liste des 63 français c'est écrit gruyère. Et ben c'est très bien.

Mais c'est pas pour ça que ça c'est pas pour ça que ça rend la protégés. Il faut arrêter de dire qu'ils sont pas protégés. On a fait les clauses de sauvegarde.

Jérémy de sur ces mesures miroires, cet alignement des norme, vous dites le compte n'y est pas. Bah bien évidemment, le compte n'y est pas et pourquoi les pays du Mercossur ne veulent pas entendre parler de cette réciprocité ? C'est c'est pas concrètement concrètement vous êtes éleveur bauvin.

Quelle est la différence entre du bœuf brésilien et du bœuf français ? On clair sur la traçabilité. Un vau en Europe quand il naît dans les 10 jours après sa naissance, il doit être muni d'une carte d'identité qui permet de tracer, de savoir les différentes exploitations dans lesquelles il est passé avant de se retrouver dans l'assiette du consommateur.

Au Brésil, il y a pas ça. En Argentine, il y a pas ça. Et après sur les traitements qui sont enfin qui sont donnés faits au au aux animaux, il y a des hormones activateurs de croissance qui sont utilisées en tout cas qui ne sont pas interdits.

J'ai pas dit que toute la viande qu'elle allait rentrer sera toute mauvaise. Je dis juste qu'elle ne respecte pas les conditions de production qui sont imposées à nos éleveurs. Alors, ça vous êtes pas d'accord politiquement quand même euh j'ai envie de dire la France grand pays agricole que vous connaissez bien, monsieur Moreno Sanchez, euh l'Irlande, la Hongrie, la Pologne, l'Autriche qui ont voté contre.

Mais finalement on passe outre, il y a une majorité euh pour voter euh pour voter pour. Donc euh et bien la commission décide de mettre tout en branle. Est-ce que c'est est-ce que ça c'est de nature aussi à générer certaines frustrations en Europe ou pas ?

Oui, et il y a certaines voies même au Parlement européen qui disent "Ça va trop vite, de toute façon, nous on va devoir voter tôt ou tard, on va devoir voter." Ce qui empêche pas que l'accord entrera provisoirement en en fonction et euh et euh bah on devra le dire oui ou non. Si la si on dit non, bon bah là ça remet tout en question.

Mais bon, pour le moment et politiquement, il peut y avoir une majorité au Parlement européen pour cet accord. Je pense que oui. Et vous, vous pensez que il est blocable au Parlement européen dans pourra le bloquer.

Oui, forcément. on aura pas le même avis. Moi, je suis pas je suis sûr de rien.

Je suis sûr que on va être nombreux à se battre pour aller convaincre les parlementaires de déjà saisir la Cour de justice européenne pour remettre en cause les fameux le fameux mécanisme de rééquilibrage. Je vais pas me lancer dans une explication complexe mais par contre voilà ce que le Parlement peut encore faire et puis au moment du vote qu'aura peut-être lieu au printemps peut-être avant et ben le parlement sur le texte sur son entièreté pardon le parlement devra aussi s'exprimer. J'espère qu'il se reposera à cet accord.

Ravière Moréo Sanchez, on voit bien que il y a la colère agricole qui gronde en ce moment, mais euh en même temps, vous avez mentionné des objectifs géopolitiques très importants à atteindre à travers cet accord et notamment parce que Trump nous mène une guerre commerciale. Donc, on voit bien que la commission a accéléré et qu'elle considère aussi l'Amérique latine, on l'a bien vu avec l'aventure vénézuélienne comme son précarré. Ça, ce sont deux deux choses qui passent beaucoup.

Tout à fait. Et comme j'ai dit, alors alors que Trump nous met des tarifs à grande échelle, nous on négocie pour pour les enlever et permettre à nos entreprise, à nos PME, mais aussi à nos agriculteurs, je je tiens à le souligner, de pouvoir exporter. Et sinon sinon géopolitiquement l'Europe, on va disparaître.

On va disparaître. Si si on peut plus commercer avec les États-Unis, avec Poutine, c'est pas possible. Les Chinois, c'est compliqué.

Et en plus, les Chinois, ils vont prendre les marchés qu'on qu'on prendra pas nous. Donc il faut il faut il faut qu'on qu'on survive surtout avec une population. Il y a l'effet aussi démographique parce qu'on est une population qui a a tendance à stagner alors qu'il y a des marchés qui s'ouvrent.

L'Amérique latine est en pleine croissance démographique et on peut on peut exporter nos nos nos produits là-bas. Jérémie de Serle, vous l'admettez, il y a des priorités, des urgences pour l'Union européenne sur le plan géopolitique, sur le plan commercial avec l'agressivité commerciale de Donald Trump également de la Chine et il faut faire des concessions peut-être même sur sur l'agriculture en développant ces accords de libre échange. Moi sur la partie géopolitique, je suis pas un spécialiste, mais si on veut qu'il y ait un gain géopolitique dans un accord commercial ou dans une relation commerciale telle que celle qu'on veut sur laquelle on veut aller avec le Mercossû, il me semble qu'il faut exporter dans le pays avec lequel on choisit de faire le partenariat une partie de son identité politique.

Et là, je crois que vu ce qui se passe avec l'agriculture, avec l'environnement dans les pays d'Amérique du Sud, on est plutôt en train de remettre en cause nos ambitions ou notre identité politique qui est quand même basée, il me semble, un petit peu sur l'agriculture. On n' pas fait non plus le Green Deal pour rien. On a une ambition environnementale.

Il se trouve que notre ambition environnementale et climatique, elle est quand même bien lointaine de celle de l'Amérique du Sud. Donc si on n'exporte pas notre identité politique, c'est bien on est implanté là-bas mais on n'est pas implanté politiquement, on a implanté commercialement puis peut-être avec je l'avoue peuvent être intéressantes mais attention mais on est en train de se regner. Bah, je trouve qu'on rogne en tout cas euh une partie de notre identité politique et pas la plus mauvaise.

J'aimis revenir sur l'environnement justement. Est-ce que vous pensez vraiment que sans accord ça va être plus facile que le à l'époque Bolsonaro ? C'est vrai que que si on lui dit on fait pas d'accord avec toi, il va dire "Ah bah j'arrête de de d'enlever des arbres." Non, justement, on a un cadre institutionnel dans lequel on a des négociations.

On leur dit, "Tu es mon partenaire maintenant tu arrêtes de de faire de la déforestation et au moins tu as un moyen de pression. Si tu as pas d'accord, qu'est-ce que tu me racontes ? Merci à tous les deux d'avoir bien illustré aujourd'hui ce débat consacré au mercour.

On voit bien qu'il n'est pas terminé ce débat. Il va se poursuivre tout au long du mois de janvier et de l'année 2026. Très bonne suite des programmes sur nos antennes.