Invitée : Clémentine Autain - Territoires d'infos (13/03/2017)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 33 %Attaque 50 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 33:46OuverteRéponse directe
La France a-t-elle eu raison d'accueillir le ministre des Affaires étrangères turc pour un meeting de soutien au référendum du président Erdogan ?
- 35:15OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous que Jean-Luc Mélenchon plafonne autour de 12-13% dans les sondages ?
- 37:45RelanceRéponse partielle
Pourquoi la campagne de Mélenchon n'est-elle pas aussi vertueuse qu'en 2012 ?
- 39:52OuverteRéponse directe
La Grande Marche pour la 6ème République a-t-elle un rôle à jouer dans la campagne ?
- 40:33OuverteRéponse directe
Est-ce la 5ème République qui est à bout de souffle ou les élus ?
- 42:46RelanceRéponse directe
Une 6ème République augmenterait-elle le pouvoir d'achat ou l'égalité des retraites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 33:54Clémentine AutainFait
« La France devrait avoir une parole ferme, claire, contre le régime d'Erdogan, qui est un régime autoritaire. »
- 35:47Clémentine AutainFait
« 5 ans de bilan catastrophique pour la gauche, ça pèse sur les épaules de toute la gauche. »
- 38:03Clémentine AutainPromesse
« Il faut qu'on réussisse cette présidentielle et que la candidature de Jean-Luc Mélenchon soit le plus haut possible. »
- 38:51Clémentine AutainFait
« La première responsabilité, c'est celle de ce gouvernement. C'est celle de François Hollande, de Manuel Valls, qui se sont entêtés à mener une politique de droite au nom de la gauche. »
- 39:32Clémentine AutainFait
« Jean-Luc Mélenchon et nos forces politiques mènent une bataille pour redonner des couleurs à la gauche, pour redonner du sens à la politique. »
- 40:42Clémentine AutainFait
« On fait sauter la 5ème République. »
- 41:32Clémentine AutainFait
« On a pris beaucoup de temps pour faire une politique qui aujourd'hui amène un chômage de masse à une République qui est totalement exempte. »
- 41:52Clémentine AutainFait
« Ce qu'on veut toucher, c'est la constitution pour y mettre un nouveau droit qui peut toucher au droit au logement ou au droit à l'avortement. »
- 42:04PrésentateurFait
« Il faut le non-cumul des mandats, »
- 42:07PrésentateurFait
« il faut un certain nombre de nouvelles règles parce que ce qu'on a vu avec l'emploi d'assistants parlementaires issus de la famille, »
- 42:46PrésentateurFait
« Non mais j'en reviens au programme d'Emmanuel Macron qui a insisté hier soir sur le fait qu'il volait un seul régime de retraite, »
- 42:51PrésentateurFait
« donc la fin des régimes spéciaux, la même chose pour le privé, le public et les indépendants. »
- 45:40PrésentateurFait
« Moi je ne crois pas que l'état d'urgence aujourd'hui nous aide à lutter contre le terrorisme. »
- 46:52PrésentateurFait
« Donc on a besoin de constitutionnaliser ce droit et de donner les moyens publics pour que les centres IVG ne ferment pas. »
- 47:40PrésentateurFait
« Et surtout, je pense que Jean-Luc Mélenchon a le programme le plus féministe. Il a le programme le plus cohérent du point de vue de l'avancée des droits des femmes. »
- 48:56PrésentateurFait
« Elle, évidemment, est profondément contre et dit que son parti politique a depuis très longtemps dénoncé l'attitude du président Erdogan. »
- 49:43Locuteur 5Chiffre
« 40 000 arrestations, 120 000 fonctionnaires révoqués, la liberté d'opinion et de presse muselée. »
- 50:52PrésentateurFait
« C'est un pays européen, la Turquie ? »
- 52:14PrésentateurFait
« Au fond, elle était évidemment tout à fait d'accord pour dire que le quinquennat de François Hollande était un échec. »
- 52:51PrésentateurFait
« C'est quoi ? C'est le vote utile, là ? Il est victime du vote utile, Jean-Michel Elvig, pour Luc Mélenchon ? »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Locuteur 54 %
- Locuteur 74 %
- ?3 %
- Locuteur 23 %
- Locuteur 92 %
≈ 19,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Territoire d'Info, Public Sénat, Sud Radio.
Bonjour
à tous, bonne journée, nous sommes ensemble pendant une heure. Bienvenue dans la matinale de Public Sénat de Sud Radio avec la presse quotidienne régionale. Territoire d'Info,
c
'est une heure de direct et on retrouvera notre invité politique à 8h. Aujourd'hui, c'est Clémentine Autain, la conseillère régionale Île-de-France, qui soutient Jean-Luc Mélenchon, qui sera débriefé par nos éditorialistes. Dans un instant, le JT des Territoires, suivi du débat des éditorialistes de la presse quotidienne régionale, puis vous retrouverez le zappellisé, le premier zapping politique de la journée. Mais tout de suite, c'est le JT des Territoires, dans un instant. Hénin-Beaumont, Bocaire et Ayange, trois villes qui ont basculé vers le Front National aux dernières élections municipales.
Pendant deux ans, Valérie Higounet et Vincent Jarousseau ont passé de longs moments à échanger avec les habitants de ces villes pour comprendre ce basculement. Des heures d'échange et de témoignages d'élus, de sympathisants ou d'opposants sous forme de romans photos qui donnent à comprendre comment ceux-ci ont délaissé les parties les plus classiques. Michel Weiss pour Mirabel TV. Si vous cherchez une histoire d'amour à l'eau de rose ici, passez votre chemin. L'histoire racontée dans ce docu-photo dépeint le quotidien d'hommes et de femmes qui vivent dans des villes gérées par le Front National.
Un
travail de fourmis réalisé pendant deux ans à Hénin-Beaumont, Bocaire et Ayange, où leurs auteurs ont donné la parole à opposants, sympathisants et élus. Chaque propos y est fidèlement retranscrit dans ces villes frappées par la crise. L
'illusion nationale, c'est d'abord un travail sur les représentations de gens que l'on ne voit pas ou peu dans les médias, qui ont finalement assez peu le droit de citer au chapitre de la vie politique au sens large du terme. Et c'est vrai que ces personnes ont exprimé d'abord une illusion et surtout ont exprimé une
désillusion à l'égard de la classe politique traditionnelle.
Il
fallait qu'on montre avec chaque profil, chaque personne ce qu'elle nous offrait, ce qu'elle pouvait dire et ce qu'elle pouvait représenter par rapport à ce qu'elle était. Et donc c'est ça aussi que ça nous a permis. Ces longues heures nous ont permis d'avoir un panel assez éclectique et rigoureux de justement ce que sont les électeurs et les électrices du Front National d'aujourd'hui.
Ce livre donne à comprendre le sentiment d'abandon de ces électeurs et pourquoi leurs municipalités ont basculé vers le Front National.
Et
ce qui revient le plus dans leur collecte d'informations, c'est ce sentiment de fierté pour leur ville, mais aussi une certaine nostalgie du passé.
Et,
chose plus surprenante, le fleurissement et la propreté de celle-ci, obligeant leurs auteurs à s'interroger sur la proximité et les petites attentions mises en place par son maire Fabien Gellemann.
Est
-ce qu'une ville plus fleurie, une ville plus propre, est de nature à changer la vie des gens, à la détourner de la colère qui était la leur et qui, pour un certain nombre d'entre eux, les ont poussés par des illusions à l'égard des partis traditionnels à voter pour le Front National, à adhérer pour ce parti et ses idées ?
C
'est un peu les questions qui sont posées au travers des différents propos. Une immersion qu'ont bien évidemment apprécié les protagonistes de ce livre, Guillaume est animateur dans un centre social, et ce qui la séduit dans cette approche, c'est la neutralité et l'objectivité des propos qui sont rapportés dans l'ouvrage. Ils ont réussi à garder cette distance et faire quelque chose qui, pour le coup, me paraît lisible et écoutable par tout le monde, et compréhensible par tout le monde, il n
'y a
pas besoin d'avoir fait des études d'histoire pour comprendre ce livre.
Et
c'est très humain. Ils sont très humains, ils ont interrogé des gens très humains, photographié des gens très humains, on est dans une ville très humaine, et c'est ça qui m'a beaucoup plu. Avec plus de 45% de voix obtenues à Ayange au premier tour lors des dernières élections régionales en 2015, le Front National est encore bien ancré. Les présidentielles, dans quelques semaines, devraient nous en apprendre davantage sur une ville qui a tourné le dos aux autres partis. La désertification reste un sujet majeur de préoccupation dans les territoires, on en parle souvent dans ce journal. De nombreuses initiatives émergent pour tenter d'améliorer les choses.
Et à Calais, la mer a présenté un plan de relance pour le commerce. Amélioration du cadre, meilleure circulation, arrivée de sociétés de services et surtout des aides pour les commerçants et un accompagnement pour les porteurs de projets. On l'écoute au micro de Caroline Fichten pour OUETV dans le Nord.
Notre
invitée du jour est Natacha Bouchard, maire Les Républicains de Calais. Face à la désertification du centre-ville, elle a présenté un plan de relance du commerce, amélioration du cadre, meilleure circulation, arrivée de plusieurs entreprises de services et surtout un dispositif pour accompagner les porteurs de projets.
De
l'accompagnement pendant trois ans sur les loyers, donc sur les
cellules vides actuellement, on prendrait en charge 75% la première année, 50% la deuxième année, 25% la troisième année avec un accompagnement aussi de communication,
de marketing et également un accompagnement de gestion puisqu'il est important que les porteurs de projets puissent savoir précisément dans quoi ils se lancent, les accompagner aussi dans leur business plan.
C'est la priorité des priorités puisque nous avons, je dirais, une charge en termes de communication avec les événements malheureux que nous avons vécu durant ces quatre dernières années et plus spécifiquement sur l'année 2016, la volonté de l'urgence du plan de relance pour le commerce que j'ai présenté donc ce matin et qui sera relayé au sein des associations, des organismes partenaires pour qu'ils puissent être d'abord accessibles, volontaires, optimistes, pour qu'on puisse en fait requalifier la dynamisation du centre-ville.
Les
conditions de vie et de mise à mort des animaux d'élevage sont devenues un sujet de débat, vous le savez. Dans les Vosges, l'association ADAE, relais de l'association L214, organise régulièrement des actions pour dénoncer la maltraitance animale, notamment dans les abattoirs.
Des
lieux où il est quasi impossible de filmer, l'abattoir coopératif adéquat à Rambert Villiers a ouvert ses portes à Vosges Télévisions. Attention, certaines images peuvent heurter les sensibilités. Un reportage de Stéphanie Renaud.
Nous
débuterons ce reportage par une mise en garde car des images pourraient heurter certaines personnes. Récemment à Saint-Dié-des-Vosges, l'association pour la défense animale dans l'Est,
ADAE, antenne départementale de l'association L214, a brandi des photos et diffusé des vidéos, association qui dénonce les maltraitances dans les abattoirs et quels que soient les faits, s'oppose à toute mise à mort des animaux. Par définition, ce sont des lieux de violence, de souffrance. Tous les animaux ont la capacité malheureusement de ressentir la souffrance, de ressentir la peur. Et puis il
y a
la maltraitance institutionnelle qui est un coup de tige perforatrice pour l'étourdissement qui va mal fonctionner, une pince électrocutante qui va mal fonctionner. Donc un animal qui arrive à moitié étourdi sur la chaîne d'abattage. Il est très difficile aujourd'hui de filmer dans un abattoir, mais celui de Rambervillet a accepté de nous ouvrir ses portes. Un petit équipement coopératif propriété d'éleveurs. Ce matin-là,
une quinzaine de bovins attendent, arriver la veille pour limiter leur stress.
Le travail débute tous les jours à 5 heures. Les porcs, en moyenne une quarantaine, ont déjà été abattus. Les bovins seront tout d'abord étourdis, mais on ne filmera pas la saignée des images toujours impressionnantes. Tuer un animal n'est pas un geste anodin. La loi impose des référents de la protection animale. Ici, ce sont le directeur et le chef de la chaîne d'abattage.
C
'est une formation de 2 jours et demi. Ce titre nous donne des responsabilités par rapport à la façon dont ça se passe et donne aussi les clés pour prendre les bonnes décisions si on a un incident. Un animal qui se casse une patte, un animal qui arrive blessé, un animal qui ne veut pas avancer, comment on fait concrètement pour quelles décisions on prend. Philippe Mochon a rarement, mais parfois constaté, chez des salariés des comportements anormaux. Si on voit qu'un opérateur n
'est
pas bien, n
'est
pas dans ses baskets à un moment donné, on va le changer de poste, on va le mettre sur un autre poste et puis on va mettre un opérateur qui va mieux aujourd'hui pour faire ce travail-là.
L'abattage demande des gestes techniques pour récupérer par
exemple la dépouille, le cuir qui sera vendu. Une technicienne des services vétérinaires inspecte tout, de la mise à mort à l'estampille apposée sur la carcasse, le feu vert sanitaire et sur la chaîne, en apparence, pas de cadence infernale.
Nous ici personnellement,
on a du travail, mais on n
'a
jamais eu de pression, on a un travail à effectuer, on a un planning à respecter. Ce n
'est
pas un métier facile, mais on assume et on va jusqu'au bout.
Vous
aimez
votre métier ?
Bien mon métier, j'aime bien et je fais toujours la pôle de défendre. Le débat apporté par L214 aujourd'hui n
'est
pas un débat de protection animale, mais c
'est
un débat anti-viande. Donc voilà, avec eux, pour moi, il n
'y a
pas de discussion possible. Il y a d'autres associations de protection animale, l'OABA entre autres, qui ont porte ouverte dans la plupart des abattoirs. Alors comment prendre en compte la situation des animaux d'élevage ? Pour l'heure, ce sont les images volées des associations qui ont fait évoluer la loi. La vidéo surveillante sera obligatoire dès 2018 dans tous les abattoirs.
Les
livreurs à vélo sont de plus en plus nombreux et ils veulent défendre leurs droits. 6 Bordelais viennent de créer, avec la CGT Gironde, le premier syndicat de coursiers à vélo en France. Ils dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail et de rémunération sans les bénéfices de leur statut d'auto-entrepreneur. Ils espèrent fédérer bien au-delà de Bordeaux et obtenir des garanties sociales collectives face à la pression des plateformes. Dominique Parmentier pour TV7 en Gironde.
Ils
sont aujourd'hui un millier à sillonner les rues de Bordeaux pour livrer des repas à domicile. Qu'ils soient étudiants, en complément d'activité ou à temps plein, ils sont liés par un contrat de partenariat avec les 3 ou 4 principales plateformes qui les mettent en relation avec les restaurants. A Bordeaux, le prix de la course varie entre 5 et 7,50
euros
brut. En moyenne, ils gagnent 1 500 euros brut par mois. Mais aujourd'hui, ils voient leurs conditions de travail et de rémunération se dégrader.
C
'est le changement de tarification assez fréquent en fait. Ce qu'ils appellent des primes qui vont être d'un mois à l'autre qui peuvent changer. Si on n'a pas les bonus, généralement c'est moins intéressant. Et au fur et à mesure, on nous les enlève.
On n'a aucune garantie que ça ne va pas continuer à diminuer. Pour les nouveaux, ils n'ont même
pas de taux
horaire.
On peut se faire virer, alors ce n'est pas virer, virer, ça s'appelle une rupture de contrat à tout moment.
Ce qui me pose problème, c'est la sécurité. Disons que personnellement, je roule moins vite que mes confrères.
Il y en a beaucoup qui ne sont pas assurés.
Et
bien sûr, ils n'ont pas droit au chômage. Ils ont tous le statut d'auto-entrepreneur, mais pas l'autonomie qui va normalement avec. Parce
qu
'ils
ne choisissent pas leurs clients, on leur impose un rythme de travail. Ce n
'est
pas eux qui font leurs tarifs, on leur impose les tarifs. Et quand
ils ne conviennent plus, ils disparaissent. C'est ce qui est arrivé à Arthur, rayé de la plateforme Delivero d'un seul clic. Non seulement il y a une grande précarité, mais il y
a
une dépendance économique très forte, avec une forme, n'ayons pas peur des mots, d'esclavagisme.
Alors aujourd'hui, ils ont décidé de créer ce syndicat avec la CGT, le premier du genre en France.
Aujourd'hui, on a voulu se donner les moyens, tout simplement, d'avoir notre mot à dire. Aujourd'hui, les restaurateurs ont leurs intérêts. Les plateformes se livrent une concurrence sans merci. Et on est une variable d'ajustement de leur rentabilité. On veut, encore une fois, pérenniser ce marché. Avec, à l'intérieur de ces pérennisations, nos intérêts.
Aujourd
'hui,
ils
ne sont que six, mais ils espèrent fédérer non seulement leurs collègues bordelais, mais tous les coursiers de France et d'Europe, pour défendre collectivement leurs intérêts face à la puissance des plateformes. Focus maintenant sur un enseignement novateur dans les Alpes-Maritimes. Une formation métier de l'alimentation durable à l'autonomie alimentaire va avoir le jour à Moinsartout. Une convention a été signée entre la ville et l'université Côte d'Azur. Un diplôme sera délivré aux agents territoriaux, élus et étudiants qui suivront le cursus. Moinsartout qui, depuis 2012, fournit les cantines de ses écoles en produits 100% bio et cultivés sur la commune. Lucie Camin pour AzurTV.
Mettre en place des repas 100% bio, produits par des agriculteurs locaux dans nos écoles, hôpitaux ou encore maisons de retraite, c'est ce que propose la future formation délivrée par l'université Côte d'Azur et la ville de Moinsartout qui
proposera un diplôme autour de la restauration
durable et collective. Un enseignement qui s'inspira du modèle mis en place par la commune Maralpine depuis 2012.
On fournit à l'heure actuelle 1000 repas jour sur la commune de Moinsartout qui concernent à la fois les écoles et les crèches. 1000 repas
100
% bio, 80% de la production est en production locale issu de la ferme communale qu'on a sur le territoire de la commune. Et ce modèle économique, on souhaite le faire partager, le partager avec d'autres collectivités qui voudraient se lancer dans la même démarche.
Un enseignement destiné aux élus, agents territoriaux ou encore étudiants qui souhaitent développer ce modèle dans les collectivités territoriales. Et c'est ici, sur le domaine de Haute Combe, le potager qui nourrit les jeunes mansois où sera délivrée la formation.
Payante, elle durera entre 3 et 4 mois. Il y a plusieurs choses en fait, ça part du plan d'urbanisme jusqu'aux questions nutritives, l'économie du projet aussi qui est en avant. Ça se découpe en plusieurs phases,
des
phases où on sera en présentiel d'ici, des phases de diagnostic qui auront lieu chez eux, en fait, sur leur territoire.
Des experts de l'urbanisme, du monde de l'agroéconomie ou encore des chefs étoilés seront aussi présents pour guider les élèves. Début de la première session en octobre prochain.
Le
vitrail à l'honneur d'ici fin 2019. La cité du vitrail dans l'aube de 500 m² actuellement devrait s'agrandir à 2500 m² pour arriver à un total de 3000 m². Cette cité a pour but d'initier à l'art du vitrail afin d'inciter le public à se rendre sur les multiples sites du département. L'aube compte près de 9000 m² de surface vitrée, un record en France. Flavien Léger pour Canal 32.
Anne
-Claire-Garbe a été recrutée en juillet 2016 afin d'accompagner l'extension de la cité du vitrail. Cette aile de l'hôtel Dieu va permettre de passer de 500 à 3000 m².
La chapelle haute et la chapelle basse vont être complètement rénovées et puis vous avez ensuite toute cette aile ouest que vous voyez ici commencer mais qui se poursuit tout le long de l'aile. Toutes les salles à l'intérieur vont être rénovées.
Sa mission en tant que conservatrice consiste à étudier les vitraux afin de les faire connaître.
Choisir les œuvres que l
'on
va présenter, les vitraux, construire le parcours, construire le discours aussi, quelle histoire est-ce que l'on veut raconter, comment est-ce que l'on veut présenter le vitrail.
Anne-Claire a été séduite par l'ampleur de ce projet unique en France qui doit permettre aux visiteurs de mieux comprendre cette forme d'art.
Par
exemple, un vitrail comme celui-ci, on voit un certain nombre de couleurs, un certain nombre de détails dont on ne comprend pas forcément comment ils sont faits. Et quand on s'approche, vous voyez que c'est un petit peu piqueté. Ça, c'est du travail de la grisaille. Le but, c'est aussi d'inciter les visiteurs à aller découvrir les vitraux en place dans les bâtiments, essentiellement des églises, mais pas que. Mais l'avantage de venir à la cité du vitrail, c'est aussi qu'on voit des vitraux à hauteur du...
Ouverte en 2013, d'après le département qui pilote ce projet, la cité du vitrail a reçu plus de 100 000 visiteurs. Ce lieu doit devenir un point de départ pour rayonner
dans toute l'aube.
Nous faisons un travail aussi avec les communes du département
où
beaucoup de bénévoles sont venus se former. Ça sera l'espace pédagogique,
l'espace où on va faire les ateliers, parce qu'il y a une grande demande aussi d'ateliers. Et aujourd'hui, nous sommes très contraints.
Autre constat, ce lieu a créé une émulation.
Opuiseau a refait des vitraux modernes qui sont exceptionnels. Il y a l'envie de refaire des vitraux. On a aujourd'hui des artisans verriers qui sont installés dans l'aube et
qui conçoivent des vitraux de très très grande qualité.
Un
argument de plus pour une étape supplémentaire, l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO est toujours en cours.
Pas
la fin de ce journal. Dans un instant, le débat des éditorialistes de la presse quotidienne régionale. Mais tout de suite, la une de vos jours de ce matin.
La
polémique du week-end avec la Turquie. A la une du républicain Lorrain ce matin, Metz au centre de la polémique turque. Refoulé des Pays-Bas, le ministre turc des Affaires étrangères était à Metz hier. Un meeting pro Erdogan qui a fait polémique en pleine campagne de la présidentielle. Et alors que les tensions restent vives entre la Turquie et plusieurs pays européens. Pour la Provence, ils veulent tous réformer les retraites. Allongement ou réduction de l'âge légal de départ, système par point, régime spéciaux. Quelles sont les propositions des candidats ? Ils sont dans la Provence. Pour la Nouvelle République, dernière ligne droite pour les parrainages.
Et pour la Voix du Nord, quand la politique fait son marché, c'est parce que les réseaux sociaux ne remplacent pas le tractage à l'ancienne. C'est une enquête de la Voix du Nord ce matin. Gauche bretonne, la fracture politique au PS entre les partisans de Benoît Hamon et les soutiens déclarés à Emmanuel Macron se fait sentir en Bretagne où une centaine d'élus ont appelé à se ranger derrière le candidat issu de la primaire et où le président socialiste de la région, vous le savez, Jean-Yves Le Drian, ne s'est toujours pas prononcé officiellement. Les deux derniers secrets du cerveau depuis 1999. La Société de Neurosciences organise la Semaine du Cerveau dans le domaine de la recherche.
Les scientifiques d'Occitanie sont à l'avant-garde et c'est en pages 2 et 3 de La Dépêche. Et puis au présidentiel avril, le mois des gros meetings, tous les candidats à la présidentielle vont passer par Toulouse avant le premier tour. Certains voient très grands comme Marine Le Pen qui a réservé le Zénith. Jean-Luc Mélenchon qui hésite entre le Stadium et la Prairie des Filtres dans la Dépêche. Pour l'éco-Haute-Vienne, logement, la loi d'Allo 10 ans après, les moyens manquent. Le droit au logement stipulé par la loi d'Allo est très loin d'être respecté dans cette région et en France. D'ailleurs aussi, les plus pauvres s'ouvrent bien sûr de l'insuffisance de logements et d'aides publiques.
Pour l'union de Reims, adieu au professeur Etienne. C'est un hommage. L'ancien président de la région, député sénateur et conseiller municipal de Reims, Jean-Claude Etienne, est décédé ce samedi. Pour Presse Océan, Nantes, très cher éclairage public. Le débat sur la transition énergétique ce week-end a mis en lumière la facture conséquente des 94 000 points lumineux de l'agglomération nantaise avec une jolie photo d'ailleurs à la une de Presse Océan. Et puis dans le Maine, on est toujours plus centenaire. C'est en Sarthe, à l'image de Robert qui vit chez lui avec son épouse. Le nombre de centenaires ne cesse de progresser dans ce département.
Et c'est aussi là, en Sarthe, que vit Huguette, la troisième femme la plus âgée de France. Voilà. Sans transition, nous allons passer au débat des éditorialistes de la presse quotidienne régionale. Nous allons balayer l'actualité ce matin avec Jean-Michel Elvig. Bonjour Jean-Michel. Bonjour. La République des Pyrénées, merci d'être avec nous, avec Jean-Louis Picot, le Parisien Éco. Bonjour à tous. Merci Jean-Louis d'être là. Et Michel Hurvoix, le directeur éditorial de Ouest France. Bonjour Michel, merci d'être là.
Bonjour
Cyril. Michel Hurvoix, je commence avec vous. Les projets fiscaux des candidats dans Ouest France ce matin. Tout un programme. Oui. Alors j'aurais pu vous parler de la fracture socialiste chez les Bretons aussi.
Mais
ça fait un mois et demi qu'on parle d'affaires judiciaires et on s'est dit qu'il était temps de passer au projet, au débat de fond et de permettre aux lecteurs et électeurs de confronter un peu l'offre politique. Donc on commence par la fiscalité, effectivement, pour donner les principales différences entre les principaux candidats. Ce qui montre d'ailleurs qu
'on
sort de la caricature que les propositions ne sont pas toujours aussi tranchées qu'on veut bien le dire.
que
l'option fiscale n'est pas forcément là où on l'attend, que quand on accuse tel ou tel de favoriser les riches, bon c'est vrai mais c'est pas que ça non plus. Donc voilà, ça permet à chacun de se faire un jugement. Jean-Michel Elvig, vous dites tous, alors on sait qu'Emmanuel Macron a un promet de nouveaux visages, on va en parler tout à l'heure, une alternance complète. Et vous dites au fond qu'ils sont tous contre Macron, personne n'a y gagné vraiment, vous m'avez dit. Oui, enfin c'est toujours...
Prenons le cas de la gauche. Hamon et Mélenchon
concentrent leur tir sur Macron. Donc on voit bien la logique qui était d'empêcher les gens de gauche d'aller voter Macron. Et en réalité, le problème de Hamon et Mélenchon, c'est qu'il y
en
a un de trop pour ce segment électoral. Il y en a un de trop, donc il faut qu'il y en ait un qui l'emporte sur l'autre. Donc mieux vaudrait qu'il se compare et qu'éventuellement il se minorise l'un l'autre. Quant à François Fillon, bon c'est normal...
On va venir à Fillon.
Oui,
mais
enfin je vous dis à tous, François Fillon, quand même, s'il a des points à gagner au premier tour, c'est plutôt contre Marine Le Pen qu'il devrait concentrer ses tirs, à mon sens. Pour revenir à ce que disait votre confrère Michel Hurvois là sur la fiscalité, vous trouvez des différences majeures aussi qui là aussi font qu'Emmanuel Macron se distingue
? Oui, il
y a des différences. Alors c'est difficile de rentrer dans le détail, mais il y a des points de... Par exemple sur le financement et la protection sociale, c'est clair que Fillon, c'est plutôt l'idée qu'on va jouer sur la TVA, tandis que Macron,
c
'est plutôt l'idée qu'on va jouer sur la CSG. Donc d'une certaine façon, en dispensant
les salariés, les patrons de cotisations d'assurance maladie. C'est des choix très importants, parce que ça joue après sur le pouvoir d'achat, etc. Donc c'est plus là
que ça se joue, plutôt que sur l'histoire du choc fiscal, qui d'ailleurs n'est pas maintenant dans le projet Fillon, qui était dans celui de Sarkozy, mais apparemment les sarkozyistes n'ont pas réussi à convaincre Fillon de faire le grand choc fiscal qu'il souhaitait. Alors justement, François Fillon présente son projet pour la France, une semaine très importante pour le candidat de la droite et du centre, alors qu'il est convoqué d'ailleurs mercredi, vous le savez, par les juges chargés de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs, notamment de sa femme Pénélope. Donc une semaine capitale pour François Fillon, avec une conférence de presse tout à
l
'heure, Jean-Louis Picot.
Oui,
ça va être capitale, parce qu'on va voir s'il peut enfin revenir justement sur le programme, sachant que l'actualité des affaires continue, puisqu'il y a ce nouvel épisode avec cette histoire de costume de ce week-end, bon, on ne va pas revenir peut-être là-dessus, mais c'est vrai que la fiscalité, en l'occurrence, est un des piliers des programmes des candidats. Là, quand on regarde le quinquennat précédent de François Hollande, il y a eu des sacrifices demandés aux ménages et pas de résultats en face, notamment sur le chômage. Et je pense que c'est l'un des points qui a vraiment fracturé très vite, je dirais, la confiance entre le chef de l'État et les Français.
Donc là, il faut à la fois faire de la pédagogie, donner du sens. Ce qu'on reproche souvent aux candidats, c'est de ne pas avoir de perspective. Là, en l'occurrence, sur la fiscalité, c'est très important, puisqu'on demande aux gens de faire des sacrifices. Et puis, il faut des résultats très rapides. D'ailleurs, François Fillon a dit que dès les trois premiers mois, il y aurait des choses qui seraient bien sûr mises en œuvre avec des résultats au bout. Donc, c'est vraiment primordial. Michel Hervois.
Là, c'est là où c'est compliqué d'ailleurs pour François Fillon, parce qu'effectivement, quand
on regarde
son projet, il y a une large part de sacrifices, d'efforts en tout cas. Et
quand
on lui reproche ce
qu
'il lui est reproché, c'est un peu difficile à... Manque de crédibilité, du coup. Et l'histoire des costumes, qui pourrait être anecdotique, sauf si la déontologue de l'Assemblée nationale trouvait à redire, elle ne l'est pas politiquement, puisqu'elle montre que tout le monde ne se fait pas offrir pour 40 000 euros, 30 000 euros, je ne sais plus de...
Je crois que c
'est 13 000 euros pour les
deux costumes, il me semble.
C
'est assez cher. En deux
ans, depuis deux ans. D'accord. Mais c'est le fait même d'ailleurs, qui n'est pas nié, qui est confirmé par l'avocat. Donc, c'est le fait même qui vient, qui continue de lui... On ne va pas débattre sur les costumes, mais plutôt sur ces affaires qui sortent à chaque fois. Voilà. Pour François Fillon, il y
a
eu une cascade de révélations, on peut dire, mais qui arrive toujours juste avant qu'il ait un point majeur à développer dans sa campagne. C'est son programme ce matin. Les costumes, ça sort hier, quoi. Jean-Michel
Levingne. Mais c'est
pas...
Oui,
c'est vrai, mais en même temps, c'est vrai, objectivement, mais en même
temps...
Mais
c'est
pas vrai pour Emmanuel Macron, par exemple ? Oui,
mais
est-ce qu'Emmanuel Macron s'est fait offrir en février dernier deux costumes à 13 000 euros ? Peut-être, mais a priori, c'est pas le cas. Moi, ce qui me frappe dans cette affaire, c'était en février. En février, donc en février, il a déjà
des problèmes. On en a largement parlé. C'est pas la peine de revenir dessus, avec les salaires fictifs, les emplois fictifs. Et il se fait offrir deux costumes. Alors,
il
dit pourquoi pas... Oui, mais attendez, il est député.
Il
sait qu'il y a un règlement à l'Assemblée nationale qui interdit les dons de plus de 150 euros. Et il le fait quand même alors qu'il est déjà poursuivi. J'ai l'impression, soit c'est une forme de sentiment d'impunité ou d'inconscience entre
les deux.
Peut-être bien, peut-être bien le sentiment d'impunité, puisque sa première réaction,
c
'est de dire... Et
alors,
ce week-end, il dit, à propos des costumes, et alors, c'est exactement ce qu'il répondait au début du Penelope Gates, c'est pas très bon signe. Je pense que c'est le genre d'affaires... Enfin, il n'y
a
absolument pas de... C'est pas de l'acharnement, il n
'y a
pas de complot. Il y a juste que François Fillon n'était pas prévu pour être le candidat de la droite. Et donc, tout le monde a commencé à s'intéresser à lui à partir du moment où il a été candidat. Donc,
c
'est depuis la primaire,
en fait... Il est scruté depuis. Je suis
que certains médias s'intéressent de près à lui, et je pense qu'ils ont raison. Et lui-même, je ne suis pas sûr que s'il avait pensé qu'il serait le candidat, je ne suis pas sûr qu'il aurait eu antérieurement les pratiques qu'il a eues. Bien sûr. Jean-Louis Picot, on passe au Parisien Éco. Vous ouvrez le Parisien Éco ce matin avec un sujet sur les abbayes entreprises. Alors, elles ne
sont
pas comme les ondes, bien sûr. Alimentation, produits venant des monastères, ça connaît un succès du jamais vu. C'est quoi ? C'est des prêtres businessmen
?
Alors, on ne peut pas aller jusque-là, mais vous savez que de tout temps, dans les monastères, il y
a
eu des activités, déjà, pour subvenir aux besoins des moines qui étaient là. Là, il se trouve que cette manière de travailler, de produire de l'alimentaire, mais aussi des cosmétiques, avec des circuits de proximité, des circuits éthiques, rejoignent une certaine attente des consommateurs d'aujourd'hui, qui sont très vigilants sur, justement, ces démarches-là. D'où un certain succès, sachant que ce n
'est
pas non plus de l'énorme business, mais il y a quand même plus de 70 millions d'euros par an
qui proviennent de cette activité. On prie et on travaille.
Absolument. C'est la règle,
effectivement. C'est
la règle, absolument, dans les monastères. On prie et on travaille. C'est le cas en Bretagne, Michel,
en
voie ? Oui, en Bretagne, mais c'est le cas dans toute la France. Et il
y
a même des monastères, enfin, on est avec des moines qui sont spécialisés dans le marketing, avec, enfin, je veux dire, c'est pas du tout, on n'est pas du tout dans
des... Ils vendent sur Internet
ou pas ? Oui,
bien sûr, c'est
Internet. Il y a une boutique, on a fait le reportage
à Paris,
qui ne vend que des produits venant des monastères. Et vous savez, vous avez des gens qui sont arrivés à la vocation après avoir eu une vie professionnelle. Donc, effectivement, il y a des gens qui étaient dans le commercial, dans le marketing, et qui peuvent apporter leur savoir-faire dans ce domaine maintenant. Avec l'avantage d'une certaine paix sociale,
j'imagine,
on l'espère. Merci, Jean-Michel Elvig.
Merci, Jean-Louis Picot, et merci, Michel Hurvois. On passe à la météo des territoires, le temps qui fera en France aujourd'hui, et dans les dom-toms. Merci à tous.
La
météo vous est présentée par Terroléopro,
avec
le concours de l'Assemblée des départements de France.
C
'était la météo, avec Terroléopro et l'Assemblée des départements de France.
Voilà, et le sujet de Michel Hurvois, les projets fiscaux des candidats dans Ouest France ce matin. Merci, Jean-Michel Elvig, Michel Hurvois, Jean-Louis Picot. On passe aux appellisés, le premier appellement politique des matinales d'info qu'on regarde ensemble.
On
disait à propos des
centristes, les
centristes ne sont ni de gauche,
ni
de gauche.
Ah
nous,
on
a inventé un mot, on appelle ça la droche. L'option du socialisme masqué que nous propose Emmanuel Macron. Ça mélange tout, de Robert Rue à Alain Madelin.
Ce mariage de la carpe et du lapin, madame, ça produira politiquement de la paralysie.
Je vous remercie pour cette formidable publicité. S'ils avaient des idées à proposer, s'ils parlaient aux Français, nous n'en serions collectivement pas là. Je crois que M. Macron, pour l'instant, ne tiendra pas sa promesse. Il m'avait promis qu'il viendrait, mais pour l'instant, il ne la tiendra pas, à moins qu'il change d'avis d'ici là. Merci, M. Mélenchon. Le service public de l'information de Mme Ernotte, bon, roule pour M. Macron. Ils sont très copains tous les deux. Ils se tapent dans le dos, ils se tutoient, ils s'embrassent,
etc.
Je
ne peux pas prendre la défense du service public. Non, non, mais je vous dis qu'on est sur C8.
Nous savons qu'il est soutenu par les grands médias. M. Berger, patron du Monde, M. Drahi, patron d'un grand groupe de presse.
Faire confiance à Emmanuel Macron, c'est comme confier un pensionnat de jeune fille à un
violeur. Est-ce que ce genre de phrase a sa place dans une campagne présidentielle ? Je suis d'accord, ça fait partie du langage fleuri un petit peu de Gilbert Collard. On le connaît un petit peu pour ça.
Ici, d'aventure, un parti d'extrême droite, ici en France ou ailleurs, venait aux responsabilités du pays, puisqu'on est à la veille d'élection, donc il est toujours très important de dire les menaces, les risques. Pendant 6 heures, le dessin était visible sur le compte Twitter officiel du parti Les Républicains. On y voit Emmanuel Macron, avec un chapeau haut de forme, un cigare, une faucille rouge et surtout un écrochu.
Cela
rappelle quand même dans les années 20, quand un certain nombre de ligues reprenaient des thématiques qui étaient exactement les mêmes. Quand
on commence
à
faire siffler la justice, les médias,
les
autres candidats dans ces meetings, à ranimer ce qu'il y a
de
plus agressif ou excessif,
dans
la foule ou chez ses propres supporters,
on
s'expose à ce genre de dérive. Il semblerait qu'il y ait des gens de l'UMP et du PS qui se mettent ensemble. Donc vous savez, il y a quelque chose, heureusement, de têtu dans l'histoire. C'est comme ça qu'on sait qu'il y a eu des chambres à gaz et qu'on ne
peut
pas le nier. Ça fait des semaines qu'on parle d'autre chose que de l'avis de nos concitoyens. Des caricatures, des polémiques, il y en a eu d'ailleurs d'autres ces derniers jours.
Qui a payé les costumes de François Fillon ? Depuis qu'il a quitté Matignon il y a 5 ans, des amis leur est offert pour 48 500 euros de vêtements.
On ne
vous demande pas à vous le
prix de votre
costume, donc vous
devriez être content. Il est beaucoup moins cher.
On va regarder si sa grand-mère avait des emprunts russes, si elle les a déclarés. On
va
continuer à avoir une campagne de caniveau comme ça.
J'ai connu des campagnes de caniveau. Je m'aperçois que maintenant on est à des campagnes de penderie. Et je ne suis pas tout à fait sûr que ce soit un progrès.
Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? Ça fait présidentiable ça
?
Territoire d'Info, Public Sénat, Sud Radio.
Voilà,
l'invité politique de Territoire d'Info ce matin sur Public Sénat, Sud Radio, avec la presse quotidienne régionale.
C
'est Clémentine Autain. Bonjour, merci d'être avec
nous.
Vous êtes conseillère régionale d'Île-de-France et vous êtes soutien de Jean-Luc Mélenchon. Merci d'être avec nous pour vous interroger à mes côtés ce matin. Véronique Jacques, qui est de Sud Radio. Bonjour Véronique. Et Gilles Leclerc pour Public Sénat. Bonjour. Bonjour Gilles, merci d'être avec nous. Clémentine Autain, la France a-t-elle eu raison d'accueillir le ministre des Affaires étrangères turc pour un meeting de soutien au référendum du président turc Erdogan ce week-end ? Je pense que la France devrait avoir une parole ferme, claire, contre le régime d'Erdogan, qui est un régime autoritaire, contre lequel mon mouvement politique se bat.
Et donc je ne partage pas l'attitude de la France à l'égard de ce régime politique contestable.
Et
ça veut dire là que le gouvernement, François Hollande, s'est montré faible,
que la France cautionne finalement le glissement autoritaire du président Erdogan ? Ce n
'est
pas la première fois en réalité que la France cautionne ce régime. On l'a vu dans différents épisodes récents, on n'entend pas beaucoup la voix de la France contester ce régime et c'est une occasion ratée de plus. Donc oui, je trouve assez inquiétant l'attitude de la France. Jean-Luc Mélenchon, président, aurait interdit ce meeting ? Je ne sais pas, il faut lui poser la question. Je ne sais pas. Mais ce que je peux vous dire, c'est que les forces politiques qui soutiennent la candidature de Jean-Luc Mélenchon sont de façon récurrente présentes dans des meetings en France qui contestent le régime d'Erdogan.
Et
qui, pourquoi on le conteste ? D'abord parce que la façon dont sont traités les opposants politiques est totalement insupportable, qu'il y a une chasse aux Kurdes que nous contestons également. Donc bon, je ne
vais
pas faire l'ensemble de tout ce que nous contestons dans ce régime. Mais en tout cas, je crois qu'il y a place pour une voix forte de la France qui défend normalement les libertés publiques.
Bon,
en
venir justement
à
la campagne de Jean-Luc Mélenchon que vous
soutenez.
Alors, il faut prendre avec des pincettes les sondages. Aujourd'hui, il est autour de 12-13%. C'est en gros le score qu'il avait fait il y a 5 ans. Comment vous expliquez qu'il semble plafonner un peu aujourd'hui ? Il a critiqué le bilan pendant 5 ans de François Hollande, que vous critiquez toujours aujourd'hui. Mais on pourrait imaginer que votre candidat devrait récolter les fruits de tout ça. Et en fait, apparemment pas. C'est un ancien ministre de François Hollande qui s'en favorise.
C'est
un peu bizarre, non
? Alors
écoutez, je pense que 5 ans de bilan catastrophique pour la gauche, ça pèse sur les épaules de toute la gauche. Et moi, je peux vous dire, je le vois, je suis candidate à l'élection législative en Seine-Saint-Denis. Et tous les jours, le bilan de ce gouvernement est reproché à la gauche. Donc, il faut quand même prendre la mesure de ça. Alors évidemment, nous, nous n'avons pas soutenu ce gouvernement.
C'est
le moins qu
'on
puisse dire. Voilà, nous l'avons contesté depuis le début. Et donc évidemment, on n'a pas la même perte. C'est-à-dire que le score qui est crédité aujourd'hui dans les sondages pour Jean-Luc Mélenchon est supérieur au score qu'il a réalisé la dernière fois. Donc, en revanche, le candidat issu des rangs socialistes, même s'il se trouve que c'est un candidat, et c'est une bonne chose, il faut le dire, le fait que Benoît Hamon, à la surprise générale, ait gagné la primaire du
Parti socialiste. Il y a un insoumis et un
frondeur.
C
'est un peu bizarre qu'il soit adversaire ou concurrent. Oui, mais enfin, moi je prends acte du fait que le peuple de gauche qui s'est mobilisé dans cette primaire a en tout cas choisi un candidat qui ne soutient pas la politique gouvernementale, qui en a pris ses distances de façon claire, et je crois que c'est une bonne chose.
Pour
autant,
on
voit quand même que vous avez du mal à... Pour autant, le candidat socialiste, quand même, le score dont il est crédité aujourd'hui, c'est quand même moitié moins de ce qu'a fait François Hollande. Donc, je n
'ai
pas l'impression, enfin, je pense que notre candidature résiste mieux parce qu'elle a pour elle une forme de cohérence. Alors, cela dit, sur votre campagne, la campagne de Jean-Luc Mélenchon, il a eu ses 500 signatures, mais enfin quand même, il a eu un petit peu de mal, et les communistes disent, c'est grâce à nous, c'est grâce à nous qu'il peut se présenter. Ce qui est sûr,
c
'est que parmi les 500 signatures,
il
y a beaucoup de signatures d'élus communistes. Donc, voilà, il a aujourd'hui ses 500 signatures,
avec beaucoup d'élus communistes qui le soutiennent, bien sûr. Il y a quand même un malaise sur cette
campagne 2017, parce qu'en 2012, c'est plus fluide, notamment avec les communistes, alors que là, on voit pour les législatifs qu'il
y a
des candidats de la France insoumise qui se présentent contre des candidats communistes sortants. Pas très joli, joli quand même, quand on veut jouer l'unité de la gauche. Je suis bien d'accord avec vous. Je pense que la façon dont les choses se sont jouées au démarrage de cette candidature ne sont pas aussi vertueuses qu'en 2012. Pour autant, on est à quelques semaines maintenant. Oui,
mais
alors la faute à
qui est temps, vous dites que ce
n
'est
pas aussi vertueux qu'en 2012.
Ah, alors là, si vous avez deux heures,
on fait la liste des responsables. Il
n'y a pas
de
problème, je prends un café avec vous. Jean-Luc
Mélenchon fait campagne,
c
'est-à-dire je suis dans mon colloir, je n'écoute pas Benoît Hamon, je n'écoute pas les communistes. Écoutez, on est à quelques semaines du premier tour. Moi, je vais vous dire le fond de ma pensée. Il faut qu'on réussisse cette présidentielle et que la candidature de Jean-Luc Mélenchon soit le plus haut possible. Parce que, y compris pour les législatives des uns et des autres, ça aura un impact. Et surtout, pour le pays, le rapport de force ne sera pas du tout le même. Donc, moi, je veux que cette campagne soit réussie. Je regrette qu'on n'ait pas un cadre plus large. Je regrette qu'on n'ait pas réussi à aboutir dans les discussions avec Benoît Hamon.
Mais en même temps, le calendrier fixé par François Hollande, qui fait que cette désignation a lieu à quelques semaines du dépôt des candidatures, rend les choses difficiles. Donc, les responsabilités, si c'est ça votre question, elles sont partagées. Nous avons toutes et tous
le devoir de rassembler aujourd'hui. Elles pourraient être partagées si
aucune gauche n'est au deuxième tour. Vous aurez aussi une part de responsabilité. Oui, mais tout le monde aura une part de responsabilité. Je peux vous dire que la première responsabilité, c'est celle de ce gouvernement. C'est celle de François Hollande, de Manuel Valls, qui se sont entêtés à mener une politique de droite au nom de la gauche. Et donc, on est dans la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons. D'abord, en raison de cette cacophonie. C'est plus qu'une cacophonie. C'est une responsabilité. Mais on voit que vous n'arrivez pas à capitaliser.
C
'est Emmanuel Macron qui capitalise en cette campagne. Il y a même des communistes qui le rejoignent comme Robert Rue.
C
'est dire... On parle de vote utile. Le seul vote utile serait Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. D'abord, je pense qu'il y a une bonne machine médiatique qui est en route pour nous expliquer que le seul vote utile serait celui d'Emmanuel Macron, qui bénéficie de soutien dans le monde de la finance, dans le monde médiatique, effectivement, que nous n'avons pas. Mais je crois que Jean-Luc Mélenchon et nos forces politiques mènent une bataille pour redonner des couleurs à la gauche, pour redonner du sens à la politique, pour faire advenir une nouvelle République. Et que c'est une bataille d'idées, une bataille de convictions. Et je pense qu'elle peut porter ses fruits.
Clémentine Autain, qui est l'invité de Territoire d'AFO ce matin sur Public Sénat et Sud Radio. Le programme de Jean-Luc Mélenchon. Le 18 mars, Grande Marche pour la 6ème République. Vous venez d'en parler, précisément. La dernière fois,
ça
n
'a
pas été un très grand succès. Alors, est-ce que vous en attendez beaucoup
? La dernière
fois, vous plaisantez. Il y
a
cinq ans, ça a été considérable. On a été débordés. On n'avait jamais imaginé qu'il y aurait autant de... On n
'en
a pas beaucoup parlé. Cette
6ème République n
'est pas
arrivée comme
une évidence.
Nous n'avons pas gagné la dernière
présidentielle.
Je vous l'accorde, c'est vrai. Non, mais c'est pas arrivé comme une évidence. Nous n'avons pas gagné la dernière présidentielle. À part Arnaud Montbourg,
personne n'avait
repris ça. Et je
pense qu'il y a lieu d'ailleurs de le regretter en matière démocratique. Parce que quand on voit le spectacle politique qui était dans votre zapping et dont on me parle tous les jours, je vous assure que ça nous aurait donné un petit peu d'air. Parce que chacun peut constater que cette 5ème République est totalement à bout de souffle. Est-ce que c'est la 5ème République qui est à bout de souffle ? Ou est-ce que ce sont les élus qui sont à bout de souffle ? Est-ce qu'on n
'a
pas envie d'une
autre forme d'élus
? Je reviens sur Emmanuel Macron, mais c'est là-dessus qu'il capitalise. Il ne capitalise pas.
On
fait sauter la 5ème République. Je pense qu'il faut changer de régime institutionnel. Parce qu'il ne faut pas simplement condamner des hommes, des personnes, mais bien comprendre dans quel système politique ces hommes se retrouvent en situation de pouvoir. Et donc il faut changer les règles du jeu démocratique.
C
'est ce que nous proposons pour ne plus voir. Quitte à créer une instabilité.
La 5ème République est celle qui a créé une grande
stabilité. Mais vous trouvez que c'est stable là ce qui se passe, sérieusement ? Non mais une nouvelle constituante que vous appelez de vos voeux, c'est tout à fait respectable, mais sur un quinquennat qui ne fait que 5 ans, est-ce que ça va résoudre ? Parce que les problèmes d'urgence, probablement pour les Français, c'est le chômage, peut-être la sécurité, les questions du terrorisme. Mettre au point une
constituante,
honnêtement, ça va prendre du temps,
ça
va être
compliqué. Est-ce que c'est
considéré comme une priorité
? Pour l
'instant, ça
fait 30
ans qu
'on
mène les mêmes politiques. Donc on a pris beaucoup de temps pour faire une politique qui aujourd'hui amène un chômage de masse à une République qui est totalement exempte, qui n'a plus d'autorité et de légitimité aux yeux du grand nombre. Donc oui, l'idée qu
'on
va prendre un petit peu de temps pour redéfinir les règles démocratiques et pas simplement à l'Assemblée nationale. Ce qu'on veut toucher, c'est la constitution pour y mettre un
nouveau
droit qui peut toucher au droit au logement ou au droit à l'avortement, mais aussi la démocratie sociale parce que c'est dans l'entreprise que se jouent beaucoup de choses. Donc remettre à plat tout cela me paraît être une bonne chose. Il faut le non-cumul des mandats,
il
faut un certain nombre de nouvelles règles parce que ce qu'on a vu avec l'emploi d'assistants parlementaires issus de la famille, il faut qu'il y ait des règles posées, que ce ne soit plus possible tout simplement. Les conflits d'intérêts tels qu'on les voit au jour le jour, bon... Et vous pouvez mobiliser les Français sur une marche ? Là, nous allons mobiliser les Français autour d'une marche, d'une manifestation avec un discours de notre candidat qui va poser de nouvelles règles pour une nouvelle République, oui. Mais on veut conscientiser aussi, c'est-à
-dire
on veut conscientiser sur cet enjeu républicain absolument...
C'est fait pour marquer les esprits. Mais est-ce que c
'est parce qu'on passerait à une 6ème République que pour autant on augmenterait le pouvoir d'achat des Français ou qu'on arriverait à une sorte d'égalité sur les retraites ? Non mais j'en reviens au programme d'Emmanuel Macron qui a insisté hier soir sur le fait qu'il volait un seul régime de retraite, donc la fin des régimes spéciaux, la même chose pour le privé,
le public et les indépendants.
Il dit c'est ça l'égalité. Alors vous qui êtes soutien de Jean-Luc Mélenchon, c'est quoi l'égalité en
matière de retraite ? L'égalité ça ne veut
pas dire tous la même chose et ça ne
veut
pas dire la retraite à point et le libéralisme dans tous les domaines. On a bien vu que le libéralisme économique il n'apportait pas l'égalité. Donc je pense qu'il prend les choses d'une mauvaise manière et qu'ils sont en tout cas... Je pense qu'Emmanuel Macron profondément est le candidat qui va poursuivre les politiques telles qu'elles sont menées depuis 30 ans. Aussi bien à
l
'échelle européenne que davantage de libéralisme économique, la retraite par point puisque vous parlez de la question des retraites, mais aussi la réduction de dépenses publiques qui fait tant de mal à nos territoires et à l'égalité
parce que la réduction
des dépenses publiques, moi qui suis élue de Sevran, je la vois très très concrètement. Ce sont des baisses très concrètes en matière de services publics qui sont lésés, etc. Donc moi je ne sais pas où ils les prennent tous. Fillon 500 000 fonctionnaires en bras, Emmanuel Macron c'est 120 000 fonctionnaires en moins.
J
'aimerais bien savoir où est-ce qu'ils les prennent. On est exempt dans les hôpitaux, on a des problèmes dans de très nombreux domaines pour faire fonctionner tout simplement l'égalité, le service minimum que nous devons à nos concitoyens. Donc ces politiques-là m'inquiètent profondément.
Et je crois que
nous avons besoin de renverser
la table, non pas pour faire ça.
François Fillon
dit ce matin... Et pour mettre
un peu plus de justice sociale dans les politiques menées. François Fillon dit ce matin puisqu'il présente son projet, « Effectivement, je persiste et je signe,
500
000 fonctionnaires de moins, hausse de la TVA pour baisser les charges qui pèsent sur les salaires. Je suis le seul à proposer un programme de rupture et c'est nécessaire parce qu'on a une dette colossale. »
Vous
nous parliez du pouvoir
d'achat, ce que je peux
vous dire, c'est que sur le pouvoir d'achat, si vous augmentez la TVA, ça ne
va
pas être joli joli. Donc c'est une mesure qui est contraire à l'intérêt du grand nombre et du peuple. Pour ce qui concerne le choix de Jean-Luc Mélenchon, que je soutiens vraiment de ce point de vue, c'est que qu'est-ce qui constitue la dette ? C'est la récession économique. Aujourd'hui, on a des politiques publiques qui conduisent à la récession économique. Et cette récession économique, non seulement elle crée des inégalités sociales et territoriales, mais en plus, elle nourrisse la dette. Et ça ne marche pas.
C
'est-à
-dire
que la dette explose, le chômage explose, la précarité explose. Donc ce que nous proposons, c'est la relance de l'économie en augmentant les bas salaires et en investissant dans la transition écologique en particulier, mais aussi dans le bien commun. Vous savez qu'on a des besoins considérables qui ne sont pas satisfaits. Et si nous relançons ainsi l'économie, alors nous arriverons à diminuer la dette. Mais la dette, ça dépend de quelle dette, pourquoi faire, comment on la contient, comment on renégocie avec les banques, comment l'Union européenne repart sur de nouvelles bases.
Et je vous assure que si on a pour boussole la justice sociale, l'égalité et surtout le partage des richesses, on arrivera à
des résultats
très différents. Tu es le clair. Sans transition, autre question. Jean-Luc Mélenchon, à l'Elysée par exemple, il supprime l'état d'urgence qui existe aujourd'hui ? Moi je ne crois pas que l'état d'urgence aujourd'hui nous aide à lutter contre le terrorisme. Je le dis très franchement, ce dont
nous
avons besoin, c'est d'investir dans le renseignement. Ça suppose de l'humain. Nous avons besoin d'avoir des cellules d'écoute. Je vous le disais tout à l'heure,
je
suis élue de Sevran. L
'état d'urgence, ça gêne les libertés,
c'est un peu ce que vous dites aujourd'hui ? Oui, c'est utiliser l'état d'urgence pour pénaliser les mouvements sociaux, on le voit. Et je ne vois pas en quoi cela permet de mieux lutter contre le terrorisme. La lutte contre le terrorisme, c'est sur le terrain, c'est de l'humain, c'est du partage des expériences, des familles qui sont en souffrance et qui voient parfois leurs enfants dérivés. Comment on arrive à les protéger, comment on arrive à empêcher leur départ ? C'est sur ça qu'il faut travailler finement et non pas par un état d'urgence qui en fait ne permet pas tout simplement de lutter contre
le terrorisme. Vous
êtes une militante de la cause des femmes, vous avez fait allusion tout à l'heure, je parle du droit à
l
'avortement, vous voulez l'inscrire dans la constitution. Pourquoi ? C'est parce qu'au fond vous avez des inquiétudes que d'autres candidats éventuellement pourraient revenir sur ce droit ? Oui, j'ai des inquiétudes parce qu'il y a ce climat de la manif pour tous, parce qu'il y
a
eu la victoire de Trump et on sait que pour les femmes c'est une perspective assez catastrophique. Donc on a besoin de constitutionnaliser ce droit et de donner les moyens publics pour que les centres IVG ne ferment pas. Voyez le libéralisme économique dans les hôpitaux, ça a des conséquences très concrètes sur l'égalité entre les hommes et les femmes. Justement Clémentine Autain, une femme en politique, vous êtes élue de Sevran, conseiller régional d'Ile-de-France. Jean-Luc Mélenchon, elle est femme, tout un sujet, dans la campagne électorale. Comment il est par rapport à elle ? Comment il se comporte dans la campagne avec ses porte-paroles féminins ? On l'entend peu sur ce sujet.
Comment ça ? Vous voulez qu'il vous raconte comment il se comporte ? Non,
je
veux dire, quel est son rapport aux femmes ? Dans son
programme par exemple ? Est-ce qu'il prendrait une femme première ministre
? Et pourquoi pas ? Ce que je peux vous dire, c'est que... Vous
en
parlez avec lui ? Oui, de l'égalité entre les hommes et les femmes, bien sûr que c'est un sujet dont j'ai parlé très très souvent. Et d'une femme première ministre, possible ? Bien sûr, je pense que c'est tout à fait possible. Et surtout, je pense que Jean-Luc Mélenchon a le programme le plus féministe. Il a le programme le plus cohérent du point de vue de l'avancée des droits des femmes. Et ça, c'est le plus important, je vous assure. Quel que soit, voilà, après, je ne sais pas bien quelle est votre question. Non, juste, c'était pour savoir si
vous trouvez que... Comment il se comporte
avec les femmes ?
Je
n
'ai
pas fait une expertise sur
la
question. Est-ce que vous trouvez que, sur le plan politique, les femmes comptent dans son programme ? Est-ce
qu
'il y
a
des avancées ? Voilà, c'est ça ma
question.
Je sais qu'il est entouré de femmes pour mener cette campagne. Et je crois
très
sincèrement que l'audace, l'ambition qu'il a dans son programme est la meilleure clé pour lutter contre les inégalités hommes-femmes.
Oui,
je crois pour vous. Merci. Clémentine Autain, conseillère régionale d'Île-de-France, soutien de Jean-Luc Mélenchon. Passe au débrief de vos propos dans un instant. Merci. Voilà, Clémentine Autain va quitter ce plateau. Et rentre Jean-Michel Elvig de la République des Pyrénées et Jean-Louis Picot du Parisien. Voilà, ils arrivent dans un instant. Voilà.
Alors,
je démarre avec ce qu'a dit Clémentine Autain sur le meeting ce week-end. Jean-Louis Picot, ministre des Affaires étrangères turc,
qui
est venu soutenir un référendum ici en France auprès de la communauté turque-française du président Erdogan. Elle, évidemment, est profondément contre et dit que son parti politique a depuis très longtemps dénoncé l'attitude du président Erdogan. Oui, ce n
'est
pas une grosse surprise. Effectivement, Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autain, les communistes se sont opposés, bien sûr, à ce régime. Pour moi, ce n
'est
pas une grande surprise qu'elles disent qu'au cas où Jean-Luc Mélenchon serait au pouvoir,
on
aurait interdit ce meeting en France.
Jean
-Michel Elvig. Oui, il y
a
une confusion entre deux choses. Il y a la condamnation générale qu'on peut faire du régime d'Erdogan et à juste
titre. 40 000 arrestations, 120 000
fonctionnaires révoqués, la liberté d'opinion et de presse muselée. C'est une condamnation générale qu'il est juste de mettre en avant. La question des meetings est autre chose. Ça tient à la question de la liberté de la réunion. Je signale que les Hollandais et les Allemands, le prétexte invoqué pour interdire ces réunions, c'était le risque de trouble à l'ordre public. Bon, voilà, donc ce n
'est
pas tout à fait la même chose, je ne pense pas. Est-ce qu'il y avait un trouble de l'ordre public à Metz ? Non, visiblement non. Il faut voir aussi que les Hollandais, s'ils ont fait ça, s'ils ont été très en pointe, c'est parce qu'ils sont en pleine campagne électorale avec le risque d'un parti anti-musulman que ce parti arrive largement en tête. Elle est inquiétée, Clémentine Autain, ce matin, par l'attitude de la France.
Oui,
mais enfin ça, c'est du discours. Le problème, si vous voulez, c'est que soit on condamne ce régime et on dit que
c
'est un régime abominable, il ne
faut
pas traiter avec lui. À ce moment-là, il ne faut pas passer d'accord non
plus sur la question des réfugiés. C'est un pays européen, la Turquie ? C'est un pays européen, mais surtout, il faut un référendum. Alors, référendum, on peut contester l'objet du référendum. Il se trouve que les gens
votent, peuvent voter, c'est pour des raisons électorales qui viennent. Il n
'est
pas sûr non plus qu'il l'emporte. Ce qui amène à penser que
si
Erdogan a fait une provocation, parce
que
c
'est
une provocation d'envoyer son ministre des Affaires étrangères, c'est peut-être avec l'idée que ça risque de lui servir après si les pays dans lesquels se déroulent ces réunions électorales, interdisent les meetings. Il pourra dire, regardez, il faut défendre la Turquie, la Turquie a été humiliée, etc. C'est un argument électoral qu'il va utiliser dans son référendum. Donc, c'est toujours plus complexe que les proclamations générales de principe. Je pense qu'au-delà de la question de possibles troubles à l'ordre public, il y avait aussi l'occasion de prendre une position politique.
Oui, la Turquie fait partie de l'Europe, effectivement, mais on sait aussi que c'est un pays où il y a quand même pas mal d'événements qui se sont déroulés ces derniers mois qui ne sont plus qu'inquiétants. Donc,
c
'était aussi l'occasion de prendre un engagement fort, une position forte vis-à-vis de cela. Alors, c'était Clémentine Autain qui était notre invité, soutien de Jean-Luc Mélenchon. Alors, Jean-Luc Mélenchon, il ne capitalise pas, finalement. Et on lui a posé la question de savoir pourquoi. Au fond, elle était évidemment tout à fait d'accord pour dire que le quinquennat de François Hollande était un échec. Mais elle n'a pas donné vraiment d'explication selon laquelle, pourquoi Mélenchon n'a pas progressé beaucoup ? On regarde les études d'opinion aujourd'hui, il n'est pas très haut.
Oui, alors, elle a quand même insisté sur le bilan Hollande, alors ce qui peut paraître paradoxal, quoique sur le fait que toute la gauche, finalement, y compris son extrême gauche, soit subisse ce quinquennat très mauvais auprès de l'opinion de François Hollande. Et que Mélenchon lui-même pouvait en subir les conséquences. C'est quoi ? C'est le vote utile, là ? Il est victime du vote utile, Jean-Michel Elvig, pour Luc Mélenchon ? Oui, sans doute. Et puis, il ne faut pas quand même oublier que lorsqu'elle dit « Regardez, Hamon,
finalement, il n'a que la moitié des voix de François Hollande », parce qu'il y
a
la moitié de l'électorat de François
Hollande qui est déjà allée vers Macron. Est-ce que c'est seulement pour des raisons de vote utile, de vote anti-Le Pen ? Ça joue probablement un rôle, mais il y a aussi des raisons politiques, idéologiques. Et c'est vrai que Mélenchon représente une partie de la gauche, mais une partie, une petite partie de la gauche. Dans toutes les élections qui ont eu lieu depuis 2012, et même avant, enfin, le front de gauche, c'est parce que le Parti communiste et ceux qui soutiennent Mélenchon, notamment le mouvement de Mme Autun, ils ont eu des résultats assez médiocres. Et
puis,
juste derrière, il y a la législative, elle en a dit un mot. Et c'est vrai qu'en cas de... Alors, elle a dit qu'il faut capitaliser justement le plus possible aux présidentielles pour préparer après et avoir un poids dans le débat. Mais effectivement, si on prend le scénario inverse, mauvais score, on peut se poser franchement des questions sur l'avenir d'un mouvement comme celui de Mélenchon et des communistes. L'ambition de Mélenchon,
c
'est d'arriver avant Hamon, avant toute chose, parce que ça lui permet, dans son esprit, il veut la peau du Parti socialiste. C
'est
son
premier objectif. Alors, le 18 mars, Jean-Luc Mélenchon, il marchera pour la VIème République. On lui a posé la question de savoir pourquoi ça n'avait pas trop marché il y a cinq ans. Elle disait,
elle,
que ça a au fond très très bien marché, cette affaire. Mais le thème de la VIème République, ce n
'est
pas imposé dans le débat politique. Ce n
'est
pas une priorité, notamment pour les Français, c'est vrai.
Ce
n
'est
sans doute pas une priorité. Tout dépend, encore une fois, comment on attaque ce sujet. C'est sûr que si vous le faites comme ces derniers jours, on a l'impression d'être dans un débat entre politiciens professionnels, pour le coup. Ça dépasse totalement les gens. Institutionnalistes. Complètement. Après, il y a des questions derrière. Et c'est vrai que Clémentine Autain, on en a un peu parlé. Si on attaque la question à travers le droit à la parole, l'organisation des débats démocratiques, l'aspect social, le fait qu'il y ait une nouvelle donne, elle n'en a pas parlé, mais l'hiver dernier, il y avait Nuit debout. Il y
a
des choses quand même qui se sont passées, qui prouvent que les lignes sont en train de bouger. Mais si vous attaquez ça par faut-il une VIème République, je ne suis pas sûr du tout que les gens captent ce qu
'on
veut leur dire. Une constituante, solution de tout, Jean
-Michel Avig ? C'est vrai que c'est très schématique,
c
'est très idéologique. Alors que ça marche,
marche si j'ose dire, si vous vous permettez, ça m'est venu involontairement. Sans doute, parce qu'il y a Mélenchon,
cette gauche-là, c'est une gauche qui marche beaucoup, qui défile beaucoup. Donc ça peut être toujours les mêmes qu'on retrouve dans les manifestations. des gens qui aiment s'exprimer et qui ont besoin de s'exprimer dans la rue. C'est vrai qu'il
y a
cinq ans, la marche qu'avait fait Mélenchon avait très bien marché. Enfin, je ne me rappelle plus
tellement le
score. Il
y
avait beaucoup, beaucoup de monde.
Il n'empêche qu
'il a fait un score
qui était quand même très en dessous de ses espérances il y a cinq ans déjà.
Mais
est-ce que c'est quelque chose qui peut intéresser les Français, au fond, de se préoccuper d'une nouvelle constituante ? Alors que le pouvoir d'achat, alors qu'on voit bien les thématiques qui aujourd'hui les intéressent dans cette
présidentielle. Quand on change
de constitution dans l'histoire de ce pays, c'est soit après une guerre,
soit après un coup de force comme en 1958. Bon, changer de constitution à froid, ce n
'est
pas facile. Il y a beaucoup de réformes à faire, sans doute, mais encore faut-il bien les cibler, les défendre, les expliquer, ne pas s'abriter
derrière des théories générales constitutionnelles. Merci Jean-Louis Picot, on passe au zapping, le premier zapping politique des matinales d'info qu'on regarde ensemble.
François
Mitterrand disait à propos des centristes,
les
centristes ne sont ni de gauche,
ni
de gauche. Ah nous on a inventé un mot, on appelle ça la droche. L'option du socialisme masqué que nous propose Emmanuel Macron.
De
moins en moins masqué. Ça mélange tout, de Robert Rue à Alain Madeleine.
Ce mariage de la carpe et du lapin, madame, ça produira politiquement de la paralysie.
Je vous remercie pour cette formidable publicité. S'ils avaient des idées à proposer, s'ils parlaient au français, nous n'en serions collectivement pas là. Je crois que M. Macron, pour l'instant, ne tiendra pas sa promesse. Il m'avait promis qu'il viendrait, mais pour l'instant il ne la tiendra pas, moins qu'il change d'avis d'ici là. Merci M. Mélenchon. Le service public de l'information de Mme Ernotte roule pour M. Macron. Ils sont très copains tous les deux. Ils se tapent dans le dos,
ils
se tutoient,
ils
s'embrassent. Je
ne peux pas prendre la défense du service public. Non, non, mais je vous dis qu'on est sur C8.
Nous savons qu'il est soutenu par les grands médias. M. Berger, patron du Monde, M. Drahi, patron d'un grand groupe de presse.
Faire confiance à Emmanuel Macron, c'est comme confier un
pensionnat de jeune fille à un violeur. Est-ce que ce genre de phrase a sa place dans une campagne présidentielle ? Je suis d'accord, ça fait partie du langage fleuri un petit peu de Gilbert Collard, on le connaît un petit peu pour ça.
Si d'aventure un parti d'extrême droite, ici en France ou ailleurs, venait aux responsabilités du pays, puisqu'on est à la veille d'élection, donc il est toujours très important de dire les menaces, les risques. Pendant 6 heures, le dessin était visible sur le compte Twitter officiel du parti Les Républicains. On y voit Emmanuel Macron avec un chapeau haute forme, un cigare, une faucille rouge et surtout un écrochus.
Cela rappelle quand même dans les années 20, quand un certain nombre de ligues reprenaient des thématiques qui étaient exactement les mêmes.
Quand
on commence
à
faire siffler la justice, les médias,
les
autres candidats dans ces meetings, à ranimer ce qu'il y a
de
plus agressif ou excessif,
dans
la foule ou chez ses propres supporters,
on
s'expose à ce genre de dérive. Il semblerait qu'il y ait des gens de l'UMP et du PS qui se mettent ensemble, donc vous savez, il y a quelque chose heureusement de têtu dans l'histoire, c'est comme ça qu
'on
sait qu'il y
a
eu des chambres à gaz et qu'on ne peut pas le nier. Ça fait des semaines qu'on parle d'autre chose que de l'avis de nos concitoyens, des caricatures, des polémiques, il y en a eu d'ailleurs d'autres ces derniers jours.
Qui a payé les costumes de François Fillon ? Depuis qu'il a quitté Matignon il y a 5 ans, des amis l'aurait offert pour 48 500 euros de vêtements. On
ne vous demande pas à vous le
prix de votre
costume, donc vous
devriez être content. Il est beaucoup moins cher.
On va regarder si sa grand-mère avait des emprunts russes, si elle les a déclarés, elle va continuer à avoir une campagne de caniveau comme ça.
J'ai connu des campagnes de caniveau, je m'aperçois que maintenant on est à des campagnes de penderie et je ne suis pas tout à fait sûr que ce soit un progrès.
Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? Ça fait présidentiable ça ?
Voilà,
fin de territoire d'infos.
On
se retrouve demain matin à la même heure pour une nouvelle matinale d'infos. Bonne journée sur Public Sénat.