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InterviewEurope 1 — Le grand rendez-vous (sur Podcast)· 5 avril 2026 46 minComplaisantMixteSolidarités & familleCulture, médias & sportInstitutions & électionsJustice

Le grand Rendez-Vous avec Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et l’un des porte-parole des évêques de France

Au micro : Mathieu BocotéSource d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Nous allons bien sûr parler de l'explosion des catéchumènes cette année.

  • 1:38OuverteRéponse directe

    Comment est-ce que vous expliquez cet engouement, ce besoin de spiritualité, de se tourner vers le Christ ?

  • 2:54OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il n'y a pas aussi une dimension sociologique là-dedans ?

  • 3:50OuverteRéponse directe

    Cette progression, ce nombre de casquiches humaines, elle est dans tous les milieux où elle est plus spécifiquement dans certaines classes sociales.

  • 5:09OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous félicitez de la progression de ces autres cultes ou est-ce que ça vous inquiète ?

  • 6:11OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il n'y a pas aussi, notamment dans le catholicisme, est-ce qu'il n'y a pas aussi chez les jeunes français une recherche d'identité quelquefois ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36PrésentateurChiffre
    « 21 000 adultes et adolescents qui se tournent vers le Christ. »
  • 1:28PrésentateurChiffre
    « 13 234 adultes, 8 152 adolescents. Ça fait 21 406 catéchumènes. »
  • 10:12Invité politiqueFait
    « Il existe un laïcisme qui peut s'exprimer dans certains médias, dans certaines positions publiques ici ou là, dans certaines positions politiques. »
  • 12:55PrésentateurChiffre
    « 1320 actes antisémites pour l'année 2025. Ça veut dire entre 3 et 4 actes par jour. »
  • 20:17PrésentateurChiffre
    « 67% des Français, donc plus des deux tiers, estiment qu'il y a un racisme anti-blanc. »
  • 22:47InvitéFait
    « On m'a dit que le président Trump a récemment déclaré qu'il souhaiterait mettre fin à la guerre. »
  • 22:54InvitéFait
    « Espérons qu'il cherche une porte de sortie. Espérons également qu'il cherche un moyen de réduire le niveau de violence et de bombardement, ce qui constituerait une contribution importante à la disparition de la haine qui est en train de se créer et qui ne cesse d'augmenter au Moyen-Orient et ailleurs. »
  • 23:10InvitéPromesse
    « Je continuerai certainement à lancer cet appel à tous les dirigeants du monde pour leur dire revenez à la table du dialogue, cherchons des solutions aux problèmes, cherchons des moyens de réduire le niveau de violence que nous alimentons. »
  • 27:26Invité politiqueFait
    « Je pense par exemple à l'ancien président de la conférence épiscopale américaine, Timothy Brolio, qui est archevêque aux armées, qui, au moment du projet d'invasion du Groenland, a vraiment libéré la conscience des militaires catholiques américains très mal à l'aise vis-à-vis de ce projet. »
  • 28:20Invité politiqueFait
    « Je pense que le pape François restera quand même celui qui a secoué un peu l'Occident sur la prise en compte des plus grandes pauvretés et aussi des enjeux écologiques qui ne sont pas sans lien avec notre rapport au Dieu créateur. »
  • 29:05Invité politiqueFait
    « Il est venu en France, alors, à sa manière, trois fois, trois fois... En disant, je ne veux pas Marseille, mais pas en France. »
  • 31:43Invité politiquePromesse
    « J'ai l'impression quand même que cette guerre elle va finalement faire du mal à tout le monde. »
  • 32:27Invité politiqueFait
    « le Saint-Siège depuis très longtemps depuis l'encyclique Pacha Militaris de Jean XXIII insiste sur l'importance du dialogue international. »
  • 35:23Invité politiqueFait
    « je me souviens qu'au moment de la première commission d'information parlementaire dont Jean Léonetti était le rapporteur beaucoup de députés me disaient on n'arrivera jamais à se mettre d'accord. »
  • 37:55Invité politiqueFait
    « les sondages notamment dans ce genre de matière sont très liés à la manière dont les questions sont posées. »
  • 40:26Invité politiqueFait
    « un juriste comme Jean-Marc Sauvé un moraliste comme Emmanuel Hirsch ou une personne comme Marie de Hensel qui a été promotrice des soins palliatifs en France qui était à l'époque très proche de François Mitterrand et qui continue de dire son hostilité à ce projet ou un Jean Leonetti qui d'ailleurs se dit athée et qui est extrêmement opposé à ce sujet. »
  • 41:45Invité politiqueFait
    « l'oeuf c'est un symbole de Pascal puisque la pierre du tombeau qui éclate pour que la vie du Christ surgisse est évoquée par les oeufs. »
  • 44:31Invité politiqueFait
    « le poisson c'est le premier signe des chrétiens parce que l'acronyme de poisson en grec ictus veut dire Jésus-Christ fils de Dieu sauveur. »

Temps de parole

  • Invité politique65 %
  • Présentateur19 %
  • Invité9 %
  • Invité 25 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Europe 1. 10h-11h, le grand rendez-vous Europe 1. Pierre de Villeneau. Bonjour à tous et bon dimanche de Pâques à vous tous. Bonjour Mathieu Rouget. Bonjour et bonne fête de Pâques à vous et à tous ceux qui nous écoutent et nous regardent aujourd'hui. C'est votre grand rendez-vous en ce dimanche de Pâques. Vous êtes l'évêque de Nanterre. Vous êtes aussi ce que mon camarade Geoffroy Lejeune avait jadis titré le curé des politiques puisque vous avez été l'aumônier parlementaire. Ça veut dire que vous suivez bien sûr toutes les affaires du pays avec grande attention. Nous allons bien sûr parler de l'explosion des catéchumènes cette année.

21 000 adultes et adolescents qui se tournent vers le Christ. Un engouement vers la religion catholique dans un pays qui trouve ses origines alors que nous sommes de plus en plus, il faut le dire, dans une confrontation malheureusement avec d'autres idéologies et toujours, vous l'aurez remarqué, au nom de la laïcité. Y a-t-il une laïcité à deux vitesses selon certains partis politiques ? Et puis nous évoquerons le pape Léon qui a entendu Donald Trump et sa volonté d'arrêter la guerre contre l'Iran. C'est la première fois depuis longtemps qu'un souverain pontife commente directement la parole d'un chef d'État. Enfin, nous parlerons de la fin de vie.

Comment un sujet aussi sensible peut-il être balloté entre deux chambres du Parlement avec des votes très différents pour au final ne retenir qu'une seule décision ? Pour vous interroger, Stéphane Dupont des Echos. Bonjour Stéphane. Bonjour. Et Mathieu Bocoté. Bonjour Mathieu. Bonjour. Les catéchumènes 2026, c'est une hausse. 13 234 adultes, 8 152 adolescents. Ça fait 21 406 catéchumènes. C'est clairement en hausse. Comment est-ce que vous expliquez cet engouement, ce besoin de spiritualité, de se tourner vers le Christ ?

1:44
Invité politique

D'abord, c'est une très grande joie et un très grand encouragement. C'est un phénomène qui concerne la France, mais aussi d'autres pays, les États-Unis par exemple, une partie de l'Australie, même de plus en plus l'Espagne, voire la Belgique. Il y a une soif spirituelle qui s'exprime. Vous savez, tous ces catéchumènes, donc tous ces adultes qui demandent le baptême et qui l'ont reçu dans la nuit pascale, écrivent à l'évêque pour raconter leur parcours spirituel jusqu'à cette demande de recevoir le baptême, la confirmation et la première communion. Et c'est bouleversant de lire ces lettres qui nous sont adressées.

En fait, ce qui me frappe le plus, c'est que beaucoup de ces hommes et de ces femmes ont fait l'expérience de l'épreuve dans un monde qui est très violent, très dur, l'épreuve personnelle et puis le sentiment aussi d'être dans un monde en pleine mutation. Et dans cette épreuve, il y a une recherche de sens, une recherche de consolation et par différents moyens, l'entrée dans une église, la participation à une liturgie, la lecture de l'évangile, la rencontre de chrétiens, il découvre dans le Christ une source de lumière, de paix, de consolation. Et c'est ça qui est vraiment magnifique. Après, il faut les accueillir et les accompagner.

2:54
Invité

Est-ce qu'il n'y a pas aussi une dimension sociologique là-dedans ? C'est-à-dire, le XXe siècle a été le siècle, on pourrait même remonter au XIXe, le siècle des religions politiques. On a espéré finalement transposer les fins dernières sur cette terre, créer le paradis sur terre ou alors faire l'enfer sur terre aussi possible. Est-ce qu'on ne redécouvre pas aujourd'hui le fait que la spiritualité ne s'épuise pas simplement dans les religions politiques et les projets terrestres quels qu'ils soient ?

3:16
Invité politique

Oui, je pense que vous avez raison. La recherche de réussite plénière sur cette terre n'est pas cournée de succès et qu'au-delà du politique, qui est souvent très décevant et qui a pu être aussi très meurtrier, très violent, vous l'avez dit, dans les grands totalitarismes du XXe siècle, il y a la recherche de quelque chose de plus profond, de plus vrai, de plus lumineux. Et puis je crois aussi que de manière existentielle, quand même, il y a beaucoup, beaucoup de souffrances en notre temps, beaucoup de ruptures qui sont source de souffrance et vraiment la découverte dans l'évangile d'une source de lumière et de paix.

3:50
Invité

Vous êtes à la tête d'un diocèse avec une sociologie extrêmement variée puisque ça couvre les Hauts-de-Seine avec des quartiers très populaires et puis des quartiers beaucoup plus bourgeois. Cette progression, ce nombre de casquiches humaines, elle est dans tous les milieux où elle est plus spécifiquement dans certaines classes sociales.

4:07
Invité politique

Elle est globale et ce qui est magnifique dans le diocèse, effectivement très mélangé qui est le mien, c'est de voir que se retrouve, lors de cette grande célébration qu'on appelle l'appel décisif au début du carême, où l'évêque appelle solennellement tous ceux qui seront baptisés à Pâques, on retrouve des gens extrêmement variés. Je vois parfois des jeunes hommes, jeunes femmes extrêmement brillants dans leur carrière professionnelle et qui écrivent une lettre de demande avec une sorte d'adresse littéraire très grande et puis parfois des hommes ou des femmes qui me disent qu'ils ont dicté leurs lettres parce qu'ils ne savent pas écrire.

Et c'est ça l'Église, c'est le mélange étonnant, en particulier en notre temps, de personnes aux cultures, aux statuts sociaux, aux itinéraires extrêmement variés mais qui sont rassemblées dans l'unité et la joie de la foi partagée.

4:53
Invité

Et ces dernières années en France, ce qu'on a noté, c'est aussi la progression des églises évangéliques et puis la progression de l'islam, notamment chez les plus jeunes, on l'a vu pendant le dernier Ramadan. Est-ce que vous félicitez de la progression de ces autres cultes ou est-ce que ça vous inquiète ?

5:09
Invité politique

En tout cas, ce qui est certain, c'est que pour les jeunes catholiques dans les quartiers les plus populaires, ce n'est pas toujours facile de se trouver pris entre des voisins, des camarades, des amis musulmans et puis des voisins, des camarades, des amis évangéliques. Mais ce qui est intéressant, mais ce qui est surtout très intéressant, ce qu'un des curés d'une des paroisses très populaires du diocèse me le disait, c'est qu'en fait, dans ces cités, la question de Dieu est sans cesse posée. Et donc c'est en fait cela qui est peut-être le plus intéressant dans notre société contemporaine. Ça veut dire qu'on a tous le même Dieu ?

Alors, de toute façon, si nous croyons, nous les chrétiens, qu'il y a un Dieu unique, nous croyons que le Dieu unique est celui qui aime et qui attend chacun. Vous voyez, je voudrais souligner, il y a un de vos confrères, Arnaud Bellulacroix de la Croix, qui a commencé une série très intéressante sur Dieu dans les cités et qui montre qu'il se joue aujourd'hui quelque chose de spirituellement très intéressant dans notre pays, dans les cités populaires. Et du coup, c'est aussi un lieu pour moi de priorité pastorale.

6:10
Invité

Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi, notamment dans le catholicisme, donc au-delà de la spiritualité en général, est-ce qu'il n'y a pas aussi chez les jeunes français une recherche d'identité quelquefois ? C'est-à-dire, ils cherchent leur identité, donc ce qu'on appelait quelquefois le catholicisme identitaire. Au terme de cette recherche, ils trouvent peut-être les sources de la foi, mais d'abord et avant tout, il y a une quête d'identité qui peut aboutir à la foi.

6:28
Invité politique

Alors, les motivations qui conduisent à frapper à la porte d'une église sont extrêmement variées. Parfois, vous avez raison, il y a chez certains jeunes une quête d'identité et qui même parfois s'expriment en termes assez semblables à ce que l'on pourrait voir dans l'islam. Par exemple, un rapport au carême très formel ou une recherche de rites finalement analogues à ceux qui sont célébrés ailleurs.

Mais ce qui est très intéressant, c'est d'accueillir tous ceux qui frappent à la porte de la manière la plus bienveillante et la plus accueillante possible, et puis après, de leur faire découvrir ce que la foi en Jésus-Christ suppose vraiment et ouvre comme horizon absolument singulier ou en particulier, ce qui me semble une des grâces extraordinaires de la foi chrétienne, le sens de Dieu, le sens de l'adoration de Dieu se combine avec le sens de la liberté humaine. Dieu veut et fait en sorte que notre liberté puisse s'épanouir au maximum et de la manière la plus juste et la plus aboutie.

7:26
Invité

Et cette quête d'identité dont vous parliez, est-ce qu'elle se fait parfois en opposition chez les chrétiens par rapport à la progression de la foi chez les musulmans ? Sans doute, mais elle ne se réduit pas à cela.

7:39
Présentateur

Et en tout cas, tout cela se fait, cet appel à la foi dans une France qui est laïque. Alors la laïcité, c'est une norme, c'est devenu aussi un dogme pour certains partis politiques. Est-ce que c'est plus difficile qu'elle est pour vous la définition de la laïcité ? Est-ce qu'elle est bien appliquée,

7:56
Invité politique

selon vous ? Alors, je crois qu'il faut distinguer la sécularisation de la laïcité. Nous sommes, et il ne faut pas, ce n'est pas même, même 20 000 baptêmes à Pâques, ne fait pas passer la France de son hyper-sécularisation à un rapport intégralement renouvelé aux choses de la foi. Donc nous sommes dans une période de très grande sécularisation, c'est un phénomène global. Dans ce contexte-là, eh bien la lumière de la foi continue de briller et continue de toucher. La laïcité, nous savons bien que c'est la juste distinction entre le spirituel et le temporel. Nous savons bien qu'à bien des égards, la laïcité est une invention chrétienne.

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César, c'est à César, mon royaume n'est pas de ce monde. Le dialogue entre Jésus et Ponce-Pilate, de ce point de vue-là, est extraordinaire, et beaucoup, beaucoup de catholiques l'ont médité pendant l'office de la Passion le Vendredi Saint avec la Passion selon Saint Jean. La question, évidemment, est toujours de cultiver une juste laïcité et non pas un laïcisme où la religion comme telle est soupçonnée. Et nous savons bien que dans l'histoire française... Donc il y en a du laïcisme. Eh bien ça fait partie de l'histoire française, aujourd'hui comme hier, et la tentation du laïcisme existe. Vous savez, notre laïcité française...

Quelle forme-t-elle aujourd'hui si je peux me dire ? Alors, notre laïcité française, d'abord, historiquement, vous savez bien, même dans la naissance de la loi de 1905 et de tout ce qui s'est cristallisé au début du 19ème siècle, il y a un peu de courant. Il y a le courant, disons, qui a pu être incarné entre deux guerres par Aristide Briand, une laïcité de dialogue. Et puis, il y avait le courant le plus dur incarné par Combe qui était une laïcité d'opposition,

9:34
Invité

une laïcité de combat. Mais aujourd'hui, de quel moment le courant le plus dur auquel fait de référence ?

9:38
Invité politique

Comment s'exprime-t-il ? Eh bien, on le voit d'abord dans, disons, dans la démontalité globale où le fait d'être catholique suscite d'emblée le soupçon. Où le fait d'avoir une appartenance spirituelle forte suscite l'interrogation. Mais... Donc on est bizarre, en fait. C'est notre histoire. Et dans cette histoire-là, il ne faut pas se crisper. Il faut témoigner qu'on peut être profondément engagé dans la foi et profondément ouvert à toutes les questions et tous les dialogues.

10:07
Invité

à l'égard des chrétiens ou des catholiques en France aujourd'hui ?

10:11
Invité politique

Il existe un laïcisme qui peut s'exprimer dans certains médias, dans certaines positions publiques ici ou là, dans certaines positions politiques. Vous le regrettez, bien sûr. Moi, je crois que c'est important. Vous le condamnez. La question n'est pas pour moi d'avoir une position de condamnation. Ça n'aurait aucun effet et aucun sens. Ce que je pense, c'est qu'il faut toujours revenir à une laïcité de respect qui garantit la liberté religieuse, c'est son sens le plus profond, le dialogue. Et je crois que nous sommes dans un cadre législatif et intellectuel global qui le permet.

10:42
Présentateur

Mathieu Rouget et l'invité du Grand Rendez-vous en vient dans un instant.

10:47
Locuteur non identifié

10h11h

10:48
Présentateur

Le Grand Rendez-vous Européen

10:50
Locuteur non identifié

Pierre de Villeneuve

10:51
Présentateur

Suite du Grand Rendez-vous avec notre invité l'évêque de Nanterre Mgr Mathieu Rouget et Mathieu Bocoté avait encore une question sur la laïcité avant de passer à autre chose.

11:00
Invité

Oui, en fait, dans le rapport à la fois dans l'espace public en fait, vous disiez il y a quelquefois des gens qui ont une hostilité envers les chrétiens, envers les catholiques, mais j'ai plutôt l'impression d'assister à autre chose des gens dans votre position, c'est-à-dire globalement porteurs de cols romains et de soutames. Souvent, souvent, j'ai entendu lorsque j'avais l'occasion de leur parler, ils me disaient qu'ils suscitent une sympathie spontanée lorsqu'ils se présentent dans les lieux publics, une forme de respect qui s'exprime. Donc, est-ce qu'il n'y a pas aussi quelque chose comme un respect spontané chez le commun et mortel pour l'homme de foi qui s'assume comme tel ?

11:29
Invité politique

En effet, je crois qu'il y a des postures idéologiques qui sont parfois hostiles et puis il y a une réalité où d'une part le dialogue est presque toujours possible et où effectivement il y a une attente à l'égard de l'annonce de la foi qui peut être perçue dans le fait même que des hommes d'église ou des religieuses soient bien visibles. C'est aussi le cas quand on organise une procession. Vendredi dernier, il y a eu des chemins de croix dans l'espace public qui se sont très bien passés et qui suscitent plutôt de l'intérêt de la bienveillance.

Et donc, je crois qu'il y a sans doute à faire attention à ne pas imaginer que des postures très idéologiques et qui parfois sont survalorisées dans l'espace médiatique prennent le pas sur la réalité où le dialogue et la bienveillance sont souvent dominatifs.

12:14
Présentateur

Même si ces chemins de croix ont dû être sécurisés puisque Laurent Nunes, le ministre de l'Intérieur a fait en sorte que les lieux de culte catholique et juif particulièrement puisque cette année Pessar et Pâques tombent à peu près au même moment. Quand certains juifs de France font leur alia, c'est-à-dire ils repartent en Israël alors qu'ils ont connu quand même deux ans et demi de guerre et là, ça continue avec ce qui se passe au Moyen-Orient, c'est-à-dire qu'il y a des juifs de France qui se sentent plus en sécurité en Israël qu'en France, c'est quand même très très inquiétant.

12:46
Invité politique

C'est de fait très inquiétant et vous savez que pour l'Église catholique, la lutte déterminée contre toute forme d'antisémitisme est une véritable priorité. On a beaucoup beaucoup enrichi le dialogue judéo-chrétien depuis des décennies avec les grandes figures que sont le carnal Lustiger et Jean-Paul II dans ce domaine notamment. Et donc aujourd'hui comme hier, nous sommes aux côtés de nos frères et sœurs juifs et totalement engagés pour que l'antisémitisme ne puisse pas se développer dans notre pays.

13:15
Présentateur

Donc vous dites engagés ça veut dire de quelle façon ? Qu'est-ce que fait l'Église à côté des pouvoirs publics ? On sait qu'Aurore Berger porte les assises contre l'antisémitisme. Pour l'instant, on n'a pas encore de développement concret de ces assises. On sait qu'il y a 1320 actes antisémites pour l'année 2025. Ça veut dire entre 3 et 4 actes par jour. J'entends bien que vous êtes aux côtés de vos frères juifs, Monseigneur, mais concrètement, l'Église, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle se réunit ? Elle pense ?

13:45
Invité politique

Elle fait beaucoup de choses. D'abord, il y a toutes les occasions de dialogue local entre les communautés juives et les communautés chrétiennes. Dans Maudiocèse de l'Ontaire, nous avons engagé un grand processus de lecture intégrale de la Bible en 4 ans par le maximum de fidèles qu'on appelle la Randonnée biblique. Et du coup, quand on est en train de lire un texte de l'Ancien Testament, on organise localement des temps de lecture commune de la parole de Dieu en dialoguant les uns avec les autres et c'est une manière d'entrer dans une fraternité.

Et puis, nous sommes en contact aussi, Église, avec énormément de jeunes dans les homonories d'enseignement public comme dans les écoles catholiques. Moi, je passe beaucoup de temps à la rencontre des jeunes. Cette semaine, j'ai rencontré, par exemple, plusieurs promotions de terminal d'établissement catholique et c'est un sujet que j'aime bien mettre sur la table parce que je crois très important que tous ces jeunes puissent être convaincus que dans leur identité chrétienne, d'ailleurs plus ou moins ténue et en construction, eh bien, il y a le refus de tout antisémitisme et évidemment de toute haine par définition.

14:40
Invité

Le dialogue que vous évoquez avec la communauté juive, avec les croyants, avec les juifs, est-ce qu'elle n'est pas heurtée par moment par la situation des chrétiens d'Orient et la politique que mène Israël à Gaza et dans le sud Liban où des chrétiens d'Orient ont été tués par les forces israéliennes dans des bombardements, je précise. Est-ce que ça, ça rend pas le dialogue un peu difficile par moment ?

15:04
Invité politique

Alors, évidemment, ces situations contemporaines sont très difficiles à assumer pour tout le monde. À titre personnel, moi, je suis très engagé aussi auprès des chrétiens d'Orient. On a eu l'occasion de célébrer au début de l'extension de la guerre au Liban une messe pour la paix au Liban qui a rassemblé énormément le Libanais alors qu'elle a été annoncée en quelques heures. Et donc, nous avons une très grande solidarité avec nos amis du Liban, ce pays qui ressortait un peu de la tête de l'eau, qui avait eu la grande joie d'accueillir le pape et qui se retrouve dans une situation très difficile.

Maintenant, je crois que beaucoup de Juifs partagent avec nous la capacité à distinguer très clairement des activités de type politique et militaire et le respect de la communauté juive comme telle. Et c'est très important de redire cela inlassablement. Et puis, j'étais aussi frappé de voir que au moment des rameaux où le patriarche atteint Jérusalem a été empêché de rejoindre le Saint-Sépulcre, le grand rabbin de France a pris la parole pour demander que les choses soient rétablies dans un meilleur sens.

16:06
Invité

Ça vous a choqué cette interdiction ?

16:08
Invité politique

Cette interdiction a choqué, je crois, vraiment la Terre entière et du coup, d'ailleurs, elle a été dépassée. Même le pape

16:13
Présentateur

qui a pris la parole mais Benjamin Netanyahou a dit que c'était pour des raisons de sécurité. Il y a quand même la guerre dans cette... Mais il a surtout changé les choses

16:19
Invité politique

puisque le patriarche a maintenant retrouvé la liberté et la solidité.

16:23
Invité

Alors, notre époque, je reprends la formule d'Huntington qui est connue, c'était le choc des civilisations qui était aussi à certains égards un choc des religions. Est-ce que vous le voyez aussi ? Est-ce qu'à l'échelle de l'histoire, on peut dire qu'il y a une confrontation sans cesse renouvelée qui se passe en France aujourd'hui entre le christianisme et l'islam ou est-ce que ce vocabulaire vous semble inadéquat pour décrire les temps présents ?

16:42
Invité politique

Alors, qu'il y ait des chocs, des entrechoquements de cultures, de confessions aussi religieuses parfois, de civilisations dans le monde occidental et dans le monde en général et en France aujourd'hui, oui, bien sûr. Maintenant, pour moi, je prends ce choc comme une mission qui est une mission de faire prévaloir avec les moyens qui sont les nôtres comme église une véritable fraternité. Et ça, je suis émerveillé, je me permets de le dire vraiment, de voir que dans nos communautés chrétiennes très mélangées dans certaines communes des Hauts-de-Seine, nous vivons une fraternité qui est peut-être unique dans l'espace français.

J'ai célébré la Vigile Pascale hier dans une paroisse extrêmement mélangée où se trouvent des gens de niveau social, de culture, d'origine extrêmement variée. Dans une qualité de fraternité et de respect remarquable. Et donc, nous, comme communauté catholique, nous ne cessons de dire à la société française, au nous-mêmes de notre foi et de notre expérience de croyant, la fraternité est possible à condition qu'on s'en donne les moyens.

17:38
Invité

J'entends, mais à l'échelle de l'histoire, on peut dire... En fait, je vous propose deux propositions. Si la France n'était plus chrétienne, serait-elle encore la France ? La première question. Et la deuxième, si la France était musulmane, serait-elle encore la France ?

17:51
Invité politique

Alors, je n'ai pas la globalité du regard extérieur qui est le vôtre. Mais, en tout cas, mon souci, ce n'est pas, disons, d'avoir une option intellectuelle si globale. C'est qu'aujourd'hui, en France, telle qu'est la France, nous puissions, nous les chrétiens, être pleinement nous-mêmes, annoncer Jésus-Christ qui est la bonne nouvelle par excellence, la résurrection, la vie plus forte que la mort, l'amour plus fort que la mort, et faire de nos communautés chrétiennes des lieux accueillants, des lieux pacifiés, et des lieux pacifiants pour l'espace dans lequel nous sommes. Vous savez, c'est la, une des premières phrases du pape Léon XIV, la paix désarmée et désarmant.

18:30
Invité

Mais ce basculement historique, autrefois, il y avait la France catholique, désormais, il y a des communautés catholiques en France.

18:35
Invité politique

Ce basculement historique, il a eu lieu depuis longtemps. Et vous l'acceptez combien de temps ? Bon, on peut discuter, mais il y a une grande phase qui est, disons, la France 1850-1950, la reconstruction du catholicisme après la révolution. On est dans une autre époque, moi je ne dis pas, dans la nostalgie d'un âge d'or qui n'a d'ailleurs jamais vraiment existé. Mais aujourd'hui, notre mission, c'est de faire vivre la proposition chrétienne et de manifester qu'elle est féconde pour la société et qu'elle est source de paix.

19:02
Présentateur

Tout à l'heure, Mathieu Bocoté vous a interrogé sur, effectivement, la présence, votre présence, avec votre soutane et votre croix. Mais vous parliez d'événements organisés, c'est-à-dire que vous allez célébrer une messe à Nanterre, soit. Maintenant, la question est la suivante. Pour voir à quel point ce que vous représentez l'évêque de Nanterre, la religion catholique dans, effectivement, ce qu'on appelle communément les cités. Est-ce qu'aujourd'hui, si vous allez comme ça, par hasard, à 21h ou à 22h sur le parvis de Nanterre, tout seul, allez vous promener et peut-être, tiens, pourquoi pas avec un ami rabbin, est-ce que vous êtes en sécurité ?

19:49
Invité politique

Moi, je le crois. Je le crois. Moi, je me passe ma vie à me promener dans mon diocèse. Habillé comme ça ? Toujours, toujours, toujours. Je n'ai pas d'autre habit que celui-là.

19:57
Présentateur

Je ne vous ai jamais vu autrement que celui-là.

19:59
Invité politique

Et donc, non, non, moi, je me sens tout à fait en sécurité et toujours heureux de dialoguer et de témoigner.

20:06
Invité

Je ne pose pas d'animosité à l'égard des représentants de la Côte du catholicisme que vous êtes. Non, jamais. Est-ce que je vous pose

20:12
Présentateur

la question ? Parce qu'un sondage CSA pour Europe 1, le JDD et CNews montrent que 67% des Français, donc plus des deux tiers, estiment qu'il y a un racisme anti-blanc. Alors, la notion de racisme anti-blanc est une notion sensible que peu de médias relaient. Nous, on le fait ici dans nos médias, dans nos antennes. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que c'est un chiffre qui vous inquiète ?

20:37
Invité politique

Alors, d'abord, moi, mes communautés catholiques sont extrêmement mélangées avec beaucoup de diversité visible. Et ensuite, toutes les violences m'inquiètent. Et donc, je crois qu'il faut absolument refuser d'entrer dans une société hyper communautarisée. Et donc, voilà, que toutes les violences soient nommées, que les moyens soient pris pour lutter contre toutes les violences. Et puis, faisons avancer cause de la paix.

21:03
Présentateur

Est-ce que le racisme pour vous est racisé ? Est-ce qu'il s'en tient uniquement à la couleur de peau ? Est-ce que, moi, on peut me traiter de salbant ? Est-ce que vous le concevez ? J'imagine que ça doit

21:11
Invité politique

pouvoir exister. Mais, en tout cas, je n'ai jamais fait l'expérience.

21:14
Invité

Est-ce que le communautarisme progresse en France ? C'est un peu ce qu'avait décrit Jérôme Fourquet dans un livre il y a quelques années. Le fait qu'il y ait un archipel de communautés qui ne se parlent de moins en moins, en fait.

21:25
Invité politique

Alors, de fait, je crois que les analyses de Jérôme Fourquet sont très, très, très stimulantes. Il y a une archipelisation. Mais, justement, nous, notre réponse de catholique à l'archipelisation, c'est la communion. Et, d'ailleurs, Jérôme Fourquet lit, pour une part, l'archipelisation au retrait du catholicisme. Voilà pourquoi, avec les moyens qui sont de les nôtres, humblement, avec beaucoup d'enthousiasme mais beaucoup d'humilité aussi, nous, nous essayons de partager la bonne nouvelle de Jésus-Christ, Seigneur et Sauveur.

Et nous croyons que quand elle est accueillie, comme les nombreux néophytes désormais, puisqu'ils étaient cathécumènes avant d'être baptisés désormais sur de nouvelles plantes des néophytes, eh bien, vivent cela. Et nous pouvons être vraiment dans la France d'aujourd'hui, source de cohésion sociale

22:08
Présentateur

et de paix. En ce jour de Pâques, nous accueillons Mgr Mathieu Rouget et on revient dans un instant sur CNews et sur...

22:13
Locuteur non identifié

10h-11h

22:16
Présentateur

Le Grand Rendez-Vous Europe 1

22:18
Locuteur non identifié

Pierre de Villeneau

22:19
Présentateur

Et en ce dimanche de Pâques, Mgr Rouget, l'évêque de Nanterre est avec nous. On attendait des grandes annonces de Donald Trump cette semaine. Finalement, pas grand-chose à part que la guerre, dit le président américain, allait se terminer d'ici trois semaines. Le pape Léon a quant à lui pris la parole en milieu de semaine et il a été très clair, il attend de Donald Trump qu'il termine la guerre.

22:42
Invité

On m'a dit que le président Trump a récemment déclaré qu'il souhaiterait mettre fin à la guerre. Espérons qu'il cherche une porte de sortie. Espérons également qu'il cherche un moyen de réduire le niveau de violence et de bombardement, ce qui constituerait une contribution importante à la disparition de la haine qui est en train de se créer et qui ne cesse d'augmenter au Moyen-Orient et ailleurs. Je continuerai certainement à lancer cet appel à tous les dirigeants du monde pour leur dire revenez à la table du dialogue, cherchons des solutions aux problèmes, cherchons des moyens de réduire le niveau de violence que nous alimentons.

23:26
Présentateur

Dans notre jargon, c'est ce qu'on appelle un micro-tendu, c'est-à-dire qu'on a rarement la parole d'un pape à un micro-tendu. Généralement, c'est des allocations solennelles ou des, comment dirais-je, au balcon de la place Saint-Pierre, peut-être dans des messes qui sont dites devant les fidèles. Mais là, c'est vraiment, il se met à la place, j'allais dire, de tout responsable, j'ai envie de dire presque politique, et il suit le président américain. On sait qu'il est américain et on sait qu'il est plutôt républicain, le pape Léon. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il suit Donald Trump mot pour mot dans son action ou est-ce que, selon vous, il appelle juste à la paix dans le monde ?

24:07
Invité politique

Alors d'abord, le pape Léon XIV a pris l'habitude, après quelques heures de repos qu'il prend chaque semaine en dehors de Rome, quand il reprend sa voiture, d'être disponible aux questions des journalistes. Donc il fait cela de manière régulière. Il y a un peu deux grandes personnalités.

24:21
Présentateur

C'est nouveau pour un Saint-Père.

24:23
Invité politique

Oui, mais on se rappelle par exemple que les papes successifs donnent des conférences de presse aussi à micro tendu. Le pape François,

24:30
Présentateur

c'était dans l'avion.

24:31
Invité politique

Il aimait bien l'avion. Voilà, mais l'avion, le pape Léon l'a également fait, le pape Benoît XVI également. Et Jean-Paul II le faisait le premier. Il y a un peu deux grandes personnalités américaines aujourd'hui dans le monde, Donald Trump et le pape Léon XIV. Et le contraste est saisissant. D'un côté, la démesure, des prises de parole qui, suivant les moments, vont dans un sens et dans l'autre, et puis la violence qui enjaillit. Et puis de l'autre côté, il y a le pape Léon XIV, un homme de mesure et de relative réserve, au point que certains disent « mais est-ce que le pape ne devrait pas avoir plus de vigueur dans ses propos ?

» Et qui, avec la force tranquille et pacifiante qui est la sienne, dit des choses essentielles. Et je crois qu'aujourd'hui, il est urgent qu'on sorte de cette spirale de la violence et qu'on retrouve le sens du dialogue. Vous savez... Est-ce qu'on peut dialoguer avec les gardiens de la révolution en Iran ? Mais... Raisonnablement maturement. On doit dialoguer et chercher les voies de dialogue avec tous. Et d'une manière ou d'une autre. Et de toute façon, on voit bien que la violence très vite aboutit à des impasses. Et donc, il y a un dialogue à retrouver. Et je trouve très impressionnant que le pape Léon XIV prenne la parole avec cette force et cette douceur combinées remarquables.

Vous savez, c'est un disciple de Saint-Augustin comme il aime le dire et beaucoup de nos auditeurs connaissent La Cité de Dieu qui est une grande oeuvre de théologie de l'histoire de Saint-Augustin en pleine période des invasions barbares. Et Saint-Augustin est vigoureux pour discerner sur les régimes qui font du mal et ce qui peut conduire à la paix. Mais malgré tout, ce qui est entre nos mains pour faire progresser la paix, c'est la force de la parole et du dialogue.

26:09
Invité

Est-ce que vous diriez que Donald Trump est un bon chrétien ? Alors d'abord, je ne... Il revendique sa foi publiquement.

26:15
Invité politique

Je ne me permets pas de donner des diplômes de bon chrétien à qui que ce soit qui pourrait dire de lui-même qu'il est un bon chrétien et par ailleurs, je crois que Donald Trump ne cherche pas à passer pour un chrétien. C'est un homme qui n'a pas du tout la réputation d'aller même régulièrement à l'église.

26:33
Présentateur

Et il y a des pierres... Vous avez même le chef du Pentagone l'autre jour, Pitex 7, qui termine sa conférence de presse en se signant dans du père de la presse.

26:42
Invité politique

Il y a plusieurs choses. D'abord, aux Etats-Unis, tous les leaders politiques de gauche comme de droit, démocrate comme républicain, terminent toujours leur discours. Ça fait une chute facile à trouver. God bless America. Ensuite, quand on dit ça, c'est aussi comme sur les billets de l'art, in God we trust, on ne sait pas très bien de quel dieu il est question. Enfin...

27:05
Invité

Ça veut dire quoi ? C'est le dieu de l'art ? C'est le bonheur plutôt. Un peu, oui.

27:10
Invité politique

Donald Trump, même s'il y a des personnes qui sont venues prier autour de lui dans son bureau, est quelqu'un qui n'a pas de pratiques religieuses habituelles. Et je me permets de dire que mes frères évêques américains ont été assez fortement critiques. Je pense par exemple à l'ancien président de la conférence épiscopale américaine, Timothy Brolio, qui est archevêque aux armées, qui, au moment du projet d'invasion du Groenland, a vraiment libéré la conscience des militaires catholiques américains très mal à l'aise vis-à-vis de ce projet.

27:41
Invité

Alors, je reviens sur la figure du pape. Est-ce qu'on n'est pas aussi devant un pape de la réconciliation aujourd'hui ? J'entends, le pape François était souvent critiqué à tout le moins en Europe par plusieurs qui disaient qu'il est insensible à l'héritage européen. Il considère que l'avenir du christianisme se joue ailleurs, du catholicisme se joue ailleurs et, par ailleurs, il y avait quelques dédains pour les figures de la tradition. Est-ce que le pape nouveau n'est pas, lui, un pape de la réconciliation qui cherche à se réapproprier cet héritage et qui se réconcilie peut-être un peu aussi avec l'Europe et l'Occident ?

28:09
Invité politique

Alors, nous avons clairement deux tempéraments bien différents, même si c'est le pape François qui a appelé le cardinal prévost pour être un de ses collaborateurs à Rome. Je pense que le pape François restera quand même celui qui a secoué un peu l'Occident sur la prise en compte des plus grandes pauvretés et aussi des enjeux écologiques qui ne sont pas sans lien avec notre rapport au Dieu créateur. Après, deux styles différents et je, personnellement, il faut déjà l'occasion de parler ensemble, je ne pense pas que le pape François se désintéressait de l'Europe et chaque fois que, comme évêque français, nous avons dialogué...

28:45
Invité

Il se désintéressait un peu de la France. Il a refusé à plusieurs fois de venir en France, notamment à Notre-Dame pour la réouverture de Notre-Dame. Est-ce que le pape Léon

28:54
Invité politique

s'est un peu plus bienveillant vis-à-vis de la France ? Alors, premièrement, le pape Léon XIV, le pape François, chaque fois que nous avons parlé avec lui des affaires de la France, il les connaissait bien et il était très attentif. Il est venu en France, alors, à sa manière, trois fois, trois fois... En disant, je ne veux pas Marseille, mais pas en France. Voilà, mais une fois à Marseille, il a quand même dit bonjour Marseille, bonjour la France. Voilà, c'est le style du pape François.

29:18
Invité

Mais il faut voir le pape nouveau, le pape Léon XIV. Est-ce qu'il n'y a pas chez lui quelque chose comme une dimension plus explicite ? Il sait qu'il y a quelque chose à recoudre.

29:25
Invité politique

En tout cas, c'est l'homme de la pacification dans l'Église et dans le monde. La paix désarmée et désarmante et ce premier salut merveilleux, la paix du Christ tout avec vous, quelques temps après Pâques, dans le temps pascal à Rome, j'avais la chance d'être à Rome le jour de son élection, c'était un moment de lumière et de paix extraordinaire. Alors, vous avez demandé mais quand est-ce que le pape Léon va venir nous voir en France ? C'est ça. Eh bien, nous l'attendons de pied ferme. Vous avez des infos. Est-ce que ce sera dans 3 ou 4 mois ou dans 12 ou 15 ?

29:57
Invité

Dans la semaine qui vient au Vatican, est-ce que vous pouvez... C'est prévu, je crois.

30:00
Invité politique

Alors, je crois que les choses sont prévues et ça me semble très heureux que le chef de l'État rencontre le nouveau pape.

30:07
Présentateur

Emmanuel Macron qui a dit je ne prends pas part à cette guerre contre pied depuis le début d'ailleurs à ce que dit Donald Trump. Est-ce que l'Église de France suit le président de la République ?

30:18
Invité politique

L'Église de France n'a pas à prendre de position immédiatement politique et l'Église de France... C'est bien, c'est bien, c'est la raison pour laquelle je vous pose des questions. Et l'Église de France est en pleine harmonie avec l'option que prend le Saint-Siège de rechercher par tous les moyens les voies du dialogue et de la paix et il me semble que la diplomatie française est plutôt dans cet esprit-là.

30:39
Présentateur

Alors, je repose ma question à laquelle vous n'avez pas répondu tout à l'heure, comment est-ce qu'on peut raisonnablement dialoguer avec soit les gardiens de la Révolution, soit le régime des Mollas qui a mis sous cloche toute une population en les terrorisant, en les massacrant. Quel est le... si vous parlez de dialogue, quel est le modus operandi pour dialoguer avec ces gens-là ?

31:00
Invité politique

On voit bien que malgré tout sur la question nucléaire le travail de dialogue a pu porter un certain fruit et surtout la grande difficulté un de vos confrères a écrit ça Renaud Girard de manière très suggestive la semaine dernière il semble que le conflit actuel va plutôt solidifier le régime et donc ce qui est important

31:22
Invité

C'est que l'opinion

31:24
Présentateur

d'un confrère du Figaro Oui mais c'est un opinion qui... J'entends bien j'ai beaucoup de talent Renaud Girard C'est une opinion

31:30
Invité politique

qui est assez convaincante C'est votre avis ? En tout cas c'est ma crainte Oui Ça veut dire que c'est votre avis ? Non c'est ma crainte Vous savez moi je n'ai pas d'avis géopolitique dont j'imagine qu'il soit profondément averti Mais c'est mon sentiment Engager cette guerre est une erreur selon vous ? J'ai l'impression quand même que cette guerre elle va finalement faire du mal à tout le monde

31:50
Invité

Mais alors je détaille cette seule guerre en particulier est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'on bascule aussi dans des temps autrement plus violents que ceux qu'on a pu connaître dans la deuxième moitié du XXe siècle C'est un choc des empires des violences majeures des migrations qui bousculent tout parce que vous n'avez pas l'impression que nous entrons dans des temps troubles sachant que depuis la nuit des temps jusqu'à la fin des temps tout sera trouble mais peut-être un peu plus ces années-ci

32:11
Présentateur

Ce que disait déjà le chef d'état-major des armées M. Burkhardt

32:15
Invité politique

il y a je crois deux ou trois ans Non mais je crois que vous avez raison effectivement dans une période de troubles de plus en plus violents vous savez que le Saint-Siège depuis très longtemps depuis l'encyclique Pacha Militaris de Jean XXIII insiste sur l'importance du dialogue international et un des drames aujourd'hui c'est qu'on a laissé les Nations Unies s'étioler et ne plus être le lieu où le Conseil de sécurité et bien comme c'est le cas en français un pronom indéterminé c'est une nébuleuse assez complexe mais aujourd'hui nous n'avons pas assez les moyens d'un dialogue international effectif et donc c'est ça sur quoi il faut vraiment retravailler Mais est-ce qu'il n'y a pas de temps en temps dans l'histoire

32:56
Invité

c'est une image évidemment la tentation d'ouvrir les portes de l'enfer de temps en temps les hommes veulent aller à l'abîme les hommes veulent aller au gaufre les hommes veulent aller à la catastrophe ils se lassent de la paix ils se lassent d'une certaine prospérité et la tentation quelquefois tout simplement de la plus grande violence est-ce qu'il n'y a pas quelque chose comme ça dans notre époque ? Sans doute

33:12
Invité politique

mais la réponse à cela pour nous chrétiens c'est l'annonce de la paix qui vient de Jésus-Christ Vous savez moi je rêvais d'un pape qui s'appellerait Léon et j'ai été subjugué et ému en découvrant au moment de son élection que c'était Léon XIV qui devenait pape Pourquoi ?

Parce qu'au 5ème siècle l'Europe et l'Afrique du Nord où vit Saint Augustin est en proie aux invasions barbares une de ces périodes de l'histoire où comme vous l'avez très bien dit il y a la tentation d'ouvrir les portes de l'enfer et la réponse à cela c'est Saint Léon le Grand Léon Ier qui l'incarne en rassemblant les chrétiens dans la foi et l'équilibre de la foi en Jésus-Christ Seigneur et Sauveur Il y a au-dessus de son tombeau à Saint-Pierre de Rome un haut relief de marbre extraordinaire où on voit Saint Léon face à Attila le leader des barbares et quelle est la réaction à la barbarie pour nous chrétiens c'est d'abord l'enracinement spirituel et culturel donc aujourd'hui il y a des violences barbares à travers le monde notre mission de chrétien c'est d'être des témoins de la paix possible en particulier par la foi

34:19
Présentateur

Monseigneur Mathieu Rouget invité du Grand Rendez-vous en ce jour de Pâques on revient dans un instant tout de suite Dernière partie du Grand Rendez-vous en ce dimanche de Pâques sur Europe 1 et sur CNews la réforme sur la fin de vie sera soumise au vote définitif de l'Assemblée Nationale avant l'été Monseigneur Rouget c'est Laurent Panifousse le ministre qui l'a dit l'examen en deuxième lecture par le Sénat est reporté au mois de mai aux grandes dames de la présidente de l'Assemblée Nationale Yael Brown-Pivet qui souhaitait avoir cette réforme plus vite désapprouve profondément dit-elle ce report deux assemblées deux avis un seul vote comment est-ce que vous comprenez tout ça ?

35:02
Invité politique

alors c'est un des bienfaits du bicaméralisme de permettre un débat voilà c'est quand même très binaire un débat qui s'approfondit un débat de qualité ?

alors le débat a parfois été tendu mais parfois aussi de qualité d'ailleurs les votes ont évolué de la première à la deuxième lecture c'est un sujet que je suis depuis la première loi Léonetti je me souviens qu'au moment de la première commission d'information parlementaire dont Jean Léonetti était le rapporteur beaucoup de députés me disaient on n'arrivera jamais à se mettre d'accord et puis le sérieux du travail parlementaire l'écoute des uns des autres avait conduit à un rapport adopté à l'unanimité à l'époque de cette mission d'information parlementaire et qui s'était transposé dans la loi dite Léonetti alors aujourd'hui le débat continue c'est un débat difficile le monde médical très mobilisé fait entendre son malaise sur l'assimilation d'un acte létal à un soin il y a beaucoup de sujets précis à continuer de travailler le travail parlementaire ce que je trouve heureux continue et comme il s'agit d'une proposition de loi désormais et pas un projet de loi les lectures peuvent encore continuer à certains temps

36:20
Invité

le dernier texte qui était issu de l'Assemblée Nationale il y a quelques semaines est-ce que c'est selon vous un texte d'équilibre ou est-ce qu'il est à vos yeux encore déséquilibré

36:28
Invité politique

c'est un texte totalement déséquilibré c'est un texte extrêmement permissif qui nous mettrait dans une situation

36:34
Présentateur

on parle du deuxième volet qui est sur l'accompagnement à la fin de vie pas sur les soins palliatifs qui lui il y a une sorte de stabilité entre le Sénat et l'Assemblée Nationale

36:44
Invité

je vous pose la question parce que pendant le débat le texte avait été encore beaucoup plus loin et puis est revenu proche de sa version d'origine

36:51
Invité politique

il y a eu deux nuances avec les amendements parlementaires les amendements gouvernementaux à la fin du débat donc ça reste un texte extrêmement permissif qui nous mettrait dans une situation analogue à celle du Canada ou du Québec par exemple

37:03
Invité

mais est-ce que vous avez pas l'impression cela dit au-delà de nos préférences personnelles qu'il y a une tendance d'époque qui se joue ici c'est-à-dire une forme de désir d'autodétermination intégrale donc l'individu veut choisir s'il veut son nom plus tard dans le lit choisir à nouveau son prénom il veut changer de sexe s'il le souhaite simplement parce qu'il a le sentiment qu'il est d'un genre plutôt que d'un autre et en dernière instance il dit mais qui êtes-vous qui sommes-nous si je veux mourir maintenant qui êtes-vous pour me l'interdire est-ce qu'il n'y a pas une tendance lourde qui nous emporte tous

37:30
Invité politique

alors il y a une véritable tendance vous avez raison mais je crois qu'il faut aussi distinguer entre les postures les affirmations les affirmations disons éventuellement au sens respectable du terme et puis ce qui habite profondément le coeur humain et des enquêtes d'ailleurs je pense à celle de Fondapol menée par Dominique Régnier ont montré qu'il y avait un contraste entre cela mais après le point que vous dites est très important très souvent les gens disent mais au fond on ouvre un droit et quand on ouvre un droit pour certains on ne nuit aucunement aux autres et ça c'est une une sorte d'hyper-individualisme dont nous avons à sortir en fait tous les choix que nous faisons individuellement impactent la société en général et donc nous avons la responsabilité les uns et les autres d'être des artisans de fraternité et de fait je pense que c'est un des débats philosophiques et existentiels et sous-religieuses là-dedans

38:25
Invité

c'est-à-dire que la tentation finalement de l'homme moderne c'est l'auto-engendrement c'est-à-dire il ne sait plus s'il croit en Dieu mais ce qui est certain c'est qu'il se prend pour Dieu de temps en temps donc dès lors il veut il ne tolère aucune autre loi extérieure à sa volonté en dernière essence il veut s'anéantir c'est son droit aussi

38:40
Invité politique

alors il peut y avoir une dimension religieuse mais je crois très important de dire que le débat sur ce texte n'est pas un débat confessionnel c'est un débat d'humanité et de fraternité et que ceux qui veulent défendre leur position permissive en disant qu'il s'agit de déconfessionnaliser la loi ne gardent pas cette posture qui n'est pas juste c'est un enjeu d'humanité et de fraternité parce que la vie en société tout simplement passe par le respect interconditionnel la vie des uns par les autres

39:13
Invité

pour prolonger la question de Mathieu les sondages qui ont été réalisés auprès de la population française montrent qu'il y a quand même une large majorité de français qui est favorable à cette évolution et vous vous êtes contre ce qui est tout à fait respectable mais comment est-ce que vous affrontez cette opinion qui est largement favorable à une évolution sur la fin de vie

39:32
Invité politique

je vous renvoie précisément à l'enquête de la Fondapol qui montre que la situation réelle est très différente vous savez bien que les sondages notamment dans ce genre de matière sont très liés à la manière dont les questions sont posées et puis c'est une question tellement intime sur laquelle il ne s'agit pas d'avoir des propositions à l'emporte-pièce chacun entre nous a des souvenirs des expériences et donc c'est un sujet éminemment sensible ce que je crois important c'est d'abord que toute notre société prenne davantage en compte la fragilité qu'il y ait bien sûr un investissement dans les soins palliatifs mais aussi que chacun et c'est un beau message pour Pâques prenne soin de ceux qui sont dans une situation de handicap de fin de vie de grande fragilité et puis je crois aussi important que nous nous mettions à l'écoute de grandes voix de grandes voix qui assez variées expriment leur grande réticence sur ce sujet je pense un juriste comme Jean-Marc Sauvé un moraliste comme Emmanuel Hirsch ou une personne comme Marie de Hensel qui a été promotrice des soins palliatifs en France qui était à l'époque très proche de François Mitterrand et qui continue de dire son hostilité à ce projet ou un Jean Leonetti qui d'ailleurs se dit athée et qui est extrêmement opposé à ce sujet vous avez raison

40:48
Présentateur

de rappeler justement ces voix mais parfois on a l'impression qu'elles prêchent dans le désert quand vous voyez l'urgence politique quand vous voyez l'urgence vous voyez la présidente de l'Assemblée nationale qui tape des pieds parce qu'il y a à nouveau un report alors qu'elle aurait voulu ce que cette loi qu'on en finisse presque il y a une c'était aussi une promesse de campagne d'Emmanuel Macron est-ce que vous vous ne voyez pas le rouleau compresseur de l'urgence politique

41:13
Invité politique

arriver sur cette loi il y a des pressions objectivement très fortes mais il faut parfois accepter de prêcher dans le désert pour que la prédication porte du fruit tout a commencé dans l'évangile par Jean-Mathiste qui prêchait dans le désert on sort de Pâques on sort de la période de carême des 40 jours

41:27
Invité

et tout a abouti

41:29
Invité politique

finalement la résurrection

41:30
Invité

mais alors on y arrive justement dans la culture populaire aujourd'hui la fête chrétienne la plus importante c'est Noël or dans les faits que je sache dans le christianisme ce n'est pas Noël c'est Pâques que représente Pâques pour le quidam ordinaire qui s'intéresse vaguement à la religion aujourd'hui on dit que représente Pâques

41:45
Invité politique

alors d'abord un jour de fête que tout le monde veut célébrer fusse avec des oeufs en chocolat mais vous savez l'oeuf c'est un symbole de Pascal puisque la pierre du tombeau qui éclate pour que la vie du Christ surgisse est évoquée par les oeufs notamment nos amis orthodoxes sont très sensibles à ça les oeufs dont la coquille éclate pour laisser jaillir le poussin et si on fait des chasses aux oeufs dans les jardins c'est parce que Jésus a été déposé dans un tombeau qui se trouvait dans un jardin vous voyez sans le savoir beaucoup de nos concitoyens vont fêter le Christ ressuscité en chassant des oeufs au chocolat dans les jardins et plus largement bien sûr moi d'abord je suis très heureux que Noël soit une très grande fête c'est le mystère de l'incarnation c'est Dieu qui entre dans l'histoire des hommes c'est gigantesque et magnifique et c'est la condition de possibilité de notre libération pascale et puis en fait j'ai été frappé cette année comme beaucoup d'autres de voir que le mystère pascal dans son intégralité est largement célébré le mercredi des cendres est devenu maintenant le début du carême un jour extraordinairement fréquenté moi j'ai célébré trois messes le mercredi des cendres dans des contextes très différents et il y avait une surabondance de personnes à la messe que j'ai célébré le mercredi des cendres au soir à la cathédrale de Nanterre au milieu de cette ville très mélangée il y avait énormément de monde énormément de jeunes et le prêtre qui m'assistait a dit à la fin de la messe que ceux qui ne connaissent pas la foi et qui souhaitent la connaître viennent me voir il a enregistré douze demandes de baptême de jeunes adultes donc le mercredi des cendres et puis le dimanche qui précède Pâques c'est le dimanche des rameaux qui traditionnellement dans les campagnes françaises est une des messes les plus fréquentées de l'année et là aussi une très grande influence et les rameaux nous introduisent dans la grâce de Pâques donc bien sûr nous restons dans un pays sécularisé mais Pâques Noël les rameaux le mercredi des cendres sont célébrés et pour moi tout cela est source d'espérance et stimule mon témoignage de lumière

43:40
Présentateur

alors ce que Mathieu n'a pas dit parce qu'il n'ose pas c'est un grand gourmand il regarde les chocolateries avec différentes formes alors il y a les cloches alors les cloches c'est très important aussi les oeufs on vient d'en parler il paraît que les allemands par exemple le célèbre Pâques c'est un lapin qui vient apporter les oeufs donc c'est pour ça qu'il y a des lapins les poissons je n'ai toujours pas compris à part le poisson d'avril du 1er avril comment est-ce que vous voyez tout ça est-ce que vous allez aller dans une chocolaterie aujourd'hui

44:10
Invité politique

d'abord tant que nous continuerons à avoir des boulangeries qui font des galettes des rois à l'épiphanie et des oeufs en chocolat à Pâques tout ne sera pas perdu c'est ça c'est bien dit et quant au poisson vous faites bien d'en parler parce que c'est peut-être le symbole par excellence le poisson c'est le premier signe des chrétiens parce que l'acronyme de poisson en grec ictus veut dire Jésus-Christ fils de Dieu sauveur et avant même que les chrétiens se reconnaissent par la croix même quand ils étaient persécutés le simple dessin d'un petit poisson était leur signe de reconnaissance

44:44
Présentateur

donc ça n'a pas à voir avec la multiplication des poissons sur le lac de Tibériade quand tout d'un coup

44:50
Invité politique

Jésus dit aux pêcheurs

44:51
Présentateur

bien sûr

44:51
Invité politique

tout s'additionne la pêche miraculeuse les cinq pains et les deux poissons de la multiplication des pains mais vous voyez en tout cas j'encourage tous ceux qui nous regardent et qui nous écoutent et qui se lèvent un peu tard en ce jour de Pâques à partager avec joie à la fin du déjeuner pascal peut-être qu'il y aurait eu d'ailleurs un agneau et bien à partager avec joie des oeufs des poissons des cloches des cloches qui sonnent pour annoncer la bonne nouvelle de la résurrection vous savez il y a deux ans j'étais j'ai à nouveau fait cela dans la rue hier matin à la rencontre sur un marché des passants pour leur souhaiter une bonne fête de Pâques et plusieurs fois j'ai croisé des personnes qui partaient d'un marché avec manifestement un caddie bien rempli et je leur disais est-ce que vous avez fait des Pâques bon non pas trop mais qu'est-ce que vous venez d'acheter et bien du chocolat du gigot pourquoi parce que évidemment demain c'est Pâques je rassemble ma famille et donc est-ce que vous savez pourquoi vous la rassemblez vous la rassemblez parce qu'il y a une bonne nouvelle à partager la vie est plus forte que la mort et bien vous voyez aujourd'hui il y a des traces de culture chrétienne qui demeurent et nous avons à les éclairer pour que cette bonne nouvelle de l'espérance dont notre monde a tant besoin puisse continuer de résonner merci beaucoup Mgr Mathieu Rouget merci à vous et bonne fête de Pâques encore à tous

Le grand Rendez-Vous avec Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et l’un des porte-parole des évêques de France · Pourquijevote