Les tarifs des péages et la sortie du nucléaire "en 30 ans"... Le "8h30 franceinfo" de Julien Bayou
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une décision sage ?
- 0:46OuverteRéponse partielle
Est-ce que ce délai de 6 mois prolongé à un an vous semble être un délai raisonnable ?
- 1:13RelanceÉludée
Cette mesure allait être étendue en 2025 à des dizaines de grandes villes en France et ce sont jusqu'à 10 millions d'automobilistes qui pourraient ne plus avoir accès à ces villes. Est-ce que vous trouvez ça normal ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Mais alors comment on fait ?
- 2:19RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il dira, oui, on va maintenir ce calendrier, on va aider ces 10 millions de Français à changer de voiture à coup d'aide ou d'autre chose, ou est-ce qu'il dira, 3 ans, on n'y arrivera pas pour faire cette transition ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Si on prend un exemple concret, à un ménage qui gagne le SMIC, qui roule au diesel et qui n'a pas le choix pour changer de voiture, vous faites quoi pour l'aider ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« On a des dizaines de milliers de personnes qui meurent de la pollution, en particulier dans les quartiers les plus populaires, les plus vulnérables. »
- 1:38Invité politiqueFait
« Celles et ceux qui ont gouverné jusqu'ici ont foiré. »
- 2:01Invité politiqueFait
« On a organisé, depuis 80 ans, la dépendance à la voiture. »
- 2:08Invité politiqueChiffre
« On a fermé 12 000 kilomètres de lignes de train. »
- 2:45Invité politiqueChiffre
« C'est un demi-smic en plus par mois. »
- 3:21Invité politiquePromesse
« L'objectif de Yannick Jadot, c'est d'arriver à 1 million de rétrofit par an. »
- 3:59Invité politiquePromesse
« Toutes les recettes en plus, elles sont intégralement reversées aux personnes vulnérables. »
- 5:07Invité politiqueFait
« C'est un cadeau incroyable fait aux concessionnaires autoroutes, là encore par la droite. »
- 5:39Invité politiquePromesse
« On annule le contrat, l'État rachète, renationalise les entreprises. »
- 5:49Invité politiqueFait
« Il n'y a aucun engagement des concessionnaires autoroutes. Par contre, ils ont le droit d'augmenter les prix sans que les consommateurs puissent rien dire. »
- 8:16Invité politiqueFait
« Bien sûr, c'était une proposition de la Convention citoyenne pour le climat de réduire globalement la vitesse, bien sûr. »
- 9:14Invité politiquePromesse
« Il y a une piste d'explorée à 120. »
- 11:22Invité politiqueFait
« Là, on est dans l'hypocrisie la plus complète. C'est-à-dire que la Commission reconnaît que c'est ni vert ni durable, ces deux énergies. »
- 12:41Invité politiqueChiffre
« Je pense qu'on n'aurait pas de crise si on avait 3 gigawatts de plus. »
- 14:09Invité politiquePromesse
« Nous disons que nous voulons organiser la sortie en 30 ans. »
- 14:36Invité politiqueChiffre
« Désolé pour l'addition, 20 milliards d'euros pour l'EPR de Flamanville. »
- 15:33Invité politiqueFait
« Ces centrales ne sont pas en mesure d'assurer l'autonomie énergétique du pays. »
- 22:03Invité politiquePromesse
« Notamment, et Yannick Jadot a insisté sur ce point hier, le revenu citoyen, en particulier pour la jeunesse. »
- 22:11Invité politiqueChiffre
« 918 euros à partir de 18 ans. »
Temps de parole
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Bonjour Julien Bayou. En juillet prochain, plus d'un million d'automobilistes franciliens dont les voitures sont trop polluantes auraient dû être interdites de circulation à Paris et dans sa branche banlieue. La métropole du Grand Paris annonce finalement qu'elle repousse cette entrée en vigueur au mieux au début de l'année prochaine. Est-ce que c'est une décision sage ? Non, pas particulièrement. J'ai compris que c'était parce qu'il manquait des décisions de l'État sur l'autorisation des territoires ou sur la question des radars. L'enjeu de la pollution est immense en Ile-de-France.
On a des dizaines de milliers de personnes qui meurent de la pollution, en particulier dans les quartiers les plus populaires, les plus vulnérables. Et donc nous les écologistes, nous voulons organiser la transition, permettre à chacun et chacune de passer d'une voiture polluante à électrique et même mieux être moins dépendante de la voiture individuelle. Est-ce que ce délai de 6 mois qui a donc été prolongé à un an, il vous semble être un délai raisonnable pour dire à ce million de personnes vous ne viendrez plus à Paris et dans sa banlieue ? Non mais le problème c'est que c'est très mal organisé. Nous, nous voulons développer les transports.
C'est ce que fait par exemple Bruno Bernard à la présidence de la métropole de Lyon. Plutôt que de piéger les gens en leur disant votre voiture est trop polluante, vous ne pouvez plus rien faire, développer les alternatives à la voiture. Et ça, ça prend du temps et ça n'est pas organisé par Valérie Pécresse, la présidente de la région.
Ça prend du temps, sauf que cette mesure allait être étendue en 2025 à des dizaines de grandes villes en France et ce sont jusqu'à 10 millions d'automobilistes qui pourraient ne plus avoir accès à ces villes. Est-ce que vous trouvez ça normal ? Ça prend du temps de faire la transition et en même temps, on leur dit...
Vous me dites ça à moi, mais je ne suis pas responsable du fiasco de l'absence de transition écologique dans ce pays. Celles et ceux qui ont gouverné jusqu'ici ont foiré. Vous voyez ? Il y avait une éco-taxe qui devait rapporter 1 milliard d'euros par an pour financer des infrastructures de transport. C'est le gouvernement Hollande qui l'a enterré. On a éloigné les commerces. On a développé les centres commerciaux et ainsi de suite, ainsi de suite. On a tué les commerces en centre-ville. Du coup, évidemment, vous avez besoin de la voiture. On a organisé, depuis 80 ans, la dépendance à la voiture. On a fermé 12 000 kilomètres de lignes de train.
Si Yannick Jadot arrive au pouvoir dans 3 mois, il aura cette équation à régler. 10 millions de voitures qui, dans 3 ans exactement, n'ont plus le droit d'accéder à des dizaines de grandes villes. Est-ce qu'il dira, oui, on va maintenir ce calendrier, on va aider ces 10 millions de Français à changer de voiture à coup d'aide ou d'autre chose, ou est-ce qu'il dira, 3 ans, on n'y arrivera pas pour faire cette transition ? Avec les écologistes, vous avez la transition dans la justice sociale. 3 ans, c'est bon. Bien sûr, vous pouvez aider les ménages à se passer de la voiture.
C'est d'ailleurs, en fait, pour un ménage qui a deux voitures, grâce à une offre de transport adéquate, fiable, sécurisée, vous pouvez vous passer d'une voiture. En fait, c'est un demi-smic en plus par mois. C'est un vrai gain de pouvoir de vivre, de pouvoir d'achat. Donc, soutenir les transports, soutenir la transition d'une voiture à l'autre, la réduction de la dépendance à la voiture. Je le redis, arrêter de soutenir les centres commerciaux ou Amazon, comme le fait ce gouvernement, c'est revisifier les centres-bourgs, créer de l'emploi dans les petits commerces. En fait, on a organisé notre dépendance à la voiture. On a organisé notre dépendance à la voiture.
Et l'idée, c'est d'organiser la transition. On peut, par exemple, soutenir le rétrofit. C'est la réindustrialisation. Vous passez d'un moteur thermique à un moteur électrique dans votre voiture. L'objectif de Yannick Jadot, c'est d'arriver à 1 million de rétrofit par an.
Si on prend un exemple concret, Julien Bayou, à un ménage qui gagne le SMIC, qui roule au diesel et qui n'a pas le choix pour changer de voiture, vous faites quoi pour l'aider ?
L'enjeu, c'est de faire à peu près le contraire de ce qu'ont fait les gouvernements précédents. Par exemple, la crise des Gilets jaunes, c'était parce que le gouvernement Macron avait augmenté la fiscalité. Il avait pris au piège des gens qui n'avaient pas d'autre choix que de se déplacer en voiture. Pourtant, on va nous dire que l'éco-taxe, on aurait dû la maintenir. Oui, et tout l'enjeu d'une fiscalité juste, c'est que toutes les recettes en plus, elles sont intégralement reversées aux personnes vulnérables. Là, Emmanuel Macron avait augmenté le prix du diesel, si vous vous souvenez, pour compenser les cadeaux plus riches. C'est parfaitement injuste. C'est parfaitement injuste.
Mais alors comment on fait ?
L'éco-taxe, elle n'était pas destinée aux plus riches. Non, mais aux infrastructures de transport collectif. Oui, et on aurait pu également, et c'était la proposition des écologistes, organiser le fait que les ménages les plus vulnérables puissent recevoir un chèque pour organiser cette transition. Évidemment, c'est le choix de la transition écologique dans la justice sociale.
Concrètement, vous donnez un chèque aux ménages les plus défavorisés ou les plus modestes pour pouvoir changer de voiture.
Évidemment, bien sûr.
Voilà, c'était pour qu'on comprenne.
Je le redis, les premières victimes de l'inaction, c'est les plus vulnérables. C'est dans les quartiers populaires. Vous avez par exemple la Porte de Bagnolet, qui est l'endroit le plus pollué d'Europe. C'est les classes populaires, classes moyennes, qui sont les premières victimes de l'inaction climatique. Les péages, Julien Bayou, viennent d'augmenter avant-hier de 2%. En moyenne, est-ce que pour la planète, c'est une bonne nouvelle ? Non, c'est un cadeau incroyable fait aux concessionnaires autoroutes, là encore par la droite. Tout ça nous vient de Dominique de Villepin, en 2005, qui a bradé ces concessions, et d'Emmanuel Macron, en 2015, qui a passé un protocole secret.
Il a fallu tout l'acharnement de Raymond Avrier, militant écologiste grenoblois que je salue, pour obtenir la divulgation de ce protocole. Et donc, on a permis aux concessionnaires d'augmenter leur prix plus haut que l'inflation. C'est du racket. Alors, vous vous dites, si on arrive au pouvoir, on renationalise les sociétés d'autoroutes ? Oui ? Ce n'est pas ma question. Notre souhait, c'est d'annuler ce contrat. Tout simplement. Il a été passé en 2000. On annule le contrat, l'État rachète, renationalise les entreprises. Attendez, annulez le contrat, parce qu'il est léonin, parfaitement déséquilibré. Il n'y a aucun engagement des concessionnaires autoroutes.
Par contre, ils ont le droit d'augmenter les prix sans que les consommateurs puissent rien dire. Plus vite que l'inflation. Ça n'est pas possible. Donc, nous soutenons la démarche de Raymond Avrier d'annuler ce contrat. Mais du coup, vous faites quoi des tarifs des autoroutes ? Une fois que l'État sera à nouveau propriétaire des autoroutes, vous les baissez ? Vous les augmentez ? Vous les laissez tel quel ? On peut renégocier les contrats pour... L'État est propriétaire. Donc, du coup, si vous dites, on négocie les contrats, ça veut dire que vous nationalisez les autoroutes. Je reviens sur des questions de justice sociale.
Ce n'est pas normal que la personne qui est dépendante de sa voiture, elle paye le même prix que celui qui utilise un SUV pour son loisir. Mais du coup, les tarifs, vous en faites quoi ? Donc, on peut les moduler, par exemple, selon le niveau de pollution et là, vous avez un prix qui peut être juste ou équitable. Les autoroutes à la carte, en fait. Oui, évidemment, bien sûr. Il y a des personnes qui sont absolument dépendantes de la voiture qui payent exactement le même prix que la personne qui l'utilise pour son loisir. Oui, il y a un enjeu de valeur. Mais je ne sais pas comment vous allez faire. C'est en fonction du revenu.
Par exemple, au péage, la différence entre une Twingo qui part en week-end et une Twingo qui va travailler. Oui, ça peut s'organiser, bien sûr, avec des radars et avec les abonnements, par exemple. Vous pouvez avoir des abonnements pour les personnes qui sont dépendantes de la voiture. 8h40, le fil info avec Lisa Guyenne. On poursuit dans un instant avec vous, Julien Bayou.
Les nouvelles règles du pass vaccinal précisé par Olivier Véran. Hier soir, désormais, une infection égale une injection. Il faut au moins une dose de vaccin pour tout le monde. Mais si vous avez, par exemple, effectué deux doses et contracté le Covid ensuite, c'est désormais suffisant pour garder votre pass. L'île de la Réunion, toujours en alerte rouge ce matin. Les pluies et le vent doivent s'intensifier alors que le cyclone Bat-Siraille se rapproche lentement des côtes. Ce matin, 30 000 foyers sont privés de courant et d'eau potable. 10 personnes légèrement intoxiquées au monoxyde de carbone après avoir utilisé des générateurs électriques chez eux. La crise en Ukraine.
La France veut envoyer quelques centaines de militaires en Roumanie. Les Etats-Unis renforcent aussi leur présence en Europe de l'Est avec 3 000 militaires au total. Emmanuel Macron a téléphoné dans la nuit à Joe Biden. Il doit parler ce soir au président russe, Vladimir Poutine. La bonne santé des sports d'hiver. Les vacances commencent ce week-end pour la zone B. et déjà 82% des hébergements sont réservés dans les stations de montagne. C'est plus qu'avant la pandémie de Covid. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts, Julien Bayou, Yannick Jadot a dit il y a quelques jours qu'il était favorable à ce qu'on réduise la vitesse autorisée sur autoroute. Est-ce que c'est votre cas aussi ? Et est-ce que ce sera dans son programme ? Bien sûr, c'était une proposition de la Convention citoyenne pour le climat de réduire globalement la vitesse, bien sûr. C'est compris pour les voitures électriques. Oui, oui, bien sûr. C'est un enjeu d'abord sur... Là, c'est compliqué pour le coup de distinguer entre les deux.
Si au péage, on peut distinguer qui part en week-end et qui part pas sur l'autoroute, on peut savoir qui roule en électrique et qui roule pas en électrique. Eh bien, il me semble que non, mais je veux bien qu'on explore la question. Un regard connaît la planète de voiture. Non, mais attendez, sur la vitesse, il y a un enjeu évidemment de pollution, d'émission de gaz à effet de serre, et puis il y a un enjeu de sécurité routière. Et donc, dire aux voitures électriques qu'elles pourront rouler plus vite n'est pas parfaitement compatible avec l'enjeu de sécurité routière. Donc, en fait, c'est davantage la sécurité routière que la pollution ? C'est les deux, pollution et sécurité routière.
Et dans ce cas-là, en basé... Il y a 3 000 morts, il y a 3 000 morts à peu près, malheureusement, liés à la conduite... Et une infime minorité sur les autoroutes. Et donc, il y a un enjeu de réduction de la vitesse. Donc, on est à 130 pour la question de la pollution et pour la question de la sécurité.
Là, on est à 130, vous voulez baisser à combien ?
Eh bien, il y a une piste d'explorée à 120. Et donc, c'est un bon arbitrage parce que ça ne réduit pas vraiment la... Ça n'augmente pas vraiment la durée du trajet.
Yannick Jadot, il dit quand même qu'à 120, il s'enduit quand même sur l'autoroute. Mais bon...
Oui, bien sûr, mais ça limite... Et puis aussi, ça limite la consommation de carburant. Donc, à un moment, c'est aussi un enjeu...
Et vous avez vu ce qui s'est passé avec les 80 km heure ? Vous êtes prêts à y faire face, vous, à cette mobilisation ? Vous avez vu ce que ça générait dans l'opinion publique ?
Les 80 km heure sur des routes dangereuses, c'est une bonne chose. Alors, évidemment que ce n'est pas évident de s'adapter. Donc, si vous arrivez au pouvoir, pareil, les 80 km heure, ça revient. Moi, également, je conduis à réduire à 80, évidemment, ça peut vous sembler... Mais oui, c'est un enjeu aussi de sécurité, de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ça aussi, vous le ferez les 80 à l'heure partout, ce n'est plus le cas aujourd'hui ? Mais moi, je ne comprends pas, en fait, qu'on ait donné au président de département la capacité de changer. Je ne comprends pas que cette affaire soit un enjeu électoral.
Je ne comprends pas qu'on puisse dire, OK, on va rouler plus vite au détriment de la sécurité. Oui, donc, en fait...
C'est l'opinion publique qui s'est réveillée quand Edore Philippe a voulu imposer les 80 km heure.
Et je trouve que c'était une bonne mesure. 110 sur les autoroutes, 80 sur les routes secondaires. On est à 120, je crois, mais oui. Oui, 120 sur les autoroutes. 120 quand il pleut, effectivement. Et dans les villes ? Et dans les villes, nous voulons généraliser les zones 30. Dans toutes les villes de France ? Oui, l'idée, c'est qu'en ville, on n'a pas besoin de rouler vite. Et par ailleurs, on nous dit, ah, là, la vitesse, la vitesse en ville, mais pensons aux piétons. Pensons aux cyclistes. Et puis aussi, en fait, de toute manière, puisque les villes sont saturées, on n'atteint jamais, en fait, la vitesse rêvée à 50. En fait, vous n'avez jamais une moyenne de 50 dans les villes.
Une moyenne de 50, c'est difficile avec un 50 au maximum, oui. Eh bien oui, mais autant la... Moi, je voulais dire avec l'embouteillage. La vitesse, finalement, moyenne est très basse. Donc, quand on passe à 30, finalement, ça n'a que très peu d'impact. Par contre, ça garantit le fait que les piétons, les cyclistes, puissent se promener en sécurité.
Je veux dire, mais oui, la Commission européenne propose de classer comme durable les investissements dans le nucléaire. Quelle est votre réaction ?
Là, on est dans l'hypocrisie la plus complète. C'est-à-dire que la Commission reconnaît que c'est ni vert ni durable, ces deux énergies. Parce que le nucléaire produit des déchets radioactifs et le gaz n'est pas vert. Donc, ils disent, la Commission européenne reconnaît elle-même que c'est ni vert ni durable, mais veut les classer comme énergie de transition. Et en fait, tout l'enjeu, pour les personnes qui se réveillent, c'est qu'en fait, ça permet de flécher des investissements sur ces énergies. Et en fait, c'est la France qui a bradé l'enjeu européen pour sauver le nucléaire.
Pourtant, vous entendez l'argument quand même de ces partisans du classement de l'énergie nucléaire en vert, justement. Ils disent que le nucléaire, c'est la seule énergie qui peut nous permettre de couvrir nos besoins en matière de production en électricité. Ça, vous l'entendez ? Et ça nous permet aussi d'atteindre nos objectifs en termes de changement climatique.
En fait, tout est faux là-dedans. Aujourd'hui, cet hiver, nous avons un problème d'approvisionnement en énergie électrique du fait des défaillances ou des arrêts.
Parce qu'il y a des centrales à l'arrêt, oui.
Parce qu'il y a des réacteurs à l'arrêt. Voilà, et je vous cite Jean-François Carinco, régulateur de la présence, président de la Commission de régulation de l'énergie. Sur les énergies renouvelables, je pense qu'on ne dit pas assez qu'on est très en retard. On est très en retard. Si on avait suivi la feuille d'euro des énergies renouvelables telle qu'elle était prévue il y a deux ans, on n'aurait pas de crise. Je pense qu'on n'aurait pas de crise si on avait 3 gigawatts de plus. Nous avons accumulé un retard... Non, c'est exactement lié. Nous avons accumulé un retard incroyable, phénoménal dans le développement des énergies renouvelables. Les éoliennes offshore, il y en a une.
Nous avons là une des plus grandes surfaces maritimes au monde. Et le Danemark, l'Écosse ont beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de capacités que nous, nous avons accumulé un retard parce que l'entêtement de ce gouvernement dans le nucléaire a siphonné l'ensemble des moyens disponibles. Puisque vous parlez de l'étranger, vous avez vu ce qui se passe en ce moment en Finlande avec vos cousins écologistes finlandais qui disent qu'on change d'avis sur le nucléaire. On était contre. Aujourd'hui, on considère que ça fait partie de la solution. On peut stocker des déchets nucléaires, disent les verts finlandais, mais on ne sait pas stocker des gaz à effet de serre.
Entre deux priorités, on en choisit une. En fait, j'avais discuté avec le ministre de l'Environnement écolo il y a quelques années et il m'avait dit que le sujet du nucléaire en Finlande n'est pas tellement problématique essentiellement parce que les retards et les surcoûts sont payés par vous, les Français. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'en fait, les retards de l'EPR de Finlande, les retards énormes, un peu similaires à celui de l'EPR de Flamanville, en fait, c'est EDF qui assure... Ce n'est pas ce que je vous demande. Oui, mais en fait, c'est ça l'enjeu.
Dans un cas, on s'est stocké, on met sous terre avec un risque et on peut toujours se dire dans 10 ans ou dans 100 ans, on saura mieux faire. Les gaz à effet de serre, la maison brûle. Je vais peut-être le redire parce que nous sommes caricaturés comme voulant sortir du nucléaire aujourd'hui. Ça n'est pas le cas. Nous disons que nous voulons organiser la sortie en 30 ans. Donc, je ne vous dis pas qu'il faut fermer toutes les centrales tout de suite aujourd'hui. Personne n'a jamais dit ça. Par contre, je dis que sans tout... C'est une énergie de transition dans les 30 ans qui viennent. Nous disons, mais tant mieux si la commission...
Nous disons, et c'est la même position tout le temps, nous disons, nous devons organiser la transition. Pourquoi ? Parce que le prix du nucléaire est en train de flamber et l'entêtement dans le nucléaire va tuer EDF. Désolé pour l'addition, 20 milliards d'euros pour l'EPR de Flamanville. 20 milliards d'euros pour les Inkle Point, les deux EPR de Inkle Point. 40, 50 milliards pour le centre de traitement des déchets. 40, 50 milliards pour les 6 EPR que tout le monde veut faire, mais sauf dans sa région. Valérie Pécresse veut faire des EPR partout, mais pas en Ile-de-France. 100 milliards d'euros pour le grand carénage. Un minimum, avant d'avoir démarré les travaux.
C'est peut-être 120, c'est peut-être 150. 80 milliards pour le démantèlement. Où est-ce que vous allez chercher tous ces sous ? Il n'y en a pas, en fait. Et donc, s'entêter dans le nucléaire, c'est s'empêcher de développer les énergies renouvelables, qui créent plus d'emplois.
Julien Bayou, sur la crise Ukraine-Russie...
Et il n'y a pas d'indépendance. Rendez-vous compte. Aujourd'hui, nous sommes dépendants de l'uranium que nous avons cherché en partie au Niger, en partie en Bambouli. Et aujourd'hui, grâce à ces centrales, on importe de l'électricité, parce que ces centrales ne sont pas...
On produit plus de 70% de notre électricité aussi.
Ces centrales ne sont pas en mesure d'assurer l'autonomie énergétique du pays. Sur la crise Ukraine-Russie, Julien Bayou... Et vous avez aujourd'hui 15 à 20% des centrales ou de la capacité de production qui est à l'arrêt. Deuxième tentative, salaire Braclia.
Et donc, la troisième sur la crise Ukraine-Russie. Emmanuel Macron multiplie les contacts avec les deux camps, avec le président russe, avec le président ukrainien. Est-ce que la France, pour vous, a une position équilibrée ?
Non, je pense qu'il faut, bien sûr, entretenir un dialogue avec Vladimir Poutine, mais on doit affirmer plus clairement le soutien à l'Ukraine. Dans cette affaire, c'est l'Ukraine qui est attaquée, c'est l'Ukraine qui est menacée. Quelle forme ça doit prendre ? Yannick Jadot proposait que les Européens, et Emmanuel Macron, puisque, paraît-il, il a la présidence française de l'Union Européenne, qu'on puisse organiser un sommet européen à Kiev pour affirmer la solidarité de l'Europe à l'égard de ce voisin qui veut protéger sa démocratie. Donc on invite les Russes à Kiev, ou on fait ça sans eux ? Sans eux. On vient soutenir...
On fait un sommet pour la paix chez les Ukrainiens et sans les Russes. On vient soutenir l'Ukraine. Il faut affirmer le soutien à l'égard de l'Ukraine, bien sûr.
Là, vous parlez d'affichage, mais effectivement, comment on fait avancer le dossier pour éviter qu'il y ait une escalade, en fait, là ?
Déjà, par commencer à dire stop aux tentatives de Vladimir Poutine de pression. Vous savez que l'Ukraine, au sud, après l'invasion de la Crimée, à l'est, avec le Donbass et toutes les tentatives de déstabilisation, en fait, on a laissé Vladimir Poutine tester, un peu comme un enfant, en fait. Il teste, il teste, il teste. Et à un moment, il faut pouvoir dire stop et donc organiser des sanctions à l'égard...
C'est quoi les sanctions ?
Des sanctions économiques à l'égard des oligarques russes. Ces tentatives de déstabilisation doivent être sanctionnées. Est-ce que ça veut dire, par exemple, couper le gaz russe ? Oui, il faut bien sûr en finir avec le pipeline. Vous faites référence au pipeline de gaz Nord Stream 2, bien sûr. Qui va directement de Russie en... En Allemagne. Bien sûr. Et pour ça, pour retrouver une indépendance, parce qu'aujourd'hui, l'Europe, l'Allemagne en particulier, est dépendante du gaz russe. Voilà l'enjeu d'une transition écologique, telle que le proposait Yannick Jadot. Développer les énergies renouvelables, développer les économies d'énergie... Il y a un petit souci de l'enquête.
Il y a un petit souci de l'enquête dans ce que vous dites. Si on coupe le gaz russe aujourd'hui, ce n'est pas dans 3 ans, ou quand on aura, ou dans 2 ans, ou dans 5 ans. C'est demain que les prix vont exploser en Europe. C'est maintenant. À partir du moment où vous arrêtez les importations, le prix explose. C'est maintenant que les prix explose. Mais si vous passez du gaz russe, qui est 40% du gaz européen, c'est demain matin. C'est pour ça qu'il lui fallut... Ou alors il va falloir construire beaucoup d'éoliennes pendant la nuit. C'est pour ça qu'il lui fallut écouter les écologistes plus tôt. Oui, mais vous, vous posez beaucoup de gaz russe aujourd'hui. Vous me reprochez une bonne idée.
Je ne vous reproche rien du tout. D'accord. Nous disons, voilà l'idée. La complaisance à l'égard de la Russie entrave notre diplomatie. C'est un peu la même chose avec les monarchies pétrolières. Parce que nous leur achetons du pétrole et que nous voulons leur vendre des rafales, nous disons adieu à notre diplomatie. Nous ne sommes plus capables de défendre les droits humains partout sur la planète. Il est où l'universalisme de ce pays ? C'est quoi le patriotisme ? Quand on dit, ok, très bien, effectivement, c'est Poutine qui a raison. Et quoi qu'on en pense, de son caractère autoritaire à l'égard de la presse ou à l'égard de l'opposition. Vous voyez ?
Retrouver une indépendance, une vraie indépendance. Voilà. Si on croit liberté, égalité, fraternité, si on croit à l'universalisme dans ce pays, eh bien, on retrouve une indépendance énergétique qui permet une vraie indépendance dans la diplomatie. Le patron des écologistes, Julien Bayou, est l'invité de France Info ce matin. Une toute petite pause, le temps du fil Info, 8h52 avec Lisa Guyane. Et on vous retrouve juste après.
Si la décrue d'Omicron se confirme, on pourra tomber le masque en intérieur au printemps. Et le pass vaccinal pourra être abandonné avant l'été, selon le ministre de la Santé. Ce sera conditionné à l'évolution des chiffres, en réanimation notamment. Mais le pire est derrière nous, a déclaré Olivier Véran hier soir. Présenté comme une nouvelle révolution de la santé après la carte vitale, c'est le lancement ce matin de Mon Espace Santé, le remplaçant du dossier médical partagé qui n'a jamais trouvé son public. Tous les Français vont recevoir leur code de connexion d'ici fin mars. C'est désormais 42 000 foyers qui sont privés d'électricité.
À la Réunion ce matin, le cyclone Bat-de-Cirail avance lentement. Il antennera des pluies diluviennes, du vent, de la houle tout au long de la journée. L'île reste en alerte rouge. Les écoles ne rouvriront pas avant lundi, annonce le préfet. Après deux semaines de grève, les éboueurs de Marseille reprennent le travail ce soir. Le syndicat Force Ouvrière lève son préavis. Il a obtenu une augmentation de salaire de 40 euros bruts. Il reste aujourd'hui 2000 tonnes de poubelles à déblayer. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brachia, Marc Fauvel
Toujours avec Julien Bayot, le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts. Yannick Jadot est arrivé en deuxième position de la primaire populaire. Est-ce que vous regrettez de ne pas avoir fait campagne ?
Non.
Non ?
Non, écoutez, il paraît que c'était une investiture. Et ils ont finalement débouché sur une candidature de plus. J'en discutais avec un des animateurs. Il me disait qu'on voulait lutter contre l'embarras du choix. Et maintenant, on a le choix et l'embarras.
Pourtant, quand on dit à Christiane Taubira que c'est une candidature de plus, elle le réfute. Elle dit que je suis une candidate de plus pour celles et ceux qui considèrent qu'un demi-million de personnes qui votent, ça ne vaut rien du tout. C'est ce que vous faites là ?
Moi, je ne connais pas son projet. Je sais, en fait, qu'elle n'est pas particulièrement écologiste. Je constate qu'il y a effectivement plusieurs candidatures à gauche qui avaient besoin peut-être d'un processus de départage. Il y a une seule candidature de l'écologie et de la justice sociale. C'est Yannick Jadot. Est-ce qu'elle a appelé Yannick Jadot comme elle avait promis de le faire ? Écoutez, ça n'a aucun intérêt. Oui, ils se sont appelés. Elle n'avait rien à lui dire. Et lui, il avait des choses à lui dire ? En campagne pour l'écologie et la justice sociale.
Est-ce que Yannick Jadot, aujourd'hui, au vu des sondages qu'il donne plutôt à la peine, aujourd'hui, on va dire ça comme ça, devrait rendre sa campagne un peu plus radicale, fendre l'armure ? Je donne juste un exemple, si vous le permettez. Julien Bayou, quand on lui demande sa première mesure s'il arrive à l'Elysée dans trois mois, Yannick Jadot, il ne dit pas je change tout, je révolutionne les impôts, etc. Il dit, même si c'est un point important, j'interdis l'élevage industriel. Ce n'est pas que la première mesure. Nous allons présenter en temps utile les 100 jours. Vous voyez, les mesures que nous allons prendre pendant les 100 jours.
Notamment, et Yannick Jadot a insisté sur ce point hier, le revenu citoyen, en particulier pour la jeunesse. Éradiquer la misère et la grande pauvreté dans ce pays. 918 euros à partir de 18 ans. Voilà une mesure qui change la vie, très concrètement. Est-ce qu'au vu de ce que disent les écologistes depuis des années, c'est-à-dire on va dans le mur dans quelques années, je reprends toujours et encore la maison brûlée, etc. Est-ce qu'ils ne devraient pas dramatiser un peu leur jeu et dire c'est la dernière chance qu'on a de sauver la planète aujourd'hui ? Mais c'est ce que nous disons. Ce n'est pas ce qu'il fait aujourd'hui. C'est ce que nous disons. C'est ce que dit la science.
Nous sommes entrés dans la décennie critique pour le climat. Mais bien sûr que si. Écoutez, j'ai écouté hier la présentation du projet. J'étais aux premières loges. Bien sûr qu'évidemment, on insiste sur l'urgence. C'est la dernière chance. On n'a pas particulièrement besoin de le faire. La jeunesse, elle le sait que c'est son avenir qui est en jeu. Quand on dit 2050, ça peut sembler un peu loin pour beaucoup de gens. Pour cette jeunesse qui arrive aujourd'hui, à 20 ans, c'est demain. Alors pourquoi ça n'imprime pas plus que ça ? Mais attendez, c'est la campagne qui démarre. Vous savez, hier, il y avait... Vous posé la question en octobre, novembre, vous vous disiez ça.
Là, on n'est quand même pas très loin de la campagne. Moi, je me réjouis qu'on puisse enfin parler d'Europe quand Yannick Jadot porte la contradiction au président de la République. Je me réjouis qu'on puisse enfin parler de logement. Il a fallu que la fondation Abbé Pierre remette son rapport. Oui, mais ça ne vient pas de lui. Julien Bayou, Yannick Jadot. Pour qu'on puisse peut-être en parler et par exemple, de l'encadrement des loyers que mettent en place les maires de Bordeaux.
Très bien, mais ce n'est pas le seul à proposer ça. Vous regardez à gauche.
Attendez, attendez. Les socialistes, ils ont défait l'encadrement des loyers et Emmanuel Macron l'a enterré. Julien Bayou. Cels et ceux qui le mettent en œuvre, ce sont les maires écologistes à Lyon, Grégory Doucet ou à Bordeaux, Pierre-Germic.
Ou à Paris, Anne Hidalgo, socialiste. Yannick Jadot, vous dites, il va présenter dans quelques jours ses 100 jours. L'une des mesures phares, c'est un revenu citoyen pour les jeunes. Vous n'êtes pas les seuls à le proposer. C'est le cas aussi de Jean-Luc Mélenchon. C'est le cas aussi d'Anne Hidalgo. Dans le fond, quelles sont vos véritables différences qui font que Yannick Jadot peut passer au-dessus de ces deux candidats-là ?
On ne voit pas la différence. La prise en compte du climat comme l'enjeu cardinal. Jean-Luc Mélenchon le dit aussi. Il le dit, oui. De temps en temps, il l'oublie. La prise en compte du climat comme enjeu cardinal du XXIe siècle. Le climat et la lutte contre les inégalités. Voilà, c'est l'enjeu de la candidature de l'écologie et de la justice sociale. Et je pourrais développer sur les désaccords que nous avons avec Jean-Luc Mélenchon, pourquoi est-ce que Yannick Jadot se met à porter une cravate ?
Parce que quand
vous vous adressez à la population... Pourquoi ça vous fait soupirer ? Parce que vous posez la question que vous aviez fait la même chose à la même chose. Mais oui, parce que quand vous avez mis une cravate, vous ne l'avez plus désormais. Quand vous briguez une fonction, vous vous adressez avec respect aux personnes auprès de qui vous briguez les suffrages. Et pourquoi ça vous fait soupirer cette question ? Parce que je trouve que commenter l'habit ne fait pas... J'aurais préféré qu'on puisse parler plus longtemps, par exemple, du logement, des enjeux de rénovation de thermique. Vous n'étiez pas fait que ça crée des emplois.
Hier, Julien Bayou, on a consacré, vous avez raison, c'est un thème important, une demi-heure à ce sujet. Une demi-heure, carrément ? Oui ? Pardon, excusez-moi. Non, non, je présente. Je vais faire une émission de deux heures, c'est que vous êtes directeur des programmes de France 5. Non, non, mais vous êtes entièrement libre. Je termine simplement une demi-heure hier avec Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre face à Emmanuel Vargon. C'est un thème évidemment très important et on lui a consacré le 8. Vous êtes entièrement libre. Simplement, par exemple, le logement est un des principaux, sinon le premier poste de dépense pour beaucoup de Français, un sujet d'inquiétude majeure.
Je ne parle même pas de la précarité énergétique et on n'en parle que quand la Fondation Abbé Pierre remet son rapport sur le mal-logement alors qu'ils étrillent le non-bilan d'Emmanuel Macron et que les écologistes font des propositions qui créent de l'emploi, qui améliorent le pouvoir de vivre, qui permettent de se loger et de se chauffer correctement. Vous voyez, un enjeu très concret pour le pays. Merci beaucoup, Julien Bayou. Merci à vous. Bonne journée à vous.