Perquisition au RN, budget 2026... Le 8h30 de Thomas Ménagé
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Bonjour Thomas Ménager, le siège du Rassemblement National a donc été perquisitionné hier dans le cadre d'une enquête, cette fois pour des soupçons de financement illégal de campagne électorale liée à des prêts. On va parler du fonds, de votre riposte politique aussi, de l'accumulation des affaires. Mais d'abord, est-ce que vous pouvez nous dire, Thomas Ménager, dans quel état est le siège du Rassemblement National ce matin ?
Le travail continue, le travail pour les Français continue, ça a un peu perturbé bien entendu les services. Mais vous savez, on est des honnêtes gens, on a ouvert les portes, on a donné l'ensemble des papiers, des copies qui ont été demandées par la police. La police a fait le tour des bureaux, a pris, et c'est ça ce que l'on dénonce aujourd'hui, des documents qui ne sont pas liés uniquement aux prêts, mais des documents qui sont liés à nos stratégies de campagne, nos futurs candidats. Pour quelle raison selon vous ?
Ça c'est la question qu'on se pose, c'est-à-dire pourquoi il y a eu une volonté de tout aspirer, d'aspirer l'ensemble de nos boîtes mail, d'aspirer l'ensemble de nos données stratégiques, de nos candidats aux futures élections législatives. Je suis en charge avec Julien Oudoul de ces élections, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce matin, les Français doivent comprendre que la justice a entre ses mains toute la stratégie pour les campagnes à venir du Rassemblement national, et c'est ça ce qui nous pose problème.
Mais quel est l'intérêt des juges d'avoir, pardon, Thomas Menaché, mais bon, quel est l'intérêt d'avoir la stratégie ?
C'est la question qu'on se pose, c'est la question qu'on se pose et qui nous inquiète. C'est-à-dire que, est-ce que, quand on sait qu'il y a un magistrat sur trois, alors qui est au syndicat de la magistrature qui a appelé l'année dernière à faire barrage au Rassemblement national ?
Un magistrat syndiqué sur trois.
Non, mais au final, ils votent tous au moment du Conseil supérieur de la magistrature, donc ça représente quand même une masse importante, qui fait que ces documents seront peut-être à côté de la photo de Marine Le Pen sur le mur des comptes. Donc on peut s'interroger quand il y a des magistrats, l'essentiel des magistrats font remarquablement leur travail et une indépendance de la justice, mais on sait pertinemment qu'il y a une partie des magistrats en France qui sont dans un combat viscéral, ils l'ont dit dans un communiqué l'an dernier, contre le Rassemblement national, et donc ça, ça interroge.
Mais ce sont des soupçons graves que vous évoquez ce matin sur France Info, ça veut dire que vous soupçonnez les juges d'avoir contre le RN un agenda politique ?
Je ne sais pas que je soupçonne, tous les juges et toute la justice, pas du tout. Mais l'année dernière, en 2024, le syndicat de la magistrature, je vous dis, un tiers des magistrats a fait un communiqué dans lequel il dit, il dit très clairement, et j'invite les téléspectateurs et les auditeurs à aller le chercher, il faut tout faire pour faire barrage au RN par tout moyen possible. Et quand on est magistrat, les moyens qu'a un magistrat, ce n'est pas uniquement le moyen de l'électeur, c'est aussi le moyen de la justice. Mais bon, il n'y a pas de souci, on va se défendre et on va prouver notre innocence.
On va parler justement de votre défense, on reviendra sur le fond. Écoutez, Jordan Bardella, le patron du RN hier.
Je veux dire à nos électeurs et je veux dire aux Français qui nous regardent et qui nous écoutent ce soir que tout sera mis en œuvre pour nous empêcher d'arriver au pouvoir.
Qui va tout mettre en œuvre, Thomas Ménager ? Vous visez qui exactement ?
Je pense qu'il y a une casse politico-médiatique, des magistrats, des partis de la France qui cherchent à tout faire pour nous faire obstacle.
Une casse politico-médiatique, c'est le retour du système, Thomas Ménager ?
Mais ce n'est pas le retour, c'est qu'il y a toujours eu un système qui a aujourd'hui les places, le pouvoir, et qui refuse que les Français, le peuple, retrouvent le pouvoir et que le RN arrive.
Mais le RN n'est pas le seul parti qui a fait l'objet de perquisition. On rappelait qu'il y a quelques années, le siège de Renaissance avait été perquisitionné, qu'Edouard Philippe a lui-même eu affaire à la justice à la suite du Covid.
Emmanuel Macron était au pouvoir à ce moment-là.
En fait, c'est pour ça que la perquisition, on est dans un état de droit, il n'y a pas de problème. Mais dès lors qu'on nous prend l'ensemble de nos documents, alors même que l'ensemble des prêts ont été validés par la Commission nationale des comptes de campagne, que tout est, dans tous les cas, public, connu et aux yeux de la Commission qui valide, qui a approuvé l'ensemble de ces prêts, et que rien aujourd'hui ne justifie cette perquisition et qu'on a pris des documents stratégiques, permettez-nous de nous poser la question et de nous inquiéter.
Avec vous, à ce moment-là, c'est que si on vous écoute bien depuis tout à l'heure, on a le sentiment que vous considérez que cette perquisition est un prétexte pour que la justice, les policiers qui ont agi hier dans cette perquisition, saisissent des documents politiques.
C'est juste qu'en fait, on ne comprend pas pourquoi ils ont pris des documents politiques qui n'ont rien à voir avec ces prétendus soupçons de financement illégal, alors que nos prêts, aujourd'hui, ont été, je vous le dis, confirmés, validés par la Commission et que ces prêts particuliers sont autorisés par la loi. Vous le savez qu'ils ont été validés et que c'est la seule solution que nous avions déjà, qui pose quand même problème dans notre pays, de ne pas avoir de financement de prêts bancaires et que la seule possibilité qu'on avait jusqu'à aujourd'hui, qu'on a toujours, c'est les prêts des particuliers et la seule possibilité qu'on avait de se financer, ce sont ces prêts.
Et demain, on cherche à nous tuer financièrement en nous empêchant d'avoir ces prêts demain.
Vous assumez d'avoir un discours un peu complotiste, en fait.
Ce n'est pas complotiste, c'est qu'on s'interroge. Moi, je ne suspecte pas, les juges d'instruction en charge du dossier, forcément, d'avoir un agenda ou de vouloir utiliser ces documents, mais j'aimerais même avoir des réponses. Pourquoi ont-ils pris ces documents ? À quoi cela va-t-il leur servir dans le cadre de leur instruction ? Et au-delà même des juges qui sont indépendants, il y a eu hier des policiers qui, eux, ne sont pas forcément indépendants, qui sont sous l'exécutif. Ils font un travail remarquable, je ne les mets pas en cause, mais qui ont vu tous nos documents, tout ce qui est, en fait, notre ligne jusqu'en 2027 et notre conquête du pouvoir.
Ça pose quand même question dans n'importe quel pays du monde. Objectivement, j'aurais été ce matin à vous dire, je suis choqué que l'opposant de M. X ou de M. Y, dans des démocraties qui sont parfois plus des démocraties, des démocraties illibérales, ait perquisitionné l'opposant principal au pouvoir, celui qui est venu comme favori.
L'FI, le Modem, les Républicains, le Parti du Président ont été perquisitionnés. Une ancienne ministre, Agnès Buzyn, un ministre Olivier Véran, un ancien Premier ministre, Édouard Philippe, ont vu leur domicile perquisitionné. Leur domicile ? Personne n'est à l'abri de la justice. Vous n'êtes pas au-dessus des lois.
Non, mais c'est pour ça que je vous dis que la perquisition de tous nos comptes de campagne, de tout ce qui est hors stratégie, hors échange de mails qui seraient liés à la conquête du pouvoir de 2027, ça ne nous pose pas de problème. Je vous ai dit, on a ouvert les portes du service financier, du service comptable, on donne tout. On n'a rien à cacher, donc on donne tout. Mais par contre, permettez-moi qu'on n'a pas envie que dans le bureau de n'importe qui se trouve la stratégie qui est celle qui permettra de redonner le pouvoir au peuple et aux Français en 2027 avec l'arrivée du pouvoir du Rassemblement national.
On en est au stade de l'information judiciaire aujourd'hui. Il n'y a pas encore de mise en examen. Les juges vous soupçonnent de financement illégal de campagnes électorales. Concrètement, ils sont en train d'enquêter sur des prêts de particuliers accordés à des candidats RN lors des dernières élections. Ces prêts sont très encadrés par la loi. Est-ce que vous avez abusé de ces prêts ?
Pas du tout. Ces prêts sont autorisés, vous l'avez dit. Aujourd'hui, il y a la possibilité soit d'avoir un prêt banca quand on finit dans une campagne. Aucune banque ne veut nous prêter. Et ça pose la question de la banque de la démocratie vendue, proposée par Emmanuel Macron, promis par Emmanuel Macron et même par François Bayrou et ces prêts aux particuliers. Il y a une zone grise qui existe aujourd'hui en droit qui est dans le code monétaire et financier qui n'est pas liée en fait à la politique mais qui est liée à la protection du monopole bancaire. C'est-à-dire que des Français ne peuvent pas dans n'importe quel contexte prêter et faire la banque de manière régulière.
C'est-à-dire qu'on peut se prêter ensemble. Si un jour vous avez des problèmes d'argent, vous me demandez, j'ai le droit une fois de vous prêter, j'ai le droit deux fois de vous prêter mais il y a le mot de habituel.
Exactement, le prêt habituel, ça, c'est pas autorisé et la Commission nationale des comptes de campagne vous soupçonne d'avoir quelques généreux mécènes, de riches militants et le fait que ces personnes-là vous aient financées à plusieurs reprises.
Vous savez, ça a été dit, c'est 1300 prêts. Donc c'est plutôt pas des riches mécènes, c'est plutôt des Français qui nous soutiennent, qui ont des fois un peu d'argent sur leur livret A et qui en fait sont rémunérés conformément aux prêts validés, à la convention de prêts validés par la Commission des comptes de campagne avec un taux d'intérêt, 5%. C'est ce qui est demandé par la Commission. Donc c'est pas des riches mécènes.
On parle quand même de près de 75 000 euros en l'occurrence.
Mais en l'occurrence, ces prêts, s'ils existent, ils sont très très minoritaires. Aujourd'hui, ce qui est indiqué, c'est que depuis 2024, et ça pose une question de sécurité juridique parce que cette notion fixée par la Commission nationale des comptes de campagne, qui en plus ne peut pas faire de la loi, c'est le législateur ou le pouvoir réglementaire qui peut fixer des règles. La Commission en 2024, en juin 2024, a dit, maintenant on commencera à faire des signalements, c'est pas par rapport au Rassemblement national, globalement quand il y a 5 fois 75 000 euros de prêts.
Aujourd'hui, à notre connaissance, alors on n'a pas l'ensemble des éléments, moi je ne suis pas le trésor du Rassemblement national, ça sera très très minoritaire si c'était le cas. Et en plus, cette règle, elle a été fixée à postériori des prêts. Elle a été fixée à postériori des prêts.
Les prêts d'habitude étaient interdits avant. La Commission nationale a dit à partir de 5, mais en droit pénal, l'habitude c'est à partir de 2 faits successifs.
Donc ils étaient interdits avant. Déjà en droit, il y a marqué habituel. Et en plus, des prêts, s'il y a eu des personnes qui étaient les mêmes militants, les mêmes sympathisants, qui ont prêté une fois aux européennes à une association de financement, après une fois aux partis, une fois à un candidat, ce n'est même pas les mêmes entités juridiques. Donc ce n'est pas la répétition. Ça contribue au financement du même parti. Alors ça ne contribue pas au financement en tant que d'aide, puisque c'est des candidats différents. Ce n'est pas le parti, ça ne remonte pas au parti.
Jordan Bardella, 4,5 millions d'euros, rien que pour sa campagne des européennes, sur une campagne qui lui a coûté au total 5 millions, 4,5 millions de prêts. Qu'est-ce que cela dit ? C'est énorme, non ? Quasiment que sa campagne a été financée par des particuliers.
Alors on est le premier parti, donc on a une campagne qui est importante, on est le premier parti de France, et donc ça se finance, ces meetings, ce travail sur le terrain, ces tracts. Et pourquoi 4 millions ? Pourquoi l'essentiel ? Parce qu'il n'y a aucune banque. C'est sûr que vous pouvez inviter les autres, le Parti Socialiste, les Républicains, etc. Ils ont des prêts. Nous, aucune banque ne nous prête.
C'est le même débat qu'on avait eu il y a quelques années, quand on nous reprochait d'avoir eu une banque tchéco-russe, avec une part de capitaux russes, pas au pouvoir russe, mais une part de capitaux russes, mais une banque tchèque, d'avoir pris une banque qui n'est pas située en France, mais qui était située en Tchéquie. Mais parce qu'on n'avait pas de banque française.
Vous appelez François Bayrou à remettre sur la table sa banque de la démocratie ? Il en avait parlé dans son discours de politique générale.
Moi, j'appelle solennellement, bien entendu, François Bayrou à ouvrir de manière urgente les deux chantiers que l'on souhaite pour qu'on ait une démocratie vivante, à la fois la proportionnelle pour que les Français puissent être représentés à leur juste valeur dans l'hémicycle, et qu'il n'y ait pas des partis qui soient moins représentés à due proportion des Français qui votent pour eux, et aussi la banque de la démocratie, pour que tous les partis puissent se présenter devant les Français, avoir un financement qui tient la route, sans avoir la nécessité d'aller même demander à nos militants ce qui ne nous fait jamais plaisir d'aller demander à nos sympathisants et on les remercie pour tous ceux qui l'ont fait pendant toutes ces années.
Pour clore ce sujet, avant le fil d'info, Thomas Ménager, cette affaire, une de plus, et puis cette riposte politique très forte. On a entendu des voix au RN, ces bandes qui veulent garder le pouvoir à tout prix. Est-ce que vous n'avez pas peur que ça vous marginalise à nouveau ?
Je ne pense pas. Je pense que les Français, les nombreux messages qu'on a reçus hier de soutien des Français qui savent qu'on est honnêtes, qu'on fait tout pour les défendre, qu'on fait tout conformément à la loi, mais conformément à ce qui nous est offert. C'est-à-dire que les banques ne nous sont pas ouvertes, donc on est bien obligés de demander aux Français de soutenir.
Mais là, vous émettez publiquement des doutes sur la séparation des pouvoirs, notamment ?
Mais je veux dire, ce n'est pas des doutes, ce n'est pas la séparation des pouvoirs. Je n'ai pas sous-entendu... En tout cas, c'est en indépendance de la justice, c'est très clair. Il n'y a pas besoin de manque de séparation des pouvoirs. Il n'y a pas besoin, vous savez, qu'un juge ait la pression de qui que ce soit pour avoir envie de faire battre le Rassemblement national, parce que les juges sont des êtres humains, ils ont aussi leurs opinions politiques, et l'extrême majorité ont la capacité...
Mais vous prétendez qu'il y a un système politico-médiatique qui veut vous prendre vos documents de campagne ?
Quand on voit le déroulé pour une simple perquisition aujourd'hui, où vous l'avez dit, il n'y a pas de mise en examen, il n'y a rien, où toutes les chaînes, on a eu tout ça toute la journée hier, sur tous les plateaux de France, dans une volonté après de dire, vous voyez, vous êtes encore empêtrés dans des affaires, il y a quand même une volonté de nous salir, et les Français, en fait, ils aimeraient qu'on parle des sujets de fond, qu'on parle de santé, qu'on parle de pouvoir d'achat, qu'on parle d'immigration, qu'on parle de sécurité, et j'espère qu'on va en parler dans quelques instants.
Au lendemain de cette perquisition au siège du Rassemblement national, le porte-parole du groupe RN à l'Assemblée Thomas Ménager est notre invité. On vous retrouve après le fil Info, 8h45, Maureen Suignard.
On ne s'habitue jamais, le choc est immense, témoigne sur France Info le délégué général d'Emmaüs, l'abbé Pierre, le cofondateur d'Emmaüs, est visé par 12 nouvelles accusations de violences sexuelles, 7 concernent des personnes mineures au moment des faits. Emmaüs met en place un dispositif de réparation financière. Plusieurs ONG attaquent le groupe SEB et sa filiale TEFAL en justice. Les associations les accusent de pratiques commerciales trompeuses pour avoir affirmé que leur poêle en teflon était sûre. La loi est désormais définitivement adoptée, celle qui allonge la durée de rétention des étrangers en instance d'expulsion et jugée dangereuse. Sept mois maximum au lieu de trois.
La mesure a été soutenue par le ministre de l'Intérieur et dénoncée par la gauche. La mesure ne permet pas d'augmenter le taux d'expulsion, selon elle. Un nouveau titre tend les bras au PSG. Les Parisiens en finale de la Coupe du Monde des clubs, dimanche, ce sera contre Chelsea. Le PSG a écrasé le Real Madrid hier 4-0. Et à l'Euro de foot, les Françaises ont battu les Galoises 4-1. Il leur manque un point pour aller en quart de finale. France Info.
Le 8-30 France Info. Agathe Lambret, Jérôme Chapuis.
Avec Thomas Ménager, porte-parole du groupe Rassemblement National à l'Assemblée, il y a une accumulation d'affaires qui touche le Rassemblement National aujourd'hui. Il y a aussi, on parlait à l'instant de ces prêts suspects, il y a le parquet européen qui vient d'annoncer l'ouverture d'une enquête contre le RN et ses alliés pour des irrégularités financières. Alors vous êtes mis en cause, vous et vos alliés au Parlement européen, notamment pour des détournements de fonds de fonctionnement, pour des dons à des associations qui n'auraient aucun lien avec les activités de Bruxelles. Je vous donne un exemple, mais ce n'est pas le seul.
4-64, spécialisé dans la stérilisation des chats errants à Pau, a reçu 1 500 euros d'une députée européenne RN. Est-ce que vous trouvez ça normal, Thomas Ménager, sur des fonds européens ?
Ces aides, comme ça existait à l'époque de la réserve parlementaire à l'Assemblée Nationale, ont été validées, même versées par le Parlement européen. Nos comptes étaient validés à l'époque chaque année, validés par le Parlement européen, qui autorisait et même qui acceptait de faire les versements à ces associations. Ça faisait partie de la politique de l'Union Européenne, puisqu'il y a un commissaire à Bruxelles qui est en charge du bien-être animal, de la protection animale, et donc tout cela nous paraît...
C'est ça le lien que vous faites entre l'association et votre activité de Parlement européen ?
Bien entendu, et c'était validé par le Parlement européen. C'est pour ça qu'on ne comprend pas et qu'on voit qu'aujourd'hui, en 2-3 jours, il y a un emballement autour de ces sujets et différentes affaires qui, bizarrement, semblent proportionnelles à notre dynamique de campagne, notre dynamique de terrain, de notre dynamique en vue de 2027. Et on s'interroge. Mais sur ce dossier, bien entendu, il y aura toutes les réponses qui seront fournies. C'est notre ancien groupe, ce n'est même pas notre groupe actuel. Et ça date d'il y a désormais quelques années. Est-ce que vous estimez que ces affaires qui s'accumulent
pourraient vous coûter la présidentielle ?
Je ne sais pas si ça nous coûtera la présidentielle. Je ne le pense pas, parce que les Français ont soif de changement et font confiance au Rassemblement national. Mais par contre, ce qui est certain, c'est que nos opposants l'espèrent, que nos opposants souhaitent nous salir aux yeux des Français mais je pense que les Français ne sont pas dupes. Ils voient bien que la ficelle est grosse et ils voient bien qu'on fera tout pour les défendre et qu'on est des honnêtes gens et qu'on fera tout pour, en 2027, gagner et leur rendre leur pays et tout faire pour les protéger.
Vous aviez censuré Michel Barnier en plein procès des assistants parlementaires européens quelques jours après le réquisitoire du procureur à charge contre vous. Est-ce qu'aujourd'hui, alors que François Bayrou doit révéler les arbitrages du budget dans quelques jours, ces nouvelles affaires peuvent avoir des conséquences ? Est-ce que vous allez durcir le ton contre le Premier ministre ?
Alors, durcir le ton, oui, au moment du budget parce qu'on attend qu'il n'y ait aucune hausse d'impôt sur les classes populaires, les classes moyennes, les retraités, la France qui travaille, tous ceux aussi qui ont besoin d'être protégés, que notre système social les protège parce qu'ils le méritent. Mais non, bien entendu, ce qui est lié à ces attaques judiciaires en tant que telles, n'emporte pas notre volonté ou non de censurer. La censure, elle est là pour protéger les Français. On ne prend pas les Français au notage. Quand bien même on est attaqué injustement et on prouvera que c'est injuste, on ne va pas utiliser ce prétexte pour censurer. Et quand on avait censuré M.
Barnier, c'est juste parce qu'il augmentait de 40 milliards les impôts qu'il allait désindexer les retraites, dérembourser les médicaments, augmenter l'électricité et ne pas faire des économies structurelles sur l'État. Et c'est ça ce qu'on va devoir faire parce que, bien entendu, il y a une question de dette et de déficit
qui est aujourd'hui criante dans notre pays. Et vous allez écouter comme nous, d'ailleurs, François Bayrou, très attentivement la semaine prochaine qui doit donc rendre ses arbitrages. Quelles sont aujourd'hui vos lignes rouges au RN ?
Elles ne changent pas. Nous, on veut qu'il y ait des économies structurelles sur le budget d'État. 4 milliards sur les agences. demandaient à l'Union Européenne de faire un effort. Quand on sait que le budget va augmenter de 7 milliards l'année prochaine, 3 milliards l'année suivante, que tous les pays européens ont obtenu des rabais sauf la France, on dit à l'Union Européenne aussi, les fonctionnaires européens vont devoir se serrer la ceinture aussi. Vous savez qu'on reçoit beaucoup de l'Union Européenne ? Non, mais là, je parle de la contribution nette. C'est-à-dire, la contribution nette, c'est-à-dire, entre ce que l'on envoie et ce que l'on reçoit, on perd chaque année 10 milliards.
Nous, on veut réduire de 5 milliards ce que l'on perd chaque année. C'est-à-dire qu'on sera des gens toujours en plus déficitaires et c'est envoyé à d'autres pays qu'on veut bien soutenir et aider dans leur accompagnement. Mais il y a certaines limites. Ce n'est pas aux Français de s'appauvrir pour aller aider, malheureusement, d'autres pays qui sont des pays avec qui on peut travailler, mais en plus, souvent en finançant une concurrence déloyale.
Mais ça ne fait pas 40 milliards, Thomas Ménager. Est-ce que vous n'êtes pas au RN, pardon, mais en train d'essayer de nous faire croire que vous, au pouvoir, les économies seraient indolores ? Que ce serait très facile, parce qu'on prendrait toujours sur les mêmes boucs émissaires Bruxelles, l'immigration, et qu'en fait, les Français n'auraient aucun effort à faire. On parle quand même de 40 milliards d'euros.
Il y a d'autres aspects. J'ai devant moi le contre-budget qu'avait proposé Jean-Philippe Tanguy. Il y a 6 milliards sur les énergies intermittentes parce qu'aujourd'hui, on rachète plus cher et on subventionne l'éolien. Il y a aussi la question des agences de l'État. Il y a la question de l'immigration, vous l'avez dit. L'AME qui peut permettre de récupérer un milliard. Il y a des observatoires sur l'immigration qui disent que le coût, si on met notamment cette priorité nationale, si on réduit notamment le regroupement familial, on réduit aux aides non-contributives, on supprime les aides non-contributives pour les étrangers.
Et sur les retraites, il n'est plus question au RN de revenir à la retraite à 60 ans ?
Non, retraite à 60 ans, jamais. Ça, c'est le programme du nouveau Front populaire, de l'FI, qui propose 60 ans pour tous. Nous l'avons dit aujourd'hui, compte tenu de la démographie, compte tenu surtout de la situation catastrophique des comptes publics laissés par Emmanuel Macron. C'est 62 ans avec 42 annuités pour ceux qui ont commencé après 20 ans. Et c'est 60 ans, par contre, bien entendu, très justement, pour ceux qui ont des pétiers pénibles, qui se lèvent tôt, qui travaillent dehors, été comme hiver, et on voit encore que la situation et le dérèglement climatique que l'on connaît va accentuer en plus, notamment ces facteurs de risque sur un certain nombre de personnes à la population.
Moi, je suis fils de coureur, je le prends souvent comme exemple. Mon père a travaillé sur les toits toute sa vie. Il est parti à 61 ans. Il a réussi à partir un peu plus tôt parce qu'il avait une carrière longue. Et c'était déjà très dur, totalement usé. Et donc, c'est ces Français-là qu'on veut protéger.
On s'y perd un peu dans ce que vous dites. Non, non, c'est très clair, ça n'a pas changé. Et sachant qu'à l'approche des législatives, Jordan Bardella avait changé de discours alors que les portes de Matignon s'ouvraient presque devant vous. Jordan Bardella a commencé à dire qu'il n'y aurait plus finalement de priorité à l'abrogation de la réforme des retraites.
Il y en reste quelques mois. Il faudra, dans tous les cas, trouver des sources d'économie. Et comme on sait qu'on a découvert quelques mois après qu'il y avait un déficit qui était encore pire que prévu, notre discours de vérité, c'est aussi de dire aux Français en fonction de comment on récupérera l'état du pays, il faudra peut-être adapter ou cadencer un certain nombre de nos mesures. Merci.
Thomas Aménager, le porte-parole du groupe RN à l'Assemblée, était l'invité de France Info ce matin.
Thomas Ménagé