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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 8 décembre 2020 25 minContradictoireActualité / polémiqueTransportsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSanté

Billets de train pour les fêtes de fin d'année, réduction des effectifs... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Pierre Farandou

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 5 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez rassurer les Français sur les trains de Noël ?

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Vous attendez la conférence de presse de Jean Castex pour savoir si le trafic sera normal ?

  • 1:16OuverteRéponse directe

    Combien de places ont été réservées pour les fêtes de fin d'année ?

  • 1:49OuverteRéponse partielle

    Les prix vont-ils augmenter si on prend son billet au dernier moment ?

  • 2:15RelanceÉludée

    On sait que les prix flambent si on prend son billet tard, est-ce que ça va être le cas ?

  • 2:32OuverteRéponse directe

    Faut-il acheter les billets maintenant sans avoir l'info ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Invité politiqueFait
    « Côté SNCF, nous, on sera prêts. On s'est mobilisés avec tous les suinaux pour préparer toute notre flotte de TGV pour que chaque Français ait un train pour partir dans sa famille pour les fêtes. »
  • 1:21Invité politiqueChiffre
    « On a mis en vente 4,5 millions de places pour ces fêtes. On a vendu 1,8 millions de places. »
  • 1:58Invité politiqueChiffre
    « Il y a beaucoup de petits prix qui sont proposés à nos clients. Sur les 4,5 millions de billets que j'évoquais, il y en a un sur trois qui est à un prix très bas. »
  • 2:36Invité politiquePromesse
    « Les échanges et les remboursements sont gratuits. Ils sont complètement gratuits jusqu'au 4 janvier. »
  • 3:07Invité politiquePromesse
    « On rembourse tout de suite. C'est remboursement gratuit jusqu'à la minute du départ. »
  • 8:27Invité politiqueChiffre
    « Les quelques chiffres que l'on connaît, c'est qu'au fin septembre, on était en retard de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, de recettes. »
  • 8:37Invité politiqueChiffre
    « En termes de pertes, au bout du premier semestre, nous avions perdu 2 milliards et demi. »
  • 9:01Invité politiqueChiffre
    « 5 milliards de pertes, donc environ, pour cette année. »
  • 10:09Invité politiqueChiffre
    « Vous savez, il y avait 300 000 cheminots en 1970, on est 138 000. »
  • 11:16Invité politiqueChiffre
    « En ce moment, la SNCF frette a une baisse d'activité, entre 15 et 20%. »
  • 11:50Invité politiqueChiffre
    « En 2000, on aura embauché 3700 personnes en CDI, avec un effort particulier pour les jeunes. 7000 contrats d'alternance pour que des jeunes trouvent une place dans une entreprise et 2500 de contrats d'insertion. »
  • 15:13Invité politiqueChiffre
    « C'est de l'investissement, exactement. C'est vraiment d'ailleurs une recapitalisation, donc on voit bien que c'est de l'investissement à plus de 4 milliards d'euros. »
  • 15:22Invité politiqueFait
    « Vous savez, le réseau français, il est ancien, il a un âge moyen de plus de 30 ans, alors que le réseau allemand, par exemple, il n'est qu'à 17 ans, donc il est beaucoup plus récent. »
  • 19:32Invité politiqueChiffre
    « C'est 0,4% de la consommation du glyphosate et on l'a divisé par 4 en 20 ans. »
  • 20:00Invité politiquePromesse
    « Le glyphosate, on va arrêter le glyphosate à la fin de l'année prochaine. »

Temps de parole

  • Jean-Pierre Farandou67 %
  • Présentateur13 %
  • Invité10 %
  • Invité 29 %

4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Bonjour. Ça fait un peu plus d'un an que vous avez pris les commandes de la SNCF. Depuis, vous avez connu une grève massive contre la réforme des retraites. Deux confinements qui ont lourdement touché l'entreprise et fait plonger ses comptes. On va en parler, si vous voulez bien, avec vous dans quelques minutes. Mais pour des millions de Français, le sujet du moment, c'est de savoir s'ils vont pouvoir souffler dans quelques jours, retrouver les leurs en famille. Et pour cela, prendre un train. Est-ce que vous pouvez tout d'abord les rassurer ?

0:29
Jean-Pierre Farandou

Côté SNCF, nous, on sera prêts. On s'est mobilisés avec tous les suinaux pour préparer toute notre flotte de TGV pour que chaque Français ait un train pour partir dans sa famille pour les fêtes. Alors bien sûr, on va attendre le go sanitaire. Tout ça sous réserve que le gouvernement décide qu'on peut y aller. Nous, on sera prêts. Voilà, on s'est mobilisés. Les Français peuvent être rassurés. Il y aura des trains pour partir s'ils ont le droit de le faire.

0:49
Présentateur

Vous êtes comme tout le monde. Vous attendez la conférence de presse de Jean Castex après-demain pour savoir si le trafic sera normal pendant les vacances, par exemple.

0:56
Jean-Pierre Farandou

Oui, bien sûr. Depuis le début du confinement qui a débarré en mars, depuis cette crise, nous suivons à la lettre les conseils du gouvernement, bien évidemment. Nous comprenons la priorité sanitaire. Nous, notre boulot, c'est d'être utile aux Français, c'est d'être prêts. On a été prêts quand le confinement a été terminé pour cet été. On a été au rendez-vous des départs en vacances d'été. On est à nouveau prêts pour être au rendez-vous des départs des vacances d'hiver. Encore faut-il que ça soit permis, que ça soit autorisé.

1:16
Invité

Aujourd'hui, vous en êtes à combien du taux de réservation pour les fêtes de fin d'année ?

1:21
Jean-Pierre Farandou

On a mis en vente 4,5 millions de places pour ces fêtes. On a vendu 1,8 millions de places. Donc voilà, on voit que les ventes se font. Elles ont démarré assez fort, d'ailleurs, dès l'annonce du président de la République.

1:31
Invité

Le soir même, il y a eu un pic.

1:32
Jean-Pierre Farandou

Voilà, il y a eu un pic important dès lors qu'il a pu évoquer l'allègement de ce confinement. Mais par contre, on voit aussi que les Français s'y prennent au dernier moment. On a plus de trois quarts des ventes, trois ventes sur quatre qui se fait dans les cinq derniers jours. Donc on s'attend à un rush après le 15 décembre, bien sûr. Là encore, si le go est donné par les autorités sanitaires.

1:49
Présentateur

Est-ce que les prix vont rester les mêmes si on prend son billet au dernier moment ? Ou est-ce que les prix vont augmenter si on les prend, si on attend effectivement la dernière minute ?

1:58
Jean-Pierre Farandou

Alors d'abord, les prix, on a fait un gros effort sur les prix. Il y a beaucoup de petits prix qui sont proposés à nos clients. Sur les 4,5 millions de billets que j'évoquais, il y en a un sur trois qui est à un prix très bas. Par exemple, un Paris-Bordeaux à 30 euros, un Paris-Morseille à 45 euros. Voilà, donc vraiment beaucoup de prix bas.

2:15
Invité

Mais on sait à la SNCF que si on prend son billet tard, le prix flambe. Est-ce que ça va être le cas encore cette fois-ci ?

2:23
Jean-Pierre Farandou

Non, ce n'est pas qu'il flambe. C'est que vous avez une gamme de prix avec des petits prix et des prix plus normaux. C'est pour ça que j'encourage les Français d'ailleurs à acheter leur billet. Il faut absolument acheter ces billets.

2:30
Invité

Des maintenant sans avoir l'info ?

2:32
Jean-Pierre Farandou

Oui, ils peuvent le faire parce que je le rappelle, les échanges et les remboursements sont gratuits. Ils sont complètement gratuits jusqu'au 4 janvier. Donc en fait, ils ne prennent pas de risque. Moi, je les encourage vraiment à prendre leur billet. Comme ça, ils seront sûrs de pouvoir accéder à ce million et demi de petits prix que nous avons proposés. Donc voilà, il faut y aller, il faut acheter ses billets. Je rappelle en plus que prendre le train, c'est sûr. Il n'y a pas de congestion routière, c'est de la sécurité routière, c'est écologique. Donc vraiment, les Français, prenez votre billet train.

Si jamais il y a des mauvaises surprises, vous serez intégralement remboursé ou éventuellement, vous pourrez échanger votre billet.

3:00
Invité

Alors jusqu'à quand ? Si finalement, on ne peut pas partir. Si le Premier ministre dit, ben non, le 15 décembre, il n'y a pas de déconfinement.

3:07
Jean-Pierre Farandou

On rembourse tout de suite. C'est remboursement gratuit jusqu'à la minute du départ. En argent ou en bon d'achat ? En argent, on rembourse en argent jusqu'au 4 janvier. Et à partir du 4 janvier, on fera toujours les remboursements gratuits. C'était une grande nouveauté d'ailleurs, mais on le fera jusqu'à J-3. Mais jusqu'au 4 janvier, remboursable et échangeable gratuitement jusqu'au jour de départ.

3:26
Présentateur

Vous n'avez pas tout à fait répondu à la question qu'on vous a posée il y a quelques instants. Un Paris-Bordeaux affiché, je ne sais pas moi, à 69 euros ce matin, si je le prends dans une semaine, il sera toujours au même prix ou pas ?

3:35
Jean-Pierre Farandou

Je vous dis, c'est une gamme de prix. La gamme de prix, elle est stable. Par contre, ce qui se passe, c'est que les prix les plus bas, ils partent les premiers.

3:41
Présentateur

Ça oui, mais un prix affiché aujourd'hui, ce sera le même dans quelques jours. Oui, bien sûr, les prix ne changent pas. Ça n'augmentera pas dans les derniers jours avant Noël.

3:48
Jean-Pierre Farandou

Non, les prix ne changent pas. Ce qui se passe, c'est qu'effectivement, vous avez une gamme de prix. Les prix les plus bas partent les premiers. Donc à la fin, il reste les prix qui sont les plus élevés. C'est pour ça d'ailleurs que moi, je souhaite qu'on travaille sur ce sujet de gamme tarifaire. Je pense, je vois bien qu'il y a un sujet et que parfois, le TGV a l'image d'être un peu cher. C'est normal d'ailleurs. Sauf si on prend son billet 6 mois à l'avance.

4:06
Présentateur

Mais effectivement, tout le monde ne peut pas prendre son billet 6 mois à l'avance.

4:08
Jean-Pierre Farandou

Pour ceux qui ne peuvent pas partir à l'avance, qui partent au dernier moment, ils sont toujours confrontés aux prix les plus élevés. Donc ils finissent par déduire que le TGV, c'est cher. Ça va changer ça ? Oui, ça va changer. J'ai demandé d'ailleurs aux équipes marketing voyageurs de travailler là-dessus. On travaille sur une nouvelle gamme tarifaire. J'espère qu'elle sera disponible à l'été prochain parce qu'il faut du temps pour bien équilibrer tout ça. Et un des grands changements de cette gamme, ça sera ça. Ça sera qu'au dernier moment, vous aurez encore accès à des petits prix.

4:29
Invité

Vous avez dit que le train est sûr, donc il faut le prendre. Lors de la première vague, le protocole sanitaire comportait le port du masque et la règle d'un siège sur deux occupé. Pourquoi ce n'est plus le cas aujourd'hui ? Pourquoi il n'y a plus d'un siège sur deux qui peuvent être occupés ?

4:45
Jean-Pierre Farandou

La règle d'un siège sur deux avait été mise très tôt, au début du confinement. On ne savait pas trop où on allait. Elle a été enlevée au mois de mai, dans les trains comme dans les avions d'ailleurs. Pourquoi est-ce qu'elle a été enlevée ? Parce que les autorités sanitaires ont jugé que c'était sûr de prendre le train. Alors c'est sûr, d'abord parce que nous, nous mettons le paquet pour tout ce qui est nettoyage et désinfection. Chaque train est désinfecté à fond. Désinfecté, ça veut dire complètement à fond. On a des produits virucides très puissants. Alors ça, c'est une fois par jour à fond. Et ensuite, vous avez des nettoyages.

Un nettoyage en cours de route, un nettoyage dans les gares qui complète. On nettoie les poignets, etc. Donc le train est parfaitement nettoyé. Deuxièmement, l'autre pierre angulaire de la protection dans les trains, c'est le port du masque dans les gares et dans les trains. Il se fait bien, il se fait très bien. Si parfois un voyageur n'a pas son masque, on va le voir très gentiment. Les personnels SNCF demandent à la personne de mettre son masque. Elle le met ou si elle est en gares, si elle l'a oublié, elle va acheter un masque. Donc les choses se font bien.

5:31
Invité

Mais si elle ne veut pas le mettre ?

5:32
Jean-Pierre Farandou

Alors si elle ne veut pas le mettre, on peut lui mettre une amende de 135 euros. On est même allé une fois jusqu'à arrêter un train pour descendre un voyageur qui décidément ne voulait pas mettre son masque. Une seule fois ?

5:42
Présentateur

C'est arrivé une seule fois qu'on ait besoin d'arrêter un train.

5:44
Jean-Pierre Farandou

C'est arrivé une seule fois parce qu'heureusement, on veut dire, la plupart des cas, les gens, ils ont leur masque parfois, mais ils le mettent sur le cou, ils ne le mettent pas sur le visage. Voilà. Et ce n'est pas très compliqué avec un peu de persuasion de comprendre que oui, il faut mettre son masque pour se protéger soi et protéger les autres. Vous pouvez nous expliquer en quelques mots pourquoi on peut être quatre

5:59
Présentateur

dans un TGV, face à face, deux et puis deux en face, avec chacun un masque, alors que dans un magasin, il faut 8 mètres carrés par personne ? Écoutez, moi, je vous parle des trains. Vous ne faites pas les magasins, vous faites les trains.

6:09
Jean-Pierre Farandou

Ce que je rajoute dans les trains que n'ont peut-être pas les magasins, c'est que nous changeons l'air du train toutes les trois minutes. C'est de l'air extérieur qui vient toutes les trois minutes, comme si chez vous, vous ouvriez en grand vos fenêtres. Donc voilà, l'air est très pur à bord des trains. Quand vous combinez toutes ces mesures, le port du masque, l'air qui est nettoyé, le nettoyage en profondeur, les autorités sanitaires ont décidé que prendre les trains, c'était sûr. Et ils ont mis raison d'ailleurs parce que dans les enquêtes sanitaires, il y a moins de 1% de l'épidémie qui se fait dans les transports en commun.

6:37
Invité

Un mot sur la restauration à bord. C'est fini depuis un petit moment. Est-ce que ça va revenir et quand ?

6:41
Jean-Pierre Farandou

Non, alors justement, la restauration, par précaution, on l'a fermé parce que la restauration dit enlever son masque. On voit bien que le risque vient quand vous enlevez votre masque. Donc par précaution, par sécurité sanitaire, nous avons décidé de ne pas avoir de restauration à bord. Donc par contre, vous pouvez dans les gares, il y a encore des points de vente dans les gares pour acheter un peu de restauration. Donc prenez vos précautions.

7:00
Invité

Donc même pour les fêtes des fins d'année, pas de restauration à bord ?

7:01
Jean-Pierre Farandou

Non, pas de restauration à bord.

7:02
Présentateur

Cette crise en tout cas, elle coûte cher à la SNCS. Jean-Pierre Farando, on va en parler dans un instant si vous voulez bien. Le temps du fil info à 8h40 avec Mélanie Delaunay.

7:10
Invité

Pour réformer la police, Emmanuel Macron annonce un beau veau de la sécurité, une concertation à partir de janvier. Il s'agit d'améliorer les conditions d'exercice des forces de l'ordre, mais également les liens avec la population en plein débat sur les violences policières. On sent monter une petite musique pas très sympathique pour le secteur culturel, dit ce matin sur France Info le président du syndicat national du théâtre privé. La réouverture des théâtres, cinémas et musées prévues dans une semaine et sur la sellette, l'objectif de 5000 cas positifs au Covid par jour semble très difficile à atteindre, a dit hier soir le directeur général de la santé.

Au nord de Strasbourg, le projet de centrale géothermique qui devait alimenter 20 000 logements définitivement mis à l'arrêt. Après une série de séismes, la préfecture du Barin considère qu'il n'y a pas les garanties de sécurité indispensables. Il suffit d'un match nul et le PSG sera qualifié pour les 8e de finale de la Ligue des Champions. Les footballeurs parisiens reçoivent ce soir le Bachachir d'Istanbul au Parc des Princes. France Info Le 8.30 France Info

8:16
Présentateur

Salia Brakia, Marc Fauvel Toujours avec le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Est-ce que vous savez de combien votre groupe sera déficitaire cette année ?

8:25
Jean-Pierre Farandou

Non, je ne sais pas encore, mais le déficit sera lourd. Les quelques chiffres que l'on connaît, c'est qu'au fin septembre, on était en retard de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, de recettes.

8:33
Présentateur

Ça, ce n'est pas des pertes, c'est du chiffre d'affaires.

8:34
Jean-Pierre Farandou

Ce n'est pas encore des pertes, c'est du retard de chiffre d'affaires. En termes de pertes, au bout du premier semestre, nous avions perdu 2 milliards et demi. Voilà, donc on peut penser qu'à la fin de l'année, le résultat sera très négatif. Le deuxième semestre est pire que le premier ? Non, non, je ne pense pas. Je pense qu'on pourrait même espérer qu'il aurait été un peu moins mauvais. Alors, le confinement numéro 2 est arrivé et qu'il ne va pas nous arranger. On verra bien, c'est encore trop tôt pour donner des chiffres, mais c'est sûr que le résultat sera en perte. 5 milliards de pertes, donc environ, pour cette année.

9:04
Présentateur

Si vous étiez une entreprise privée, vous seriez en faillite ?

9:07
Jean-Pierre Farandou

Non, on ne serait pas en faillite parce que même une entreprise privée, on est quand même très gros sans profite, on est résilients. On a encore des gens qui nous prêtent de l'argent parce qu'ils ont confiance en nous, dans notre capacité à nous redresser. Et ils ont raison, parce qu'à moyen et long terme, le train va bien s'en sortir. Dès que la mobilité va repartir, elle va repartir. Les gens auront besoin physiquement de partir en week-end, de partir en vacances, de voir leur famille, de voir leurs amis. Même dans le milieu des affaires, où on voit qu'aujourd'hui, il y a le télétravail, il y a les téléréunions, au bout d'un moment, votre client, vous allez le voir.

Parce que si vous n'allez pas le voir, votre concurrent, il va aller le voir. Donc je suis convaincu que la mobilité professionnelle va revenir. Et quand la mobilité repartira, le train, c'est le mode le plus écologique. C'est 20 fois moins d'émissions de CO2 que les autres modes. C'est aussi un mode qui consomme très peu d'énergie. Avec la politique commerciale très agressive, très conquérante que nous allons avoir, je suis convaincu que la SNCF a un bel avenir. Donc voilà, on trouve des gens qui n'ont qu'en France à nous, sur les marchés, ils nous prêtent de l'argent pour traverser cette mauvaise passe.

9:56
Invité

Mais est-ce que cette reprise, est-ce que cette mauvaise passe, elle va reprendre justement, elle va s'améliorer avec la même masse salariale ? Ou alors vous pensez à des suppressions d'emplois ?

10:07
Jean-Pierre Farandou

Alors c'est pas nouveau, la SNCF, qu'on fasse de la productivité. Vous savez, il y avait 300 000 cheminots en 1970, on est 138 000. Donc vous voyez que tous les ans, on ajuste le nombre de postes entre 1 et 2%. C'est pas énorme. Ça fait du quoi ajuster ?

10:18
Présentateur

Ah, 2%, vous êtes 130 000 aujourd'hui, ça veut dire quoi ? 3 000 suppressions de postes cette année ?

10:22
Jean-Pierre Farandou

Non, non, c'est beaucoup trop tôt, on ne peut pas le dire. Je vous dis, c'est entre 1 et 2%. Alors pourquoi ? D'abord, le mot productivité, il n'est pas tabou. On est une entreprise comme une autre, on a beau être une entreprise publique, parce que nous sommes une entreprise publique, que nous gérons de l'argent public, nous devons faire attention à l'argent. Il faut que le ferroviaire coûte le moins cher possible à nos clients, on l'a dit, mais aussi aux contribuables. Par exemple, pour la maintenance des voies ferrées. Donc il est normal d'ajuster. Donc on ajuste pour être plus productif, puis il y a la concurrence qui arrive.

Quand la concurrence sera là, il faut absolument qu'en termes de compétitivité, la SNCF soit performante. Et puis je rappelle en fait que...

10:53
Invité

Mais justement, c'est quoi ? C'est des suppressions de postes ? Parce qu'on entend les syndicats dire 4 000 postes en moins, alors ça ne va pas se traduire par des suppressions de postes, des licenciements, mais ça peut se traduire par des non-emplacements de départ à la retraite, ou des congés volontaires de fin de carrière, c'est-à-dire des gens qui doivent aller à la retraite dans 2-3 ans, mais on les arrête.

11:10
Jean-Pierre Farandou

Oui, qu'on ne remplace pas. C'est ce qui va se passer ? Oui, par exemple. Par exemple, ce qu'on fait, c'est beaucoup de la mobilité. En ce moment, la SNCF frette a une baisse d'activité, entre 15 et 20%. On se retrouve avec une centaine de conducteurs de trop. C'est 100 conducteurs de la SNCF qui conduisent des trains de frette, on va en faire des trains de la SNCF qui conduisent des trains de voyageurs. C'est de la mobilité interne. Donc il y a de la mobilité.

11:30
Invité

Après ceux qui doivent aller vers la retraite, est-ce qu'ils vont arrêter un peu avant ? Est-ce qu'il y aura des départs anticipés à la retraite ?

11:38
Jean-Pierre Farandou

Des départs anticipés, peut-être, mais on gère l'emploi, on gère le nombre de postes en fonction de l'activité et de cet effort d'ajustement et de productivité qui est nécessaire. Et on continue à embaucher. En 2000, on aura embauché 3700 personnes en CDI, avec un effort particulier pour les jeunes. 7000 contrats d'alternance pour que des jeunes trouvent une place dans une entreprise et 2500 de contrats d'insertion. Donc presque 10 000 possibilités pour des jeunes de trouver un avenir, de trouver une formation au sein de la SNCF. Donc nous continuons à jouer notre rôle d'amortisseur social et d'ouverture et d'accueil pour des jeunes nombreux dans ce pays.

12:14
Présentateur

Est-ce que les clients, à leur manière également, vont devoir éponger la dette ? Est-ce que les prix des billets vont augmenter l'an prochain ?

12:21
Jean-Pierre Farandou

La stratégie, je crois que c'est clair, ce n'est pas d'augmenter les prix, c'est au contraire. Moi, je veux une tarification plus simple, plus facile, plus accessible.

12:25
Présentateur

Globalement, le prix des billets de la SNCF n'augmentera pas au 1er janvier ou durant l'année 2021 ?

12:29
Jean-Pierre Farandou

C'est ce que vous demande l'État aujourd'hui ? Ce n'est pas l'État, c'est nous en tant qu'entreprise. C'est très clair, on a besoin de reconquérir de la clientèle. On a de la place dans nos TGV, on a de la place dans nos trains. Une bonne manière de le faire, c'est d'avoir des prix accessibles. Donc ce n'est certainement pas en 2021.

12:43
Présentateur

Aucun tarif n'augmentera l'an prochain, que ce soit les TER, les trains de proximité, les trains du quotidien ?

12:47
Jean-Pierre Farandou

Alors, la SNCF, elle décide de la tarification sur les TGV, donc je vous dis, il n'y aura pas de moins que ce soit les prix. Et c'est les régions pour le TER, mais moi, je crois savoir aussi qu'elles sont comme nous, elles veulent aussi que leur TER se remplisse. Donc je ne crois pas que la tarification des trains augmentera beaucoup, ou même pas du tout, l'année prochaine.

13:03
Invité

Vous parliez de l'ouverture à la concurrence il y a quelques minutes, elle devrait arriver l'année prochaine. Est-ce que vous craignez cette guerre des prix là, qui va arriver là, et est-ce que vous pouvez faire face ?

13:14
Jean-Pierre Farandou

La concurrence d'abord, il ne faut pas se cacher, c'est un choc pour la SNCF, ça fait presque 80 ans qu'on était en monopole, donc quand la concurrence arrive, forcément c'est un choc. C'est un choc ou c'est une bonne nouvelle ? C'est un choc d'abord, c'est quand même un choc, parce qu'il faut s'y préparer, alors on s'y prépare. Moi je suis bluffé par le punch des équipes qui répondent à des appels d'offres. Il y a des appels d'offres dans des régions en ce moment, la région Sud, Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur.

13:36
Présentateur

Il y a eu deux appels d'offres récemment, je crois que vous les avez gagnés, il n'y avait pas d'autres concurrents ?

13:39
Jean-Pierre Farandou

Il y a un appel d'offres en cours qui est lancé par l'État, sur effectivement deux lignes intercitées. A priori, il n'y a pas d'autres concurrents, donc on est bien placé pour le gagner.

13:48
Présentateur

Comment vous expliquez que personne d'autre n'y soit allé ? Les syndicats expliquent que c'est parce que finalement ce sont des lignes qui ne sont pas rentables, et qu'en gros, pardonnez-moi l'expression, on vous confie le sale boulot, c'est-à-dire de gérer des lignes qui ne gagnent pas d'argent.

14:00
Jean-Pierre Farandou

Alors vous savez, ça dépend du modèle. Les lignes dont on parle, ce sont des contrats de services publics passés avec l'État, en l'occurrence. Donc elles ne sont pas rentables en tant que telles, c'est-à-dire que les recettes payées par les passagers ne couvrent pas les coûts d'exploitation, mais l'État en l'occurrence, qui commande ces lignes, compense. Donc en fait, au grand total, vous arrivez à une rentabilité faible, mais ça peut être rentable. Donc c'est surtout la prise de risque. Je pense que les concurrents potentiels n'ont pas souhaité prendre le risque, notamment sur les recettes, l'évolution de recettes.

Nous, on y va, on connaît bien nos régions, on connaît bien nos clients, on connaît bien ces lignes. Donc on s'est sentis capables de faire une belle offre. On a fait une très belle offre avec une amélioration du service, un ajustement du prix pour l'État. Donc on est très fiers de l'offre que nous avons faite.

14:39
Invité

Et plus généralement, vous vous sentez compétitif face à ces entreprises privées qui arrivent sur votre marché ?

14:44
Jean-Pierre Farandou

Oui, on se sent compétitif parce qu'on fait des efforts, comme on l'a dit. Donc on s'ajuste sur les prix par la productivité, on s'ajuste par la qualité de service, par l'innovation. Je vous dis, on est confiants, on connaît bien nos clients, on connaît bien ces lignes. On a le sentiment qu'on sera capables de faire une très belle offre. Après, on verra ce qui se passe.

14:58
Présentateur

L'État a financé, via le plan de relance, un peu plus de 4,5 milliards d'euros pour la SNCF. C'est de l'argent prêté ou c'est de l'argent qui sera rendu un jour ?

15:08
Jean-Pierre Farandou

C'est de l'argent qui a été mis pour que la machine ferroviaire continue. Il est donné, c'est de l'investissement ? C'est de l'investissement, exactement. C'est vraiment d'ailleurs une recapitalisation, donc on voit bien que c'est de l'investissement à plus de 4 milliards d'euros. Donc l'objectif principal, c'est de poursuivre la rénovation, la régénération du réseau. Vous savez, le réseau français, il est ancien, il a un âge moyen de plus de 30 ans, alors que le réseau allemand, par exemple, il n'est qu'à 17 ans, donc il est beaucoup plus récent. Et un réseau ancien, c'est un réseau qui peut tomber en panne, qui n'est pas assez fiable.

Donc effectivement, il faut faire un gros effort de rénovation du réseau. Chaque année, il faut mettre environ 2,8 milliards, 2,9 milliards d'euros sur 10, 15 ans pour retrouver un niveau de fiabilité suffisant. Si le plan de relance n'avait pas été là, nous n'aurions pas été capables de tenir ce rythme en matière d'investissement sur le réseau.

15:47
Présentateur

Donc ce n'est pas de relance, c'est de l'urgence, finalement. S'il s'agit d'entretenir des réseaux pour éviter d'avoir des accidents, on n'est pas vraiment dans le long terme à 30 ans. On est dans l'urgence du quotidien de réparer ces lignes.

15:56
Jean-Pierre Farandou

Si, c'est quand même pas négligeable, parce que je vous dis, si on ne l'avait pas fait, ça serait quand même très embêtant. Et puis ce plan de relance, c'est aussi le plan de relance du fret, avec toute une composante autour de la relance du fret dans notre pays, ce qu'on appelle le wagon isolé, c'est des charges qui ne sont pas trop importantes, et c'est les trains de nuit, avec deux nouvelles lignes de trains de nuit qui seront ouvertes l'année prochaine. Donc voilà, le plan de relance, ça permet ce soutien à la régénération du réseau.

16:16
Invité

Mais on ne les avait pas arrêtées justement parce qu'elles coûtaient trop cher et elles n'étaient pas rentables, ces lignes de nuit ?

16:21
Jean-Pierre Farandou

Si, là on est prêt à les relancer. Je pense qu'il y a un renouveau possible pour les trains de nuit. D'ailleurs, pas plus tard que ce matin, on va signer un protocole, non seulement avec les Français, mais avec les Allemands, les Autrichiens, les Suisses, pour relancer le train de nuit en Europe. Donc je pense qu'il y a de l'avenir pour le train de nuit, parce que les jeunes générations, elles ne veulent plus prendre l'avion, elles veulent prendre le train. Et pour se déplacer de longue distance, le train de nuit, ça marche bien. Vous dormez pendant que vous voyagez, vous arrivez tôt le matin pour profiter tout tôt de votre journée.

Je pense que le train de nuit a à nouveau de l'avenir en France et en Europe. Avec des cabines mixtes ou certaines réservées aux femmes ? Il y aura des cabines réservées aux femmes, on le faisait d'ailleurs déjà. Je pense que c'est important effectivement que les femmes puissent voyager en toute sérénité, toute sécurité, et puissent demander l'accès à des voitures ou des compartiments qui leur seront réservés.

17:00
Présentateur

Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, invité de France Info. Il est 8h50, Mélanie Delonnet pour le Fil Info. Et on poursuit juste après.

17:07
Invité

C'est une nord-irlandaise de 90 ans qui a été vaccinée la première début ce matin au Royaume-Uni de la campagne de vaccination contre le Covid. Priorité donnée aux résidents et aux personnels des maisons de retraite, 800 000 doses sont disponibles dans un premier temps. En France, Conseil de défense sanitaire demain matin, alors que la barre des 5000 cas positifs fixés par Emmanuel Macron pour le second temps du déconfinement mardi prochain semble difficilement atteignable. Lors des réquisitions au procès des écoutes, lors de son interrogatoire hier, Nicolas Sarkozy a assuré qu'il n'avait jamais commis le moindre acte de corruption.

Je veux être lavé de cette infamie, a dit l'ancien chef de l'État. Il y a urgence à agir pour consolider le lien de confiance entre les Français et les forces de l'ordre et donner aux policiers et aux gendarmes des moyens à la hauteur de leur engagement. C'est en ces termes qu'Emmanuel Macron annonce la tenue le mois prochain d'un beau veau de la sécurité, une concertation pour réformer la police. La mort d'une légende de l'aviation américaine, le premier pilote à avoir franchi le mur du son, c'était en 1947. Chuck Yeager avait 97 ans. France Info. Le 8.30 France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel. Toujours avec Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF.

La petite musique depuis quelques jours, c'est le possible retour de la réforme des retraites avant la fin du quinquennat. C'est une bonne nouvelle pour vous ?

18:29
Jean-Pierre Farandou

C'est pas moi qui décide. Franchement, on verra ce que le gouvernement veut faire. C'est un sujet important pour les cheminots parce que vous savez qu'il y a un régime particulier, un régime spéciale. C'est un enjeu important pour les cheminots.

18:41
Invité

Et qu'est-ce qu'ils vous disent justement les syndicats ?

18:43
Jean-Pierre Farandou

Vous imaginez, je pense que les syndicats n'ont pas très envie, à mon avis, que cette réforme revienne. Après, c'est au gouvernement de décider.

18:53
Invité

Mais vous, est-ce que vous plaidez auprès du gouvernement que cette réforme ne voit pas le jour avant la fin du quinquennat ?

18:58
Jean-Pierre Farandou

Non, ça le regarde. On sait que c'est un sujet sensible. On comprend bien que c'est un sujet sensible. Est-ce qu'il y aura réforme, pas réforme ? Quel sera le contenu de cette réforme ? On verra bien le moment venu si on doit gérer ce dossier.

19:12
Présentateur

Il y a un thème, Jean-Pierre Farandou, qui concerne directement la SNCF. C'est le glyphosate. On l'ignore souvent, mais la SNCF est l'entreprise qui en utilise le plus chaque année en France. 38 tonnes de glyphosate pour désherber tout simplement les rails, pour que les trains puissent passer. Est-ce que vous êtes prêts, vous, à vous en passer ?

19:29
Jean-Pierre Farandou

Alors, on est l'entreprise qui en consomme le plus. Je ne crois pas. C'est 0,4% de la consommation du glyphosate et on l'a divisé par 4 en 20 ans. Donc, voilà.

19:38
Invité

Il y a eu un effort, mais est-ce que vous êtes prêts à nous en passer ? C'est un effort très important.

19:40
Jean-Pierre Farandou

Alors, est-ce qu'on est prêts à nous en passer ? Oui, oui, tout à fait. Par ailleurs... À quelle échéance ? D'abord, je voudrais dire que la SNCF, d'abord, veut être un champion de la transition écologique. Pour nous, c'est très important. Ça fait partie de l'ADN de l'entreprise. D'abord, prendre le train, c'est écologique, déjà, en soi. Mais on veut faire plus, on veut faire mieux.

19:54
Présentateur

Ça veut dire qu'on arrête, par exemple, les locomotives diesel ?

19:56
Jean-Pierre Farandou

Oui, on va arrêter d'abord le glyphosate. Oui, pardon, on va tout reprendre dans l'ordre. Le glyphosate, on va arrêter le glyphosate à la fin de l'année prochaine. On est en train de trouver un produit de substitution qui sera à base de produits bio. Donc, on aura quelque chose qui sera tout à fait compatible avec la protection de l'environnement. Et puis, le diesel, ça, c'est à plus long terme. C'est très important. Ça, c'est la vision que j'ai pour la SNCF. C'est une entreprise complètement écolo, complètement verte. Et donc, il faut être capable de se passer du diesel. On peut se passer du diesel, parce qu'on a encore des lignes qui ne sont pas électrifiées sur le réseau français.

Comment ? A très court terme, dès l'année prochaine, on aura comme des voitures, des trains hybrides avec un moteur diesel, mais aussi un moteur électrique. Donc, on pourra basculer sur le moteur électrique sur une partie importante du parcours du train.

20:35
Présentateur

Ce sont des trains qu'on recharge ?

20:36
Jean-Pierre Farandou

Non, qui fonctionnent avec des...

20:38
Présentateur

Ça n'existe pas. On ne pourra jamais recharger un train comme on peut recharger une voiture.

20:41
Jean-Pierre Farandou

Non, non. C'est-à-dire, en fait, c'est le moteur diesel qui vous sert à recharger la batterie qui alimente le moteur électrique. Voilà, donc ça marche comme ça. Vous avez des voitures qui sont comme ça, qui sont hybrides, rechargeables. C'est la même technologie, en gros. On aura aussi des trains avec beaucoup de batteries sur les toits. Et ces batteries sur les toits viendront à alimenter des moteurs électriques. Ça, c'est dès l'année prochaine. Et à long terme, au moyen terme, 5 ans, 8 ans, je crois beaucoup à l'hydrogène. Moi, je crois que la propulsion, l'énergie d'avenir pour les trains, c'est les moteurs à hydrogène. Le moteur existe déjà. Le sujet, c'est la production d'hydrogène.

Il se trouve que dans le plan de relance, il y a un effort très important du gouvernement. Avec un plan sur cette filière. Un gros plan sur la filière hydrogène. Je suis convaincu que les industriels, les énergéticiens français vont se mettre à produire de l'hydrogène. Dès qu'on aura beaucoup d'hydrogène à un prix assez bas, on pourra basculer vers le moteur à hydrogène pour les trains. Et je reviens d'un mot sur ce que vous nous avez dit sur le glyphosate. L'an prochain, c'est fini. Il n'y en a plus à la SNCR ?

Oui, à la fin de l'année prochaine, donc fin 2021, on aura un nouveau produit et des nouveaux engins d'ailleurs pour épandre un produit qui nous permettra de maîtriser la végétation au long des voies. Il faut le faire. Sinon, il y a trop d'herbes, il y a trop d'arbres. Ça peut être dangereux.

21:45
Invité

Le produit est plus cher que le glyphosate ou moins cher ?

21:47
Jean-Pierre Farandou

Le produit est plus cher, bien sûr. Le produit est plus cher. Donc il y a des surcoûts. Ils sont d'ailleurs en partie pris en compte dans le plan de relance. Ça aussi, le gouvernement a pris en compte le fait que ça nous coûterait plus cher de maîtriser la végétation au long des voies. C'est prévu dans le plan de relance.

21:59
Présentateur

La Convention citoyenne sur le climat préconisait une mesure qui vous concerne directement. C'était l'abaissement de la TVA pour la passer à 5,5% sur les billets comme les produits de première nécessité. Vous y êtes favorable ? Moi, je n'ai rien contre.

22:12
Jean-Pierre Farandou

Moi, je suis tout à fait d'accord que le prix des billets baisse. Je l'ai dit, je veux le faire pour mes clients. Ça peut se faire aussi pour la fiscalité. C'est une bonne chose. Je voudrais d'ailleurs sur la Convention citoyenne remarquer qu'ils ont choisi le train comme étant la solution en matière de mobilité à la fois pour les voyageurs comme pour les marchandises. Il y a un vrai alignement des planètes en ce moment. Vous doublez la part du fait d'ici 2030. Vous avez la Convention citoyenne qui représente les citoyens français. Vous avez le gouvernement français avec le plan de relance.

Et vous avez l'Union européenne avec une initiative qui s'appelle le Green Deal, le Contravert, qui effectivement est prêt à investir beaucoup d'argent dans l'infrastructure ferroviaire pour être capable de multiplier par deux la part de marché du frais de ferroviaire. Donc vraiment, en ce moment, il y a une grosse poussée, une grosse convergence pour le ferroviaire. Et c'est pour ça d'ailleurs que je suis très confiant sur l'avenir de la SNCF et du ferroviaire dans notre pays.

22:54
Invité

À moi, sur le projet de loi confortant les principes républicains qui va être présenté demain en Conseil des ministres, dans le texte figure l'obligation de neutralité dans les entreprises qui font du service public comme la vôtre. Est-ce que vous, vous avez déjà été confronté ? Est-ce que vous avez déjà constaté des dérives à la SNCF des comportements qui nécessitaient d'agir ou des signalements, par exemple ?

23:17
Jean-Pierre Farandou

Non, vous savez, la SNCF, on a très peu de ce genre de problèmes, quasiment pas, parce qu'on est une entreprise vraiment républicaine. On est utile aux Français, utile au territoire, on est imprégné du service public et de l'intérêt général, et donc on est laïque dans nos comportements.

23:30
Présentateur

C'est le cas de la plupart des entreprises de la RATP, qui pourtant a des signalements parfois...

23:34
Jean-Pierre Farandou

Nous, c'est très fort chez nous, je peux vous dire que... Il n'y a pas aucun signalement à la SNCF ? Il y en a très peu, voilà. Je veux dire, ce n'est pas un sujet majeur pour nous, il faut y faire attention, on est vigilants, on a des systèmes d'ailleurs d'observation, d'alerte éventuelle, je veux dire, il y a des process en place pour surveiller que tout se passe bien, et ça se passe bien parce qu'au fond, les cheminots, ils aiment la France, ils aiment la République, et ils se comportent de manière impeccable. Voilà, je voulais le souligner parce que c'est vraiment une grande force de la SNCF, ce sentiment républicain, ce sentiment d'utilité aux Français et pour le pays.

Donc la loi qui est présentée demain, elle n'est pas pour vous ? La loi, elle peut être utile, si jamais on avait quelqu'un qui avait un comportement déviant... Elle ne répond pas à une inquiétude que vous avez en tout cas présentement ? Voilà, ce n'est pas une inquiétude majeure, je veux dire, on est vigilants, il faut faire très attention sur tous ces sujets. La loi nous permettra d'être encore plus précis s'il y avait un problème, donc la loi est une bonne chose en soi, bien évidemment, mais je reviens à cette affirmation très forte, les cheminots sont des républicains, les cheminots sont engagés pour être au service du pays et au service des territoires.

Merci à vous Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, invité ce matin de France Info.

Billets de train pour les fêtes de fin d'année, réduction des effectifs... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Pierre Farandou — Jean-Pierre Farandou · Pourquijevote