Sécurité routière, retraites et partenaires sociaux, TVA à 0%... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Jean-Philippe Tanguy
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce la fin des retraits de points sur le permis de conduire pour les petits excès de vitesse de moins de 5 km heure à partir de l'an prochain. Est-ce que c'est une bonne nouvelle pour les automobilistes ou une mauvaise nouvelle pour la sécurité routière ?
Non c'est une bonne nouvelle, le nous on prend, Marine Le Pen avait proposé à la présidentielle plus de tolérance jusqu'à de mémoire 20 km heure si ce n'est pas dit, il y a un petit trou de mémoire soudainement. C'était ça, 20 km heure dans le programme de Marine Le Pen. Il faut l'expliquer parce que si vous voulez les automobilistes aujourd'hui ont l'impression d'être vraiment persécutés et qu'il n'y a pas de pédagogie sur les bons comportements et à l'inverse il y a un trop grand laxisme sur les grands délits routiers, sur les accidents de la route particulièrement graves sous emprise par exemple de stupéfiants ou d'alcool.
Donc il faut plus de tolérance pour les petits délits et les petits dépassants pardon et plus de sanctions pour les comportements extrêmement dangereux voire meurtriers.
Vous alliez plus loin dans le programme de Marine Le Pen, c'était plus de retraite point non plus pour les gens qui roulent sans certificat d'assurance ou pour les défauts de permis de conduire ?
C'était les petits délits, c'est-à-dire qu'il fallait quand même... L'assurance n'est pas alliée ou alliée pas ? C'était la présentation, c'était la présentation, c'était pas le fait de ne pas être assuré. Mais si vous voulez perdre un point parce que vous avez oublié, par exemple vous êtes chargé de famille, vous avez une vie très compliquée, vous avez oublié de mettre votre assurance sur votre véhicule, mais vous êtes assuré, ça ne justifie pas si vous voulez d'être pénalisé si vous arrivez à le prouver en passant à la gendarmerie ou au commissariat.
Du coup c'est deux fois plus de travail pour les forces de l'ordre, c'est-à-dire qu'il faut s'assurer qu'il n'y avait pas de présentation de la petite vignette, en revanche il faut que les personnes aillent ensuite au commissariat ou à la gendarmerie pour dire si si je suis bien assuré.
Il y a quelques délits, quelques infractions où il faut passer au commissariat pour régulariser.
Si vous voulez, il faut au quotidien que les français n'aient pas l'impression, et c'est l'impression qu'ils ont, aussi parfois au positionnement de certains radars, d'être harcelés de manière injuste, c'est un sentiment qui existe de manière très forte, notamment dans la ruralité mais pas seulement, et je pense que l'état gagnerait à avoir une relation plus sereine avec les contribuables, avec les automobilistes, parce qu'il y a beaucoup de tensions dans le pays, y compris dans ce sentiment quotidien où les honnêtes gens ont l'impression d'être beaucoup sanctionnés, alors que, une fois de plus, ceux qui ont vraiment des comportements dangereux ou meurtriers ne sont pas pénalisés comme il le faut.
Emmanuel Macron renoue avec le terrain, il était dans le barin hier, il a essuyé des huées et des sifflets à Célestat, mais ça ne l'a pas empêché d'aller au contact de la foule, quitte à se faire d'ailleurs un peu engueuler. Est-ce que vous dites quand même que c'est courageux de sa part ?
Non, mais ce n'est pas courageux d'aller voir les électeurs. Ce qui est courageux, c'est de prendre des bonnes décisions pour le pays, y compris quand elles vont contre son idéologie, y compris quand elles vont contre les intérêts de ceux qui l'ont porté au pouvoir. Donc ce qui serait courageux pour M. Macron, c'est qu'une fois dans sa vie, ils disent « je me suis trompé », et non seulement pas qu'ils le disent, qu'ils le pensent et qu'ils le fassent.
Vous, vous l'avez fait au RN, de vous dire « on s'est trompé » sur la question des retraits ? Oui, ça nous arrive sur la question des retraits. Notamment, oui, puisque vous avez changé pas mal votre programme dessus. Non, ce n'était pas qu'on s'était trompé, c'est que M. Macron... C'était 40 années de cotisation et 60 ans pour tous, et à la dernière élection présidentielle, ça a changé. C'est beaucoup plus flou. Aujourd'hui, ce serait un départ entre 62 et 67 ans, selon l'âge d'entrée dans l'emploi. Oui, mais ce n'est pas du tout flou, selon l'âge d'entrée dans l'emploi.
Donc, si vous êtes rentré avant 20 ans, vous partez à 60 ans, et à chaque trimestre de plus, vous partez avec un trimestre de plus. C'est très simple, c'est mathématique, c'est arithmétique. On n'a pas changé, on ne s'est pas trompé, c'est qu'entre 2017 et 2022, M. Macron a créé 600 milliards de dettes. Donc, quand vous aspirez aux responsabilités, vous devez prendre la réalité telle qu'elle est. Malheureusement, M. Macron n'a pas amélioré la gestion de l'État, il l'a dégradé, et nous avons dû prendre en considération cette dégradation de 600 milliards de dettes.
Donc, ce sera à partir de 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt, du coup, vous supprimez le dispositif carrière longue qui permet de partir plus tôt ?
On l'améliore, c'est une amélioration du dispositif carrière longue, ça concerne plus de gens, il y a moins d'exceptions, il y a moins de critères bureaucratiques.
Non, parce qu'aujourd'hui, le dispositif carrière longue, il peut permettre par exemple de partir à 58, aujourd'hui, après la réforme.
Oui, c'est un élargissement.
Et vous, ce sera 60 ?
Le régime de base est plus favorable, et en plus, on peut rajouter des critères, c'est ce qu'on a dit.
Donc, le plus tôt qu'il sera possible de partir si Marine Le Pen arrive au pouvoir, c'est quel âge ?
C'est 58 ans, il n'y a aucune dégradation des droits. Dans la réforme de Marine Le Pen, il n'y a aucune dégradation des droits actuels, il n'y a que des améliorations. Ça ne changera plus d'ici la prochaine élection présidentielle ?
Ça ne changera plus, sauf si la situation économique de notre pays se dégrade encore, ce qui est sûr en tout cas. C'est-à-dire que ça pourrait être par exemple 62, 63, 64 ? Vous posez deux questions différentes. La première, est-ce que ça rechangera avant la prochaine élection ?
Ce n'est pas ça, on ne peut pas faire des promesses en l'air si la situation du pays se dégrade de manière considérable. On ne va pas promettre des choses complètement surréalistes. Aujourd'hui, dans l'État a peut-être des choses, selon le chiffrage du programme de Marine Le Pen, selon la situation économique de notre pays, nous pouvons abroger la réforme Macron et venir au système qu'a proposé Marine Le Pen en 2022. Mais ce n'est pas une certitude ? Mais rien n'est jamais certain, monsieur.
Si demain, l'économie mondiale s'effondre, si, par exemple, il y a une contamination de l'effondrement de certaines banques américaines, que toute l'économie mondiale s'effondre, je ne vais pas vous faire une promesse qui n'est pas fondée sur les réalités économiques telles qu'on les a aujourd'hui. Ce serait de la démagogie, ce serait complètement surréaliste. Nous, on est toujours sérieux. Donc, aujourd'hui, s'il n'y a pas de nouvelles crises économiques ou financières, nous pouvons abroger la réforme Macron et mettre en place la réforme qu'a promise Marine Le Pen en 2022, qui coûte effectivement 10 milliards pour nous, selon des instituts 20 milliards.
Et donc, nous, on pense qu'on peut la financer. C'est un choix de société. La politique, c'est choisir les réformes que l'on veut.
Jean-Philippe Tanguy, Laurent Berger a annoncé son départ de la tête de la CFDT. Et ça se fera le 21 juin prochain. Est-ce que vous saluez son action à la tête du syndicat ?
À la tête du syndicat, sans doute. Après, moi, ce qu'on ne comprend pas avec M. Laurent Berger ou d'autres liseurs syndicaux, c'est leur choix politique. C'est quand ils sortent du cadre syndical, tel que l'avait défini la charte d'Amiens, pour faire de la politique et se tromper sur la politique. Puisqu'à chaque fois, ils ont choisi un candidat, à savoir M. Macron, qui a dégradé la situation des travailleurs, qui a dégradé la justice sociale, qui a favorisé...
Pour être plus précis, ils appellent à voter contre Marine Le Pen.
Oui, mais ça revient au même, ça c'est de la sémantique.
Face à Marine Le Pen... Ça, c'est de la sémantique, oui, mais il n'y a aucune raison, en fait, si vous voulez. Face à Jean-Marie Le Pen, c'était Jacques Chirac, ça n'a pas toujours été Emmanuel Macron, le choix de la CFDT.
C'est vrai, mais en l'occurrence, pour ce qui me concerne, c'est contre Marine Le Pen. Or, c'est contre le choix de leur propre syndicat, puisque vous n'êtes pas sans savoir qu'entre 60 et 70% des salariés, des ouvriers et des employés votent pour Marine Le Pen. Ça n'a pas empêché Laurent Berger d'être réélu de manière assez nette à chaque fois. Il y a un décrochage, oui, les syndicats ont un petit problème de mobilisation des salariés pour voter. Mais il y a un décrochage de certains dirigeants syndicaux, enfin de tous les dirigeants syndicaux nationaux, avec leur base. Donc, il faut faire la différence. Moi, je ne fais pas de la politique politicienne.
En tant que dirigeant de sa centrale syndicale, il faisait un bon travail. Quand il est sorti de sa centrale syndicale et qu'il a fait de la politique, il s'est systématiquement trompé. Et donc, il a un peu trahi les espérances des salariés.
Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, président délégué du groupe du Rassemblement National. Voilà l'Assemblée, l'invité de France Info jusqu'à 9h et les 8h40. Le fil info avec Maureen Suignard.
L'IGPN va proposer des sanctions contre les policiers de la Bravet, mise en cause dans un enregistrement sonore des policiers qui avaient menacé un jeune de l'envoyer à l'hôpital en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites. La chef de l'inspection générale de la police annonce sur France Info qu'il y a en tout 59 enquêtes qui sont en cours. Cette contestation sociale qui se poursuit aujourd'hui, quelques perturbations pour les trains. A l'île, des manifestants se trouvent sur les voies, circulation interrompue. Emmanuel Macron maintient pour son déplacement dans le département de l'Hérault pour parler de la rémunération des enseignants.
2000 euros net par mois en début de carrière et des primes en échange d'heures supplémentaires. Une bousculade meurtrière au Yémen, 85 morts et des centaines de blessés. La foule s'était rassemblée pour recevoir de l'aide depuis 2014. La guerre entre les forces gouvernementales et les rebelles a plongé le pays dans l'une des pires crises humanitaires. C'est le dernier club français qui dispute une compétition européenne. L'OGC Nice en quart de finale, retour de la Ligue Europe à de football ce soir. Ce sera contre-balle. Hier, l'Inter Milan et Manchester City se sont qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des champions de football.
France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Jean-Philippe Tanguy, le président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale, l'intersyndicale appelle à la mobilisation le 1er mai. Elle espère un raz-de-marée populaire. Est-ce que vous appelez vos militants à rejoindre les rangs des syndicats ?
Nos militants, non, parce qu'on a toujours dissocié l'action politique, l'action syndicale. Par contre, ceux qui nous soutiennent, qui considèrent qu'il faut, pour défendre leurs droits, pour défendre leurs aspirations, se mobiliser, et évidemment, ils sont invités à le faire, ils sont bienvenus à le faire. Nous, on a toujours invité les gens qui se sentaient nécessaires d'aller dans la rue, de le faire, d'autant plus que les syndicats, depuis le début, avec un certain nombre de préfets, assurent des manifestations qui se passent très bien. Donc, il n'y a aucune raison de ne pas participer à des manifestations qui sont bien encadrées, qui ne dégénèrent pas sur des violences.
Et donc, c'est très bien qu'il y a un mouvement social vivant, positif, qui porte des propositions consensuelles. Il faut quand même, aujourd'hui, le consensus social, le consensus politique, il est autour des revendications des Français sur un système des retraites plus juste. Et c'est une bonne nouvelle.
Mais comment vous expliquez que les syndicats ne veuillent toujours pas de vous dans les cortèges, les élus du Rassemblement National, malgré tous les efforts de normalisation, de dédiabolisation que vous avez faits ?
C'est ce qu'on disait dans la première partie de notre entretien. Je ne comprends pas ces attitudes. Je pense qu'ils ont tort. Ils ont d'autant plus tort. Et d'ailleurs, je pense qu'ils le savent, parce qu'ils refusent le débat aussi. C'est très intéressant comme déni de réalité. S'ils étaient sûrs de leur bon droit, s'ils étaient sûrs de pouvoir démontrer que le Rassemblement National et ceux qui le représentent, nos idées, ne sont pas capables de défendre les travailleurs, ils pourraient venir nous le dire en débat. Mais lors de la présidentielle, par exemple, j'étais directeur de campagne adjoint, M. Berger, M.
Martinez ont refusé, d'ailleurs sur le service public, de débattre avec Marine Le Pen, de s'opposer à elle.
Est-ce qu'il y a un cordon sanitaire ?
C'est pas un cordon sanitaire, c'est une réalité. C'est un mensonge, si vous voulez. C'est un mensonge syndical sur le fait que le Rassemblement National, Marine Le Pen en particulier, c'est la candidate des travailleurs, c'est la candidate de ceux qui font tenir le pays debout. Nous avons des propositions fortes et les syndicats sont dans le déni. Mais une partie, parce que moi, par exemple, mon suppléant, il a été président d'un syndicat salarié dans la Somme, en Picardie et dans les Hauts-de-France, pendant 30 ans. Et quel syndicat ? Il y a un engagement qui fait qu'il ne veut pas impliquer son syndicat dans la séparation, parce qu'il respecte la séparation de la charte d'Amiens.
Mais tout le monde peut trouver, s'il fait une recherche sur Internet, de quel syndicat il était président. Mais au-delà de la boutade, sur le terrain, dans notamment les petites villes, nous avons été présents. Moi, j'ai été présent à une manifestation. Vous y êtes allé ? Oui, une fois, ça s'est bien passé. Avec l'écharpe ou sans l'écharpe ? Sans l'écharpe. Donc discrètement ? Oui, discrètement. Vous vous planquez un peu ? Dans la Somme, si vous voulez, je suis quand même un peu connu. Oui, mais vous vous planquez. Mais je ne me planque pas.
Vous avez peur d'aller dans la rue aux côtés des manifestants ?
Non, pas du tout. Le Rassemblement National a toujours une position constante sur la séparation, quel que soit le sujet, entre l'action syndicale et l'action politique. Si on avait changé de position de manière opportune, je comprendrais votre remarque. Ce n'est pas forcément le cas, Jean-Philippe Tanguy, pendant la Manif pour tous. Non, la Manif pour tous, pareil. Marine Le Pen n'a pas dit. Pas Marine Le Pen, mais plusieurs élus de Vérennes. Oui, elle a laissé la liberté aux personnes d'y aller ou pas, comme aujourd'hui. Mais le Rassemblement National, comme mouvement politique, n'est pas allé à la Manif pour tous. C'est toujours la même doctrine.
Un mot sur l'avenir de la réforme. Le groupe des députés indépendants, l'IOT de l'Assemblée Nationale, va déposer une proposition de loi pour abroger toute ou partie de la réforme des retraites. Est-ce que le RN votera ce texte ?
Oui, je pense que nous le voterons. Alors, j'attends de voir la version finale. Mais nous le voterons. La question qu'on s'est posée, c'est est-ce qu'il n'y avait pas une difficulté à la poser ? Parce que vous savez que les droits du Parlement en France sont limités. Et on se posait la question si cette loi n'entraînait pas une charge pour l'État trop importante, ce qui fait que ce serait difficile de la faire voter, ce serait possible, mais qu'elle soit constitutionnelle, ce serait autre chose. Donc, on regardait si la charge pour l'État n'était pas trop importante.
Jean-Philippe Tanguy, Cambrunot, le maire, le ministre de l'Économie, dit qu'il veut mettre un terme au transfert de prestations sociales sur des comptes à l'étranger, notamment au Maghreb. Vous l'applaudissez ?
Oui, il reprend les propositions de Marine Le Pen, de la présidentielle, mais qui sont d'ailleurs des propositions anciennes pour rendre effectives un certain nombre de politiques. Donc, c'est très étrange.
Pardon, mais c'était quoi la proposition ?
C'était la même, c'est-à-dire que nous voulions contrôler les flux financiers venant des diasporas vers les pays.
Non, vous vouliez bloquer les transferts privés vers l'étranger, ce qui est totalement interdit, parce que c'est le droit de propriété qui est un droit fondamental.
Mais ça, si vous voulez, on a un désaccord de... C'est un désaccord de droit ? Avec le Conseil constitutionnel. Oui, mais ça, oui, M. Fabius, d'ailleurs, M. Fabius est sorti plusieurs fois de sa réserve. Avec la déclaration des droits de la vie du citoyen, avec plein de choses. Non, mais madame, il y a une interprétation du droit. Nous avons dit que si c'était nécessaire, nous proposerons aux Français un certain nombre de changements constitutionnels pour que la volonté politique corresponde à la volonté populaire.
mais nous pensons qu'il faut prendre des mesures nouvelles pour rendre effective la lutte contre les fraudes, la lutte contre l'immigration clandestine et l'effectivité des décisions de l'État.
Vous interdirez également aux retraités français qui passent leur retraite à l'étranger de toucher leur pension à l'étranger ?
Non, ça c'est différent. C'est une proposition différente du programme de Marine Le Pen. Vous faites ou pas ? Non, nous ne l'avons jamais faite. Si, évidemment, ça respecte la loi. Il y a toujours des fraudeurs. Mais ce n'est pas pour nous aujourd'hui une fraude en elle-même et ce n'est pas ce que va proposer Marine Le Pen dans sa lutte contre les fraudes.
Dans sa future loi travail, le gouvernement veut obliger les bénéficiaires du RSA à suivre une formation, une activité de 15 à 20 heures par semaine. Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne chose ?
Il y a deux choses très différentes. La formation, ça devrait déjà être une obligation puisque le RSA ne vise pas à laisser les gens isolés ou à les isoler d'une reprise d'activité professionnelle. Il devrait toujours y avoir une formation ou un accompagnement pour les personnes qui sont au RSA.
Mais on passerait à une obligation ?
Oui, mais une obligation, il faut pouvoir la proposer aux gens. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Il n'y a pas assez de formation pour tout le monde sur tout le territoire. Moi, dans la Somme, j'ai beaucoup de personnes isolées dans des villages qui n'ont pas de moyens de locomotion, qui n'ont pas accès à cette formation. Donc si ça devient obligatoire, c'est une bonne nouvelle ? Pour ce qui est de la formation. Oui, pour la formation. Mais c'est donnant, il faut que l'État rende ça possible parce que c'est toujours transférer la responsabilité sur les personnes. L'État doit aussi prendre en compte la situation des personnes.
S'il n'y a plus de transport public, si par exemple il y a plein de lignes de train qui ont fermé en Picardie ou dans la Somme, ce n'est pas la faute des personnes qui y habitent, c'est la faute de l'État. Après, il y a la question de l'activité. C'est une mesure qui attendent beaucoup de Français, c'est vrai, mais il faut la rendre, pareil, effective. Aujourd'hui, si vous demandez aux communes, aux collectivités territoriales d'accueillir quelques heures par mois les personnes, c'est infaisable. Donc, il faut réfléchir au-delà du slogan. Ce serait pour les entreprises, pas dans les collectivités.
Oui, là peut-être, mais souvent dans les propositions qui sont faites, transférer vers les collectivités locales.
La proposition du gouvernement aujourd'hui, ce sont des stages en entreprise, pas des stages dans les collectivités locales. Du coup, est-ce que sur ce volet-là, vous êtes d'accord ou pas ?
C'est encore pire. Aujourd'hui, les entreprises ne sont pas capables d'accueillir quelques heures par semaine ou par mois des personnes au RSA. Travailler dans une entreprise, vous ne débarquez pas comme ça. Il y a une formation professionnelle, il y a des pratiques, il y a une productivité, il y a des règles de sécurité dans un certain nombre d'entreprises. Alors là, cette proposition, vous voyez, moi j'avais même par bonne foi pensé que c'était une accueil par les collectivités territoriales pour faire des tâches d'entretien d'intérêt général. Là, en plus, s'il s'agit d'aller dans une entreprise, c'est la proposition généralement qui est faite dans le débat public.
Ou aider les enfants à traverser, c'était ça l'idée du RN sur les allocataires du RSA ?
Ce n'est pas une idée, Marine Le Pen n'a jamais repris cette idée. Je dis que c'est généralement dans le débat public, c'est ce qui est proposé. Mais là, c'est encore pire. Oui, mais il vous dit, là, s'il propose ça, on est dans le délire. Mais ça n'est pas proposé dans le reste. On est complètement déconnecté. Non, c'est dans le privé que c'est pire. Aller dans le privé, c'est le délire.
Donc en fait, si on vous écoute, comment voulez-vous que les entreprises... En fait, vous êtes OK sur le principe, mais est-ce que vous êtes quand même d'accord avec ce que dit le patron du département de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, qui a refusé de mettre en place l'expérimentation de conditionnement au RSA ? Parce qu'il dit, c'est un droit fondamental, en fait, le RSA. Un filet de sécurité pour les plus pauvres. On ne peut pas le conditionner à une formation, à une activité.
À une formation, je pense qu'il a complètement tort, parce qu'une fois plus, c'est abandonner les gens dans la difficulté. Une activité, une fois plus, moi, je trouve ça légitime que les personnes ne perdent pas les réflexes de travail, de se lever le matin, d'avoir un rythme, d'être en contact avec des gens aussi. Ce que j'essaie de dire depuis le début, c'est qu'entre le slogan politique et la réalisation d'une promesse politique, il y a un fossé.
Et aujourd'hui, dire, en l'occurrence, pour la Seine-Saint-Denis, que les collectivités territoriales peuvent le faire, ou que ce soit encore pire, des stages dans les entreprises, on est dans des propositions politiques qui sont des slogans, qui n'ont aucune réalité concrète. Donc après, est-ce qu'on peut réfléchir plutôt à une forme de formation professionnelle qui combinerait la formation et la pratique d'un métier ?
Là, ça pourrait être intéressant, parce que ça aiderait les gens et surtout, ça correspondrait à une réalité économique, une réalité de l'entreprise ou des collectivités territoriales, à savoir insérer des personnes qui ont des compétences, qui apportent quelque chose à la société ou une entreprise, dans une démarche professionnelle réelle. Si c'est pour pénaliser les gens et dire à la télé qu'on fait quelque chose, ça n'a pas d'intérêt pour la France.
On va parler dans un instant de l'inflation, notamment dans les rayons des supermarchés. Vous restez avec nous, Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Le fil info à 9h moins 10 avec Maureen Suignard.
Les températures en Europe ont augmenté de 2,2 degrés par rapport à l'air pré-industriel. Dernier bilan, alarmant de l'organisme de surveillance du climat en Europe. Nous sommes bien au-delà des 1,5 degrés de l'accord de Paris. L'association 40 millions d'automobilistes se félicite sur France Info de l'annonce du ministre de l'Intérieur. Les excès de vitesse de moins de 5 km heure ne vont plus entraîner de retrait de points sur le permis. Il y aura toujours une sanction financière. Un signal de relâchement insupportable réagit de son côté la Ligue contre la violence routière. C'est une révélation de la cellule d'investigation de Radio France.
Un signalement vient d'être fait auprès du parquet national financier. Le COSEM est visé 17 centres de santé privée conventionnés, financés donc par la Sécurité sociale. Le directeur est soupçonné de détournement de fonds publics. Magali Berda porte plainte contre le réseau social Twitter pour complicité de harcèlement moral aggravé. Celle que l'on surnomme la reine des influenceurs l'annonce sur France Info et dénonce le manque de réaction du réseau face à la vague de messages haineux. Vague qui a débuté quand le rappeur Booba a dénoncé les dérives des influenceurs.
France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Flaubert Toujours avec Jean-Philippe Tanguy président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale face au prix qui augmente dans les rayons des supermarchés. Vous proposez d'appliquer un taux de TVA à 0% sur un panier de 100 produits de première nécessité. Le ministre de l'économie Bruno Le Maire vous répond que ça ne sert à rien parce que ça ira directement dans la poche des distributeurs et des industriels. Comment être sûr que ça n'arrivera pas ?
Ça va être sûr c'est qu'il faut appliquer une politique globale de pression sur la grande distribution y compris s'étaient nécessaires des mesures de rétorsion et de lutte contre des marges abusives. C'est-à-dire
vous avez vérifié que le taux de TVA ou 100% de chaque produit de ces 100 produits baisse dans l'ensemble des supermarchés ?
Oui, vous avez une direction à Bercy qui est en charge de la surveillance des marges d'ailleurs il le sait lui-même puisqu'il a demandé un rapport à cette direction qui a établi que l'industrie agroalimentaire avait porté ses marges jusqu'à 40% d'eau. Tout ça est très suivi. Monsieur Le Maire quand on lui remet ce rapport il fait une lettre pour supplier l'industrie agroalimentaire à la grande distribution de faire un petit geste nous on les obligerait à faire un geste. Mais vous savez que les prix sont libres en France ? Mais les prix sont libres quand ils sont en musique c'est une fraude Ce ne seraient plus les prix libres.
La liberté ce n'est pas une liberté absolue qui consiste à faire n'importe quoi surtout quand vous avez un régime concurrentiel. Il se trouve qu'en France on a une seule chance c'est que la grande distribution est très concurrentielle.
Il y a eu un précédent il y a quelques années vous vous en souvenez sans doute quand Jacques Chirac a baissé la télé sur la restauration on a bien vu qu'il y a une grande partie de la baisse
qui s'est évaporée en cours de route. Oui mais alors ça c'est quand M. Le Maire fera de l'économie et pas de la communication il comprendra qu'en économie il y a un principe qui s'appelle la concurrence. La restauration n'est pas concurrentielle. Quand vous allez le midi vous avez envie soit vous avez envie d'aller manger un hamburger ou une crêpe et bien vous faites votre choix pas sur le prix mais sur ce que vous avez envie de manger. Et donc la restauration n'est pas en régime concurrentiel. Quand vous avez acheté non pas du tout non non pas du tout c'est pas du tout en concurrence c'est pas une priorité
du choix de la restauration.
Non il n'y a pas une concurrence sur le prix il y a une concurrence prix il y a une concurrence produit ça c'est de l'économie je suis désolé la restauration c'est une concurrence produit la concurrence prix si je peux finir un raisonnement je vous en prie sur l'inflation qui est un peu complexe ça marche pour la grande distribution parce qu'un paquet de pâtes et bien c'est le même entre les différentes les différentes marques de grande distribution. Est-ce qu'il y a des marques distributeurs ?
Si parce que c'est le même produit la pâte est le même Non la qualité est parfois différente Vous confondez le marketing avec la réalité du produit Oui la bouteille de coca est la même dans tous les supermarchés mais les pâtes distributeurs elles ne sont pas les mêmes Si je pense que les français qui nous écoutent savent qu'entre une pâte de la grande distribution X et la pâte d'une distribution Y il n'y a pas une grande différence de qualité et donc en tout cas ils font leur arbitrage sur le prix sur les produits de première nécessité l'arbitrage du consommateur il est sur le prix il n'est pas sur le produit contrairement à la restauration et d'ailleurs nous étions contre la baisse de la TVA à l'époque sur la restauration parce que ça ne marche pas et on savait que ça ne marcherait pas
Si vous voulez imposer ça à l'industrie agroalimentaire ou aux distributeurs à un moment il peut y avoir une pénurie ils peuvent se dire en fait on ne gagne pas assez d'argent sur les produits qu'on doit vendre avec une TVA à 0% donc en fait on arrête de les produire c'est tout
Non mais la TVA à 0% ça ne change pas la marge de la grande distribution ça change la marge de l'Etat c'est l'Etat qui fait un sacrifice pour aider les français et tous les français les classes populaires et les classes moyennes qui en fait le vrai débat sur la TVA le vrai débat sur la TVA je l'ai vu avec M.
Moscovici en commission des finances c'est que en fait la TVA pompe toutes les classes moyennes et est le pilier du financement de l'Etat ils ne veulent pas y toucher parce qu'ils ne veulent pas aider la classe moyenne ils veulent seulement faire des chèques aux catégories les plus modestes qui peuvent se défendre sauf qu'aider les classes modestes d'une part ne doit pas empêcher d'aider les classes moyennes or aujourd'hui les classes moyennes sont systématiquement pompées par le régime fiscal français qui veut protéger évidemment les plus privilégiés c'est aussi la question parce qu'on isole toujours les mesures les unes des autres mais nous la baisse de la TVA est corrélée à une taxe sur les surprofits et au rétablissement de l'ISF le problème de M.
Le Maire c'est qu'il saucissonne comme il fait du slogan et qu'il ne fait pas de l'économie depuis maintenant très longtemps pour ne pas dire trop longtemps et bien il n'a pas de politique économique il fait des annonces il fait des mesurettes qui n'ont aucune effectivité nous on a un programme économique global qui implique effectivement des transferts importants
Jean-Marie Le Pen a été hospitalisé la semaine dernière après un malaise cardiaque est-ce que vous avez pris de ces nouvelles ? Marine Le Pen a donné de ces nouvelles dimanche comme elle le souhaitait dans une autre émission nouvelles qui sont ? qui étaient bonnes il fait toujours partie de la famille du RN dans ces cas-là tout le monde se serre les coudes ou pas ? j'avoue je ne comprends pas trop cette question il fait partie de la famille c'est le fondateur de votre parti il l'a dirigé il en a été le candidat pendant plusieurs décennies à l'élection présidentielle
oui mais vous revenez toujours sur ça comme si Marine Le Pen ne l'avait pas exclu Marine Le Pen a exclu la personnalité politique qui est Jean-Marie Le Pen et voilà ça reste évidemment son père
Bérangère Couillère la secrétaire d'état à l'écologie trouve malaisante l'agitation politique et médiatique déclenchée par l'hospitalisation de Jean-Marie Le Pen qu'elle décrit ainsi un homme condamné plus de 25 fois pour apologie de crime de guerre provocation à la haine et à la discrimination antisémitisme dont des propos abjects sur les chambres à gaz décrites comme un détail elle l'a bien résumé Jean-Marie Le Pen ?
je ne comprends même pas comment on peut faire si vous voulez que quelqu'un quel qu'il soit est malade est à l'hôpital on peut faire un tweet pareil donc je pense que Madame Couillère aurait mieux fait de se taire d'ailleurs je n'ai pas vu que le gouvernement ait embrayé ou quiconque d'ailleurs y compris à gauche ait embrayé sur cette déclaration qui est édifiante en fait c'est consternant
pour finir un homme qui vous veut du bien Jean-Philippe Tanguy s'appelle Patrick Buisson qui connait bien ça vous réjouit qui connait bien Marine Le Pen puisqu'il l'a déjà conseillé par le passé il explique aujourd'hui qu'il ne croit pas du tout à une victoire du RN à la prochaine élection présidentielle tout simplement parce que Marine Le Pen n'a pas je cite l'aptitude à gouverner ni elle ni l'équipe qui l'entoure c'est à dire vous aussi vous n'êtes pas assez crédible aux yeux des français qu'est-ce que vous lui répondez ?
Monsieur Buisson n'a aucune légitimité enfin il peut donner son avis sur ce qu'il veut mais pour faire des élugements non il ne nous connait pas bien monsieur Buisson c'est intéressant d'ailleurs parce que pourquoi ? mais ce n'est pas du tout la même famille politique monsieur Buisson
lui non plus il n'est plus de la famille
il n'a jamais été il fait partie de la famille réactionnaire c'est à dire qu'il considère que la France s'est effondrée en 1789 et que depuis tout est tragique que la démocratie est une option que les droits sociaux sont une option que les droits des femmes c'est encore plus une option donc monsieur Buisson si vous voulez a toujours combattu en fait la ligne de Marine Le Pen il n'a jamais été très proche il n'a jamais été très proche de Marine Le Pen monsieur Buisson a été très proche de monsieur Sarkozy monsieur Sarkozy il l'a emmené dans ses bagages à l'Elysée pour faire une politique avec le succès qu'on connait qui n'a pas du tout marché ce qui fait que monsieur Sarkozy a été battu d'ailleurs sur la ligne de monsieur Buisson donc monsieur Buisson il ferait mieux de se demander pourquoi son copain a été renvoyé par les français et qui en plus il a encore été plus renvoyé après lors des primaires il n'a même pas été capable de convaincre sa propre famille politique donc monsieur Buisson il ferait mieux de garder ses conseils pour lui et tous ses amis moisis
dans les salons parisiens en tout cas il est rhabillé pour l'été merci Jean-Philippe Tanguy président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale était ce matin l'invité de France Info merci et bonne journée bonne journée
Jean-Philippe Tanguy