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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 23 janvier 2026 88 min

Bonjour chez vous ! du 23 janvier 2026

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Nous allons vous retrouver en ce vendredi 23 janvier pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Sébastien Lecornu a-t-il réussi son pari à faire passer un budget tout en échappant à la censure ? Et quelles conséquences politiques pour la suite deviennent-ils ? Un prétendant pour 2027 a-t-il réussi à créer un arc allant du PSOLR ? On va débattre de tout ça dans une heure avec nos éditorialistes Françoise Degoy et William Thé.

Le Sénat qui poursuit l'examen du texte sur la fin de vie et qu'il a vidé de sa substance en supprimant la création de l'aide à mourir. Dans une demi-heure, nous recevrons le politologue Dominique Régnier, auteur d'une étude sur ce sujet. La France est-elle en train d'abandonner sa souveraineté à Saint-Pierre et Miquelon ? La sénatrice Annick Girardin lance l'alerte auprès d'Emmanuel Macron après le projet transféré au Canada le contrôle d'une partie de l'espace aérien français au-dessus de l'archipel. Merci d'être notre invitée, Annick Girardin. Vous nous détaillerez tout ça dans quelques instants.

Et puis à la une de nos régions, je vous emmène dans la forêt bretonne qui cherche à s'adapter aux changements climatiques en plantant des espèces d'arbres plus résistantes. Reportage dans 50 minutes. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Quentin Calmet. Bonjour Auriane. Bonjour à tous. À la ligne de ce vendredi 23 janvier, Quentin Emmanuel Macron qui se félicite du revirement de Donald Trump sur le Groenland. Voilà, soulagé mais pas dupe après le recul de Donald Trump sur le Groenland.

Les dirigeants européens ont appelé hier soir à la vigilance lors d'un sommet à Bruxelles consacré aux relations entre leur pays et les Etats-Unis. Écoutez le Président de la République hier soir.

2:01
Invité

Et nous sommes revenus à une situation qui me paraît beaucoup plus acceptable même si nous restons vigilants. Et donc ce qu'il faut en conclure c'est que quand l'Europe réagit de manière unie en utilisant les instruments qu'elle a à sa disposition et tandis qu'elle est menacée, elle peut se faire respecter. Et c'est une très bonne chose.

2:21
Présentateur

À Davos, Vladimir Zelensky a critiqué ses alliés européens. Voilà, le Président ukrainien qui a critiqué effectivement jeudi les alliés européens en disant voir une Europe fragmentée et perdue lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump et manquant, je cite, de volonté politique face à Vladimir Poutine. Écoutez Vladimir Zelensky.

2:40
Invité

Au lieu de devenir une vraie puissance mondiale, l'Europe reste un kaleidoscope beau mais fragmenté de petites et moyennes puissances. Au lieu de prendre la tête de la défense de la liberté dans le monde, en particulier lorsque l'attention des États-Unis se porte ailleurs, l'Europe a l'air perdue lorsqu'elle essaie de convaincre le Président américain de changer. Mais il ne changera pas.

3:11
Présentateur

Sébastien Lecornu, face à la censure, après son 49.3. Voilà, c'est ce matin que sont examinées les deux motions de censure déposées par la France Insoumise et le Rassemblement National. Ni l'une ni l'autre ne devraient passer puisque le Parti Socialiste et les Républicains ont annoncé ne pas aller voter. Une fois les deux motions rejetées, le gouvernement devrait engager ensuite sa responsabilité sur les parties dépenses et sur l'ensemble du texte du projet de finances. Une partie de la Bretagne est sous les eaux, Quentin. Voilà, les Côtes d'Armor ont rejoint le Finistère, le Morbihan et l'Île-et-Vilaine en vigilance orange crue.

La Loire-Atlantique qui pourrait également passer en vigilance orange. Vague submersion en fonction de la trajectoire encore incertaine de la dépression Ingrid qui touche la France aujourd'hui. Et justement en Valais, en Bretagne, à Quimperlé. Bonjour Michael Carnes, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le maire socialiste de Quimperlé. Votre ville a été touchée par de fortes inondations. Quelle est la situation ce matin ?

4:07
Invité

Aujourd'hui, ce matin, au moment où je vous parle, la Laïta est à nouveau dans son lit, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. C'est-à-dire qu'on est en situation de légère décrue, mais il ne vous aura pas échappé qu'on a une forte pluviométrie, des vents qui ont forci aussi. On nous annonce une belle dépression. On nous a placé en alerte orange-vent. Donc, ce n'est pas gagné. Ça veut dire qu'on va faire le point à nouveau ce matin en cellule de crise vers 10 heures. On refera le point cet après-midi vers 16 heures. Mais on nous annonce malheureusement une Laïta au-delà des 3,80 m. Et 3,80 m, c'est la capacité de nos barrières anti-inondations.

Donc, la situation s'améliore, mais ce n'est pas encore suffisant.

4:49
Présentateur

Oui, ça veut dire que vous êtes inquiet pour les heures, pour les jours à venir. Quelles conséquences ça peut avoir ? Quelles conséquences ça a déjà eu ? Quels sont les dégâts ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ce matin de ce que vous pouvez évaluer déjà de ces premières inondations ?

5:05
Invité

La principale conséquence, c'est malheureusement les commerces qui ont été durement touchés. Six commerces qui sont situés au bord de la Laïta. Nous voyons les images ensemble avec l'intervention des pompiers. C'est difficile de voir si, oui ou non, il y a eu des dégâts dans l'espace public. Mais je dirais, peu importe, nous verrons. Mais la principale difficulté, elle est celle-là. C'est-à-dire qu'on a des commerces qui sont touchés. Ensuite, les quais briseux, c'est une route départementale. On a une ville qui est coupée en deux. Mais sachez que Quaperlé, c'est une ville basse, c'est une ville haute. La ville haute, évidemment, est accessible.

Et je dirais que les trois quarts de la ville basse également. Donc, oui, un peu d'inquiétude, mais la décrue est quand même annoncée. Et donc, j'espère que cet épisode que nous venons de vivre, qui est quand même une crue importante, est derrière nous.

5:53
Présentateur

Merci, M. le maire. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Mikaël Carnet, maire de Quimperlé. Merci beaucoup. Un petit mot de réaction, Annick Girardin. Oui, alors d'abord, tous mes encouragements à vous, M. le maire, et à l'ensemble de ceux qui agissent sur le terrain. Parce qu'on sait bien que dans ces situations de crise, il y a le stress, mais il y a surtout besoin d'accompagnement. Et je sais sans doute combien les pompiers, l'ensemble des services sont aux côtés des populations. Moi, j'ai été ministre des Outre-mer. Donc, ces crises climatiques, ou le résultat de crises climatiques, le résultat de séquences comme celle-ci, sont toujours très difficiles à vivre.

Donc, tout mon soutien à tous. Un petit mot de réaction, M. le maire.

6:34
Invité

Oui, je connais la sensibilité de la ministre que je salue et je la remercie pour son soutien. Oui, les forces sont avec nous, les pompiers, les gendarmes, le préfet était à nos côtés hier. Il se trouve qu'à Quimperlé, malheureusement, on a pris un peu l'habitude de ces situations, qu'on a un PC de crise qui est en vigilance. Et donc, j'ose espérer que la météo va être un peu plus clémente, mais on va être patient, on va être résilient. Il faut être prudent, ne pas prendre de risques, bien entendu. Et puis, être solidaire des commerces. Là, on voit quelques images. Ils ont été durement touchés.

Six commerces qui sont aujourd'hui fermés, ça veut dire des emplois qui sont détruits pour quelques mois. Donc, il va falloir les accompagner à la fois en soutien. Et évidemment, ensuite, il s'agira de faire le point, de savoir si oui ou non, on engage une démarche de catastrophe naturelle ou pas. On va regarder cela, évidemment, avec les services de l'État qui sont vraiment à nos côtés. Il y a eu 14 évacuations hier. On a engagé des moyens nautiques. Les familles sont à l'abri. Je pense qu'elles veulent retourner chez elles et c'est bien normal. Et donc, on va regarder cela dès ce matin.

7:45
Présentateur

Merci beaucoup. Merci d'avoir été avec nous depuis Quimperlé. Quentin, on termine le point sur l'actualité avec cette question. Bétarame va-t-il fermer ? Hier, on a vu une cacophonie dans l'enseignement catholique au sujet de la fermeture de Bétarame. La structure associative qui fédère la gestion des établissements scolaires catholiques a annoncé hier midi sur RTL la fin prochaine du site de Bétarame. Mais cette annonce a été démentie par le secrétariat général du secteur rattaché à l'Église. On verra les réactions dans la presse régionale tout à l'heure dans la revue de presse. Et on va revenir avec vous sur l'actualité, Annick Gérardin.

Je le rappelle, vous êtes sénatrice RDSE de Saint-Pierre-et-Miquelon, ancienne ministre. Vous alertez Emmanuel Macron sur un abandon de souveraineté sur votre territoire. Vous allez tout nous expliquer dans quelques instants. Mais d'abord, on commence par la une de la presse régionale. On les regarde ensemble. La une de la dépêche menace sur le salon de l'agriculture. En pleine crise agricole, sur fond de signature du Mercosur et d'épidémie de dermatose, les bovins seront absents au salon. Pourra-t-il y survivre ? C'est la question posée par le journal. La une de Paris-Normandie. Repas à 1 euro, ce qu'en pensent les étudiants. Jusqu'à présent réservé au seul boursier.

Le repas à 1 euro devrait être prochainement étendu à tous. Une mesure bien accueillie par les jeunes qui sont nombreux à devoir faire face à des situations de précarité. Et puis la dernière une, c'est celle du Midi Libre. Sur les violences sexistes et sexuelles à l'hôpital, témoignage choc d'infirmières, blagues graveleuses, gestes déplacées des infirmières qui racontent leur quotidien alors que la moitié des professionnels déclarent avoir subi des agressions de patients ou de soignants. De quelle une avez-vous envie de nous parler ? Alors, sans doute, ou celle à 1 euro, c'est-à-dire le repas pour les étudiants à 1 euro.

Je suis aussi été dans ma vie inspectrice générale de l'éducation nationale. J'ai fait un travail sur le CRUS et sur les repas pour les étudiants. Et c'était une demande que nous avions, même si, moi, je pense qu'il faut toujours afficher le prix coûtant. Également, parce que c'est important qu'on sache à travers cet effort qui est fait le soutien qui est apporté aux étudiants. Donc un repas à 1 euro pour les étudiants, mais toujours afficher le coût réel. On va parler du budget, puisque cette mesure, elle figure dans le budget. Ça fait partie des nouvelles mesures annoncées par Sébastien Lecornu. Budget qui passera si le gouvernement n'est pas renversé.

Les motions de censure sont examinées ce matin à l'Assemblée. Est-ce que le Parti Socialiste et les Républicains également ont eu raison de ne pas le censurer ? Alors, je pense effectivement qu'ils ne vont pas le censurer. Ou alors, il y a une surprise de dernier moment. C'est un budget qui additionne des irratas de chaque parti. Son point extrêmement faible, c'est que c'est le même que depuis trois ans et demi, c'est-à-dire qu'on fait du surplace. Voilà. On fait tourner le A minima à notre pays qui reste quand même largement paralysé avec une économie qui souffre énormément. Et donc, on a cette difficulté-là, il faut quand même le dire. Mais la France a besoin d'un budget.

Ce qui est gênant, c'est que le Premier ministre avait annoncé qu'il n'utiliserait pas le 49-3. Ce qui est gênant, c'est que le Parti Socialiste en avait fait un combat et une joie. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, tout le monde est devant une réalité. Il n'est plus question de tirer vers les uns ou vers les autres, mais de dire et de prendre conscience de l'intérêt général, de l'intérêt du pays. C'est sans doute ce qui va être fait aujourd'hui. C'est-à-dire qu'il a été l'erreur de renoncer au 49-3 et le PS de le demander et Sébastien Lecornu de l'accepté ? Alors, vous savez que j'ai fait partie de gouvernements qui ont utilisé le 49-3 et que ce n'est jamais très agréable du tout.

D'ailleurs, quand nos concitoyens viennent nous dire que c'est un manque de démocratie, etc. Sauf que là, quel est le choix ? Pas de budget pour la France ? Les collectivités, les entreprises, les étudiants, les plus défavorisés, tout le monde attend. Mais personne ne va voter ce budget avec joie. Personne. Et ça, c'est quelque chose qu'il faut absolument regretter. Après, le Sénat, lui, il est quand même dans une situation où, puisque l'organisation est comme ça, on ne va pas faire grand-chose dans le mécanisme qui est Sénat-Assemblée. Assemblée-Sénat-Assemblée. C'est regrettable, c'est dommage. On aurait besoin, nous aussi, de dire ce que l'on en pense plus fortement.

Tout petit point positif. Un effort sur la fiscalité des plus riches, 8 milliards, c'est insuffisant, mais c'est là. Sur les très grandes fortunes, insuffisant, mais c'est là. Vous avez été, vous, au gouvernement avec Sébastien Lecornu. Est-ce que vous dites qu'il a employé la bonne méthode ? Il a bien joué. Écoutez, il est là, il a porté le budget. Les débats ont eu lieu comme ils ont pu avoir lieu dans le contexte que l'on connaît. Il n'y a pas de censure pour l'instant. On va dire qu'il conduit un bateau à la dérive. Et qu'il n'a pas réussi à redresser le cap ? Il dérive encore le bateau ? Il fait ce qu'il peut. Il fait ce qu'il peut. Mais c'est un bateau qui dérive.

Et quand il y a un bateau qui dérive, il faut être courageux pour tenir la barre malgré tout.

12:41
Sébastien Lecornu

Et c'est un bon capitaine de bateau ou pas ?

12:43
Présentateur

Écoutez, on est là. S'il n'est pas censuré, on pourra dire que c'est un bon capitaine de bateau. Du moins dans la tempête. Et c'est déjà une belle qualification. Et est-ce qu'après, il pourra redresser la barre ? On ne redressera pas la barre avant les prochaines présidentielles. Il faut qu'on soit réaliste. C'est maintenant qu'il faut présenter les nouveaux projets. Mais on peut encore ? Ou est-ce qu'on est condamné au statu quo jusqu'en 2027 ? Alors, on est statu quo sans doute sur les grandes lignes du budget. Sur les grandes lignes du budget. Pour porter un budget qui porte des projets, il faut avoir la majorité. On ne l'aura pas d'ici la fin de ce quinquennat.

Mais préparons-nous, remettons de la dynamique, donnant espoir aux Français. On va parler de votre territoire, Saint-Pierre-et-Miquelon. Vous lancez une alerte à Emmanuel Macron sur la perte de souveraineté française sur Saint-Pierre-et-Miquelon. Quentin, c'est votre éclairage. On va d'abord chercher à comprendre exactement ce qui se passe. Et un point sur Saint-Pierre-et-Miquelon. Collectivité d'outre-mer française située dans l'océan Atlantique-Nord. Alors, on va voir une carte, effectivement, Saint-Pierre-et-Miquelon. C'est un petit territoire en Amérique du Nord. L'archipel qui se trouve dans le golfe du Saint-Laurent, au large de l'île canadienne de Terre-Neuve.

Le territoire de Saint-Pierre-et-Miquelon qui fait au total 242 km² pour moins de 6000 habitants. Saint-Pierre, c'est la plus grande, Saint-Claire, la plus petite des deux principales îles. Mais elle abrite la grande majorité de la population. Miquelon, la plus grande marquée par des terres sauvages, des étendues naturelles, des dunes. Un petit bout de France oriane au bout du monde. Des terres marquées par un climat rigoureux, mais aussi par un patrimoine, une histoire qui remonte au XVIe siècle. Et la situation géographique de Saint-Pierre-et-Miquelon, elle est cruciale. Et la question de la souveraineté de l'espace aérien de l'archipel est très importante.

Voilà, c'est au cœur donc de votre courrier, Annick Girardin. Une lettre adressée au président de la République. Vous y alertez sur un abandon de la souveraineté. Vous dénoncez un projet de transfert au Canada du contrôle d'une partie de l'espace aérien français au-dessus de l'archipel. Dans ce courrier, vous écrivez. J'ai appris de manière fortuite que le contrôle d'une partie de l'espace aérien français de Saint-Pierre-et-Miquelon, la zone dite d'approche, en dessous des 6000 pieds, c'est-à-dire 1800 mètres, pourrait être transférée au Canada pour des motifs présentés comme essentiellement administratifs et techniques.

Vous ajoutez, une telle décision, si elle devait être confirmée, serait vécue localement comme un abandon manifeste. Elle enverrait surtout sur la scène internationale un signal incompréhensible, celui d'un renoncement de la France à l'exercice plein de ses droits souverains dans la zone. Vous avez interpellé le gouvernement sur ce sujet mercredi lors des questions au gouvernement du Sénat. On va écouter un extrait de la réponse de la ministre qui vous répondait, Eleonore Karouat, et à représenter le Quai d'Orsay en séance. On écoute.

15:22
Invité

Il s'agit tout simplement de rationaliser, de simplifier, de réduire les coûts sur un territoire. Cela n'est en aucun cas un renoncement à notre souveraineté. Ça existe d'ailleurs dans de nombreuses autres géographies. Ça existe à Andorre, ça existe à Monaco, ça existe en Suisse, à l'aéroport de Genève. Le fait que des pays alliés, amis, se mettent d'accord et fassent de la coopération internationale pour gérer un espace aérien n'est en aucun cas un renoncement à notre souveraineté.

15:47
Présentateur

Alors, Anique Girardin, qu'est-ce que vous avez pensé de cette réponse de l'exécutif ? Et pourquoi monter ainsi au créneau sur cette question du contrôle de notre espace aérien au-dessus de Saint-Pierre-et-Miquelon ? Alors, d'abord, chacun sait, ou du moins tous ceux qui me connaissent, savent que je suis impliquée sur les questions de défense de souveraineté depuis le début de mes implications politiques et notamment la période où j'étais députée et j'ai combattu sur l'extension du plateau continental au large de Saint-Pierre-et-Miquelon. Plateau continental revendiqué également par nos voisins et amis canadiens. Chacun défend ses intérêts et c'est bien normal.

Ou quand j'ai travaillé après le Brexit sur la pêche, quand il fallait négocier avec les Anglais. Vous avez été ministre de la mer. J'ai été ministre de la mer, ministre des Outre-mer. C'est des sujets sur lesquels j'ai beaucoup travaillé. La France est forte de ces territoires ultramarins. Archipel France, c'est ce que déclare le président de la République entre 2017 et 2020 en disant, nous avons des bases avancées sur l'ensemble de l'océan et nous avons donc des forces françaises, des forces européennes qu'il faut renforcer. Pour moi, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire une structuration sur place des ports, des aéroports, des bases stratégiques, des câbles sous-marins qui alimentent ces territoires. Et vous voyez bien ce que je veux dire. Et j'attends à nouveau que cette affirmation reprenne le devant de la scène. On découvre là, avec le conflit avec les États-Unis et le Groenland, le Danemark, combien effectivement ces enjeux sont forts de nos PTOM. – On va y revenir, mais ce qui se joue avec l'espace aérien au-dessus de Saint-Pierre-et-Miquelon. – Alors, un espace aérien, c'est quoi ? C'est la terre plus la mer.

À partir du moment où la septième puissance, on parle de la France, on ne parle pas de Monaco qui n'a pas obligatoirement besoin d'avoir son propre aéropéen, du moins à la même dimension, on ne parle pas de micro-États, on parle de la France, septième puissance mondiale, qui parce qu'elle ne peut pas envoyer un ou deux fonctionnaires ou donner les moyens insuffisants, rationaliser, c'est quand même une ère, va demander au Canada de pouvoir reprendre la gestion d'un deuxième niveau de… – On va regarder votre carte. – Voilà, on va regarder la carte. Un deuxième niveau de la gestion de son espace aérien.

Mon problème à moi, ça veut dire que du coup, si vous regardez bien cette carte, vous avez deux cercles. Le cercle bleu extérieur, qui est la zone que nous gérons aujourd'hui. L'espace aérien, c'est trois niveaux, vous en avez deux là. Celui au-dessus est bien sûr canadien. Nous sommes dans ce bassin. Ça veut dire qu'on serait réduit à la portion qui couvre simplement Saint-Pierre-et-Miquelon. – Le cercle intérieur. – Le cercle intérieur, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on n'assume pas les éléments de notre souveraineté. Les éléments de notre souveraineté, c'est la terre plus la mer. Je trouve ça totalement inadmissible.

Je le rappelle, on ne parle pas d'un petit État à côté des Antilles, on parle… – Donc la réponse de la ministre est lunaire selon vous, c'est ce que vous venez de dire ? – En vrai, elle est lunaire. – On parle de rationaliser, ça ne vous convainc pas cet argument ? – Non mais attendez, on parle d'un territoire français, d'un PTOM européen face aux États-Unis. – PTOM, ce sont ces territoires d'outre-mer européens, oui. – Tout à fait, sub-article, alors qu'on sait bien ce que veulent dire les intérêts en Arctique demain. On en parlera peut-être… – Donc vous faites des économies de bout de chandelle sur… – Économies de bout de chandelle, c'est exactement mes phrases. Pourquoi ?

On ne comprend pas bien. – Comment la France peut-elle avoir décidé ce genre de choses ? Alors je vais vous le dire, des ordres, des ordres interministériels, des ordres interministériels. – C'est ça qui explique selon vous ? – Bien sûr, je pense que ce dossier a été traité après 4 jours de travail intense, on va dire à essayer de faire la vérité autour de ça. Je ne pense pas que c'est une volonté, je pense tout simplement que sur un territoire…

– Je pense aujourd'hui, je pense aujourd'hui, je vous le confirmerai dans les jours qui viennent, je pense aujourd'hui que c'est une décision technique qui aujourd'hui peut être à la figure de tout le monde parce qu'on n'a pas réalisé la dimension souveraine, politique du dossier. Franchement et honnêtement, dans cette période, c'est quand même très inquiétant. – Et vous avez eu des garanties depuis que vous vous alertez sur cette affaire ? Vous avez eu des nouvelles réponses ?

– Alors, la ministre des Outre-mer, auditionnée hier par la délégation sénatoriale Outre-mer, des Outre-mer m'a répondu à la question que j'ai à nouveau posée, que si on pouvait revenir effectivement sur la décision qui avait été prise, nous le ferons. Le Premier ministre a souhaité que je lui réexplique et qu'on puisse se voir sur cette décision qu'il découvre, en vrai. Et la ministre qui me répond, on discute un peu à la fin et on voit bien qu'on va réussir à avancer sur quelque chose. – J'espère qu'on n'est pas allé très loin. J'espère surtout que la France se repositionnera sur tous ces territoires ultramarins. – Et cette affaire, elle intervient dans un contexte géopolitique très tendu.

Ces dernières semaines, les menaces de Donald Trump sur le Groenland et l'emplacement de Saint-Pierre-et-Miquelon, il est stratégique. – Voilà, vous avez commencé à en parler, Annick Girardin. C'est l'autre argument que vous développez dans votre courrier au Président de la République. Vous écrivez ainsi être à l'entrée de l'article et que ça impose une responsabilité particulière. Il nous faut désormais prendre l'initiative politique de renforcer notre partenariat avec le Danemark et son territoire autonome, le Groenland, par la conclusion, écrivez-vous, d'un accord international de coopération incluant pleinement Saint-Pierre-et-Miquelon.

Saint-Pierre-et-Miquelon, Annick Girardin, est directement concerné donc par ce qui se joue avec Donald Trump ? – Alors, nous sommes des Nord-Américains, nous sommes dans un territoire subarctique, PTOM, comme Groenland. – Moi, je me définis toujours comme ça. Je suis une Nord-Américaine, je l'ai dit très très longtemps, je vais changer d'ailleurs la manière dont je vais le dire. Et donc, franchement, ce territoire, c'est la force de la France, ça peut être la force de la France, et de l'Europe avec le Groenland pour positionner une vraie stratégie arctique. La France a déjà écrit des stratégies arctiques, notamment militaires, mais on doit aller beaucoup plus loin.

Et aller plus loin, c'est la décision qui a été prise cette nuit par les 29. Quand les 29 décident ce soir, après le Conseil exceptionnel, de doubler l'enveloppe de soutien au Groenland, mais pour l'Arctique, ça veut bien dire que cette obsession de Donald Trump, nous l'avons comprise, et nous avons pris la mesure de ce qu'est le défi de l'Arctique demain. Et les crédits qui sont prévus, alors rappelons quand même que l'enveloppe réservée au PTOM, c'est 55% depuis maintenant de très nombreuses années pour le Groenland. L'Europe a toujours soutenu le Groenland, on le fera encore plus fortement au titre de l'Arctique.

Dans ce cadre, Saint-Pierre et Miquelon, le Groenland, peuvent avoir un accord sur plusieurs bases. D'abord sur le dérèglement climatique, la recherche, nous avons un point commun sur notre activité pêche, nous pouvons travailler également sur la partie fonte des glaces et sur la route qui va s'ouvrir, et sur le chemin également nécessaire de nos câbles numériques souverains. L'Europe doit avoir un câble numérique souverain qui fasse le tour du monde. Seule la France peut lui permettre de faire tout le tour du monde avec tous ses PTOM et ses roupes.

On comprend dans votre courrier au président de la République que vous lui reprochez d'avoir oublié un peu ses ambitions en matière de souveraineté dans l'Atlantique Nord. Est-ce que vous le dites, ces dernières prises de position face à Donald Trump, ce qui s'est passé à Bruxelles aussi hier soir, ça vous rassure dans cette volonté d'affronter l'impérialisme américain ? Tout à fait. Je crois que la position, le refus de participer à un conseil de la paix qui serait une réorganisation du monde à la Trump, c'était un point positif. La fermeté de l'Europe a marché, même si elle a pris un peu de temps, on est 29, donc ça prend du temps.

Elle a marché puisque Donald Trump a reculé, puisque Donald Trump aujourd'hui déclare qu'un accord dans le cadre de l'OTAN pourrait se faire, mais j'aime aussi l'idée que l'Europe reste vigilant. Il s'agit aussi de minerais et pas que de la protection des États-Unis ou du Grand Nord, rappelant quand même qu'on fait face à un président de la République qui a personnellement augmenté son propre patrimoine d'un milliard d'euros depuis qu'il est là. Donc on voit bien quand même qu'il faut rester totalement vigilant sur la manière dont Trump voit le monde, sur son ordre, sur son mode de fonctionnement, qui est toujours la menace, la surenchère. Depuis le 5 janvier, ça a été sur le Groenland.

Il faut que la France, l'Europe, soit solide, soit droit dans ses bottes pour arrêter d'avoir, à chaque soubresaut de l'Europe, des États-Unis, une vibration qui fasse stresser l'ensemble du monde. On continue avec l'actualité de Saint-Pierre-et-Miquelon. On va aller à Saint-Pierre, retrouver Flavie Brie, journaliste à Saint-Pierre-et-Miquelon. La première avec cette question, quel avenir pour la filière de la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon ? Un récent rapport fait un état des lieux de la filière et donne des pistes pour la structurer. On va faire le point avec vous, Flavie Brie.

25:11
Invité

La pêche a façonné l'histoire, l'économie, l'identité de Saint-Pierre-et-Miquelon. Mais depuis plusieurs années, ce secteur rencontre de nombreuses difficultés. C'est dans ce contexte qu'a été remis début janvier un rapport commandé par l'État, un audit de la filière réalisé par l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable pour dresser un état des lieux de la filière et puis proposer une stratégie de relance à long terme. Ce rapport pointe du doigt de nombreuses faiblesses, une sous-exploitation chronique des ressources,

25:43
Présentateur

un déficit de connaissances scientifiques et puis l'absence d'une organisation professionnelle capable de porter une vision collective. Trois mesures prioritaires sont proposées. D'abord, la création immédiate d'une structure commune regroupant tous les acteurs de la pêche afin qu'ils puissent ensemble élaborer un plan de gestion des quotas sur plusieurs années pour poser les bases d'une organisation professionnelle durable. Deuxièmement, le renforcement de la recherche scientifique avec l'évolution possible de l'ARDA, l'association de recherche et développement local, vers un institut halieutique territorial en partenariat avec l'IFREMER.

Enfin, l'optimisation de la flotte via un audit complet des navires pour mieux orienter les investissements et structurer toute la filière. L'enjeu ici n'est pas seulement économique, il s'agit de préserver la vocation maritime historique de l'archipel si chère à ses habitants. Alors, Madame la Sénatrice, après de multiples tentatives et puis l'échec récent des discussions sur les quotas 2026, qu'est-ce qui, selon vous, pourrait obliger les pêcheurs à s'entendre pour enfin pouvoir envisager un avenir serein ? Allez-y, Madame Gérardin, je vous en prie la réponse. C'est tout simplement une question de survie.

Survie de cette économie qui a fait l'histoire du territoire de Saint-Pierre-et-Miquelon. Vous savez, depuis le XVIe siècle, Saint-Pierre-et-Miquelon vit de la pêche. Ça a été ce qu'on a appelé la période des ternevas, du French Shore. Et puis, il y a eu la grande pêche. Et puis, tout a été complètement bouleversé avec l'arbitrage de New York quand il s'agit de définir la zone économique exclusive de Saint-Pierre-et-Miquelon, 92. Le moratoire, ensuite décidé par les Canadiens sur la morue. Tout ça a fait des dégâts énormes. Mais jamais, on n'a retrouvé une vraie organisation professionnelle sur le territoire ou une organisation de la filière.

En 2024, j'ai sollicité une inspection générale à Saint-Pierre-et-Miquelon. Après avoir été ministre de la Mer, vous allez me dire pourquoi vous ne l'avez pas fait à ce moment-là. Figurez-vous qu'on a beaucoup avancé quand j'étais ministre de la Mer. Sauf qu'au lendemain de mon départ, certains ont fait en sorte, peut-être, qu'on n'aille pas jusqu'au bout. Eh bien, on va recommencer, puisque c'est comme ça. Il n'y a rien de nouveau dans ce rapport d'inspection générale que ce qu'on avait pu faire il y a deux ou trois ans. Il y a juste, effectivement, un rapport qui est écrit et qui donne des objectifs. Il faut les suivre.

Une organisation locale, un soutien financier qui doit être aux côtés de cette organisation locale. Il y a une enveloppe qu'on appelle le fonds pêche qui est financé, qui a été financé jusqu'en 2025, par le ministère de la Mer et le ministère des Outre-mer. Il va falloir aller se battre pour qu'à nouveau, on puisse avoir ce fonds de soutien. Flavie Brie parle d'un échec d'il y a quelques semaines. Cet échec, c'était la première fois que tous les pêcheurs essayaient de travailler eux-mêmes un accord. On est passé à un fil de le signer.

Je suis sûre qu'avec un accompagnateur qui doit venir rapidement dans le territoire, j'espère que ce sera fait, que le ministère de la Mer répondra favorablement pour accompagner cette nouvelle dynamique. Recherche scientifique, on est très faible. D'où, effectivement, aussi mon envie de travailler avec le Groenland et le Canada sur l'ensemble de ses recherches, sur l'ensemble du bassin pour avancer davantage. – On remercie Flavie Brie, journaliste à Saint-Pierre-et-Miquelon, la première. Un dernier mot sur Saint-Pierre-et-Miquelon.

Est-ce que vous avez reparlé ou parlé, échangé avec Laurent Wauquiez, de son idée d'enfermer les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon, dont on n'entend plus trop parler d'ailleurs ? – Non, puis on n'en parlera pas là, ça ne vaut même pas la peine. – Vous l'avez compris ? – Voilà, franchement, je n'ai encore pas compris ce qui s'est passé. Bon, en même temps, je crois que du coup, même si c'est un épisode malheureux, on a vu Saint-Pierre-et-Miquelon. Et j'ai envie de vous dire que si les médias regardaient plus souvent vers les territoires d'outre-mer, on n'en parlerait pas que quand un petit politique fait ce genre de remarques.

– C'est quand on voit l'importance stratégique aujourd'hui de votre territoire dont on parlait. – Un dernier mot très rapidement sur un autre sujet, c'est la Nouvelle-Calédonie avec vous, puisque vous avez été ministre de l'Outre-mer, vous l'avez rappelé, il y a un nouvel accord institutionnel et politique qui a été signé cette semaine sur la Nouvelle-Calédonie, mais sans le FLNKS, le principal mouvement indépendantiste. Est-ce que pour vous, du coup, c'est un accord qui a quand même de la valeur ? – Alors, moi je suis très respectueuse du travail qui est fait avec l'ensemble des partis signataires, des accords historiques de la Nouvelle-Calédonie.

J'ai organisé effectivement avec le Premier ministre Édouard Philippe les deux premiers référendums. Je serai tout aussi respectueuse des accords qui ont été signés, nouvelle génération, on va les appeler comme ça, qui ouvrent un nouveau chemin pour ce territoire qu'on a véritablement besoin. Je suis marquée par la décision qu'on a pu prendre ici au Sénat sur le projet de loi constitutionnelle et qui a quelque part, avec le changement de liste électorale spéciale, avec derrière les événements de 2024. J'ai été contre, j'ai été opposée, j'ai essayé de faire en sorte qu'on comprenne que ça allait être une erreur.

Je suis marquée par cet événement, mais en même temps, quand 80% des parties prenantes et même plus signent un accord, Bougival complété à la demande du FLNKS par un deuxième accord Élysée-Oudino, je pense que le Sénat prendra ses responsabilités, programmera ce nouveau texte constitutionnel sous peu et chaque groupe politique prendra ses responsabilités. Merci Anique Jardin, merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin. Quentin, on se retrouve dans 20 minutes ? Voilà, avec un tour d'horizon de l'actualité des municipales. Ce sera à suivre et d'abord, on va parler du texte sur la fin de vie, examiné en ce moment au Sénat avec le politologue Dominique Régnier qui nous rejoint.

Bonjour Dominique Régnier, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes politologue, professeur des universités à Sciences Po, directeur général de la Fondapol et vous publiez une étude sur la loi fin de vie et que le Sénat est en ce moment en train d'examiner les lois fin de vie, j'allais dire un texte sur l'aide à mourir, un texte sur les soins palliatifs. Ces textes, pour vous, ils ne répondent pas à une demande sociétale ?

32:22
Sébastien Lecornu

Non, c'est ce qui m'impressionne dans la première évaluation de la situation. Il y a un discours qui ne repose sur aucune information documentée, qui est que la société française serait en attente d'une légalisation de l'euthanasie et des suicides assistés. Non, ce qui ressort de l'étude, on a quand même interrogé plus de 3000 personnes, on a posé plus de 30 questions, parce qu'il faut rentrer un peu dans les détails quand on veut savoir cela. Ce que demandent les Français, c'est que les soins palliatifs soient disponibles aujourd'hui pour tous ceux qui en ont besoin.

Il faut rappeler qu'en France, chaque année, il y a 180 000 personnes qui meurent sans pouvoir accéder aux soins palliatifs alors qu'ils en ont besoin. Il y a un déficit considérable en termes de soins palliatifs. Et il y a une incompréhension fondamentale dans la société face à cette idée de passer d'abord par la légalisation de l'euthanasie et des suicides assistés, et non pas par la mise en place des soins palliatifs sur tout le territoire.

Ce décalage, il fait naître une inquiétude, parce que chacun a assisté au débat parlementaire sur le budget, chacun sait que notre budget, nos comptes sont en difficulté, en particulier nos comptes sociaux, et on s'inquiète, on imagine, qu'il pourrait y avoir une sorte d'ajustement par l'euthanasie et les suicides assistés de malades que nous ne pourrions plus prendre en charge.

33:49
Présentateur

On va revenir là-dessus, Dominique Créné, mais quand vous dites que ça ne repose sur aucune étude sur le fait que c'est une demande de la société, ces lois viennent quand même après une convention citoyenne qui, à 76%, a dit que l'aide active à mourir devrait être ouverte. Pour vous, il ne faut pas tenir compte de ça ?

34:05
Sébastien Lecornu

Non, ça fait partie des informations que nous avons à disposition, mais vous avez 47 millions d'électeurs en France, on peut tirer au sort 180 personnes pour faire une convention citoyenne. Moi, je pense que ce sont des méthodes utiles qui nous renseignent sur la manière dont les personnes qui sont tirées au sort, lorsqu'elles discutent pendant quelques jours, se représentent le problème et en discutent. Mais ça n'est pas ce qui répond à la complexité d'une société et à la radicalité.

34:34
Présentateur

Pardon, Dominique Créné, je vais être volontairement un peu provocatrice, mais en quoi la convention citoyenne ne reflète pas autant ce que dit la société que votre étude qui dit qu'il n'y a pas de demande sociétale ?

34:46
Sébastien Lecornu

En fait, ce qui compte, c'est d'arriver à poser toutes les questions que suscite une telle réforme. Je vous donne deux exemples. Quand on observe ce qui se passe dans les pays qui ont légalisé l'euthanasie et les suicides assistés, il y en a dix, il n'y en a pas tant que ça, il y en a dix. Il y a une évolution qui se caractérise par le recours massif à l'euthanasie et aux suicides assistés. Est-ce que nous avons discuté de cette massification ? Si nous considérons ce qui s'est passé aux Pays-Bas, où il y a maintenant dix mille euthanasies par an, en France, nous en aurions à peu près, si je regarde les proportions, 60 000, 70 000. Est-ce que l'on sait ça ?

Et qu'est-ce que ça veut dire d'avoir 70 000 euthanasies par an ? Est-ce que ça rentre dans notre système mental philosophique ? Deuxième exemple, c'est quand même beaucoup. Deuxième exemple, est-ce que nous avons réfléchi au fait qu'aujourd'hui, l'euthanasie et le suicide assisté, dans le code pénal, ce sont des crimes. Ce sont des crimes pour empoisonnement, ce sont des crimes y compris avec préméditation, donc assassinat. Dans le code pénal, aujourd'hui, c'est puni tout cela, même quand il y a le consentement. Donc il va falloir changer le code pénal.

35:57
Présentateur

Mais pardon, mais l'euthanasie et le suicide assisté, ce sont des mots qui, à l'heure actuelle, ne figurent pas dans la loi.

36:02
Sébastien Lecornu

Mais il s'agit de ça.

36:04
Présentateur

Pour vous, c'est une manière déguisée de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté.

36:08
Sébastien Lecornu

C'est ce qui va se passer. Ça, c'est un point important, Oriane, que vous soulevez, parce qu'une des raisons pour lesquelles on n'a pas bien perçu l'état d'opinion publique, c'est parce qu'on n'a pas employé les mots. On parle d'accompagnement des mourants, on parle de mort dans la dignité, etc.

36:27
Présentateur

On parle d'aide à mourir dans la version de l'Assemblée, d'assistance médicale dans la version initiale du Sénat, mais il n'y a pas les mots d'euthanasie, il n'y a pas les mots de suicide assisté.

36:37
Sébastien Lecornu

Et pourtant, la réalité, Oriane, c'est l'injection létale, une injection qui est administrée pour tuer la personne, ou l'absorption d'un produit létal. Dans les deux cas, il s'agit bien de provoquer la mort de la personne.

36:52
Présentateur

Mais dans des conditions très restrictives. Pour vous, elles ne suffisent pas, ces conditions ?

36:58
Sébastien Lecornu

Dans tous les pays où ça a été mis en place, les conditions restrictives ont été dépassées, ont été ignorées, ont été brisées. Y compris en Belgique, par exemple, depuis 2014, on euthanasie les enfants, on euthanasie les personnes qui souffrent d'un handicap, on euthanasie les personnes qui sont en dépression. On euthanasie des couples. Vous voyez, toutes les limites. On euthanasie des personnes parce qu'elles sont plus pauvres, qu'elles ne peuvent plus payer leurs soins. C'est le cas au Canada, c'est le cas au Québec. Enfin, toutes ces évolutions, et au Québec comme au Canada, ça fait dix ans que c'est légalisé. Ça va très très vite.

37:39
Présentateur

Donc en fait, vous craignez plus les dérives qui pourraient naître de ce texte que ce que contient actuellement cette proposition de loi ?

37:47
Sébastien Lecornu

À partir du moment, je voudrais être clair là-dessus, à partir du moment où on fait sauter dans notre droit pénal, l'interdiction de tuer quelqu'un, on ouvre une porte qu'on ne sait plus refermer. Je ne parle pas ici, chacun a ses convictions, je ne parle pas de l'interdit de tuer tel qu'il est énoncé par les religions. Je parle de notre droit pénal. C'est interdit, c'est le crime le plus grave. Nous devrons aménager un espace qui permettra de tuer quelqu'un avec ces motivations qui sont données. Il n'y a aucun exemple de pays qui n'a pas dérivé. Je vous donne une deuxième énumère importante.

Si nous regardons les pays qui pratiquent les deux, l'euthanasie et le suicide assisté, c'est très intéressant de les comparer dans ces pays-là. C'est le cas des Pays-Bas, c'est le cas de la Belgique. Le recours au suicide assisté est quasiment à zéro, 1%, pas plus, de ceux qui demandent à mourir. Le recours à l'euthanasie, c'est tout le reste, 99%, 100%. Pourquoi ? Parce que seul le suicide assisté garantit une forme de maîtrise par la personne qui demande à mourir de l'acte létal. Il faut une lucidité, il faut du discernement.

Curieusement, quand on pratique l'euthanasie, tout se passe très vite, tout se passe sans hésitation, sans renoncement, ce qui n'est pas le cas dans le suicide assisté. Et donc, ceci est la preuve qu'au fond, avec l'euthanasie, on perd déjà la maîtrise des conditions dans lesquelles on va euthanasier. Comment voulez-vous considérer qu'une personne qui est, par exemple, déficiente intellectuellement ? Comment peut-on euthanasier un majeur protégé, une personne sous tutelle, si nous ne l'avons pas mis, mais 10 000 précautions pour être sûr que la personne, quand elle dit qu'elle veut mourir, est bien en état de le vouloir, ce qui est quand même une pensée très étrange de vouloir mourir ?

39:52
Présentateur

Mais les garde-fous ne sont pas suffisants à l'actuel ?

39:55
Sébastien Lecornu

Non, non. De toute façon, ils ne résisteront pas. La mécanique que l'on observe dans les pays qui pratiquent l'euthanasie et le suicide assisté, c'est qu'il faut ensuite élargir au nom de la non-discrimination, au nom de l'égalité. Je vous le disais, aux Pays-Bas, on euthanasie depuis 2002, puis on a considéré qu'on pouvait euthanasier la personne qui survit dans le couple, parce qu'elle se sentait seule, la femme ou l'homme, la veuve ou le veuve, on l'euthanasie, on fait des euthanasies à deux, et on a étendu ça maintenant à l'euthanasie entre deux frères et deux sœurs. Donc c'est au nom de non-discrimination, au nom de l'égalité. C'est une mécanique qui ne manque pas de se produire.

Nous ne contrôlons plus la chose ensuite. Et notre société s'habitue à répondre au malheur, à la souffrance, non pas par la solidarité, non pas par la mobilisation de la société, de ce qu'elle peut donner pour soutenir, pour encourager, pour apaiser les douleurs, mais à la mort. C'est une évolution qui est absolument...

41:00
Présentateur

– Mais est-ce que choisir sa mort, quand on est malade, quand on a une maladie incurable, quand on souffre, ce n'est pas aussi une liberté ?

41:07
Sébastien Lecornu

– Alors, c'est...

41:09
Présentateur

– Parce que là, à vous entendre, on a l'impression que ce ne serait que des choix imposés par la société. Il y a des personnes aussi qui demandent

41:16
Sébastien Lecornu

à choisir sa mort. – Je ne peux pas contester ce que vous dites. Je ne peux pas le contester. Mais il faudrait quand même prendre le temps de réfléchir, nous tous, je veux dire, ce que c'est que de... Ce que c'est que la liberté, quand vous souffrez, quand vous êtes seul, quand vous êtes démuni, socialement, économiquement, quelle est la part de liberté dans ce que vous dites ? La pression qui s'exerce sur vous ? La pression parce que vous coûtez cher ? Je suis désolé de dire, c'est très triste de dire cela, mais ça joue un rôle très important.

Lorsque les assurances ne veulent plus financer vos soins, lorsque vous êtes victime d'une maladie chronique qui ne va pas guérir et qui coûte cher, on ne peut plus assurer vos soins. Lorsque, même parfois, c'est très triste et très sordide, la famille est pressée de vous voir partir parce que vous consommez les ressources sur lesquelles elle comptait, il y a des enjeux d'héritage qui vont intervenir. 70% des personnes que nous avons interrogées craignent les conflits au sein des familles. Comment les familles vivent la pré-euthanasie ? Il y a des traumatismes qui sont postérieurs à cela. On va découvrir tout cela, on ne l'a pas pensé.

La liberté de demander sa mort parce que l'on souffre ou parce que l'on est malade, elle peut être reconnue. Mais il faut quand même insister sur ce point. Est-ce qu'il est cohérent de considérer que la liberté individuelle peut amener une société à changer ses règles fondamentales ? C'est une question philosophique de base. Nous devons reconnaître la liberté individuelle. Mais est-ce que nous devons reconnaître la liberté individuelle au point d'accepter que des demandes individuelles produisent le bouleversement de règles fondamentales sans que nous ayons été tous consultés, au fond ?

43:05
Présentateur

Mais vous dites, parce que vous dites dans l'étude, vous parlez d'une société, je vous cite, prise de vitesse, qui n'a pas été informée, qui n'a pas eu le temps de réfléchir ni au texte de la proposition de loi ni à ses conséquences. La première tentative de légiférer sur la fin de vie, elle ne date pas d'hier, elle date de 1978. Le début de la convention citoyenne d'Emmanuel Macron qui a abouti à cette loi, c'est décembre 2022. On ne peut pas dire qu'on soit allé très très vite sur le sujet.

43:29
Sébastien Lecornu

C'est-à-dire que ce que vous évoquez là, c'est des choses différentes. La réflexion sur l'accompagnement des mourants, effectivement, elle est très ancienne et elle a trouvé un aboutissement législatif dans une série de textes dont les deux derniers sont les plus fameux, la loi Leonetti et la loi Claes-Leonetti, qui ont d'ailleurs été approuvées quasi à l'unanimité. Alors que cette proposition de loi dont nous parlons à l'Assemblée nationale en première lecture, elle a été approuvée par 305 députés sur 577. Je fais une petite référence à ce que disait hier la présidente de l'Assemblée nationale parce que ce qu'elle a dit était faux. Elle a dit approuvé par une large majorité non.

305 députés sur 577. Si je calcule, ça fait 52,8%. C'est une minuscule minorité sur un sujet majeur. Eh bien, nous avions abouti à un résultat, les lois Leonetti et Claes-Leonetti, le non-acharnement thérapeutique, la sédation profonde est prolongée jusqu'au décès dans les cas les plus définitifs. Nous étions d'accord là-dessus, nous avions un équilibre parfait. Nous traitions tous les problèmes. C'est là qu'il y a une étrangeté. Pourquoi remettre ce sujet sur la table alors que nous étions arrivés en 2016, ce n'est pas si vieux, à un équilibre tout à fait satisfaisant entre les sensibilités et les attentes d'une société comme la nôtre ?

44:50
Présentateur

Donc pour vous, il ne fallait pas toucher à la loi Clas-Leonetti. Il ne faut pas chercher à aller plus loin.

44:54
Sébastien Lecornu

C'est-à-dire qu'on est quand même, on a fait des progrès collectifs et encore une fois, dans un vrai consensus, avec une pacification des esprits, une acceptation. Ça ne peut pas répondre à tous les cas. C'est certain. C'est impossible. Mais là, maintenant, nous allons créer une situation inverse si nous avons cette loi. Un déséquilibre tout à fait inverse. Et malheureusement, moi, en tout cas, je crois que c'est ce que nous enseignent les dix pays qui pratiquent l'euthanasie et le suicide assisté, qui ensuite se retrouvent sur une pente qui n'arrive plus à remonter. Songez que, quand même, au Canada, au Québec, on euthanasie pour des raisons économiques et sociales.

Parce que des personnes sont seules, éprouvent trop de solitude. Ce sont des appels à la solidarité. Nous sommes une société, nous sommes une société, une communauté humaine solidaire. Si nous avons des personnes qui souffrent, nous devons mettre la science à leur disposition, les soins à leur disposition. Si nous avons des personnes qui se trouvent seules, nous devons faire communauté avec elles, autour d'elles.

Si nous renonçons à cette réponse fondamentale à la solitude ou à la souffrance, alors nous allons vers des sociétés, pour le coup, ultra-individualistes où ceux qui auront les moyens de se soigner très correctement éviteront la souffrance et vivront plus longtemps que ceux qui n'auront pas les moyens de le faire.

46:10
Présentateur

Mais est-ce qu'à l'heure actuelle, on n'est pas aussi avec les gens qui ont les moyens d'aller choisir leur mort à l'étranger dans les pays dont vous parlez qui pratiquent l'euthanasie et le suicide assisté et ceux qui n'ont pas les moyens et qui sont condamnés à la souffrance faute de pouvoir choisir leur mort ?

46:24
Sébastien Lecornu

S'ils sont en France, ils ne seraient pas condamnés à la souffrance si nous avions équipé le pays en soins palliatifs. Et la centaine de Français qui vont à l'étranger pour obtenir une mort administrée, d'une certaine manière, ça fait partie de l'équilibre du système. On ne touche pas à l'essentiel qui est la préservation de notre règle.

46:45
Présentateur

Mais est-ce qu'on peut opposer les deux ? Parce que c'est un peu aussi à la lecture de votre étude. Vous nous l'avez dit, il y a d'abord les soins palliatifs. Il faut miser sur les soins palliatifs. Est-ce qu'on peut opposer soins palliatifs et droits à l'aide à mourir ? Est-ce que ce n'est pas complémentaire ? Est-ce qu'il n'existe pas des maladies, des souffrances récurrentes pour lesquelles les soins palliatifs ne sont pas forcément une réponse ?

47:02
Sébastien Lecornu

Moi, je ne peux pas vous dire que ça n'existe pas. En plus, c'est un savoir médical qui n'est pas le mien. Mais ce que je sais, c'est que jusqu'à présent, nous arrivions à répondre. Et si nous n'y arrivons plus, c'est parce que nous avons désinvesti. Je vous donne une illustration de cela. Si vous voulez être équipé en soins palliatifs, si vous voulez avoir accès à des soins palliatifs en tant que malade, si vous voulez avoir accès à des soins palliatifs, les rapports qui sont faits aujourd'hui vous disent qu'il vaut mieux éviter de mourir pendant l'été parce qu'il n'y a pas assez de soins palliatifs. C'est ça qui fait que vous êtes...

Je vous l'ai dit, 180 000 Français qui meurent dans ces conditions. Là, il y a de la souffrance, une souffrance que nous savons éviter, que nous savons réduire ou même contrôler. Les médecins savent faire ça.

Et si nous les formons moins parce que nous avons l'euthanasie et les suicides assistés, si nous recourons moins aux soins palliatifs, qui sont plus coûteux, en effet, parce qu'il faut équiper, parce que nous avons moins d'argent, effectivement, nous basculerons dans une société qui ne sera plus du tout celle de l'État-providence, mais une société qu'il faudrait qualifier de validistes, c'est-à-dire que pour ceux qui sont valides, les choses se passeront très bien, valides physiquement, valides, on pourrait même dire économiquement, vous avez les moyens, physiquement, économiquement, les choses se passeront bien.

Pour tous les autres, qui sont quand même la majorité, les choses peuvent se passer très mal. Il y a 60% des Français qui souffrent d'affectations de longue durée. Que va-t-on faire avec ces affectations de longue durée ? Elles représentent 120 milliards de coûts. Est-ce qu'on va dire, au bout d'un moment, dans 10 ans, dans 15 ans, écoutez, décidément, vous coûtez beaucoup trop cher ?

48:35
Présentateur

Est-ce que pour vous, c'est un sujet qui doit être soumis à un référendum ?

48:38
Sébastien Lecornu

À tout le moins, je pense qu'il faut un référendum. Le débat qui a eu lieu, vous citiez ma remarque dans le rapport Royan Nansini, le débat qui a eu lieu est un débat précipité. Nous ne sommes pas entrés dans le débat. Les Français, la moitié des personnes que nous avons interrogées, n'en ont jamais discuté. Donc, il y a un déficit énorme. Il faut vraiment reconsidérer cette question. Et ça a été la sagesse du Sénat d'envoyer ce signal, je trouve.

49:01
Présentateur

– En supprimant toute forme de création de l'adamnée ?

49:04
Sébastien Lecornu

– Absolument, absolument. Et en invitant le législateur à remettre sur pied l'État-providence auquel nous sommes attachés et dont on nous dit partout, et en particulier la gauche, en particulier la gauche, qu'il est le cœur de notre contrat social. Et j'ai été étonné de voir que la gauche et ses positions sur la fin de vie, favorables à l'euthanasie, au suicide assisté, qui sont des positions qu'on pourrait qualifier d'ultralibérales, tout à fait à l'opposé de l'État-providence, alors que leurs propres électeurs que nous interrogeons sont hostiles à cette légalisation.

49:33
Présentateur

– Un mot, Dominique Reynier, sur le reste de l'actualité, sur la situation politique nationale. On a envie de vous entendre, Sébastien Lecornu, qui devrait échapper à la censure sur le budget aujourd'hui. Il a réussi son pari ? Il a employé la bonne méthode pour vous ?

49:45
Sébastien Lecornu

– Alors, c'est une situation impossible. De toute façon, il ne pouvait pas, je dirais, faire quelque chose de beaucoup plus spectaculaire. enfin, c'est des contraintes énormes. Ce que je trouve quand même, je dis ça parce que je ne peux pas accabler le Premier ministre qui n'a pas de majorité avec des groupes qui ne coopèrent pas entre eux. Je dis ça, je fais un lien d'ailleurs avec le sujet précédent, mais ces députés n'ont même pas adopté le budget dans des conditions normales. Et donc, ça ne nous rassure pas sur l'avenir des soins palliatifs, au passage, puisqu'on n'a pas voté tout ça. Donc, il faudrait quand même qu'il y ait une cohérence chez le législateur. Ça ne va pas, au fond.

le pays ne s'est pas remis de la dissolution. L'Assemblée nationale n'est pas parvenue malgré le fait qu'elle était appelée au fond par les Français à fabriquer du consensus. Elle n'y est pas parvenue. Nous n'y arriverons pas puisque maintenant, nous rentrons dans la période des élections municipales, bien sûr, qui vont être très importantes, des sénatoriales ensuite et puis les grandes élections à la présidentielle et législative à nouveau.

50:48
Présentateur

Ça aurait des conséquences sur les municipales, cette longue séquence budgétaire ?

50:52
Sébastien Lecornu

Moi, je le crois. Là, je crois que l'ensemble des parlementaires ont eu à cœur de ne pas laisser le pays dans une nouvelle crise qui aurait perturbé les électeurs et qui les aurait amenés à adopter des comportements électoraux très protestataires aux municipales, abstention comprise. Donc, sans doute qu'il y a eu cette idée-là. Évitons de mettre les Français en colère parce qu'ils ont très mal vécu la dissolution et il s'agissait d'éviter de leur donner, au fond, le sentiment que les élus n'étaient plus capables de rien. Ça, ça a été évité, c'est pas mal. Mais les conséquences de ce budget sur l'économie, nous allons les découvrir, elles ne sont pas bonnes.

Et donc, nous allons peut-être avoir une phase de poussée du chômage, de fermeture d'entreprises par les conséquences de ce budget qui peut s'étaler jusqu'aux élections nationales, présidentielles, législatives. c'est quand même, tout ça est un contexte très préoccupant. Encore une fois, je suis toujours un peu navré d'avoir à le redire parce qu'on le répète beaucoup, mais encore une fois, il y a une forme de marche évidente pour la protestation et sa généralisation, y compris sur la forme de l'abstention, je le répète. Donc, c'est un peu une vie politique qui échappe à la régulation par les élections, par les partis, par le fonctionnement normal de la démocratie.

Nous entrons dans une période qui est faite d'inconnus et où tous les risques politiques sont présents devant nous. Et c'est aussi pour ça que je trouve malvenu, moi, cette... Je ne reviens pas à votre sujet premier, mais on ne peut pas, dans un contexte pareil où les Français sont perdus, en colère, à la recherche d'une réponse, on ne peut pas mettre sur la table des textes aussi graves.

52:32
Présentateur

Mais qu'est-ce que ça peut donner ? Parce que dans votre étude, vous parlez de fermement de la contestation sociale. Qu'est-ce que vous entendez par là ?

52:38
Sébastien Lecornu

Moi, ce que je pense, c'est que les Français vont découvrir, si la loi est adoptée, les Français vont découvrir par eux-mêmes les conséquences de cette loi. Qu'est-ce que c'est que d'avoir quelqu'un dans sa famille qui a été euthanasié ? Qu'est-ce que c'est que de se dire qu'on ne peut plus financer les soins d'une personne et qu'il faut choisir, non pas entre les soins palliatifs et une solution quelconque, mais que nous avons à accepter l'euthanasie qu'elle a décidée ou qui a été décidée pour elle. Donc, c'est ça qu'ils vont découvrir et ce sera inacceptable. Et simplement, ce sera trop tard. On aura déjà voté la loi.

53:17
Présentateur

Merci, Dominique Reynier. Merci beaucoup. Votre étude, les Français n'approuvent pas la proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie et le suicide assisté pour la fond d'Apple. Et puis, je signale que votre prochain livre sort le 5 mars, accompagner ou provoquer la mort. Ce sera aux éditions de l'Observatoire. Merci beaucoup, Dominique Reynier, d'avoir été notre invité. On regarde à ce qu'il fait la une dans nos régions. Je vous emmène faire un petit tour dans la forêt en cette veille de week-end et pendant une semaine des équipes de l'Office national des forêts ont mené une campagne de plantation pour aider au renouvellement forestier.

L'objectif, c'est de planter 3000 nouveaux arbres en privilégiant des espèces résistantes au changement climatique. On est en Bretagne et on regarde ce reportage de nos partenaires de TVRN. Il est signé Louane Le Roland et Loubateuf.

54:08
Sébastien Lecornu

Je soulève mon sol, j'implante mon plant, je vais venir tasser le sol.

54:14
Invité

Ici, à Liffré, dans la plus grande forêt d'Aumagnale de Bretagne, Jérémy a mis en terre une centaine de plants en une journée. Victime d'incendies, de tempêtes ou de maladies, les forêts ont parfois besoin d'un coup de main pour se régénérer. Sur cette parcelle de 4 hectares, c'est cette plante jaune qui bloque le renouvellement naturel. Il y a la dynamique de régénération de la forêt qui est bloquée par une graminée, une herbe qui s'appelle la Molini et qui empêche les jeunes arbres de pousser. Et ce ne sont pas n'importe quels arbres qui font leur arrivée dans la forêt de Rennes. Parmi les essences sélectionnées, le pain maritime, le tuya et le bouleau.

Mais aussi un petit nouveau, le pinus rigida, un pain venu tout droit du nord-est des Etats-Unis. C'est un pain qui est peu courant pour l'instant et qui est adapté au réchauffement climatique parce qu'il résiste aux sécheresses estivales et il est résilient suite à des passages d'incendies. Ces plants-là, c'est pour faire une expérience pour que demain, les forestiers qui auront besoin de faire des choix de gestion puissent se référer à cette parcelle pour voir le résultat qu'on a eu et pour voir l'intérêt ou non de cette essence sur ce type de milieu. Au total, 2800 nouveaux arbres ont été plantés grâce à un mécénat de 15 000 euros.

Il faudra désormais attendre entre 60 et 100 ans pour que ces arbres atteignent leur maturité.

55:26
Présentateur

Et on poursuit le tour de l'actu dans nos régions. Quentin, on va regarder ce qu'il y a à la une de la presse régionale. On commence par la une de Sud-Ouest et c'est la fermeture de Bétaram. Voilà, Bétaram, un symbole tombe. C'est ce que titre ce matin Sud-Ouest, l'établissement qui devrait déménager à la fin de l'année scolaire même s'il annonce à causer un imbruglio hier. Le mot Bétaram doit être envoyé aux oubliettes de l'histoire à déclarer sur RTL Pierre-Vincent Guéret, le président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l'enseignement catholique. Mais ses propos ont été démentis dans l'après-midi par le secrétariat général de l'enseignement catholique.

Dans le journal, en tout cas, on lit que l'annonce de la fermeture a été vécue comme un signe fort par les victimes. On lit aussi la réaction des deux députés qui ont travaillé sur les violences effectivement dans l'affaire Bétaram, Paul Vannier et Violette Spilboux. Attention à ne pas déplacer le problème. Ils déposent d'ailleurs mercredi leur proposition de loi née de la commission d'enquête. Autre sujet, c'est la sécurité dans les bars. C'est la lune de la Provence. Après Cran-Montana, vers plus de sécurité dans les bars. C'est ce que titre ce matin le journal de Marseille où on note que les contrôles de sécurité se durcissent. Même trois établissements de nuit qui vont fermer.

Journal qui parle d'une vraie prise de conscience des professionnels après le drame Le sort du réveillon en Suisse. Le responsable d'un syndicat des métiers de l'hôtellerie qui témoigne à nos adhérents à leur responsabilité la nécessité d'être à jour sur les abonnements d'entretien même s'il y a beaucoup de contrôles et finalement peu d'abus dysprofessionnels. On termine avec le salon de l'agriculture. Oui, c'est à la une effectivement de la dépêche à Toulouse avec une photo Annie Gennevard la ministre de l'agriculture qui caresse un petit veau à la une.

On le rappelle les bovins qui seront absents du salon de l'agriculture sur fond de crise lié à la signature du Mercosur ou également la crise avec la dermatose nodulaire. De cette question du journal le salon pourra-t-il survivre ? Pour les enfants notamment le salon c'est l'occasion d'aller voir les vaches et puis il y a le risque aussi de voir la colère des syndicats agricoles comme ça empêcher le salon de bien se passer comme en 2024. Plus généralement écrit ce matin le journal cela pose la question du danger sanitaire des salons agricoles où se rassemblent des milliers d'animaux.

L'actualité dans nos régions c'est aussi du côté de Limoges bonjour Olivier Chaperon merci beaucoup d'être avec nous rédacteur en chef du populaire du centre à lire vous dans vos pages Olivier c'est une double page sur la déferlante de l'intelligence artificielle dans l'éducation nationale.

57:59
Invité

Alors oui ce n'est pas tout à fait nouveau mais le phénomène s'accélère on l'avait observé depuis quelques années là il y a une vraie prise de conscience même un peu d'alarmisme alors ça c'est lié et ça s'appuie surtout sur un rapport du Sénat d'octobre 2024 qui explique que plus de 90% des élèves de seconde ont déjà utilisé l'IA génératif pour faire leurs devoirs alors même si les élèves jugeaient sérieux et ça ça les touche aussi et appliquer 6 mètres ils indiquent pouvoir réduire de plus de la moitié le temps nécessaire à certains travaux certains devoirs alors évidemment on comprend l'intérêt pour eux toutefois certains enseignants considèrent que l'état l'IA peut aussi deper l'intelligence humaine donc il ne faut pas tout jeter non plus aux orties mais il y a quand même une accélération et on la retrouve notamment chez les collégiens qui s'y mettent largement également certains enseignants qui nous ont parlé racontent que moins de fautes d'orthographe moins de fautes de syntaxe des plans mieux construits on par contre fort relativisé les élèves qui sont souvent utilisateurs de ce genre d'intelligence générative ne sont pas forcément meilleurs à l'oral ce qui prouve quand même qu'ils l'utilisent un peu abondamment le souci principal des enseignants c'est qu'il n'y a pas d'outil vraiment fiable pour détecter l'usage de l'intelligence artificielle tout le temps c'est l'intuition qui fonctionne chez eux un élève qui se met du jour au lendemain à avoir des résultats très bons là où il était un peu plus faible ça peut être un peu suspect effectivement à l'inverse alors si les élèves l'utilisent beaucoup cette intelligence artificielle la communauté éducative l'utilise assez peu et il y a une vraie crainte chez eux notamment de la perte de cette propriété intellectuelle des cours puisqu'ils considèrent qu'ils veulent rester propriétaires de ceux-ci et notamment de leur méthodologie c'est aussi une inquiétude chez les syndicats qui nous auront parlé parce qu'eux aussi craignent un peu cette perte de propriété puis ils voient aussi peut-être une opportunité pour réduire les effectifs dans l'éducation nationale à Limoges concrètement il y a quelques formations spécifiques qui sont mises en place pour les aider mais globalement ça reste encore un terrain un peu un peu flou pour eux

59:59
Présentateur

Qu'en est-il à l'université Olivier ?

1:00:03
Invité

C'est un peu le même phénomène il y a une déferlante qui est encore plus importante qu'en lycée et en collège parce que les étudiants travaillent beaucoup plus de façon autonome beaucoup plus à distance mais elles déferlent dans les amphis c'est certain là encore les enseignants rappellent que les cours sont protégés par la propriété intellectuelle et que la méthodologie reste propre à eux alors il y a un effet de balancement qui est un peu surprenant et qui semble arriver c'est le retour en présentiel c'est-à-dire que les élèves vont être invités à venir faire leur devoir sur table en amphi et plus chez eux on imagine assez aisément pourquoi ?

En tout cas peut-être que les résultats scolaires seront plus justes ainsi

1:00:36
Présentateur

Merci beaucoup Merci Olivier Chaperon d'avoir été avec nous la une du populaire du centre sur le vertige de l'IA c'est à la une de votre journal Merci beaucoup Olivier et c'est l'heure tout de suite d'ouvrir notre page consacrée à la campagne des municipales Et Quentin on commence en allant à Nice-Nice où la campagne est suspendue pendant trois jours Effectivement après le violent meurtre survenu ce mercredi à Nice plusieurs candidats à l'élection municipale annoncent suspendre leur campagne jusqu'à dimanche dont Éric Ciotti et Christian Estrosi des réunions avec des militants sont également annulées à Reims Arnaud Robinet qui est le maire sortant il obtient le soutien des républicains Voilà la commission nationale du parti LR s'est tenue à Paris mercredi ses membres ont tranché c'est donc Arnaud Robinet le maire horizon de Reims qui est soutenu par le parti la commission qui a désigné comme chef de file du parti deux proches de l'actuel maire On va à Rennes où la maire sortante socialiste Nathalie Aperet officialise sa candidature Voilà la maire PS sortante maire depuis 2014 a officialisé ce jeudi sa candidature elle fera alliance avec les écologistes dès le premier tour mais pas avec les insoumis Et puis Amine Kessassi veut créer une association de maires contre le narcotrafic Voilà le militant écologiste marseillais Amine Kessassi très engagée dans la lutte contre le narcotrafic veut créer après les élections municipales l'association nationale des maires de France qui agissent contre le narcotrafic Et puis Quentin on va regarder puisqu'il y a des unes de la presse régionale qui sont consacrées à ces municipales Oui effectivement on va regarder des unes consacrées aux municipales Non on ne va pas regarder Oh là là c'est moi qui Non on ne va pas regarder Merci Quentin C'est bon pour ce journal Merci beaucoup Quentin d'avoir été avec nous Journal des municipales qui sera à retrouver tous les jours dans cette émission Et on va passer maintenant à notre club On revient sur l'actualité de la semaine avec deux thèmes Un thème de politique Sébastien Lecornu qui devrait donc échapper à la censure Sa méthode a-t-elle été la bonne ?

On en débattra avec nos éditorialistes Et puis l'autre thème c'est Donald Trump qui a agité toute la semaine avec son bras de fer avec l'Union Européenne très ferme en début de semaine sur le Groenland Il a quelque peu fait marcher l'arrière en fin de semaine Résumé de cette semaine agitée avec Céline Schmitt C'est une semaine qui a secoué l'Union Européenne Mercredi en arrivant en Suisse au sommet économique mondial de Davos le président américain Donald Trump accentue sa pression sur les Européens en confirmant ses ambitions territoriales sur le Groenland

1:03:26
Invité

Nous voulons donc un morceau de glace pour protéger la planète mais ils refusent de nous le donner nous n'avons jamais rien demandé d'autre et nous aurions pu garder ce morceau de terre mais nous ne l'avons pas fait Ils ont donc le choix ils peuvent dire oui et nous leur en serons très reconnaissants ou ils peuvent dire non et nous nous en souviendrons

1:03:50
Présentateur

Pour faire plier l'Europe le locataire de la Maison Blanche dégaine son arme favorite la menace de nouveaux droits de douane de 10% sur la France et 7 autres pays européens Quelques heures plus tard Donald Trump change d'avis volte-face après ses discussions avec Mark Rutte le secrétaire général de l'OTAN Les deux hommes seraient parvenus à un accord

1:04:13
Invité

Par rapport à la rencontre productive que j'ai eue avec Mark Rutte nous avons posé le cadre d'un futur accord dans le respect du Groenland et de la région arctique Cette solution sera la meilleure pour les Etats-Unis et pour tous les pays de l'OTAN A partir de là je n'imposerai pas les tarifs douaniers qui devaient entrer en vigueur le 1er février

1:04:32
Présentateur

Plus question d'envahir le Groenland donc mais l'accord reste très flou Rien de suffisant pour assurer le Danemark sur ses craintes quant au maintien de sa souveraineté Un sujet dont il n'a tout simplement pas été question quand Trump et le patron de l'OTAN se sont parlé

1:04:47
Invité

Cette problématique n'a pas été évoquée dans ma conversation avec le président C'était vraiment focalisé sur ce que nous devons faire pour être sûrs que nous protégerons la région de l'Arctique où les Russes et les Chinois sont de plus en plus présents Dimanche dernier

1:05:03
Présentateur

les 27 avaient convoqué un sommet d'urgence pour s'accorder sur une riposte Finalement les Européens sont provisoirement soulagés provisoirement seulement

1:05:12
Invité

Nous sommes revenus à une situation qui me paraît beaucoup plus acceptable même si nous restons vigilants et donc ce qu'il faut en conclure c'est que quand l'Europe réagit de manière unie en utilisant les instruments qu'elle a à sa disposition et tandis qu'elle est menacée elle peut se faire respecter

1:05:29
Présentateur

Face à un Donald Trump peu plus versatile et conquérant que jamais le Groenland n'est sûrement pas arrangé dans le tiroir des affaires classées Et on va revenir évidemment sur cette semaine agitée ce bras de fer Donald Trump Union Européenne et Emmanuel Macron on va en parler avec vous Françoise Degoy Bonjour ma chère Oriane Merci Françoise d'être avec nous on accueille William Thé Bonjour Merci également d'être là vous êtes le président du Think Tank le millénaire D'abord une question un peu large mais quel regard vous avez porté sur cette semaine marquée par ce bras de fer entre Donald Trump et l'Union Européenne Écoutez moi je dirais Union Européenne 1 Trump 0 et je dirais même Emmanuel Macron 1 Trump 0 puisque maintenant ça devient viral mondial Top Gun à gagner vous voyez non mais je plaisante je plaisante mais en tout cas je trouve que cette semaine elle est juste incroyable c'est la semaine où l'Europe véritablement se réveille quand on voit la séquence dimanche l'Elysée commence déjà à demander le dispositif anti-coercition on voit que le Danemark marche on se dit les Allemands que vont-ils faire ils sont sous la pression de leur business avec on voit moi dimanche soir je regardais tomber les dépêches le syndicat des ouvriers des machines outils qui mettait la pression sur le gouvernement allemand pour ne surtout pas bouger par rapport à l'Europe parce que les machines outils c'est très important leur exportation vers les Etats-Unis et en réalité Mélanie qui essaie de jouer les médiatrices et puis tout change en réalité parce qu'il y a Davos parce qu'il y a ce moment où Emmanuel Macron voilà dit non en duo avec Marc Carny dont on a oublié peut-être un peu c'est vrai que Macron et ses lunettes ont éclipsé à peu près les discours très puissants de Marc Carny le Premier ministre canadien donc de toute façon je pense que c'est une merveilleuse leçon pour moi je suis très heureuse en tant qu'Européenne et même en tant que Française parce qu'il y a quelque chose qui s'est passé qui en fait ne s'est jamais passé une bascule on est dans les cordes voilà parce que c'est un puncher Trump et en réalité l'Europe se réveille de façon très forte alors il faut que ça continue parce que Donald Trump ne s'arrêtera pas mais j'ai vécu cette semaine pas comme une série Netflix mais non non parce que j'entends Netflix Top Gun on s'en fout j'ai vécu cette semaine comme la capacité de l'Europe à dire non vous diriez pas réel William ?

non moi je dirais que Françoise a raison sur la communication mais je ne sais pas si on en a raison sur le pouvoir réel parce qu'il y a deux conséquences à ce que fait Donald Trump la première c'est qu'en fait Donald Trump dans son premier mandat était plutôt isolationniste ça veut dire qu'il n'intervenait pas sur les affaires mondiales et son but c'était de tourner la page d'Obama et de Bush et plutôt de garder toutes les armées américaines aux Etats-Unis parce que les Américains ne voulaient pas d'intervention extérieure là maintenant Trump a changé non pas parce que Trump est méchant c'est parce qu'en fait Poutine a changé les règles du jeu en 2022 avec la guerre en Ukraine et qu'on est revenu sur un rapport de force impérialiste et militaire et que Trump emprunte cette voie-là et que moi je pense que ce n'est pas une bonne nouvelle contrairement à ce que dit parce qu'en fait c'est-à-dire que les Etats-Unis se désaxent du camp occidental pour partir sur un autre axe qui est complètement différent d'une autre et que nous certes on répond d'un point de vue de communication mais d'un point de vue militaire d'un point de vue diplomatique et d'un point de vue économique le problème c'est qu'on risque vraisemblablement sous la pression des Allemands et de la Commission européenne à lâcher pour différentes raisons parce qu'en fait les intérêts économiques européens sont dirigés vers l'Union européenne et c'est comme le cas du patronat qui aura besoin d'un accord économique avec les Etats-Unis sur l'autre point précis et je pense que c'est ça l'erreur qu'on fait c'est qu'en fait la question c'est pas de répondre d'un point de vue symbolique à Trump c'est d'obtenir des gains réels et est-ce que quand Macron fait ça moi je pense c'est une question qui est posée et bien en fait ça nous permet d'organiser une réposte efficace face à un type dont l'objectif est quand même de sauver la face de sauver son image et de sauver son égo et qu'en fait inévitablement juste parce que Macron a fait ça il va riposter violemment comme en fait ce qu'avait fait à l'époque c'est ça à peu près la question qui est posée et moi je pense qu'il faut distinguer deux choses d'un point de vue comme et d'un point de vue symbolique qui a gagné je suis pas d'accord avec votre argument sur c'est de la communication moi je ne suis pas une communicante je vous parle de politique d'accord politiquement mais politiquement politiquement ce qui s'est passé vous balayez j'en ai un peu marre je vais vous dire je vous adore j'en ai marre de ce discours ça fait très longtemps qu'on se connait j'en ai marre de ce discours il consiste à dire que l'Europe est en un sur les épaules d'un géant vous êtes en train de m'expliquer que en réalité qu'en réalité ça ne va rien changer donnez-moi tiens le chiffre des exportations des américains vers l'Europe on y va 130 milliards de dollars non non soyons précis William 130 milliards de dollars exportés des Etats-Unis vers l'Europe ok l'Europe principal marché des Etats-Unis que Trump Trump tortillé vous pouvez avoir Stéphane Miller qui fait ses déclarations complètement délirantes parce que cette administration est devenue folle et hors de contrôle parfois je vois Marco Rubio qui regarde je me dis il reste quand même un peu quelqu'un de sain de moins insensé bon après il fait des déclarations je me dis peut-être que lui a un espoir avec lui ils sont complètement excusez-moi moi je veux bien qu'on nous explique que c'est un jeu diplomatique ils sont frappadingues d'accord ils sont hors de contrôle donc je veux bien quelle est la part d'exportation de l'Union Européenne vers les ailes 90 milliards non non excusez-moi s'il vous plaît soyez sympa on parle pas de communication on parle de chiffres et d'arguments 130 milliards des Etats-Unis vers l'Europe 90 milliards de l'Europe vers les Etats-Unis si je vous écoutez on va pas discuter les chiffres vous irez regarder et vous verrez absolument que j'ai raison donc c'est pas la peine de perdre du temps donc quelle est la puissance de l'Europe par rapport aux Etats-Unis l'Europe a besoin les Etats-Unis ont besoin de l'Europe je prends Boeing je prends les pièces d'avion je prends les machines qui fabriquent les semi-conducteurs qui équipent Intel etc ne pensez pas une minute que nous sommes des nains par rapport à un géant nous ne sommes pas des nains et c'est ce que vous vendez vous non ton chiffre est pas bon parce que tout simplement l'Union Européenne exportatrice nette par rapport aux Etats-Unis donc tu peux non c'est pas vrai c'est pas vrai il y a un déficit commercial écoutez non c'est les Etats-Unis qui ont un déficit commercial à notre regard 80 non les Etats-Unis ont un déficit commercial à notre regard c'est comme ça qu'ils ont fait au-delà des chiffres c'est très important la question qui est posée pour l'Union Européenne depuis 2022 est à peu près la même ça veut dire que nous on veut jouer un rôle sur la scène mondiale mais pour jouer un rôle sur la scène mondiale il nous faut des armes c'est ce que disait Bismarck la guerre sans les armes c'est la musique sans les instruments donc ça veut dire qu'il faut s'équiper militairement or le problème du réarmement militaire de l'Union Européenne a pris beaucoup de retard l'Allemagne est en train de le faire avec Fred Wittschmerz et c'est une bonne nouvelle Macron essaie de le faire aussi et c'est une bonne nouvelle et moi je pense que le problème qu'on a eu c'est qu'en fait on n'est pas allé assez vite sur deux points précis le premier c'est qu'on n'a pas expliqué à la population sur pourquoi est-ce qu'on devait s'armer et pourquoi on devait s'équiper on ne doit pas s'armer pour faire la guerre on doit s'armer pour créer une dissuasion avec les autres puissances pour qu'elles évitent de nous agresser premier point deuxième point et je pense que c'est ça le plus important et Macron avait raison de le faire à l'époque c'est qu'il faut passer en économie de guerre pourquoi est-ce qu'il faut passer en économie de guerre parce qu'il faut relancer notre industrie il faut relancer notre machine productive il faut faire en sorte de pouvoir produire beaucoup plus rapidement et beaucoup plus efficacement et à ce moment-là si tu fais tout ça Françoise et bien là Macron a raison de le faire Arrête de m'interrompre à chaque fois d'essayer de m'interrompre et donc moi je pense que l'objectif d'une politique c'est en fait non pas de gagner des actes symboliques c'est de gagner concrètement pour défendre les intérêts français et européens mais William arrête avec le symbolique c'est complètement délirant arrêtez avec tu répètes inlassablement c'est du psytacisme on n'est pas obligé de faire les perroquets quand est-ce que tu fais les perroquets parce qu'on n'a pas d'armes on n'a pas de nuits j'entends ça toute la journée mais c'est vrai mais c'est pas le sujet c'est parce que c'est vrai c'est un des sujets c'est pas le sujet la France par exemple puissance nucléaire majeure membre du conseil de sécurité la seule en Europe etc est-ce que toi tu penses que déjà le pouvoir des initiatives nucléaires n'est pas un pouvoir important pas sur le Groenland mais bien sûr que si mais bien sûr que si sur le Groenland tout le monde s'est fichu du détachement de 15 de la centaine d'européens combien il y a de militaires au Groenland stationnés combien il y a de militaires américains au Groenland stationnés juste réponds-moi 200 non mais tu comprends tout le monde voilà toi toute toute cette sphère un peu de droite qui aime expliquer qu'on est des nuls un peu carrément qui explique qu'on est des nuls bon l'extrême gauche c'est pas mieux non plus on est des nuls etc c'est pas ça 206 je pense que réfléchir je suis d'accord sur l'économie de guerre je suis d'accord sur le fait qu'on se réarme je te rappelle que l'Inde achète 113 rafales oui ils ont raison donc c'est alléluia je te rappelle que si dans le dispositif anti-coercition ce dont personne ne parle si tu veux c'est que t'as le fait d'exclure toutes les entreprises américaines de tous les marchés européens c'est une perte sèche de plusieurs dizaines de mille

1:14:28
Invité

ils vont pas le faire

1:14:29
Présentateur

mais arrête avec ils vont pas le faire tous les gens m'expliquaient dimanche soir ils vont pas le faire on va pas résister le grand ordre finalement on le fait tous les gens m'expliquaient mais oui vous voyez le Mercosur écoute-moi William moi je ne crois qu'au fait je fais de la politique je fais pas de la fiction tout le monde nous a expliqué le parlement européen sur le Mercosur va se faire piétiner qu'est-ce qu'ils ont voté ils ont voté l'interdiction en fait d'appliquer ce traité du Mercosur donc arrêtons ils ont voté la saisine de la Cour de justice bien sûr je ne vois pas comment Ursula von der Leyen s'assoit je vois pas comment Ursula von der Leyen ou alors elle est complètement cinglée je veux dire ou elle est complètement délirante sur le plan politique comment elle s'assoit sur une décision d'un parlement européen qui est issue des urnes des parlements européens donc c'est vraiment une victoire donc je veux dire il faut arrêter de dire je n'y vais pas si ils vont voilà excuse-moi de te le dire l'effet démontre qu'ils vont et je ne crois pas du tout que c'est une victoire symbolique que sur le Groenland l'histoire l'histoire du détachement militaire bien sûr que c'était symbolique pour expliquer mais nous aussi non mais ça il a eu raison non mais ça il a eu raison donc il a eu raison donc je ne suis pas en train de vous expliquer que Macron est le roi du monde je suis en train juste d'expliquer que l'Union européenne n'est pas un nain et j'en ai marre de l'entendre décrite en permanence comme oui vous verrez les Allemands vont lâcher les Allemands ne lâchent pas oui vous verrez Mélanie va nous lâcher mais le problème c'est une question le problème essentiel de l'Union européenne c'est qu'ils n'ont pas de définition stratégique sur les objectifs de guerre c'est ça le problème essentiel sur l'Ukraine sur le Groenland sur tout ce qui se passe actuellement tu n'as pas de politique et de vision stratégique sur ce qui se passe pourquoi est-ce que Trump veut le Groenland il ne veut pas le Groenland parce qu'il s'est levé un matin c'est une question de contrôle des mers et de contrôle des routes commerciales et c'est ça le sujet c'est ça et donc nous quelle est notre politique de contrôle des routes commerciales depuis les routes de la soie par Xi Jinping quand tu regardes Ursula von der Leyen quand elle est arrivée comme président de la commission européenne elle avait lancé une initiative pour créer et contrecarrer la route commerciale chinoise et lancer des trucs ça ne s'est jamais fait ça ne s'est jamais fait c'est le problème l'autre point que nous on a c'est la deuxième puissance maritime du monde comme Annie Girardin qui était votre invitée est excellente l'autre point que nous on a donc au-delà des déficits qu'on a sur l'industrie et sur l'armée c'est de dire qu'est-ce que nous on aimerait faire du Groenland moi je pense que les américains si on propose comment on fait pour utiliser le Groenland comment on fait pour empêcher que ça tombe dans les mains des russes notamment et des chinois c'était pas une menace pour le moment et vous le savez très bien je pense que je pense que eux nous le laisseraient si par cas on proposait un plan qui soit cohérent pour dire voilà comment on va utiliser le Groenland voilà comment on va faire pour défendre le Groenland et voilà comment on va l'utiliser pour des questions économiques pour des questions commerciales non c'est pas le cas c'est pour ça que lui il le fait pourquoi est-ce que Trump arrive sur la plupart des sujets à la place des européens quand tu regardes non mais non mais non la politique américaine depuis Obama est à peu près la même c'est-à-dire que c'est pas Trump mais même avant mais même avant et même avant c'était comme ça l'objectif qu'eux ont c'est de se désengager du côté européen si les Européens arrivent à tenir ses champs or le problème qu'a eu l'Europe c'est contrairement à ce que tu dis elle a pas tenu son rang dans l'histoire sur l'Ukraine sur les différents sujets mais si c'est pas vrai non excusez-moi on a pas tenu le rang je ne peux pas te laisser dire ça mais si on a pas tenu le rang mais si on a pas tu ne peux pas faire du déni de réel comme ça en août Trump arrive avec Poutine avec son plan de paix qui s'oppose à ce plan de paix et pourquoi ce plan de paix qui était totalement la Pax russien William arrête c'est vraiment c'était un plan de paix pour la Russie qui s'oppose c'est l'Europe et parce que l'Europe met les pieds dans la porte et bien ce plan de paix c'est pas sur ça qu'ils nous attendent eux ce qu'ils nous attendent c'est comment on fait mais ces Américains nous entendent bien sûr on est des enfants non ce que les Américains attendent sur la guerre en Ukraine ils attendent rien du tout ils attendent racheter les minerais de la même manière non c'est pas vrai bien sûr mais c'est du business mais non mais ce qu'eux attendent depuis le début c'est que nous on se substitue à l'aide américaine pour que nous on reprenne les armes pour pouvoir aider les Ukrainiens c'est ça qu'ils attendent et comme on est en incapacité de le faire attend une seconde comme on est en incapacité de le faire et c'est pour ça qu'eux veulent se désengager du conflit et eux pensent ils ne veulent pas se désengager du conflit c'est un deal mais non mais sûr que s'ils veulent se désengager du conflit c'est pour ça qu'on est là c'est vraiment infernal en fait c'est juste c'est un deal commercial cette semaine il y a eu un bras de fer évidemment Trump non non c'est très intéressant mais juste il y a eu un bras de fer Trump-Union Européenne mais Donald Trump il a quand même particulièrement ciblé Emmanuel Macron c'est normal bien sûr parce que c'est Emmanuel Macron qui s'oppose c'est lui qui met le pied dans la porte excusez-moi je ne suis pas une macroniste turiféraire je suis quand même bien obligé de reconnaître que sur l'Ukraine et sur la question alors Davos c'est paroxystique et sur la question du Groenland celui qui entraîne le mouvement bien sûr que c'est Emmanuel Macron je comprends que ça fasse grincer à l'intérieur c'est pas ça il n'est pas candidat à sa réélection heureusement donc on peut être libre de dire des choses aimables sur lui vous voyez et des choses un peu objectives si on est objectif d'ailleurs tout le monde le reconnaît j'ai même entendu Jean-Philippe Tanguy dire je suis à fond derrière le président de la République donc il y a un moment donné moi je veux bien qu'on fasse du déni de réel comme notre ami William mais à un moment donné celui il faut suivre celui qui en août met le pied dans la porte amène tous les Européens pour éviter une pacte russe et surtout pour éviter le deal commercial entre Poutine et Trump pour se partager les richesses vous êtes en train de dire ce qu'ils veulent c'est qu'on se défendre tout seul mais non ce qu'ils veulent c'est mettre également la main sur les minerais et les terres rares de l'Ukraine et vous le saviez très bien notamment du Donbass donc nous sommes dans l'idée que c'est la France bien sûr qui est leader de ce mouvement et c'est assez normal en fait puisque là je rejoins William nous sommes dans un climat de guerre en tout cas de préparation de la guerre il est normal que la France par son histoire de l'enalignement mais par le fait qu'elle ait la seule puissance nucléaire autonome européenne même les britanniques qui ont besoin de la clé américaine bien sûr nous sommes la seule puissance autonome nous sommes la seule armée de projection de l'Europe les britanniques aussi mais beaucoup moins dans une moindre mesure nous sommes la seule armée de projection d'Europe nous sommes la seule puissance nucléaire de tout le continent et donc vous savez c'est l'histoire de Audiard quand un type flin quand un type armé parle à un autre type qui parle l'autre type l'écoute donc à partir du moment où la France est leader et véritablement il est normal que ce soit la France qui joue les premiers rôles c'est bien pourquoi est-ce que la France peut agir et tu l'as dit concrètement et c'est moi ce que je te dis et c'est ça le problème européen c'est qu'on a les moyens de notre action c'est-à-dire qu'on a une armée qui est autonome on a une diplomatie qui est puissante et on a des outils donc dit l'inverse tout à l'heure non mais non je te dis qu'en fait le seul moyen pour moi de riposter c'est d'avoir des outils seulement le problème ça s'appelle la dissuasion tu sais William l'armée nucléaire n'existe que pour qu'on s'en servait pas je te rappelle oui mais le nucléaire c'est uniquement pour protéger le territoire français il y a une question de doctrine sur l'Europe non c'est pas vrai c'est pas vrai puisque William tu m'interromps toutes les 5 secondes ça c'est compliqué donc je reprends donc on arrive à pouvoir et Macron a un poids parce que comme tu l'as dit il a des outils militaires et diplomatiques pour pouvoir le faire moi ce que je reproche à l'Union Européenne c'est de tenir des discours et de ne pas s'équiper militairement et industriellement pour pouvoir riposter ça c'est le premier élément et ensuite après Macron a raison parce qu'en fait Macron reprend et moi je pense qu'il y a des raisons diplomatiques mais aussi des raisons de fin de carrière c'est qu'en fait il reprend le même rôle que Jacques Chirac en 2003 Jacques Chirac est devenu très populaire quand il s'est opposé au nom quand il s'est opposé à la guerre en Irak et je pense que Macron est exactement sur la même trajectoire en se disant sur le dossier palestinien il s'était opposé à Netanyahou et à Donald Trump sur le dossier ukrainien il s'oppose à Donald Trump et à Vladimir Poutine

1:22:04
Invité

et sur le dossier du Groenland il s'oppose à Donald Trump et dessus il a raison de le faire le problème et le problème essentiel c'est le suivant c'est ce que je te dis c'est qu'en fait

1:22:12
Présentateur

les autres puissances ne veulent pas faire la même chose que nous c'est à dire ça n'est pas vrai hormis l'animal l'Italie se réarme c'est pas vrai pourquoi est-ce que vous dites ça pourquoi tu dis ça l'Italie se réarme oui mais pas suffisamment non mais bien sûr parce que c'est pas une industrie naturelle mais elle se réarme l'Espagne se réarme l'Italie est le meilleur en district que nous bien sûr et donc pour pouvoir le faire moi je pense que quand tu parles de réveil européen c'est un réveil qu'on dit et qu'on annonce depuis 2022 moi ce que je te dis c'est que dans les actes concrets sur les questions de réarmement sur les questions de vision stratégique et sur les questions de comment tu fais pour défendre les intérêts européens à chaque fois on subit les événements plutôt que de préparer les événements à venir par exemple c'est quoi notre politique par exemple qu'est-ce qu'on va faire par exemple sur Taïwan et sur la Chine ça va être un sujet qui va être posé bientôt qu'est-ce qu'on fait quand on se fait sur la question du Moyen-Orient qu'est-ce qu'on fait sur l'Afrique ça va être des sujets qui vont être véritablement importants et moi je pense qu'à long terme parce que Trump c'est un épiphénomène il sera plus là dans trois ans nous qu'est-ce qu'on va faire par rapport à un désengagement américain sur ces grandes régions du monde qui nous créent des tensions qui sont économiques migratoires et en termes de stratégie et moi je pense que c'est ça l'échec européen je pense que c'est ça l'échec européen parce qu'on est en incapacité

1:23:25
Invité

de pouvoir prévoir l'avenir

1:23:27
Présentateur

je pense que tu te payes de mots il y a beaucoup d'erreurs factuelles dans ce que tu dis ça n'est pas vrai que depuis 2022 nous ne faisons rien bah écoute sinon je pense que Poutine serait déjà à Kiev et aurait déjà annexé ça n'est pas vrai depuis 2014 d'ailleurs ça commence la Crimée et tu le sais très bien avec les accords de Minsk avec Merkel et François Hollande donc on ne peut pas se payer de mots et raconter tu te payes de mots c'est ça mon problème si tu veux sur l'Ukraine tu dis l'Europe ne fait rien bien sûr que c'est parce que c'est l'Europe qui résiste l'Europe déjà n'a pas abandonné Zelensky quand Zelensky est traité comme un pouilleux je pèse mes mots par Donald Trump qui après ça devient son meilleur copain évidemment une pèse de folie comme ça narcissique et bien l'Europe n'abandonne pas Zelensky l'Europe n'abandonne pas l'Ukraine sur le front la France prête ses canons César etc donc déjà commencer à faire ce type de prolégomène en disant depuis 2022 mais l'Europe résiste un petit est-ce que ça inverse le cours du conflit mais c'est en train de l'inverser puisque regarde ce que l'Europe a obtenu à la conférence des alliés à l'Elysée il y a quelques semaines l'Europe a obtenu malgré tout les désaccords de Trump l'Europe a obtenu la force d'interposition avec garantie par les Etats-Unis donc pourquoi est-ce que pourquoi est-ce qu'à un moment donné on ne dit pas les choses telles qu'elles sont bien sûr que l'Europe résiste depuis 2022 bien sûr que l'Europe résiste sur la crise mais on résiste mais on ne gagne pas François mais on ne gagne pas est-ce que Poutine a gagné sa guerre mais Poutine ne devrait déjà être à Kiev depuis trois ans déjà dans l'esprit de Vladimir Poutine c'était une guerre éclair qui devait durer un mois donc tu ne peux pas dire que l'Europe tu ne peux pas dire qu'on n'est pas en train d'inverser le cours de l'Europe mais François si tu réécris l'histoire non je ne réécris pas Poutine n'est pas à Kiev uniquement parce que pour des raisons européennes pourquoi est-ce que l'Ukraine arrive à résister au début c'est grâce à l'aide de Biden et d'administrations américaines mais le grand possible non mais François t'inverse le cours du conflit avec des armes t'inverse pas le conflit uniquement avec des aides humanitaires et avec des pré-bancaires je suis d'accord avec toi mais elle a sa propre armée l'Ukraine c'est déjà une armée très puissante je pense que c'est ça c'est pour ça qu'elle résiste ensuite après ensuite après pour reprendre toi tu dis en gros que tout se passe bien et que tout va bien je n'ai pas dit ça pourquoi est-ce que je n'ai pas dit ça mais j'inverse ton propos qui dit on est des nuls on fait rien mais bien sûr que c'est ça mais tu es dans la ligne mais écoute toute la droite française dit la même chose je comprends que je comprends que les événements vous donnent tort et que c'est tout à fait désagréable non mais toi tu dis que tout va bien et tout se passe bien je n'ai pas dit ça mais si tout va bien et tout se passe bien je n'ai pas dit ça je n'ai pas dit ça William pourquoi est-ce qu'on perd une grande partie de nos arbitrages moi ce que je te dis c'est que si on veut gagner moi je pense que les objectifs sont bons si on veut gagner c'est qu'il faut qu'on se réarme il faut qu'on se rééquipe sur le plan économique et ça fait pourquoi on ne le fait pas dans ce cas-là on arrive à la fin de ce débat qui aurait été animé agité au moins il y a eu du débat entre vous bah du coup le 40 de 3 tout le monde s'en fout dites-moi Françoise la belle histoire du jour c'est vous qui allez nous la raconter aujourd'hui c'est pas moi c'est vous je vais vous raconter cette histoire de région qui est juste extraordinaire notre amie Red Chef m'a dit t'as une minute donc tu fais une minute une entreprise familiale Henri Julien Henri Julien on va voir les images on parle des fameuses lunettes d'Emmanuel Macron des fameuses lunettes qui ont provoqué un buzz planétaire on est sur des centaines de millions de vues d'images de photos de une de breaking news ces fameuses lunettes qu'Emmanuel Macron en fait avait fait acheter pour faire un cadeau leur d'un G20 et quand ses équipes l'avaient ramené ils les avaient trouvées super belles donc elles sont fabriquées à Lonce-le-Saunier dans le Jura par la fabrique créée en 1920 Henri Julien ce sont des lunettes il faut 4 mois pour les fabriquer en réalité et bien ces lunettes ont tellement fait le tour du monde que l'entreprise italienne qui a racheté Henri Julien a vu sa capitalisation augmenter passer à 5 millions de dollars jeudi capitalement de boussière le site d'Henri Julien explose le PDG a dit arrêtez de vouloir commander notre site ne tient pas donc déjà au moins les lunettes c'est une très grande réussite française et voilà Lonce-le-Saunier Jura c'est pour une fois qu'on a une réussite industrielle on va tomber d'accord artisanal non pas pour une fois non mais c'est quand même non mais on salue cette très belle réussite industrielle française c'est magistral c'est magistral merci pour cette belle histoire Françoise merci beaucoup merci William P d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis on vous souhaite un excellent week-end à lundi Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat

Bonjour chez vous ! du 23 janvier 2026 — Sébastien Lecornu · Pourquijevote