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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 23 mars 2026 67 min

Municipales 2026 : Les Leçons du deuxième tour

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, ravie de vous retrouver. On est ensemble pendant deux heures, émission spéciale pour tirer les enseignements des résultats de ce second tour des municipales. Paris, Marseille, Lyon restent à gauche, mais l'un des enseignements est que la gauche échoue dans ses alliances avec la France Insoumise. C'est le cas à Toulouse, à Strasbourg, à Limoges ou encore à Tulle et Besançon. Besançon gagné par la droite qui, tout comme Avignon, Brest et Clermont-Ferrand, bascule.

Mais si la droite reste la première force locale, elle perd Saint-Etienne ou encore Nîmes. Un scrutin marqué également par la poussée du Rassemblement national et de ses alliés symbolisés par la victoire d'Éric Ciotti à Nice, le RN, qui prend également de nombreuses villes moyennes comme Virzon, Carcassonne, Agde ou encore Liévin dans le bassin minier, mais qui échoue dans de plus grandes villes à l'image de Marseille, Nîmes ou Toulon. Quels enseignements tirés de ces résultats ? Quelles conséquences politiques pour les sénatoriales et la présidentielle ? On va en débattre pendant deux heures.

Et puis on sera dans plusieurs villes, nos cinq envoyés spéciaux à Paris avec Thibaut Enoch, à Marseille avec Alexandre Poussard, à Toulouse avec Stéphane Duguay, à Bordeaux avec Guy Mettallard et puis à Lyon avec Stéphanie Despierre. Bonjour à tous les cinq et à tout de suite. On sera également à Toulon, à Nice, à Nîmes, à Poitiers avec la presse régionale. Et les municipales, vous le voyez, elles font la une ce matin de tous vos quotidiens régionaux. Dans une heure, notre grand débat politique. Quatre invités, Alain Joyandé pour les LR, Mathieu Vallée pour le RN, Chloé Riedel pour le PS et puis Laure Darkos qui représentera les marconistes.

Et pour commencer, nos quatre éditorialistes sont avec nous, Elisabeth Martichoux. Merci d'être là, Elisabeth Istréard. Bonjour Yves, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Stéphane Vernet de Ouest de France. Bonjour Stéphane. Bonjour. Et Mickaël Darmon. Bonjour Mickaël. Merci également d'être avec nous. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant deux heures. Bonjour chez vous, spéciale municipale. C'est parti. Et avant d'analyser, de tirer les enseignements de ce second tour, on va regarder les principaux résultats. Ils sont résumés par Clément Guillaume.

2:22
Invité

C'est une défaite cuisante pour Rachida Dati à Paris. Le candidat de la gauche, Auré Léfi, Emmanuel Grégoire, a largement remporté l'élection parisienne avec 50,52% des suffrages.

2:37
Hector Rolland

À celles et ceux qui craignent les temps qui viennent, je veux leur dire, n'ayez pas peur. N'ayez jamais peur. Paris sera là. Paris sera le cœur de la résistance à cette union des droites qui veut vous prendre ce que nous avons de plus précieux et de plus fragiles. La simple joie de vivre ensemble.

2:53
Invité

La gauche qui l'emporte également à Marseille. Le maire sortant, Benoît Payan, a été réélu avec 14 points de plus que son adversaire Franck Alizio du Rassemblement National qui pourtant la semaine dernière avait recueilli presque autant de voix que la gauche dans la cité phocéenne. La gauche qui garde aussi Lyon. L'écologiste et maire sortant Grégory Doucet l'emporte d'une très courte tête face à Jean-Michel Aulas. À peine plus d'un point les sépare. L'ex-patron de l'OL n'a pas tardé à réagir et dénonce des irrégularités.

3:20
Locuteur non identifié

Il y a probablement moins de 1000 voix ou un peu plus de 1500 voix de différence. Compte tenu des nombreuses irrégularités qui se sont produites pendant le scrutin, nous avons déposé un recours.

3:39
Invité

Du côté de la droite, plusieurs conquêtes à signaler. Les victoires à Avignon, Besançon ou encore Clermont-Ferrand mettent fin à plusieurs années d'une gestion à gauche. Au Havre, Edouard Philippe a été largement réélu. L'ancien Premier ministre l'avait annoncé. Sa victoire à Vraise était un prérequis à sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Il y a des raisons d'espérer car l'énergie, la volonté, l'audace, cette vertu bien française

4:03
Locuteur non identifié

sourient toujours à ceux qui, d'où qu'ils viennent, toujours de bonne volonté, se relèvent et portent une fois encore la fierté d'être à Vraise et la fierté d'être français.

4:13
Invité

A l'extrême droite, le chef du parti Jordan Bardella a estimé hier soir que le Rassemblement national réalisait la plus grande percée de son histoire avec des victoires à Orange, Carcassonne ou encore Liévin. A noter également la victoire du député UDR allié du RN Éric Ciotti à Nice issu d'un duel fratricide avec le maire sortant Christian Estrosi. Enfin, la stratégie du lieu entre la France insoumise et les socialistes ou écologistes n'a pas été couronnée de succès. Échec à Toulouse ou encore Limoges, LFI gagne moins d'une dizaine de villes, dont Roubaix.

4:46
Présentateur

Et on va regarder d'autres résultats. Des maires sortants battus coups de tonnerre à peau où l'ancien Premier ministre et maires sortants François Bayrou est battu de 344 voix. Autre figure battue, c'est André Léniel qui était maire d'Issoudun depuis 1977. Il était le vice-président délégué de l'association des maires de France. Des maires sortants, en revanche, sont reconduits. C'est le cas de Christophe Béchut à Angers, l'ancien ministre. C'est le cas également d'Arnaud Robinet, également membre d'Horizon comme Christophe Béchut qui, lui, est reconduit à Reims. Autre figure reconduite, c'est François Baroin, LR, qui est réélu à Troyes.

Du côté du Parti Socialiste, Mickaël Delafosse est réélu à Montpellier. Et puis Nicolas Mayer-Rossignol est réélu à Rouen. Et puis, il y a des retours. Celui de Catherine Trottmann qui redevient maire de Strasbourg. Et puis, Gilles Simeone redevient, lui, maire de Bastia. On va regarder les réactions politiques dans quelques instants. Mais d'abord, au vu de ces premiers résultats, peut-être un premier tour de table avec vous, Elisabeth. Si vous devez retenir un enseignement de ces municipales, c'est lequel ? Ah, c'est difficile, mais il y a 36 000 communes et tout le monde, hier soir, pouvait dire qu'il avait gagné le Rassemblement National.

Et tout le monde a dit qu'il avait gagné, d'ailleurs. Non, mais par exemple, c'est passionnant tout ce qui s'est passé. Le Rassemblement National progresse fortement, se heurte toujours au plafond de verre des grandes métropoles. Un seul. Mais il y en a plein. Je pourrais aussi dire que, par exemple, le Parti Socialiste et LR, qui sont très faibles nationalement, restent très puissants localement. Vous voyez comme la lecture est passionnante. Et on aura le temps, on a une heure ensemble pour tout détailler. Un enseignement, Stéphane ? Moi, ce que je retiens, c'est que les femmes politiques de ce pays sont des chats. Ils retombent toujours sur leurs pattes.

Hier soir, c'était comme au premier tour. C'était ambiance Jacques Martin, l'école des fans. Vous n'avez pas connu, vous êtes trop jeunes, mais tout le monde a gagné. Donc voilà. Ceci mis à part, en fait, chacun faisait valoir ses victoires en oubliant de rappeler ses échecs ou ses défaites. Tout le monde en avait. Je pense quand même que ceux qui perdent le plus à l'issue de ce second tour, ce sont les écologistes. Les écologistes qui ont perdu un certain nombre de villes qu'ils avaient gagnées la dernière fois. Je pense à Bordeaux, Poitiers, Besançon, Strasbourg, même Bègle. Et le cas de Lyon, par exemple, qui est tout à fait intéressant.

Parce qu'à Lyon, vous avez une alliance, une fusion écologiste et des filles pour la ville. Ils gardent la ville. Pas pour la métropole. Et ils perdent la métropole. Et ça, je trouve que c'est assez emblématique aussi de ce qu'on... Enfin, ça fait partie des choses qu'on peut retenir à l'issue de ce second tour. Et on ira à Lyon dans quelques instants. Yves, un enseignement, un gagnant en perdant ? Non, oui. Moi, le principal enseignement, c'est le retour du clivage gauche-droite. Et c'est ça qui va être intéressant en vue de la présidentielle. C'est que je pense quand même qu'on va revenir sur un clivage assez fort entre la gauche et la droite. Donc, on va voir ce qui va se passer.

Et effectivement, ces deux partis, le Parti Socialiste et LR, qui sont des partis en perdition sur le plan national, sont forts localement. Mais vous allez voir que l'un et l'autre risquent, dans les jours à venir, d'imploser. D'imploser. On l'a vu, avec des discours très différents des uns et des autres à l'intérieur de ces deux formations. Monsieur Wauquiez ne dit pas la même chose que Bruno Retailleau. Et M. Fort est très contesté à l'intérieur du Parti Socialiste, à cause de ces alliances qui ont été qualifiées par la droite d'accord de la honte. On va voir, ça va être intéressant. Michael ?

8:28
Hector Rolland

Moi, ce que je retiens, c'est que, alors qu'on a souvent eu l'occasion de critiquer les sondages, il avait annoncé une sorte de front républicain anti-LFI. Il a fonctionné. C'est-à-dire que LFI fait perdre. L'alliance avec LFI a fait perdre. On peut présenter comme contre-exemple Nantes, mais en réalité, Nantes n'avait pas besoin de LFI pour gagner. Donc, on voit bien que, quelque part, le message de ce soir, c'est quand même que, effectivement, cette union de la gauche, entre guillemets, avec la France insoumise, ne fonctionne pas auprès des électeurs et fait perdre des villes. Et, à contrario, lorsqu'il n'y a pas eu d'alliance, les socialistes ont remporté des villes.

9:14
Présentateur

Allez, on va revenir en détail sur tous les enseignements que vous venez de tirer. Et on va commencer notre Tour de France des villes. On va à Paris pour débuter. Bonjour Thibaut Hénoc. Merci beaucoup. Vous êtes à l'Hôtel de Ville de Paris. Paris qui reste, Thibaut, entre les mains de la gauche avec une victoire écrasante d'Emmanuel Grégoire.

9:31
Invité

Oui, la place de l'Hôtel de Ville est redevenue calme ce matin. Mais, hier soir, on y a fêté la victoire, effectivement, écrasante de la gauche à Paris pour la cinquième fois consécutive. La gauche, menée par Emmanuel Grégoire, ainsi que ses alliés écologistes et communistes, conservent la capitale avec 50,5% des voix. C'est mieux que Bertrand Delano et, en 2001, ou encore qu'Anne Hidalgo, il y a six ans, une victoire qui a d'ailleurs scellé la réconciliation entre Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo.

Arrivé vers 22h à Vélib, ici à l'Hôtel de Ville, Emmanuel Grégoire a été reçu par une accolade par Anne Hidalgo qui a salué sa victoire et qui lui a remis les clés, d'énormes clés symbolisant les clés de l'Hôtel de Ville que la gauche va donc conserver, comme elle le fait depuis désormais 25 ans, une gauche unie. Mais sans LFI, la candidate insoumise Sophia Chikirou, qui s'était maintenue, avec qui Emmanuel Grégoire avait refusé de faire alliance, totalisant 8% des voix contre 11% au premier tour, signe qu'un report des voix a bien eu lieu à gauche, à gauche et au centre aussi, puisqu'une partie de l'électorat de Pierre-Yves Bournazel s'est manifestement tournée vers le candidat socialiste.

10:45
Présentateur

Et autre enseignement, Thibault, à Paris, c'est la défaite personnelle de Rachida Dati.

10:50
Invité

Oui, difficile d'analyser les choses autrement. Avec 40,5% des voix, Rachida Dati a bénéficié de scores favorables dans l'Ouest parisien, mais elle ne sera jamais parvenue à combler l'écart creusé par Emmanuel Grégoire dès le premier tour. Pire, le nouveau mode de scrutin qu'elle avait voulu et qu'elle pensait lui être favorable, c'est en partie retourner contre elle. Certains électeurs de droite ayant découplé leur vote entre la mairie d'arrondissement et la mairie de Paris, signe d'une forme de rejet personnel. Ni l'alliance avec le centre de Pierre-Yves Bournazel, donc ni le désistement de Sarah Knafo à l'extrême droite n'auront suffi.

La candidate, elle a reconnu les larmes aux yeux de ne pas avoir réussi à convaincre.

11:32
Présentateur

Merci Thibault, et on vous retrouve tout à l'heure. L'enseignement de Paris, c'est d'abord la défaite de Rachida Dati. Oui, c'est un résultat très important. Alors, ce qui est intéressant, ce sont les explications de cette défaite. Les explications de cette défaite, c'est un, probablement qu'il y a difficulté à rassembler la droite dans cette capitale, parce que la droite était morcelée en trois morceaux. M. Bournazel, Mme Nafo, Mme Dati, ça c'est la première chose.

La deuxième chose, c'est que probablement que le profil de Rachida Dati n'a pas fait l'unanimité, je dirais, dans l'électorat de droite au sens large, parce qu'il y avait son procès à la rentrée du mois de septembre, parce qu'il y avait aussi un rejet de sa personne, parce qu'elle appartenait, et ça c'est beaucoup de personnalité, enfin de personnel politique en a souffert, c'est parce qu'elle a participé à un gouvernement d'Emmanuel Macron, elle a été ministre de la Culture d'Emmanuel Macron, et à mon avis ça, ça n'a pas plu, et ça n'a pas plu probablement à une partie de l'électorat de droite qui a vu là une espèce de reniement de sa famille d'origine.

Donc ça c'est un troisième enseignement. Et quatrièmement, parce qu'il y a une sociologie à Paris, en dépit effectivement, alors excusez-moi des clichés, mais de la droite, de la bourgeoisie, des quartiers ouest, c'est pas suffisant, et je sais qu'elle comptait beaucoup sur cet électorat-là pour la soutenir, mais c'est pas suffisant parce que vous avez aussi un électorat qui est tout à fait différent, qui est d'une culture politique différente sur le reste de la capitale, et ça, bon, malheureusement pour elle, elle n'y peut rien. Elisabeth, est-ce que c'est la droite qui perd à Paris, je l'ai dirigée par la gauche, ou est-ce que c'est vraiment une des fêtes personnelles de Rachida Dattier ?

Les deux, c'est la combinaison des deux. Moi, ce qui me frappe, mais Yves l'a un peu esquissé, c'est que la France est à droite et Paris est à gauche, et Paris reste très à gauche parce qu'elle est spectaculaire. Vous savez, le grand score d'Emmanuel Grégoire, plus quand même le score de Sofia Chikirou, ça fait une victoire écrasante, comme vous l'avez dit à gauche. Rachida Datti, elle est extraordinairement clivante, elle n'a pas fait une très bonne campagne, elle est partie très tard, elle s'est accrochée au ministère de la Culture, elle a bénéficié d'un soutien à bout de bras d'Emmanuel Macron. C'est aussi une défaite pour l'Élysée, qui jusqu'au bout aura pesé.

Je ne pense pas qu'Emmanuel Macron ait passé un coup de fil à Sarah Knafo, franchement, contrairement à ce qui a été dit. On sait qu'il a passé un coup de fil en France. C'est Nicolas Sarkozy, évidemment. Mais de fait, quand même, Emmanuel Macron s'est investi en coulisses pour cette bataille et Rachida Datti a perdu sur son nom. C'est sa deuxième défaite à Paris. Je ne sais pas ce qu'elle va devenir maintenant politiquement, parce que c'est très dur pour elle. Est-ce que c'est la fin de la vie politique de Rachida Datti ? C'est une question qu'on peut poser. Rachida Datti, elle ne va pas se laisser... On est sur des ressorts, quand même.

Voilà, elle a dû, effectivement, elle a de l'énergie à des ressorts, mais hier soir, il était cassé, le ressort. Et quand elle a pris acte de façon digne de sa défaite, comme c'est souvent le cas à droite, d'ailleurs, quand on perd la droite républicaine, eh bien, on se demandait comment elle allait rebondir et si ses saillies au Conseil de Paris seraient toujours aussi puissantes face à un Emmanuel Grégoire qui a réussi, lui, son pari contre deux femmes. D'abord Anne Hidalgo et surtout Rachida Datti. Trois, même, contre Sophia Shikiru aussi, parce que c'est aussi la victoire de... Est-ce que c'est aussi la victoire de la non-alliance entre l'EPS et la France insolite ?

15:27
Hector Rolland

Clairement, oui, on l'a dit, on voit bien que c'était aussi une forme de cohérence, justement, à contrario d'un personnage assez incohérent dans ses choix, dans son parcours, en tout cas jugé comme tel par les électeurs, c'est-à-dire celui de Mme Datti. C'est aussi, au fond, ça montre aussi, parce que le mot vient d'être prononcé, l'énergie, ça ne suffit pas. Les punchlines, ça ne suffit pas. Être clivant, ça ne suffit pas. C'est même contre-productif. En réalité, le message qui est envoyé, c'est aussi, plus globalement, c'est aussi peut-être un message d'apaisement. On pourrait y revenir, mais ce qui s'est passé à Strasbourg est pour moi très emblématique.

D'abord parce que, quelque part, entre les deux tours, le macronisme s'est éteint, parce que, quelque part, l'alliance de Catherine Trottmann avec Horizon, c'était la matrice originelle depuis 2017, qui était portée par tous les macronistes. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Les chefs de partis ont retiré leur soutien à un système, un dispositif politique qui, justement, devait valider ce qu'ils faisaient depuis 10 ans. Or, et c'est ce qui a gagné. Donc ça aussi, il faudra le voir. C'est-à-dire que peut-être la polarisation qu'on aime bien raconter, qu'on aime bien pointer, peut-être n'est-elle pas aussi efficace que cela.

16:46
Présentateur

– Et un mot en plus sur Paris, il y avait un changement du mode de scrutin. On avait dit plus favorable à Rachida Dati, il n'en a rien été. Mais il y a encore des arrondissements où les maires de droite font beaucoup plus que Rachida Dati. – Oui, alors, effectivement, le changement de mode de scrutin n'a pas été favorable à Rachida Dati. Moi, je vois autre chose sur Paris, en fait. Je trouve que Paris, c'est l'incarnation de l'échec du macronisme, la capacité du macronisme à gagner de grandes villes et à s'implanter. C'est quand même spectaculaire.

Regardez, ce qui s'est passé en 2017, c'est que sur la base des résultats de la présidentielle, puis des élections européennes de 2019, etc., on avait un camp macroniste, le camp présidentiel, qui était persuadé que Paris, sociologiquement, lui était acquise et que la ville allait tomber dans son escarcelle. Et vous avez deux fois, en fait, où cette espèce de centre-droite qui est en fait incapable de s'entendre part à la bataille de manière complètement divisée. Souvenez-vous de 2020, il y avait Cédric Villani face à Benjamin Griveaux, puis Agnès Buzyn, et le résultat, c'est qu'ils pensaient que c'était tout cuit, ils perdent.

Et là, cette fois-ci, on a Rachida Dati qui vient, qui est pilotée par le président de la République, on le sait tous, et comment Pierre-Yves Bournazel et la division, l'erreur de casting, fait qu'ils ratent à nouveau la marche, en fait. Donc, ça fait deux fois, et je trouve que c'est beaucoup, et ça devient, je trouve que c'est assez emblématique de leur incapacité, en vérité, à s'implanter dans la durée. – Et il faudra voir aussi les reports de voix, quand on en saura plus étudier les reports de voix de Pierre-Yves Bournazel sur Rachida Dati, est-ce qu'ils se sont faits ?

– Oui, mais ce que ça montre aussi, et c'est intéressant, c'est que les municipales, c'est un ancrage, et que ce n'est pas parce qu'il y a un président de la République qui se fait élire sans avoir gagné aucune élection locale, que l'intérieur s'entraîne effectivement une victoire législative, mais les municipales, c'est particulier, il faut s'implanter, il faut labourer, et c'est vrai que le parti d'Emmanuel Macron, de ce point de vue-là, n'a pas réussi à le faire, donc c'est une question de stratégie politique, c'est aussi une question de politique toute courte, d'exercice de la politique locale qui n'a pas été pratiquée. – Et très vite, parce qu'on allait à Marseille.

– Un rappel, hier vous avez Gabriel Attal qui disait on a doublé le nombre de nos maires élus, plus de 200 maires élus, c'est formidable, mais 200 maires par rapport à ce que tient le PS ou les Républicains, c'est pinate, c'est vraiment que dalle en fait. – On va aller à Marseille, Marseille qui reste aussi à gauche, la deuxième ville du pays, Alexandre Poussard, on vous retrouve sur le vieux port de Marseille, le Rassemblement National qui échoue donc à remporter la ville, c'est une large victoire du maire sortant, Benoît Payan.

19:27
Invité

– Et oui, Benoît Payan, élu dans un fauteuil à la mairie de Marseille, comme le titre, le journal La Provence ce matin, sa liste du printemps marseillais qui rassemble notamment socialistes, écologistes et communistes, a récolté 54,3% des voix, devant celle du Rassemblement National, emmené par Franck Alizio avec 40,3% des suffrages et très loin devant la liste de la droite et du centre de Martine Vassal qui n'a récolté que 5,3% des voix.

Alors qu'il était sorti au coude à coude du premier tour avec le Rassemblement National, Benoît Payan a bénéficié au second tour des reports de voix des électeurs insoumis puisqu'on le rappelle, il avait refusé une alliance avec la France Insoumise avant le second tour et d'une certaine manière forcée Sébastien Delegue, le candidat insoumis, à se retirer pour faire barrage au Rassemblement National. Une sorte de front républicain à Marseille s'est constitué hier autour de Benoît Payan pour éviter une victoire du RN dans la deuxième ville de France.

Et puis le maire sortant de Marseille a également mis fin à un procès en illégitimité qui lui était fait depuis 6 ans puisqu'on le rappelle, en 2020, il n'avait pas été élu, il avait remplacé l'écologiste Michel Rubirola au bout de 6 mois de mandat. Et hier soir, Benoît Payan rappelait qu'avec son score, jamais un maire de Marseille n'avait rassemblé autant de voix depuis 1977.

20:47
Présentateur

Merci beaucoup Alexandre. Hélène de la Provence, vous nous l'avez montré, Payan dans un fauteuil. Il y a plusieurs enseignements à tirer de Marseille. On va peut-être commencer par ce qui s'est passé à gauche. Là aussi, très clair, Benoît Payan, dès le lendemain du premier tour, il est allé redéposer sa liste, pas d'alliance avec la France Insoumise et ça a poussé la France Insoumise à se retirer.

21:05
Hector Rolland

Oui, ça a poussé la France Insoumise à se mettre en cohérence puisque la dénonciation permanente du danger fasciste, entre guillemets, faisait qu'il fallait absolument se retirer. Ce qui a été fait, ça lui a certainement apporté, évidemment, un réservoir de voix, mais ce n'est pas certain non plus. Il faudra voir exactement comment les reports se sont exercés. Ce qui me frappe surtout à Marseille, c'est qu'en réalité, on a vu aussi, de manière moins spectaculaire qu'Anis, mais on a vu aussi le même mouvement d'électeurs de la droite qui se sont reportés, le score de Martine Vassa le montre très clairement, sur Franck Alizio.

Et ça, c'est aussi un des enseignements de ce scrutin, c'est-à-dire le fait que pour les électeurs, en particulier dans le sud de la France, on le voit, la fusion avec le RN n'est même pas un sujet.

22:03
Présentateur

Oui, effectivement, le score frappant de la droite marseillaise est un peu plus de 5%. Elisabeth, il y a encore 6 ans, Jean-Claude Godin dirigeait la ville et ce, pendant 25 ans, 5% la droite marseillaise. Oui, mais il n'est pas Jean-Claude Godin qui veut. Et lui avait réussi à rassembler. Marseille, quand même, représente la résistance au RN aujourd'hui parce que Franck Alizio a fait le seul gros score dans une ville de cette importance. On rappelle Thierry Mariani, 1,7 à Paris. Franck Alizio, au deuxième tour, alors il a raté. Voilà, il a raté le coche. Paris raté pour le Rassemblement national alors qu'à Nice, Eric Ciotti alliés au RN, on en parlera sans doute,

22:48
Locuteur non identifié

triomphe.

22:50
Présentateur

Donc la droite marseillaise, 5%, c'est une humiliation. La droite n'y arrive pas. Effectivement, elle est comme effacée de Marseille avec des conséquences aussi sur la métropole, ce qui évidemment est intéressant. Puisque Martine Vassal présidait la métropole d'Aix-Marseille. Marseille n'a jamais été une ville de droite. Jean-Claude Godin n'était pas un maire de droite, c'est ce que j'ai dit la semaine dernière. C'est une ville très particulière. C'est la ville où il y a le plus d'éligibles, de personnes éligibles au RSA. C'est une ville très pauvre au Marseille. Et ce qui est intéressant, ce n'est pas tellement le score de la droite.

Parce qu'il y a une grande partie de l'électorat de Mme Vassal qui est allée voter... Mais est-ce que ça montre la porosité, justement ? Ce que j'allais vous demander, Yves. Pour osité électorat LR et électorat RN ? Ils sont allés voter Payan. Il faut le dire. Ils ne sont pas allés voter au Rassemblement National. Ils sont allés voter Benin Payan pour vous ? Mais bien sûr. Attendez. Sinon, M. Alizio ferait un score bien supérieur. Et ce qui est intéressant, c'est l'échec du Rassemblement National depuis Jean-Marie Le Pen, puisque c'est quand même la ville symbole. L'échec du Rassemblement National et du Front National avant lui pour capter cette ville.

On s'est toujours fait peur avec Marseille. Enfin, on s'est toujours fait peur. Je m'entends. On a toujours dit c'est là que le Rassemblement National ou le Front National va arriver. Et bien non. Non, parce que c'est une sociologie particulière. Le score est très élevé quand même. On ne peut pas comparer avec Nice et Ciotti. Arrêtons ces comparaisons-là. Ciotti et Strosi, ce n'est pas une question d'extrême droite et de droite. C'est une question de personnalité. C'est une question d'usure. C'est une question... Voilà, c'est tout. On va aller à Nice. On va aller à Nice. Promis. Mais Nice et Toulon. Parce que Toulon, c'est une autre ville justement qui était scrutée. Ça n'a pas marché.

C'est une crise potentielle du Rassemblement National. Ça n'a pas marché non plus, Guilhem Ricaville. Toulon, on peut comparer Toulon à Marseille. Mais on ne peut pas comparer Toulon à Nice. On va le faire dans quelques secondes. On va juste écouter Guilhem. Guilhem qui est avec nous depuis Toulon. Bonjour Guilhem, directeur éditorial de Varmatin. Vous allez nous analyser ce qui s'est passé dans votre région. On commence par Toulon. Là aussi, c'était une cible du Rassemblement National et Laure Lavalette a échoué.

24:58
Locuteur non identifié

Oui, c'était effectivement une cible du Rassemblement National et Laure Lavalette disait à qui il voulait l'entendre depuis plus d'un an que c'était une évidence qu'elle serait maire de la ville. C'est un échec, très clairement, pour le Rassemblement National puisque c'est José Massy, la maire sortante, qui s'impose au final, hier soir, au terme de ce second tour. Laure Lavalette a reconnu un échec. Elle a parlé d'un échec personnel qu'elle assumait totalement.

On a vu les visages fermés, parfois même des pleurs d'ailleurs dans son QG de campagne parce que c'est une réelle déception pour le parti de Jordan Bardella qui comptait bien faire un symbole d'une ville déjà gagnée par le Front National en 1995. Alors c'est un échec à Toulon mais si on traverse la Rade juste en face à la Seigne-sur-Mer, deuxième ville du Var, à l'inverse, c'est une vraie réussite pour le parti de Marine Le Pen puisque Dorian Munoz, lui, remporte l'élection dans le cas d'une quinquangulaire un petit peu particulière. La gauche n'avait pas pu s'entendre et était partie divisée. La droite républicaine l'était également.

Conséquence, c'est donc un jeune élu Rassemblement National qui remporte la deuxième ville du Var qui longtemps pourtant était une ville ouvrière qui votait à gauche voire même très à gauche. Ça a donc été une surprise. À quelques kilomètres de là, toujours dans le Var, à Sifour, les plages, plus exactement soirée à suspense également puisque le maire sortant, Jean-Sébastien Vialat, s'imaginait reconduit et il aura fallu tout juste 21 voies pour qu'il perde la mairie au profit du député Rassemblement National Frédéric Boccaletti. Autre petite commune également dans le Var où le Rassemblement National s'impose, Salernes, très connu pour ses carreaux de terre cuite.

Là aussi, c'est un très jeune maire qui prend la main. Donc, pas de réussite à Toulon mais réussite dans des communes plus petites dans le Var ce qui fait ce matin la joie du Rassemblement National mais qui ne fait pas oublier pour autant cet échec majeur au bord de la Rade.

27:03
Présentateur

Si on va plus loin dans le département voisin Guilhem, Nice, cinquième ville de France remportée par l'allié du Rassemblement National Éric Ciotti.

27:12
Locuteur non identifié

Oui, véritable camonlouflet pour le maire sortant Christian Estrosi à la tête de la ville de Nice pendant 18 ans et qui donc enregistre un score très décevant plus de 10 points d'écart entre Éric Ciotti et Christian Estrosi.

La stratégie de l'union des droites semble-t-il fonctionner dans les Alpes-Maritimes sans doute aussi et vous le disiez en plateau à l'instant l'usure peut-être de ce qu'imprimait Christian Estrosi à Nice à peser dans cette élection toujours dans les Alpes-Maritimes du côté de Menton on regardait aussi de près ce scrutin où était engagé le fils de Nicolas Sarkozy qui n'était pas arrivé en tête loin sans faux lors du premier tour qu'il s'était allié à l'autre candidate de droite là aussi ce n'a pas fonctionné et c'est la députée Rassemblement National Alexandra Masson qui remporte la ville du Citron Menton.

28:11
Présentateur

Merci beaucoup Merci Guilhem la une de Varmatin c'est Massy barre la route ce qui s'est passé à Toulon la une de Nice ce matin le triomphe d'Éric Ciotti merci beaucoup et puis Autreville vous en avez cité pas mal Guilhem mais Autreville remportée par le RN ou l'UDR Carcassonne Liévin dans le bassin Minier Agde la Flèche c'est dans la Sarthe Tarascon Orange où le RN met fin au règne Bompard et remporte la ville et puis l'UDR qui en plus de Nice remporte la ville de Montauban c'est dans le Tarn et Garonne Stéphane on le voit Guilhem il a résumé bilan mitigé pour le RN il y a une progression très forte du RN il y a une poussée moi je ne parlerai pas de percée mais c'est comme pour la France Insoumise ils ont des vrais succès mais le récit politique consiste à dire qu'ils ont fait une percée formidable ce n'est pas une déferlante non plus il y a un certain nombre d'échecs pour le RN qui avait des objectifs très forts et qui rate Marseille qui rate Toulon alors peut-être qu'après le premier tour les choses étaient étaient faites mais avant le premier tour tout le monde pensait que lors la Vallette prendrait cette ville il y a Nîmes aussi qui était censé tomber dans l'escarcelle du Rassemblement National ou Lens par exemple en fait ce sont des villes qui ne basculent pas par contre dans les sous-préfectures donc c'est-à-dire des villes moyennes ça c'est vrai dans le Nord dans le Grand Est beaucoup sur l'arc méditerranéen beaucoup dans le Sud-Est un peu dans le Sud-Ouest il y a une très forte poussée progression du Rassemblement National qui aura des conséquences qu'on verra notamment au Sénatorial moi je pense qu'ils auront un groupe ça me semble assez évident mais c'est pas une ils peuvent pas revendiquer une victoire franche et massive du fait d'avoir raté Marseille Toulon Mais est-ce qu'ils peuvent revendiquer de nouvelles zones de conquête parce qu'il y a le Sud-Est dont nous a parlé Guilhem il y a le Nord le Pas-de-Calais mais ils ont aussi des mers en Moselle dans la Sarthe des territoires où ils n'avaient pas de ville

30:09
Hector Rolland

Ce qu'ils peuvent revendiquer c'est le fait d'avoir bien réfléchi en un moment

30:13
Présentateur

Pas de grandes villes

30:13
Hector Rolland

C'est-à-dire qu'en réalité ils ont ciblé et c'était Bardella et Le Pen expliquaient déjà depuis des mois avant la campagne municipale le ciblage sur effectivement les villes moyennes les villes où les habitants se sont abandonnés par le pouvoir où on a des difficultés à vivre au quotidien ces villes-là ont été ciblées et quelque part bien sûr il y avait les grands symboles et on est focalisé sur l'échec ou le résultat très mitigé dans les villes symboles mais il est vrai que par exemple je pense que pour le Var il est beaucoup plus significatif pour le RN d'avoir gagné la Seine-sur-Mer effectivement ville ouvrière pour les chantiers navals depuis les lustres et d'avoir récupéré encore au fond un électorat populaire et ça lorsqu'on va commencer à réfléchir dans quelques minutes sur ce qui va se passer pour 2027 c'est quand même un résultat majeur et juste pour finir sur le Cassiotti je pense qu'on n'est pas uniquement sur une question d'antagonisme personnel il a fait valider électoralement son choix politique qui était de faire le mouvement et de s'arrimer au RN ça a été électoralement validé on voit bien qu'il y a eu d'autres tentatives Bardella a tenté de le faire dès le premier tour la semaine dernière ça n'a pas fonctionné de manière probante mais à Nice il est vrai qu'Eric Ciotti va pouvoir être maintenant le sas d'accueil de beaucoup d'élus qui pourraient il y a des choses qui sont intéressantes il y a des choses qui sont intéressantes Juste parce que

31:51
Présentateur

Nice était à la une du New York Times hier matin Yves puisque vous parliez de cette ville qui est très particulière le New York Times qui titrait sur Eric Ciotti qui fait entrer l'extrême droite dans une grande ville française les américains regardaient Nice c'est une erreur d'analyse incroyable je vais vous raconter pourquoi allez-y prenez le programme de Ciotti et prenez le programme d'Estrozi c'est le même il y en a un sur la sécurité très intéressant et je l'ai vécu pendant le débat que j'ai eu l'honneur d'animer avec Marie Chantret Monsieur Estrosi est pour la vidéosurveillance il met le paquet là-dessus et qu'est-ce que nous raconte Monsieur Ciotti je suis contre la vidéosurveillance est-ce que vous trouvez ça logique il est contre la vidéosurveillance parce qu'il dit que c'est complètement inutile que ça retire des gens du terrain et que vous voyez donc attention à ça sincèrement est-ce que vous croyez que Ciotti il a quelque chose sincèrement c'est une histoire de bourgeois c'est une équation c'est une équation particulière nice très particulière d'Éric Ciotti qui a longtemps été à l'RUMP et il ne faut pas en tirer une leçon pour 2027 sur une union des droits là-dessus sincèrement attention il ne faut pas en tirer de leçon de toute façon il ne faut tirer aucune leçon qui consisterait à prendre les scores des différents partis et les transposer à la présidentielle ce serait une erreur on rappelle la radia des verts en 2020 et le score des verts à la présidentielle et d'ailleurs on va parler du score des verts au municipal maintenant mais donc ce qu'on peut tirer comme leçon c'est des stratégies quand même d'alliance est-ce que alors cette alliance-là qui est plus qu'une alliance qui est vraiment un rapprochement structurel entre Eric Ciotti et Marine Le Pen est transposable on le verra moi je pense quand même que c'est une brèche et que une brèche mais oui que c'est une brèche et que donc on ne peut pas complètement décorréler la puissance de l'extrême droite de la conquête du Rassemblement National du travail a été fait les esprits sont préparés la France est en cas colère et c'est Estrosi à cause de son usure et sans doute de ses affaires etc.

aussi qui a payé cher mais quand même ce n'est pas complètement décorréler d'un climat qui est favorable au Rassemblement National et aujourd'hui la personnalité de Ciotti son programme peut-être un peu décalé par rapport aux fondamentaux du RN mais enfin quand même sincèrement la veste d'Alizio à Marseille on a très longtemps dit qu'Eric Ciotti était plus près de l'extrême droite alors qu'il était encore patron de l'LR c'est une veste à Marseille pour Alizio c'est une grosse veste parce que normalement la ville aurait dû tomber sincèrement et d'ailleurs tout le monde le pensait parce que ça c'est vraiment une ville populaire une ville qui aurait pu tomber dans l'escarcelle du RN et le score et le score est un score écrasant pour Payan qui n'était pas maire sortant mais qui n'avait pas été élu en 2000 Juste un dernier mot dans les Alpes-Maritimes Eric Ciotti félicité par David Lissnard maire de Cannes lui est largement réélu au premier tour David Lissnard un ancien LR mais qui l'invite néanmoins à sortir de son alliance avec le RN

35:11
Hector Rolland

Oui bien sûr et ça c'est évidemment David Lissnard dans ce point de vue-là il est dans cette logique-là mais souvenons-nous aussi qu'à la veille du scrutin Bruno Retailleau patron de LR n'a pas voulu soutenir Christian Estrosi donc il sait aussi très bien qu'il se passe quelque chose du côté Il n'a pas voulu

35:30
Présentateur

parce que c'est Ciotti

35:31
Hector Rolland

parce que c'est Ciotti et parce qu'il sait aussi qu'il se passe quelque chose chez les électeurs de droite et ça lorsqu'on reviendra sur une élection beaucoup plus personnalisée bien évidemment comme naît l'élection présidentielle on le verra aussi

35:44
Présentateur

Alors ça a suscité un tollé Il n'y a pas un cadre LR qui a suivi Bruno Retailleau Vous disiez qu'il y aurait des règlements de comptes à Ok Corral Effectivement OPS et LR ça va être discuté Et on suivra réunion de groupe demain ici au Sénat avec les LR avec Gérard Larcher Bruno Retailleau Dominique Estrosi également Estrosi-Sassonne qui était sur la liste de Christian Estrosi les enseignements seront intéressants Autre enseignement de la soirée c'est l'échec dans de nombreuses villes de l'alliance des alliances entre la France insoumise et la gauche C'est le cas notamment à Toulouse où on retrouve Stéphane Duguay Bonjour Stéphane Toulouse qui garde son maire après une campagne très tendue Jean-Luc Moudinck réélu face à l'alliance LFI-PS qui était menée par l'insoumis François Picmal Oui et vous le voyez c'était à la une de la dépêche ce matin la large victoire de Jean-Luc Moudinck avec 53,87% des suffrages une victoire avec 13 000 voix d'avance et celle-là et bien peu de monde l'avait vu venir puisqu'il avait donc ses 13 000 voix d'avance sur son candidat sur le candidat insoumis le candidat de la gauche unie un écart que les sondages n'avaient pas mesuré on annonçait plutôt un match très serré finalement Jean-Luc Moudinck a déjoué les calculs mathématiques parce que face à lui l'alliance LFI-PS n'aurait dû l'emporter si on additionnait les résultats du premier tour mais ce n'a pas été le cas au QG de François Picmal la déception était palpable il y avait des centaines de militants qui étaient présents finalement Toulouse reste à droite mais pour autant au QG de Jean-Luc Moudinck hier soir il n'y a pas eu d'explosion de joie particulière il n'y avait pas de militants présents seulement l'équipe de campagne du candidat et les journalistes après une déclaration à la presse Jean-Luc Moudinck s'est attaqué au mélanchonisme qu'il juge dangereux et ensuite le maire sortant a rejoint l'hôtel de ville que vous voyez derrière moi place du Capitole à Toulouse il a été félicité par ses colistiers et par les personnes qui étaient présentes dans la mairie dans le même temps à son QG François Picmal devant ses militants promettait la naissance d'un espoir pour l'avenir en tout cas cette défaite de la gauche à Toulouse ce n'est pas vraiment une surprise cette ville elle vote à gauche aux élections nationales régionales départementales mais en ce qui concerne les élections municipales la ville reste à droite la gauche n'a gagné qu'une fois en 50 ans c'était en 2008 mais ce résultat Auriane vous l'avez dit il montre aussi les limites des alliances entre le parti socialiste et la France insoumise et c'est d'une certaine manière ce résultat il donne raison à ceux qui comme Carole Delga présidente de la région Occitanie dénonçaient ces fusions et demandaient plutôt des alliances claires à gauche en tout cas aujourd'hui c'est le début d'un troisième mandat pour le maire d'hiver droite Jean-Luc Moudin qui s'est à Toulouse Merci Stéphane à tout à l'heure et autre ville où l'alliance PS-LFI a échoué comme à Toulouse c'est Clermont-Ferrand ville socialiste depuis plus de 80 ans qui bascule à droite Julien Bonny l'emporte avec 34% des suffrages la droite qui fait également basculer Brest qui était gérée par la gauche depuis 1989 le maire sortant François Cuyandre est balayé par le candidat de la droite Stéphane Roudot il obtient 57,4% des voix Avignon qui bascule également à droite après 14 ans de gestion socialiste Olivier Galzy l'emporte face à l'alliance PS-LFI menée par David Fournier et puis échec de l'alliance à Limoges également qui change de maire mais reste à droite Guillaume Guérin qui l'emporte avec plus de 51% des voix Elisabeth LFI avait fait alliance dans ces villes avec le PS les maires PS sortant ou les candidats en conquête n'avaient pas suivi forcément les consignes nationales est-ce qu'on peut en tirer comme leçon que ces alliants sont échoués ?

Oui tout à fait la petite minière de Manuel Bompard sur les plateaux quand même nervosité d'Éric Coquerel c'était pas du tout la même ambiance qu'il y a une semaine et c'est vrai qu'ils vont maintenant le parti socialiste va payer quand même les peaux cassées de cette c'est pas une stratégie mais c'est le fait qu'Olivier Faure non seulement n'a pas empêché ses rapprochements mais a même dit qu'il voterait par exemple M.

Picmal à Toulouse donc il s'est engagé il aurait pu être un peu plus réticent ou même par exemple il avait sanctionné Catherine Trottmann pour s'être rapprochée d'Horizon dans une tentative de reconquérir la ville pour le parti socialiste je pense que la sanction elle va être vite effacée pour Catherine Trottmann en ce qui concerne des alliances avec LFI dont il avait dit qu'elles n'étaient pas envisageables au plan national pour les raisons de l'antisémitisme récurrent de Jean-Luc Mélenchon dans son discours avec des relents nauséabonds bien là il n'a rien eu à redire comme s'il était impuissant non il va y avoir des règlements de compte et pour LFI c'est effectivement une claque parce qu'il pensait dans la foulée d'une dynamique évidente la semaine dernière puisque jamais LFI n'a été aussi puissant au municipal que pour Sucru après avoir investi plus de 250 villes enfin de 250 et bien LFI aujourd'hui peut considérer qu'il est rejeté il est rejeté par une gauche modérée par une gauche tout court qui ne voulait pas de ce mariage et donc encore une fois ces résultats ne sont pas transposables quand on regarde l'escorte des repartis mais sur les alliances et par parenthèse François Hollande a pris une balle si vous passez l'expression quand même de façon très figurée très figurée évidemment François Hollande qui avait soutenu son grand ami de toujours à Tulle M.

Combe qui a fait alliance avec un candidat communiste qui était allié à LFI et bien lui aussi il a été désavoué et pour François Hollande pour le parti socialiste et pour LFI aujourd'hui et bien il y a des dégâts François Hollande l'union pour l'union ça ne fonctionne pas Raphaël Glucksmann ce matin sur France Inter la tambouille ne fonctionne pas est-ce que c'est la victoire de la ligne Glucksmann-Hollande qui était aussi la ligne d'Olivier Faure mais est-ce qu'il se retrouve perdant d'une ligne qu'il avait soutenue qui a fonctionné mais qui dans la dernière ligne droite et bien il a un peu zigzagué il a dit qu'il comprenait ses maires qui faisaient alliance

42:03
Hector Rolland

les incohérences les grands écarts ont été rejetés par les électeurs moi ce qui me frappe surtout la vie de LFI c'est quand même l'émergence d'un LFI municipal parce que quand même Saint-Denis ville totalement symbolique Roubaix et d'autres villes Creil Vénitieux en fait LFI devient maintenant aussi il n'est pas tant rejeté que ça il s'installe là aussi dans cette France qui souffre dans les quartiers populaires où on a le sentiment plus que le sentiment où il n'est pas tant que l'État n'est pas à la hauteur de l'attente des populations et capable de capter une colère et organiser même parfois avec une forme plus qu'une forme de communautarisme donc là aussi c'est intéressant de voir à quel point il ne faut pas enterrer immédiatement et trop vite cette capacité de pouvoir je dirais tendre et de cliver encore la vie politique parce que ce qui va se passer dans les prochains mois va être encore important

43:09
Présentateur

effectivement des victoires de la France insoumise à la Courneuve à Roubaix Roubaix David Guiraud député insoumis qui remporte la ville est-ce que là aussi c'est un peu mitigé du côté de la France insoumise il y a des victoires mais dans le même temps et bien ils n'ont pas réussi avec ces alliances LFI-PS à remporter des villes oui non mais je suis d'accord avec Michael il y a quand même un enracinement local qui commence à s'installer on va voir ce que ça va donner au sénatorial d'ailleurs au passage parce que LFI n'est pas présent il n'y a pas de groupe en plus évidemment au Sénat je crois sincèrement que les alliances de LFI avec le Parti Socialiste ce n'était pas tellement pour gagner c'était pour tuer le Parti Socialiste il ne faut pas oublier cette dimension la dimension assassine de Jean-Luc Mélenchon qui veut tuer le Parti Socialiste et d'une certaine façon eh bien en s'alliant avec le diable pour parler comme ceux qui sont hostiles à la France insoumise eh bien il n'a pas rendu service au Parti Socialiste qui est dans un désordre total aujourd'hui regardez toutes ces villes qui n'ont pas été prises alors qu'il y a des alliances qui ont été passées avec un Olivier Faure qui est plus faible que jamais avec un Jérôme Gage et d'autres qui sont foncièrement Madame Delga le Parti Socialiste c'est comme les LR c'est-à-dire que ce sont les deux d'une certaine façon gagnants entre guillemets parce que la victoire n'est pas éclatante mais ce sont les deux forces les plus importantes de ces municipales et c'est les deux forces qui vont dans les jours à venir qui vont imploser où il va se passer des choses importantes et on va regarder Stéphane je vous donne la parole des villes alors une ville en revanche où l'alliance LFI-PS a marché c'est la ville de Nantes Stéphane où Johanna Roland conserve la ville face aux Républicains à Lille alors Lille il n'y avait pas d'alliance LFI-PS il y avait une alliance LFI-écologiste mais Arnaud Deslandes qui avait succédé à Martine Aubry conserve également Lille Nathalie Aperet à Rennes qui elle avait refusé l'alliance avec la France Insoumise la Socialiste conserve la ville et puis deux victoires à noter pour le parti socialiste qui prennent Saint-Etienne Régis Chouanico qui l'emporte avec 44,13% des voix et puis les socialistes qui prennent également Amiens candidat de la gauche hors LFI là aussi 37,7% Amiens face au maire sortant qui a fait un peu moins de 36% des voix Sur la France Insoumise et les alliances moi je suis d'accord avec le fait qu'il y a une vraie progression mais il ne faut pas oublier d'où partaient les Insoumis jusqu'à maintenant les municipales ils s'en fichaient comme d'une guigne ça ne les intéressait pas du tout la seule élection qui comptait pour Jean-Luc Mélenchon c'était la présidentielle donc effectivement en partant de rien ils ne peuvent que progresser de manière assez spectaculaire mais c'est très limité c'est-à-dire que leurs implantations leurs réussites elles sont dans les banlieues populaires autour de l'île de Paris en Ile-de-France et de Lyon voilà ceci étant dit quand ils prennent Saint-Denis deuxième ville de la région Ile-de-France 150 000 habitants c'est pas rien Roubaix plus de 100 000 habitants c'est pas rien et surtout moi je serais moins sévère sur les alliances qui fonctionnent et qui ne fonctionnent pas c'est vrai que globalement les alliances entre le parti socialiste et la France Insoumise ont tourné court il y en avait une dizaine en fait en réalité pas plus et une dizaine d'alliances entre la France Insoumise et les écologistes ce second tour mais regardez il y a le cas de Lyon par exemple mais Tours Grenoble ce sont des villes qui sont gardées à la faveur de ces alliances donc ça marche à certains endroits et Nantes contrairement à ce que disait Mickaël tout à l'heure moi je suis persuadé que Nantes Johanna Roland perdait sa ville si elle ne faisait pas alliance avec la France Insoumise s'il y avait eu trois listes au deuxième tour à Nantes c'est la droite qui l'emportait après il y a des endroits où ça n'a pas fonctionné et la logique qui consiste à dire il ne faut pas faire d'alliance il y en a un qui le paye très cher aussi aujourd'hui c'est Raphaël Glucksmann la place publique avait une grande ville une seule ville préfecture Saint-Brieuc et Saint-Brieuc bascule à droite ce matin on va parler des écologistes et du camp présidentiel on va à Lyon bonjour Stéphanie Despierre merci Stéphanie Lyon qui reste écologiste après une campagne intense

47:34
Invité

oui l'écologiste Grégory Doucet a sauvé sa mairie après une élection pleine de suspense déjouant tous les pronostics qu'il a gagné hier soir avec 50,7% des voix contre 49,3% à Jean-Michel Aulas l'ancien patron de l'Olympique lyonnais soutenu par la droite et tout le bloc central s'était lancé en politique avec un objectif récupérer Lyon tenu par les écologistes depuis 2020 et bien Paris raté à l'issue du premier tour il était juste derrière le maire sortant durant l'entre-deux-tours Jean-Michel Aulas a surtout dénoncé l'alliance de la honte ce sont ses mots entre Grégory Doucet et la France Insoumise mais ça n'a pas suffi à changer la dynamique de premier tour sur laquelle a surfé l'écologiste qui est donc réélu pour un second mandat

48:24
Présentateur

sauf que Stéphanie Jean-Michel Aulas il joue les prolongations

48:26
Invité

et oui dès hier soir il a annoncé à son intention de déposer un recours face à l'avance infime dit-il de son adversaire il évoquait 1500 voix d'écart en fait c'est exactement 2762 selon les résultats définitifs Jean-Michel Aulas dénonce je cite de très nombreuses irrégularités mais quand on l'interroge il ne donne pas beaucoup plus de détails contacté dans la nuit la préfecture n'a pas fait état d'incidents majeurs lors du scrutin du côté de Grégory Doucet pas franchement d'inquiétude on dénonce l'attitude de mauvais perdant de l'ancien patron de l'OL

49:02
Présentateur

merci beaucoup merci Stéphanie et la métropole de Lyon qui bascule en revanche à droite du côté de Jean-Michel Aulas Véronique Sarcelli la métropole de Lyon qui était juste là écologiste Jean-Michel Aulas il y a encore trois semaines Yves on disait sur ce plateau et sur tous les plateaux que l'élection à Lyon s'était pliée qu'Olas avait forcément gagné qu'est-ce qui s'est passé ? Oui enfin on disait on disait pas tous mais effectivement les sondages lui paraissaient favorables alors ce qui s'est passé c'est simple c'est qu'il est parti avec une avance effectivement très confortable dans les études d'opinion il avait parfois jusqu'à 25% d'avance sur M.

Doucet ça c'est la première des réflexions la deuxième des réflexions c'est que la politique c'est un métier alors c'est pas un métier à temps plein il y en a qui sont avocats en même temps qui sont médecins mais c'est une façon de faire et ce qui est tout à fait étonnant avec M. Olas c'est que M.

Olas que moi j'ai connu comme patron de club de football et comme figure importante des instances footballistes du pays qui avait une poigne qui avait un caractère de chien on peut le dire comme il nous a montré un peu hier soir d'ailleurs et bien il était flottant dans cette campagne c'est à dire qu'on ne savait pas en fait il avait une coalition qui était sans doute trop large aussi parce qu'il avait plusieurs parties derrière lui et pour avoir arbitré le débat qu'il a donné sur BFM TV il y a quelques semaines il a paru complètement perdu dans ce débat et c'est un débat qui n'a pas été je dirais très favorable alors que quelques semaines ou quelques jours avant il y avait eu l'épisode tragique de la mort du jeune Quentin qui aurait dû desservir considérablement le candidat écologiste qui s'est allié c'est une alliance certes de circonstances mais avec la France insoumise et donc vous voyez c'est quand même un raté je dirais un raté pour cette ville surtout que M.

Hollas c'était une figure et il correspondait je dirais à ce radical socialisme lyonnais depuis Édouard Heriot Francisque Collomb vous n'avez pas connu mais qui était une figure extraordinaire du radicalisme lyonnais Gérard Collomb et Raymond Barr c'est une ville une ville centriste bontain d'ailleurs et Aki est en train de changer parce que Doucet c'est pas tout à fait ça donc c'est assez intéressant qu'est-ce qui s'est passé Elisabeth c'est quoi c'est la mauvaise campagne c'est la preuve par neuf que la campagne ça sert à quelque chose et quand on fait une mauvaise campagne même si on part très très vite on a presque dit trop tôt d'ailleurs que les jeux étaient faits ça semblait acquis pour Jean-Michel Hollas donc il n'a pas fait campagne quand il est sorti du bois il a été perçu comme mauvais et donc oui Grégory Doucet alors l'écart s'est resserré c'est pas le même score ou le même écart que Rachida Dati et Emmanuel Grégoire à Paris mais l'écologiste allié à LFI effectivement n'a pas eu la peau entre guillemets d'un candidat qui agglomérait de race de renaissance à LR beaucoup de soutien et qui a gagné la métropole effectivement c'est important d'ailleurs hier dans son intervention qui était bonne si on peut dire il était presque à l'aise il doit être un peu soulagé il était plus au las qu'il ne l'a été pendant la campagne bon voilà il a souligné ça il a raison il n'est pas très bon joueur pour un footeux et effectivement et son recours dont il dit qu'il va le déposer on verra dans le fond il l'a dit à un moment où l'écart était plus simple puis à la fin il y a quand même quelques quand il a dit il y avait 1500 voix là Stéphanie nous disait 2700 2700 là je pense que le recours je ne sais pas s'il va le déposer vraiment alors défaite de l'as et par conséquent victoire des écologistes est-ce que Lyon c'est un peu l'arbre qui cache la forêt des défaites écolo c'est pas joli oui oui c'est ce qu'on disait tout à l'heure bien sûr parce qu'en fait ils perdent ils perdent Besançon Poitiers Strasbourg mais aussi Bordeaux on va y aller dans quelques instants oui Bordeaux donc effectivement il y avait une vague il y avait une vague en 2020 en fait mais le contexte était complètement différent et ça c'est je trouve que ça c'est intéressant aussi en 2020 on parlait beaucoup de dérèglement climatique et de réchauffement climatique et de problèmes on n'en parle plus du tout en fait mais pas qu'en France c'est au niveau enfin voilà c'est quelque chose qui a été complètement éclipsé comme s'il n'y avait plus d'urgence climatique et donc je pense que il y a aussi la gestion des villes je pense que c'est fan alors il y a peut-être la gestion des villes aussi mais je pense que ça il y a un moment il y avait une ambiance générale qui a pu porter les écologistes en 2020 qui n'existe plus aujourd'hui et puis il y a la gestion des villes mais au-delà de la gestion des villes je pense que c'est surtout des questions de sociologie le fait que Bordeaux passe à un maire écologiste c'était vraiment une anomalie

53:56
Hector Rolland

politico-culturelle qui vient d'être corrigée je pense que ce n'est pas anodin la gestion des villes parce qu'effectivement les circonstances ont été celles-là elles sont arrivées parfois effectivement de manière un peu je dirais presque par hasard dans ces mairies mais après il y avait quand même six ans pour convaincre et le fait que ces maires aient été débattus ce n'est pas parce qu'il y a eu un souvenir de la sociologie qui a été perturbée six ans avant c'est parce qu'il n'y a pas eu effectivement de capacité à pouvoir gérer à devenir maire des villes et non pas maire écologiste des villes c'est ça aussi le sujet c'est la difficulté que l'on a vu de sortir de l'étiquette politique pour pouvoir aussi être dans une logique de rassemblement c'est aussi un enseignement très intéressant ce qui est curieux c'est que le maire écologiste le plus contesté

54:43
Présentateur

dans sa gestion de la ville c'était Grégory Doucet en fait de tous et c'est lui qui garde sa ville oui c'est le paradoxe situation similaire sur le papier à Bordeaux il y avait un candidat du camp présidentiel LR qui affrontait un maire écologiste sortant le résultat a été l'inverse de Lyon pardon on vous retrouve à Bordeaux les résultats étaient extrêmement serrés le maire sortant Pierre Urmik écologiste affrontait donc le député Renaissance de Gironde Thomas Cazenave

55:10
Invité

oui c'est donc le candidat macroniste Thomas Cazenave qui remporte Bordeaux avec seulement 1800 voix d'écart sur le maire sortant Pierre Urmik 1800 voix dites-vous que c'est moins que le nombre de bulletins blancs exprimés hier c'est vous dire si le scrutin a été tendu l'ancien ministre des comptes publics l'emporte avec 50,9% contre 49,1% rival mais toute la soirée c'est l'incertitude qui a dominé personne ne savait comment les électeurs de l'économiste Philippe Dessertine qui s'était retiré mardi allait voter alors à l'annonce des résultats au QG de Thomas Cazenave les militants ont explosé de joie Thomas Cazenave qui était à la tête d'une liste d'union de la droite et du centre Renaissance le Modem Horizon et les LR et qui va devoir maintenant rassembler encore plus largement tous les Bordelais c'est en tout cas son objectif c'est lui qui l'affirme voilà donc pour Bordeaux le fief d'Alain Juppé qui est donc repassé à droite hier

56:05
Présentateur

et Bordeaux qui devient donc merci Guimet tu as tout à l'heure Bordeaux qui devient donc la plus grande ville gérée par le camp macroniste autre ville remportée par les macronistes par Renaissance c'est Annecy ville de plus de 100 000 habitants remportée par Renaissance Annecy c'est un ancien ministre Antoine Armand qui en devient maire là aussi alors on entendait hier Gabriel Attal on l'a un peu dit dire que Renaissance avait remporté 200 villes qu'il s'implantait dans des grandes villes Annecy Bordeaux n'était pas encore tombé mais du coup on a Annecy Bordeaux est-ce que c'est quand même un peu une victoire ou pas pour Renaissance et pour le camp présidentiel ?

de pouvoir mettre deux villes en vitrine c'est mieux que rien franchement encore une fois il y en a d'autres un peu plus il y a Bayonne il y a Tarbes il n'était implanté nulle part donc il gagne deux villes Antoine Armand effectivement qui avait été ministre trois mois à Bercy mais qui surtout a labouré son terrain le maire sortant ne se représentait pas il y avait une configuration qui était favorable il a fait une bonne campagne la surprise c'est vrai que c'est Bordeaux parce que Pierre Hermy qui était un écologiste réaliste il a été un des premiers par exemple à se convertir aux caméras de surveillance contrairement à Éric Ciotti non mais c'est vrai on appelle ça à la mode Jadot et voilà il était dans le conseil municipal d'Anna Juppé pendant très longtemps il était respecté si vous voulez c'était pas le même profil écolo qu'à Poitiers à Strasbourg qui ont beaucoup privé qui ont divisé en interne pardon

57:39
Hector Rolland

il y avait le traumatisme des lampadaires à Bordeaux il est très petit

57:41
Présentateur

et c'est ce qu'a dit Thomas Cazenave alors il a dit dans le débat qu'on a animé il a dit hier ma première mesure ça va être de rallumer Bordeaux mais Thomas Cazenave il a eu le bénéfice de Certine on regardera un peu comment ça s'est passé mais Philippe de Certine avait fait 20% des voix un homme de la société civile qui a hésité qui a un peu barguigné mais qui finalement s'est retiré sans donner de consigne de vote clair il s'est retiré en ne déposant pas sa liste même pas en action son retrait donc il y a eu un report des voix favorable ça s'est joué à peu de choses et ça permet à Gabriel Attal effectivement de sauver l'honneur ça permet de sauver l'honneur de renaissance Yves ?

Oui bien sûr c'est pas n'importe quoi quand même Bordeaux c'est une grande ville bon c'était une ville aussi qui était compatible avec avec renaissance avec l'honneur de renaissance Annecy je crois que il faudrait voir Biarritz aussi M. Jean-Louis Blanco Serge Blanco Serge Blanco qui a qui a remporté Biarritz oui et lui aussi c'est un je me demande s'il n'est pas non plus renaissance ou je crois qu'il est sans étiquette il est sans étiquette Serge Blanco centriste en tous les cas non il y a une implantation on va voir ce que ça donne c'est sûr que c'est important pour M.

Attal et d'une certaine façon aussi horizon avec avec Philippe avec Édouard Philippe on va voir mais bon je ne pense pas que ce soit ça qui soit déterminant pour l'élection présidentielle sincèrement c'est anecdotique et on va regarder Édouard Philippe plus de 47% des voix au Havre pour vous c'est déterminant Stéphane dans la perspective de la présidentielle est-ce qu'en remportant le Havre Édouard Philippe devient le candidat naturel de ce camp non ça c'est autre chose c'est pas ce que je disais oui mais non mais juste pour Édouard Philippe est-ce qu'il devient non il ne faut pas tirer les leçons du Havre pour 2024 Édouard Philippe c'était stop ou encore s'il perdait c'était terminé il gagne donc il continue mais ça ne veut pas dire que ça ne lui donne pas c'est pas un tremplin ça ne lui donne pas un élan non il reste dans la course c'est tout en fait et d'une manière générale de toute façon je pense que ça a été dit tout à l'heure et je suis complètement d'accord avec Elisabeth je crois qu'il ne faut pas chercher à tirer de leçons des 34 875 élections auxquelles on vient d'assister au niveau des municipales par rapport à ce qui va se passer ou pas en 2027 les résultats d'hier ne règlent rien par rapport à la course à l'échalote de la présidentielle Juste Édouard Philippe ça lui donne peut-être un tout petit peu de cicatrice si vous voulez parce qu'il a quand même gagné dans l'adversité il peut dire voilà c'était difficile j'ai remporté ma ville disons que les conditions de sa victoire lui donnent un petit élan qu'il n'y aurait pas eu si ça avait été une reconduction dans un fauteuil et après effectivement on ne sait pas qui sera à la fin le candidat ou les candidats du bloc central mais ça lui donne un petit élan il y en a un pour lequel il y en a un qui prend un coup de massue parce qu'à un moment on lui prêtait des intentions etc c'est François Bayrou il ne sera pas candidat pour la quatrième fois ça c'est sûr

1:00:40
Hector Rolland

c'est vrai que les conditions de la difficile campagne et victoire en fait effectivement d'Edouard Philippe laissent entendre que ça sera encore plus difficile aussi pour pouvoir s'imposer parce que en fait ça ne fait que commencer la tension à droite ne fait que commencer on ne sait pas on est à un an l'élection présidentielle on ne sait pas encore comment désigner le débat sur la désignation n'a même pas encore été tranché alors sans parler de la personnalité qui pourrait en sortir et c'est vrai qu'il faut se souvenir qu'en 2017 on n'arrêtait pas de dire la personne qui gagnera la primaire de la droite sera présidente de la République bon on a vu le résultat donc effectivement on va être on va rentrer dans une période d'inconnue d'incertitude et l'offre présidentielle n'est pas encore totalement pas du tout instabilisée et ça ça va être je dirais la grande surprise à venir donc

1:01:36
Présentateur

ça va être difficile

1:01:37
Hector Rolland

de transposer

1:01:37
Présentateur

avec Gérald Darmanin Gérald Darmanin qui était deuxième sur la liste de la mer sortante à Tourcoing qui l'a largement porté qui dès hier soir disait il nous faudra un seul candidat Laurent Wauquiez patron des députés LR qui dès hier soir disait il nous faudra un seul candidat au-delà des mots comment ça va être possible oui mais c'est ça c'est ce que je vous disais c'est que ça va être très compliqué parce qu'ils disent et l'un et l'autre Darmanin et Wauquiez il nous faut un candidat mais attendez il y en a déjà deux qui sont déclarés donc comment ils vont les débrancher d'ailleurs Edouard Philippe qui a dit qu'il était candidat à la présidentielle Bruno Retailleau qui a dit qu'il était candidat à la présidentielle donc ça veut dire que et Gabriel Attal arrive et ça veut dire qu'ils n'ont pas enfin qu'ils contestent le fait qu'ils ont je dirais la légitimité pour être candidat à l'élection présidentielle tout ça les cartes vont être rebattues ce qui est terrible si vous voulez c'est que je pense que compte tenu de ce qu'on voit là même s'il ne faut pas tirer d'enseignement hâtif il y a quand même un espace pour la droite et le centre afin d'avoir un candidat à l'élection présidentielle ça paraît évident beaucoup plus qu'il n'y a un espace pour le parti socialiste à côté de monsieur Mélenchon qui me paraît plus restreint cet espace là j'ai l'impression c'est parce que c'est évident qu'ils n'y arriveront pas juste un mot Stéphane et Mickaël parce que hier Bruno Retailleau ils revendiquaient le fait que les LR restaient la première force politique locale il y a eu des victoires il y a eu des bascules on l'a dit à Besançon à Clermont-Ferrand à Brest ils ont perdu Nîmes qui était la plus grande ville dirigée jusque là est-ce que ces municipales elles donnent et Paris qui ne l'ont pas gagné est-ce que ces municipales elles donnent un élan à Bruno Retailleau ou pas du tout ?

1:03:24
Hector Rolland

Non elles ne donnent pas d'élan à Bruno Retailleau elles permettent effectivement à dire à LR on peut rester dans la course mais encore faut-il organiser la course encore faut-il savoir qui va être sur la ligne de départ et de ce point de vue là il va surtout il va falloir convoquer l'intelligence collective face aux données sur le papier actuel de l'élection présidentielle c'est-à-dire la prépondérance du RN de ce point de vue là on n'est encore pas parti du tout parce qu'effectivement tout le monde a envie d'être candidat encore à ce stade

1:03:54
Présentateur

à gauche Elisabeth et Stéphane à gauche est-ce que Jean-Luc Mélenchon on l'a dit les alliances LFIPS elles ont échoué dans la plupart des villes est-ce que ça va porter préjudice à Jean-Luc Mélenchon est-ce que ça va porter préjudice à Olivier Faure qui malgré ses dires a fini par les accepter est-ce que ça donne un élan à Raphaël Luxman François Hollande ?

Il peut y avoir une nuit d'élan couteau au parti socialiste on verra ça n'existe pas à LFI Bureau national demain soir ça n'existe pas à LFI c'est pas transposable non plus il n'y a pas de démocratie interne Jean-Luc Mélenchon veut être candidat il trouvera toutes les raisons dans ses municipales pour légitimer sa position dominante il veut effectivement être le candidat donc il va faire en sorte de nuire le maximum aux socialistes dans les mois qui viennent Marine Tondelier va évidemment on l'a vu dans ses élections au moins là il y a eu une vérité sur les prix chez les Verts il y a évidemment une volonté de rallier LFI et en ce qui concerne Raphaël Glucksmann ça a été dit Raphaël Glucksmann il ne sort pas grandi de cette élection mais je pense que François Hollande Raphaël Glucksmann M.

Cazeneuve qui a été désavoué dans sa ville de Cherbourg François Hollande désavoué à Tulle Cazeneuve désavoué à Cherbourg c'est compliqué ça ne donne pas de l'élan mais ces gens-là pensent qu'il y a un espace au centre-gauche qui peut effectivement faire gagner mais ils ne gagneront jamais tout seuls donc il va falloir trouver d'autres amis Et Marine Tondelier hier soir la gauche a été toxique pour elle-même a-t-elle dit Pierre Jouvet Boris Vallaud la France insoumise nous a fait perdre ça va être règlement de compte du côté de la gauche est-ce qu'il y a une ligne qui peut émerger ?

Oui c'est le discours aussi de Jean-Luc Mélenchon en disant que là où il n'y avait pas du fait du refus des alliances tout ça a fait perdre la gauche etc mais en fait si vous voulez le truc c'est que il y a plein de gens qui s'attendaient à ce que la France insoumise s'effondre soit complètement disqualifiée mise hors course après les polémiques sur les propos antisémites sur ce qui s'est passé à Lyon etc en fait il n'en est rien même si les alliances n'ont pas fonctionné partout loin sans faux on ne peut pas dire que la France insoumise soit mise hors course à l'issue de ses municipales au contraire en fait elle peut revendiquer un certain nombre de victoires de positions de force vous avez il y avait l'idée aussi que la rupture ça y est a été enterrinée entre LFI et le parti socialiste en fait ce que nous vient de nous montrer l'épisode de l'entre-deux-tours c'est que c'est que pas du tout donc encore une fois à gauche et dans la perspective d'une union de la gauche ou pas pour 2027 rien n'est réglé mais comme à droite

1:06:42
Hector Rolland

rien n'est réglé rien n'est réglé

1:06:43
Présentateur

et très rapidement pour finir Michael

1:06:45
Hector Rolland

effectivement ce LFisme municipal c'est aussi un défi pour ce mouvement parce qu'il y a maintenant des élus qui vont devoir gérer autrement que par le bruit et la fureur parce que quand on gère une ville on n'est pas justement dans la gestion idéologisée et là c'est un grand défi pour les gens de LFI qui vont devoir découvrir la démocratie locale

1:07:05
Présentateur

Merci beaucoup merci à tous les quatre Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat