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interviewBFM TV (sur YouTube)· 16 août 2026 26 min

La contribution des retraités aisés à l'effort de redressement: le sujet secoue déjà le débat public

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et du remplacement de vitrages automobiles il suffit de parler budget ou économie pour que cette question revienne et elle s'opposera à tous les candidats à l'élection présidentielle allez vous toucher aux retraités et à leurs pensions. Le ministre des Finances y pense, au point de l'avoir confié à nos confrères de Libération, il a confié qu'il s'interrogeait sur l'indexation automatique des pensions sur l'inflation. Si on ne le fait pas, peut-être pourrait-on récupérer plusieurs milliards d'euros ?

C'est une question qui fâche au cœur de l'été et qui, bien sûr, a fait réagir Thierry Breton. Il était notre invité ce dimanche sur BFM TV. Encore une fois, je crois que c'est extrêmement important.

Je vais vraiment y venir. Je pense que c'est une très mauvaise idée. Je rappelle que la retraite moyenne pour aujourd'hui, pour la France, je dis uniquement pour la France, c'est 1 541 euros net par mois.

Le SMIC, c'est 1 1478. Donc, ça veut dire qu'un couple qui aurait chacun travaillé toute sa vie avec une retraite qui est le SMIC pour l'un, le SMIC pour l'autre, il serait donc considéré comme comme riche. Et donc, ils seraient taxés.

Alors très mauvaise idée ou mesure inévitable. C'est ce qu'on va essayer de démêler ce soir. On en parlera dans un instant avec vous, Maurice Safran.

Vous êtes éditorialiste à Challenge. Bonsoir d D'abord, il est toujours bon de savoir de quoi on parle exactement. Et on va voir ça avec vous, Maëva Alami.

Je l'évoquais, Roland Lescure a rouvert un dossier explosif puisqu'il ouvre la voie à une Une revalorisation des retraites moindre que l'inflation pour les retraités aisés, c'est le terme qui est choisi en vue du budget 2027. Qu'est-ce que ça veut dire et qui cela concerne ? Alors pour bien comprendre, on va reprendre les propos exacts du ministre.

Regardez, la question de la contribution des retraités aisés à l'effort de redressement par exemple par une indexation plus modérée de leur pension mérite d'être posé. Ça veut dire quoi ? Eh bien normalement la loi prévoit d'indexer les pensions de retraite au niveau de l'inflation.

C'est-à-dire que si l'inflation par exemple est de 2 %, eh bien les retraites de base sont revalorisées à hauteur de 2 %. Là ce serait donc une revalorisation mais à un niveau inférieur à celui de l'inflation. Et pour qui ?

Eh bien c'est là toute la question. Il parle, on l'a vu, des retraités aisés, c'est-à-dire les plus hautes pensions, mais il ne donne pas vraiment de précision. Un seuil de 3000 euros nets de pension avait été mentionné, c'était en juin dernier.

Un autre chiffre vient assez régulièrement pour qualifier vraiment ses retraites aisées, c'est celui de 2500 euros nets par mois, mais là effectivement rien n'est clairement précisé. Alors ce qui est intéressant évidemment c'est de savoir combien cela pourrait rapporter si cette mesure était mise en place. Et bien c'est sûr que ça permettrait de faire des économies puisque l'inflation on estime qu'elle pourrait approcher les 2 % en 2026.

Une nouvelle indexation de ces retraites pèserait donc lourdement sur les comptes publics. On estime que l'entière indexation, c'est-à-dire de toutes les pensions de retraite sur l'inflation pour l'année 2027. Elle coûterait environ 6 milliards d'euros pour les finances publiques.

Alors maintenant, effectivement, combien ça permettrait d'économiser exactement ? Ça reste compliqué à dire puisque, évidemment, le montant précis. Il dépend surtout du seuil retenu.

On en parlait et puis de l'ampleur de cette sous -indexation. Merci beaucoup, Maëva Maurice Safran. C'est le grand tabou quand même les retraités, les pensions de retraite.

Et pourtant, ça ressort là. Alors on est à quelques semaines de la rentrée et d'une rentrée particulière, à la veille d'une année présidentielle. Le gouvernement a un budget à présenter.

Tout le monde n'est pas tout à fait d Il faut remettre ce débat sur la table. En France, on ne touche pas à nos retraités. C'est un tabou, c'est interdit.

Donc Roland Lescure, puis le Premier ministre Le Cornu qui a repris l'idée de Lescure en disant qu'il allait regarder, eux considèrent que ce n'est pas un tabou. Ils considèrent que ce n'est pas un tabou parce qu'en réalité Sébastien Lecornu n'est pas candidat à la prochaine élection présidentielle donc il peut parfaitement se permettre de dire ce qu'il dit et d'écrire ce qu'il écrit. Roland L'escu, on ne sera plus ministre du Comité des Finances.

Ça ne pose pas de problème. Maintenant, ceux à qui, sur le plan politique, ça pose d'immenses problèmes, c'est tous ceux qui sont plutôt pour, disons la droite libérale et le centre-droit, et qui n'osent pas trop le dire. Ce week-end, on n'en a pas entendu à Édouard Philippe.

On n'a pas entendu Gabriel Attal, sinon sur les réseaux sociaux et les enfants, mais pas du tout sur cette question absolument centrale du traitement de nos retraités. Donc effectivement c'est dangereux. Et puis sur le plan politique, il y a une chose qu'il faut absolument retenir et voir, c'est que l'extrême droite et l'extrême gauche sont d'accord.

Ils ne sont d'accord pour dire non ? Pour dire non Ils sont d'accord pour dire non. Donc une fois de plus sur le plan économique, fiscal, social, on a des vrais rapprochements entre le Rassemblement national et la France insoumise.

Alors vous citez le Rassemblement national et la France insoumise. Elisabeth Diaz était sur ce plateau il y a quelques jours. On lui a posé la question justement puisque c'était juste après cette interview de Roland Lescure à Libération.

Ça va dans le sens de ce que vous dites, on va écouter sa réponse. L'Etat continue d'engranger de l'argent et à opérer de mauvaises dépenses. Donc nous on le dit au Rassemblement national, on n'a pas envie de s'en prendre à ceux qui travaillent, ceux qui voudraient travailler ou ceux qui ont travaillé, c'est-à-dire les retraités, dès lors qu'on n'a pas fait la chasse aux mauvaises dépenses.

Et des mauvaises dépenses, il y en a. Et d'ailleurs, les Français sont d'accord avec nous. On a absolument besoin des retraités pour être bénévole dans les associations, pour siéger au sein des conseils municipaux, pour garder les enfants quand ils sont grands-parents.

Nous les avons systématiquement protégés quand le gouvernement l'année dernière a voulu s'en prendre à leur abattement de 10 % et quand le gouvernement a voulu désindexer leurs pensions de retraite. Alors, on peut peut-être trouver une toute petite nuance. On va faire la chasse à à toutes les dépenses inutiles, et puis s'il n'y avait pas assez, parce que c'était la question d'après, je me dis mais s'il n'y a pas assez.

Et l'argument qui revient c'est de dire oui mais tant qu'on ne nous dit pas quel est le seuil à partir duquel on considère qu'un retraité est aisé, le débat ne peut pas avancer. C'est la fameuse question, à partir de combien ? 2005 ?

Est-ce qu'on considère sérieusement en France, en Europe, en Occident en 2026 qu'à 2500 euros par On est un retraité aisé, 3000 euros. Souvenons-nous d'avant la campagne présidentielle de 2012, quand François Hollande, dans un article célèbre du Monde, avait expliqué qu'on était riche à partir de 5000 euros. Mais ça avait provoqué un drame national.

Donc Donc, effectivement, c'est la question centrale. Et puis ce matin, Thierry Breton, j'étais là sur ce plateau avec lui, il était extrêmement clair. Faire des économies, faire des vraies économies, la position de de la droite et du centre, faire de vraies économies et ne pas toucher aux retraites.

Donc effectivement il y a un vrai débat sur le fond entre des gens qui sont plus ou moins d'accord mais qui n'osent pas aller jusqu'au fond de ce dossier qui, en France, je le répète, est extrêmement sensible. Thierry Breton donnait les chiffres nets. Alors moi j'ai le chiffre en brut.

La pension moyenne selon l'INSEE, 1827 euros bruts par Moi, bonsoir Bertrand Martineau. Vous êtes économiste et vous êtes l'auteur de « J'ai cotisé, j'y ai droit, mensonge et vérité sur les retraites ». On évoque ces différents montants, 2 000 euros, 3 000 euros.

Est-ce qu'il y a un niveau raisonnable à partir duquel on pourrait considérer qu'un retraité est aisé ? — Non, non. Il n'y a pas de niveau raisonnable, en tout cas du point de vue d'un économiste.

La question, c'est le redressement des finances publiques. Ce qu'il faut, c'est un certain nombre de milliards d'économies. Et la question de savoir comment on la répartit sur petite retraite, retraite moyenne, retraite aisée, etc., et qu'est-ce qu'on considère comme une retraite aisée ?

Eh bien, c'est une dimension totalement politique. Alors, pour fixer les idées, on a évoqué 3 000 euros. 3 000 euros, il y a à peu près 10 % des retraités qui touchent plus de 3 000 euros.

Donc si on ne touche que les plus de 3 000 euros, vous voyez bien qu'on n'aura pas beaucoup d'économies. Alors je vais citer Philippe Juvin parce que c'est le rapporteur général du budget. Lui, il dit qu'il faut des mesures massives.

Donc des mesures massives, elles pourraient concerner tout le monde, peut-être pas les plus petites retraites, mais quasiment tout le monde. Selon lui, son chiffrage avec des mesures d'économie massive, 6 milliards d'euros. Mais si on met des seuils, évidemment, on ne va pas toucher autant.

Et pourtant, il n'y a plus d'argent dans les caisses. Donc il faut viser large, Philippe Martineau ? Bertrand, pardon. – Oui, alors je vais recadrer un petit peu les choses.

On a 160 milliards de déficits publics. Et les retraites, c c'est un quart de la dépense publique. Donc, imaginer qu'on peut redresser les finances publiques sans toucher un centime à un pensionné, c'est même plus de la démagogie, c'est du déni de réalité.

Là, on vit dans un monde parallèle ou alors on décide de ne pas redresser les finances publiques et de laisser notre pays dériver et de s'en remettre à la Banque centrale européenne, au FMI. Enfin, c'est la solution grecque. Et dans ce cas-là, on peut dire aux retraités d'aujourd'hui que c'est pas une petite désindexation de 1 ou 2 % pendant quelques années qui les attend, mais c'est quelque chose de beaucoup plus brutal à la grecque.

Et là, on est plutôt sur moins 20 %, moins 30 % d'amputation du pouvoir d'achat. Là, c'est autre chose. Donc effectivement, on a besoin d'un certain nombre de milliards.

Et il faut certainement mettre le curseur relativement bas, donc je ne sais pas, 1 500 euros, 1 200 euros, quelque chose comme ça. Et au-delà effectivement des index. C'est une solution parmi d'autres, vraiment parmi d autres.

Ce n'est pas la solution magique, mais ça fait partie du cocktail de solutions qui est incontournable. Et de toute façon, quelle que soit la majorité en place, de toute façon, ils seront obligés de désindexer les pensions. Et par ailleurs, un dernier point quand même, c'est que je ne comprends pas que ça pose un problème en termes de déma démocratique, puisque un parti qui s'engage à ne pas désindexer les retraites aura tout loisir de le faire s'il gagne les élections au mois de juin dans les législatives de l'année prochaine, il pourra tout à fait revenir sur cette mesure et rétroactivement augmenter les pensions.

Les chiffres que donne Bertrand Martineau sont absolument indiscutables, il n'y a pas de discussion là-dessus. Simplement, il y a un problème qui s'appelle élection présidentielle. Tout est compliqué par le fait qu'il y a une élection présidentielle.

On n'est pas dans un pays où il y a une simple majorité, il y a une élection présidentielle. Le candidat de droite ou du centre qui reprend mot à mot, chiffre après chiffre, ce que vient de dire Bertrand Matinou n'a aucune chance d'être élu président de la République. C'est ça le problème.

Il y a cette opération présidentielle, cette échéance financière qui bloque en réalité le système depuis fort longtemps et effectivement il faut se poser des questions institutionnelles. Si la France est tout à fait bloquée, c'est aussi pour des raisons institutionnelles. On va aller voir Hervé Marseille, c'est le président de l'UDI, président de l'Union centriste au Sénat.

Bonsoir Hervé Marseille. Vous vous situez dans quel camp ? Le camp Thierry Breton qui dit qu'il ne faut surtout pas toucher aux pensions des retraités.

C'est une très mauvaise idée. On l'a entendu et peut-être l'avez-vous entendu vous aussi sur BFM TV ou plutôt du côté de Roland Lescure et de Philippe Juvin, des Républicains qui disent qu'on ne pourra pas échapper à des mesures massives, à des mesures qui vont faire mal parce que les finances publiques sont dans un état catastrophique ? Écoutez, depuis plusieurs années, Michel Barnier, François Bayrou et maintenant Sébastien Lecornu ont proposé cette solution.

L'Assemblée l'a systématiquement rejetée. Nous au Sénat, nous l'avons proposé. C'est-à-dire qu'on ne baisse pas, si je puis dire, les pensions, mais on n'indexe pas ou on indexe moins.

Le sujet, M. Martineau vient de le dire, Maurice Zafran aussi, c'est où est-ce qu'on fait des économies Nous sommes dans une situation épouvantable. Tout le monde est en face d'un déni de réalité parce qu'il y a les élections présidentielles.

Mais en fait, il y a une élection chaque année. Donc c'était les municipales cette année. L'année prochaine, il y aura les législatives et aussi en 28, les cantonales et régionales.

Donc on n'en sort pas. Or, on sait très bien que ce sont et les retraites et les dépenses de santé qui creusent le déficit pour les sociales. Ce n'est pas le budget, c'est le budget social.

Donc l'année dernière, on a mis à bas la réforme des retraites. Si on ne fait rien, à partir de 2027 jusqu'en 2030, c'est à peu près 10 milliards de plus à payer. — Vous êtes élu, vous êtes sénateur.

Il y a quand même un casse-tête bien connu. Et effectivement, les chiffres sont très parlants. 1 euro versé en plus pour les pensions, c'est 1 euro de dette de plus, donc c'est de l'argent en moins pour les écoles, pour l'hôpital.

La mise à contribution des retraités, c'est aujourd'hui 14 ,1 % du PIB, c 'était 7 % il y a 50 ans. Et les dépenses de retraite cavale, plus de 23 milliards en 2024. Sauf que le casse-tête, il est connu.

C'est plus d'euros, plus d'argent, mais en période de campagne. Alors certes, il y en a tous les ans, mais là on parle d'une campagne présidentielle. Plus d'argent, mais moins de voix, les les retraités, 13 ,6 millions d'électeurs, ont 65 ans et plus. – Écoutez, depuis plusieurs années, les retraités ont des augmentations supérieures à celles des salariés.

Ça ne va pas On va pouvoir continuer à durer. D'ailleurs, on le voit bien puisqu'il y a également dans le budget social une trappe, si je puis dire, pour les bas salaires qui est ce qu'on appelle les allègements de charges et on paye 88 8 milliards aux entreprises pour alléger les charges. Ça ne va pas devenir supportable.

La machine va imploser. Je crois que Maurice Zafran l'a dit il y a un instant. Soit on laisse faire le FMI, soit on prend des mesures.

Il faut absolument que nous reprenions un minimum d'économie. C'est indispensable. Moi, je crois que le Le gel, bien sûr des pensions, mais aussi d'un certain nombre de dépenses.

Et quelque chose qui est indispensable, c'est assez indolore, parce que ça n'est pas une diminution, c'est simplement qu'on ne revalorise pas de 1 ou 2 % un certain nombre de dotations. C'est le moindre qu'on puisse faire, M. Martineau le rappelait, c'est 6 milliards.

La revalorisation des pensions, c'est 6 milliards. Depuis un an, et c'était quelque chose qui ne s'était pas produit depuis 50 ans, nous avons en France plus de décès que de naissances. Donc chaque année, la dérive naturelle à cause du vieillissement de la population, il est de 4 % du budget social.

Naturellement, il y a 4 % de dépenses en plus sur le budget social parce que les Français, les plus âgés ont besoin de soins. Donc si on ne fait pas d'économie, on va dans le mur. 'est quelque chose d'assez simple et d'arithmétique.

Alors certes, il y a l élection présidentielle. Mais est-ce qu'il faut absolument se boucher les yeux et, j'allais dire, distribuer toujours et encore plus d'argent ? Je pense que l'entreprise France ne peut plus, ne peut plus.

Sur l'échiquier politique, on l'a évoqué avec vous, Maurice. On a vu à peu près qui était pour, qui était contre. Parmi les contre, il y a LFI qui dit que Bertrand Martineau qu'on ne cible pas les bons privilégiés.

Et vous disiez, voilà, cette mesure sur les retraites, c'est une mesure. Et on voit les chiffres. Et les chiffres sont importants.

On entend du côté du Rassemblement national. Nous, on va faire la traque à toutes les dépenses inutiles. Ça, ça tient la route.

Il y a d'autres postes qui pourraient aussi permettre d'assainir les finances ? Entendu. Et heureusement qu'il y a d'autres postes que les retraites pour redresser les finances publiques.

Simplement, je rappelais les chiffres, on a 160 milliards de déficit public et pour stabiliser la dette, c'est-à-dire pour qu'elle arrête d'augmenter, je ne dis pas la rembourser, pour qu'elle arrête d'augmenter. On sait, il y a un rapport de quatre économistes qui ont replanché sur le sujet au mois de juillet, il faut environ 125 milliards d'économies pour stabiliser la dette. Donc les chiffres sont absolument considérables.

Alors je comprends que ça ne parle plus à personne tellement c'est gigantesque, mais ça se traduit par des charges d'intérêt qui sont colossales et qui étranglent toutes nos marges de manœuvre. Et donc je ne dis pas que la désindexation des retraites est la seule solution, évidemment, pour faire ces 125 milliards d'économies. Mais je dis simplement que sachant que les retraites représentent un quart de la dépense publique, il est arithmétiquement absolument impossible de réduire le déficit public sans toucher un petit peu aux retraites.

Et ça ne peut pas être un tabou. Et de toute façon, quelle que soit la personne qui sera élue, qu'il soit de l'extrême droite à l'extrême gauche, de toute façon, il sera obligé d'agir sur les retraites, de toute façon. – Merci Bertre Martineau.

Alors Michel Barnier a essayé. François Bayrou avait défendu une année blanche avant de reculer. Il va le faire, Sébastien Lecornu ?

Vous disiez qu'il n'a pas d'enjeu présidentiel. On va peut revenir sur cette question-là dans un instant. – Je reste assez persuadé que le fait qu'il s'engage sur ce terrain-là signe le fait qu'il ne sera pas candidat.

Mais évidemment, le prochain président sera obligé d'agir sur ce terrain-là, mais le problème n'est pas. Après… – Ce n'est pas le président, c'est le candidat. – C'est le candidat.

Et les deux candidats proches d'Hervé Marseille, c'est dommage qu'on n'ait plus à l'antenne, les deux candidats proches d'Hervé marseille attal et édouard philippe ce week-end se sont abstenus du moindre commentaire sur le sujet donc on comprend tout à fait pourquoi mais effectivement ça sera un des enjeux centraux – Alors on va parler justement de cette campagne, et si je vous posais la question à propos de Sébastien Lecornu, c'est que peut-être que lui ne sera pas candidat, et puis on comprend que sa priorité ça va être le vote d'un budget sans censure, mais il semblerait que pour le chef de l'État, Sébastien Lecornu fasse partie des favoris. Vous citiez Edouard Philippe et Gabriel Attal, ils ne seraient pas vraiment dans les petits papiers du président de la Moins qu'on puisse dire. Non, effectivement, Gabriel Attal et Édouard Philippe sont en conflit souterrain.

Souterrain pour Édouard Philippe, mais clair et fort et net avec Attal donc effectivement ça fait des mois et des mois qu'on entend auprès du président jamais directement dans la bouche du président qu'il a deux candidats favoris pour la présidentielle, Sébastien Lecornu et Jean Castex. Jean Castex, a priori, il a dit que c'était non ? Il a dit que la SNCF, c'était le poste de ses rêves et qu'il n'en est pas question.

Mais il n'empêche que dans l'esprit du président, ça n'a pas l'air tout à fait enterré ni l'un, le corps nu, ni l'autre Castex. Alors ce n'est pas, évidemment, ce n'est pas dit comme ça, ça circule, ce nom de Sébastien Lecornu. C'est quand même une façon pour le président de la République de faire savoir qu'il ne va pas rester en retrait et qu'il va bien garder la main, même s'il est toujours en vacances à Brégançon.

Les dernières images que l'on a eues de lui le montrer chevauchant à Jetski. Demain, il se rendra auprès des pompiers du Var. Alors loin de Paris, mais quand même près de l l'agitation dans son camp, Hugo Capelli.

Le président de la République n'a pas l'intention de laisser cette campagne présidentielle lui échapper. Oui, Emmanuel Macron qui passe ses dernières vacances comme chef d'État ici au fort de Brégançon. Alors il s'est fait plutôt discret Emmanuel Macron ces dernières semaines.

Pas de déplacement improvisé, pas de rencontre avec un chef d'État. L'une des seules images qu'on a de lui c'est quand il est sur un jet qui est la une d'un magazine et évidemment ça a fait réagir la classe politique aussi bien à droite comme à gauche en réalité le la première réapparition publique d'emmanuel macron en ce mois d'août se sera demain il va d'abord rencontrer avant 18 heures des pompiers et des maires du Var qui ont été concernés par les incendies ces dernières semaines et puis ensuite il n'ira pas très loin d'ici à quelques kilomètres tout près de la mairie de Bormes-les-Mimosas pour l'anniversaire de la libération de cette commune du Var il tiendra à cette occasion un discours, c'est une tradition pour Emmanuel Macron depuis 2017, c'est en quelque sorte sa rentrée politique, on scrutera de près ses mots lui qui veut être en quelque sorte le garant de la prochaine élection présidentielle mais qui surtout veut être dans l'action jusqu'au bout, jusqu'aux derniers jours c'est ce que ne cesse de répéter son entourage. On sait qu'il fourmille de projets notamment par exemple l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans en mesure retoquée par le Conseil constitutionnel.

Eh bien le chef de l'Etat a demandé à son Premier ministre de travailler sur un nouveau projet de loi pour le printemps prochain. Vous l'avez donc compris, même si la présidentielle est en ligne de mire, Emmanuel Macron saura bien au cœur des débats jusqu'à la fin de son mandat. – Oui, il ne va pas s'effacer le président de la République à l'approche de la présidentielle.

Vous le disiez officiellement, ses priorités, l'international, la défense et puis ses sujets sociétaux, la fin de vie, les réseaux Les réseaux sociaux, les ingérences. Hervé Marseille, il y a une phrase que j'ai lue ce matin chez nos confrères du monde. Vous aviez une phrase disant un président sortant.

Je vous laisse la terminer si vous l'avez en tête quand on parle des élections ou de son successeur. Un président sortant, ça ne peut pas. Ça ne peut pas faire élire quelqu'un, mais ça peut empêcher d'autres de l'être.

On a vu d'ailleurs que ses des prédécesseurs ont plutôt pratiqué cette règle-là. Donc on verra bien ce que fera M. Macron dans les quelques mois qui lui restent d'ici le mois de mai.

Pour autant, j'entends ce que vous dites et ce qu'on lit sur Sébastien Lecornu. Moi, j'ai du mal à croire que Sébastien Lecornu puisse Il s'entamait de son côté une campagne présidentielle alors qu'il doit supporter un budget quasiment invotable. Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.

L'année dernière, il a fallu jeter la réforme des retraites. Et donc tout ça a coûté fort cher, avec l'augmentation de la prime d'activité pour satisfaire aux exigences du Parti socialiste. Cette année, compte tenu de l'échéance présidentielle, il y a fort à parier que ça va être extrêmement difficile de voter un budget.

Je ne suis pas convaincu que le Premier ministre soit en situation de pouvoir penser à sa carrière politique au moment où il y a un budget extrêmement difficile à tenir devant le Parlement. J'ajoute qu'il faut faire des économies, pas seulement pour satisfaire à la situation, mais aussi parce que nous avons eu de nombreuses dépenses. On l'oublie, mais on a dépensé de l'argent pour la loi de programmation militaire.

Les taux d'intérêt à cause du problème avec l'Iran ont augmenté. Nous avons dû augmenter la contribution à l'Europe. Nous avons un tas de dépenses.

Et si on veut rester dans une épure à peu près supportable, je dis bien à peu près, c'est-à-dire autour de 5 % du des PIB, il faut faire des économies. Rien que ça, ça va être extrêmement compliqué. Donc je ne suis pas convaincu que le premier ministre soit en situation de mener campagne, de penser à son image.

Il doit tenir la Il doit essayer de faire en sorte qu'il y ait un budget pour le pays à la fin de l'année. Et donc je pense qu'il va être absorbé totalement par la situation parlementaire. C'est précisément parce que le Président considère que ce Premier ministre tient plutôt bien la maison, qu'il pense qu'il peut être son successeur.

Oui, les points forts, il tient. Et Et surtout, il endosse le bilan sous-entendu contrairement à deux autres anciens premiers minutes. – Voilà, visé très clairement.

Mais ce qu'Hervé Marseille ne dit pas, c'est la troisième hypothèse, c'est que le soutien du président de la République soit relativement négatif pour le candidat qu'il soutiendrait. Ça aussi, c'est une hypothèse. Maintenant, si quelqu'un qui a l'expérience d'Hervé Marseille ne peut pas croire une seconde qu'au mois d avril, quelques jours avant le premier électorat présidentiel, on fasse passer, le gouvernement fasse passer une loi aussi importante que l'interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes.

À quelques semaines des élections présidentielles, je n'y croient absolument pas. – Je reprends cette phrase, un président sortant ça ne peut pas faire élire mais ça peut faire battre, c'est aussi un pari politique un peu risqué, alors Emmanuel Macron il est réputé pour aimer le risque dans la configuration qui risque d'être celle de cette présidentielle. Il a intérêt à mettre son grain de sel dans la campagne ?

Il y a deux candidats déjà pour le bloc central déclaré qu'il faudra départager. Oui, mais il y a un autre problème qu'Emmanuel Macron connaît, et ça c'est une responsabilité historique d'Emmanuel Macron et de l'ensemble des responsables politiques du camp républicain, c'est qu'on sait déjà qu'il n'y a qu'une seule place pour le deuxième tour le la place de marine le pen est garanti donc qui sera au deuxième tour s'il ya deux trois quatre candidats de droite un candidat du centre un candidat social-démocrate etc ce sera jean luc mélenchon et il nous responsable politique le savent de façon absolument pertinente. Donc est-ce qu'ils seront responsables pour se mettre d'accord sur un ou deux candidats grand maximum ?

C'est la question qui va se poser dès cette rentrée dans 15 jours. Merci beaucoup Maurice. On parle du Premier ministre.