Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 12 décembre 2023 23 min

Les oppositions ont été "irresponsables" en "refusant de discuter" de l'immigration, dénonce Sylvain Maillard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h23

0:00
Invité

France Inter

0:03
Présentateur

Léa Salamé, Nicolas Demorand Le 7-10 Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale, député de Paris. Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Sylvain Maillard, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, c'était hier autour de 18h à l'Assemblée Nationale alors que vous alliez commencer à examiner le projet de loi immigration. Les débats devaient durer deux semaines dans l'hémicycle. Et bien pour la première fois depuis 25 ans, le texte a été rejeté avant même d'avoir été examiné. 270 députés ont voté une motion de rejet, 265 ont voté contre, exit donc l'examen du texte à l'Assemblée.

Vous appelez ça comment ? Un camouflet, un scénario catastrophe, une claque ?

0:56
Sylvain Maillard

Comment qualifier les choses ? D'irresponsabilité de nos oppositions. Elles n'ont refusé de discuter. Le vote, c'était un refus de discuter de l'immigration. Elles sont irresponsables. Et donc, évidemment, on regrette...

1:10
Présentateur

C'est la faute des oppositions uniquement ce qui s'est passé ?

1:12
Sylvain Maillard

Une motion de rejet, vous l'avez dit parfaitement. Depuis plus de 20 ans, ça n'est pas arrivé. Elles ont décidé de refuser de discuter. Alors qu'elles ont déposé toutes, bon nombre d'amendements. Il y avait plus de 2600 amendements. Elles ont refusé de discuter du sujet de l'immigration. Et c'est un sujet, très clairement, plus de 70% des Français sont favorables au texte. Ça demande des mesures fortes pour faire en sorte que ceux qui n'ont pas vocation à être en fraise s'en aillent. Vous vous enlevez les mains. Non, on va en parler. On est ensemble plusieurs minutes. Et moi, je suis ravi de pouvoir répondre à vos questions. Mais disons les choses très clairement.

Nous devions discuter pendant 15 jours, nous opposer. C'est notre rôle. Nous sommes parlementaires à l'Assemblée nationale pour choisir le texte, pour voter un texte qui correspond au désir des Français. 70% des Français veulent que nous soyons plus fermes sur l'immigration. Et ces oppositions se sont liguées avec des oppositions dingues. Sandrine Rousseau qui vote avec Éric Ciotti. Mathilde Panot avec Marine Le Pen. Et tout le monde se lève au moment du vote. C'est ça qu'on a vécu hier à l'Assemblée nationale.

2:12
Présentateur

On va parler de l'opposition si vous voulez. Mais enfin, tout de même, il y a votre rôle à vous. Il y a le fait que même Gérald Darmanin lui-même a reconnu hier soir au 20h de TF1 que c'était un échec pour lui. Qu'il avait raté quelque chose. Est-ce que vous auriez imaginé ce scénario catastrophe quelques heures avant ?

2:28
Sylvain Maillard

Moi, je vous le dis, Léa Salamé, oui, c'est un échec pour nous. C'est un échec. Mais je le redis, c'est avant tout. Et nous, on est là pour ça. On est en responsabilité. C'est un échec pour les Français qui nous demandent d'être plus fermes sur le sujet de l'immigration. De faire en sorte que ceux qui n'ont pas vocation à être en France s'en aillent. Et donc, nous portions un certain nombre de mesures. Le texte va continuer. Un certain nombre de mesures qui permettent, entre autres, d'être plus efficaces. De mieux intégrer ceux qui bossent, ceux qui travaillent dans les métiers en tension. Nous y tenons.

Et à côté de ça, de faire en sorte que ceux qui n'ont pas vocation à être en France s'en aillent.

3:02
Présentateur

Vous y tenez. On va voir si ce sera toujours dans le texte. avec les régularisations des sans-papiers dans les métiers en tension. Puisque maintenant, c'est le texte du Sénat qui revient. Et cette disposition-là, elle a été quasiment sortie du texte. Mais pardon, j'essaie de revenir avec vous sur le psychodrame d'hier. Parce qu'on essaye de comprendre. Il manquait cinq voix renaissance, hier, dans l'hémicycle. Trois du modem et une voix horizon. Le texte, la motion de rejet, est passée à cinq voix près. Il y avait donc neuf voix de la majorité qui auraient pu, s'ils étaient là, empêcher ce désaveu. Ils étaient où ? Ils avaient piscine ?

3:38
Sylvain Maillard

Léa Salamé, moi, il n'y a pas de chasse aux sorcières. Je vais vous dire une chose toute simple. 97% de mon groupe était présent depuis six ans et demi que nous sommes en responsabilité, que nous sommes élus, que je suis élu député. Il n'y a jamais eu autant de députés présents à un moment précis pour faire un vote. Mais ces neuf-là, ils sont où ? Il y a plein de situations très diverses, certains rendez-vous médicaux. Je ne vais pas rentrer dans le détail. Je vais juste vous dire une chose.

4:04
Présentateur

Il ne s'agit pas de les pointer du doigt, Sylvain Maillard.

4:07
Sylvain Maillard

Je crois qu'il faut bien qu'on comprenne une chose et que tout le monde comprenne. Nous sommes en majorité relative. Ce n'est pas nous qui l'avons choisi, ce sont les Français qui l'ont choisi il y a un an et demi. Et donc, nous trouvons des majorités pour tous les textes, pour tous les amendements, tout le temps. Mais quand toutes les oppositions qui n'ont rien à voir s'unissent ensemble, avec une présence forte de tout le monde, oui, nous perdons.

4:28
Présentateur

Mais vous le dites vous-même, vous êtes en majorité relative. Et vous le savez vous-même que ce texte est sans doute le plus délicat depuis le début de l'arrivée d'Emmanuel Macron. Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron, alors je le dis, en même temps il y a eu Vélée Retraite. Mais enfin, c'est l'un des textes les plus délicats, les plus explosifs. Ça fait un an que Gérald Darmanin bataille et essaye de faire des compromis à droite, à gauche, à droite, à gauche pour ce texte-là. Il fallait battre le rappel. Il fallait pas le rappel, il fallait compter vos troupes quand même. Il y a une forme d'amateurisme.

4:54
Sylvain Maillard

Je n'ai jamais eu autant de députés présents à un vote depuis 6 ans et demi. Et donc je veux les saluer. Je veux dire la présence de la majorité qui était extrêmement forte. Mais nous sommes en majorité relative. Et quand l'ensemble des oppositions se liguent, alors que ça n'a ni queue ni tête, ils n'ont absolument pas les mêmes projets. Leur but c'était quoi ? C'était de se faire le gouvernement. C'était de se payer le gouvernement. C'est clairement ce qu'on a vu hier. Et donc moi je le dénonce parce que je crois que tout ça se fait sur le dos des Français.

5:22
Présentateur

Plus largement, Sylvain Maillard, n'avez-vous pas péché par hubris, par démesure ? Gérald Darmanin n'a-t-il pas été trop sûr de lui ? Il disait encore il y a quelques jours, vous verrez, je passerai ce texte 149.3.

5:36
Sylvain Maillard

Nous n'avons même pas pu aller jusqu'au vote final. Non, non, là je parle des propos avant. Non mais c'est ça dont il parlait. Nous avons eu un rejet, c'est-à-dire que l'ensemble des oppositions se sont liguées pour refuser de parler d'immigration. Mais je vous le dis, elles se sont liguées pour tout simplement faire tomber le gouvernement. Faire en sorte de s'unir pour embêter le gouvernement. Pour faire en sorte de montrer que c'est de la faute du gouvernement. Et donc il n'y a aucun projet derrière. Quel est le rapport entre la France insoumise et le Rassemblement national ? Si ce n'est, une fois que le vote passait, de cette levée, les uns en train d'applaudir les autres.

Si ce n'est sans doute leur opposition. C'est ça qu'on a vu hier.

6:13
Présentateur

Non mais ce que je veux dire, que l'opposition est faite de la popole et de la stratégie politique, tout le monde en convient.

6:17
Sylvain Maillard

Mais moi ça me choque, Léa Salamé, ça me choque.

6:19
Présentateur

Vous ça vous choque, mais peut-être qu'ils sont aussi, sur le fond, en opposition avec votre texte. Chacun pour des raisons différentes. La droite et l'extrême droite le trouvent trop light, la gauche le trouve indécent. Mais ils n'ont pas fait que voter contre le gouvernement pour faire un coup contre le gouvernement. Ils ont aussi exprimé leur opposition au texte de Gérald Darmanin.

6:39
Sylvain Maillard

Léa Salamé, votre raisonnement pourrait s'entendre. Sauf que là, c'était une motion de rejet du texte. C'est-à-dire qu'ils avaient travaillé dessus, nous avions tous travaillé dessus. Il a été voté en commission, voté au Sénat. Ils ont décidé de ne pas parler d'immigration. Ils auraient pu avoir ce comportement au final, au vote final.

6:55
Présentateur

Ça fait des mois qu'ils discutaient de l'immigration entre les partis, ça fait Gérald Darmanin. Il est passé déjà au Sénat, il est passé en commission des lois.

7:01
Sylvain Maillard

Il a été voté partout. Là, ils ont refusé de parler d'immigration pendant 15 jours. C'est ça, ce que nous avons vécu hier.

7:08
Présentateur

Gérald Darmanin a présenté hier soir sa démission au président de la République, qu'il a refusé. Peut-il pour autant rester à son poste ?

7:18
Sylvain Maillard

C'est le choix du président de la République. Et moi, je veux redire mon amitié à Gérald Darmanin, qui a vraiment fait le travail, et je veux lui redire tout mon soutien. Mais c'est au président de la République de déterminer, avec la Première Ministre, quels sont les bons ministres à la bonne place. Et c'est leur rôle, c'est leur prérogative, ce n'est pas à moi d'en juger.

7:37
Présentateur

Qu'est-ce qui va se passer maintenant, Sylvain Maillard ?

7:40
Sylvain Maillard

Maintenant, ce texte, il doit continuer, parce que les Français ont besoin de ces différentes mesures, de faire en sorte que ceux qui n'ont pas vocation à être en France s'en aillent. Vous savez, pour le moment, on a 13 recours. C'est-à-dire que quand vous n'avez pas de papier, vous êtes migrant, vous avez 13 voies de recours, c'est-à-dire que ça prend plus de 3 ans. Et donc, bon nombre d'entre eux, au bout de 3 ans, ont commencé à construire leur vie. Parfois, ils ont des enfants, se sont mariés. Bref, ils sont inexpulsables. Nous, ce que l'on veut, c'est qu'il n'y ait plus que 3 recours maximum. Et qu'il y ait une décision au bout de 9 mois maximum.

Je vais juste terminer dessus, c'est important. Pour une raison très simple, on doit dire rapidement oui ou non. On doit dire oui ou non pour les Français, pour l'ensemble des Français de la communauté, et pour la personne en elle-même. Oui, tu peux rester en France. Non, tu dois quitter la France. Et à côté de ça, nous avons besoin aussi de mieux accueillir ceux qui viennent bosser dans nos entreprises, dans nos hôpitaux. Nous n'avons pas la possibilité de... Aucune entreprise, je vais vous le dire très clairement, aucune entreprise à l'heure actuelle ne peut fonctionner sans étrangers. Aucun hôpital ne peut fonctionner sans étrangers.

Je suis sûr qu'ici, à France Inter, si je descends, il y a des étrangers, évidemment, qui travaillent. Nous avons besoin d'eux. Nous devons mieux les accueillir. Pas seulement si vous descendez, si vous restez ici. La gauche a voté contre ça tout à l'heure. Hier a voté contre ça. C'est aussi ça qu'il faut entendre. Et la droite a voté contre... Les LR ont voté contre des mesures qui nous permettent d'être plus efficaces pour la reconduite à la frontière.

9:03
Présentateur

Cet échec hier à l'Assemblée, ça ne veut pas dire que le « en même temps » ne marche plus, Sylvain Maillard. Ce que je veux dire, c'est qu'au fond, vous n'aviez pas intérêt à trancher une fois pour toutes vos priorités.

C'est-à-dire, soit vous présentiez un texte sécuritaire pour mieux expulser, ce que vous dites, très bien, pour enlever les délais de recours, pour abaisser les délais de recours, et dans ces cas-là, pour supprimer l'AME, comme le souhaite la droite, et comme le souhaite Gérald Darmanin aussi, puisqu'il s'est exprimé favorablement sur cette décision, et vous auriez eu les voix de la droite et on n'en parle plus, ou alors vous présentez un texte qui régularise les sans-papiers dans les métiers en tension, et vous auriez eu certaines voix de gauche. Là, le problème, c'est que vous avez voulu tout mettre dans le même texte, alors que vous avez une majorité relative.

Vous voyez bien que c'était un coup de poker qui était compliqué aussi.

9:47
Sylvain Maillard

Probablement, vous avez raison, nous sommes en majorité relative et qu'il faut avoir des textes plus courts avec un seul objet politique. Je le dis encore, ce texte, il est voulu par les Français. Les Français veulent ces deux grandes mesures, mieux expulsées, mais aussi mieux intégrées les personnes qui viennent travailler dans les métiers en tension. Donc, les Français veulent ces deux. Est-ce qu'il faut avoir deux textes ? Je n'en sais rien. Nous allons travailler dessus dans les jours qui viennent.

10:13
Présentateur

C'est-à-dire, il se pourrait que vous scindiez les textes en deux ?

10:15
Sylvain Maillard

Parce que là, aujourd'hui, le texte... C'est la responsabilité de la Première Ministre.

10:19
Présentateur

Là, à ce stade, le texte, c'est de nouveau le texte du Sénat qui revient sur la table, là. C'est-à-dire que tout le travail en commission des lois à l'Assemblée nationale qui était revenu, qui avait amendé le texte du Sénat, qui avait déjà durci le texte initial de Gérald Darmanin, je ne sais pas si c'est très clair ce que je dis, eh bien, c'est aujourd'hui, on revient au texte voté par les sénateurs qui est un texte qui supprime l'AME, qui durcit vos mesures, qui enlève l'esprit de la régularisation des métiers en tension. Et dont Bruno Retailleau disait, c'est notre texte. Ça n'est plus le texte de Gérald Darmanin. C'est ce texte-là qui est maintenant sur la table.

Alors, qu'est-ce qui va se passer ?

10:54
Sylvain Maillard

Nous avons besoin des mesures, des mesures d'éloignement. Nous avons besoin de voter ces mesures-là. Et nous avons besoin de mieux accueillir ceux qui viennent travailler...

11:03
Présentateur

D'accord, ça, c'est ce que vous répétez depuis des semaines. Qu'est-ce que vous allez faire concrètement pour que ça passe ?

11:07
Sylvain Maillard

C'est le travail de la Première Ministre, du ministre de l'Intérieur, de trouver les voies de passage pour que dans les semaines qui viennent, nous puissions adopter ces mesures qui sont attendues par les Français. Ces deux points qui sont attendus par les Français. Est-ce que ces deux textes... On verra le fonctionnement. Ce que je crois important... Vous pourriez les scinder. C'est ça que vous nous dites ce matin. C'est ça une des idées. Ce que veulent les Français, c'est que nous soyons efficaces et que nous soyons responsables. Nous serons efficaces et nous serons responsables.

11:33
Présentateur

J'entends, mais je voudrais essayer de comprendre. C'est-à-dire que vous pourriez rester sur le texte du Sénat, c'est ça, le voter, sans la régularisation des métiers en tension et passer ensuite par un décret ou par autre chose pour faire passer cette mesure-là. C'est ça, ce qu'avait pensé. D'ailleurs, c'était une option qu'avait évoquée Elisabeth Borne.

11:50
Sylvain Maillard

C'est le travail de la Première Ministre dans les jours qui viennent de travailler, de trouver une voie de passage.

11:58
Présentateur

Mais dans l'option que vient de décrire Léa avec le texte du Sénat, ne risquez-vous pas de fracturer votre majorité sur un texte beaucoup plus dur ?

12:09
Sylvain Maillard

C'est encore un travail qu'on a à faire dans les prochaines semaines. Vous redire que ces mesures, au-delà de la majorité, et la majorité est importante, je suis président du groupe et évidemment, je veux garder notre majorité ennui. Il nous faut ces mesures pour les Français. Nous devons mieux accueillir ceux qui travaillent dans les métiers en tension. Mais en même temps, nous devons être plus efficaces

12:30
Présentateur

d'un point de vue immigration. Comment vous allez convaincre votre propre majorité ? On sait qu'il y a des dissensions depuis des semaines sur ce texte projet de loi immigration parce que c'est vrai que vous avez une majorité qui est plurielle avec des sensibilités très différentes. Vous avez une aile gauche qui estime que le texte du Sénat n'est pas acceptable. Comment vous allez les convaincre de voter ce texte ?

12:50
Sylvain Maillard

Léa Salamé, il n'y a pas qu'une aile gauche, une aile droite. Ce n'est pas comme ça que fonctionne mon groupe. Il y a un groupe qui porte...

12:55
Présentateur

Il y a des sensibilités.

12:56
Sylvain Maillard

Bien sûr, mais il y a un groupe qui porte ces deux mesures. Et donc, nous allons travailler pour voir comment faire peut-être à travers différents... On a différentes possibilités dans les jours qui viennent et c'est le travail de la Première Ministre et nous allons évidemment l'aider à trouver cette voie de passage dont vous parlez.

13:13
Présentateur

On va passer au standard d'Inter où nous attend Jacques. Bonjour Jacques, bienvenue.

13:18
Invité

Oui, bonjour. Merci pour ces matinées. Je voudrais dire que le ciel de la France est bâché par le risque, sinon la probabilité, de l'arrivée du RN au pouvoir en 2027. Le président Macron ne devrait-il pas avoir l'audace de s'inspirer de M. Mitterrand, dissoudre et appeler son adversaire à Matignon sous son contrôle, c'est-à-dire pendant trois ans où il pourrait ruiner sa crédibilité tout en gardant la maîtrise de l'international et de l'Europe.

13:56
Présentateur

Merci Jacques pour cette question. La question de la dissolution que je livre à Sylvain Maillard. Bonjour Jacques.

14:03
Sylvain Maillard

Une réponse en deux parties. Premièrement, d'abord, c'est la décision du président de la République qui, en fonction des situations, décide s'il veut dissoudre ou pas. Deuxièmement, moi, je n'ai pas fait de la politique pour faire venir Marine Le Pen au pouvoir, que ce soit en premier ministre ou quoi que ce soit. Je me bats contre les extrêmes, que ce soit d'extrême gauche ou d'extrême droite. Donc, pour moi, hors de question de faire de la courte échelle à Marine Le Pen ou à un mouvement d'extrême droite. Donc, ça ne rentre même pas dans mon logiciel.

14:31
Présentateur

Il reste quand même trois ans et demi de quinquennat. Comment vous allez pouvoir continuer à gouverner ? C'est une question quand même qui se pose après ce qui s'est passé hier. C'est-à-dire avec cette motion de rejet ou alors, quand ce n'est pas une motion de rejet, c'est le 49-3 qui a été utilisé près de 20 fois sur les questions budgétaires. Ça va continuer jusqu'à la fin du quinquennat ? Vous trouvez que c'est faisable ?

14:50
Sylvain Maillard

Léa Salamé, depuis un an et demi, nous avons voté 59 textes. Nous avons voté 59 textes et nous trouvons des majorités sur chaque texte. Alors, ça fait moins de bruit, c'est moins médiatique, mais sur chaque texte, encore tout à l'heure, nous allons voter plusieurs textes, nous trouvons des majorités.

15:05
Locuteur non identifié

Donc, vous trouvez que c'est faisable en fait ?

15:07
Sylvain Maillard

Bien sûr que c'est faisable. On peut rester comme ça juste pendant trois ans et demi. Je travaille beaucoup sur le transpartisan, de construire des majorités sur différents textes et je crois des textes structurants et donc nous allons continuer parce que c'est ainsi que les Français l'ont décidé. Ils nous ont donné une majorité où nous ne pouvons pas diriger seuls. Nous avons une majorité relative. C'est comme ça depuis un an et demi et nous composons des majorités sur chaque texte. Nous allons continuer comme ça. Ça fonctionne bien, mais c'est vrai qu'il y a sur certains textes des difficultés à nous de les surmonter.

15:37
Présentateur

Beaucoup de questions sur l'application et au standard sur le 49.3. Estelle, bonjour.

15:44
Locuteur non identifié

Oui, bonjour. Bonjour M. Maillard, bonjour à toute l'équipe. Bonjour. M. Maillard. M. Maillard. Bonjour Estelle. Bonjour. Si vous qualifiez la motion de rejet comme un... Enfin, si vous définissez la motion de rejet comme quelque chose de refus du débat, comment qualifiez-vous dans ce cas-là le 49.3 que vous avez utilisé à 20 reprises, premièrement ? Alors, ne me parlez pas des 59 lois votées parce que ça reste quand même très fort d'utiliser 20 fois le 49.3. Donc, j'aimerais une autre réponse que dire que c'est toujours la faute des autres puisque c'est ce qui est fait. Je tiens à vous préciser que je ne suis pas une opposante initialement à M. Macron puisque j'ai voté pour lui en 2017.

Son discours de dire qu'il irait chercher, comme on dit dans l'entreprise, les best practices à gauche et à droite m'avait interpellé et intéressé. Aujourd'hui, je vois que ce n'est plus le cas. J'attends votre réponse, une réponse qui ne soit pas langue de bois, s'il vous plaît, M. Maillard. Et je le dis en toute, sans aucune animosité.

16:42
Présentateur

Merci. Merci Estelle. Sylvain Maillard vous répond. J'essaye de faire

16:46
Sylvain Maillard

le maximum de parler sans langue de bois.

16:48
Présentateur

Oui, d'ailleurs je voudrais vous remercier parce que c'est vrai que les ministres étaient aux abonnés absents. On devait avoir un ministre, je ne donnerai pas son nom, qui a annulé hier soir et donc je voudrais vous remercier parce que vous êtes un des rares de la majorité qui accepte de venir parler au micro. Voilà, c'était dit.

17:01
Sylvain Maillard

Ça me donne l'occasion de m'inviter, je vous remercie. Juste vous dire, les 49.3 dont vous parlez Estelle, ce sont les budgets. Et sur les budgets, il est de tradition en France depuis la Ve République, les oppositions, parce qu'elles sont oppositions, elles votent contre les budgets. Et donc, nous sommes en majorité relative, nous ne pouvons pas avoir de majorité pour voter ces budgets et il faut un budget à la France et donc nous sommes obligés de passer, la première ministre est obligée de passer par le 49.3. Donc, je n'ai pas d'autre réponse à vous dire que les Français ont décidé de nous donner une majorité relative.

On ne peut pas construire de majorité en dehors de notre majorité à l'heure actuelle, mais nous n'avons pas la majorité absolue, donc nous devons passer par des 49.3 pour les budgets. C'est comme ça. C'est l'écriture de la Ve République.

17:47
Présentateur

Jean-Noël à Paris. Bonjour, bienvenue.

17:50
Auditeur

Oui, bonjour. Merci. Bonjour, M. Maillard. Je suis d'ailleurs dans le 9e arrondissement. J'avais une question. Est-ce que vous ne pensez pas quand même que vous allez avoir un problème pour tenir vos troupes ? Ce débat était quand même remet d'actualité le débat gauche-droite et c'est bien la fin du en même temps. Et quand vous dites que vous n'êtes pas là pour faire venir le Front National, c'est ça qui va être l'aboutissement de la politique que vous faites ? Et comment vous allez faire pour... Vous allez avoir des prochaines élections aussi européennes mais on ne veut plus d'en même temps. Le débat va revenir sur un débat gauche-droite.

18:29
Présentateur

Merci Jean-Noël pour cette question sur le cœur de la philosophie d'Emmanuel Macron le en même temps.

18:39
Sylvain Maillard

Je tiens vraiment à répondre à Jean-Noël d'autant plus que c'est un électeur de ma circonscription sûrement puisqu'il est le 9e arrondissement. Alors qu'en est-il ? Mort ou vif le en même temps ? Dire ce que les Français veulent et ils ont raison c'est que nous soyons efficaces, que nous changions leur quotidien. Et donc à nous de trouver les mesures qui changent leur quotidien. qu'est-ce qu'on reproche à la politique ? Au fond c'est d'être très éloigné. On fait des annonces à Paris et que ça ne s'incarne pas sur le territoire dans la vie au quotidien.

Et donc tout ce que nous portons dans les mesures que nous portons essayons de faire vraiment le maximum pour que ça s'incarne dans le quotidien que ça change les choses. C'est comme ça qu'on luttera contre les extrêmes. C'est comme ça que nous arriverons à convaincre... Et pourquoi les extrêmes

19:18
Présentateur

comme vous dites ? Pourquoi le Rassemblement National n'a jamais été aussi haut ? Ça fait 6 ans que vous êtes au pouvoir vous dites on fait le maximum pour changer le quotidien des gens et on voit les sondages les intentions de vote jamais Marine Le Pen n'a eu autant une intention de vote aussi grande pour 2027 et Jordan Bardella pour les européennes dans 6 mois et vous devance de 28... Il est à 28 vous êtes à 20 en gros en moyenne dans les intentions de vote de 8 points ça n'a jamais été... Le RN était premier parti je précise il y a 4 ans à l'issue des européennes mais jamais le différentiel était aussi important alors...

19:51
Sylvain Maillard

Vous savez le populisme...

19:52
Présentateur

Pourquoi ça marche pas ?

19:53
Sylvain Maillard

Le populisme est à la mode partout en Europe et dans le monde occidental on a des fortes poussées un peu partout de l'extrême droite certains pays basculent on a vu les Italiens récemment la Hollande bien sûr je crois qu'il faut combattre pied à pied et ne jamais céder à ce populisme qui au fond dirait toujours qu'il y a des solutions faciles et surtout qu'il y a un bouc émissaire le bouc émissaire pour l'extrême droite c'est très clairement l'étranger nous nous pensons que nous devons faire nation tous ensemble avec les difficultés avec parfois des textes c'est vrai compliqués qu'on a du mal à expliquer qui ne s'incarnent pas suffisamment dans le quotidien et quand vous êtes dans l'opposition avec des slogans faciles et bien évidemment vous avez l'impression qu'on peut renverser facilement la table donc nous on va continuer à faire en sorte d'incarner de l'efficacité de faire en sorte que d'accompagner les français dans leur quotidien je rappelle tout ce que nous faisons au quotidien pour améliorer leur pouvoir d'achat qui est le sujet numéro un parce que là on parle d'immigration aujourd'hui c'est bien normal mais dans le quotidien ce qu'on nous parle c'est le pouvoir d'achat et l'inquiétude des français sur la situation

21:00
Présentateur

Sylvain Maillard ce ne serait pas le moment de passer à la proportionnelle vous savez cette promesse de campagne d'Emmanuel Macron est-ce que ce ne serait pas le moment de forcer au fond les partis politiques à faire de vraies coalitions puisque là on est dans un système majoritaire sans proportionnel où on voit bien que ça bute que les coalitions ça ne marche pas

21:15
Sylvain Maillard

c'est question que pose Loïc sur l'application d'Inter quand vous regardez la composition de l'Assemblée nationale à l'heure actuelle quelque part c'est de la proportionnelle vous voyez bien que c'est compliqué nous n'avons pas la culture ce que vous notez et vous avez raison nous n'avons pas la culture du compromis comme on peut l'avoir en Allemagne par exemple ce n'est pas si simple à fonctionner avec des partis j'invite à regarder l'exemple allemand une coalition qui est difficile avec souvent des pouvoirs plus faibles nous avons la tradition d'avoir des pouvoirs forts en France c'est ainsi moi je ne crois pas que la proportionnelle soit la solution miracle à tout

21:46
Présentateur

Dernière question vendredi dernier lors d'une visite au Panthéon Emmanuel Macron a indiqué que le moment est venu d'un rendez-vous avec la nation au mois de janvier sans en préciser les contours il souhaite envoyer un message d'unité il évoque la nécessité de rappeler la France à elle-même et à ce qu'elle est à ce qui nous constitue en tant que peuple ça veut dire quoi ?

22:03
Sylvain Maillard

Nous attendrons mi-janvier et le Président aura une expression une expression forte une expression forte dans ce calendrier

22:12
Locuteur non identifié

Oui d'accord vous vous attendez aussi quoi Bon, bon courage Sylvain Maillard

22:17
Sylvain Maillard

Merci à vous et bonne journée à tous Vous retournez à l'Assemblée

22:19
Locuteur non identifié

comment va se passer votre journée parce que ça devait ça devait être la négociation le début de l'examen des articles du projet de loi immigration

22:25
Sylvain Maillard

Nous avons une réunion de groupe ce matin autour d'ailleurs de Gérald Darmanin et Olivier Dussopt et cet après-midi nous votons différents textes et la vie parlementaire continue et nous allons trouver des solutions ne vous inquiétez pas Merci Sylvain Maillard Sous-titrage Société Radio-Canada