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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 1 décembre 2024 55 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiInstitutions & électionsRetraites

Jean-Philippe Tanguy : "Oui, on pourra voter une motion de censure NFP"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:44OuverteRéponse directe

    Quelle est l'image que vous avez repérée en particulier ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Vous dites que c'est le retour du chômage de masse ou pas ?

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Donc vous ne dites pas qu'il faut garder les moteurs thermiques. Mais vous dites qu'il faut organiser des choses plus tranquillement.

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Dernière image avec vous, Nathalie Chakry.

  • 8:19OuverteRéponse directe

    Votre réaction à tout ce qui vient de se passer, tout ce qui vient d'être dit, Jean-Philippe ?

  • 9:16RelanceRéponse directe

    Juste un inventaire, vous n'avez pas une idée de la politique aujourd'hui qu'il faut mener en Afrique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:14Invité politiqueChiffre
    « Près de 900 postes sur toute la France. 8 sites sur 10 français qui sont touchés par des réductions de postes. »
  • 3:09Invité politiqueFait
    « la très mauvaise politique européenne autour de la transition écologique. Avec une stratégie qui n'a ni queue ni tête. »
  • 4:19Invité politiqueChiffre
    « une volonté de mettre une amende de 15 milliards d'euros sur les constructeurs automobiles européens. »
  • 8:47Invité politiqueFait
    « Je pense aux familles et aux proches des militaires français qui ont péri ou qui ont été gravement blessés au Mali dans la défense de la population civile face aux incursions djihadistes et aux enjeux djihadistes qui semblent effacés et ce sacrifice qui n'a compté pour rien. »
  • 12:23Invité politiqueFait
    « sauf une, c'est le déremboursement à hauteur de 5% des médicaments, c'est le gouvernement lui-même qui l'a ajouté en plein milieu des discussions au Sénat. »
  • 13:41Invité politiqueFait
    « C'est la désindexation des retraites. L'indexation des retraites sur l'inflation, c'est un contrat social entre ceux qui ont cotisé et le reste de la société et l'État. »
  • 13:56Invité politiqueFait
    « le fait de désindexer envoie un signal psychologique très inquiétant aux retraités, qui sont aussi des consommateurs, soit directement, soit à travers leur famille. »
  • 14:52Invité politiqueFait
    « Cette remise en cause des allègements de charges n'était pas faite initialement. C'était Mme Borne qui avait lancé le rapport, puis M. Attal, et vous le savez très bien, n'était pas faite pour remplir les caisses de l'État. »
  • 18:33Invité politiquePromesse
    « Marine Le Pen a été très claire, oui, on pourra la voter. Si ces lignes ne sont pas respectées, c'est quoi aujourd'hui ces lignes ? »
  • 21:34Invité politiqueFait
    « J'ai envoyé par SMS et par pli adressé, directement, personnellement, physiquement, lors d'une séance de questions gouvernement, le contre-budget à M. Saint-Armand, ministre de l'Économie et à M. Saint-Martin, ministre du Budget. Je leur ai remis le contre-budget. Je n'ai même pas eu un récipicé. »
  • 22:02Invité politiqueFait
    « C'est quand le Parti socialiste a voté à l'unanimité de son bureau national le fait qu'il y aurait censure. »
  • 25:35Invité politiqueChiffre
    « Jordan Bardella fait 2 fois plus de voix que la candidate d'Emmanuel Macron, Madame Hayé. »
  • 26:43Invité politiqueFait
    « On a annoncé au Rassemblement National que ce déficit était hors de contrôle. »
  • 29:29Invité politiqueChiffre
    « 63% des gens favorables à la démission d'Emmanuel Macron. »
  • 34:40InvitéChiffre
    « Si le budget passe, la non-indexation du barème, c'est 4 milliards d'euros d'impôts nouveaux. »
  • 37:32InvitéFait
    « C'est le Rassemblement National qui a mis l'indexation du barème sur l'impôt sur le revenu à la base. »
  • 37:56InvitéFait
    « Le spread, l'écart entre la France et l'Allemagne, a explosé au moment où M. Macron a fait son caca nerveux. »
  • 41:20InvitéFait
    « Je pense qu'elle est parfaitement innocente de ce qu'on lui reproche. »
  • 43:42InvitéFait
    « Elle est plus belle effectivement, je crois que ça c'est une unanimité sur le résultat. »

Temps de parole

  • Invité50 %
  • Présentateur15 %
  • Invité 213 %
  • Invité 311 %
  • Invité 49 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

En question politique, l'émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée également sur France Info, la télé, et en partenariat avec le journal Le Monde. Retour à la case départ, 6 mois après la dissolution d'Emmanuel Macron, 3 mois après la nomination de Michel Barnier à Matignon. Retour très probablement, effectivement, à la case départ, le gouvernement cette semaine a toutes les chances d'être censuré et son budget du même coup d'être retoqué. Oui, décidément, la politique française ne cesse de bégayer depuis que le pouvoir n'est plus à l'Elysée, depuis qu'il n'est plus non plus à l'hôtel de Matignon.

Bref, la politique française bégaye depuis que le pouvoir se retrouve au Parlement avec des députés tout simplement incapables d'avancer, incapables d'agir et incapables de jouer collectivement. On en parle avec notre invité, le député Jean-Philippe Tanguy, également président délégué du groupe RN à l'Assemblée. Il est notre invité dans Questions politiques en direct et jusqu'à 13h.

1:13
Invité

Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter.

1:20
Présentateur

Bonjour Jean-Philippe Tanguy.

1:21
Invité

Bonjour Madame Bécard, bonjour Madame.

1:23
Présentateur

À mes côtés, justement, pour vous interviewer, je leur coupe la chique. Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions.

1:29
Invité

Bonjour Monsieur, c'est vous mesdames.

1:30
Présentateur

Et Françoise Fressos du journal Le Monde, bonjour à toutes les deux. Bonjour à toutes et à tous. On va commencer comme toujours avec vos images de la semaine. Vous allez nous raconter ce qui vous a frappé cette semaine dans l'actualité. Je commence avec vous Jean-Philippe Tanguy. Quelle est l'image que vous avez repérée en particulier ?

1:47
Invité

J'ai choisi le site de Valeo à Amiens, dans la zone industrielle d'Amiens. On voit l'entrée principale du site.

1:53
Présentateur

C'est votre circonscription ça ?

1:54
Invité

C'est à côté de ma circonscription. J'ai beaucoup de familles de ma circonscription qui travaillent à Valeo. Mon suppléant, Philippe Thévignot, a dirigé un syndicat de salariés pendant 20 ans. Picardie connaît très bien cette entreprise. Et l'annonce de la suppression de 100 postes à Valeo à Amiens. Près de 900 postes sur toute la France. 8 sites sur 10 français qui sont touchés par des réductions de postes. Qui annoncent, je le crains, une nouvelle vague de désindustrialisation. Nous voyons sur le territoire, des territoires souvent d'ailleurs avec des députés à l'Assemblée nationale qui nous font des remontées de terrain.

Que ce soit dans la Meuse, les Ardennes, ou même dans l'ouest de la France aujourd'hui avec Michelin.

2:36
Présentateur

Vous dites que c'est le retour du chômage de masse ou pas ?

2:38
Invité

Je ne sais pas, je ne l'espère pas. Mais en tout cas, il y a vraiment une crise de l'outil productif français. Parce que ce n'est pas seulement des suppressions de postes industrielles. On touche vraiment au dernier savoir-faire de manufacture française. On parle de Michelin, la fabrication d'optomatiques et d'équipements automobiles. Valeo, qui sait aussi fabriquer des équipements de très haute tenue. Et derrière cela, il y a quand même la très mauvaise politique européenne autour de la transition écologique. Avec une stratégie qui n'a ni queue ni tête. Aujourd'hui, c'est quand même bien documenté.

De ne pas avoir su mobiliser l'extraordinaire savoir-faire dans le secteur automobile européen. Français, allemand, italien, espagnol, suédois. Pour avancer vers la transition avec des bonnes technologies, avec un vrai plan industriel.

3:27
Présentateur

Donc vous ne dites pas qu'il faut garder les moteurs thermiques. Mais vous dites qu'il faut organiser des choses plus tranquillement.

3:31
Invité

Absolument. C'est-à-dire qu'il faut se fonder sur les atouts européens, les atouts français. Et faire une politique sur cette base-là. Or là, ils ont voulu partir d'une feuille blanche. Les commissaires européens, la stratégie européenne. Certains membres de gouvernements de pays européens qui s'y sont associés. Ont voulu partir sur une page blanche. Et donc, ont donné en fait tous nos atouts. Notamment à la concurrence chinoise. Qui utilise une main d'oeuvre exploitée. Sali l'environnement sans faire attention à rien du tout. A une capacité d'innovation et de fraude sur la concurrence qui est extrêmement grave. Et on est parti sur de très mauvaises bases.

Moi, j'ai relisé le plan industriel qu'avait lancé Arnaud Montebourg il y a 10 ans maintenant. Sur le moteur à 1 km au 100. C'était peut-être une bonne étape intermédiaire entre la décarbonation. Enfin, entre le moteur thermique aujourd'hui et la décarbonation. Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, ça n'a pas été organisé. Et quand on voit qu'il y a encore aujourd'hui, de la part des autorités européennes, une volonté de mettre une amende de 15 milliards d'euros sur les constructeurs automobiles européens. On est vraiment dans l'irresponsabilité totale. Et ça n'a rien à voir avec une vraie transition écologique.

Moi, sur le gouvernement, je ne pense pas que ça s'arrangera forcément pour la gouvernance de Valeo ni pour son avenir. C'est juste qu'on se dit que vous parlez d'impéritie ou d'incurie, je ne sais pas, au niveau de l'Europe. Là, si on est encore en flottement, je vois mal ce qu'on peut répondre à ses salariés. On est en flottement depuis 10 ans. D'accord. On peut continuer un an de plus, en fait. C'est-à-dire qu'il y a eu un peu la vérité des prix cet été avec l'absence de ce gouvernement démissionnaire de Gabriel Attal. Oui, sincèrement, je n'ai vu aucune différence entre un gouvernement français aujourd'hui démissionnaire et un gouvernement en fonction. Ils n'ont aucune ligne directrice.

Pour moi, le dernier vrai ministre français, c'était Arnaud Montebourg. En dehors de ça, je ne vois pas grand-midi.

5:07
Présentateur

Allez, Françoise Fressoz, autre image de la semaine, beaucoup plus parisienne.

5:11
Invité

Et sujet plus léger aussi. C'est la succession d'Anne Hidalgo. Alors, ça se passe. Il fait beau, c'est jeudi. Et Anne Hidalgo veut introniser son dauphin qui s'appelle Rémi Ferrou. Mais malheureusement, au moment de prononcer le nom, sa fourche, la langue fourche. Et au fond, elle cite Emmanuel Grégoire, qui a été son premier adjoint, avec qui elle est fâchée, qui est le dissident. Et je trouve que tout ça résume Anne Hidalgo. C'est-à-dire qu'elle va quitter Paris, la mairie de Paris, en 2026, au terme d'un double bilan. Elle a un bilan, qui a été de chasser la voiture de Paris. Mais elle a un autre bilan aussi, qui est, elle a antagonisé tout.

Elle a tout antagonisé, ses équipes, les Parisiens, les Parisiens contre les Mordiusa. Et donc, la question que je me pose au moment où elle va quitter son mandat, c'est, est-ce que c'était obligatoire, quand on a une transition aussi forte à faire, d'antagoniser à ce point-là ? Personnellement, je n'en suis pas convaincue. Parce que j'ai le souvenir de ce qu'avait fait son prédécesseur, qui était quand même Bertrand Delanoé, qui lui a mis le plaie à l'étrier. Elle a fait deux mandats dans sa foulée. Et là, je pense que le successeur aura beaucoup plus de mal qu'elle, ce qu'elle a hérité. Et donc, voilà. Est-ce qu'on peut aussi plaider pour un peu de douceur en politique dans ce monde ?

Je pense que oui.

6:28
Présentateur

On essaiera de lui transmettre. Dernière image avec vous, Nathalie Chakry.

6:31
Invité

J'ai bien peur de faire retomber, non pas le niveau, mais le taux d'enthousiasme. Je voulais revenir sur la rupture d'un accord de défense qu'on avait avec le Tchad, qu'on avait que la France avait le Tchad. Ça a été annoncé le 28 novembre. C'est un peu passé inaperçu à côté de toutes les péripéties de la vie politique française.

6:49
Présentateur

On est effectivement sur un aéroport.

6:51
Invité

Exactement. La photo est ancienne, elle est de 2022, mais il n'y a pas de récente. Et il y en aura de moins en moins, si vous voulez, puisqu'on part. Enfin, on part, je ne suis pas en train de dire, comme au moment de la décolonisation. La France part. Voilà, la France part. Mais si la France partait simplement maintenant de cet endroit-là, mais il y a eu le Mali, il y a eu le Burkina, il y a eu le Niger. Là, il y a le Tchad, qui était un repli où on pensait que les militaires français pouvaient se replier. Et puis, il va y avoir le Sénégal, puisqu'aussitôt, le président sénégalais a annoncé ne plus vouloir de français. Deux choses. De soldats français. Absolument.

Une chose, c'était un point d'appui pour un certain nombre d'opérations anti-djihadistes. Bon, très bien, ça, on le perd. Deuxièmement, c'est dit au nom d'un certain nombre de puissances dont on a parlé, au nom de la souveraineté, ce qu'on peut totalement comprendre, du genre, vous n'avez pas des soldats qui sénégalaient chez vous, pas de tchadiens, pourquoi pas ? C'est au nom de la décolonisation, c'est-à-dire cette espèce de côté insupportable pour ces pays africains d'avoir le poids, la colonisation. Mais tout ça, ça serait bien gentil si, en fait, finalement, ce n'était pas pour se mettre sous la coupe des Russes, des Chinois ou de certains pays des Émirats.

C'est-à-dire qu'en gros, ce qu'il nous reproche, certes, c'est une présence, mais qui était devenue un peu légère. Deuxièmement, il nous reproche aussi quelquefois de se mêler, d'avoir une passion pour la démocratie, qui est quelque chose qui n'est pas forcément bien vu. Et accessoirement, de s'occuper des biens mal acquis, c'est-à-dire de ne pas accepter qu'il y ait des montants et des montants d'euros qui soient dépensés sur notre territoire et il y a des enquêtes. Donc, les mois prochains seront inquiétants.

Et si certains saluent ce départ de la France au nom de l'indépendance et de la souveraineté, il ferait bien de s'inquiéter aussi de la montée en puissance des Russes et des Chinois partout en Afrique.

8:27
Présentateur

Votre réaction à tout ce qui vient de se passer, tout ce qui vient d'être dit, Jean-Philippe ?

8:30
Invité

Oui, moi, je partage l'analyse sur la situation, la crise, effectivement, de la présence française amicale, faut-il le rappeler quand même, l'amitié, parce qu'on parle toujours de la France-Afrique, c'était avant tout, faut-il rappeler les mandats de la Chirac, aussi une relation d'amitié et de protection comme des populations civiles par nos militaires. Moi, je pense aux familles et aux proches des militaires français qui ont péri ou qui ont été gravement blessés au Mali dans la défense de la population civile face aux incursions djihadistes et aux enjeux djihadistes qui semblent effacés et ce sacrifice qui n'a compté pour rien.

Il y a vraiment un inventaire urgent à faire sur ce qui s'est passé entre la diplomatie française, le régime d'Emmanuel Macron et la présence française en Afrique. Juste un inventaire, c'est-à-dire que vous n'avez pas idée de la politique qu'il faut mener aujourd'hui en Afrique ?

9:16
Présentateur

Juste un inventaire, vous n'avez pas une idée de la politique aujourd'hui qu'il faut mener en Afrique ?

9:20
Invité

Si, si. Marine Le Pen, d'ailleurs, s'était rendue au Tchad sous le président précédent pour essayer de renouer avec cette amitié traditionnelle. Parce que c'est vrai que la présence française au Sénégal d'une part, au Tchad d'autre part, il y a la Côte d'Ivoire dernière aussi, étaient quand même les masses de granit de la coopération entre la France et l'Afrique. Faut-il rappeler que le Sénégal était aussi un pays, nul n'est parfait, mais avec une vraie tradition démocratique depuis l'indépendance avec le président Senghor ? Et ensuite, toujours eu vraiment une vraie démocratie au Sénégal. Alors c'est que ce choix est souverain.

Le peuple sénégalais, en particulier la jeunesse sénégalaise, a choisi un nouveau dirigeant qui a quand même parfois des mots et des propos très inquiétants. Alors ce n'est pas le président lui-même, c'est le Premier ministre sur le régime, mais sur l'islamisme quand même, et notamment le droit des minorités au Sénégal et des lois qui pourraient être extrêmement dures contre la tolérance. Mais vraiment, il y a un droit d'inventaire à faire. Moi, je ne prétends pas tout savoir. Et c'est vrai qu'il faut parfois le silence et d'or en diplomatie, mais de toute évidence, on ne peut constater qu'une débâcle.

Et c'est très inquiétant, y compris pour la nouvelle influence russe, du régime russe et de milices para-étatiques sur cette zone sahélienne qui est extrêmement préoccupante.

10:31
Jean-Philippe Tanguy

Moi, l'ultimatum que j'entends aujourd'hui, c'est celui d'abord de tous les travailleurs, les ingénieurs, les agriculteurs qui me disent, tenez bon, on a besoin de stabilité, on a besoin de visibilité pour pouvoir investir. Ça, c'est l'ultimatum que j'entends et que je comprends. Pour le reste, je ne suis pas dans cet état d'esprit à l'égard des forces politiques du Parlement, le Sénat et l'Assemblée nationale. Nous sommes dans l'état d'esprit de respect et de dialogue.

11:17
Présentateur

Alors, vous avez bien sûr reconnu le Premier ministre Michel Barnier lors d'un déplacement vendredi à Limoges. Toute la semaine, vous avez entendu le chef du gouvernement plaider pour la stabilité, ne pas être censuré. Jean-Philippe Tanguy, est-ce que le Rassemblement national peut encore changer d'avis ? Ou est-ce qu'il votera à coup sûr la censure cette semaine ?

11:39
Invité

Les propos de Marine Le Pen ce matin dans une interview à vos confrères de la presse écrite sont très clairs jusqu'au dernier moment, jusqu'au moment où les conclusions de la commission mixte paritaire, c'est-à-dire le rassemblement dans une pièce, si je puis dire, des sénateurs et des députés

11:56
Présentateur

pour qu'ils se mettent d'accord sur un texte,

12:00
Invité

le gouvernement peut le modifier, jusqu'au dernier moment, même quand la séance est ouverte, il peut encore faire des amendements pour le modifier. Donc nous, jusqu'au bout, on est prêts à, non pas à négocier, mais à améliorer le texte avec des lignes rouges qui ont été très claires et qui ont été très claires depuis le début. Non, elles n'ont pas été très claires, il y en a eu déjà pas des nouvelles.

Mais non, il n'y a pas eu de nouvelles, on va en reparler, je serai totalement disponible pour répondre à vos questions là-dessus, mais sincèrement, il n'y a jamais eu de nouvelles lignes rouges, sauf une, c'est le déremboursement à hauteur de 5% des médicaments, c'est le gouvernement lui-même qui l'a ajouté en plein milieu des discussions au Sénat.

12:31
Présentateur

Alors attendez, on va faire une petite note de bas de page pour que tout le monde nous suive, donc lundi, je pensais que vous le diriez, lundi, demain à 15h, vote du PLFSS, comme on dit, le projet de loi de finances de la Sécurité sociale, et à cette occasion, Michel Barnier peut envisager de dégainer, comme on dit, le fameux article 49.3 pour passer en force, pour que ce soit un vote bloqué, et à cette faveur-là, l'opposition peut décider de déposer une motion de censure. Vous la déposerez, vous, cette motion de censure, une propre motion de censure du Rassemblement national, ou vous envisagez de voter celle du NFP, du nouveau Front populaire ?

13:05
Invité

Le fait qu'on en dépose une, ce n'est pas été arbitré par le groupe et par Marine Le Pen. Donc c'est encore possible ? C'est encore possible, évidemment. Le fait qu'on puisse voter une motion de censure NFP, Marine Le Pen a été très claire, oui, on pourra la voter. Si ces lignes ne sont pas respectées, c'est quoi aujourd'hui ces lignes ?

13:18
Présentateur

Il y a des états d'âmes quand même, dans le groupe Rassemblement national ? Tout le monde n'a pas envie de voter.

13:21
Invité

Non, c'est réuni jeudi, presque tous étaient présents, il n'y a pas eu spécialement d'états d'âmes, mais je lis beaucoup d'états d'âmes dans un certain nombre de... De journaux. Oui, de journaux, puis de gens qui veulent... Comment c'est de bonne guerre ? Voilà, qui veulent tendre un peu, peut-être, les relations, mais ça, ce n'est pas très grave. Ce qui compte, c'est le résultat final. C'est quoi aujourd'hui concrètement la ligne rouge ? Parce que c'est ça que demandent les gens sur le terrain. C'est la désindexation des retraites. L'indexation des retraites sur l'inflation, c'est un contrat social entre ceux qui ont cotisé et le reste de la société et l'État. C'est dans la loi.

Donc ne pas honorer cet engagement, c'est une rupture de confiance. Pour nous, c'est une ligne rouge absolue. En plus, ça a des effets économiques, c'est ce que je me tue à expliquer au gouvernement depuis deux mois, c'est que le fait de désindexer envoie un signal psychologique très inquiétant aux retraités, qui sont aussi des consommateurs, soit directement, soit à travers leur famille. Et donc, ils surépargnent. Mais là aussi, il faut préciser. Depuis trois ans, le problème, c'est que, en fait, comme les Françaises et les Français ont peur de ce qui va leur tomber dessus, eh bien, ils consomment de moins en moins. Ils consomment moins, il y a moins de TVA.

Et donc, les entreprises investissent moins. Et donc, on est dans une spirale infernale de déconsommation, de désinvestissement et donc de moindre recette fiscale qui ne fait donc qu'aggraver la situation. Pour résumer, vous vous demandez deux choses. C'est indexation des pensions retraites au 1er janvier pour tout le monde et on ne touche pas au remboursement des médicaments. C'est les deux vraies grosses lignes en rouge, celles-là. Absolument. Il reste aussi 1,4 milliard de fin d'allègements de charges sur le coût du travail, qui me paraissent très dangereux. Oula ! Mais alors là, à chaque fois, à chaque fois, à chaque fois. Non, mais vous me demandez, je vous donne les choses.

Je pense que cela n'est pas raisonnable. Et je vous rappelle que cette remise en cause des allègements de charges n'était pas faite initialement. C'était Mme Borne qui avait lancé le rapport, puis M. Attal, et vous le savez très bien, n'était pas faite pour remplir les caisses de l'État. À la base, c'était fait pour débloquer les salaires et notamment mettre fin aux trappes à bas salaires. Donc on se retrouve avec une réforme qui est annoncée quand même à toutes les élections par la Macronie pour dire on va débloquer les bas salaires. Et deux ans après, c'est uniquement une réforme pour remplir les caisses.

15:14
Présentateur

Juste une précision, pardonnez-moi Nathalie. Quand vous parlez du déremboursement des médicaments contre lesquels vous êtes, quand vous parlez de l'indexation des pensions de retraite, on parle vraiment du projet de loi de finances de la sécurité sociale. Absolument. Vous l'avez dit au tout début, CMP, Commission mixte paritaire, on s'est mis d'accord sur un texte final. Quand je dis on, ce sont les parlementaires, on ne peut plus toucher à ce texte-là. C'est ce que dit ce matin également dans la presse le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin.

15:41
Invité

Oui, avec beaucoup de cynisme. Moi, j'ai assisté à cette CMP. J'étais à cette CMP pendant toutes les discussions. Bon, ceux qui se sont mis d'accord, c'est le socle commun. Donc vous aviez un débat au sein de la majorité, donc qui n'en finit pas de débattre et de s'opposer, entre les amis de M. Attal, les amis de M. Wauquiez, les faux amis de M. Barnier.

15:59
Présentateur

Non, mais là, je parle de vous, là.

16:00
Invité

Oui. Non, mais d'accord. Vous m'expliquez ce qui s'est passé. Vous pensez être encore possible de bouger les lignes

16:04
Présentateur

alors qu'on a un ministre du Budget qui dit

16:06
Invité

stop, les lignes, elles ne bougent plus. Non, mais sauf que c'est faux. Mais oui, c'est faux. Il peut bouger, il peut faire des amendements jusqu'au bout. Mais surtout, quand il dit dans Le Parisien que cet accord relève de la démocratie et traduit un équilibre démocratique, les forces qui se sont mises d'accord pèsent en France 25% de l'électorat. 25% de l'électorat. C'est incontestable. C'est-à-dire que quand il n'y a pas d'accord entre les deux assemblées, on réunit un certain nombre de députés et de sénateurs qui proposent un texte et ensuite, de toute façon, le dernier mot appartient à l'Assemblée nationale. Absolument.

Donc vous ne pouvez pas non plus contester le fait de ce qui s'est passé en CMP. Ce n'est pas possible. Mais je ne conteste pas ce qui s'est fait en CMP. Je dis que ce qui s'est passé en CMP représente 25% aujourd'hui de l'électorat. Et vous avez raison. À la fin, ce n'est pas la CMP qui a raison. Et c'est là où il se trompe. C'est l'Assemblée nationale. Et si la CMP n'est pas conclusive à l'Assemblée nationale, l'Assemblée nationale reprend même un texte. Donc aujourd'hui, on est dans la manipulation. Mais moi, je crains quelque chose. Vous avez dit, Mme Becker, à juste titre, qu'il pouvait utiliser le 49.3, donc avec le risque de censure.

Donc le texte passe comme le veut le gouvernement sans accord du Parlement. Il y a une autre méthode qui s'appelle, c'est l'article 47.1 de la Constitution, qui est beaucoup plus lâche, beaucoup plus cynique, et qui repose en fait sur l'épuisement du Parlement. Moi, c'est ce que je redoute depuis le début, connaissant un peu l'histoire politique de Michel Barnier. Moi, j'ai toujours parié sur l'épuisement des institutions par Michel Barnier avec son air de sphinx, de ne pas y toucher. Et en fait, de laisser le Parlement s'épuiser, se ridiculiser. Des sectionnements, c'est-à-dire ?

C'est-à-dire qu'en fait, le 47.1, c'est qu'il y a un délai pour la loi de finance, là, c'est la loi de finance de sécurité sociale, pardon. Et que quand ce délai est dépassé, le Parlement n'a plus la main et c'est le gouvernement qui peut commencer à le mettre en place par ordonnance, voilà. Et là, on passerait quand même une deuxième étape, dans quand même cette espèce de dérive de la Macronie, qui ne veut jamais entendre le résultat des élections. Michel Barnier n'est pas Macroniste. Là, on est dans la spéculation. Est-ce que vous avez des indications de la part de Matignon ? Comme quoi, il voudrait passer par cette procédure-là.

Est-ce que vous avez des discussions aujourd'hui avec Michel Barnier ? Racontez-nous un peu ce qui se passe. Oui, moi, je ne peux pas raconter les discussions en direct avec Michel Barnier. On a quand même envie de savoir comment ça s'est passé

18:11
Présentateur

lundi dernier.

18:12
Invité

Il y a une femme, à frage, ne vous inquiétez pas, au-delà de ce qu'a dit Marine Le Pen. C'est-à-dire, ce qui est vrai, c'est qu'on n'a pas du tout senti que Michel Barnier comprenait la réalité de la situation politique. Marine Le Pen a fait part de sa sentiment de déconnexion totale de Michel Barnier, ne croyant pas que le Rassemblement National avait le pouvoir et même la volonté aujourd'hui de censurer ce gouvernement, estimant, et ça c'est quand même le problème fondamental, je pense, de ce nouveau gouvernement, d'avoir raison sur tout. Et que même quand ils ont tort, ils ont quand même raison.

Et même quand ils ont fait 1 000 milliards de dettes, c'est eux les meilleurs pour gérer les finances publiques. Et quand le déficit passe de 4 à 6 % avec 60 milliards d'euros qui sont perdus dans les couloirs de Bercy, ce n'est pas eux, c'est le personnel de Bercy qui n'est pas compétent.

Donc on est quand même dans une déresponsabilisation permanente et des gens qui sont quand même très mauvais, qui ont fait quand même preuve de leur incompétence sur tous les secteurs possibles de l'État et qui continuent à donner des leçons de bonne gestion, que ce soit à la gauche, parfois je partage leur critique, et surtout nous, le Rassemblement National, qu'il faut-il rappeler, est innocent de la situation des finances publiques et d'une manière générale de la situation de notre pays. Nathalie ?

Pour résumer, que tout le monde comprenne, parce qu'il ne faut pas avoir fait 10 années de droit qu'on cite, pour pouvoir comprendre, soit on risque d'avoir un 49.3 en début de semaine, on est d'accord, qui concerne le PLFSS, soit vous redoutez de l'usure, c'est-à-dire que ce soit plutôt à l'entour du 20 décembre ou du 21, dans lequel il y aura un paquet global avec le budget et les budgets de la sécu. On est d'accord ? Absolument. C'est ça. Et donc, en gros, l'idée c'est faisons le plus vite possible pour en finir.

Est-ce que vous pensez que stratégiquement, le fait, pour Marine Le Pen et vous tous, de dire, alors je sais que ce n'est pas un ultimatum, mais de dire, bon bah, en gros, vous avez jusqu'à lundi matin pour vous décider, ne met pas finalement le premier ministre dans une position humiliante parce que nous, journalistes en écoutant, on n'a pas... Alors, on a compris le déremboursement, on avait compris que le prix de l'électricité, ça vous allait maintenant, que tout est baissé, que c'est moins 14%. Alors, après, l'AME 100 millions, est-ce que ça vous va ? L'aide médicale d'État. L'aide médicale d'État.

À chaque fois que le gouvernement fait un pas, petit ou grand, à chaque fois, vous allez rire, on en met un autre et que sur le fond, si vous voulez en censurer, il faudrait mieux le dire tout de suite. Alors, je rajoute même,

20:25
Présentateur

sur, effectivement, Nathalie a raison, sur la suppression de toute taxe sur l'électricité, vous avez trouvé moyen de dire, on aggrave les déficits, alors que c'était quand même une de vos exigences. À n'y rien comprendre.

20:35
Invité

Mais parce que dans nos exigences, Madame Bécard, il y avait aussi des mesures de financement et des mesures d'économie. Moi, vous savez, j'ai siégé tout le temps au Parlement. Nous avons proposé un contre-budget qui fait trois pages. De ce contre-budget, on a sorti 10% de lignes rouges. Ce sont les mêmes depuis le début, sauf, une fois plus, la mesure sur les médicaments. Le problème de fond, c'est que vous pouvez reprendre tous les échanges publics à l'Assemblée nationale. Il n'y a pas une seconde où M. Saint-Martin ou les membres de la majorité M. Barnier n'ont discuté ou négocié avec le Rassemblement national. Pas une seule fois en deux mois. M.

Barnier a reçu Mme Le Pen seulement lundi, deux mois après sa nomination. Ben oui. C'est-à-dire qu'en fait, depuis le début, il y a une espèce d'impensée de la part du gouvernement qui refuse d'admettre que son maintien dépendait, ça, ils l'ont reconnu du PS, ils n'ont pas voulu négocier ou du Rassemblement national. Ils n'ont écouté rien. Moi, j'ai envoyé... Mais vous pouvez dire rien de personne ? J'ai envoyé par SMS... Non, mais attendez, moi, je vais dire les choses maintenant. J'ai envoyé par SMS et par pli adressé, directement, personnellement, physiquement, lors d'une séance de questions gouvernement, le contre-budget à M. Saint-Armand, ministre de l'Économie et à M.

Saint-Martin, ministre du Budget. Je leur ai remis le contre-budget. Je n'ai même pas eu un récipicé. Ils ne l'ont pas considéré. Et dans ce contre-budget, qui ne l'ont même pas lu, ils ne l'ont même pas ouvert. C'est ça que vous êtes en train de vous dire ? Ils s'en moquent, en fait. En fait, ils s'en moquaient. Je pense qu'ils ont misé beaucoup trop gros sur le Parti socialiste. Et d'ailleurs, on voit quand est-ce qu'en fait, il y a vraiment M. Barnier qui a commencé à changer d'attitude. C'est quand le Parti socialiste a voté à l'unanimité de son bureau national le fait qu'il y aurait censure.

Et à partir de ce moment-là, ils se sont dit « Ah ben, en fait, tous nos plans foireux, il faut bien le dire, s'effondrent provient du Parti socialiste. » Donc, ils ont dû croire qu'ils allaient dire « Nous, on est l'opposition ultime, nous, on est l'opposition ultime au macronisme. » Comment négocier-vous en confiance avec un parti qui se situe dans l'opposition ? Vous êtes dans l'opposition à Michel Barnier et qui, au fond, pratique depuis le début un chantage qui fait monter les enchères au fur et à mesure. Il n'y a rien à négocier. Mais, Mme Fressot, officiellement, il n'y a pas à prendre les 10% de votre budget.

Vous savez, moi, j'ai vu, je vois le ministre, on a vu d'autres ministres, on discute, il n'y a pas de problème. Moi, ces éléments de langage, je ne peux pas. J'aimerais bien qu'on me donne une seule mesure que nous avons rajoutée dans nos écrits et dans les documents qu'on a transmis au gouvernement depuis le début ou que j'ai donnés dans les conférences de presse que j'ai faites. Mais l'électricité, ce n'est pas pour pas la FSS, mais ils ont accepté. Vous voulez qu'ils disent « C'est pour faire plaisir au Rassemblement national qu'on a fait ça ? » Non, mais il y a deux choses différentes. Là, on reparle des mesures techniques.

Après, on viendra, il n'y a pas de problème, on viendra au poids politique du fait de reconnaître ou pas que ça vient au Rassemblement national. Moi, je ne suis pas pour tuer les questions. Mais première réponse, il n'y a pas eu d'ajout de mesures. C'est faux. Le gouvernement ment. Et ce faisant en mentant, c'est vrai qu'il tend les relations parce que prendre le principal parti d'opposition pour un imbécile alors qu'évidemment, moi, je les connais par cœur. Donc, je vais vous dire la vérité. Moi, j'étais comme le petit poussé. J'ai mis tous mes petits cailloux blancs sur le chemin de la censure du gouvernement parce que je les connais et je voulais retrouver mon chemin.

Depuis le début, ils n'en ont rien eu à faire. Ils ont considéré qu'ils pouvaient forcer le destin. Ils ont considéré sans doute, parce que c'est ce qu'ils disent au tout Paris, que le procès de Marine Le Pen l'empêchait de faire de la politique. Eh bien, moi, je vous le dis, le procès de Marine Le Pen ne l'empêche pas de faire de la politique. Elle l'a très bien dit à la sortie de sa plaidoirie. Ce n'est pas parce qu'elle n'était pas au procès qu'elle ne pensait pas au français. C'est le pensé au français à Marine Le Pen toute la journée. Merci beaucoup, Jean-Philippe Tanguy. Parce qu'honnêtement,

23:57
Présentateur

on a vu votre stratégie changer quand même après les réquisitions.

24:00
Invité

Mais le contre-budget, il était avant les réquisitions. C'est le même.

24:03
Présentateur

Mais vous ne parliez pas de censure avant les réquisitions du procès ?

24:06
Invité

D'ailleurs, c'était ici, sur le plateau, à cette place, avec une couleur différente que c'était France Info. J'avais dit le 15 octobre que le gouvernement était sur le chemin de la censure parce qu'il ne tenait pas compte. Et les réquisitions, c'était le 13. Ils ne tenaient pas compte.

24:20
Présentateur

Donc effectivement, vous avez changé de stratégie. Pardon ? Et les réquisitions contre Marine Le Pen, c'était le 13.

24:25
Invité

Il y en a eu avant des propos. Est-ce qu'on sortira de cette émission en ayant une idée plus claire ? On va faire plus simple parce que ça fait depuis 15 jours que chacun parie, ils vont censurer, ils ne vont pas censurer. Moi, je sais ce que j'ai parié. Moi, je n'ai pas parié. Est-ce qu'on va vers quelque chose qui pourrait... C'est quand ce soir ? Vous allez attendre la dernière minute demain après-midi ou est-ce que ça progresse quand même un petit peu ? Oui, sincèrement, nous, on est prêts jusqu'au dernier moment. Mais ce n'est pas ça. Après, le problème, c'est de faire porter la responsabilité au gouvernement ou à vous. Mais c'est eux qui sont responsabilités.

Donc pourquoi vous soyez prêts ? Mais c'est eux qui sont responsabilités.

25:02
Présentateur

Ils sont prêts à censurer. Oui, j'ai compris.

25:04
Invité

Mais je l'ai dit plusieurs fois. Mais c'est eux qui sont responsabilités. C'est eux qui tiennent les cordons de la bourse. C'est eux qui ont les moyens de Bercy pour proposer des solutions de financement qui ne sont pas les nôtres. On en a proposé, ils nous disent Marine Le Pen. Mais non, mais l'épée de Damoclès, Madame Saint-Cricq, elle ne vient pas de la volonté du Rassemblement National ou même de Marine Le Pen. Elle vient d'élections. Les Français ont voté une fois aux élections européennes où ils ont mis un rapport de 1 à 2, une victoire de 1 à 2 voix plus pour Jordan Bardella. Voilà, Jordan Bardella fait 2 fois plus de voix que la candidate d'Emmanuel Macron, Madame Hayé.

Aux élections législatives voulues sur la volonté d'Emmanuel Macron, les Français désavouent encore... Vous n'êtes pas la majorité non plus. D'accord, on fait 11 millions de voix, Madame Saint-Cricq. Et vous avez... Non, mais vous avez suffisamment de recul quand même, excusez-moi, pour savoir qu'11 millions de voix à une élection législative, c'est beaucoup et que ça faisait très longtemps qu'un parti qui fait 11 millions de voix n'a pas une majorité députée.

Nous, on en a pris acte, mais entre le fait qu'on prenne acte du fait qu'on n'a pas gagné en siège les élections et du fait qu'Emmanuel Macron aura encore une majorité idéologique et politique dans le pays et qu'il puisse continuer à faire ce qu'ils ont toujours fait,

26:04
Présentateur

c'est irresponsable. Qu'est-ce qui se passe après ? Donc voilà, vous réussissez avec les insoumis à faire chuter le gouvernement Barnier et après,

26:13
Invité

avec qui ? Eh bien, il faut qu'il fasse un nouveau budget. Nous, si vous voulez, ce n'est pas la personne de Michel Barnier. Non, mais ce n'est pas la personne de Michel Barnier qui pose problème pour le Rassemblement National. Le problème, c'est la ligne politique qu'il suit et le budget. C'est un mauvais budget. Je le dis depuis le début, j'ai fait des années... Moi, je sais qu'à chaque fois que je dis quelque chose, le monde économique estime que ça n'a ni que ni tête. Vous pouvez reprendre mes propos au PLF, au projet de loi de finances précédent. Je leur avais dit votre déficit est insincère. Je suis désolé, on a annoncé au Rassemblement National que ce déficit était hors de contrôle.

On a voulu censurer le gouvernement sur Attal sur le déficit en juin. Donc nous, économiquement, si vous voulez... Un nouveau budget. Moi, j'y crois pas trop parce que là, il y a eu une discussion budgétaire. On était partis normalement sur 60 milliards d'euros d'économies ou d'impôts en plus. Là, on a fait 10 milliards de compromis. Donc on n'y est même pas. Donc vous allez repartir sur un nouveau budget avec la même majorité dans la mesure... Ou la même absence de majorité dans la mesure où il faut s'entendre jusqu'à une possibilité de prochaine dissolution puisque l'Assemblée va rester en l'état.

Donc comment vous pouvez dire tout ça n'est pas grave parce que de toute façon, on va refaire un nouveau budget ? C'est pas crédible. Personne ne va arriver à faire un nouveau budget puisqu'on n'arrive pas à faire celui-ci. Je n'ai pas dit que ce n'était pas grave. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on n'a pas censuré Michel Barnier lorsqu'il a été installé. La censure, c'est quelque chose de grave. Mais aujourd'hui, j'ai la conviction, Madame Fresseuse, que le budget qu'on nous propose amènera la France à plus de déficits, à plus d'endettements, à plus de chômage et qu'il ne règle aucun des problèmes de fonds. Et donc, je vous réponds, ils ne veulent pas s'attaquer.

Bercy est devenue la caricature d'une forteresse. Ils ne veulent pas s'attaquer à la trésorerie des opérateurs. 4 milliards qui est pourtant identifié. Ils ne veulent pas s'attaquer à un certain nombre de dépenses sociales que des rapports d'inspection ont clairement identifiées. Ils ne veulent rien changer à la politique. Mais c'est pas Bercy en l'occurrence. Ils veulent continuer la politique de financement, de subvention. La représentation nationale n'a pas donné une majorité pour dire ce que vous voulez faire. Donc, on a l'impression qu'on est complètement bloqués. À moins que vous demandiez la démission d'Emmanuel Macron. C'est ce que vous voulez faire avec Mélenchon ou pas ?

Non, mais Mélenchon, il demande la destitution. Il veut utiliser une disposition de la Constitution pour la haute trahison ou considérant qu'Emmanuel Macron aurait triché aux élections. Donc, vous, pas de destitution, mais la démission. La démission, on l'a toujours clairement dit. La Ve République, elle est très claire. Quand il y a une crise politique, premier outil, le référendum. Il refuse de l'utiliser. Il en parle beaucoup, M. Macron. Il n'a jamais voulu l'utiliser. Deuxième option, la dissolution. Il a utilisé, ça a raté, ou plutôt les Français ont dit, on ne veut pas. Donc, vous avez dit de le pousser à la démission. Et la dernière chose, c'est la démission.

Mais c'est la logique de la cinquième. Donc, vous voulez créer de l'instabilité politique pour le pousser à démissionner ? Mais l'instabilité aujourd'hui, c'est Emmanuel Macron. Emmanuel Macron est le nœud des problèmes de la France. Non pas pour sa personne, même si sa personne, parfois, peut aggraver mille de l'huile sur le feu. Mais pour la politique qu'il a proposée au pays, elle s'est effondrée sur elle-même. Moi, je reviens à Valeo.

29:11
Présentateur

On va démissionner pour sortir la France de l'impasse. C'est ça que vous êtes en train de dire ?

29:15
Invité

Mais s'ils sont incapables de faire un autre budget, il ne restera que cette option sur la table. D'ailleurs, les Français, j'ai vu, en ont eux-mêmes tiré la conclusion, puisqu'il y a un sondage où les gens favorables à la démission d'Emmanuel Macron en cas de censure sont supérieurs aux gens qui veulent même la censure. 53-63. 63% des gens favorables à la démission d'Emmanuel Macron. C'est quand même considérable. C'est un sondage. Une hirondelle ne fait pas le printemps. Je ne le dis pas de manière caricaturale. Ce que je dis, c'est que moi, vous savez, je respecte profondément la démocratie. Le message derrière ce sondage, c'est quoi ?

C'est, une fois plus, excusez-moi, je radote, mais c'est important. C'est la politique d'Emmanuel Macron. Le problème de la Ve République, c'est que, contrairement au général de Gaulle, ceux qui ont aujourd'hui le destin de notre pays entre leurs mains confondent l'incarnation avec les institutions. Leurs personnes ne comptent pas. Non, mais leur personne ne compte pas. C'est la politique. C'est la politique. Et la politique qu'ils mènent est non seulement un échec, mais les gens n'en veulent plus. Deux choses courtes avant que François se projette. Est-il vrai que vous considérez que Sébastien Lecornu, actuel ministre de la Défense, soit plus RN compatible que Michel Barnier ?

Je vous signale que vous allez me dire que vous ne parlez pas de personne, mais vous avez déjà marré Xavier Bertrand. Donc là, le sujet se discute. Monsieur Lecornu, qui avait déjeuné avec Marine Le Pen, le fameux déjeuner, pardon, secret. Est-ce que, par exemple, vous êtes plus compatible avec quelqu'un comme ça ? Alors, sincèrement, je ne sais pas d'où vient cette rumeur. D'accord. Mais ça, mais vraiment, je ne sais pas d'où vient cette rumeur. Deuxièmement, on dit, il se dit, alors vous allez me dire que c'est des fadaises de journalistes, que Marine Le Pen et Jordan Bardella ne sont pas exactement sur votre ligne. C'est-à-dire pas la vôtre, mais celle du groupe.

C'est-à-dire qu'en gros, il y a un groupe, il y a un parti qui veut censurer, censurer, censurer le gouvernement, mais que Marine Le Pen se demande un peu par rapport à sa stratégie dont parlait Karine tout à l'heure, qui est celle de la responsabilisation et de la partie du gouvernement. Pas de feuille de papier de cigarette entre le groupe et Marine Le Pen ? Mais, en fait, ce n'est pas une question de...

31:13
Présentateur

Hop, hop, hop, hop, c'est ça. Non, non, répondez directement à la question.

31:15
Invité

Oui, mais je vais répondre directement. Quand même, j'ai beaucoup de défauts, mais je ne suis pas fuyant. Ce que je veux vous dire, ça me joue parfois des tours. Ce que je veux vous dire, ce que je voulais dire comme réponse, excusez-moi, c'est que Marine Le Pen n'a pas la position des députés. C'est elle qui arbitre, c'est elle qui est en responsabilité, c'est elle qui est quand même la vigie et aussi le centre de discussion qu'il peut y avoir avec des responsables politiques, avec des responsables économiques, des responsables syndicaux. Donc, évidemment, sa position de responsabilité et celle de Jordan Bardella aussi, évidemment... Donc, même ligne ou pas ?

Non, mais implique qu'elle reste ouverte, elle le dit, jusqu'au bout. Une position de député dans un groupe, moi-même, évidemment, a beaucoup moins d'implication. La responsabilité impose une attitude plus ouverte. Donc, vous êtes plus censeur

31:54
Présentateur

et elle, elle dit toujours qu'on peut discuter. C'est que nous,

31:57
Invité

on a une position de facilité. C'est facile de donner son avis à une réunion de groupe et dont moi, la difficulté quand on est en responsabilité, c'est de prendre cette responsabilité et Mme François a raison. Une décision qui est grave, qui aura des conséquences. La question qui se pose, c'est est-ce que les conséquences de la censure sont plus bénéfiques ou là, moins pires pour le pays que maintenir ce statut court ruineux. Et pour l'ERN. Alors, justement... Oui, mais l'ERN, vous savez... Parce que l'ERN, c'est quoi, de toute façon ? Aujourd'hui, l'ERN, c'est la force d'alternance.

Donc, en fait, la question, c'est est-ce que les Français sont prêts à choisir une alternance totale sur le réganien, sur l'économique, sur la tenue des comptes publics, sur la politique européenne, sur la politique internationale ? Donc, c'est ça, la question. Aujourd'hui, elle se pose puisque M. Barnier, c'est lui qui a choisi la continuité avec le macronisme sur un plateau de télé aux 20 heures. Il n'était pas obligé de choisir de revendiquer la continuité avec le macronisme. Il agit en fonction des forces qui sont à l'Assemblée nationale.

Je veux dire, le Rassemblement national n'est pas majoritaire à l'Assemblée nationale et quelle que soit la solution envisagée, vous ne serez pas en mesure d'imposer ce que vous voulez. C'est pour ça que je me dis quel est l'intérêt d'aller censurer alors que ce n'est pas mieux pour vous d'attendre la possibilité d'une prochaine dissolution parce que si vous allez jusqu'au bout du scénario, si vous voulez la démission de Macron, vous aurez la même assemblée, autrement dit, le même blocage, la même impossibilité donc quel est l'avantage au regard de tout ce qui est par ailleurs dit c'est-à-dire une hausse prévisible des taux d'intérêt, une difficulté pour les Français.

Rapidement sur l'aspect politique. C'est très simple, on ne veut pas de ce budget qui est mauvais pour la France et on pense qu'il est possible d'avoir un autre budget. Le seul qui fait du chantage aujourd'hui, ce n'est même pas M. Barnier, c'est Bercy. C'est ce que vous avez déjà dit. Je le redis. Alors justement,

33:40
Présentateur

on va écouter Bercy. Je voudrais vous faire écouter le ministre du budget. Il était mercredi dans la matinale de France Inter évoquant notamment les conséquences économiques d'une censure sur le budget. Je vous propose d'écouter Laurent Saint-Martin.

33:52
Invité

Il n'y aurait pas la possibilité donc comme je l'ai dit d'avoir les mesures fiscales nouvelles de ce budget à commencer par exemple par l'indexation du barème de l'impôt sur les revenus. Ça veut dire que tous les Français paieraient plus d'impôts directement. Tous les Français. Pas seulement certains contribuables ciblés qui pourraient contribuer plus que les autres. C'est-à-dire il n'y a pas de budget on paiera plus d'impôts. Il faut un budget voté annuellement pour indexer le barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation. Si ce n'était pas le cas s'il n'y avait pas de budget il n'y aurait pas cette indexation.

Et donc les Français verraient leur impôt mécaniquement augmenter chaque année.

34:25
Présentateur

C'est très concret votre réaction Jean-Philippe Tanguy est-ce que vous reconnaissez que tous les Français qui payent l'impôt sur le revenu vont voir cet impôt augmenter si le budget ne passe pas ?

34:34
Invité

Non, c'est une belle tentative du ministre pour faire peur aux Français d'une manière différente mais c'est faux pour deux raisons. Déjà si le budget passe la non-indexation du barème c'est 4 milliards d'euros d'impôts nouveaux. Lui dit 3 mais ok 4 Entre 3 et 4 Je suis honnête je prenais même l'hypothèse haute. Bon les impôts de M. Saint-Martin c'est 40 milliards donc il reste 36 milliards si vous voulez de bénéfices pour les Français.

Mais ce n'est pas sur les mêmes c'est pas sur les mêmes Oui effectivement vous avez raison la taxe sur l'électricité par exemple c'est tout le monde moyenne inférieure là l'impôt sur le revenu c'est différent mais j'ai fait le point avec le rapporteur général du budget et avec le président de la commission des finances Eric Coquerel vous avez 3 familles politiques complètement différentes votre serviteur RN Eric Coquerel la gauche et M.

de Courson centriste il n'y a aucun souci le PLF qui sera voté le projet de loi finance qui sera à terme voté soit fin janvier soit en février il y aura forcément un budget rétablira les choses mais si il n'y aura pas de non budget en France il faut arrêter de mais parce qu'on n'est pas un état croupion mais non on n'est pas un état croupion madame Fressos tout va bien je veux dire nous avons deux chambres solides nous avons la continuité de l'état depuis au moins 500 ans en France nous avons une administration très compétente il faut arrêter de faire peur aux gens les chefs d'entreprise sont des débiles profonds qui s'inquiètent pas du tout je peux vous dire qu'il y a des chefs d'entreprise y compris par écrit comme l'a révélé ma collègue Edviglias nous écrivent aussi pour dire on préfère ce non budget temporaire que le budget qui va castagner les entreprises et les entrepreneurs franchement il y a un retournement aujourd'hui des milieux économiques je peux vous dire qu'ils ne sont pas du tout dans les dispositions qu'ils étaient aux dernières législatives donc on rétablira vous savez qu'il y a la mensualisation de l'impôt sur le revenu donc le barème sera indexé moi je propose par ailleurs qu'on dépose un amendement parce qu'en fait si on vote pas de budget je suis désolé tout ça est très technique j'essaie d'être le plus clair possible c'est pas toujours facile il y aura une loi spéciale qui permet de lever les impôts moi l'administration de l'assemblée m'a dit qu'on pouvait faire un amendement qui permette de mettre le barème dès le fait qu'on lève les impôts le président de la commission des finances pense que c'est plus compliqué je lui donne le point s'il le souhaite mais bon je pense que le point reste à établir en tout cas tout va bien se passer si tout le monde agit avec responsabilité dont le gouvernement mais ce petit cinéma on le voit encore là qui consiste à faire du chantage matin, midi, soir à tout le monde dire c'est nous ou la catastrophe il n'y a pas tellement de chantage moi je pense qu'ils sont assez calmes qu'il n'y a pas de dramatisation excessive il y a juste la description de ce qui va se passer c'est à dire que vous aurez un peu plus de risques sur l'empreinte donc des taux d'intérêt qui vont augmenter donc une charge de la dette qui va augmenter et une impossibilité de boucler un budget donc la reconduction du budget de l'année dernière avec un certain nombre de contribuables donc 400 000 contribuables qui ne payent pas l'impôt sur le revenu qui vont le payer et les agriculteurs qui s'inquiètent c'est ça le résultat de la crise d'accord mais il faut quand même remarquer que c'est le Rassemblement National qui a mis l'indexation du barème sur l'impôt sur le revenu à la base c'est M.

Sarmat qui ne voulait pas l'indexer donc c'est quand même un retournement de situation le coût de l'endettement quand M. Hollande donne les clés à M. Macron on est entre 20 et 30 milliards de coût de l'endettement par an on est à près de 60 milliards donc ce sont eux qui ont doublé le coût de l'endettement et maintenant il s'agit dans tous les plateaux pour expliquer il était au pouvoir pendant 5 ans M. Sarmat pour expliquer que c'est nous le problème le taux il a augmenté quand ? il a augmenté quand M. Macron a 10 sous en juillet et le spread l'écart entre la France et l'Allemagne a explosé au moment où M.

Macron a fait son caca nerveux donc qu'il arrête d'accuser le monde entier alors que excusez-moi il a fait sa crise de nerfs et que c'est la faute des oppositions et pas de ceux qui sont au pouvoir on est quand même à l'acmé de l'irresponsabilité politique

38:19
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy je voudrais qu'on parle aussi du procès sur les emplois fictifs des assistants parlementaires du Rassemblement National au Parlement européen c'est un procès qui a pris fin cette semaine le jugement a été mis en délibéré au 31 mars prochain une peine d'inéligibilité immédiate de 5 ans a été requise contre Marine Le Pen est-ce que vous la redoutez ?

38:41
Invité

bien sûr qu'on la redoute parce qu'on redoute une injustice et une erreur judiciaire extrêmement grave moi si vous voulez je ne comprends plus dans notre pays on dit oui il ne faut pas commenter les processus judiciaires et le cas échéant les décisions de justice ah ben non c'est vrai qu'en France il n'y a jamais eu d'erreur judiciaire les juges sont vraiment des gens purs et parfaits qui ne font jamais d'erreur qui ne se trompent jamais il n'y a jamais eu d'intention politique de la part des procureurs dans notre pays il n'y a jamais eu d'idéologie politique de la part de certains juges d'ailleurs le mur des cons du syndicat de la magistrature n'existe pas d'ailleurs sur ce mur des cons il n'y avait pas les photos de toutes les oppositions de droite non mais voilà je ne vais pas très loin je dis que le fait de considérer que tout processus judiciaire est pur et parfait qu'on ne peut rien dire qu'on ne peut pas critiquer vous dites que la justice est de gauche je n'ai pas prononcé le mot gauche

39:29
Présentateur

ah bon quand vous dites le mur des cons je crois que c'est

39:31
Invité

le syndicat de la magistrature je n'ai pas dit de gauche parce que moi je pense qu'il y a des gens de gauche parfaitement républicains et il y a des gens de gauche parfaitement liés à la séparation des pouvoirs je vous remercie d'ailleurs de poser la question je n'ai pas dit de gauche je dis des gens qui estiment qu'ils ont un pouvoir exorbitant et qui rendent la justice au nom du peuple français mais si possible sans le peuple français voilà bon et bien ça fait beaucoup de procès d'intention au moment où le jugement n'est pas rendu parce que c'est on parle des réquisitions le jugement est attendu le 31 mars est-ce que vous n'avez quand même pas l'impression de faire des pressions quand même énormes sur la justice mais il n'y a pas de pression sur la justice alors que vous êtes même le procès d'outreau pour une sévérité absolue pour tous ceux qui ont fauté voilà est-ce que c'est pas complètement inaudible et contradictoire mais c'est pas du tout inaudible moi je pense que quand on voit les réactions des français il y a un soutien à Marine Le Pen qui est majoritaire de très loin majoritaire au-delà de notre force politique et je suis désolé il est où le juge Burgaud du procès d'outreau et bien il a eu deux promotions depuis l'erreur judiciaire vous mélangez tout là c'est marrant parce qu'on parle de votre affaire mais parce que justement je parle pas de l'affaire Madame Bécard je parle du fait qu'en France le fait de parler de la justice tout de suite on est accusé de tout et que c'est une autorité judiciaire qui n'est pas parfaite et on peut encore parler comment dire de choses qui sont pas correctes ou de processus qui se passent bien sans être accusé de tous les mots ce n'est pas nous qui avons fait pression Madame Fresseau sur l'un des deux procureurs pour qu'elle dise que demander la relaxe pour un des prévenus alors qu'il n'y avait rien dans le dossier ça lui faisait trop mal je peux vous dire que ça creuait un émoi d'ailleurs il y a une suspension de séance de la présidente et même un certain nombre de personnalités de la justice se sont exprimées il y a quand même beaucoup de gens qui ont estimé que ce procès ne correspondait à rien donc nous verrons il y a une très belle plaidoirie de l'avocat de Marine Le Pen en tout cas moi je la soutiens à 200% je pense qu'elle est parfaitement innocente de ce qu'on lui reproche et je dois dire que je suis très meurtrie qu'on accuse une femme comme Marine Le Pen mais je l'ai dit pour d'autres adversaires politiques qui sont des honnêtes gens qui se battent pour l'intérêt général qui se voient au bout de tant d'années au service de la France demander de la prison deux enfermes franchement c'est indécent

41:41
Présentateur

Juste une question est-ce que vous êtes d'accord avec le patron de votre parti Jordan Bardella quand il promet à tous les candidats du RN pour toutes les élections qu'ils devront désormais avoir des casiers judiciaires vierges vous êtes d'accord avec ça ou pas ? c'est une bonne idée ? mais en fait c'était déjà le cas

41:54
Invité

moi on donne le casier judiciaire et puis la commission voit si ce qu'il y a dans le casier permet ou pas d'être candidat donc en fait ça a toujours été à la discrétion de la commission d'investiture la difficulté c'est que tout n'est pas dans le casier parfois cette dame qui avait fait un prix en otage des fonctionnaires parce qu'elle était désespérée ce qui n'excuse rien avec des faits extrêmement graves c'était pas dans son casier et donc on l'a découvert dans la presse Marine Le Pen on le saura

42:16
Présentateur

on le saura et donc elle ne pourra plus

42:18
Invité

ah bah si elle pourra parce qu'à la discrétion de la Sénith je peux vous dire que s'il devait y avoir malheureusement une mauvaise décision on considérera qu'elle n'empêche pas Marine Le Pen d'être candidate

42:25
Présentateur

donc il y a des bons et des mauvais casiers judiciaires vous ferez le trait

42:28
Invité

ah bah oui effectivement il y a des choses plus graves que d'autres oui ça effectivement

42:31
Présentateur

j'assume totalement merci Jean-Philippe Tanguy on va poursuivre avec notre second invité pour le livre de la semaine

42:37
Invité

France Inter questions politiques Karine Bécard

42:46
Présentateur

bonjour Bernadette Sauvaget bonjour merci de nous avoir rejoints sur le plateau de questions politiques vous êtes journaliste à Libération spécialiste des questions de religion vous êtes documentariste aussi et auteur, autrice d'un livre qui vient de sortir Notre Dame de Paris ressuscité aux éditions Fayard c'est un livre très réussi qui se lit comme un long et très beau reportage vous commencez évidemment avec cet effroyable incendie de la cathédrale ce fameux 15 avril 2019 incendie auquel vous avez assisté Bernadette Sauvaget vous avez suivi de très près ensuite les 5 années et demi de travaux qui viennent donc de s'achever vous racontez tout cela scrupuleusement c'est vraiment fascinant et vous n'hésitez pas non plus à parler du président Macron dans le dernier chapitre notamment Emmanuel Macron qui promet on s'en souvient de rebâtir Notre Dame de Paris en la rendant plus belle encore est-ce qu'on peut dire que c'est un peu son oeuvre pour cette reconstruction à Emmanuel Macron ?

43:42
Invité

Alors elle est plus belle effectivement je crois que ça c'est une unanimité sur le résultat son oeuvre c'est d'abord l'oeuvre des gens des 2000 ouvriers et compagnons qui ont travaillé donc ce savoir-faire là et puis tout ça n'était pas possible sans les 846 millions d'euros qui sont arrivés pour financer cette restauration et reconstruction parce qu'il y a une partie reconstruite et une partie restaurée

44:12
Présentateur

Mais vous écrivez quand même l'incendie et le chantier de Notre Dame sont des marques importantes des deux quinquennats d'Emmanuel Macron le chef de l'Etat en a tiré les bénéfices qu'il pouvait vous vouliez dire quoi ?

44:25
Invité

Non c'est à dire qu'en fait je crois que d'abord on a tous été surpris de l'impact qu'a eu cet incendie je crois que vraiment ça c'est l'impact national et international et je crois que Emmanuel Macron qui devait faire une intervention à la télévision a tout de suite pris le train en marche Il devait intervenir pour clore notamment la crise des gilets joueurs

44:46
Présentateur

que vous rappelez

44:46
Invité

judicieusement aussi dans votre avis C'est arrivé à point nommé enfin il y a quelque chose qui est fédérateur autour de cet incendie Comment vous l'expliquez justement l'impact de Notre Dame de Paris sur les parisiens puis plus largement y compris à l'international d'ailleurs Qu'est-ce que ça représente ?

Alors moi c'est encore une question ça a été une question pendant ces 5 ans c'est pourquoi ça parle autant Alors moi je crois qu'il y a quelque chose qui est quand même fondamental dans cette histoire c'est Victor Hugo et c'est la descendance de Victor Hugo Il y a évidemment le roman éponyme qui a participé c'est-à-dire sans Victor Hugo il n'y aurait pas eu de restauration sans doute au 19ème siècle il n'y aurait plus de enfin il n'y aurait plus il ne faut pas exagérer mais voilà il a été capital mais il y a une descendance qui est absolument invraisemblable de ce roman en film tout de suite en film en film en comédie musicale en dessin animé mais moi je crois que le beau sud de Notre-Dame enfin le beau sud de Notre-Dame a marqué des générations et des générations d'enfants qui à 30 ans ou 40 ans enfin quasiment 40 ans oui sont encore capables de chanter des chansons de ce dessin animé comédie musicale je crois qu'il y a vraiment quelque chose qui est oui vous dites dans votre livre à un moment donné vous expliquez qu'il y a quelque chose qui a pu sembler étonnant concernant les dons c'est qu'en gros au moment du tsunami où il y a eu des dons internationaux c'est à peu près 50% de ce qui a été donné pour Notre-Dame en se disant finalement les pierres est-ce que alors c'est un peu Pougadis c'est la façon dont je résume les choses est-ce que l'immobilier ou le patrimoine c'est plus important que les gens alors moi je vais mettre un petit bémol à ça je n'ai pas dit que c'était vrai non non c'est que vous l'évoquez vous ouvrez la porte oui et en fait il faut décomposer ces dons et si on décompose ces dons on a 4 méga méga donateurs qui font 600 millions à E4 voilà les les les les les les sont grosso modo à ce qu'a coûté la sécurisation c'est-à-dire les travaux qu'on a fait pendant un an et demi pour éviter qu'elles ne s'écroulent donc voilà cirque sans ces chéquiers ouverts de quelques grandes fortunes et quelques grandes entreprises françaises on n'aurait pas réussi à rénover aussi fort et aussi vite

47:38
Présentateur

comment aussi fort et aussi vite oui comment vous réagissez vous faites partie des toutes premières des tout premiers en juillet 2019 à pénétrer dans cette cathédrale qui je ne sais même pas à quoi elle ressemble à ce moment-là

47:50
Invité

moi je ne suis pas allée à l'intérieur je suis allée à l'intérieur un an plus tard le périmètre intérieur était extrêmement difficile d'accès parce que c'était encore très dangereux les gens qui pouvaient rentrer à Notre-Dame ne rentraient que dans les collatéraux et pour dégager les débris les vestiges de l'incendie les poutres les pierres etc c'était un robot moi je suis allée sur les terrasses où ils étaient en train d'installer ces immenses cintres en bois sur les arcs boutons qui font les grosses pattes d'araignée les grandes pattes d'araignée qu'on voit au chevet de Notre-Dame et là il y avait déjà une course contre la montre parce que malgré ce qu'on a dit le soir du 15 avril ou le matin du 16 avril elle était en danger en danger parce que les équilibres tous les équilibres avaient bougé et elle était en danger à cause de ce grand échafaudage calciné

48:48
Présentateur

alors vous l'avez dit les dons et les dons des plus importants donateurs ont été très importants est-ce que la fixation du cap je reviens à Emmanuel Macron vous allez dire que c'est une obsession mais est-ce que la fixation du cap est-ce que le fait que lui a dit dans 5 ans il faut qu'elle soit redevenue aussi belle voire plus belle est-ce que ça a joué un rôle

49:07
Invité

les gens les personnes qui ont travaillé à Notre-Dame et les gens qui étaient sur le chantier disent il fallait un délai voilà il fallait un délai il fallait un délai après voilà on peut discuter ce délai c'était

49:22
Présentateur

ça aurait pu être 10 ans là il y a une ambition d'aller vite oui c'était bien

49:25
Invité

ce qui était ce qui est plutôt ce qui est plutôt bien parce que ça donne une perspective aux gens qui ont un certain âge ils reverront je crois que c'était ça la pensée revoir Notre-Dame après voilà ça n'a pas été sans douleur c'était pour en dire un petit peu plus un petit peu plus en amont c'était imprudent parce que au moment le 16 avril quand Macron dit ça on ne connaît pas l'état des voûtes on ne sait pas on ne connaît pas l'état des voûtes et voilà si les voûtes s'étaient écroulées c'était impossible c'était pas c'était pas possible donc il y avait ce volontarisme voilà ça a été possible parce qu'effectivement l'état des voûtes était le permettait vous dites aussi que ça a été possible parce qu'il y a une sorte d'administration de mission c'est à dire qu'au lieu de laisser tous les services de l'état se fichent éventuellement sur la figure parce que le truc fait 3 mètres 3,30 mètres et pas 2 il y a eu un établissement public Georges Lain et qu'en gros ça a marché le général Georges Lain le général Georges Lain pardonnez-moi qui a disparu aujourd'hui et qui a eu la volonté de court-circuiter un peu les procédures habituelles c'est en gros quand on il faut faire en sorte que ça aille vite que ça soit efficace on a compris je ne vais pas paraphraser Lénine qui dit quand il y a une volonté il y a un chemin mais surtout pour le général Georges Lain oui c'est parce qu'il y avait aussi une administration de mission en clair oui moi je veux bien mais oui oui certes il y a on a rassemblé des compétences et voilà après il y a l'argent et il y a le savoir-faire je crois que vraiment ça aussi il y a un savoir-faire qui est inégalé c'est plutôt rassurant parce que oui au moment où on doute tellement effectivement c'est formidable ce qu'on voit moi je trouve alors moi ça me fait rebondir

51:21
Présentateur

j'ai envie de faire rebondir il y a un savoir-faire

51:24
Invité

et il y a un engagement et une abnégation oui je veux dire il y a des ouvriers des compagnons qui témoignent aujourd'hui et qui disent ça a été difficile on est fiers on est heureux ils ont pas vu leur famille ils ont travaillé des gens voilà il y a eu des burn-out il y a eu des tensions il y a des des bouffes qu'est-ce que vous pensez

51:42
Présentateur

tout ça Jean-Philippe Tanguy de tout ce qu'on vient de dire mais aussi de cette réussite est-ce qu'on l'accroche à la pochette d'Emmanuel Macron ou pas grand organisateur des JO et grand reconstructeur de la cathédrale Notre-Dame sur l'année 2024

51:59
Invité

moi ça me remplit de fierté je bois vos paroles madame déjà les pompiers je ne suis pas sûr que leur capacité à sauver Notre-Dame c'est aussi un savoir-faire c'est aussi un courage c'est aussi un idéal sur le moment pour prendre son courage imagine à demain pour sauver le monument effectivement cette symphonie de tous les savoir-faire français qu'on a gardé qu'on a voulu garder la politique du patrimoine en France à ses particularités on peut être très fier de ça et c'est vrai que dans ces moments effectivement très difficiles je suis très heureux de pouvoir dire que c'est l'Union Nationale qu'on est tous très fiers et c'est très émouvant franchement c'est très émouvant d'être réussi à avoir fait cet objectif ensemble et d'avoir des gens aussi à la fois passionnés dévoués je pense aussi ils sont souvent critiqués les architectes les archéologues qui veillent sur notre patrimoine qui ont profité aussi enfin profiter le mot est mauvais excusez-moi mais qui ont pu aussi mener des recherches rapidement qui ont trouvé pu participer aussi au vrai récit de l'histoire de France qui n'est pas effectivement le récit magnifié de Victor Hugo ou d'autres mais qui permet aussi de mieux connaître nos racines et d'où on vient et je ne sais pas où on en est pour l'identification du bel est mais il nous reste peu de temps j'aimerais bien poser

53:13
Présentateur

la question du pape François et avoir votre regard d'experte en question de religion qui préfère donc se rendre on le sait tous maintenant le week-end suivant en Corse c'est quoi c'est un pied de nez

53:24
Invité

alors je crois qu'il n'y avait pas beaucoup d'illusions chez les responsables catholiques ils savaient qu'ils ne viendraient pas d'abord parce que le 8 décembre il y a une fête importante à Rome et le pape doit être à Rome il s'est rajouté quelque chose à son agenda c'est à dire un consistoire c'est à dire il va fabriquer de nouveaux cardinaux donc vraiment je suis désolée mais mon agenda est vraiment bouclé et ça ne correspond pas ça ne correspond pas à la conception de l'église du père François pour lui c'est un événement mondain c'est des voilà c'est la cathédrale

53:57
Présentateur

la plus visitée au monde quand même oui

53:59
Invité

mais c'est de l'argent peut-être que lui il ne faut pas oublier que c'est un pape c'est le pape du sud global c'est le pape latino il n'a pas cette projection il n'a pas cette projection dans la pierre dans le patrimoine que nous pouvons avoir au début de son pontifiqué il est défini l'église catholique comme étant un hôpital de campagne là on est à l'extrême opposé de ça et en Corse d'abord il va voir un de ses chouchous c'est d'ailleurs le cardinal Bustillo le cardinal Bustillo qui est vraiment très très en cours en ce moment et il va voir un peuple donc il va se mettre au milieu d'un peuple voilà c'est merci beaucoup

54:43
Présentateur

à tous les deux pardonnez-moi d'une partie du peuple français Bustillo est assez justement

54:47
Invité

c'est pour ça

54:48
Présentateur

que j'ai dit ça volontairement ça c'est une autre émission je vous coupe merci Bernadette Sauvagelle le titre de votre livre Notre Dame de Paris Ressuscité chez Fayard merci à vous aussi Jean-Philippe Tanguy je vous souhaite une belle fin de week-end et je vous dis à la semaine prochaine je vous dis à la semaine prochaine

55:01
Locuteur

vous vous dis à la semaine prochaine je vous dis à la semaine prochaine