Bilan des Jeux Olympiques, futur Premier ministre... Le "8h30 franceinfo" de la députée LFI Danièle Obono
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Daniel Obono, les Jeux Olympiques viennent de se terminer en attendant les Jeux Paralympiques. Certains de vos opposants à droite et au centre ont reproché aux élus LFI et de gauche plus globalement une grande discrétion pendant ces Jeux. Est-ce que vous êtes fière de ce qui s'est passé pendant cette quinzaine ?
Je pense que les Jeux Olympiques et Paralympiques qui vont avoir lieu sont toujours l'occasion de performances assez extraordinaires et admirables. Je crois que l'ensemble des athlètes mais aussi toute l'organisation, parce qu'il n'y a pas que les athlètes, il y a celles et ceux qui travaillent avec LZE, il y a toute l'organisation. Ces dernières semaines ont été particulièrement intenses et donc on félicite bien entendu toutes celles et ceux qui ont eu des performances extraordinaires, qui ont eu des médailles. Mais vous êtes fière de ce qui s'est passé ? Mais je ne crois pas que ce soit nécessaire de créer des polémiques à tout va.
Je vois que les critiques anti-LFI ne prennent jamais de vacances. Mais je pense que voilà...
Mais Daniel Obono sur votre X par exemple, il n'y a pas un mot sur les JO, il n'y a pas un retweet d'une des performances françaises. Et puis on a vu aussi sur le X de votre collègue député Thomas Porte qui soutenait l'équipe américaine de basket alors que la France était tout prête de remporter le match. Certains ont trouvé que ce n'était pas très patriote.
Écoutez, là c'est un autre débat. Là vous êtes en train d'expliquer qu'il faudrait absolument tweeter pendant des semaines quand il y a une pause estivale. Vous permettez quand même qu'on prenne un peu de vacances les uns et les autres. Et puis on n'est pas obligé non plus de donner son avis sur tout. Je pense que c'est aussi une marque de respect par rapport aux performances sportives pour qu'elles puissent être appréciées. On peut apprécier les épreuves, on peut y être indifférent et puis on apprécie le sport. Donc je crois que tout ce débat-là... Il y a des vidéos qui avaient été exhumées sur internet aussi qui montrent que Jean-Luc Mélenchon était contre ces JO au départ.
Ça c'est un autre débat. Il y a des critiques qui sont tout à fait légitimes sur l'organisation des Jeux Olympiques. Ce ne sont pas uniquement celles de Jean-Luc Mélenchon ou de la France Insoumise. Mais vous savez qu'il y a des citoyens qui se mobilisent, qui sont mobilisés sur cette question à Paris. Mais aussi dans les autres villes qui ont accueilli les Jeux ou qui vont les accueillir.
Et vous, vous avez des critiques à formuler sur ces Jeux Olympiques ?
Oui, il y a des critiques du point de vue de l'impact social, les questions écologiques et les questions économiques. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons lancé une commission d'enquête populaire sur ces questions. Je pense par exemple à deux sujets importants qui touchent particulièrement le nord-est parisien et d'autres territoires où ont eu lieu les Jeux. Il y a plus de 80 associations qui se sont mobilisées depuis plusieurs mois et qui ont interpellé les pouvoirs publics sur ce qu'elles ont appelé le nettoyage social en cours. Près de plus de 12 000 personnes en un an ont été expulsées de leurs abris et campements précaires. Mais relogées ?
Non, pour l'essentiel, elles n'ont pas été relogées. Et donc, il y a un certain nombre de questions que cela pose puisque c'était en vue des JO. Et puis, toutes les questions de vidéosurveillance accentuées, ce qui pose des questions en termes de liberté. Et les questions écologiques, puisque je vous rappelle, un des principaux sponsors des JO est l'entreprise Coca-Cola, qui est le producteur mondial de plastique. Et on a encore vu, France Nature Environnement a montré qu'il y avait une utilisation extrêmement importante de plastique lors de ces JO, contrairement aux engagements qui avaient été pris. Donc, il y a plein de questions que cela pose.
Et nous allons avoir à nouveau ce débat, puisqu'il y a les JO d'hiver que la France entend accueillir. Qui ont été attribuées à la France aussi et qui posent des questions environnementales.
Nous avons entendu ce discours aussi du côté du gouvernement, du président de la République, qui dit qu'en gros, lorsque la France va bien, qu'elle est fière d'elle, de ce qu'elle fait, ça ne fait pas les affaires des extrêmes, de l'extrême gauche et de l'extrême droite. Il vous vise aussi.
Oui, écoutez, Emmanuel Macron fera mieux de s'intéresser à faire en sorte que la France aille me, en ayant un gouvernement issu des urnes, plutôt que là aussi d'instrumentaliser cet événement sportif et à des fins politiciennes. Et pour essayer de se redonner une image, ça n'a rien à voir avec le fait d'apprécier le sport ou qu'il y ait une ferveur populaire. Ce qu'il dit là, c'est, on l'a vu au cours des dernières semaines, une volonté de se redonner une espèce de légitimité.
Mais tout cela, je pense, personne n'est dupe, y compris toutes celles et ceux qui ont apprécié des millions de personnes à travers le pays et à travers le monde ont apprécié ces Jeux, ne sont pas dupes du fait qu'Emmanuel Macron est en train de continuer ce coup de force antidémocratique. D'ailleurs, la presse étrangère...
Je pense que la France a retrouvé son vrai visage, une France fraternelle, heureuse et unie, c'est votre France aussi.
J'espère bien que c'est la mienne. Et je crois que ça ne devrait pas être uniquement à l'occasion de ce type de compétition qu'on a et qu'on partage des moments d'unité, de fraternité. Et je crois que pour cela, en tant que responsable politique, puisque c'est mon rôle... Vous appelez au calme alors que vous, vous appeliez plutôt au bruit et à la fureur. C'était les propos de Jean-Luc Mélenchon. Mais ce n'est pas une question d'appeler au calme. Moi, j'appelle à la responsabilité. Et la responsabilité politique actuellement...
Je vous rappelle, je sais qu'il y a encore cet état estival et des Jeux olympiques, mais on est quand même dans une situation, et vos confrères étrangers l'ont aussi noté à plusieurs reprises, on est dans un pays où le président de la République a été battu à deux reprises dans les urnes, et il continue à refuser de reconnaître ce résultat. Dans n'importe quel autre pays, notamment si on parlait de pays en Afrique ou en Amérique du Sud, ça créerait plus que des mois dans les chancelleries occidentales, et on pointerait le coup de force antidémocratique que représente le refus d'Emmanuel Macron de reconnaître la victoire du nouveau Front populaire.
Ça, c'est une situation extrêmement grave, et c'est une question de responsabilité.
On va revenir là-dessus, juste un mot encore sur ces Jeux olympiques, puisque vous avez remarqué certainement le soutien de la population aux forces de l'ordre, qui ont assuré une sécurité, on peut le dire, exemplaire pendant ces JO. Ce matin, dans une interview au Figaro, Gérald Darmanin fustige les craintes exprimées par les extrêmes, qui veulent, je cite, que le pays rate, se casse la tête, ce sont des tireurs dans le dos, le patriotisme sait tout faire pour que le pays soit heureux.
Vous vous sentez visé là-dessus ? Écoutez, je pense que le ministre des missionnaires, Gérald Darmanin, n'est pas le mieux placé pour se prendre pour un responsable qui fait tout pour que le pays soit heureux. Il a à son bilan, je pense, y compris en matière d'organisation d'événements sportifs, plus que quelques polémiques, et ce n'est pas nous qui les avons portés, ce sont un certain nombre de délégations étrangères, et je pense notamment à l'organisation de tournois de football dans notre pays, pour une part.
Et puis, par ailleurs, son bilan en matière de sécurité est plus que problématique et il a été remis en cause par des institutions, aussi bien nationales qu'internationales, pour la remise en cause de l'État droit, pour l'usage excessif de la force. Donc, je pense que Gérald Darmanin n'est pas le mieux placé pour donner des leçons à qui que ce soit. Et par ailleurs, je le rappelle, les urnes et les Français et les Françaises ont dit ce qu'ils pensent du bilan de M. Darmanin en faisant battre sa politique dans les urnes, et ils devraient le reconnaître, et plus que se taire qu'en la matière.
Il nous a entendu peut-être ce matin, il vous a entendu, Daniel Le Bonneau, député à la FI de Paris. On poursuit cette discussion dans un instant avec vous. On va évoquer notamment la suite et la constitution du prochain gouvernement. Ce sera juste après les titres de 8h40 avec Marie Maheu.
En Grèce, le corps d'une femme découverte dans une usine ravagée par l'incendie qui touche le nord-est d'Athènes. Usine située sur l'une des communes évacuées hier. La France envoie près de 200 pompiers, des camions et un hélicoptère en renfort sur place. La Guadeloupe se prépare à l'approche de la tempête tropicale Ernesto. Vigilance rouge pour fortes pluies et orages. Certaines routes ont été fermées. Les habitants sont appelés à limiter leurs déplacements. Ils ne sont plus en détention provisoire mais doivent rester en Argentine le temps de l'instruction. Hugo Oradou et Oscar Gégou restent inculpés pour viol.
Mais le parquet de Mendoza estime qu'il n'y a pas suffisamment d'éléments pour justifier la poursuite de leur incarstération. Et puis sur les routes du Tour de France-Femmes, deux épreuves pour le prix d'une. Aujourd'hui, près de 70 kilomètres entre Dordrecht et Rotterdam des 10 heures et un contre-la-montre de plus de 6 kilomètres. Dans l'après-midi, hier, la néerlandaise Charlotte Cole a endossé le maillot jaune.
Daniel Obono, vous avez une candidate, le nouveau Front populaire pour Matignon. Hier, Lucie Castet, donc cette candidate, a écrit à l'ensemble des groupes de l'Assemblée et du Sénat des Républicains, donc excepté le Rassemblement National, un courrier qui a été co-signé par tous les groupes de gauche. Le but, c'est de mettre la pression sur Emmanuel Macron pour qu'il la nomme à Matignon ?
Écoutez, on ne devrait pas avoir besoin de mettre la pression. Le simple respect des institutions devrait amener Emmanuel Macron à appeler Lucie Castet, en effet, qui est la candidate du nouveau Front populaire pour la primature. Le nouveau Front populaire qui, je le rappelle, est arrivé en tête des élections législatives qui avait été appelée par Emmanuel Macron. Vous avez très courte majorité relative. Certes, mais les Français et les Françaises ont jugé que notre programme devait être mis en œuvre. Et c'est la logique des institutions que d'appeler à Matignon, à la primature, la candidate du nouveau Front populaire.
Mais cette courte majorité ne permettrait pas une stabilité du pays, puisque vous n'avez pas suffisamment de voix pour pouvoir passer des textes ?
C'est précisément pour cela que nous avons adressé ce courrier où nous présentons les cinq grandes priorités et appelons justement les députés républicains à poser la question sur l'ensemble de ces points, la question du pouvoir d'achat, de l'éducation, de la justice fiscale, et de réfléchir ensemble à comment travailler. Je crois que la participation extrêmement importante lors de ces élections ont montré aussi une volonté de changer la manière de fonctionner des institutions et de redonner une centralité justement à l'Assemblée nationale et aux débats parlementaires.
Mais ça veut dire que vous êtes prêts à changer votre programme, à le faire évoluer ? On se souvient que Jean-Luc Mélenchon avait dit rien que le programme du NFP, tout le programme du NFP au soir des législatives ?
Oui, et je pense que vous avez entendu Lucie Casté qui s'est rendue dans plusieurs régions de France au cours des dernières semaines et dont le propos est aussi clair et sans ambiguïté. Et d'ailleurs, la lettre le dit. Ce que nous disons, c'est que chacun devra se prononcer sur le fond des propositions, que ce soit sur celles qui relèvent du gouvernement comme l'augmentation du SMIC. Et ça, ça peut être fait par le gouvernement dès les premières semaines de son entrée en fonctionnement ou la question du budget, mais sur des questions précises. Je pense par exemple à la question de la justice fiscale, qui est un sujet sur lequel Lucie Casté est particulièrement impliquée.
Justement, en taxant les plus aisés. Les parlementaires et les députés devront décider, voilà, s'ils souhaitent ou pas, qu'il y ait des moyens pour l'éducation nationale, pour l'hôpital public, puisque c'est une de nos priorités pour le partage des richesses. Et donc, nous appelons justement à ce dialogue parlementaire, à préparer ensemble cette rencontre parlementaire, dont nous espérons qu'elle apportera concrètement dans la vie des Français et des Françaises des réponses à leurs urgences. Et je pense que ça, ça alimentera et ça perpétuera le sentiment de fierté, de fraternité et de solidarité qu'on a connue ces dernières semaines.
Mais vous l'avez dit, on l'a dit, vous avez une majorité relative.
Sur qui pouvez-vous compter pour faire adopter ces réformes que vous souhaitez ?
Nous espérons construire ces majorités-là dans le travail parlementaire, à l'Assemblée nationale, auprès des députés, qui devront juger sur pièce les propositions que nous font et qui devront aussi rendre compte aux Français et aux Françaises. Je vous rappelle que la participation très forte signifie aussi une volonté de la part de la population dans ce pays, que les choses changent parce que la vie est dure et difficile. Effectivement, il y a de temps en temps des parenthèses comme cet été. Mais franchement, on est à trois semaines de la rentrée scolaire. Il y a des gens dont la vie ne s'est pas arrêtée, concrètement à ce que dit et espère ou pense Emmanuel Macron, qui vit dans une bulle.
Pour la majorité des gens, la vie ne s'est pas arrêtée cet été. Les difficultés ne se sont pas arrêtées. L'état de l'environnement, avec les canicules, avec les risques, comme on voit ce qui se passe en ce moment en Guadeloupe, tout cela ne s'est pas arrêté. Et donc, il y a besoin de mettre en œuvre des politiques concrètes.
Mais sur ces réformes, vous voyez par exemple des membres de la majorité à gauche vous rejoindre pour voter certaines réformes ou peut-être même au Rassemblement national ?
Écoutez, nous, nous proposons un programme et la mise en œuvre de mesures pour changer concrètement la vie des gens. Et chacun et chacune, parmi les députés à qui nous nous adressons, qui sont les députés de l'arc républicain, devront voter en conséquence et en conscience et devront rendre compte ensuite aux électeurs pour savoir pourquoi elle et il sont pour un budget qui permettraient, par exemple, de réouvrir les urgences qui sont fermées, de mettre effectivement des professeurs devant chaque élève à la rentrée scolaire pour le vrai et pas n'importe quel professeur. Et aussi, Daniel Bonneau, d'abroger la réforme des retraites.
C'est une des premières priorités érigées par Lucie Castet. Pour abroger cette réforme des retraites, c'est clair, à l'Assemblée nationale, il faut compter sur les voies du Rassemblement national. Vous leur tendez la main ?
Non. Comme vous l'avez indiqué, nous avons adressé un courrier à l'ensemble des forces que nous considérons républicaines. Ce n'est pas le cas du Rassemblement national. Donc, il n'y a pas de majorité pour abroger la réforme des retraites. Et puis, ensuite, chacun devra décider de son choix au niveau parlementaire.
C'est pas un peu hypocrite de dire ça, de ne pas écrire au Rassemblement national, mais de compter sur ces voies pour faire passer vos réformes ?
Nous ne comptons sur les voies de personnes d'autre que celles des députés parlementaires républicains pour pouvoir mettre en œuvre un programme de rupture. Après, chacun est libre de ses votes et chacun votera en conscience. Et devra, encore une fois, rendre compte aux Français et aux Françaises de savoir pourquoi est-ce que quand la très grande majorité des Français et Françaises se sont mobilisés et ont soutenu le retrait de la réforme, un ou une députée serait contre son abrogation. Et je crois que chacun devra ensuite en rendre compte. Et je crois aussi, par ailleurs, que ce n'est pas simplement un débat parlementaire, c'est un débat dans l'ensemble de la société.
Il y a, au mois de septembre, des appels à mobilisation sociale de la part des syndicats. Je crois que tout cela doit créer une dynamique. Vous plaidez-vous aussi pour une grande mobilisation sociale à la rentrée ? Oui, bien sûr. Et nous en aurons besoin, y compris si c'est nous qui sommes enfin appelés à gouverner ce pays. Il faut que ce soit le cas. Mais nous aurons besoin de ce soutien, de cette participation, dans les mesures que nous prévoyons. Il y a l'augmentation des salaires du SMIC, des salaires minimums, mais aussi la proposition d'une discussion de branche pour l'élevation des salaires dans tous les secteurs.
Et ainsi que redonner la main aux organisations syndicales, notamment et représentatives des salariés, sur la question de l'assurance chômage. C'est-à-dire que ça fait partie des réformes antisociales menées par les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron. Et donc, oui, nous pensons et nous espérons et nous appelons à ce qui est des mobilisations les plus larges possibles pour accompagner les réformes que nous mettrons en œuvre.
On verra comment la rentrée, ce profil. Merci beaucoup, Daniel Obono, député LFI de Paris, d'avoir été l'invité du 8.30 France Info ce matin. Merci, Brigitte. L'info continue sur France Info pour l'heure. On retrouve Marie Maë pour le Fin Info à 8h50.
Danièle Obono