Justine Ledoux, en charge de la communication à Air Pays de la Loire
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C'est la journée nationale de la qualité de l'air. A 8h moins le quart, votre invité Nicolas Creusel, c'est Justine Ledoux, chargée de communication de RPI de la Loire. Bonjour à vous Justine Ledoux. Bonjour. RPI de la Loire, c'est l'organisme officiel qui mesure la qualité de l'air qu'on respire au quotidien. On a donc connu un été exceptionnel côté météo, temps sec et chaud avec des phases de canicules et donc des conséquences sur la qualité de l'air.
Oui,
en effet, l'été de 2026 a été marqué par plusieurs épisodes de chaleur, de canicules qui ont aussi pu avoir des impacts sur la qualité de l'air.
Alors, il y a plusieurs pollutions. L'ozone d'abord, avec des conditions météo qui viennent finalement contrecarrer les efforts que nous on peut faire en tant qu'humains pour réduire la pollution à l'ozone.
L
'ozone, c'est un polluant qu'on va retrouver majoritairement en été puisque c'est un polluant qui se forme sous l'effet des fortes chaleurs. Donc mécaniquement, avec davantage de canicules, on peut s'attendre à avoir davantage de formation d'ozone. Et effectivement, même si nous, en tant que société, on fait des efforts aussi pour diminuer nos émissions de polluants qui vont être à l'origine de la formation d'ozone, puisqu'il
y
a davantage aussi de canicules, d'épisodes de forte chaleur, il se peut qu'il
y
ait un petit peu plus d'ozone qui se forme. Donc la baisse des émissions n'est pas suffisante toujours à faire en sorte qu
'il
y ait moins d'ozone. Et donc c'est pour ça aussi qu'il ne faut pas relâcher les efforts.
Avec la végétation qui a dégagé des composés volatiles, c'est ça ? Lié aussi à la météo, à cette sécheresse, à cette souffrance, ce stress hydrique
? Oui,
exactement. À vrai dire, l'ozone, c'est un polluant qui va se former par combinaison d'un polluant qui est plutôt émis par le trafic routier. Et un autre polluant qui peut être émis, donc les composés organiques volatiles, qui peuvent être émis à la fois par les activités humaines, mais aussi par la végétation. Et la végétation, quand elle est stressée, effectivement, va avoir tendance à émettre davantage de composés organiques volatiles.
Alors ça, c'est pour l'ozone. Il y a aussi la pollution aux particules fines. Alors c'est étonnant parce qu'on imagine plutôt les particules fines l'hiver, lorsqu'on a une condition anticyclonique développée, un ciel bas, du froid. Et là, on a eu donc des particules fines même l'été.
Tout
à fait. C'est vrai que les particules, c'est typiquement un polluant qu'on va retrouver en hiver, qui est majoritairement associé au chauffage au bois individuel. Et là, cet été, on a vu deux sources principales, notamment les incendies, puisqu'il
y
a eu beaucoup de surfaces brûlées en France et en Europe. Et donc, ça a amené à des émissions importantes de particules fines. C
'est-à
-dire
qu'on a eu, par exemple, les incendies de l'Elande, de la Gironde, c'est remonté jusque chez nous
? Les
particules, c'est un polluant qui va avoir tendance à voyager facilement. Ce sont des petites particules qui peuvent être poussées sur de longues distances par les vents. Ça nous est arrivé en 2023 de pouvoir mesurer sur notre réseau de mesures à Nantes des élévations de particules fines liées aux incendies du Canada. Donc, c'est un polluant qui ne
va
pas se cantonner aux frontières.
Et vous disiez deux types de raisons, donc les incendies, l'autre, c'est quoi
?
Le deuxième type de particules qu'on a vu cet été, c'était les sables du Sahara. C'est vrai que c'est un phénomène qu'on voit de plus en plus. Et avec les changements climatiques, on voit des modifications des masses d'air qui font en sorte que les sables du Sahara vont pouvoir remonter potentiellement plus facilement et plus souvent vers chez nous. Ça, ça a amené notamment au mois de juin
à
un déclenchement d'une procédure préfectorale. Et ça, c'était une première à la fois pour l'ozone et pour des particules issues
des sables du Sahara. Avec cet effet cocktail, si j'ai bien compris, ce mélange de ces deux conditions. Une fois qu'on a planté ce décor, qu'est-ce que ça veut dire sur les risques pour notre santé à court terme, à moyen terme, à plus long terme
?
Globalement, concernant la pollution de l'air et tout type de pollution, moins on y est exposé, mieux c'est. C'est vrai que la pollution de l'air, pendant longtemps, on a eu un peu cette image de lien entre air et poumon. On sait maintenant que la pollution de l'air, ça a des effets multiples et variés et pas juste des impacts sur les poumons. Il faut noter aussi que la pollution de
l
'air, ça ne va pas affecter tout le monde de la même manière. On a une part importante de la population qui peut être catégorisée comme personne sensible. On va retrouver les femmes enceintes, les jeunes enfants, personnes âgées ou des personnes avec des pathologies existantes
qui
sont, a priori, des personnes qui peuvent être davantage affectées par la pollution de l'air.
La bonne nouvelle,
c
'est quand même chez nous, on s'en sort un peu mieux que dans d'autres régions. On a quand même l'influence océanique et le vent.
Oui,
tout à fait. Dans les pays de la Loire, on a la chance d'avoir une géographie qui est plutôt favorable puisqu'on n
'a
pas forcément de cuvettes, on a un relief assez plat. Et une bonne partie du temps, on va avoir des flux océaniques qui vont avoir tendance à chasser ou à éviter les accumulations de polluants dans l'air, puisque la pollution de
l
'air, c'est tout de même très météo-dépendant.
Effectivement. Il va falloir qu
'on
s'habitue d'ailleurs sans doute à vivre aussi avec cette pollution puisque les étés caniculaires, ils devraient se répéter si on en croit les spécialistes météo dans le futur. Merci beaucoup pour cet éclairage à l'occasion de la journée nationale de la qualité de l'air. Justine Ledoux, chargée de communication à RPI de la Loire. Bonne journée à vous. Merci.