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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 29 octobre 2023 54 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Manuel Bompard : "Vous pouvez inventer des divisions à LFI, elles n'existent pas"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse partielle

    Les frondeurs au sein de la France insoumise vont-ils finir par partir ou y être poussé ?

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Quelle est votre image de la semaine ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous répondez à Emmanuel Macron sur sa position au Proche-Orient ?

  • 4:22RelanceRéponse partielle

    Quel est le poids de la France aujourd'hui dans la région ?

  • 6:01OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous lui répondez à Emmanuel Macron ?

  • 6:44RelanceRéponse directe

    La parole de la France est-elle claire selon vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:26InvitéFait
    « on attend de la France une parole qui soit une parole plus forte que celle qu'elle a été pour l'instant, pour demander l'arrêt des bombardements, l'arrêt des opérations militaires de l'armée israélienne à l'égard de la population de Gaza, l'arrêt du blocus total auquel contraint aujourd'hui l'armée israélienne la population de Gaza, et le cessez-le-feu. »
  • 15:30InvitéFait
    « Le fait est que la France Assoumise n'a pas condamné le Hamas comme organisation terroriste. »
  • 21:02InvitéFait
    « C'est une grande victoire pour la France insoumise qui, à son initiative, a fait voter l'année dernière par l'Assemblée nationale une première proposition de loi pour introduire dans la Constitution le droit à l'IVG. »
  • 22:16InvitéFait
    « peut-être que quand nous proposons de bloquer les prix sur les produits de première nécessité, il faudrait arrêter de tourner en rond, comme le fait depuis deux ans le gouvernement sur ce sujet. »
  • 32:35InvitéFait
    « Jean-Luc Mélenchon exprime la même position que la France insoumise. »
  • 32:40InvitéChiffre
    « Jean-Luc Mélenchon est sondé à 17,5% des voix, soit davantage que les scores réalisés par l'ensemble des autres candidats de gauche s'il y avait demain une élection présidentielle. »
  • 34:40InvitéFait
    « La France insoumise n'a jamais appelé, n'a jamais justifié quelques formes de violence que ce soit. »
  • 36:07InvitéChiffre
    « Jean-Luc Mélenchon avait fait 22% des voix, que tous les autres avaient fait moins de 5%. »
  • 38:38InvitéPromesse
    « La retraite à 60 ans. »
  • 44:04InvitéFait
    « Nous avons proposé d'avoir des investissements supplémentaires pour les départements et territoires d'outre-mer. »
  • 51:24Invité politiqueChiffre
    « Sur 41 millions d'habitants, il y a eu selon les estimations 400 à 430 000 résistants. »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur14 %
  • Manuel Bompard12 %
  • Invité 26 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonjour, ravie de vous retrouver dans Questions politiques, l'émission politique de France Inter, diffusée également sur France Info, la télé, Canal 27, et en partenariat avec le journal Le Monde. Notre invité ce dimanche est à la tête d'un parti de plus en plus divisé. Les frondeurs au sein de la France insoumise vont-ils finir par partir ou y être poussé ? En tout cas, le conflit au Proche-Orient entre Israël et le Hamas va forcément laisser des traces entre ceux qui se sont opposés et ceux qui ont excusé l'attaque de cette organisation terroriste. Pendant ce temps, que fait le fondateur du mouvement ? Il semble aux abonnés absents, disparu Jean-Luc Mélenchon.

Il ne s'exprime plus que par messages interposés et donc scruté sur tous les réseaux sociaux au moment où les partis de gauche, les membres de la NUPES, critiquent son style et lui intime de changer de méthode. Son très fidèle lieutenant, député et coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, est notre invité ce dimanche dans Questions politiques en direct et jusqu'à 13h.

1:06
Invité

Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter.

1:13
Présentateur

Bonjour Manuel Bompard.

1:14
Invité

Bonjour.

1:15
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation. Pour vous interviewer, j'ai la chance d'avoir à mes côtés Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.

1:21
Manuel Bompard

Bonjour Karine Bécard. Bonjour M. Bompard. Bonjour.

1:24
Présentateur

Et Françoise Fressos. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Du journal Le Monde. Éventuellement, relevez un peu le micro si jamais effectivement il est trop bas. Vous avez le droit de le bouger, Françoise. Voilà. Pour être à l'aise pendant toute l'émission, c'est important. On commence comme toujours avec vos images de la semaine dans Questions politiques. Vos images à tous les trois. Quelle est votre image ? Je commence par vous, Manuel Bompard. Qu'est-ce que vous avez choisi ? Qu'est-ce qui a marqué cette semaine pour vous ? Dites-nous.

1:47
Invité

J'ai choisi l'image de l'impact de l'ouragan Tommy sur la Guadeloupe qui est passé le week-end dernier en début de semaine en Guadeloupe.

1:58
Présentateur

Alors on voit effectivement une route, c'est ça ?

1:59
Invité

Voilà. Qu'il y a eu un impact malheureusement sur les infrastructures en Guadeloupe. Heureusement, il n'y a pas eu de victime. Je sais que l'ouragan a aussi touché de manière moindre la Martinique. Et je voulais qu'on parle de cette image parce que j'observe que ce sujet a été peu évoqué cette semaine. Et comme souvent, je trouve que nos compatriotes des territoires dits d'outre-mer sont un peu les oubliés du débat politique. Nous avons notre niche parlementaire à l'Assemblée nationale à la fin du mois de novembre, qui est le moment pour les députés insoumis auxquels nous pouvons faire des propositions de loi.

Nous avons décidé de déposer une demande de commission d'enquête sur la gestion par l'État des risques naturels dans les départements dits d'outre-mer. Et voilà, je trouve que c'est important d'en parler. Les départements et les territoires dits d'outre-mer sont confrontés à des problématiques de vie chère, d'accès à l'eau, d'impact du changement climatique qui sont majeurs. Et ils subissent de la part du pouvoir en place une forme de mépris que je trouve insupportable.

2:59
Présentateur

Françoise, même question. Votre image de la semaine.

3:02
Invité

Alors, j'ai retenu l'annonce de la Sorbonne, entre guillemets. Donc ça s'est passé jeudi. Et c'est Elisabeth Borne qui est sur la photo, flanquée de deux ministres régaliens. Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti. Et l'idée, c'est de répondre aux émeutes urbaines de l'été. Alors, la photo, elle en dit beaucoup. D'abord, elle en dit sur la volonté d'Elisabeth Borne de se réapproprier le régalien alors qu'elle est en concurrence directe avec Gérald Darmanin. On voit aussi l'Assemblée. C'est une assemblée de maires. 500 ont été convoquées. Il n'y en a que 250. Et on voit qu'au fond, quand vous laissez retomber le soufflet, plus vous le laissez retomber, plus les divisions reviennent.

Il y en a qui se disent que ce n'est pas la peine de venir, que de toute façon, c'est convenu. Et au fond, dans le catalogue des annonces qui ont été faites, il y a des choses importantes, notamment le renforcement du contrôle pénal sur les mineurs délinquants, le renforcement de la responsabilité parentale. Ce n'est pas anodin, ces mesures. Mais tout ça a été noyé dans un catalogue. Et au fond, moi, l'idée que j'avais, le sentiment que j'ai eu, c'est que cette gestion des émeutes urbaines s'est passée presque comme un phénomène de gestion courante. Il y en a eu, il y en aura d'autres. On n'a pas la réponse miracle. Et il faut s'accommoder de ça.

Alors, c'est peut-être très triste, mais c'est peut-être aussi très réaliste.

4:19
Présentateur

Alors, j'espère qu'on aura le temps de reparler avec notre invité. Dernière photo, la vôtre, Nathalie Saint-Cricq. Vous, vous nous emmenez au Moyen-Orient.

4:25
Manuel Bompard

Exactement. Alors, on est autour du 25 octobre et on est probablement à Beyrouth. Et on voit sur cette photo, à ma gauche, Ayatollah Khomeini, que tout le monde connaît, de tristes mémoires. À ma droite ou à votre droite sur votre écran, le nouveau dirigeant guide de la révolution qui s'appelle lui, Ali Khamenei. Et qu'est-ce que c'est que cette réunion ? Eh bien, c'est une réunion entre le responsable du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le chef du djihad islamique en Palestine, et le chef adjoint du Hamas.

Si j'ai choisi cette photo, c'est d'abord pour montrer une forme d'inquiétude, en se disant que finalement, le conflit qui peut y avoir là-bas est peut-être probablement un peu plus compliqué que simplement quelque chose entre les Palestiniens ou le Hamas et Israël. Et dire qu'effectivement, l'opération, et voir le but de la réunion, c'est de voir comment l'opération d'éluge d'Alexa peut être soutenue. De manière, il s'appelle l'axe de la résistance. Et la présence de l'Iran derrière tout ça est de nature, je pense, inquiétée. L'Occident dicte probablement une partie de ses choix dans ce conflit.

5:28
Invité

La guerre contre les groupes terroristes doit être menée. Il est indispensable que la distinction soit faite dès le début, très clairement, avec les populations civiles. Sinon, le risque est celui de l'embrasement, de la confusion des esprits. Et paradoxalement, je pense que c'est aussi très contre-productif pour la sécurité d'Israël même. Si vous avez des millions de gens qui, dans la région, se mettent à considérer qu'au fond, leurs frères et leurs sœurs sont tués au nom de la lutte contre le Hamas, ils finiront par y adhérer à cette cause. Donc je pense que c'est là où c'est très dangereux. Il faut vraiment réussir à tenir cette ligne.

6:01
Présentateur

Vous avez reconnu le président Macron au Conseil européen de cette fin de semaine. Depuis, les frappes de l'armée israélienne se sont intensifiées sur la bande de Gaza. L'ONU appelle, depuis hier en tout cas, samedi, à une trêve humanitaire immédiate. Qu'est-ce que vous lui répondez à Emmanuel Macron, Emmanuel Bompard ?

6:19
Invité

Je lui réponds qu'on attend de la France une parole qui soit une parole plus forte que celle qu'elle a été pour l'instant, pour demander l'arrêt des bombardements, l'arrêt des opérations militaires de l'armée israélienne à l'égard de la population de Gaza, l'arrêt du blocus total auquel contraint aujourd'hui l'armée israélienne la population de Gaza, et le cessez-le-feu. Alors vous lui avez écrit pour lui dire ça, vous lui avez écrit avant son déplacement en Israël.

6:49
Présentateur

Voilà, de rétablir la parole de la France. Mais sincèrement, quel est le poids de la France aujourd'hui dans la région ?

6:53
Invité

D'abord, la France, elle doit avoir une parole claire. Quand elle a une parole claire, la France, elle est entendue et elle est écoutée. Alors là, vous ne l'avez pas trouvé clair dans... Non mais attendez, ce n'est pas seulement moi, Mme Fréceuse, mais quand vous avez le dimanche la présidente de l'Assemblée nationale qui va en Israël pour dire rien ne doit empêcher Israël de se défendre. Le mardi, le président de la République qui va en Israël pour proposer une coalition internationale pour lutter contre le Hamas qui laisse entendre que la France serait prête, y compris à apporter des moyens militaires pour accompagner... Il n'est pas allé jusque-là ?

Non, non, attendez, attendez, attendez, parce que vous pouvez défendre si vous voulez le président de la République. Il n'est pas allé qu'en Israël, on est d'accord. Il y a eu ensuite deux correctifs de l'Élysée pour corriger ou préciser la parole qui était celle du président de la République. C'est bien que les choses n'étaient pas claires. Et quand ensuite, le vendredi, vous votez en faveur d'une trêve humanitaire, excusez-moi de vous le dire, oui, la parole de la France, elle n'est pas claire, la parole de la France, elle est décrédibilisée et je pense que c'est un gros problème.

Donc je demande maintenant que ce soit corrigé, que la parole de la France, elle soit claire, qu'elle demande un cessez-le-feu, qu'elle demande une trêve humanitaire et qu'elle condamne, qu'elle condamne clairement les opérations militaires qui sont menées aujourd'hui par l'armée israélienne et qui ont déjà fait près de 8000 morts à Gaza. Voilà ce que je demande.

8:12
Manuel Bompard

Les autres existent aussi, les morts de l'autre côté. Vous considérez... Non, non, mais on ne va pas faire un combat sur... On ne va pas recommencer.

8:18
Invité

Est-ce que vous posez une question ? Est-ce qu'à un moment, j'ai dit que les morts de l'autre côté, comme vous le dites, vous-même, n'existent pas ?

8:24
Manuel Bompard

Est-ce que je l'ai fait ? Non, mais vous citez spécifiquement. Non, mais là, c'est pas un débat. C'est pas un débat. Est-ce que vous considérez que la position de la France, qui est jugée plus équilibrée que par exemple celle de l'Allemagne ou de l'Autriche, c'est-à-dire disant à la fois qu'il y a des préoccupations humanitaires, il faut un couloir humanitaire, on envoie un bateau pour voir, et de l'autre côté, et qui maintient les deux États, est-ce que vous ne trouvez pas qu'on est plus équilibré que les autres ?

8:45
Invité

Mais si la parole de la France est celle qui consiste à dire qu'il faut une trêve humanitaire immédiate, il faut aller vers un cessez-le-feu, il faut réouvrir un processus de paix pour obtenir la fin de la colonisation par Israël des territoires palestiniens, la fin du blocus de Gaza, et une solution à deux États qui est la solution reconnue par le droit international, si ça c'est la position de la France, parce que moi je ne sais plus quelle est la position de la France, entre celle du dimanche, celle du mardi et celle du vendredi, si ça c'est la position de la France, je m'y retrouve.

Est-ce que c'est pas une tentative d'équilibre entre, au fond, reconnaître à Israël le droit de riposter à ce qui a été un massacre, et deuxièmement, mettre en garde contre une offensive terrestre qui serait extrêmement préjudiciable, et essayer de maintenir un équilibre entre les deux. Mais madame, la politique internationale n'est pas compatible avec le « en même temps ». Vous ne pouvez pas être en même temps pour le soutien inconditionnel à Israël dans sa défense, comme l'a exprimé la présidente de l'Assemblée nationale, qui l'a exprimé comme telle. Mais si vous voulez à nouveau la défendre, défendez-les.

Mais quand elle est allée dimanche en Israël, je crois qu'elle a dit les propos suivants, « Rien ne doit empêcher Israël de se défendre ». Elle l'a dit, vous en êtes d'accord ? Vous ne pouvez pas dire à la fois ça, et à la fois dire « Je condamne les actions qui sont commises par l'armée israélienne ». Mais est-ce que le président Macron a dit que les actions qui sont menées par l'armée israélienne aujourd'hui sont des crimes de guerre, que ces actions sont inacceptables et qu'elles doivent s'arrêter ?

10:21
Présentateur

Est-ce qu'il l'a dit ? Non, il ne l'a pas dit. Vous avez été assez clair, on va essayer d'avancer, parce que le nombre d'actes antisémites en attendant en France ne cesse d'augmenter. On parle d'à peu près un peu plus de 700 en seulement trois semaines. C'est deux fois plus qu'en un an. Est-ce que les Israéliens dans notre pays ont raison d'avoir peur ?

10:39
Invité

Les Israéliens dans notre pays ? La communauté juive, pardonnez-moi. D'abord, justement, je pense que cette distinction est importante. C'est-à-dire que toutes les personnes dans notre pays qui sont de confession juive ne sont pas automatiquement des personnes en accord avec ce que fait le gouvernement israélien aujourd'hui. La distinction est déterminante. Pour le reste, l'antisémitisme est un fléau. Il faut le combattre. À partir du moment où il y a des actions, des actes antisémites qui sont commis, ils doivent être sanctionnés et condamnés.

Et je souhaite qu'on fasse en sorte que, dans les prochains jours, la population française puisse exprimer, tous ensemble, quelles que soient les confessions religieuses des uns et des autres, quelles que soient les couleurs de peau des uns et des autres, puissent exprimer une position qui est une position claire. Mais Margot, il veut dire quoi ce chiffre pour vous ? Qui est une demande de cesser le feu, qui est une demande de faire en sorte que la France réaffirme son attachement aux droits internationaux. Et ça, quelle que soit la religion des uns et des autres, je pense que c'est une position dans laquelle on peut tous se retrouver.

11:40
Manuel Bompard

Vous venez de dire qu'on ne devait pas que les juifs en France, c'était des juifs en France, c'était des français. Est-ce que vous êtes prêts à vous adresser à un certain nombre de personnes qui pourraient avoir la tentation d'importer le conflit ? C'est-à-dire refaire la guerre musulmane en juif en France en leur disant, pas eux, pas ça, de maintien du calme en France.

11:59
Invité

Mais madame, c'est vous, excusez-moi, qui attribuez des intentions aux gens. Moi, j'ai participé à un certain nombre de manifestations de solidarité et de soutien au peuple palestinien, de condamnations aux bombardements qui sont faits contre les populations civiles. Les gens qui s'y expriment, ils s'y expriment au nom d'un principe d'humanité que tout le monde a en commun. Ils s'y expriment au nom d'un attachement au droit international que tout le monde a en commun. Et j'observe qu'en Israël, en Israël, ces derniers jours, il y a des manifestations contre l'offensive militaire pour demander un cessez-le-feu. Avec l'importation du conflit.

Mais l'importation du conflit, c'est votre question. Moi, ce n'est pas ma question. Personne ne souhaite importer le conflit. Ce que je souhaite, c'est que la France défende la position qui a toujours été la sienne, une position très importante.

12:41
Présentateur

Malgré tout, dans le contexte dans lequel on est en ce moment, est-ce qu'il est effectivement possible, raisonnable, je ne sais pas quel mot utiliser, pour organiser des manifestations pro-palestiniennes ou pro-israéliennes ?

12:51
Invité

Madame, partout en Europe, à part en France et en Allemagne, je crois, partout en Europe s'expriment des manifestations massives. Il y en a aussi aux Etats-Unis, il y en a en Grande-Bretagne, il y en a, je le disais, en Israël. Partout, les peuples ont la possibilité d'exprimer leur attachement à la paix. Et la France serait le seul endroit, Paris serait la seule capitale mondiale dans laquelle on ne pourrait pas manifester notre soutien au peuple palestinien, victime de bombardement. Donc je dénonce ces interdictions qui sont inacceptables. Il y a eu des recours devant la justice et la justice est allée dans le même sens que le gouvernement. Pas toujours. Pas à chaque fois.

Pas à chaque fois. Hier pour Paris. Pas à chaque fois, madame, d'abord. Puisqu'il y avait une volonté d'interdire de manière systématique ces manifestations. Et le Conseil d'Etat a retoqué cette décision du ministre de l'Intérieur. Et moi je dis que dans ce pays, on a le droit de pouvoir manifester. Et on a le droit de pouvoir manifester notre soutien au peuple palestinien qui est victime d'actions commises par l'armée israélienne qui s'apparentent à des crimes de guerre.

13:49
Manuel Bompard

Est-ce que vous êtes acquis quand même du climat ? Je reviens à mon importation du conflit. Quand Jean-Luc Mélenchon dit qu'Yale-Bretagne encourage le massacre. Elle a déjà reçu des menaces. Des menaces de mort, des menaces antisémites. Est-ce que c'est pas une forme d'importation du conflit que de s'adresser à tel ou tel dirigeant ou telle personne dans la rue en disant...

14:08
Invité

D'accord. Donc en fait on n'a pas le droit de critiquer sa position sinon forcément on n'a pas le droit de critiquer.

14:11
Présentateur

Non la question c'est quel est le rôle du politique ? Est-ce que c'est de calmer le jeu ou est-ce que c'est de souffler sur l'espace ?

14:14
Manuel Bompard

Je ne suis pas d'accord avec madame Broude-Juivet. Je ne dis pas elle encourage le massacre.

14:18
Invité

Mais madame, depuis 15 jours vous expliquez à longueur d'antenne que les insoumis, vous l'avez même fait tout à l'heure dans votre introduction à ce débat, auraient justifié les actions horribles qui ont été commises par le Hamas. Je n'ai pas de division au sein de votre parti. Depuis 15 jours vous expliquez vous-même madame Saint-Luc, vous l'avez dit sur un plateau de télévision, que nous aurions dit à l'égard des populations civiles israéliennes qu'elle l'aurait bien cherché, ce que nous n'avons jamais dit. Non c'est pas de Louis Boyard. Donc vous pouvez maintenant, mais personne n'a jamais dit ça à Louis Boyard non plus.

Donc si maintenant vous allez essayer de me donner des leçons sur la manière avec laquelle vous parlez des positions des uns et des autres et la responsabilité que vous avez vous directement dans le climat de menaces que vous avez encouragé, parce que les menaces contre madame Broude-Juivet sont inacceptables, moi je l'ai dit dès le premier jour, mais les menaces contre Jean-Luc Mélenchon, contre moi-même, contre une dizaine de mes collègues, vous voulez que je vous fasse écouter les messages que je reçois sur mon répondeur ? Eh bien dites-le aussi qu'elles sont inacceptables celles-là.

Et je vous dis que vous avez une responsabilité, parce que quand vous avez déformé les propos qui sont les nôtres, et vous l'avez refait, madame Bécard, en introduction, vous avez dit, certains à la France Assoumise excusent. Personne n'a jamais excusé les actes qui ont été commis par le Hamas. Personne ne l'a jamais fait. On ne va pas refaire ce match-là, pardonnez-moi. Pardonnez-moi, c'est vous qui avez dit ça dans votre introduction. Le fait est que la France Assoumise n'a pas condamné le Hamas comme organisation terroriste. C'est vrai ou pas ? Ce que vous dites, le financier est faux.

La France Assoumise a dit très clairement, et dès le premier jour, que les actes commis par le Hamas étaient inacceptables. Vous pouvez prendre tous les mots que vous voulez, vous pouvez essayer d'utiliser tous les termes que vous voulez. La position de la France Assoumise, elle est claire sur le sujet. Maintenant, vous m'interrogiez sur madame Braun-Pivet.

15:55
Présentateur

Non, non, non, c'est vous qui y allez tout seul. Et je voudrais qu'on avance.

15:58
Invité

Vous m'avez interrogé sur madame Braun-Pivet, et moi je vous ai reproduit sur le climat de manière plus générale. L'encouragement, l'encouragement, je vais vous répondre de manière très claire. Mon désaccord avec madame Braun-Pivet, c'est un désaccord politique fondamental. Ce n'est pas un désaccord personnel. Je n'ai pas de problème contre elle. Je ne m'attaque pas à elle personnellement. Mais la position qu'elle a prise la semaine dernière en Israël, le fait qu'elle y aille la veille du débat que nous allions organiser à l'Assemblée nationale, et qu'elle engage notre parole en tant que présidente de l'Assemblée nationale, c'est inacceptable.

Et la décision qu'elle a prise, qui consiste à laisser entendre que la France n'a rien à dire contre une armée qui commet des crimes de guerre, est une position qui est inacceptable. Et je continuerai à le dire à chaque fois que madame Braun-Pivet, ou qui que ce soit dans ce pays, prendra des positions inacceptables, parce que c'est mon rôle en tant que députée d'opposition de le dire.

16:44
Présentateur

Alors je rappelle que Yael Braun-Pivet est la présidente de l'Assemblée nationale. Je voudrais vous faire entendre les propos du ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti. C'était il y a 15 jours, et c'était au micro de questions politiques.

16:56
Invité

Vous savez, dans les manifestations, il y a des gens qui viennent parler de la cause palestinienne. J'entends qu'on puisse parler de la cause palestinienne, de la protection de l'État d'Israël, de sa sécurisation et de la création d'un État palestinien. Mais en même temps, là, on est sur quelque chose qui est de l'ordre du terrorisme, et on est dans la confusion de tout. Et parfois, elle est fiée en particulier à des fins électoralistes. Ils veulent le vote des barbus, on va se dire les choses très clairement.

17:26
Présentateur

Alors, qu'est-ce que vous répondez aux gardes des Sceaux ? Est-ce qu'en soutenant la cause palestinienne, vous avez des visées électoralistes ?

17:33
Invité

C'est lui qui cherche à importer, comme vous l'avez dit tout à l'heure, le conflit. Écoutez, il faut arrêter de raconter n'importe quoi sur ce sujet. Les Français, quelle que soit leur appartenance religieuse, quelle que soit leur pensée philosophique ou spirituelle, ils ont le droit de s'emparer d'un débat d'actualité internationale et de dire la manière avec laquelle ils considèrent que la France devrait se comporter. Et moi, je suis allé dans plusieurs manifestations de soutien à la cause palestinienne. D'ailleurs, dans toutes les manifestations où je suis allé, le texte d'appel de cette manifestation disait que nous pleurions l'ensemble des victimes.

Les victimes israéliennes, bien évidemment, et les victimes palestiniennes. Et vous n'allez pas chercher une partie du vote populaire en faisant ça ? Dans ces manifestations, j'ai vu des gens de toute couleur de peau. J'ai vu des gens de toute religion. Pourquoi ils étaient tous là ensemble ? Pas parce qu'ils partageaient la même couleur de peau ou la même religion, mais parce qu'ils partageaient la même colère, parce qu'ils partageaient la même tristesse, parce qu'ils partageaient la même émotion et la même indignation. Et excusez-moi de vous le dire, mais c'est vous qui leur attribuez des positions aux gens qui étaient dans ces manifestations qui ne sont pas les leurs.

Vous savez, moi, il y a une semaine à Marseille, il y a une jeune fille qui est venue me voir et qui m'a dit « Moi, je suis musulmane, je vote pour la France insoumise, mais j'en ai marre qu'on me dise que je vote pour la France insoumise parce que je suis musulmane. Moi, je vote pour la France insoumise parce que je partage ses idées, parce que je partage sa vision de la société, parce que je suis confronté à des problèmes de pouvoir d'achat, d'accès au logement, des problèmes... Je suis inquiète de la transition écologique et je considère que les positions qui sont exprimées par la France insoumise

19:03
Manuel Bompard

sont la bonne réponse à ces problèmes. Le papier dans le parisien expliquant qu'il y a eu un virage dans la position de Jean-Luc Mélenchon par calcul politique pour récupérer une partie de ce vote-là, y compris les témoignages des gens de LFI ou de l'ANUX.

19:15
Présentateur

Il y a une double page ce matin, effectivement.

19:17
Manuel Bompard

Voilà, une double page qui se passe.

19:18
Invité

Ça fait bien longtemps que ce que dit le parisien ne correspond pas à la réalité, malheureusement.

19:21
Manuel Bompard

D'accord, ok, donc les journalistes disent n'importe quoi. À côté de ça, on voit... Ça arrive, ça arrive. Tout à fait. On voit quand même des socialistes, on voit des verts, on voit des gens de chez vous, de LFI aussi. Et l'analyse est la même. On ne sait pas de notre cerveau malade que ça se passe.

19:34
Invité

Madame, puisque vous lisez la presse avec attention, peut-être avez-vous lu l'article du Monde qui dit qu'il y a des désaccords dans la majorité présidentielle ? Ah oui, ça je l'ai vu, mais il n'y a pas... Et qui exprime et qui dit que ce serait dû au fait de savoir pour les prochaines élections municipales à Paris qu'il y aurait une compétition sur le vote juif. Je cite ce qui a été dit par le journal Le Monde. Il y a aussi des divergences. Peut-être que vous poserez la question d'ailleurs aux responsables de la majorité de savoir si leur positionnement est communautariste. Écoutez, arrêtez avec ça.

Moi, mon positionnement, le positionnement de la France insoumise n'a jamais été un positionnement communautariste. Nous défendons des positions qui sont des positions universelles. Nous nous adressons à l'ensemble de la population et heureusement, il y a des gens qui votent pour la France insoumise qui sont de toute confession religieuse, qui parfois n'en ont pas. Et pourquoi ils votent pour la France insoumise ? Parce qu'ils se retrouvent dans son programme, dans ses propositions. Point, à la ligne, stop, arrêtez avec ça.

20:24
Présentateur

Manuel Bompard est notre invité ce dimanche en direct sur France Inter à la radio et sur France Info à la télé. Alors avant de poursuivre sur le Proche-Orient et surtout sur les divisions que cela a entraînées dans votre parti. On va effectivement en parler. On n'a pas de divisions, mais on en parle. On va en reparler. Je vous pose une question d'actualité. Le président Macron a donc annoncé ce matin sur X, anciennement Twitter, sa décision de déposer un projet de loi constitutionnelle pour graver dans le marbre, pour graver dans la Constitution le droit à l'IVG. Texte qui sera présenté avant la fin de l'année en Conseil des ministres. Donc tout est en train de s'accélérer visiblement.

Vous êtes satisfait, j'imagine, puisque cette proposition de loi initialement était la vôtre à la France insoumise. Satisfaction, c'est ça ?

21:01
Invité

Je suis satisfait. C'est une grande victoire pour la France insoumise qui, à son initiative, a fait voter l'année dernière par l'Assemblée nationale une première proposition de loi pour introduire dans la Constitution le droit à l'IVG. On était en attente depuis un an que le président de la République dépose lui-même un projet de loi constitutionnel. Et l'annonce ce matin qui va le faire, c'est une bonne nouvelle.

Je m'en réjouis et je rends hommage aux associations, notamment qui travaillent sur cette question depuis des années, qui disent que dans le monde aujourd'hui, le droit à l'IVG est de plus en plus menacé et que faire en sorte que ce droit à l'IVG soit garanti par la Constitution est une manière de faire en sorte qu'il soit protégé. Tout à fait précis. Votre proposition de loi a été ensuite retravaillée par le Sénat. Et en fait, là, ce qu'on peut peut-être saluer, c'est un travail commun de consensus en la classe politique. De co-construction et ce qui est plutôt assez positif vu le climat de division actuel.

Je vois que ça vous fait souffrir, Mme François, de reconnaître que la France insoumise a été à l'initiative. Non, pas du tout. Je ne conteste pas, bien évidemment, qu'après son adoption par l'Assemblée nationale, le texte est allé au Sénat, a été aussi adopté par le Sénat. Et bien, peut-être que dans ce cas-là, la majorité qui est minoritaire à l'Assemblée nationale devrait s'inspirer plus souvent des propositions qui sont faites par la France insoumise. Peut-être que quand nous proposons de bloquer les prix sur les produits de première nécessité, il faudrait arrêter de tourner en rond, comme le fait depuis deux ans le gouvernement sur ce sujet.

Peut-être que quand nous proposons d'augmenter les salaires. Peut-être qu'enfin, le gouvernement va se mettre à nous entendre ou à nous écouter. Et dans ce cas-là, Mme François sera contente parce qu'elle pourra saluer un et en même temps comme vous le dites.

22:37
Présentateur

Non mais vous n'êtes pas d'accord avec cette idée ?

22:39
Invité

Mais il y a un compromis, Mme François. Manuel Bompard. Avec l'idée, pardon.

22:42
Présentateur

Avec l'idée d'un consensus politique. Vous êtes au départ d'un consensus politique.

22:46
Invité

Mais encore une fois, vous faites bien la démonstration ici que s'il n'y a plus à avoir consensus politique sur ce sujet, c'est parce que nous l'avons proposé et que d'autres l'ont repris. Et ce que j'observe, c'est que par exemple... Repris et amendé. Et amendé, mais je n'ai pas de problème, Mme. Je vais même vous dire, je préfère la formulation que nous avons proposée à l'Assemblée nationale. Pour moi, c'est une formulation qui est plus juste. Elle a été retravaillée par le Sénat. Je trouve que la formulation retravaillée par le Sénat est moins bonne, et moins bonne de mon point de vue.

Mais au moins, si ça nous permet de faire en sorte que le droit à l'IVG soit introduit dans la Constitution, prenons ça. Et puis quand nous serons au pouvoir ou aux responsabilités, peut-être que nous pourrons faire évoluer la formulation. Mais maintenant, ceux qui refusent tout compromis, parce que je vois bien ce qu'il y a derrière votre question. Enfin, excusez-moi de vous le dire, nous sommes dans une discussion budgétaire à l'Assemblée nationale depuis maintenant plusieurs semaines. L'ensemble des amendements qui sont votés par toutes les oppositions, pas seulement la France insoumise, y compris par la droite, sont balayés d'un revers de la main par le gouvernement.

Donc si vous voulez plus de compromis, Madame Fréceuse, adressez-vous au Président de la République et à Madame Borne, parce qu'elle refuse tout compromis aujourd'hui sur les questions budgétaires.

23:50
Présentateur

Allez, je reviens sur le conflit au Proche-Orient, qui, selon moi quand même, a profondément divisé la France insoumise. On va essayer de vous le justifier. Ces trois dernières semaines, entre ceux qui ont refusé, comme vous, de qualifier le Hamas d'organisation terroriste. Et les autres, minoritaires comme François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière, qui n'ont pas hésité à s'en distancer. Est-ce que les divisions sont de plus en plus profondes à la France insoumise ? Est-ce qu'il y a de plus en plus de camps qui s'affrontent ?

24:18
Invité

Je ne crois pas du tout à l'analyse que vous êtes en train de présenter ici. Je pense qu'à la France insoumise, tout le monde se retrouve dans la nécessité, la demande que la parole de la France s'exprime enfin clairement pour un cessez-le-feu. Je pense que tout le monde à la France insoumise a condamné les actes horribles qui ont été commis par le Hamas. Non, mais moi, je parle des divisions à la France insoumise. Oui, mais moi, je vous parle de la France insoumise aussi.

Je vous dis que tout le monde à la France insoumise a condamné les actes commis par le Hamas et tout le monde à la France insoumise a condamné et a condamné les crimes de guerre qui sont commis par l'armée israélienne à l'égard des populations civiles de Gaza. Donc vous pouvez, si vous voulez, aller chercher les mots, les expressions des uns et des autres pour essayer d'inventer des divisions. Non, je parle globalement. Il y a des divisions ou pas ? Mais pardonnez-moi, elles n'existent pas. Donc tout va bien. Elles n'existent pas. Par exemple, il y a eu un moment qui a été marquant.

C'est le 10 octobre dernier quand la présidente de l'Assemblée nationale a fait applaudir par l'Assemblée nationale le soutien inconditionnel à Israël dans sa réponse. Et l'ensemble des députés à l'Assemblée nationale sont soulevés, à l'exception d'un seul groupe, à l'unanimité de ses membres, c'était le groupe de la France Insoumise où nous nous avons refusé d'applaudir parce que nous savions qu'en applaudissant le soutien inconditionnel à l'État d'Israël, on cherchait ensuite à légitimer la violence barbare qui allait s'abattre sur les populations civiles de Gaza. Et l'ensemble des députés de la France Insoumise ont fait la même chose.

Donc excusez-moi de vous le dire, je vois bien que ça vous déçoit, mais à la France Insoumise, nous sommes tous d'accord sur la manière avec laquelle il faut répondre. Alors je voudrais quand même vous faire écouter

25:47
Présentateur

un extrait, un autre extrait de votre camarade Raquel Garrido, députée comme vous de la France Insoumise sur les bancs de l'Assemblée nationale. Elle était la semaine dernière sur France Info et elle parle de Jean-Luc Mélenchon.

26:01
Invité

D'abord je trouve qu'il a de loin cherché à mettre des coins entre nous et le mouvement syndical, entre nous et les autres partis de la NUPES. Et ce sont des querelles qui n'aident pas, qui n'aident pas. Est-ce qu'il peut vous représenter en 2020 ? Il y a depuis un an une forte aspiration dans le mouvement La France Insoumise à ce que nous changions notre mode de fonctionnement. Jusqu'à présent, La France Insoumise a été structurée comme un outil de campagne présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon. Efficace ! On ne peut pas nier que c'est efficace. Mais ça ne peut pas durer comme cela.

Les militants insoumis, les cadres insoumis, les députés insoumis, l'électorat insoumis, je pense, veulent que nous changions notre façon de faire.

26:43
Présentateur

Donc tout le monde n'a pas l'air de parler d'une seule loi malgré tout à La France Insoumise. Première question, est-ce que vous nous confirmez qu'elle a été convoquée pour s'expliquer devant la direction du parti ? Non. A. Carideau ?

26:52
Invité

Non.

26:53
Présentateur

Parce que ce matin, Eric Coquerel, qui était sur France Info, il l'a confirmé ?

26:56
Invité

Non, non plus. Il y a un bureau du groupe parlementaire, madame, ce n'est pas la direction du parti. Et un bureau du groupe parlementaire, c'est-à-dire une vingtaine de personnes qui ont été désignées au vote par le groupe parlementaire pour assurer l'animation du bureau du groupe parlementaire, ils sont aussi chargés de garantir un certain nombre de règles de fonctionnement collectives au sein de notre groupe parlementaire.

27:16
Présentateur

Il y a bien une convocation quand même, si je comprends bien.

27:17
Invité

Oui, mais pas de la direction du parti puisque c'est la question que vous avez posée de l'équipe d'animation de notre groupe parlementaire qui effectivement l'a convoquée pour lui demander des explications sur un certain nombre de pratiques qui ont été les siennes et de prises de positions qui ont été les siennes qui étaient en rupture. Pas avec ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, avec la position qui avait été prise par notre groupe parlementaire, par l'ensemble de ses membres. C'est-à-dire ? Ça, ça ne vous regarde pas. Excusez-moi de vous le dire. Donc pour le reste, puisque Mme Garrido disait dans l'interview que vous avez passée qu'il y avait des querelles qui ne servaient pas.

Moi, j'ai à répondre que la querelle de Mme Garrido avec Jean-Luc Mélenchon est une querelle qui ne sert pas et que contrairement à ce qu'elle dit dans l'extrait que vous avez passé, la France insoumise, le mouvement de la France insoumise, son groupe parlementaire, et ses militants, parce que moi-même, je circule beaucoup, je discute avec beaucoup de militants, je reçois beaucoup de prises d'opposition des groupes locaux de la France insoumise, ont exprimé leur soutien au groupe parlementaire de la France insoumise et à ses dirigeants depuis plusieurs jours.

28:23
Manuel Bompard

Il y a des consultations régulières, très régulières, pour voir le mode de fonctionnement démocratique. On ne va pas chercher Mme Garrido, on ne va pas chercher Alexis Corbière, on ne va pas chercher Clémentine Dautin. Je ne suis pas sûr

28:35
Invité

qu'il soit ravi d'ailleurs que vous les utilisiez pour essayer d'utiliser à peu près 10 minutes de notre interview pour parler de tout sauf des sujets qui sont les sujets majeurs de l'actualité. Donc pour le reste, Mme Garrido a exprimé sa position. Je dois vous dire que malheureusement pour elle, elle est minoritaire par rapport aux positions qui ont été exprimées par notre groupe parlementaire. Est-ce qu'à votre avis, étant minoritaire, elle doit quitter LFI ? C'est elle qui décidera, Madame, mais il n'y a qu'une position à la France insoumise et c'est celle que nous avons exprimée collectivement depuis deux semaines maintenant.

Et je pense que c'est une position personnellement qui me rend fière et qui rend fière un certain nombre de militantes et de militants de la France insoumise partout en France. Au moment où vous avez essayé de caricaturer nos positions, au moment où vous avez essayé de les rendre inaudibles, je pense qu'au contraire, et j'en suis désolé pour vous, elles ont été extrêmement audibles et que les gens nous sont redevables, que les gens nous remercient d'avoir une parole qui soit une parole forte pour la paix et les gens ne sont pas... Vous reparlez, c'est le sujet majeur.

29:35
Présentateur

Non, non, non. Raquel Garrido parle essentiellement et critique ouvertement, manifestement, Jean-Luc Mélenchon. La question, c'est de savoir si dans votre parti où il n'y a pas toujours des votes, vu ce que vous venez de confirmer, Non, je n'ai pas confirmé ça. En fait, j'ai confirmé l'inverse, madame.

29:47
Invité

Donc, si vous n'écoutez pas mes réponses, ça risque de ne pas changer ensuite vos questions.

29:50
Présentateur

Est-ce qu'on a le droit au sein de votre parti de critiquer le fondateur Jean-Luc Mélenchon ? C'est ça la question ? Mais on a le droit

29:57
Invité

de faire tout ce qu'on veut, madame, dans mon parti.

30:00
Présentateur

Mais elle est convoquée quand même.

30:01
Invité

Mais madame, quand on prend une position collective, par un vote, il est quand même normal qu'ensuite on la fasse respecter. Mais attendez, vous savez très bien,

30:10
Manuel Bompard

ça ne vous choque pas. À droite, à gauche,

30:14
Invité

si vous avez envie de faire le parti socialiste aussi, madame Garrido, puisque j'ai vu qu'elle avait participé à un point presse des socialistes, a envie de faire le parti socialiste. Libraël ! Mais moi, je ne suis pas le parti socialiste, madame Sincry, et la France Assoumise n'est pas le parti socialiste. Donc, on résume. On résume. Si vous voulez. Elle fit une seule ligne, une seule tête, Jean-Luc Mélenchon. Non, ce n'est pas ce que j'ai dit, mais vous êtes quand même extraordinaire. C'est-à-dire que vous avez quand même une manière d'essayer de reformuler les réponses que les gens expriment qui est stupéfiante. Je ne sais pas. Écoutez au moins ce qu'on vous dit.

Essayez juste deux minutes d'écouter ce qu'on vous dit. Je ne vous ai pas dit une seule ligne, une seule tête. Je vous ai dit que l'orientation politique et celle de la France Assoumise, elle est prise par ses instances au mouvement et au groupe parlementaire de la France Assoumise. Et qu'il est ensuite normal qu'on demande et qu'on fasse en sorte que l'ensemble des personnes qui ont participé à la prise de décision fassent en sorte ensuite qu'ils soient tenus par la prise de décision collective. C'est comme ça que fonctionne tout collectif humain, Madame Fresseuse. Donc, si ça ne vous va pas ou si vous voulez que la France Assoumise soit le parti socialiste, je suis désolé de vous le dire.

Je vais vous dire quelque chose. Je vais vous dire quelque chose. Ça n'arrivera pas. J'en suis désolé. Dommage pour vous. Vous ne nous aimez pas avant. Vous ne nous aimerez pas après. C'est la vie.

31:23
Présentateur

On n'est pas dans le jugement. On n'est pas là pour ça. Un petit peu, mais ce n'est pas grave. Absolument pas. On constate que Jean-Luc Mélenchon est critiqué en interne, en tout cas par certaines personnes. Raquel Garrido était quand même assez claire. Et en externe par les membres de la NUPES. Est-ce qu'il y a un problème, Jean-Luc Mélenchon ?

31:37
Invité

Écoutez, franchement, moi, je critique les positions qui ont été prises par nos partenaires de la NUPES.

31:44
Présentateur

Alors, allons-y.

31:46
Invité

Et c'est de ça dont je parle. Et la position de Jean-Luc Mélenchon, elle est la même que la position de la France Assoumise. Mais quand nos partenaires de la NUPES applaudissent à l'Assemblée nationale le soutien inconditionnel à l'État d'Israël, oui, j'ai un désaccord qui... Vous êtes obsédé par ça ?

32:01
Manuel Bompard

Il y a d'autres sujets dans la NUPES.

32:02
Invité

Non, madame, je ne suis pas obsédé par ça. Il y a 8000 morts à Gaza. Vous en êtes consciente ? J'en suis consciente. Donc, excusez-moi de vous dire « Oui, ça m'obsède. » Oui, ça m'obsède.

32:10
Présentateur

C'est une interview politique. On se parle sur un autre.

32:13
Invité

Écoutez, pardon, je parle comme j'ai envie, premièrement. Et depuis 15 jours, j'ai l'impression que les leçons de maintien, vous auriez pu vous les appliquer à vous-même. Donc, maintenant, je vous réponds, puisque vous me posez une question, de savoir quel est mon désaccord avec les autres composantes de la NUPES. Je vous le dis. Non, ma question, c'était « Est-ce qu'il y a un problème Jean-Luc Mélenchon ? » Au droit israélien à se défendre. Mais ça, c'est votre question. Et je vous réponds « Non, il n'y a pas de problème avec Jean-Luc Mélenchon. » Jean-Luc Mélenchon exprime la même position que la France insoumise.

Et j'observe que dans un sondage qui a été publié cette semaine, Jean-Luc Mélenchon est sondé à 17,5% des voix, soit davantage que les scores réalisés par l'ensemble des autres candidats de gauche s'il y avait demain une élection présidentielle. Donc, si ça, c'est le problème de la France insoumise, je veux bien vivre avec des problèmes comme ça.

32:55
Manuel Bompard

Il y a des gens de la France insoumise, par exemple, qui considèrent que le Hamas doit reconnaître Israël et non plus la qualifier antitessionniste sans vouloir remonter au début de l'émission. Mais tout le monde à la France insoumise défend cette position, Mme Sincry. Il faut reconnaître Israël et arrêter antitessionniste. Israël.

33:09
Invité

Mais écoutez, madame, franchement, je ne sais pas, travailler avant les interviews, s'il vous plaît. La position de la France insoumise, elle est exprimée dans son programme que nous avons défendu à deux États en vertu du droit international et en application des résolutions de 1967, Mme Sincry. Donc, je ne sais pas, écoutez, travaillez un peu sur les sujets avant de m'interviewer. Alors, on va essayer de se calmer. Mais non, mais écoutez, la position de la France insoumise, elle n'a jamais été contraire à la reconnaissance de l'État d'Israël. On a toujours été pour une position à deux États. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

33:43
Présentateur

Je vais rebondir sur le sondage dont vous parliez. Vous disiez effectivement que Jean-Luc Mélenchon était à 17% dans ce sondage. Il y a une autre étude très intéressante sur les fractures françaises que vous avez dû regarder qui a été réalisée par Ipsos et qui a été publiée cette semaine par Le Monde où on découvre que l'image de Jean-Luc Mélenchon et l'image de votre parti est quand même un petit peu écornée, me semble-t-il. 60% des Français estiment que LFI attise les violences. Donc déjà là, vous leur répondez quoi ? Et puis surtout, ces Français estiment que votre parti est plus dangereux aujourd'hui que le Rassemblement National pour la démocratie.

Est-ce qu'il n'y a pas quand même besoin de changer quelque chose en ce sens de LFI ?

34:19
Invité

Ce qui a besoin de changer, peut-être, c'est la manière avec laquelle nos positions sont déformées comme elles l'ont été encore une fois depuis 15 jours sur ce sujet. Donc forcément, après, j'en veux pas à des gens de vous croire. Alors juste, c'est une enquête qui a été faite avant. Donc on est en dehors de ces trois dernières semaines. Pour le reste, Madame, la France insoumise n'a jamais appelé, n'a jamais justifié quelques formes de violence que ce soit. La stratégie de la France insoumise a toujours été une stratégie de prise du pouvoir par les urnes et a toujours mis à distance toute forme de violence. Toujours, toujours, toujours.

Et nous nous présentons aux élections et nous portons un programme et nous essayons de convaincre sur notre programme. Ça a toujours été notre position. Donc les caricatures qui sont faites à notre égard, ça n'a pas commencé il y a 15 jours, me direz-vous, c'est vrai, depuis un certain nombre de mois et un certain nombre d'années, sont sans effet, sans aucune signification.

35:17
Présentateur

Mais les Français qui vous voient comme plus dangereux que le Rassemblement National pour la démocratie, vous leur répondez bien.

35:21
Invité

Les Français s'exprimeront au moment des élections, Madame, et au moment des élections, les Français, ils diront ce qu'ils ont à dire. Et moi, je leur dis, arrêtez de vous fier à ce que les gens disent de nous et informez-vous vraiment sur les propositions qui sont les nôtres et vous verrez les propositions qui sont les nôtres. Elles sont souvent très éloignées de la manière avec laquelle on essaye de les présenter dans les médias.

35:41
Présentateur

Allez, une question de François Fréceau,

35:42
Invité

c'est qu'on passe à l'Assemblée. Le devenir de la NUPES. Olivier Faure, au Parti Socialiste, parle d'une sorte de moratoire. Est-ce que vous, vous pensez que la NUPES existe encore ou qu'il faut acter qu'elle n'existe plus ? Mais écoutez, moi, j'ai fait partie avec Jean-Luc Mélenchon et d'autres de ceux qui ont souhaité la NUPES. Après les dernières élections présidentielles, nous avons créé les conditions et ce n'était pas facile. Je rappelle que Jean-Luc Mélenchon avait fait 22% des voix, que tous les autres avaient fait moins de 5%. On aurait pu faire le choix à l'époque de dire on y va tout seul, etc.

On a considéré que notre responsabilité était d'essayer de faire en sorte de regrouper tout le monde. On a fait des efforts pour ça. Y compris... Regrouper sur vos positions ? C'est important. Je suis d'accord. Pardon ? Regrouper sur vos positions ? Sur le programme qui... Qui a été défini. L'orientation politique de rupture parce que c'est celle qui avait choisi les électrices et les électeurs. Bon, il ne fallait quand même pas Mme Fréceau se réunir autour du programme d'Anne Hidalgo qui avait fait 1,7% à la dernière élection présidentielle. Je pense que sinon vous auriez trouvé ça un petit peu curieux et un petit peu particulier. Moi, j'ai souhaité l'ANUPES depuis le début.

J'ai souhaité que l'ANUPES ne soit pas qu'un accord électoral. Que l'ANUPES soit aussi une forme de coalition politique qui vit dans la société avec des structures de base. J'ai souhaité que l'ANUPES présente des candidatures communes aux élections sénatoriales, des candidatures communes aux élections européennes. A chaque fois, nos partenaires de l'ANUPES nous ont dit non, pas ça, pas ça, pas ça. Donc, je prends acte de cette situation. Est-ce que ça veut dire qu'il faut renoncer à cette démarche de rassemblement ? Je vous réponds franchement. Je ne renonce pas à cette démarche de rassemblement.

Je souhaite que nous continuions à rassembler autour du programme de l'ANUPES toutes celles qui veulent se réunir autour du programme de l'ANUPES. Et si maintenant, il y a des appareils politiques, socialistes, communistes ou écologistes qui se mettent à distance, qui ne veulent plus du programme commun que nous avons défendu ensemble devant les électrices et les électeurs la semaine dernière, je dis, c'est dommage. Mais je dis à tout le monde, continuons à nous rassembler autour du programme commun de l'ANUPES.

Et ce que nous faisons, c'est ce que nous allons faire dès les prochaines élections européennes où nous allons proposer à tout le monde de venir à nos côtés pour porter ensemble le programme commun de l'ANUPES. Le sujet est double. C'est qu'il y a à la fois un débat sur les méthodes, c'est-à-dire l'opposition extrêmement radicale de LFI au Parlement qui a pu indisposer vos partenaires et puis peut-être la discussion du fond du sujet où ils essayent peut-être d'ouvrir la discussion et vous vous dites non, on reste sur un projet de rupture qui a été le nôtre. Ce qui est légitime, mais c'est ça qui crée au fond la division et comment est-ce qu'on surmonte ?

Mais Mme Fréceuse, quand vous avez défendu devant les électrices et les électeurs un programme il y a un an, vous vous êtes engagé auprès d'eux à le défendre pendant cinq ans ? Dans quel monde on vit si au bout d'un an les programmes électoraux n'ont plus de valeur et on se met à les rediscuter, y compris sur des points aussi fondamentaux que par exemple la retraite à 60 ans puisque j'ai vu que le Parti Socialiste disait qu'il fallait revenir sur la revendication de la retraite à 60 ans. Ce que je trouve quand même particulièrement extraordinaire alors qu'on a vécu depuis un an le plus gros mouvement social dans ce pays depuis 50 ans précisément sur la question des retraites.

Donc excusez-moi de vous le dire je pense que les électrices et les électeurs qui ont voté pour nous il y a un an ils sont attachés à ce programme de la NUPES et donc je dis que si certains veulent se mettre à distance de ce programme je suis désolé mais non je ne les suivrai pas. Alors le moratoire

39:07
Manuel Bompard

ça va se passer comment ? Parce que j'ai cru qu'on prend Olivier Faure lance une sorte de gel temporaire et vous vous dites bah non on fait le moratoire comment vous... J'ai pas compris moi madame Saint-Pic J'ai pas compris Et depuis vous vous parlez quand même pour ça pour comprendre

39:20
Invité

J'ai envoyé un courrier au Parti Socialiste pour demander des explications des précisions je leur ai posé un certain nombre de questions à ce stade je n'ai pas de réponse j'ai pas compris on me parle d'un moratoire en même temps le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale retire NUPES du nom du groupe j'ai pas compris un moratoire combien de temps ? J'ai pas compris dans le courrier le texte qui a été voté par le Parti Socialiste on dit il faut plus d'union est-ce que ça veut dire qu'ils ont changé d'avis et que maintenant ils sont pour la liste commune aux élections européennes ?

Est-ce que ça veut dire qu'ils ont changé d'avis et que maintenant ils sont pour qu'il y ait des listes communes de la NUPES aux prochaines élections municipales ? Je n'ai pas compris sincèrement je n'ai pas compris mais moi c'est eux qui ont fait un moratoire donc c'est eux qui répondront quand ils vont vous répondre moi je continue à avancer excusez-moi et je dis à tout le monde si vous voulez que ce processus de regroupement autour du programme de la NUPES se poursuive même si certains appareils n'en veulent pas venez nous aider venez nous rejoindre dans cette...

Mais à l'inverse tout le monde aura sa place pour faire en sorte qu'on puisse défendre ensemble les idées que nous avons défendues ensemble il y a un an

40:24
Présentateur

Et à l'inverse est-ce que vous craignez ce qui pourrait se passer que les socialistes les communistes les écologistes que certains insoumis qui ont peut-être envie de partir se regroupent et fassent un groupe contre

40:33
Invité

Je ne vois pas qui au sein de la France ils auraient envie de partir dans cette galère Je ne sais pas

40:38
Présentateur

Raquel Derrideau par exemple qu'on a entendu et puis quelques autres ont envie de partir

40:42
Invité

dans cette galère Je ne sais pas vous leur poserez la question à eux Moi je n'ai pas l'impression que il y ait qui que ce soit Pourquoi ce serait forcément

40:48
Présentateur

une galère ?

40:49
Invité

Parce que je pense qu'essayer d'expliquer qu'on va faire l'union sans la force politique qui représente la moitié des députés à l'Assemblée nationale et qui puisque vous me parliez des sondages représente dans le cadre d'une élection présidentielle demain autour de 17,5% des scrutins ça ne me paraît pas très convaincant Par ailleurs j'observe excusez-moi de vous le dire que M.

Roussel a dit qu'en tout état de cause il serait candidat à la prochaine élection présidentielle qui veut des candidats communistes aux prochaines élections législatives Donc je ne vois pas trop quelle est la forme d'union alternative à la NUPES qui pourrait se dessiner sous nos yeux Vous êtes en train de nous annoncer que vous essayez de refaire un rassemblement à partir du LFI c'est ça ?

Moi ce que je vous annonce c'est que certains veulent quitter le rassemblement que nous avons construit il y a un an moi je dis si certains partent dommage mais si d'autres veulent le rejoindre y compris dans les formations politiques actuellement membres de la NUPES ou en passe de sortir de la NUPES si certains veulent construire avec nous pour continuer cette démarche de rassemblement d'union populaire je leur dis ils sont les bienvenus pour le faire on verra on peut en discuter avec ceux qui répondent à cet appel Il y a des socialistes

42:06
Présentateur

effectivement qui vous ont demandé

42:07
Invité

Clairement je considère si vous voulez que non seulement les autres composantes de la NUPES ont refusé l'ensemble de nos propositions d'approfondissement mais je dois le dire aussi depuis 15 jours pour certains d'entre eux se sont disqualifiés ont eu des positions qui sont des positions incompréhensibles qui ?

Bah écoutez quand on vient dire de la France insoumise que nous serions des idiots utiles du Hamas comme l'a fait un député socialiste je considère que c'est inacceptable que c'est infamant et que quand on vit des moments aussi difficiles que les moments que nous vivons sur la scène internationale que s'il doit y avoir un moratoire sur quelque chose je préfère que ce soit un moratoire sur les idioties et les bêtises

42:47
Présentateur

Manuel Bompard dans questions politiques en direct jusqu'à 13h je voudrais qu'on avance et qu'on dise un mot aussi de l'examen du budget qui a lieu en ce moment à l'Assemblée pour la troisième fois l'article 49.3 a été déclenché cette semaine sur la première partie du projet de loi de finances de sécurité sociale à chaque fois on a des motions de censure qui sont déposées qui n'aboutissent pas elles servent à quoi toutes ces motions de censure au final Manuel Bompard et surtout est-ce qu'on peut continuer comme ça c'est-à-dire est-ce que cette année il peut y avoir encore 13.49.3 13 motions de censure l'année suivante l'année encore

43:19
Invité

politiquement

43:21
Présentateur

comment on avance

43:22
Invité

d'abord ce qui est stupéfiant c'est qu'on a un pouvoir en place aujourd'hui qui refuse tout débat sur les questions budgétaires c'est-à-dire que maintenant les motions de censure pardon les 49.3 sont convoquées avant même le début de l'examen en séance de nos amendements donc on est sur un budget qu'on ne peut même plus amender vous me parliez de compromis et de consensus tout à l'heure on est vraiment dans une démarche qui est une démarche totalement opposée pourtant on a examiné ces textes en commission en commission nous avons voté par exemple des ressources supplémentaires nous avons proposé de rétablir l'excit tax nous avons proposé d'avoir des investissements supplémentaires pour les départements et territoires d'outre-mer dont je parlais en introduction de cette émission et il y a eu des sujets sur lesquels il y a eu une majorité de députés pour voter des amendements le gouvernement balaye tout ça d'un revers de la main donc vous me dites est-ce que les motions de censure servent à quelque chose qu'est-ce que je peux faire d'autre madame qu'est-ce que je peux faire d'autre la motion de censure et la réponse organisée institutionnellement pour répondre au passage en force inacceptable qu'utilise le gouvernement maintenant à 14 reprises avec le recours à l'article 49.3

44:31
Manuel Bompard

vous ne voteriez pas pour le budget enfin

44:32
Invité

ni si vous abstiendriez et alors ça doit donc nous empêcher de pouvoir amender discuter le budget bah non mais peut-être que prenant acte du fait qu'il n'y a pas de majorité absolue de qui que ce soit à l'Assemblée nationale peut-être que le gouvernement pourrait inventer une nouvelle méthode peut-être qu'il pourrait dire qu'on va débattre et puis que peut-être qu'à la fin certains ne vont pas voter pour voter pour mais au moins qu'on va reprendre un certain nombre d'amendements parce qu'ils ont été adoptés par une majorité de députés à l'Assemblée nationale écoutez moi je siège en commission des finances cette semaine j'ai siégé mardi jusqu'à 3h du matin mercredi jusqu'à 1h du matin on a examiné l'ensemble de nos amendements on fait un travail qui est un travail sérieux aujourd'hui vous vous retrouvez dans une situation où les députés macronistes ne viennent même plus en commission ils s'en fichent de perdre les votes d'amendements en commission parce qu'ils savent très bien qu'avec le 49.3 à la fin tout ça va être balayé d'un revers de la main écoutez ça c'est pas le fonctionnement d'une démocratie qui est satisfaisante

45:24
Présentateur

bien préparée en amont organisée ça suffirait pas vous avez besoin

45:27
Invité

moi à chaque fois je vous le dis à chaque fois que le gouvernement passera en force en utilisant l'article 49.3 à chaque fois le groupe insoumis déposera une motion de censure pour y répondre maintenant où ça mène ?

mais ça c'est au gouvernement qu'il faut le demander soit il est en capacité d'avoir une majorité pour voter ses textes de loi et dans ce cas là qu'il constitue une coalition et puis qu'il nous dise maintenant quel est le programme de cette coalition soit il est dans l'incapacité de le faire et dans ce cas là à un moment ou à un autre il va falloir retourner aux urnes s'il n'est pas capable de convaincre une majorité de députés de soutenir sa politique question de Françoise Fresseuse on entend au sein de votre parti à LFI une voix un peu différente de celle de Jean-Luc Mélenchon c'est celle de Ruffin qui dit au fond si on veut arriver au pouvoir il faut être peut-être faire moins peur essayer de reconquérir un peu l'électorat central et au fond il propose une voix de rassemblement de la gauche qui est un peu différente de la vôtre comment vous appréhendez cette situation ?

je ne crois pas enfin personnellement j'ai entendu François Ruffin comme moi défendre par exemple la liste commune de la NUPES aux élections européennes j'ai entendu François Ruffin comme moi défendre l'approfondissement de la NUPES je ne crois pas qu'il y ait des accords entre nous sur la manière avec laquelle on organiserait pour reprendre le terme de votre question le rassemblement de la gauche donc je ne vois pas le désaccord que nous pourrions avoir sur ce sujet parfois nous ne disons pas exactement les choses de la même manière

46:55
Manuel Bompard

mais sur l'immigration

46:56
Invité

sur la position sur le conflit dont vous parliez tout à l'heure il n'a pas la même position que vous ? non ce n'est pas vrai ce que vous êtes en train de dire ah d'accord écoutez est-ce que François Ruffin appelle à un cessez-le-feu immédiat ? est-ce que François Ruffin condamne les actions qui sont commises par l'armée israélienne à l'égard de la banque ? est-ce que François Ruffin condamne les actions qui ont été commises par le Hamas sur le sol israélien ?

oui donc il a la position exactement la même que la nôtre mais quand il dit au fond je me social-démocratise ou en tout cas je fais un pas vers moi quand il dit ça j'ai un petit peu de mal à comprendre ce que ça veut dire et en tout cas je le dis en toute amitié je pense que ce qui permettra à la France Insoumise de porter son programme qu'il devienne majoritaire dans la société au moment où on a réussi au contraire à opérer ce regroupement sur la ligne de rupture je ne crois pas que ça soit revenir vers une ligne d'accompagnement social-démocrate donc quand il dit ça effectivement peut-être que j'ai mal compris ce qu'il dit et je ne suis pas moi dans une polémique avec lui pas du tout mais si ce qu'il veut dire par là c'est que la France Insoumise doit revenir si vous voulez sur une position politique qui par exemple a été celle du Parti Socialiste ces dernières années je pense qu'il se trompe et qu'il fait une erreur si c'est ce qu'il veut dire

48:08
Manuel Bompard

et dernier point vous n'avez pas l'impression qu'il pousse un peu Jean-Luc Mélenchon vers la retraite quand il a dit notamment jeudi dernier dans une interview au Figaro Jean-Luc a dit répéter que la présidentielle de 2022 était sa dernière campagne et qu'il souhaitait être remplacé en raison de ce n'est pas une façon de Jean-Luc Mélenchon on l'a dit non ? donc il n'y a pas de suspense

48:26
Invité

de ce côté-là Jean-Luc Mélenchon a dit j'aspire à être remplacé donc ça va être organisé à terme il est normal qu'on essaye de faire en sorte collectivement

48:36
Présentateur

de pouvoir le remplacer

48:38
Invité

mais écoutez le sujet aujourd'hui il n'est pas là on est en 2023 écoutez franchement donc il y a un certain nombre de figures à la France Insoumise qui commencent à émerger à être visibles François Ruffin en fait partie est-ce que Ruffin peut être un héritier ou c'est un adversaire attendez écoutez je suis en train de vous répondre dans votre tête je suis en train de vous répondre il y a un certain nombre de figures à la France Insoumise qui commencent à être de plus en plus identifiées connues du grand public François Ruffin en fait partie Mathilde Panot qui est la présidente de notre groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale je crois par exemple que le discours qu'elle a tenu à l'Assemblée Nationale cette semaine a été très remarqué Clémence Guettet qui est la coprésidente de l'Institut La Boétie qui travaille beaucoup ben oui c'est une bonne nouvelle donc moi ce que je souhaite je vais vous dire c'est qu'on est l'embarras du choix et en plus ça sera sans doute votre plus grand cauchemar et ça je dois le dire franchement ça me réjouit un petit peu

49:26
Présentateur

Merci Manuel Boutard alors vous restez avec nous c'est le moment d'accueillir notre deuxième invité normalement pour le livre de la semaine

49:33
Invité

France Inter Question politique Karine Bécard

49:42
Présentateur

Voilà je dis normalement notre second invité parce que on aurait dû recevoir Sébastien Rocher grand spécialiste des questions de police et de sécurité il est en chemin certes mais il est coincé dans un train alors on a l'immense plaisir à la place de parler d'un autre livre au débeauté celui de notre cher collègue et ami Nathalie Saint-Cric on devait en parler la semaine prochaine donc du coup on a décidé d'intervertir ça s'appelle L'ombre d'un traître ça vient de sortir aux éditions de l'Observatoire c'est votre deuxième roman Nathalie Saint-Cric alors après Georges Clémenceau vous êtes intéressé à qui et à quoi cette fois-ci ?

50:14
Manuel Bompard

Je me suis intéressé à une histoire vraie qui se passe à la Libération c'est-à-dire que le général de Gaulle pour faire pièce à la mémoire communiste qui est celle de la clarière des fusillés du Mont Valérien décide de faire construire un grand monument que vous connaissez actuellement sous la forme du Mont Valérien il demande un tirage au sort d'un certain nombre de personnes qui représentent la guerre c'est-à-dire un certain nombre de personnes de l'armée coloniale un certain nombre de gradés pas trop de femmes des gens qui se sont battus en 39-40 donc qui sont morts au débarquement de Provence et tous ces gens sont sélectionnés par des associations tirées au sort et ils reposent dans un premier monument temporaire au Mont Valérien avant que le grand monument soit construit et trois jours après bizarrement il y a des gens qui écrivent mais pas par délation qui écrivent en expliquant en disant vous avez dit que M.

Intel M. Robert B il devait rentrer là-bas mais ce que m'a raconté mon mari quand il est rentré des camps ce que m'a raconté Intel c'est pas exactement votre version et la gêne au pouvoir sur ce sujet sur Robert B parce que le roman national ou le récit national et j'en reviens à l'aspect plus politique c'est qu'en France tout le monde a été résistant tout le monde a été merveilleux tout le monde bon en fait on sait que sur 41 millions d'habitants il y a eu selon les estimations 400 à 430 000 résistants et ça sème une pagaille noire à tel point qu'il y a un jury d'honneur qui est constitué pour savoir s'il a le droit de rester ou non

51:38
Présentateur

comment est-ce que vous avez lu cette idée ?

51:39
Manuel Bompard

j'ai croisé une historienne qui m'a dit on rentre au Mont-Valérien et on en sort je trouvais que l'idée était baroque de sortir autant je le sais et nous savons tous qu'au Panthéon c'est en fonction un petit peu des climats politiques Marat est rentré il est ressorti vite parce qu'on a considéré que c'était pas véritablement un ami du peuple mais plutôt un ennemi mais c'est cette historienne qui vous a mis ça dans le Mont-Valérien mais oui parce que je me suis dit ça doit être épouvantable quand vous êtes vous êtes un homme ou une femme et on vous dit votre femme, votre mari votre enfant, votre père, votre mère quelqu'un a été un honneur qu'il ait fêté pendant deux jours à la place de l'étoile aux Invalides au Mont-Valérien avec des veillots flambeaux que tout le monde vous dit que vous êtes honoré par toute la patrie puis il faut voir ce que c'est l'édition de novembre 1945 c'est toute la nation les restaurants sont fermés tout le monde honore son nom est là il y a des défilés de troupes et puis d'un coup il faut une lettre on dit vous allez rien on s'est un peu trompé voilà donc c'est pas dramatique ça dit beaucoup quand même de la gestion de la mémoire en politique et du récit national c'est à dire à quoi sert la mémoire et à quoi ça sert de l'honorer pour quoi faire c'est un geste éminemment politique et comme l'histoire n'est pas dramatique en soi parce que finalement il est parti alors après vous verrez à la suite il est parti en douce on a mis quelqu'un d'autre en douce enfin tout ça c'est absolument très très étonnant mais je l'ai fait avec un côté un peu marrant pour pas que ce soit mortel

53:00
Présentateur

honorer la mémoire c'est un truc important quand on est politique

53:03
Invité

forcément je dois vous dire j'ai pas lu votre livre mais j'ai rencontré il y a quelques jours une personne qui travaille sur une exposition sur les figures de la résistance issues de ce qu'était à l'époque les colonies et qui a beaucoup de mal à faire en sorte que cette exposition puisse être relayée et je pense que dans ces moments là puisque vous parlez du rôle de la mémoire et de l'histoire je pense que dans ces moments là où certains dans le spectre politique essayent de trouver au pointé du doigt des ennemis de l'intérieur rendre hommage à ceux qui sont nés en Algérie à l'époque qui sont nés en Afrique qui sont nés partout dans le monde et qui ont joué un rôle majeur pendant la résistance on se rappelle par exemple de la fiche rouge qui est l'histoire qu'on connaît le plus mais il y en a eu beaucoup d'autres je pense que ce serait une bonne chose alors je profite de ce moment qui n'était pas prévu pour dire que peut-être que l'Assemblée nationale par exemple pourrait accueillir

53:55
Manuel Bompard

au Mont-Valéria par exemple il y a considéré par les historiens une sur-représentation des troupes coloniales

54:01
Invité

merci à tous les dans ces expositions ils ont beaucoup de mal à les faire connaître dans les programmes scolaires je trouve qu'on n'en parle pas suffisamment je trouve que ce serait bien c'est une bonne chose peut-être qu'on peut avoir un point d'accord pour terminer

54:13
Présentateur

pour terminer merci Nathalie Saint-Cric en tout cas je rappelle le titre de ce livre qu'il faut lire l'ombre d'un traître et c'est aux éditions de l'Observatoire merci à vous aussi Manuel Bompard d'être venu sur le plateau de questions politiques merci à toute l'équipe je vous dis à la semaine prochaine bon dimanche