Suppression de postes, nationalisation d'ArcelorMittal: l'interview de Marc Ferracci en intégralité
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'invité du jour, c'est Marc Ferat. Bonsoir, vous êtes le ministre chargé de l'industrie et de l'énergie. Dans un instant, on va bien sûr venir à ce qui a été aussi l'un des symboles de ce 1er mai, les salariés d'harcèleur milital qui se battent à Dkerk et ailleurs en France pour leur emploi.
Ça a réuni d'ailleurs une partie de la gauche. Mais d'abord un mot justement sur ce 1er mai qui s'est en grande partie bien passé dans l'ensemble de la France, mais il y a eu, on le voit, des débordements en marge du cortège parisien avec notamment les socialistes qui ont été attaqués. Jérôme Jedge qui une nouvelle fois a dû être exfiltré.
Comment vous réagissez à ces images qu'on a vu et au mots qu'on a entendu il y a quelques instants sur ce plateau ? D'abord, la satisfaction, ça vient d'être dit sur le fait que la manifestation à Paris s'est globalement bien déroulée. On l'a vu, elle s'est dispersée dans le calme.
Évidemment, un soutien vis-à-vis des élus qui ont été molestés et en particulier Jérôme Gedge que je connais bien, avec lequel j'ai déjà eu l'occasion de travailler à l'Assemblée nationale, des remerciements pour les forces de l'ordre. Je pense que les violences auxquelles on a assisté sont absolument inadmissibles. Je suis content qu'un certain nombre d'interpellations a lieu.
J'espère que elles vont donner lieu à des sanctions les plus ferme qui soit. Maintenant, la liberté de manifester a été préservée. Je pense que c'est ce qu'il faut retenir de cette journée.
Alors, Marc Feratchi, on le disait, ce 1er mai a été marqué particulièrement comme un symbole par la colère des salariés d'Arcellor, Mital et particulièrement ceux de Dquercque qui ont d'ailleurs réussi à rassembler une partie de la gauche. On a vu Olivier Fort, on a vu Marine Tondoli, on a vu François Ruffin, on a vu Aurélie trouver également de la France insoumise qui se sont rassemblés pour soutenir ces salariés et il y en a un certain nombre, on a vu y compris hors de la gauche, y compris au sein du Rassemblement national qui ont évoqué cette question notamment de la désindustrialisation. Ça a été la thématique de ce premier mai.
Je vous propose d'écouter c'est sonor écouter ses responsables politiques aujourd'hui. Le ministre de l'industrie est transparent et donc on est en train de laisser crever cette industrie. C'est pas juste des emplois et des vies qui sont brisées socialement.
C'est une partie du patrimoine industriel qui disparaît. Une Nous entendons chaque jour se le relayer dans les médias les ministres pour expliquer, sourire autosatisfait vissé aux lèvres que la France est en train de gagner la bataille de la réindustrialisation. C'est aujourd'hui l'inverse qui se passe.
La France est en train d'accélérer sa désertification industrielle. Arcelor licencie aujourd'hui plus de 600 salariés après en avoir licencié 130 l'année dernière. Ils ont touché 300 millions d'euros d'aidettes publics.
Que nous dit le ministre de l'industrie ? Il nous dit et il propose de faire un nouveau chèque à Arcelor Mital de 850 millions d'euros. C'est lunaire, il faut plus de contrôle.
Nous ne permettons pas qu'on vende ou qu'on ferme les usines d'Arselor. Nous demandons la nationalisation d'Arselor. Dans un instant, vous nous direz si la piste évoquée de la nationalisation par Jean-Luc Mélenchon est une piste que vous pouvez envisager.
Mais d'abord votre réponse à tous ces responsables politiques ou syndicaux qui vous mettent même personnellement en cause. On a entendu désertification industrielle dit Marine Tondel dit Marine Le Pen. Marine Tondeli, elle dit que vous êtes un ministre qui ne fait peur à personne.
Vous savez, l'enjeu c'est pas de faire peur. L'enjeu, c'est de trouver des solutions concrètes pour que l'emploi industriel se maintienne. Les gens qui parlent de désindustrialisation, je veux d'abord leur dire que on se bat sur chaque dossier et moi mes pensées vont d'abord aux salariés d'Arcelor qui aujourd'hui sont confrontés à une annonce qui génère de l'angoisse pour eux, pour leur famille.
Sur chaque dossier, on se bat. Il y a des combats qu'on gagne, il y a des combats qu'on perd. On a gagné un combat il y a quelques jours et les responsables politiques que vous avez euh euh montré à l'image se sont beaucoup impliqués sur la fonderie de Bretagne qui a été reprise et on a sauvé 300 salariés.
Ils se sont beaucoup impliqués au moment où le dossier était mal en mal engagé et maintenant quand il y a une solution et une bonne nouvelle, on les entend un tout petit peu moins. Ce que je veux dire c'est que on a besoin de se battre, on a besoin aussi d'être lucide. L'emploi industriel se maintient en France.
Les chiffres 2024 montrent que on a encore créé des emplois industriels en termes net. Il y a des emplois qui sont détruits et c'est ce dont on parle. Il y a aussi des emplois qui sont resté des harceller en France un peu plus de 300 à Dinkerc mais c'est le cas par exemple en Lorine à Florange également dans tout à fait.
Il y a sep sites qui sont concernés en France par les annonces d'Arcélor. Très concrètement on entendait Jean-Luc Mélenchon il y a un instant. Il dit il faut nationaliser Arcelor.
Est-ce que vous envisagez cette piste ? Oui ou non ? Ce que je veux vous dire, c'est que d'abord la désindustrialisation aujourd'hui ce n'est pas ce qui caractérise notre pays.
L'emploi industriel continue de progresser et on se battra pour que ça continue. C'est dur à entendre par des salariés qui perd leur emploi. Sûr, bien sûr, je le comprends.
Mais il y a aussi des emplois qui sont créés, il y a aussi des usines qui ouvrent et il y a aussi des sites qui s'étendent. Maintenant, la nationalisation, la nationalisation aujourd'hui d'arrcelor, elle n'est pas à l'ordre du jour. Pourquoi ?
Parce que pour maintenir l'emploi industriel et en particulier l'emploi sidérurgique, la sidérurgie, c'est une industrie de souveraineté. l'industrie dont dépend d'autres industries, dont dépend l'automobile, dont dépend la défense, dont dépend l'aérono l'aéronautique. Cette industrie, tout doit être fait pour la préserver sur notre sol, c'est-à-dire pour que les sites ne ferment pas et qu'on continue à produire de l'acier sur notre sol.
Et nous sommes engagés pour cela. La nationalisation aujourd'hui, ça n'est pas la bonne réponse. Pourquoi ?
Parce que on nationalise quand il y a un enjeu stratégique, mais aussi quand il n'y a pas de solution industrielle. Or, les solutions industrielles quand bien sûr que c'est stratégique, mais il y a des solutions industrielles. Les solutions, c'est d'investir et c'est d'innover.
Ça a été dit. L'enjeu aujourd'hui, c'est de faire en sorte qu'Arcelor investisse sur le site de Derk et sur les autres sites, notamment dans la décarbonation. Et concrètement, quand est-ce qu'eller annoncera les investissements en matière de décarbonation ?
Et bien, c'est ça que je voulais vous dire. Moi, j'ai discuté en début de semaine euh avec la direction d'Arscellor, la direction France et la direction Europe parce que on peut raconter ce qu'on veut mais il faut travailler à des solutions concrètes. Que nous disent-ils ?
Que nous disent-ils ? Ils nous disent que aujourd'hui l'acier européen est en grande difficulté. la production d'acier en Europe a baissé de 20 % entre 2018 et 2023 qu'on a besoin de protection au niveau européen.
C'est ça que nous sommes en train d'organiser avec le commissaire Stéphane Séjourné qui a fait des annonces qui reprennent des propositions françaises. Mais ces investissements dont vous parlez lié à la décarbonation quand est-ce qu'or les annonce ? Nous sommes en train justement de discuter avec Arcelor sur les conditions qui vont permettre de faire ses annonces.
Et moi ce que je dis pas garanti, écoutez moi je ne prends pas la décision à la place d'Arscellor. C'est une entreprise qu'Arcellor les fera. Je ne prends pas la décision à la place d'Arcelor.
Ce que je dis c'est que nous créons les conditions pour que ces décisions soient prises. Si Arcelor investit, ça signifie qu'Arcelor croit dans la production d'acier en France. Je vous le dire mais vous savez on aura les assurances quand les annonces seront faites.
Moi, je crée les conditions pour que les annonces soient faites et pour qu'on continue à produire de l'acier en France. Ce que je veux vous dire, c'est que on a besoin d'agir sur plusieurs leviers. On a besoin d'agir au niveau européen avec plus de protection commerciale vis-à-vis de l'acier chinois.
C'est ce que nous avons obtenu de la Commission européenne il y a déjà quelques semaines et c'était sur les propositions françaises. Donc moi, je n'accepte pas que on dise que rien n'est fait. Aujourd'hui, on a une situation sur l'acier qui est extrêmement difficile, qui réclame à la fois de la protection, à la fois du soutien aux investissement, à la fois des coûts de l'énergie plus compétitif.
Et nous sommes aussi en train de travailler là-dessus en faisant en sorte que EDF produise aux industriels et fournisse aux industriels de l'électricité à bon prix. Il faut actionner plusieurs leviers. Il s'agit pas simplement de dire que en nationalisant, on va tout résoudre.
Le patron des députés TPS, Boris Vallot, annonce qu'il va déposer une proposition de loi de je cite mise sous tutelle de l'État du site d'Arcellor jugeant que le sidistre n'a pas respecté ses engagements. Ça c'est une proposition que vous pourriez soutenir. Écoutez, moi je regarderai cette proposition et ça permettra de débattre. simplement dire que l'argent qui a été versé à à Arcelor comme l'argent qui est versé à tous les industriels et à toutes les entreprises de ce pays.
Cet argent, il est versé en contrepartie d'investissement de dépenses de recherche et développement pour le crédit impreerche. Ça veut dire qu'il y a des contreparties. Donc il ne faut pas laisser dire que l'argent est versé sans contrepartie.
Vous évoquez les salariés. Regardez, il y a un responsable syndical, il s'appelle Gaetan Leco est d'inquerc. Il avait une question à vous poser.
On l'écoute. Oui, bonjour, ici c'est Gaetan Lecoc. Je suis secrétaire général de la CGTRC Mital que je travaille depuis depuis 13 ans sur le site.
Je suis la 3è génération de la sidérurgie. J'ai même un grand-père qui est qui est mort dans dans l'acier. Bref, moi j'ai une question toute simple pour monsieur le ministre.
Vous avez déclaré la semaine dernière que vous serez là pour nous accompagner mais vous savez nous on veut pas accompagnement. Nous, on veut simplement garder notre boulot. Donc moi, j'ai j'ai une demande à vous faire.
Je vous je vous donne le rendez-vous. Venez nous voir à Dquerc, vous inquiétez pas. On va pas vous arracher votre mise.
On va être gentil, vous inquiétez pas, on n'est pas des sauvages. Venez nous voir à Dquercque et puis on va vous expliquer les enjeux si demain harcelor Mital Derkquec et s'il y a plus d'aci en France, les conséquences que ça aurait sur l'économie industrielle, économique et sociale du pays. Voilà.
Question recueillie par Bassin Dufo et Milan Argolas. Vous allez le rencontrer, vous allez les rencontrer, vous allez y aller ? Bien sûr, bien sûr que je vais aller à Dunker.
Je vais aller à un inquer que quand on aura trouvé des solutions et je suis en train aujourd'hui avec mes équipes de les construire, ben justement quand on aura la capacité à annoncer des perspectives, ce dont ont besoin les salariés d'Arcellor, c'est des perspectives sur le maintien de leurs emplois, sur le fait que les sites ne vont pas fermer. Et pour ça, il faut des annonces, il faut que Arceller concrétise ses projets d'investissement, en particulier dans la décarbonation. C'est ça ce sur quoi nous sommes en train de travailler.
C'est ça ce sur quoi nous sommes en train de travailler. Ça ne se fait pas en claquant des doigts. Vous savez, pour obtenir ce genre d'annonce, il faut faire en sorte que les choses bougent, y compris au niveau européen.
Et ça, ça ne se fait pas en 3 jours. Il faut que la Commission européenne prenne des mesures extrêmement fortes pour éviter les importations d'aciers chinois qui aujourd'hui font qu'Arcellor a suspendu un certain nombre d'investissements. Si on arrive à lutter et faire en sorte que Arcelor lutte arms égal comme tous nos industriels avec les Chinois, avec ceux qui pratiquent une concurrence déloyal parce que l'acier chinois il est massivement subventionné par l'État chinois.
Si on arrive à faire en sorte que nos industriels luttent armes égal en taxant en limitant les importations, alors les investissements se feront. Alors il y a un avenir pour la sidérurgie en France et en particulier à Dunkerc. Quand j'irai voir les salariés, c'est ça dont on discutera.
Ça sera quand ? Mais écoutez, je viens de vous dire que j'irai quand il y aura des choses à annoncer. Pour l'instant, il y a rien à annoncer.
Aujourd'hui, la discussion a lieu. J'ai euh pris langue avec la direction d'Arcellor. Je vais rencontrer le commissaire Stéphane Séjourné justement pour avancer sur les enjeux européens parce que tout ne se joue pas en France.
Et ensuite, j'irai rendre compte aux organisations syndicales et aux élus locaux qui sont très impliqués. Le maire de Dquerc, Patrice Vergrit, le président de la région Xavier Bertrand parce que tout ça c'est un travail collectif. Il n'y a pas que l'État qui est à la manœuvre.
Marc Ferrati, ministre chargé de l'industrie et de l'énergie.
Marc Ferracci