Gaza : le plus urgent, c’est le cessez-le-feu ! - Conférence à Strasbourg
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 32 %Défensif 8 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Locuteur 2Chiffre
« Il tombe une bombe toutes les 30 secondes sur Gaza. »
- 17:00Locuteur 2Chiffre
« La ville de Kinshasa voit sa population doubler tous les 5 ans. »
- 0:15Locuteur 1Chiffre
« Vous savez combien de temps ça dure la possession d'une action ? quand même le cœur du capitalisme, hein. Et ben au début du siècle, c'était du siècle précédent, c'était 7 ans et puis ça s'est raccourci, raccourci, raccourci, raccourci, raccourci. Maintenant, c'est 1 an »
- 3:00Locuteur 1Fait
« un type tout seul décide que vous allez travailler tous 2 ans de plus. Ça n'a jamais été voté nulle part. »
- 11:00Locuteur 1Chiffre
« 700 millions de personnes vont parler notre langue si on fait pas les imbéciles. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci. Ça fait chaud au cœur. En ce moment, il y en a besoin.
Bon, merci à tout le monde. Je sais qu'on est transmis sur le on est retransmis sur nos réseaux. Euh donc, j'adresse un salut à ceux qui nous suivent sur ce réseau.
Je présente des excuses à ceux qu'on n' pas pu accueillir puisque vous savez qu'on a de manière un peu imprudente mélangé deux genres. euh la conférence et le cours pour euh l'institut la Boesséie. Et finalement, pardon aussi aux copains de la Boessie.
Je pense que c'est pas une super idée de mélanger les deux parce que les motivations sont pas tout à fait les mêmes à m'écouter. Je fais ce que je peuxin. Euh donc la salle, bah on a celle-ci, il fallait bien qu'il y en ait une.
Et merci à ceux qui nous la louent et ne se font pas peur tout seul comme l'université de Bordeaux. ces grands courageux qui au dernier moment ont annulé la salle dans laquelle on devait se trouver vu qu'ils sont incapables euh d'assurer la police de leur lieu, hein, et permis à une petite bande de fachot d'aller faire les marioles derrière en disant "Oui, grâce à nous, l'islamiste, je sais pas quoi n'est pas venu." Bon, il faut pas céder hein.
Voilà, déjà point. Pour commencer, on ne cède pas. Si on nous dit "Vous pouvez pas être là, on va ailleurs, mais on va tout le temps quelque part.
On n'annulera jamais rien dans aucune circonstance et il faut qu'ils se le collent tous dans la tête parce qu'à la fin ça fonctionne pour leur honte. Quand on préside une université, son honneur c'est de faire en sorte qu'elle reste un lieu de liberté de l'esprit. Moi, j'ai toujours soutenu contre tout le monde des fois ceux qui voulaient interdire telle ou telle personne de s'exprimer parce que l'université est le lieu de la liberté de l'esprit.
C'est le la cathédrale de la liberté de l'esprit. Enfin, pour tous ceux qui comme moi, croient à l'éducation, ce sont des questions extrêmement sérieuse et donc douloureuses quand elle se trouve violée par des décisions absurdes de lâche. Les circonstances pèsent sur nous.
Je voudrais pas m'engager tout de suite dans le contenu de du livre sans évoquer ce qui nous environne. Pour moi, c'est un exercice particulièrement difficile que de m'adresser publiquement à vous. Pourquoi ?
Parce que vous savez qu'on me mène la guerre du mot. C'est-à-dire que je pourrais parler pendant 2hes et ensuite il y a un mot sorti de son contexte qui est ensuite matraqué pendant des heures et des heures sur toutes les chaînes d'information destinées à me diaboliser. Ce qui produit des effets paradoxaux sur lesquels je ne m'étends pas parce qu'il n'est pas sûr que ça me diabolise tant que ça.
Mais ça a été fait. Il fallait quand même une puissante imagination parfois pour s'en prendre à moi. Imaginez-vous avoir trouvé que dire camper oui est un verbe antisémite.
Franchement chapeau, fallait oser. Ça aurait pu être le premier mot de la phrase, il pourquoi pas hein. Bon, quand on en est à ce niveau-là, alors on aurait pu dire les gens auraient immédiatement éclaté de rire et l'affaire était entendue.
Pas du tout. Ça a duré toute la journée. Et vous aviez ensuite des imbéciles qui sont là et qui disent les propos abject même pas de quoi il parle.
Et voilà que quelqu'un qui est partisan des accords de maison David parce que si je dis quand David ça pourrait mal tourner et des accords d'Oslow, on va dire au slow parce que là je crains plus rien se retrouve repint en un adversaire de tout ça. Là, on en il faut bien sûr mieux vous en rire, mais vous êtes conscient du fait que la façon avec laquelle se comporte le système médiatique, on l'a déjà vu he dans le passé, c'est pourquoi ça ne nous impressionne pas autant qu'il le croit. Je me souviens des campagnes qui avaient été menées en 2005 contre le traité constitutionnel.
Tous ceux qui votaient non étaient des fascistes, des racistes et tout ce qu'on veut. Euh bon et puis ça a duré 10 jours et 10 jours et 10 jours et 10 jours et tout ce qui pouvait trouver qui circulait qui pouvait venir dire quelque chose contre nous avait raison. À la fin ça s'est terminé 55 45 pour le nom.
Et je pense que là il y a un tel effet de meut médiatique, un tel effet de verrouillage que des gens qui au point de départ ont pas particulièrement telle ou telle idée euh sont se sentent offensés. Car ce qu'il leur faut comprendre c'est que le niveau d'éducation des Français et des Françaises a monté. que les gens ont eu une culture critique des médias qui s'est approfondie avec l'émergence des réseaux euh sociaux qu'on appelle sociaux euh et la capacité de communication par les messageries que nous avons sur tel ou telque soit WhatsApp, Telegram, signal et autres.
Donc il s'est créé une culture collective qui est capable de démystification. des fois ça va un peu loin parce que c'est à la limite du complotisme, mais il s'est créé une culture collective et ce n'est pas vrai qu'il nous tiennent à la gorge comme il le faisait autrefois quand ils étaient les seuls à s'exprimer. C'est d'ailleurs pourquoi d'ailleurs il modifient un certain nombre de lois sur la liberté de communication dans dans les réseaux parce que il s'agit pour eux de reprendre pied dans l'esprit des gens.
Donc c'est un petit peu difficile pour moi. Je fais attention autant que je peux mais après bon voilà, c'est la vie quoi. Ceci dit, ce n'est pas le pire, ça va de soi.
Nous sommes sous un mécanisme actuellement encore d'insulte, de menace de mort. Pour plusieurs d'entre nous, il y a eu des tentatives de passage à l'acte. Pour ce qui me concerne, deux fois de deux personnes ont été [grognement] finalement arrêtées et jugé pour avoir essayé de me tuer.
L'un s'est pris 9 années de prison et l'autre 18. Donc c'était quand même des choses sérieuses. Et d'autres d'entre nous ont été agressés comme Hercilia Soué qui a été agressé par le président de l'Union des étudiants juifs il y a quelques temps de cela ou bien ont été agressés par l'incendie de leur maison.
Nous y étions ensemble hein euh avec votre député, notre pauvre camarade qui venait de perdre son épouse et vu sa maison brûler et alors les commentaires c'était partiellement brûlé. Oui, en effet partiellement restait un mur hein. Il reste quand même quelque chose quoi.
Bon voilà, tout est comme ça et nous en sommes au 3è incendie euh pour des camarades isolés et à chaque fois dans des conditions qui sont une tentative de meurtre. Cette fois-là, le camarade dormait. C'était 2h du matin.
Les deux autres fois dans les sones, c'est à peu près de même de même nature. Et il y avait les enfants à la maison. Passage à l'acte, pression médiatique permanente.
Pour ce qui me concerne, c'est un bashing nuit et jour permanent. La guerre du mot, un système médiatique entièrement verrouillé. Si je mentionne tout ça, c'est non seulement pour qu'on est présent l'esprit au moment où on se rend compte, mais pour qu'on pense que tout ça, comme c'est arrivé progressivement, il y a des moments, on a tellement le nez dessus qu'on s'en rend plus compte.
Mais je voudrais vous dire quelque chose. C'est pas une situation normale. C'est ça que je veux vous dire.
C'est pas normal. C'est quelque chose qui vient conforter un effondrement de la démocratie en France sous les coûts d'une part de ce système où neuf personnes possèdent 90 % des médias et donc y font dire ce qui leur convient mais aussi où les institutions elles-mêmes coulent. Je vais y venir mais j'achève d'abord sur ce sur ce point.
Ça c'est le contexte dans lequel nous évoluons et évidemment l'autre aspect dominant qui nous surplombe tous, c'est le massacre qui est en cours à Gaza et qui était assez amplement prévisible pour ceux qui sont les mieux informés de la situation dans cette région et des objectifs que chacun y poursuit. Dès lors, il n'y a pas d'autres mots d'ordre actuellement à mettre en avant. Il y en a une série qui peuvent l'être mais le premier c'est cesser le feu.
Il faut à tout prix que s'arrête le massacre. On ne peut rien faire sous les bombes. Il tombe une bombe toutes les 30 secondes sur Gaza.
Nous avons donc là des milliers et milliers de gens retenus dans un enclos dont ils ne peuvent sortir et à l'intérieur duquel on les pousse vers le sud pour ensuite les envoyer dans le désert. Ça sera l'étape suivante et qui sont là à devoir vivre sous les bombes. Aujourd'hui, nous avons vu passer le tweet qu' envoyé madame l'ambassadrice de l'OLP à Paris qui a perdu la moitié de sa famille en une nuit, c'estàdire plus de 40 ou 50 personnes qui ont été tuées par une bombe.
Donc cess c'est le feu. Il s'est trouvé, que c'est le mot que j'ai prononcé au moment même où se faisait la sortie de du Hamas militaire qui attaquait Israël parce que je crois comprendre que à partir du moment où ils étaient sortis et dans ces conditions avec une attaque euh dit-on d'une telle sauvagerie et apparemment c'est avéré les représailles serait terrible. Nous avons tous le souvenir de plomb durci de 2009 où déjà le rapport de l'ONU avait incriminé les béérants des deux camps comme criminel de guerre.
Il ne s'était strictement rien passé après. C'est très étrange mais tellement banal. Il y a en permanence dans notre monde deux poids de mesures suivant qui vous êtes.
La Russie envahit l'Ukraine, nous condamnons. La Russie est punie. Israël bombarde Gaza dans les conditions d'un crime de guerre, il ne se passe rien.
Je reviens de la République démocratique du Congo. À la frontière, il y a de manière méthodique des intrusions du voisin Rand. 6 millions de personnes ont été déplacées. 6 millions.
C'est le plus grand déplacement de population depuis l'après-gerre. Pas un mot, vous l'entendez jamais parler. Et ces pauvres gens vivent depuis 25 ans entre des bandes armées qui s'entretuent et qui les tuent le reste du temps quand il ne s'entretuent pas entre eux.
Il y a donc deux poids de mesure et donc le monde roule avec les problèmes qu'il a avec ceux qui arrivent dans des conditions où tout a été permis. Ne croyez pas qu'on puisse imaginer que qui que ce soit dans le monde pense qu'il y aurait une exception aux deux poids de mesure. Tout le monde se dit du moment que je suis du bon côté, je fais ce que je veux.
Et là, c'est typiquement ce qui se passe. Je viens de vous parler de la RDC à l'instant. C'est ce qui se passe à Gaza.
C'est ce qui se passe à peu près partout. Alors donc ces prémisses doivent nous conduire à réfléchir puisque nous sommes dans le cadre d'une conférence à ce qui vient devant nous pour avoir sans cesse anticiper pour pouvoir prévoir pour pouvoir s'organiser pour pouvoir mesurer à leur juste valeur les enjeux que nous avons devant nous et ne pas improviser sa politique au fil des jours, des humeurs, des tendances médiatique, de la peur qu'on a de ceci, de l'envie qu'on a de plaire à cela comme trop souvent beaucoup le font. que ce soit les moins doués comme Olivier Fort qui vient de nous proposer aujourd'hui d'aller manifester avec le Rassemblement national contre l'antisémitisme.
Je pense que comme il s'adresse aux organisations, les responsables de la nôtre, à savoir Manuel Bonpard, Mathilde Panour, Manon Oubri, sauront quoi lui répondre. Personnellement, je n'irai jamais à une manifestation avec le Rassemblement national et j'ai pas une seconde de doute à penser que nos dirigeants n'ont pas l'intention d'y aller. [applaudissements] Et finalement, je me dis que c'est une bonne chose que le moratoire qu' a inventé Olivier Fort parce que du moins tout le monde sait que nous n'avons rien à voir avec ça et c'est un problème pour nous parce que comment notre objectif à nous qui est de faire l'union populaire, c'est-à-dire de rassembler le peuple sur ses objectifs.
Naturellement pour qu'il puisse se rassembler, il faut qu'il se débarrasse du racisme, il faut qu'il se débarrasse de et cetera et cetera. C'est à cette condition qu'il peut se rassembler et que soit mis en avant le programme de ses intérêts communs. Sur le programme, vous connaissez l'état de la discussion.
Mais là clairement, il est absolument impossible de faire l'Union populaire. Si parmi les gens qui participent à un accord politique, il y en a qui prétendent aller manifester avec le l'extrême droite, ça c'est pas possible. Donc cette dernière proposition est venue qui m'insulte.
Bon, c'est la vie. Moi je j'y attache plus tant d'importance qu'au départ parce que ça me blessait. Je me dis pourquoi il me parle comme ça ?
Qu'est-ce que je lui ai fait à celui-là ? Bon bref, maintenant à la vérité je m'en fous euh parce que bon voilà quoi. Mais [applaudissements] ça passe.
J'ai beaucoup moins apprécié quand on parlait des ambiguités républicaines. Là c'est moi qui t'ai appris à lire donc tu vas pas m'expliquer à moi la République non ? D'accord.
Bon alors mais là ça va trop loin et ça a été trop loin quand même 27 jours de bombardement avant d'adopter le mot d'ordre cesser le feu ça fait quand même beaucoup. Ils ont fini par le dire mais si c'est pour nous proposer un jour après, tellement ils ont peur de leur ombre d'aller faire une manifestation avec n'importe qui juste pour faire oublier qu'ils étaient là hier avant dans la manifestation parisienne ça fait cher payer l'alliance. Je pense que en agissant de cette manière, il se disqualifie aux yeux de ce qui compte le plus pour nous, c'est-à-dire l'estime et le respect [raclement de gorge] que nous avons conquis dans les milieux populaires comme étant des gens qui ne cèdent jamais, qui ne se laissent pas impressionner et qui tiennent droit leur ligne.
Nous ne zigzaguerons pas au gré des humeurs d'Olivier Fort et ses problèmes de règlement de compte intérieur à son parti. Mais il y a aussi, j'ai parlé du moins doué, parlons du plus doué, le président de la République. Alors lui, comment dire, il c'est absolument incroyable.
Alors, d'abord, il commence par être précédé par la présidente de l'Assemblée nationale qui s'en va raconter des choses épouvantables là-bas dans chez un des belligérants. Donc, c'est surtout ce qu'il faut pas faire quand on est non aligné. On va pas donner raison à l'un contre l'autre.
On doit quoi qu'il en coûte, une guerre est une guerre. Les guerres propres n'existent pas, hein. Vous vous rappelez les frappes chirurgicales en Irak hein, le nombre de gens qui y ont cru.
De même qu'ils ont cru avant aux armes de destruction massive et blablabli et blablabla. Donc tout ça fait que elle y va puis il y va de jours après, il propose comme ça un truc inoui comme si vous savez la politique internationale c'était un jeu. On dis qu' vous passe par la tête comme au café du commerce.
Alors tiens, on a qu'à faire une coalition comme Daesh contre la masse. Tout le monde reste coaché. Ceux qui connaissent quelque chose, les autres on peut pas leur en vouloir.
Mais ceux qui Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Il veut faire la guerre à Amas. Mais justement, elle a lieu, c'est ça qu'il veut faire.
Il veut participer à ça. Non, non, c'est pas ça que j'ai dit. Et chose incroyable, il y a eu deux mises au point de l'Élysée depuis Paris pour expliquer les propos du président qui était là-bas.
C'est dû jamais vu. Je sais pas pour ceux qui ont les souvenirs les plus grandioses, vous imaginez François Mitteran parlant puis quelqu'un après disant "Non, c'est pas ça qu'il a voulu dire" ou de Gaulle, voyez. Non, non, il Non, c'est pas ça qu'il voulait dire.
Il voulait dire autre chose. D'ailleurs, on va vous dire quoi ? Passez-moi le papier.
Voilà, [rires] on en est là. Mais on parle de notre pays là. Nous, on a un rôle à jouer là-dedans.
Il nous reste plus tant d'autorité que ça tellement il l'a gâché et gaspillé notamment en Afrique francophone, notamment en participant à cette absurdité qui a été nous envoyé pendant 9 ans au Mali sans qu'on sache ni ce qu'on y était en train de faire, ni quand est-ce qu'on s'en irait. Et on leur a dit sur tous les tons, évidemment on s'est fait traiter de défétiste, mais il aurait mieux valu qu'en 9 ans, on se contente pas de voter une fois, qu'on ait l'occasion de discuter, de parler, que le parlement français s'exprime et nous y sommes restés 9 ans. Nous avons perdu 54 militaires là-bas et on ne compte pas tous les gens qui sont morts au hasard des batailles que les uns ont mené avec les autres.
Et puis après on se fait dehors du Niger et auparavant du Burkina dans des conditions, je vous le dis bien franchement, nous ne méritons pas. On mérite pas d'être traité comme ça, mais on s'y est mis-même. En politique internationale, la gratitude et tout ça, ça n'existe pas.
Il existe que des intérêts. Il faut donc agir toujours avec habileté, prudence, un coup d'avance, savoir où on est et ce qu'on fait. Mais on va pas dans une réunion dire au président qui est assis à côté de vous tiens, il est parti réparer la clime.
Et à l'autre dira bah lui, il a fait un arrangement électoral, on parle pas aux gens comme ça. Et le roi du Maroc n'est pas son copain. Il faut tenir compte du fait que les pays indépendants à leur manière, c'est pas à nous d'aller dire ce qu'il faut faire chez eux et qu'ils n'aiment pas qu'on leur parle comme ça.
Donc nous sommes aujourd'hui discrédités dans le monde, pas pris au sérieux. Reconstruire l'autorité de la France, ça va être quelque chose. Et il y a besoin de l'autorité de la France parce que nous pourrions nous là intervenir et dire quelque chose d'utile par rapport à ce qui se passe à Gaza.
Mais c'est fini, on est cuit, on est rangé d'un côté. Alors le pompon, on envoie un navire paraît-il hôpital, tu parles, il y a quatre lits. Franchement, non mais c'est une honte quoi.
On le sait tous que c'est une honte. Moi, j'ai honte quand j'entends ça. C'est mon pays bon sang.
Je supporte pas de voir que nous soyons abaissés à ce niveau. Et je le dis avec toute la blessure et la passion de gens qui aiment la France dans le monde entier. Des gens aiment la France malgré la France, malgré son gouvernement, malgré ce qu'il raconte. et je viens de le voir encore dans cet immense pays qui est le premier pays francophone du monde qui est la République démocratique du Congo où notre président a eu la bêtise de dire que l'autre était là par un arrangement électoral.
Il s'est pris en revers quelque chose de première grandeur mais quand même comment peut-on en être arrivé là ? Le livre, il fait 350 pages, il y a 15 chapitres et il vous présente une thèse et sa réponse. La thèse, c'est tel qu' le mode de production dans lequel nous vivons, nous sommes certains d'aller à la catastrophe.
Albert Camu disait "Les grandes peurs périssent d'être reconnu si vous savez où vous allez, vous pouvez trouver les moyens d'éviter d'y arriver. Si vous ne savez pas ou si vous ne voulez pas savoir, vous n'y arriverez pas. Vous serez embarqué par les événements et puis vous les subirez.
Ça arrive dans nos vies privées, hein. On n pas pris à temps la bonne mesure, la bonne décision. Ça déroule tout seul, on dirait.
ça nous submerge, on sait plus quoi faire et ainsi de suite. Dans la vie des peuples, il en va de même. Et le livre non seulement dit quelque chose qui au fond vous est connu, je vois d'ailleurs quand je l'ai dit plusieurs d'entre vous faisant qui partagent la conviction.
Mais il suffit pas d'avoir une conviction sur le sujet, il faut organiser le regard qu'on a dessus pour voir comment les éléments entrent en rapport les uns avec les autres. Et notamment pour nous dans cette salle qui sommes des militants politiques, l'important est de savoir où on va bloquer, où on va changer les choses pour que le cours de l'histoire aille d'un autre côté que prévu. Après, nous sommes tous des héritiers.
Nous sommes pour beaucoup d'entre nous, je ne dis pas pour tous, les héritiers de la longue tradition du mouvement ouvrier et du socialisme dans lequel un certain nombre de concepts organisent notre vision sur le monde. Une bonne partie de ces concepts sont toujours efficients, notamment la critique des contradictions internes du capitalisme, ce qu'en a dit Marx puis ses successeurs sur le plan théorique reste d'une complète actualité. Nous avons aujourd'hui des chercheurs marxistes dont une bonne partie collabore avec euh la Boessie librement et nous nous ont permis de compléter beaucoup de notre compréhension du monde dans lequel nous vivons.
Et puis il y a d'autres aspects ou non on s'est trompé ou il y a d'autres aspects un développement inoui s'est produit. Et donc, j'essaie de faire le point là-dessus de la manière la moins pédante possible, c'est-à-dire en présentant des thèses et en prenant le risque qu'elle soit des menti, risque que j'accepte de grand cœur. Car ce que je présente, c'est une théorie, pas un dogme.
Une théorie, ça reste ouvert. Une théorie, on appelle théorie pour dire une manière de mettre ensemble des faits et de montrer comment ils s'auto-organisent pour produire une situation. Il y a donc une double analyse sur le système capitaliste et sur le rapport entre ce système, ce mode de production et l'état de notre environnement.
Je ne sais plus très bien comment dire car je ne veux pas dire la nature ce qui aurait l'air de dire que nous n'en sommes pas partie prenantes alors que nous en sommes totalement partie prenante. Et c'est donc ça que j'ai étudié en faisant bien sûr des propositions et surtout en montrant que un événement nouveau, alors ça c'est pour les plus jeunes on en certainement rien affiche mais les plus anciens ça va leur mettre un coup. c'est que dans la doctrine socialiste, c'était la classe ouvrière qui faisait la révolution et alors c'était la classe ouvrière pas de bol, il était minoritaire dans la société donc c'était la classe ouvrière et ses alliés alors là sur comment on allait faire l'alliance et tout des heures et des heures de congrès de discussion mais c'était vital, il fallait savoir comment on allait pouvoir faire ça, c'est-à-dire devenir majoritaire, ne pas être une dictature d'un petit nombre sur le grand nombre, même si c'est comme ça que ça a tourné, au moins un endroit du monde.
Dans mon livre, j'explique pourquoi il y a un acteur social nouveau. Je n'ai pas trouvé d'autres mots qu'un mot qui était là, le peuple. Alors le peuple du 21e siècle, c'est pas celui du 20e, ni non plus celui du 19e.
Au 19e, le peuple c'est les gens désoccupé mais c'est les artisans, c'est le début des fonctionnaires. Bon bref, c'est les paysans. Alors suivant qui sont ouvriers agricoles ou suivant qui sont métayés, c'est pas le même se fallait mettre au point une stratégie.
Nous nous avons une situation simplifiée. Pourquoi ? Parce que les conditions matérielles, les bases sociales se sont créées qui produisent un acteur nouveau, le peuple, à la faveur d'une série d'événements qui ont modifié la condition humaine.
Deux font en comble, mais comme nous avons dessus, nous ne le voyons pas. Qu'est-ce qui a changé ? Et bien d'abord le nombre des êtres humains.
Je ne souhaite pas ça à la jeune génération mais la mienne sera inchallah comme on dit chez moi, on peut hein. Mince, je suis pris. Non mais ça c'est pour embêter ceux qui m'écoutent là.
J'insiste un peu parce qu'il pourrait rater. Il s un peu endormi. Mais réveillez-vous.
Bon, il a avoué. [rires] Alors, je veux pas que ça me fasse perdre non plus une file de ce que je raconte. Ma génération sera la dernière avoir un doublement de de la population.
Un double doublement de la population. Regardez bien comment ça s'est passé. 190000 ans je crois ou ou 290000 ans enfin peu importe ça nous dépasse pour arriver au premier milliards 1820 d'êtres humains 100 ans pour arriver au 2è milliard et ensuite 1 milliard de plus tous les 12 ou 13 ans.
Ce sont des proportions d'augmentation de la population inouies évidemment dans le passé il y a eu des doublements et chaque fois qu'il y a eu un doublement la condition humaine change. pour une raison parce que le nombre entraîne plein de choses derrière lui. Entraîne l'invention, entraîne le contact, entraîne le développement des relations sociales.
Le nombre n'est pas une calamité parce qu'actuellement on a l'air de le reprocher aux autres, à ceux qui ont plein de gosse. Mais moi, j'ai déjà dit ça. On m'a dit, on m'a parlé de dérèglement démographique.
J'ai dit bah allez le dire aux gens. Allez, vous allez voir les gens, dites "Toi là, tes gosses sont trop." Ben faites-le puisque vous êtes si intelligent, puisque avez réponse à tout.
Non, c'est pas le sujet. Le sujet c'est qu'il faut qu'on s'organise autrement et que donc comme on est 8 milliards et qu'on va être 11 milliards à la fin du siècle, il faut qu'on ralentisse, qu'on organise autrement, qu'on vive autrement. C'est une révolution qui est produite par une exigence qui vient du nombre.
Si vous ne changez pas vos usages, vous vous condamnez à mort. Le capitalisme à 1 milliard, c'était dangereux. À 10 milliards, c'est suicidaire.
Parce que le capitalisme porte en lui une obligation. Ce n'est pas moral ce que je vous dis là. C'est même pas idéologique.
Il est obligé d'accélérer sans arrêt le rythme. L'argent se transforme en marchandise, qui se transforme en argent, qui se retransforme en marchandise, qui se retransforme en argent. C'est un cycle.
Toute réalité est animée d'un rythme. Le capitalisme est en proie un rythme où il lui faut sans cesse accélérer et développer pour accélérer le marché à l'intérieur duquel l'argent se transforme en marchandise et la marchandise peut se retransformer en argent. Ça n'a rien à voir avec la morale, ça n'a rien à voir avec les intentions, ça n'a rien à voir avec rien de tout ça.
C'est un mécanisme. C'est comme la Terre qui tourne autour du soleil. Quelle est la limite à ce trucl ?
La résistance. Sinon, il y en a pas. Ils continueront, ils continueront.
D'ailleurs, ils continuent, il continue, y compris en disant le contraire. Tous les gouvernements du monde disent "Il faut maintenant décarboner notre activité. Blab bla bla bla bla bla.
Vas-y, décarbone." Comment vous décarbonez alors qu'il y a jamais eu autant de projets de gaz auc, autant de projets de pipeline de pétrole qu'aujourd'hui ? Il y en a 177 qui sont en cours.
Ça signifie que pas un instant le capitalisme n'est capable de se maîtriser pour ne pas détruire le milieu dans lequel il évolue. Parce qu'à la fin, tout le monde meurt hein dans cette histoire. C'est pas réservé à certains contre d'autres.
Certains mourront moins mal ou peut-être s'en iront. Bref, le nombre est un facteur décisif de l'histoire, mais pas pour en arriver à une conclusion maltusienne comme on disait. ça dire "Ah bah là ça suffit, il y a trop de monde, il en faut moins et cetera.
Comment vous faites un truc pareil ? C'est impossible. Donc arrêtez de penser à des choses impossibles.
Essayez de trouver des choses possibles comme par exemple vivre autrement. Mais mais la différence c'est que de notre temps à nous c'était facile. On disait bon bah la classe ouvrière à faire la révolution, il faut donc la convaincre et tout, l'organiser.
On le faisait hein. Et puis comme elle a faire la révolution mais elle va régler les problèmes. Alors on a on y allait on y allait pas avec le dos de la cuillère hein.
On disait oui. Puis il y a aussi le problème des femmes. Non mais attends ça une fois qu'on va avoir fait le socialisme ça va être réglé.
Et puis il y a le problème de la nature. Ah oui mais faisons le socialisme on va tout régler. Voilà.
Et donc tout était renvoyé et ces sujets n'étaient pas discutés. Arrive ce pauvre Dumon à la télé en 74 avec son verre de flotte. Tout le monde dira il est sympa mais bon, il est un peu barge, c'est pas le sujet la flotte.
Bassie, c'est le sujet. Aujourd'hui, l'eau est un sujet majeur de la civilisation humaine et il n'y a de réponse qu'en modifiant nos manières de faire. Si vous continuez à vouloir vous mettre sur le dos 3 à qu t-shirts différents dans l'année à 1 € si possible ou à de c'est-à-dire en sans tenir compte de l'exploitation au prix de laquelle ça vous arrive dans les mains, mais que ça a fait deux fois le tour de la terre, que ça a nécessité des milliers de litres d'eau, j'écris ça là-dedans, ben vous êtes morts, faut choisir. vous changez de je ou alors c'est pas un comportement individuel qui est en cause, tout le monde comprend.
Ça ne nous mènerait nulle part de dire toi change ta manière de faire, toi change ta manière de faire. C'est l'organisation en général de la société. Il y a une condition à cela.
Je vais vous dire quoi dans un instant. Deuxième fait marquant, la ville. La ville bon sang de bois.
Vous l'avez sous les yeux, elle vous paraît évidente ? C'est un fait nouveau. Il aura fallu attendre 2008 pour que pour la première fois dans l'histoire de la civilisation humaine, il y ait plus de monde en ville qu'à la campagne. 2008.
Alors nous en France, c'est fait depuis à peu près 1939 mais dans le reste du monde non. Mais on vient de passer. Alors maintenant, on va on est à on est à plus de 50 % et on va dans plein de pays à 55 56 et cetera jusqu'à arriver au point où nous en sommes nous les Européens ou les Nord-Américains, c'est-à-dire plus de 80 % de la population qui vit en ville.
La ville change tout parce qu'à partir du moment où vous êtes en ville, il y a une densité, il y a des relations. La ville urbanise comme on dit, elle change vos manières de vivre, de regarder les autres. La ville augmente la connectivité et justement ça tombe bien, la ville produit mécaniquement quelque chose que vous ne voyez pas qui s'appelle les réseaux.
Personne n'y pense. On pense à tous à ça. Ça va de soi.
La flotte, l'électricité, le gaz, la rue, l'alimentation. Pas de magasin d'alimentation s'il y a pas un réseau pour l'approvisionner. Pas d'approvisionnement s'il y a pas la commande numérique.
Les réseaux sont la part la plus structurante de votre être social. Dans ma génération, on pensait que ce qui comptait plus que tout, c'était le rapport d'exploitation dans l'entreprise. Évidemment, il reste fondamental parce que c'est lui qui organise la logique de la société, c'est-à-dire la captation de travail gratuit.
On fait travailler les gens, on les paye mais c'est ce qu'on leur donne ne correspond pas à ce qu'ils ont produit. Bien sûr, ça reste le cœur. Je l'ai dit tout à l'heure à propos du rythme, mais plus important, vous avez pas que des gens qui travaillent et qui se font exploiter.
Vous avez des retraités, vous avez des étudiants, vous avez vous avez vous avez vous avez des gens en formation. Tout le monde n'est pas en train de produire du matin au soir, loin de là. Et vous savez comme moi que le chômage c'est l'armée de réserve qui permet de pressionner sur les salaires.
Mais tous vous êtes inclus dans un rapport capitaliste. Pas seulement parce que la société est capitaliste, c'est parce que tous vous ouvrez votre robinet pour avoir de l'eau. Alors le prolétaire Marx disait bah lui il est privé du produit de son travail donc ça lui échappe.
Il est aliéné. Mais alors vous quand vous avez soif soif qu'est-ce que c'est ? C'est un besoin.
Vous avez pas décidé d'avoir soif. Vous pouvez pas faire un tournoz soif. Si vous buvez pas, vous mourrez.
Donc faut boire. Alors vous allez au robinet, rapport social, vous ouvrez qui coule rien. Alors de deux hypothèses. 1, il y a plus d'eau.
Problème politique de vous avez pas payé la facture. Problème politique. Dans les deux cas, la relation que vous avez avec vous-même, c'est-à-dire votre besoin, transite par un rapport social.
Et c'est un rapport où il y a des dominants et des dominés. Celui qui marque sur son papelard, oui, il a le droit, elle a le droit à l'eau. C'est lui qui a le pouvoir.
C'est pas vous avec votre robinet. Et c'est vrai pour l'électricité et c'est vrai pour le tout à l'égout. Et c'est vrai pour pour tout.
Nous sommes des êtres qui ne peuvent vivre autrement qu'en réseau. Plus aucun d'entre nous ne peut produire ou reproduire son existence matérielle sans passer par les réseaux. Or, la production de son existence matérielle, c'est précisément être un être social et les êtres humains sont comme ça.
Nous ne pouvons même pas penser sans être en réseau. Et ça va aller d'autant plus vite que vous êtes avec ça depuis 2009 seulement. Dis ça parce qu'il y en a plein qui ont oublié.
C'est tout récent cette affaire et ça vous cape votre attention et ça détermine votre vie sociale. Vous connaissez plus de gens par Facebook qui vous inflige leur repas d'anniversaire que vos voisins et même des fois que votre famille. Mais oui, ça c'est le facteur suivant.
J'ai dit les réseaux. Les réseaux d'abord vous savez pas que vous êtes vous-même en réseau. 150 km de vaisseau sanguin, 190 de nerf.
Dès qu'un organisme devient complexe, il doit rassembler les éléments qu'il composent et les mettre en rapport par un réseau. Vous faites ce que vous voulez, il y aura des réseaux de toute façon, en toute hypothèse. Par conséquent, la maîtrise des réseaux va devenir un élément essentiel de la condition humaine.
Là, je viens de vous donner des exemples sympas à la France en avant 10 siècles pour faire tout ça. Là, je reviens de Kinshasa. Ils étaient 14 millions au début du siècle du 20e siècle.
Ils sont 110 millions. [grognement] La ville de Kinshasa voit sa population doubler tous les 5 ans. Aucun gouvernement du monde, sans changer la règle du jeu, c'est-à-dire sans abandonner la logique de marché, ne peut répondre à une situation pareille.
Et vous avez intérêt à trouver vite une idée hein parce que ça passe vite 5 ans. Il y a des coups ça passe pas vite par exemple un mandat présidentiel mais pour ce qui est de la flotte et de l'électricité et ben ça passe vite les réseaux. Et je viens au dernier point que je vais évoquer à ce moment-ci c'est la connectivité.
Il y a une très belle pharase de Marx. Mais peut-être parce que je vieillis, je redécouvre des tas de textes hein. Puis pour faire ça, faut bosser.
Et Marc disait "La véritable richesse intellectuelle des individus dépend de la richesse de leur relation sociale. Quand tu as 20 ans, c'est beau, tu comprends pas tout vraiment, tu dis "Mais c'est beau quoi, je vais le répéter." Et maintenant, je sais que c'est vrai.
Plus vous êtes en relation avec d'autres, plus vous êtes intense, plus vous êtes développé et plus vous partagez et plus vous devenez humain. La culture, la musique, tout ce que vous voulez. Plus vous partagez, plus vous échangez et plus vous vous croissez intellectuellement et en qualité humaine.
Et bien la ville vous permet ça. Et ceux qui ont vécu à la campagne, il doit bien avoir dans cette salle de la campagne d'avant, pas de celle de maintenant où il y a des réseaux partout et tout ça. Enfin, faut quand même se déplacer, c'est c'est assez pénible.
Mais la campagne d'avant euh bon c'était la bonne du curé qui surveillait tout le monde. Enfin, c'était un peu ça la vie. Les relations sociales dans le village étaient dense, mais dès qu'on s'en écartait un peu, c'était fini. et même dans le village, on se parlait ou pas suivant qu'on était fâché depuis une ou deux générations.
Enfin bref, maintenant la connectivité depuis 2009, elle est assurée. 5 milliards d'êtres humains sur 8 sont connectés par l'internet. À l'instant, je vous parlais de l'Afrique. 70 % de la population est connectée.
Ils sont tous au même endroit dans les villes. Je prends cet exemple, mais je pourrais faire tous les continents dans le bouquin pour le travailler avec l'équipe qui m'entoure. On a examiné 20 pays différents pour voir ce que ça donnait politiquement tout ça.
Il y a pas 20 pays où il y a eu une révolution citoyenne. Don je vais vous parler dans un instant. Il y a pas une révolution citoyenne dont la base ne soit pas fournie par l'agora qui est la connexion internet et les messagerie.
Toute. Autrement dit, le vrai lieu de la construction d'une conscience politique, il est là-dedans. Pas seulement dans les relations réelles qu'on a, dans l'emploi ou ailleurs, mais dans la connectivité, dans le rapport aux autres.
Et ça évidemment c'est un fait complètement nouveau. Heureusement qu'on n'est pas en rapport avec 8 milliards de personnes parce que déjà avec 50 c'est déjà beaucoup. Mais autrefois on disait que le maximum de relation qu'une personne avait avec d'autres dans la vie telle qu'elle était organisée, c'était maximum 20 personnes. 20 25.
Alors après, il pouvait y avoir des cousins éloignés à qui on écrivait pour Noël le jour de l'an. Mais l'essentiel de votre environnement c'était ça. C'est loin d'être ça.
Je ne dis pas que chaque jour vous êtes en rapport avec plus de 25 personnes, mais racontez pas que quand vous avez 1000 amis, vous avez une relation d'amitié avec 1000 personnes. Ça existe pas ça. C'est donc juste que vous êtes en compte.
Je dis 1000, c'est beaucoup mais mettons même 200, mettons même 300. C'est pas vrai. C'est pas une relation d'amitié au sens où on entend le mot amitié.
C'est donc autre chose. Et cette autre chose, c'est cette relation de connectivité. Du coup, dans le bouquin, j'ai inventé un mot.
J'aime bien faire ça parce que je vois que tout le monde dès qu'on est quelque part tout le monde parle d'accord on fait deux choses. Alors on râle tous hein. On dit c'est pas bien c'est pas poli mais enfin on le fait quand même.
Alors la dialectique du désir et du devoir commence à être un peu vieux hein. Donc autant partir des réalités. La réalité c'est qu'on le fait.
Donc on est poliprésent. C'est ça le mot hein, vous êtes présent à deux endroits et moi je fais le pari qu'on est présent réellement à deux endroits. C'est-à-dire que aussi bien quand vous écrivez, vous écrivez ce que vous pensez et aux gens à qui vous parlez, vous êtes vraiment avec eux.
C'est une condition qui est tellement nouvelle, c'est pour ça qu'il faut un mot. C'est une condition humaine complètement différente. Personne n'a jamais fait ça avant nous.
Déjà quand la radio a commencé à se répandre, il y a des magnifiques textes de Saint-Es sur le sujet hein qui raconte ça qui dit "Ah on est présent ici puis en même temps on entend à l'autre bout du monde il se passe ceci et cela". Était là à la bouche ouverte. Bon en disant la il y avait cette forme bizarre de d'être.
Mais alors nous qu'est-ce qu'on devrait dire ? Voici donc les phénomènes que j'ai regroupé aussi rapidement que j'ai pu qui sont les éléments qui conduisent à former une [raclement de gorge] nouvelle population socialement déterminé par l'obligation du rapport aux réseaux sociaux. Et là je parle des réseaux collectifs.
Il vaut mieux dire réseaux collectifs que réseaux sociaux. Sinon, les deux mots vont s'en mêler. Les réseaux collectifs, c'est une condition humaine totalement nouvelle et une condition nouvelle connectée et où tout le monde vit au même endroit.
Je dis au même endroit mais vous avez pas idée d'à quel point c'est le même endroit. On va tous en ville et les villes vont au bord de l'eau. Depuis le début, c'est comme ça.
Au début, c'était au bord du fleuve et puis maintenant c'est au bord de la mer. Et une majorité de la population française vit à moins de 100 km de la mer. Et c'est vrai dans le monde entier.
Alors ça va avoir une conséquence immédiate. C'est que comme la glace fond, la mer monte et tous ceux qui sont au bord quickent dans l'eau. C'est vrai mais c'est pas vrai que pour je ne sais quel bourgade de pêcheur hein.
C'est vrai pour New York. C'est vrai pour je crois quelque chose comme 9 ou 10 grandes métropoles du monde avec les problèmes que vous n'arrivez pas à imaginer. Par exemple, il y en a un qui vient de surgir.
La flotte ronge New York. Donc les villes qui sont au bord de l'eau descendre parce que la terre s'affesse. Tout ça c'est pour dire que la civilisation humaine vient d'atteindre une limite ou plus exactement deux.
La première tient à la nature du capitalisme de notre époque qui est en impasse social. C'est-à-dire que pour pouvoir continuer à accélérer le rythme de l'échange de l'argent en marchandise et cetera, comme ça n'allait pas assez vite, comme il y avait pas les marchés suffisants, on crée des espaces abstraits. La sphère financière dans laquelle circule des milliards tous les jours, des milliers de fois ce qui est échangé réellement.
S'échange en valeur monétaire à l'intérieur de cette bulle. Vous êtes à la mercie d'un monde dont vous ne connaissez même pas l'existence mais qui vous surplombe et qui a donné tiens il y a pas plus tard que il y a 3 ans encore 4 ou cinq bans qui sont effondrés. Vous êtes à la mercie d'un crash général.
Vous l'avez déjà vécu en 2008 pour ceux qui étaient là en 2008 et qui étaient assez âgés pour se rendre compte de ce qui se passait. C'est pas le cas de tout le monde. Mais quand même ça s'est produit et ça se reproduit à intervalle régulier.
Le capitalisme n'est pas sorti de sa maladie génétique qui est d'être en Christ tous les 10 ou 12 ans. Et c'est comme ça du Mais ce que à quoi on s'attendait pas ? Alors on disait il va tomber.
Bah non, il est pas tombé. Il a manifesté une capacité à à quoi faire ? À dépasser tout et à se nourrir de ses propres turpitudes.
Il provoque deux guerres mondiales. Qu'est-ce que vous voulez faire de plus abominable que ça ? des millions de morts et malgré ça, il survit et il continue et il finit par avoir le dernier mot contre ceux qui avaient voulu résister à la pente que ce capitalisme créait.
Je pense à l'Union soviétique, je pense à la Chine populaire et cetera et cetera. Toutes ces tentatives qui ont été faites, je ne porte pas de jugement sur ce qu'elles ont donné. Je dis juste que c'était la réponse à la situation.
On comprend rien à pourquoi il y a l'URSS, personne n'est venu avec un catalogue en Zantier en faire le communisme. Les gens voulaient arrêter la guerre. Voilà comment ça s'est passé et ça s'est passé pareil pour la Chine, arrêter l'invasion japonaise.
Les révolutions n'éclatent pas pour des régions idéologique avec un manuel à la main. Elles éclatent toujours pour la même raison. Le pouvoir en place est incapable de faire face à ces obligations les plus élémentaires.
Garantir la paix, assurer la sécurité, l'alimentation, la nourriture et cetera. Et tous les régimes que nous avons sous les yeux vont tous être confrontés à ce même problème dans les 20 ans qui viennent. à mesure que il y aura plus d'eau, à mesure que le sol s'enfoncera, à mesure que l'eau de mer montera et contaminera les nappes fréatiques qui sont vers le bord de la mer, qui vont se saliniser et cetera et cetera.
Vous prenez le problème par le bout que vous voulez, c'est ça qui va se passer. C'est pourquoi faut anticiper et se dire que pour nous avec le programme l'avenir en commun qui est un programme de transition entre deux sociétés, on ne vous dit pas à quelle société on va aboutir à la fin parce qu'on en sait rien parce qu'on ne sait pas. Mais c'est eux qui vont devoir inventer.
L'autre jour, je dis ça à des gens [grognement] à l'université à Kinshasa. Je dis le futur c'est vous. Bon, il se disent "Ouais, il dit ça pour nous faire plaisir et tout ça, mais non, il dit pas ça pour vous faire plaisir." La jeunesse du monde, elle est en Afrique aujourd'hui.
La moitié de la population qui a moins de 20 ans est en Afrique. Ils seront le quart de l'humanité d'ici la fin du siècle, 4 milliards et demi et en 2050, bon et cetera et cetera. Nous ici, c'est 25 % de notre jeunesse qui a moins de 20 ans.
Nous sommes des peuples vieillissants et quand on vieillit, il faut bien admettre que ça pousse pas à l'audace. Non, mais c'est une vérité humaine. Bah, on comprend pourquoi.
Si vous êtes personnellement affaibli ou plus dépendant de précautions qu'il faut prendre pour vivre, bah vous raisonnez pas comme un jeune qui est tout fou et il va si on va faire là. Bon bah puis dans tout ça, il y a des choses superbes et il y a que les feront. C'est la raison pour laquelle chers amis le débat qui va venir sur l'immigration encore un beau débat d'hypocrite parce qu'ils vont tous dire du mal des Arabes, des immigrés, des machins et tout ça.
Et qui c'est qui va bosser mes chéri ? Parce que pour payer les retraites, il faut que quelqu'un bosse. Et ouais.
Vous savez ce que fait le Canada là ? qui s'apprête à faire venir cette année, l'année prochaine et cetera jusqu'à 2026 4800 immigrés par an. Bah c'est tout.
Ils comprennent que pour que la société tourne, faut qu'il y ait du monde. On a besoin de monde, on a besoin de jeune. Ça aussi ça va valoir quelques j'en suis tout content.
Comme je suis plus député maintenant, j'ai pas appris à devoir m'expliquer dans l'hémicycle, mais je le ferai avec plaisir. La jeunesse du monde va inventer quelque chose d'autre. Elle sera obligée, pas parce qu'elle est plus intelligente, mais parce que le monde dans lequel elle a vécu va cesser d'exister.
Soit attend, on arrive à tourner, soit la civilisation humaine s'écroule petit à petit. Comment ça se passe l'écroulement ? Parce que les gens se figurent comme le mot révolution.
Le mot est toujours piégé. La révolution des fusils, le feu, ça les barricade. C'est pas comme ça que ça se passe.
Ça s'est jamais passé comme ça. Nous sommes actuellement dans un processus révolutionnaire. C'est la révolution citoyenne qui avance tout doucement, qui met en cause un après l'autre tous les piliers du régime dans lequel nous vivons.
C'est ça aussi je vais vous dire un mot. Mais bon, c'est pareil pour l'effondrement de la civilisation humaine. Comment ça se passe ?
Bah un coup, il y a du vent, plaf, tous les poteaux sont par terre, on y retourne t tous les retraités thérapliques, on remet les poteaux et tout la première fois. La deuxième fois, ah ben il y a moins de retraité tiens. La troisième fois, on fait ce qu'on peut hein, monsieur Mélenchon, on a fait du mieux qu'on pouvait.
La 4ème fois, ah ben si vous êtes pas content, vous avez qu'à vous payer une citerne pour avoir de l'eau puis un groupe électrogène parce que les gens fatiguent. Et puis d'ailleurs, il y a plus personne pour le faire parce que c'est le marché. La vision qui anime aujourd'hui ce qui dirige la société, c'est que le marché grâce à l'initiative individuelle va se déchaîner et régler tous les problèmes.
Par conséquent, il faut faire reculer l'État. Donc, ils ont effondré tout ce qui est étatique, l'éducation, la santé et cetera et cetera et cetera avec l'idée que magiquement le marché va venir derrière. Le budget de l'État, la caisse est vidée pas par les gens à qui on donne des sous, mais par les entreprises à qui on fait des fleurs.
L'État est mis en déficit. Rendez-vous compte le déficit du budget de la France, c'est je suis a 4 % 5 % de la richesse produite. Le fric qu'on laisse aux entreprises parce qu'on leur prend plus, pour qu'elles soient dynamique et et cetera, c'est 180 milliards, c'est plus de 8 % de la richesse du pays.
Autrement dit, si on rétablissait le niveau des impôts qui était celui du bolchevique léniniste, mahoïste Jacques Chirac, il y aurait plus de déficit. Mais oui, c'est parce qu'on a appauvri l'État volontairement que la situation est celle que nous connaissons et que tous les ans ils reviennent dire "Ah mais le déficit c'est terrible, c'est la dette des générations futures, blab bla bla bla bla bla, c'est la dette tant qu'on paye." Mais je passe sur ce pointl.
Mais voilà la vérité. Donc partout actuellement dans le monde, à l'exception d'un ou deux pays qui ont toujours un état et qui y tiennent mais qui le mettent au service de la production capitaliste de notre époque, et bien partout il désorganise les conditions de la résistance humaine à la catastrophe climatique qui s'avance. Et vous avez un très beau bouquin de Pablo Servin qui résume bien ça, celui qui s'appelle l'entrée de la nouvelle loi de la jangle.
Il découvre que dans la réalité tous les êtres vivants s'entrépaulent. Alors évidemment il y a des prédateurs, mais le prédateur la différence avec l'être humain, c'est que il s'arrête quand il a ventre plein. Pas l'être humain.
Et il montre comment les sociétés qui ne se seront pas préparées culturellement à l'entraide seront incapable. de faire face à la catastrophe. Dès lors, ça montre le primat du culturel, c'est-à-dire de la perception qu'on a de nous-même, de la manière de satisfaire nos besoins.
Quels sont ces besoins ? Qu'est-ce qui est essentiel et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Par conséquent, quand je vous ai parlé il y a un instant en disant la révolution que nous mettons à l'ordre du jour, du mode de production, de la manière de prendre sur la nature, c'est une révolution qui a un grand contenu culturel.
Nous ne changerons rien si nous ne changeons pas nos manières de vivre parce qu'il est impossible de continuer à vivre comme ça plus longtemps, trop longtemps, d'ors et déjà sur huit grandes limites que les scientifiques avaient posé de la bascule du système du vivant sur la planète. Sur h limites, il y en a déjà six de franchis. Et regardez bien qu'il y a un point sur lequel c'est pas le cas, c'est sur l'importance de la couche d'ozone.
Là, ça va, il y a de la marge. Pourquoi ? C'est le seul sujet sur lequel il y a eu un véritable accord international respecté par tout le monde, c'est-à-dire cesser de produire les gaz qui rongaient cette couche d'ozone.
C'est pas réparé, c'est pas fini. Il y a toujours des coins, vous pouvez pas rester comme ça sous le soleil parce que vous êtes mort. Mais pas tant que ça.
Autrement dit, la décision humaine est la clé. C'est à ça que je veux amener tout mon propos. Si la décision humaine et la clé, ça porte un nom, ça s'appelle la démocratie.
Mais la démocratie elle-même, elle a des conditions d'évolution. Vous pouvez décider ce que vous voulez si vous avez aucun moyen de le faire. Parlez.
J'ai vu des copains dans cette situation, des gouvernements amis avec des camarades. Ah ben ça, il décidait plein de choses, il y a personne pour le faire. Pas d'ouvriers spécialisés, pas de cadre intermédiaire, en sublime mépris de toute la société pour le travail et pensant que seul le travail intellectuel a une valeur et encore faut voir lequel.
Et après bah quand vous êtes devant le problème, mais voilà c'est tout, il y a personne pour le faire. Vous choisissez ou bien dans la famille vous prenez en charge tous les membres de la famille ou bien il y a des gens dont c'est le métier qui le font. Mais si vous mettez des gens pour le faire, faut les payer.
Et pour les payer, faut donc que on travaille tous et qu'on donne une code part, faut donc des impôts et cetera. Je fais pas l'injure de continuer mais la question clé est la démocratie en tant que véritable système de gestion collective nécessite des conditions. La première c'est la souveraineté.
La souveraineté, c'est la même chose que l'indépendance. C'estàdire, on commande et on fait et on fait parce qu'on peut faire et on peut faire parce qu'on est indépendant. Indépendant, souveraineté, marche ensemble et démocratie.
C'est trois aspects d'une même réalité politique et elle est la question clé. C'est pourquoi si je ne peux pas dire quelle est la société que nous allons faire. Je sais que c'est une société d'entraide et je sais une deuxième chose, c'est qu'elle est collectiviste.
C'est-à-dire qu'elle croit que le collectif est le bon échelon de réponse aux problèmes qui sont posés aux êtres humains, le collectif. Donc, j'ai pas peur de me dire collectif. Je sais bien, on va me dire "Oui, mais faut pas, tu vas faire peur, je m'en fous." Planification, c'était pareil.
Tout le monde était contre. Ah, ça rappelle l'Union Soviétique. Fallait que ce soit moi qui gueule en disant "Mais écoutez, qu'est-ce que vous racontez ? la planification, c'est pas l'Union Soviétique qui l'a invé, c'est Henry Ford.
Et puis après on l'a mis en place et puis maintenant vous avez un tas de gens comme celle-ci qui est là devant moi hein qui travaille dessus qui sont des gens jeunes qui leur problème c'est pas l'Union soviétique hein ni Henry Ford c'est comment on fait maintenant comment on s'y prend comment on s'arrange pour que le niveau soit bien articulé parce que tout peut pas se décider du dessus ensuite comment on évalue une réalité qui c'est qui le fait quel est le dernier mot sur le sujet hein tu l'as déjà fait ton expo oui c'est fait bon alors Donc je fais que répéter pour ceux qui étaient pas là, c'est une affaire de famille. [grognement] Bon, ça s'est fait dans le le stage de la voix ici. La planification écologique.
Pourquoi ? Parce qu'elle a pour but d'aboutir à un résultat. On ne peut plus prendre à la nature davantage que ce qu'elle est capable de reconstituer.
Mais nous devons dire dans quel délai parce que la formule règle verte, elle comporte quand même une petite dose d'incertitude qui est même très forte. Je sais bien, c'est moi qui a trouvé. Alors donc la formule, pas la le mot règle verte mais la formule on ne prend pas la nature plus que ce qu'elle peut reconstituer.
C'est parce qu'on me disait c'est quoi ton truc ? Je répondais parce qu'on faisait des campagnes électorales, faut expliquer. Mais après, je suis honnête, je me suis moi-même posé la question, qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire si je ne dis pas le délai ?
Et c'est en travaillant sur cette idée que j'ai fait une découverte pour moi qui est dans le bouquin, c'est que le véritable problème auquel nous sommes confrontés, c'est pas la nuisibilité en soi de telle ou telle production, c'est les dégâts qu'elle occasionne et le temps qu'il faut pour les réconstituer. Autrement dit, tout est une affaire de synchronie des rythmes et le capitalisme a créé son espace-temps dans lequel il y a le rythme que j'ai décrit tout à l'heure. Tout ça est un peu abstrait.
Je viens sur un truc très concret comme ça tout le monde comprend du premier coup. Il faut une seconde pour fabriquer un sac en plastique. Faut 4 siècles pour que le qu le sac en plastique se dissolve.
Autrement dit, nous sommes dans un choc des rythmes. C'est les rythmes qu'il s'agit de maîtriser. Et tout d'un coup, bing, la lumière s'allume parce que c'est vrai dans tous les domaines, y compris notre vie.
Quand nous rendons des rythmes synchrones, et ben vous pouvez aller au boulot, récupérer attendre vos gamins à l'école, rentrer à la maison, faire ce qu'il y a à faire et cetera. Si les rites ne sont pas synchrones, c'est l'enfer qui commence, la cavalcade. Donc de quoi on parle ?
Pas de la contradiction d'être père ou mère de famille et d'avoir un boulot. On parle du problème que pose le fait que les rythmes ne permettent pas d'assumer et qu'il y a donc un rythme qui est dominant, un temps qui est dominant et les autres qui sont dominés. Et le temps qui est dominant, c'est celui de la production.
Mais c'est le temps de la production aux conditions du capitalisme et du marché, c'est-à-dire le juste attend, le rythme du carnet de commande, les flux tendus, il y a plein de mots pour désigner ça. Et ce rythme là modifie toute la réalité, votre réalité de votre vie. Mais jusqu'à au très intimes.
Est-ce que vous savez qu'on dort 4h de moi qu'au début du siècle ? Voilà, la moyenne c'est 6h au lieu de 10. Et puis j'aime mieux vous dire que quand on lâche les gens, il y a des il y a des des il y a des expériences qui ont été faites deep time.
Je sais pas pourquoi ils disent ça en anglais, le temps profond tout ça. Bon, des gens vont dans une grotte et puis se mettent là et au bout d'un moment, vous apercevez que la perception qu'on a du temps est un fait social. C'est la relation que vous avez aux autres.
Mais fondamentalement, c'est le cycle du jour et de la nuit. Le cycle du jour et de la nuit, mais tout le monde s'en fout maintenant. Je veux dire tout le monde, ceux qui dirigent, c'est pas leur problème.
Les bateaux naviguent de nuit et jours pour amener les marchandises à temps et euh on travaille les 38, c'est revenu en force. Le nombre de gens qui travaillent la nuit, des paquets. Et la nuit, d'abord de quoi on parle ?
Où il y a de la nuit ? 25 % de l'humanité connaît pas le noir, ne vit jamais dans le noir. Un/4art de la planète est continuellement éclairé.
Bah vous voyez pas le ciel, vous voyez pas les étoiles. Alors bon, vous en passez parce que vous calculez plus pour planter vos patates suivant où se trouvent les étoiles dans le ciel parce qu'on a fait ça pendant des millénaires, hein. Mais c'est quand même les repères fondamentaux du livre sur lequel c'est construite l'esprit humain.
Ce choc des rythmes, c'est notre enjeu. Si nous attrapons la situation en main, il faudra l'attraper par cette questionlà. Il faudra qu'on ait des bureaux du temps qui organisent dans une ville, dans une région, dans un département et qui essaie de régler des absurdités les plus simples déjà pour commencer.
Si je prends une tâche qui est simple, qui a du contenu mais qui est plus simple, à quoi bon aller à 50 km si vous pouvez l'échanger avec quelqu'un qui fait la même chose à l'autre endroit ? Nous en région parisienne, on vit ça tout le temps. Les gens se tapent d' 1 heure 2h de transport.
Je disais tout à l'heure, le choc des rythmes modifie toutes les réalités. Je vous parle de votre réalité physique le jour, la nuit et cetera, mais la réalité physique en kilomètes. Je donne toujours cet exemple.
Quelle est la distance entre Massi, ville dont j'ai été conseiller général il y a longtemps et Paris ? Il y a une réponse 20 km virgule à vol d'oiseau. On n'est pas des oiseaux.
Pas de bol, on veul pas. Et ben alors, ça dépend quelle est la distance. 2h30 à 18h ou 1h et puis 25 minutes à 2h du matin.
Voilà quelle est la distance. La distance n'est plus kilométrique, elle est en temps de transport. Et c'est ce qui vous accable tous.
Car aujourd'hui, même si vous êtes où que vous soyez, vous ne faites pas plus de trajet chaque jour que d'en faisait vos parents et grands-parents et arrière-grands-parents en 1820. 4 par jour, c'est la moyenne, hein. Par contre, la distance que vous faites, elle est six fois plus élevée.
Voilà, tout est affaire de rythme et qui dirige le temps dirige les rythmes et dirige toute la vie de la société. C'est par ce boutl que nous on doit attraper. Alors la planification écologique, ça veut dire s'approprier collectivement le temps, opposer la maîtrise du temps long à la maîtrise au choc qu'il reçoit aujourd'hui sous les coûts du temps court qui est celui du capitalisme.
Le capitalisme, il fait ses échanges. Vous savez combien de temps ça dure la possession d'une action ? quand même le cœur du capitalisme, hein.
Et ben au début du siècle, c'était du siècle précédent, c'était 7 ans et puis ça s'est raccourci, raccourci, raccourci, raccourci, raccourci. Maintenant, c'est 1 an et ça dépend qui parce que ça c'est l'action pour certains mais pour les autres, c'est-à-dire pour les grandes entreprises financières, les fonds de pension et cetera. Vous savez combien de temps ça dure ?
Vous allez pas le croire. 22 [grognement] secondes. D'accord.
Tant moyen de possession d'une action par ces énormes émetteurs de décision économique énorme. Ils échangent des milliers de milliards de dollars continuellement. C'est 22 secondes.
Vous êtes donc sous l'emprise d'un système politique global qui vous qui vous qui vous englobe, hein, qui vous prend dans tous les aspects dont le cœur bat à 22 secondes. Voilà la vérité. Voilà la situation dans laquelle nous somms.
Et maintenant, c'est des machines qui le font. Il y a même plus d'êtres humain. Les machines qui échant de temps à ça se plante, ils arrêtent tout.
On respire [grognement] et hop, on relance. Voilà. Et ce système fonctionne.
Il est donc hors de portée de la délibération collective. Il repose sur l'idée qu'il ne doit pas y avoir de frein à son mouvement spontané. Le marché doit pouvoir fonctionner spontanément.
C'est une illusion. C'est un mythe. C'est la transposition de superstition venue du passé transformée en règles soi-disant économiques.
Ce n'est pas une loi de la nature, ça n'existe pas. Le marché est né à un endroit bien précis en même temps que le patriarcat quand les villes se sont constituées parce que ça valait le coup de produire plus que pour soi-même puisqu'il y avait un endroit où on pouvait aller échanger avec les autres le marché. Mais entre échanger des patates, des instruments et cetera et faire vivre toute la société, il y a une marge.
C'est donc une illusion. Ça n'existe pas. La décision informée prise par quelqu'un.
Je vais prendre l'exemple tout bête. Si vous allez acheter des sardines en boîte, peut-être qu'à un bout de Strasbourg, elle valent tel prix, à l'autre bout, vous allez pas faire la distance pour aller en vous disant tiens, je suis au courant que là-bas les sardines valent moins cher. Tout ça a pas de sens.
Par conséquent, le collectivisme est la réponse à ça. Je vous dis pas la réponse parfaite, mais au moins, on saura ce qu'on fait et dans quelle direction on va. Voilà pourquoi collectivisme égale démocratie.
Et collectivisme et pas de démocratie, ça donne la même chose que le marché est pas de contrôle. Mais ça vous décrit le fond de l'affaire. Le libéralisme lui est antidémocratique contrairement à l'apparence parce que quand on entend libéralisme liberté liberté de quoi ?
Du commerce. Oui, mais à quel prix ? Il ne faut pas qu'il y ait de règles pour que plus la situation est fluide, plus le marché va réaliser le miracle de l'harmonie entre la demande et l'offre.
Voilà la vision mythique d'après laquelle s'organise leurs pensées. Donc il désorganis tout ce qu'il y a de collectif en espérant que vienne la relève du privé. Il vous tue le système de santé en disant bah il finiront par aller à la clinique privée.
Puis il y en aura peut-être une autre sauf que ça se produit pas. On détruit l'école. Bah vous finirez avec on vous met un bon coup là de comment il s'appelle ?
Parcours sup. Un bon coup de parcours sup. Si tout le monde est pas dégoûté hein.
Toi tu es là en famille, on fait 10 demandes. Donc déjà tu apprends à mentir neuf. Bah oui, je peux pas dire je rêve d'être sociologue.
Tu tournes la page. Je rêve d'être chimiste. Mon ambition suprême dans la vie est d'être médecin ou médecin.
Donc neuf fois tu ms en famille, hein, parce qu'on en discute tous. Qu'est-ce qu'on va mettre ? Qu'est-ce qu'on dit ?
Voilà. Et à la fin, évidemment, en réalité, tu rêves bien de quelque chose. Je voudrais être un je sais pas moi, allez chimiste.
Ça tombe bien, il y a une place en art plastique. C'est pas ça que je voulais faire moi. Ah ben tant pis pour toi, tu fais ça ou tu vas te faire voir.
Qu'est-ce que tu fais ? C'est ton gosse, tu vas pas lui dire non, tu le fais pas. Alors on regarde c'est quoi l'offre privée.
Voilà. Aller [grognement] au salon de l'éducation, devant les boîtes privées, derrière le service public. C'est comme ça que ça se passe.
Ils espèrent tous que le marché va prendre la relève et à ce moment-là chacun fera évidemment selon ses moyens. Par conséquent, un, il faut qu'ils empêchent la régulation. De il faut qu'ils organisent la discrimination.
C'est-à-dire tu as rien mais en plus tu la fermes. Et c'est ça qu'on vit. Nous sommes dans cette situation là.
Jamais la France n'a vécu dans un état pareil. Nous, on est spécialiste à ne pas savoir régler nos problèmes. En 1958, pour régler le problème de la décolonisation, il y a fallu tout ce que vous savez et à la sortie une constitution qui réduisait considérablement le rôle du parlement.
Mais alors, on a tous été dans les rues avec les pancartes, altofascisme et cetera et puis de gaul et de gaul là. Bon, on ait pas que tort, j'y étais pas. Si j'y étais un peu, on avait on avait beaucoup tort quand même.
Non mais aujourd'hui, il fait figure de démocrates et chevelés à côté de ce qui se passe dans ce pays en ce moment. Imaginez-vous, un type tout seul décide que vous allez travailler tous 2 ans de plus. Ça n'a jamais été voté nulle part. 493, on en est au 15e là.
Autrement dit, un article de la Constitution qui était prévu pour faire peur et tenir en rang les majorités. sert maintenant à que une personne gouverne toute seule parce que vous présentez une loi, vous pouvez mettre dedans, nous verrons par ordonnant ceci et cela et cela et cela et cela et ça vous donne à la sortie, vous voulez pas très bien 493. Mais qu'est-ce qui est écrit dans la loi ?
Ben rien. Qu' aura des ordonnances. Qui c'est qui lui fait les ordonnances ?
Lui tout seul là-haut avec ses mecs qui viennent. Vous on fait c on fait là. Voilà comment ça se passe.
Autrement dit, le système institutionnel, l'organisation constitutionnelle de la démocratie est mise au service d'une vision idéologique absurde qui est tout dérégulé et ils vont au cœur de ce qu'est leur système. Pas de régulation. Ne vous en mêlez pas, ne prenez pas de décision.
N'organisez pas. Si le glyphosate permet qu'il ait pas d'herbe aller arracher à la main, monsieur Mélenchon, vous avez qu' arracher vous-même. On me l'a dit.
Alors, vous me donnez à choisir entre aller arracher et ça suffira pas ou être empoisonné. Je préfère aller arracher. Voilà.
Allez, on y va. Qu'est-ce que vous racontez ? Qu'est-ce que c'est que cette manière de parler aux gens ?
Qu'est-ce que c'est que cette manière de nous prendre tous le temps pour des imbéciles ? Comme si on ne savait pas. Vous êtes empoisonné. toute la salle. 99 % des cours d'eau de ce pays ont du glyphosate dedans.
Et quand le glyphosate se dissou, il produit des matériaux encore plus mortels que le glyphosate. Vous êtes tous contaminés, 90 % d'entre vous. Et on va rien dire, rien faire.
Et on vous a enrobé, entortillé. Oui, nous allons en parler à l'Europe qui a décidé qu'on verra si dans 5 ans par hasard on va pas interdire. 5 ans après.
Ah ben justement, on n'interdit pas. Voilà. Et pendant 5 ans, vous avez rien à dire.
Puisque c'est en train de se discuter, vous allez pas pleurer quand même. Non, on discute bande de sauvage. Voilà comment on nous parle, voilà comment on nous traite.
Mais le but est toujours le même. Pas de régulation collective. C'est ça pourquoi le système libéral qui est l'organisation politique actuelle du capitalisme qui a été inventé surtout par les Allemands, ça s'appelle l'ordolibéralisme.
L'économie n'a rien à voir avec la politique. Foutez-nous la paix, vous en mêlez pas. Ce qui compte, c'est que le libre marché et la main invisible mettent de l'ordre.
Voilà ce qu'ils ont et voilà comment nos sociétés sont organisées. Et à chaque fois qu'il s'agit de franchir une difficulté, nous les Français, nous n'avons pas su le faire. Nous n'avons pas su décoloniser sans en passer par une tentative de coup d'état par des généraux félons et l'instauration d'une démoc d'une d'une constitution fort rude et fort raide.
Quand nous avons intégré notre pays à l'Union européenne, nous n'avons pas su régler le problème. On a voté, on a voté. Non.
Et les gens nous ont dit, "On a bien compris, c'est oui." Et ils sont allés voter à Versailles que c'était oui. Et on a revoté le traité tel qu'il tel qu'il avait été soumis au vote du suffrage universel, découpé et assemblé autrement.
Ça c'est Giscard destin qui l'avait dit à l'époque. Et ça s'est appliqué donc de force. Alors, on nous dit comme monsieur Delor avait dit, 80 % des lois viendront de l'Europe.
Alors, tout le monde aura retenu que c'était 80 %. J'ai vu, j'ai consulté hein, on dit "Non, non, non, c'est totalement exagéré, c'est pas vrai, c'est 20 %." Ah bon ?
Et 20 % on trouvait ça normal ? Personne en a jamais discuté nulle part. Où on discute de tout ça ?
Ça existe pas. C'est pas le Parlement européen qui décide, c'est le Conseil et la présidente de la commission avec les commissaires. Donc tout a été mis en place pour que il n'y ait pas la délibération politique pour dépolitiser.
Et d'ailleurs dans la vie politique aussi ils font ce travail, ils psychologisent. Vous comprenez le problème avec moi ? C'est pas mes idées, c'est mon caractère, c'est les gens que je fréquente.
C'est ma manière de mettre ou pas une cravate. Ma manière de parler dans l'hémicycle. Je dis jeu mais c'est vrai pour lui qu' a pas de cravate.
B Fernandur mais pas la cravatte le dimanche. Bon voilà mais dites-vous bien quand vous entendez ça que c'est une démarche politique que de tout psychologiser parce qu'on retire le contenu. Peut-être qu'il y est sans cravat mais qu'est-ce qu'il raconte ?
Qu'est-ce qu'il propose ? Ah ben vous le saurez pas. Vous savez pas le sujet.
Le sujet c'est sa cravate et c'est comme ça que le travail est fait contre nous. À la fin ça termine sur moi. Les tweets de Malanchon sont insupportables.
Très bien. Lequel ? Euh ils savent pas.
Il se rappellent pas. Ils savent pas mais c'est passé. Oui.
Il commande tout seul à tout et à tout le monde. Voilà. Et puis après on descend comme ça à Font tous au garde à vous et après on continue la nupesse.
Donc la manière de psychologiser est encore une manière de dépolitiser. Le but des néolibéraux est de tout dépolitiser. C'est dans ce contexte qu'intervient parce que là j'ai dit chemin al 493 mais c'est pas tout hein.
Alors vous avez les lois antiterroristes. Qui c'est qui est pour le terrorisme dans cette salle ? personne.
Donc ça tombe bien, la loi est bonne. Évidemment, elle s'applique pas à des terroristes mais bon c'est comme ça. Elle s'applique aux écolos, à Bur contre les bassines.
C'est les lois antiterroristes qui sont appliquées. Et puis d'ailleurs, ça permet aussi dealler chercher un CGT à 6h du matin chez lui en slip, hein, parce qu'il fait apologie du terrorisme malheureux. Il a fait un track pour dire qu'il était pas d'accord avec le bombardement de Gaza.
On en est là. Pour ça, je vous disais tout à l'heure tout ce qu'on a pu raconter sur de Gaul, on est en mieux fait de se le garder pour nous parce que c'est pas ça qui se passait et c'est ça qui se passe et on finit par trouver ça normal. et 32 éborniers. 1, vous pouvez dire c'est une erreur.
Il faudrait faire attention mais 32 c'était une méthode. C fois plus de morts que dans le passé un tué par la police en Allemagne en 20 ans et nous alors moi j'ai commencé par dire ça peut plus durer tout le monde s'en fout. J'ai dit la police tu pourquoi ? parce qu'on a abattu une gamine déjà.
On a battu le chauffeur puis il y avait la petite jeune qui était à côté et qu'on visait pas celle-là. Pourquoi il lui a tiré dessus ? Pourquoi ?
Moi, j'ai ma réponse. C'est parce qu'il a pas vu un être humain. Il a eu autre chose.
Peut-être à cause de sa couleur de peau, je sais pas. Mais il a tiré, il l'a tué. 21 ans, gosse unique.
Donc moi, j'ai dit la police tue. Qu'est-ce que le problème ? plus la fille, c'était moi.
Moi qui avais dit ça et ben je le retire pas. Et moi je suis partisan d'une police républicaine. Écoutez-moi, [applaudissements] je sais qu'il y en a parmi vous qui se disent "Il exagère, il devrait s'y prendre autrement.
Je veux bien m'y prendre autrement mais ça sert à rien. Il ne faut pas avoir peur de la difficulté ni du conflit parce que c'est le conflit qui fait réfléchir et discuter. Si vous caressez tout le monde dans le sens du poil, si vous dites oui tout le temps ou si vous regardez ailleurs, alors rien ne changera, rien ne bougera.
Et moi, je n'accepte pas qu'on abatte une gamine de 21 ans juste parce qu'elle est dans la bagnole avec un mec qu'on peut pas blairer. Je ne suis pas d'accord. [applaudissements] Si je le dis pas moi, qui va le dire ?
Vous ? Bien sûr, vous allez le dire. Bien sûr que vous allez le dire, mais moi, vous m'avez fait l'honneur de me confier un porte-voie extraordinaire.
Vous m'avez donné 4 millions de voix la première fois, presque 8 millions la dernière. J'ai un devoir à votre égard. Vous saviez très bien pour qui vous votiez.
Si vous voulez pas voter pour moi, il y a qu'à pas le faire. Mais vous l'avez fait et moi j'ai pas changé. Et je le dis pour chaque insoumis.
Pour celui-ci qui a l'air plus modéré que moi mais qui l'est pas du tout. [rires] C'est pas parce que il est plus gentil et aimable. Je le connais depuis qu'il a 20 ans.
Alors c'est dire. Moi, je peux en parler de lui. C'est un homme déterminé comme le sont tous mes camarades, comme les Mathiles, comme ils sont tous, hommes et femmes.
Si vous n'avez pas ces gens-là, vous n'avez rien et vous ne pourrez pas changer le monde. Si nous changeons notre pays, nous changerons le monde. Voilà par étape comment on s'y prend.
Alors, on y va, on avance. Je pas il y a peut-être des gens qui viennent ici pour la première fois pour voir, hein, et puis pour entendre, puis ça va gamberger et puis chacun d'entre nous fait le travail. C'est tout ça quand j'ai dit faites mieux, c'était pas une compétition.
C'est pour dire il faut qu'on fasse mieux avec ce monde que ce qu'on a fait nous. Je me suis un peu chargé la mule en disant notre génération est arrivé à rien. C'est pas faute d'avoir essayé mais on n est pas arrivé donc c'est vous.
Si vous faites pas mieux, ça sera fini pour tout le monde. Mais tout ça comme je vous l'ai décrit, un logiciel épuisé, celui des néolibéraux. Mais j'ai oublié les bons amis, mes camarades socialistes.
Il paraît qu'ils sont-émocrates. Pourquoi pas ? Attendez, rigolez pas.
Ils ont le droit. D'autres disent qu'ils sont communistes. J'ai pas compris en quoi consiste leur communisme.
Mais non, mais attendez, on a aussi le droit de poser la question. Je me rappelle du congrès du Parti communiste où il a été dit le parti communiste a pris en charge la révolution citoyenne. C'est écrit là-dessus. la révolution citoyenne.
Moi, je vous la décris là-dedans. Dans 20 pays, j'explique comment ça se passe, les étapes par lesquelles ça passe. Premier temps, on s'institue le peuple actif.
Deuxè temps, on dit ceux qui sont au pouvoir, on va les dehors. 3è temps, on constitue un nouveau pouvoir. Je décris dans 20 pays différents les étapes, les protagonistes qui qui rentre dans la danse, comment les luttes écologiques préparent les mentalités pour l'action collective, comment la participation des femmes est l'indicateur de la radicalité le plus important qu'on est.
Quand elles y sont, tout est perdu. C'est pas la peine d'essayer de résister. Je j'exagère, je plaisante, mais vous comprenez ce que je veux dire.
Pourquoi ? Parce que dans la répartition des rôles sociaux, c'est elles qui tiennent la ligne de cohésion. C'est pas une affaire de genre, c'est une affaire d'attribution sociale.
Évidemment, ça à voir avec le genre pour toutes les raisons que vous connaissez du patriarcat et ainsi de suite. Chaque chose est décrite, montrée. À la fin, quand j'ai eu terminé, je me suis dit mais moi j'ai bossé pour la police ou la CIA, faut qu'il sache comment faire pour nous empêcher d'y arriver, hein.
Mais j'ai étudié ces choses-là et notamment la manière avec laquelle ça fonctionnait. la manière avec laquelle ça fonctionnait avec les les réseaux sociaux. Donc le peuple est acteur, les gens ont des positions politiques.
En quoi répondent-elles au problèmes posés ? Vous dites que vous êtes social-démocrate. Parfait, je l'entends.
Je connais l'histoire de la social-démocratie. Je vais pas avoir avec vous la discussion de savoir si c'est le réformisme ou la révolution. Quel mieux, c'est pas le sujet.
Je veux juste vous dire une chose, votre logiciel peut le à la poubelle, il ne sert à rien. Pourquoi ? Parce que dans le projet social démocrate, on répartit différemment, inégalitairement la richesse produite pour corriger les inégalités.
Et à la fin, tout le monde est content parce que c'est égal. Il y a qu'un problème, c'est que pour faire ça, faut une croissance sans fin. Bah oui, sinon vous pouvez pas partager les fruits de la croissance différemment.
On a bien dit les fruits de la croissance. Voilà. Donc ça ne sert à rien.
Si vous faites ça, vous aggraverez tout. Vous ne changerez pas les mœurs. Or, il faut changer les mœurs.
Et cetera et cetera. Les libéraux ne nous valent rien parce qu'ils veulent nous empêcher la délibération collective. Le programme social-démocrate ne nous vaut rien pour la raison qu'il se propose de continuer la cause centrale de la catastrophe qui avance.
Ils le font avec bonne volonté mais c'est une erreur. On a quand même aussi la possibilité de le dire et ce n'est pas ce qu'on nous raconte de notre contradiction. C'est pas parce que nous nous sommes des révolutionnaires.
Oui, nous le sommes au sens que je viens de vous décrire. Mais c'est pas ça le sujet. Le sujet c'est que un logiciel fonctionne et pas l'autre.
Et après, il nous reste aussi nos amis qui sont membres de Europe écologie les vers. Alors, nous partageons avec eux la compréhension de la limite qui a été atteinte par le productivisme. Mais le productivisme, il tombe pas du ciel.
Il y a une cause profonde, ça s'appelle le capitalisme. Par conséquent, si vous voulez faire de l'écologie sans être anticapitaliste, faites du jardinage et appeler ça de l'écologie. Mais ce n'est pas de l'écologie.
Il y a pas d'écologie politique possible en dehors d'une action anticapitaliste déterminée. Et quand je dis une action anticapitaliste déterminée, c'est mettre des règles, ramener des règles. Alors [applaudissements] moi, je crois que dans la jeune génération, c'est compris. la preuve la moitié a voté pour le plus vieux des candidats.
Donc c'était pas une affaire d'âge. Ça veut dire que ça gamberge, ça réfléchit, ça pense hein. Donc je crois qu'on peut se faire comprendre.
Bien sûr que le niveau d'exigence est élevé, mais qu'est-ce que vous voulez faire d'autre ? Faire quoi ? On va revenir pour faire quoi ?
Pour rallonger l'âge de la retraite à 65, à 67, à 68. Le fondamental de la pensée qui est la nôtre, c'est l'être humain, sa libération, des contraintes qui pèsent. Celle qui s'est collé tout seul dans le crâne par ses préjugés, élever son niveau de culture.
Celle qui s'est mis toute seule dans le crâne parce qu'il sait pas, il écoute pas la musique. Il sait pas comment comment on fait avec tout ça. Et puis celles qui sont dans la société.
C'est pourquoi la formule à la fin, j'ai dit on sait pas quel type de société on va faire mais on sait en quoi on veut arriver. Ça c'est déjà mieux hein. Concrètement, on a dit c'est l'harmonie des êtres humains entre eux.
Harmonie veut dire que nous sommes dans une situation où on se comprend, on échange. Je ne suis pas séparé de l'autre par le racisme. Je ne suis pas séparé de l'autre parce que un homme et une femme, c'est pas comme c'est pas pareil, alors bon, tu as qu'à faire ce que tu as à faire et moi je fais ce que j'ai à faire.
C'est-à-dire des gens enfermés dans un rôle sans créativité humaine possible, harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature, c'est-à-dire mettre les cycles en correspondance. L'harmonie dont nous nous réclamons à avoir bien sûr avec la poésie. La poésie est une bonne chose importante qui peut même être décisive mais elle décrit quelque chose d'extrêmement concret.
C'est la manière avec laquelle les rythmes sont rendus synchrones. la possibilité de vivre ensemble que ce soit par le fait d'échanger ou de vivre ensemble tout simplement. Voilà quel est le projet politique dans le bouquin.
Vous verrez si vous si vous le lisez si vous avez la patience. C'est un excellent somnifère sinon et puis vous avez qu'à regarder la taille pour caler votre armoire. Peut-être que c'est bon.
J'espère je blague je sais que vous je sais que vous le lirez. J'ai beaucoup de travail et d'une manière ou d'une autre, c'est un bilan politique théorique sur bien des choses que j'ai pu faire comme d'autres dans cette salle he pendant des années. Beaucoup de sujets sont touchés.
Je vais finir là maintenant sur celui qui pour moi dans le moment est la la chose qui m'a le plus impressionné. Vous savez que j'ai été prof, j'ai été journaliste, j'ai été parlementaire. parlementaire.
Ce qu'il y a de génial, c'est que vous occupez d'un tas de trucs complètement différents. Vous az jamais le temps de vous ennuyer. On passe d'un truc à l'autre.
Bon, pour ceux qui ont l'esprit comme ça, c'est une grande joie. Moi, j'ai eu la chance de tout ça, plus d'avoir tiré le bon numéro du code génétique. Donc, ça va, je suis pas trop abîmé et je vais je vais ma vie.
Évidemment, les choses se précisent à mes yeux. Vous voyez, au début quand je travaillais sur cette histoire de nombre, je me disais bon, c'est pas tout d'avoir écrit ça, maintenant faut le prouver. Donc je me suis mis à chercher et je cherchais dans plein de domaines.
Par exemple, le savoir. Quel rapport il y a entre le savoir et le nombre ? Ben je trouve la réponse, oui, plus on est nombreux, plus on trouve.
Et l'accès au savoir devient donc moi je suis de l'école de la philosophie matérialiste. Le matérialiste ça veut pas dire l'amour des biens matériels. Les relations sociales réelles.
Et la première fois qu'on a pu accéder au savoir du passé librement, c'est quand on a inventé l'imprimerie. C'est incroyable parce que ces 1500 et des choses là et même pas 50 ans après, il y avait déjà 20 millions de bouquins d'imprimés. C'est ça prouve qu'il y avait de quoi et à ce moment-là on a vaincu la barrière du temps.
On avait plus besoin de la tradition orale. Bon je raconte l'histoire du gars là qui s'était fait tous les points sur le corps là. Les points d'acupuncture, il les ait tout piqué.
Bon on retrouve son cadavre 5000 ans après et on savait à peu près comment il s'organisait. Le mec c'était un bouquin pour lui-même. Mais c'est c'est pour montrer que les êtres humains ont toujours essayé de prolonger leur savoir en indiquant.
Et nous ce qui nous arrive avec le numérique, c'est que tout le savoir humain est en train de se numériser. Déjà, vous avez une interface obligatoire. Vous êtes obligé d'apprendre à lire et à écrire.
Les malheureux qui n'arrivent pas à lire. Donc ça veut dire que la tâche de l'éducation et de l'alphabétisation reste essentielle. Mais l'accès numérique, il vient de franchir une étape inouie.
C'est ce cher chat GPT. C'est-à-dire alors ils appellent ça intelligence artificielle, ils me font marrer parce que comme ils ont pas fait de philo, il y en a pas un qui s'est demandé en quoi consistait l'intelligence. Vous posez une question, répond, prennent ça pour de l'intelligence.
Bah non, la réponse peut être complètement stupide, c'est pas un signe d'intelligence. Et puis un de mes jeunes camarades m'a dit "Non, non mais c'est pas ça. Ça dit ce qui est vraisemblable, ça dit pas la vérité.
C'est pour ça qu'on critique." Je dis "Ah bon ? Parce que toi tu sais où est la vérité ?
Ça fait un moment qu'on cherche he comment on a la garantie. Donc arrêtez de tout critiquer. Bien sûr que c'est un problème.
Bien sûr que le capitalisme est en train de mettre des verroux. Vous ne pourrez accéder au savoir que si vous payez ceci, vous payez cela. Bien sûr que l'outil vous transforme la tête.
C'est-à-dire que quand vous faites ça, bah vous lisez pas. Pendant ce temps-là, votre attention est captée. Vous prenez des habitudes de faire comme ça pour suivre l'histoire suivante, le message suivant.
Donc vous êtes transformé par l'outil que vous utilisez. Bien sûr que la numérisation est en train de vous transformer comme elle m'a transformé, mais ce qui reste c'est l'accès et donc faut plutôt que de couiner contre "Ah mon dieu, il va se passer c, il va se passer là." Non, regardons comment ça marche.
Chat GPT, elle a un gros problème. Elle est anglophone, elle pense, si j'ose dire, en anglais. On lui apprend en anglais et après elle traduit.
Et ben nous, on l'a inventé. Nous les français, on est toujours géniaux pour les trucs qui coûtent rien. Il faut juste réfléchir.
Alors, il y a un système français, il s'appelle Blom. Alors, notre président de la République est pas au courant. Il s'en va à un salon de je sais pas quoi.
Il dit "Oui, les start-up doivent s'occuper de créer une base d'intelligence artificielle." Bah oui, mon grand, mais ça existe déjà. C'est le CNRS qui a mis ça au point avec le plus gros calculateur qu'on a.
Il est là-haut sur le plateau de sa clé où on a une énorme machine qui est là. On en a une deuxième qui est là-bas à Toulouse, hein. Bon, et cette machine, qu'est-ce qu'elle fait de différent ?
Et ben, elle apprend en 46 langues différentes. 46 langues = 46 grammaire = 46 syntaxes é= 46 manières de voir la réalité. Car chaque langue porte une manière de voir la réalité.
Le vocabulaire décrit la réalité ou l'a fait cesser d'exister. 25 noms pour décrire l'état de la neige quand vous êtes un Lapon, creusez-vous. Si vous en trouvez plus de cinq déjà, vous pouvez vous donner une médaille en chocolat.
C'est important. Les mots permettent de maîtriser les choses qu'il désignent. Le bouquin de Garcia Marquez qui s'appelle 100 ans de solitude, ça commence par ça.
On est en train de fusiller le gars et il dit "Ah, je viens mourir." Il paraît qu'on rembobine le film à ce moment-là. Et il dit "Ah bah moi au début ouais.
Ah bah au début les choses étaient tellement nouvelles qu'on avait pas de mots pour les nommer. Il fallait les désigner, il fallait les montrer du doigt, hein. Si vous avez le mot, pas besoin de montrer du doigt, vous pouvez penser, articuler.
Donc cette énorme culture numérique commune à laquelle nous allons pouvoir accéder transforme la condition humaine. Mais attention, la manière de l'utiliser va changer votre cervelle pour commencer. Donc il faut toujours être dans un rapport critique mais pas dans un rapport apeuré.
Vous ne pouvez rien contre ça hein. Mais après voilà maintenant vraiment le mot de la fin. Nous on a un alors j'ai appelé ça la créolisation.
Ils ont tous gueulé. Zemour a dit que c'était le grand remplacement mais que Mélenchon était content. Moi je demande pas mieux que d'être remplacé.
Ça dépend par qui hein. Bon mais de toute façon vous comprenez ce que je veux dire. La créolisation c'est quelque chose de fondamentalement humain.
C'est ce qu'il y a de plus humain dans l'humanité. Ces pauvres gens qu'on avait arraché par l'esclavage, on les amène à l'autre bout du monde. Ils peuvent même pas se parler entre eux.
Ils ont inventé une langue pour se parler entre eux, c'est-à-dire pour pouvoir être humain. Le processus de créolisation qui est un processus qui fait jaillir du neuf. On sait pas comment.
C'est un mot, c'est une recette de cuisine, c'est une manière de s'habiller, c'est un goût, c'est une esthétique, c'est l'imprévu, c'est l'humain. Voilà la chose poétique. Le mot poésie, ça veut dire créer.
L'énorme avantage qu'on a avec ce qu'on a là sous les cheveux qui est gris là, c'est qu'on crée avec ça, on fabrique, on assimile des choses qui avant n'étaient pas liées l'une à l'autre. Et bien ça, cette créolisation, nous avons un espace nous autres pour la réaliser. C'est la langue commune qui est la langue française.
Ne vous laissez pas dire comme j'ai entendu à nouveau Macron allit raconter ça là-bas à Viller Cré, la langue de notre trésor précieux. Oui. Oui, on est tous d'accord, c'est un trésor précieux.
Qui c'est qui le garde ? L'académie. Très bien, on est content.
Mais ça doit pas empêcher la création parce que depuis le début c'est une invention politique la langue française. C'est un roi qui décide qu'on va parler le patoi d'embout de la région parisienne. Et comme il manquait de mots les poètes de cours ont dit il faut vite en trouver parce qu'on sait pas parler.
Donc on a qu'à prendre dans le grec, on a qu'à prendre dans le latin. Résultat vous avez tout dans la langue française. Et ben c'est formidable.
Tant mieux que c'est comme ça parce que ça va continuer où vous croyez et à qui appartient la langue française. À ceux qui la parlent. Point barre.
Et ceux qui la parlent, ils sont 110 millions en République démocratique du Congo que vous êtes que 68 millions. Alors ou vous vous dites je m'en fous ou bien vous dites waouh quelle chance on a. Ça veut dire des milliers de gens qui se met là qui vont échanger et la jeune génération qui arrive et qui ils échangent, ils disent ils changent tout change.
Tout est plus beau, tout est plus créé, plus élaboré. C'est donc une chance extraordinaire qu'on a. 700 millions de personnes vont parler notre langue si on fait pas les imbéciles.
C'est-à-dire si on arrête de fermer les instituts français dans le monde, si on arrête de supprimer tous les moyens par lesquels, si on arrête d'empêcher les étudiants de venir dans notre pays. Parce qu'à quoi ça sert d'apprendre la langue d'un autre pays ou du sien ? Parce que le français, la langue officielle de la République démocratique du Congo et de 29 pays.
La langue française n'est pas la propriété du peuple français. Elle est la propriété de tous ceux qui parlent dans cette langue. Si on pouvait lui trouver un autre nom que français, ce serait parfait.
La langue commune. Voilà, c'est un immense acquis pour nous. Et si on le comprend pour le français, alors on le comprend pour tout le reste.
À savoir que accéder à tout le savoir disponible dans le monde en posant des questions à une interface numérique, c'est peut-être une occasion extraordinaire de créer. Mais pour ça, il faut mettre au cœur la solidarité, l'entraide, la création, la poésie, les arts, pas le fric. Point final. [applaudissements] Uh.
Jean-Luc Mélenchon