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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 7 décembre 2021 26 min

Gabriel Attal : "on va ajouter 8 millions de créneaux" pour la vaccination anti Covid

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 le porte-parole du gouvernement. Vous pourrez dialoguer avec lui au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour et bienvenue Gabriel Attal. Bonjour. Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran ont donc annoncé hier soir les décisions prises au terme du Conseil de Défense, des mesures pour l'école, incitation au télétravail, à la vaccination. On va y venir en détail.

Donc, même si la cinquième vague est fulgurante, pour reprendre le mot que vous avez employé, elle n'appelle pas de durcissement général des contraintes sanitaires. Pour le dire autrement, Gabriel Attal, à quoi a servi cette conférence de presse ?

0:51
Gabriel Attal

A renforcer nos mesures de vigilance face à une cinquième vague qui, c'est vrai, a démarré de manière fulgurante. On a aujourd'hui un taux d'incidence qui est assez largement au-dessus des 400 pour 100 000 habitants. On a dépassé le niveau qu'on a connu dans la quatrième vague cet été, dans la troisième vague au printemps. Et on approche maintenant du niveau qu'on a connu dans la deuxième vague il y a un an.

1:12
Présentateur

Mais est-ce qu'elle est toujours fulgurante ce matin, l'épidémie ? Est-ce que vous employez toujours ce mot ?

1:17
Gabriel Attal

Ce qu'on constate depuis quelques jours, c'est peut-être le début d'un ralentissement de la progression de l'épidémie. Donc vous voyez que je mets quand même beaucoup de réserve.

1:27
Présentateur

Beaucoup de réserve, mais c'est vrai que, pardonnez-moi de vous poser la question, parce que c'est vrai que quand on regarde sur les six derniers jours, il n'y a pas d'augmentation du nombre de contaminations. Est-ce qu'on n'est pas sur un plateau ? Non. Ce qui voudrait dire, est-ce qu'on n'est pas déjà arrivé au pic ?

1:42
Gabriel Attal

Non, alors pour le coup, il y a toujours une augmentation, une augmentation forte. Mais si vous regardez, il y a quelques jours, le rythme de croissance, c'était une augmentation de 60% par semaine. Et là, on est passé à 40%. Donc on espère y voir le début de résultats, des efforts que consentent les Français depuis maintenant plusieurs semaines.

2:00
Présentateur

Mais est-ce qu'on pourrait avoir passé le pic déjà ?

2:02
Gabriel Attal

Non, je ne crois pas du tout. Non, on n'a certainement pas passé le pic, puisque l'épidémie continue à progresser, elle continue à gagner du terrain. Et elle gagne du terrain rapidement. Même une augmentation de 40 ou 50%, ça reste extrêmement rapide et extrêmement fort. Mais ce qui est certain, c'est que les Français ont fait beaucoup d'efforts depuis le début de cette épidémie. Que ces dernières semaines, on a eu l'occasion d'annoncer des nouvelles mesures pour accélérer la campagne de rappel, d'appeler à une très grande vigilance. Et ce qu'on espère, c'est qu'on commence à constater les effets de ces efforts. Mais il faut continuer, il faut renforcer nos efforts aussi.

Et c'est pour ça que le Premier ministre a annoncé ces mesures sur l'école, sur le télétravail, sur la vaccination.

2:37
Présentateur

Mais à quel moment visagez-vous le pic, si on ne l'a pas atteint ?

2:41
Gabriel Attal

Moi, pour le coup, je ne suis pas épidémiologiste.

2:42
Présentateur

J'imagine que vous avez des hypothèses de travail ?

2:45
Gabriel Attal

Non, pour le coup, je ne suis pas épidémiologiste scientifique. Ce qui est certain, c'est que ça continue à monter, que ça continue à monter aussi à l'hôpital, que ça va continuer à monter à l'hôpital parce que vous savez qu'il y a un décalage. À date, je n'ai pas de nouvelle modélisation que celle de l'Institut Pasteur qui estime qu'il y aura 3000 patients Covid hospitalisés en réanimation au 12 décembre. Ce qui est beaucoup, je le rappelle, dans un contexte où vous avez une grippe qui démarre, où vous avez une épidémie de bronchiolite, et puis des traumas saisonniers, entre guillemets, qui évidemment nécessitent des hospitalisations. Donc, il faut poursuivre nos efforts.

Alors, si on constate un ralentissement de la croissance de l'épidémie, ça montre que nos efforts payent et donc ça montre qu'il faut poursuivre nos efforts et la prudence. Et moi, ce que je pense, c'est que notre prudence, elle sauvera les vacances. Voilà, on va réussir à traverser les fêtes, à passer Noël ensemble parce qu'on a été extrêmement vigilants et prudents ces dernières semaines et qu'on va continuer à l'être.

3:33
Présentateur

Noël sans jauge ?

3:35
Gabriel Attal

C'est notre cap, c'est l'objectif. Nous, ce qu'on souhaite, c'est que les Français, et je crois que c'est ce qu'ils attendent, ils puissent passer Noël en famille, passer Noël ensemble. À 6, à 8, à 12. Vous avez bien vu qu'il n'y a pas de jauges qui ont été annoncées. Le Premier ministre l'a dit, on fait tout pour éviter d'avoir à en revenir à des mesures de jauges, des mesures de fermeture, de confinement, de couvre-feu qui concerneraient tout le monde. Des Français qui ont fait des efforts, qui se sont fait vacciner. Et encore une fois, les efforts, la vigilance, les gestes barrières, la vaccination, ça paye.

Si on n'avait pas tout ça aujourd'hui, et en particulier la vaccination, un très large taux de couverture vaccinale, un rappel qui a beaucoup progressé, qui nous place dans le peloton de tête au niveau européen dans la campagne de rappel, probablement qu'on aurait un tsunami sanitaire aujourd'hui si on n'avait pas tout ça. Quand on voit le niveau d'incidence et la circulation du virus dans notre pays.

4:18
Présentateur

Beaucoup d'annonces concernent l'école où flambe le taux d'incidence, plus de 400 en maternelle, près de 1000 en élémentaire. Dès jeudi, ce sera donc le retour du masque généralisé intérieur, cours de récréation, pas de sport mettant les enfants en contact rapproché, protocole particulier dans les cantines. Pour le coup, certains disent que là, c'est vraiment trop léger. Que leur répondez-vous ?

4:41
Gabriel Attal

Je pense que quand on échange avec des enseignants ou avec des enfants qui ont à vivre ce protocole, on voit que ce n'est pas léger.

4:50
Présentateur

Vu la circulation du virus et vu que c'est chez les enfants que ça circule massivement.

4:56
Gabriel Attal

C'est un renforcement très fort du protocole. On passe au niveau 3, effectivement. Il y a des mesures de non-brassage qui nécessitent une grosse organisation pour les équipes pédagogiques. Je veux évidemment saluer leur engagement pour que les enfants ne se mélangent pas à la cantine, etc. Et oui, le port du masque est étendu, compris en extérieur. Ce n'est pas des mesures qu'on peut prendre à la légère. Enfin, je veux dire, pour un enfant de 8, 9 ans, moi je n'ai pas d'enfant, j'ai un petit frère de 9 ans, je peux vous dire que porter le masque toute la journée à l'école, on le sait, c'est quelque chose d'extrêmement difficile.

Maintenant, ce que je sais aussi, c'est que je l'ai vu quand on a dû fermer les écoles, quand il était à la maison. Et que je peux vous dire que ça, je n'ai pas envie de le revoir. Et je pense que les Français soutiennent notre ligne, notre politique qui consiste à laisser les écoles ouvertes le plus possible. et donc à renforcer nos protocoles sanitaires pour pouvoir les garder ouvertes dans un contexte, c'est vrai, où le virus circule fortement chez les enfants.

5:40
Présentateur

C'est pour ça qu'à la différence de la Belgique, vous n'avez pas pris la décision d'anticiper d'une semaine les vacances de Noël ?

5:46
Gabriel Attal

Oui, c'est pour ça. On a, depuis le début de cette crise, laissé nos écoles ouvertes, deux fois plus que les Allemands, trois fois plus que les Italiens, quatre fois plus que les Américains. Précisément parce qu'on considère que le plus important pour les enfants, c'est de pouvoir continuer à aller à l'école, pour apprendre, pour être au contact avec l'autre. C'est absolument essentiel et évidemment, on veut poursuivre sur cette voie.

6:05
Présentateur

Sur la vaccination pour les 5-11 ans, Olivier Véran a précisé le calendrier hier. Dès que le feu vert sera donné par les autorités de santé, il sera possible de vacciner les enfants à partir du 20 décembre, c'est ça ?

6:15
Gabriel Attal

C'est ça, on met en place toute l'organisation pour que le 20 décembre, on puisse démarrer dans les centres de vaccination la vaccination pour les 5-11 ans, et une semaine plus tard, le 27, en ville, c'est-à-dire chez les pharmaciens, les médecins libéraux, les infirmiers libéraux, les sages-femmes, les kinés, tous ceux qui peuvent vacciner aujourd'hui.

6:30
Présentateur

Est-ce que ce sera un vaccin différent pour les enfants, Gabriel Attalès, qui sera plus dilué ?

6:35
Gabriel Attal

Oui, c'est un vaccin qu'on appelle dilué, précisément, pour les enfants.

6:40
Présentateur

Beaucoup de parents hésitent à faire vacciner leurs enfants les 5-11 ans, ils ont peur, vous leur dites quoi ? Pour les convaincre.

6:46
Gabriel Attal

Moi, d'une manière générale, quand il y a des personnes qui hésitent vis-à-vis de la vaccination ou d'un traitement, moi, je les invite toujours à en parler avec leur médecin. Leur médecin traitant, évidemment, ou le pédiatre, s'agissant de l'enfant. Voilà, moi, je crois beaucoup au rôle de conseil qu'ont les professionnels de santé. Évidemment, les médecins, mais aussi les pharmaciens, les infirmiers libéraux. Donc, c'est ça le conseil que je donnerais.

7:06
Présentateur

La décision, par ailleurs, a été prise de fermer les discothèques pour un mois, dès ce week-end. La fin d'année est pour elle un moment crucial, évidemment. Pour le président du syndicat national des discothèques et lieu de loisirs, les discothèques, je le cite, sont des victimes expiatoires. Elles font l'objet d'un ostracisme assumé. Je ne pense pas que fermer les discothèques le samedi soir, c'est ce qui va endiguer l'épidémie, surtout quand on laisse les bars ouverts. Fin de citation. Que lui répondez-vous sur ce point ?

7:34
Gabriel Attal

D'abord que je comprends son énervement et plus globalement, la déception des patrons de discothèques. Il y a 1200 discothèques en France qui vont devoir fermer. Je les comprends parce qu'ils ont dû fermer assez longtemps pendant cette épidémie. Je les comprends aussi parce qu'ils ont fait beaucoup d'efforts. Vous savez, les discothèques, c'est ceux qui ont mis en place en premier le pass sanitaire avant l'été dernier, avant qu'on le mette en place partout ailleurs, au restaurant, dans les bars, etc.

Ce que je veux leur dire, c'est qu'on sait que dans les discothèques, pour des raisons entre guillemets évidentes, maintenant qu'on sait comment ce virus se transmet, on sait qu'il y a beaucoup plus de risques de contamination. La dernière étude de l'Institut Pasteur, comme corps, montre que pour deux personnes, l'une ayant fréquenté une discothèque, l'autre n'en ayant pas fréquenté, il y a huit fois plus de risques de contracter le virus. On voit aussi qu'autour de nous, la plupart des pays qui sont confrontés à cette cinquième vague, ont fait le choix de fermer leur discothèque. Donc c'est vrai qu'en responsabilité, on a pris cette décision.

Maintenant, ce que je veux lui dire, c'est qu'il y aura un accompagnement financier, évidemment massif, face à cette fermeture. Et il y a un rendez-vous qui est prévu à la mi-journée avec les ministres de Bercy, Bruno Le Maire, Alain Griset, précisément pour échanger avec leurs représentants, pour qu'il y ait un accompagnement qu'il mérite.

8:43
Présentateur

Toujours sur les voyages et la circulation, on a appris ce matin que les Etats-Unis décourageaient, enfin ce n'est pas une interdiction, mais décourageaient leurs ressortissants de venir en France. Est-ce que vous, vous dites aux Français ce matin, qui peut-être prévoient leurs vacances de Noël, il ne faudra pas bouger ou on peut bouger, c'est libre ? C'est vrai que c'est un peu flou pour les vacances de Noël. Alors je sais qu'on est à trois semaines des vacances, mais pour les fêtes de Noël, est-ce qu'ils pourront prendre le train, fêter en famille, retrouver leur famille ? Qu'est-ce qui va se passer précisément sur les déplacements ?

9:19
Gabriel Attal

Ce que je vous ai dit d'abord tout à l'heure, c'est que par nos mesures, par l'accélération de la campagne de rappel, par les efforts que font les Français sur les gestes barrières, on va pouvoir fêter Noël en famille, évidemment.

9:31
Présentateur

Normalement, comme s'il n'y avait pas le Covid.

9:32
Gabriel Attal

Il n'y a pas de jauge, on peut partir à l'île, en Corse. Ce ne sera pas comme s'il n'y avait pas le Covid, parce que les Français, ils savent maintenant qu'il faut évidemment être vigilants. Ils ont déjà vécu un Noël sous Covid. Moi, ce dont je me souviens, c'est qu'à ce même moment de l'année, l'an dernier, on m'expliquait sur les plateaux qu'on était complètement irresponsables de laisser les Français aller passer Noël en famille, qui allait avoir une explosion de l'épidémie dans les premiers jours de janvier. Il n'y a pas eu d'explosion de l'épidémie dans les premiers jours de janvier, parce que les Français, ils sont responsables.

Ils savent ce que c'est que le Covid, comment est-ce qu'il se transmet, et donc évidemment qu'ils feront très attention. Voilà ce que je veux dire. Ensuite, pour les déplacements internationaux, pour le coup, là-dessus, il y a une classification des pays selon les risques et des mesures qui s'appliquent aux pays selon les risques.

10:15
Présentateur

Et il y a des pays qui ont fermé totalement leurs frontières.

10:17
Gabriel Attal

Et donc ça, c'est pour les mesures françaises dont je vous parle. Et ensuite, effectivement, vous avez des pays qui eux-mêmes décident de fermer leurs frontières, de suspendre les vols. Ça, par définition, on n'est pas maître de ça.

10:26
Présentateur

Et non, on ne le fait pas, ce n'est pas sur la table.

10:28
Gabriel Attal

On l'a fait pour un certain nombre de pays, notamment les pays de l'Afrique australe. On avait totalement suspendu les vols au début du variant Omicron, le temps de mettre en place une organisation sécurisée. Les vols, ils ont repris. Mais pour ces pays, ces neuf pays, il y a une organisation drastique. Je suis moi-même allé voir à Roissy, samedi matin, l'organisation, qui fait qu'il y a très peu de possibilités de se déplacer. Effectivement, on ne peut pas partir en vacances en Afrique du Sud, par exemple.

10:51
Présentateur

Le Premier ministre a fortement incité au télétravail, trois jours par semaine dans la fonction publique, deux, trois jours pour les entreprises en capacité de l'organiser. Une incitation, ça veut dire que personne n'est vraiment obligé, Gabriel Attal. Est-ce qu'il ne faut pas aller plus loin ?

11:08
Gabriel Attal

Moi, je pense que l'incitation, ça fonctionne, que la recommandation, ça fonctionne. On ne peut pas d'un côté nous dire, n'infantilisez pas les Français, et de l'autre, quand on incite, quand on responsabilise, nous dire que les Français ou les entreprises ne vont pas être responsables. On a vu que sur le télétravail, il y a eu beaucoup de progrès. Et que par ailleurs, aujourd'hui, on ne part pas, entre guillemets, du même niveau qu'on connaissait au début de cette crise. Parce qu'il y a des entreprises qui ont intégré maintenant le télétravail dans leur mode de fonctionnement, qu'ils proposent à leurs salariés. C'est aussi le cas dans la fonction publique.

Ma collègue Amélie de Montchalin a été très vigilante sur ce point. Et effectivement, là, on franchit une étape supplémentaire en recommandant très fortement deux à trois jours, les trois jours pour la fonction publique, parce que c'est vrai que ça permet de réduire la circulation, les interactions sociales.

11:48
Présentateur

Allez, on file au standard. Marc nous appelle de Vendée. Bonjour Marc.

11:52
Auditeur

Oui, bonjour M. Demorand, bonjour Mme Salamé, bonjour M. Attal. Bonjour. Ma question est ça, mais en fait, je voulais savoir pourquoi le gouvernement, en fait, n'imposait pas la vaccination à tous les adultes, plutôt que de demander à des enfants de se faire vacciner pour protéger justement ces adultes qui ne veulent pas se faire vacciner.

12:08
Présentateur

Merci pour cette question. Anna, M. Attal parle d'efforts en termes de doses de rappel, alors qu'il n'y a pas de rendez-vous pour une troisième dose dans Paris avant février 2022. Voilà deux questions d'auditeurs. La première, donc, imposer la vaccination à tous les adultes. Que répondez-vous ?

12:24
Gabriel Attal

On a choisi très tôt, avant la plupart des pays européens, de mettre en place une incitation maximale à la vaccination, avec le pass sanitaire. Et on a vu que ça portait ses fruits. Il y a aujourd'hui 90% des adultes qui sont vaccinés. Et ça continue à augmenter, puisque vous avez tous les jours plusieurs dizaines de milliers de personnes qui vont se faire vacciner. Il y a des pays très récemment qui ont mis en place une vaccination obligatoire, qui interviendra dans plusieurs mois d'ailleurs, pour la plupart d'entre eux. Mais c'est des pays qui n'avaient pas mis en place ces mesures très tôt, et donc qui n'avaient pas obtenu les mêmes résultats que nous.

La deuxième chose sur les créneaux de rendez-vous, on a une campagne de rappel qui a accéléré de manière spectaculaire depuis l'annonce du président de la République, qui nous place, je crois, dans les premiers pays européens en termes de rappel.

13:04
Présentateur

Pas de rendez-vous pour une troisième dose dans Paris avant février 2022.

13:07
Gabriel Attal

Je vais y venir. On va de record en record. Il y a eu vendredi, 640 000 personnes qui ont fait un rappel. C'est un record. On a dépassé les 10 millions de Français. Maintenant, je sais, je reçois des messages sur ce sujet-là, qu'il y a des Français qui n'arrivent pas à avoir de rendez-vous aujourd'hui, avant le mois de février, de mars, alors même que leur passe sanitaire risque d'être désactivée au 15 janvier. Vous allez repousser cette date ? Non, ce que je veux leur dire, c'est qu'il y a des nouveaux créneaux de vaccination pour rappel qui apparaissent tous les jours sur les plateformes.

À ce stade, il y a 7 millions de Français qui ont pris rendez-vous pour un rappel d'ici à la fin décembre. On va rajouter 8 millions de créneaux, donc ça veut dire 15 millions de Français qui pourront se faire vacciner d'ici à la fin décembre. Il y a des centres qui rouvrent. Vous évoquiez Paris, je crois que c'est Anna qui évoquait Paris. Il y a des centres qui rouvrent, à Porte-de-Versaille, à Station F, des grands centres qui vont permettre à des Français de pouvoir se faire vacciner avec leur rappel.

Donc ce que je dis aux personnes qui cherchent un créneau pour leur rappel, qui n'en ont pas trouvé jusqu'à maintenant, dans les prochaines semaines, c'est de continuer à regarder sur les plateformes, qu'il y a plusieurs centaines de milliers de créneaux qui apparaissent chaque jour sur les plateformes et qu'elles trouveront un créneau avant le 15 janvier, si c'est la date du 3.

14:08
Présentateur

Vous tenez la promesse du 15 janvier ?

14:11
Gabriel Attal

Oui, c'est un engagement qui a été pris. Et encore une fois, on met tous les moyens. On a les vaccins. On a les bras pour vacciner. On a les centres de vaccination. Et on a les Français qui veulent se faire vacciner. Et donc, ça va continuer à augmenter. Les créneaux vont continuer à augmenter sur les plateformes. Et les Français trouveront un créneau. Je rappelle juste l'annonce qui a été faite hier sur les plus de 65 ans, qui sont donc les plus à risque quand même.

14:30
Présentateur

C'est ce que j'allais vous dire.

14:30
Gabriel Attal

S'ils veulent aujourd'hui faire un rappel qu'ils ne l'ont pas encore fait, ils peuvent se présenter dans un centre de vaccination et on les prend pour leur faire un rappel.

14:37
Présentateur

Sur l'application France Inter, deux interventions. Laurence, non, non, non à la vaccination des enfants. 600 000 personnes de plus de 75 ans non vaccinées et aucun mot sur le sujet. Ce sont eux les personnes à risque. Même chose, David, on nous force à faire la troisième dose alors que ça nous crève. C'est trois jours au lit avec de la fièvre. Faites vacciner ceux qui ne veulent pas se faire et la première dose et pas nous, ce qu'il dit en substance.

15:00
Gabriel Attal

Mais d'abord, vous ne mesurez pas tous les efforts qui sont faits par les collectivités locales, par les professionnels de santé, par les services de l'État pour aller vacciner les personnes les plus âgées qui ne sont pas encore vaccinées. Parfois, vous avez des problèmes d'isolement majeurs. Vous avez des problèmes de dépendance, de perte d'autonomie. Il y a une mobilisation très forte. Il y a des appels de l'assurance maladie, des courriers de l'assurance maladie. Les collectivités locales, les CCAS appellent les personnes âgées concernées. On envoie des équipes mobiles libérales chez elles pour les vacciner. C'est pour ça que ça continue à progresser.

Mais ce qu'on sait, c'est que le vaccin, il permet certes de protéger contre les formes graves du virus. Il agit aussi et le rappelle encore plus comme une digue face à la circulation du virus parce qu'il limite encore plus le risque d'être contaminé ou de transmettre le virus. C'est pour ça que c'est important que tout le monde le fasse.

15:45
Présentateur

Un témoignage de Fabien sur l'application de France Inter. J'ai passé les frontières à Roissy il y a deux jours. On ne m'a jamais demandé mon test PCR. Mon voisin d'avion revenait du Malawi. Aucun contrôle non plus de son côté. J'ai l'impression, dit Fabien, que vous faites surtout peur aux Français. Mais où sont les actes ? En tout cas dans les aéroports.

16:05
Gabriel Attal

Alors, je ne sais pas lui d'où il revenait. Si son voisin revenait du Malawi, pour le coup, le Malawi a été intégré samedi à une liste de pays qui font l'objet de restrictions renforcées. Moi, je me suis rendu à Roissy. Donc j'ai pu voir pour des pays de cette fameuse liste rouge écarlate, notamment en Afrique du Sud, les règles qui étaient mises en place. Les personnes avaient fait un test avant d'embarquer. Elles ne pouvaient embarquer que si elles avaient un motif impérieux et en l'occurrence, c'était d'habiter en France pour pouvoir rentrer chez elles. Il n'y a plus de déplacement de ces pays pour des raisons touristiques, professionnelles, familiales ou autres.

En arrivant à Paris, elles avaient un nouveau test PCR et un arrêté de quarantaine pour rester chez elles pendant une semaine avec contrôle des forces de sécurité. Après, c'est un dispositif qui s'est mis en place samedi. Est-ce qu'il y a un vol qui est arrivé où les choses étaient pas...

16:47
Présentateur

Avec escale, nous dit notre auditeur.

16:49
Gabriel Attal

Avec escale, il y a aussi un protocole qui est prévu pour identifier les passagers qui ont fait une escale et qui viennent de ces pays, et notamment à la police aux frontières.

16:57
Présentateur

Gabriel Attalas, on a plusieurs questions sur la politique. Juste la dernière qui fait le lien entre la politique et le sanitaire concernant les meetings. Il y en a eu deux massifs, Jean-Luc Mélenchon et Rizemont samedi. Sont-ils des clusters ?

17:11
Gabriel Attal

L'avenir le dira. On verra dans les prochains jours, les prochaines semaines. C'est vrai que moi, quand j'ai vu certaines images de meetings où les personnes ne portaient pas le masque, il n'y avait quasiment personne qui portait le masque, en tout cas sur certaines images que j'ai vues au meeting d'Éric Zemmour, ça interpelle quand même, je le dis. On peut tenir des réunions, on peut tenir des réunions publiques, on peut tenir des meetings, on porte le masque, ça réduit quand même sensiblement le risque de circulation. Maintenant, quand vous avez des meetings qui sont organisés où on ne demande pas aux gens de porter le masque, honnêtement, j'avoue que ça préoccupe.

Maintenant, on verra dans les prochaines semaines.

17:42
Présentateur

Une question de Marc qui nous appelle du Pas-de-Calais. Bonjour Marc, bienvenue.

17:47
Auditeur

Oui, bonjour, merci d'avoir accepté de prendre ma question. Qui est la suivante. Savez-vous si notre président a eu une pensée particulière pour Jamal Khashoggi, ce journaliste assassiné au consulat d'Istanbul voici près d'un an, lorsqu'il a serré la main de Mohamed Ben Salmane ? Y avait-il urgence à renouer avec cet homme

18:07
Présentateur

qui a du sang sur les mains ? Merci Marc pour cette question. Réponse Gabriel Attal.

18:12
Gabriel Attal

Ce qui est arrivé à Jamal Khashoggi est terrible et on l'a condamné fermement. Il y a eu un déplacement du président de la République dans le golfe Persique, dans trois pays, dont l'Arabie Saoudite. On sait que la paix et la stabilité dans la région ne peuvent se construire sans le concours de l'Arabie Saoudite. et on a obtenu d'ailleurs un résultat en les réengageant au Liban sans complaisance. Il n'y a jamais de complaisance. Mais pour affronter un certain nombre d'enjeux, que ce soit la lutte contre le terrorisme, la stabilité dans la région, on a besoin d'échanger et de parler avec un certain nombre d'États.

18:52
Présentateur

Emmanuel, la politique maintenant. Emmanuel Macron est en déplacement aujourd'hui dans le Cher et dans l'Allier après un grand week-end politique. Jean-Luc Mélenchon a déclaré, on a Valérie Pécresse, Éric Zemmour maintenant, c'est à peu près les lignes de force sont là. Jean-Luc Mélenchon a déclaré, il nous en manque un, c'est M. Macron qui fait le gars qui n'est pas candidat pour pouvoir abuser plus longtemps de la fonction. Je lui dis qu'il doit aussi avoir l'honnêteté de faire vivre la démocratie, de venir dans l'arène. Il doit accepter le débat. Il n'est pas au-dessus de la démocratie.

19:25
Gabriel Attal

La différence entre Emmanuel Macron et les personnalités qui ont été citées, c'est qu'Emmanuel Macron est président de la République. Dans un contexte, on a une épidémie qui circule fortement, on a une économie qu'il faut continuer à relancer, on a des Français qu'il faut continuer à protéger et donc c'est certain que ça ne peut pas le placer dans le même calendrier que les candidats que vous avez évoqués. Il vous demande de la clarté, Jean-Luc Mélenchon, il vous demande de clarifier sa position.

Je vais vous dire, ma conviction, c'est que la clarté que les Français attendent aujourd'hui, c'est celle qu'on apporte, c'est que le Président se consacre à la gestion de l'épidémie, à la relance de l'économie et à la poursuite des réformes qui sont nécessaires. Moi, je veux bien qu'on considère que parce qu'il y a une élection présidentielle dans cinq mois, il faudrait mettre le pays sur pause, arrêter de réformer, arrêter de présider, de prendre des mesures. Ce n'est pas notre conception et ce n'est pas notre conviction.

Pendant ce temps-là, tous les pays, ils agissent, ils font des réformes, ils se modernisent, ça veut dire qu'il faut qu'on continue nous aussi et la campagne présidentielle, elle viendra en temps et en heure. C'est dans quatre mois, ce n'est pas dans cinq. Dans quatre mois.

20:18
Présentateur

Vous voyez là que l'objectif n'est même pas. La personne d'Emmanuel Macron a été violemment attaquée par Éric Zemmour à Villepinte qu'il a traité de mannequin, de plastique, d'automate. Je le cite encore, il est à lui tout seul le grand vide, le gouffre. En 2017, la France a élu le néant et elle est tombée dedans. Il ajoute, laissons cette adolescence se chercher éternellement, laissons-le avec son obsession pour lui-même. Comment avez-vous reçu ces mots ?

20:45
Gabriel Attal

Venant d'Éric Zemmour, vous savez, on n'est plus trop surpris. C'est quelqu'un qui n'a que l'invective à manier, l'injure à manier, il fait même des doigts d'honneur aux gens dans la rue. Donc, le fait qu'il insulte n'est plus très surprenant. Quelqu'un qui dit qu'il veut que la France soit maître de son destin, il a parfois du mal à être maître de lui-même, visiblement. Donc, qu'est-ce que vous voulez que je dise ? Voilà, probablement que c'est parce que le président de la République incarne aujourd'hui une ligne qui est précisément inverse de ce que porte Éric Zemmour. C'est-à-dire ?

C'est-à-dire le déclin comme ligne politique, c'est-à-dire considérer qu'il y a une forme de défaite qui serait acquise pour notre pays, qu'on n'aurait plus vocation à partir à la conquête de nouveaux investissements, de nouveaux marchés, de nouveaux emplois pour les Français, de nouveaux droits pour les Français, que le seul moyen de les protéger, ce serait de se replier sur soi et de se regarder les uns les autres en chien de faïence et s'insulter les uns les autres. Ce n'est pas notre vision. Gabriel Attal, passez la violence

21:41
Présentateur

des critiques sur la personne d'Emmanuel Macron. Éric Zemmour dit aussi une autre chose sur le fond. Trouvez-moi un seul Français qui puisse expliquer la pensée d'Emmanuel Macron. Un seul. Il n'y en a aucun, pas même lui. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Est-ce que vous pourriez lui dire quelle est la pensée d'Emmanuel Macron ?

22:00
Gabriel Attal

Moi, je porte parole du gouvernement, donc c'est bon travail.

22:02
Présentateur

Est-ce que vous pouvez lui dire ce en quoi croit Emmanuel Macron ?

22:06
Gabriel Attal

Je viens de vous dire qu'aujourd'hui, ce en quoi nous croyons, c'est que notre pays, il a encore vocation à partir à la conquête. C'est ce qu'on a fait avec le plan France 2030. C'est ce qu'on fait avec la progression des droits pour les Français. On veut, et c'est ce qu'on a commencé à faire, refaire de la France une nation productive qui éduque ses enfants et qui est exemplaire s'agissant de l'environnement. C'est ça notre ligne et c'est ça qu'on porte. On a été élus dans un contexte de fractures dans notre pays. On le sait, on en est conscient. Des fractures parfois béantes.

22:33
Présentateur

Vous avez réparé les fractures

22:34
Gabriel Attal

en 5 ans ? Il faut du temps pour les réparer. Mais moi, ma conviction, c'est qu'on a commencé à le faire. La fracture entre les Français qui travaillent et qui ne travaillent pas. On a aujourd'hui un taux de chômage qui est au plus bas depuis 15 ans. La fracture entre les Français qui vivent de leur travail et ceux qui n'arrivent pas à vivre de leur travail. Pour un salarié au SMIC, il a aujourd'hui un 13e mois et un quasi 14e mois grâce à nos mesures. La fracture entre les territoires ruraux et les territoires urbains. 2000 maisons France Service qui ont ouvert notre pays qui sera complètement couvert en 4G l'an prochain.

Le président de la République est d'ailleurs en déplacement dans l'Allier pour parler des territoires ruraux. On a commencé à agir fortement.

23:06
Présentateur

Un mot encore, Gabriel Attal, sur les violences qui ont eu lieu dans ce meeting avec notamment des militants de SES Racisme qui ont été passés à tabac. Plusieurs leaders de droite hier dénonçaient cette violence mais disaient aussi qu'il ne fallait pas venir provoquer dans les meetings. Quelle est votre position à vous ?

23:23
Gabriel Attal

Ma position c'est que la violence n'est jamais excusable. Voilà. Et on sait que dans des meetings moi ça m'est déjà arrivé de faire des meetings ou des réunions publiques où vous avez des personnes qui venaient faire de l'agitation voilà, brandir une pancarte etc. Enfin je veux dire les images qu'on a vues moi j'ai été très choqué par une image on voit un type qui met des coups de poing visiblement très entraînés sur le visage d'une jeune femme qui à l'évidence n'était pas en train de se livrer à de la violence.

C'est pour ça qu'il y a des services d'ordre dans des meetings dans des partis politiques qui permettent d'exfiltrer des personnes alors c'est parfois un peu chahuté mais je veux dire on a vu des images qui sont profondément choquantes. Voilà.

24:00
Présentateur

Dernière question sur Valérie Pécresse investie samedi qui prend 7 points dans un sondage IFOP ce matin vous avez immédiatement commenté sa candidature en estimant qu'elle était une rentière de la politique elle a trouvé elle était à ce micro hier elle a trouvé ses attaques particulièrement mal ciblées estimant qu'elle avait gagné ses postes et ses élections au mérite et au travail en quoi la vie politique Gabriel Attal de Valérie Pécresse relève-t-elle de la rente ? Je n'ai pas parlé

24:21
Gabriel Attal

de sa vie politique j'ai dit certes qu'elle avait plus de 30 ans de mandat à superposer moi ce que je dis simplement c'est que finalement elle incarne une proposition qui est celle du retour à un système partisan de la vie politique ou pour des considérations d'appareil politique on est amené à une forme d'immobilisme mais je veux dire regardez ces déclarations d'hier

24:46
Présentateur

Vous n'avez pas dit ça vous avez parlé de la candidate de la rente sur le terme c'est pas fini je suis encore en interview qui rentre et vous demande de partir il y a quelqu'un qui vient m'interpeller oui c'est Claude Ascolovitch qui repart dans le couloir pardon excusez-moi

24:59
Gabriel Attal

vous avez parlé de la candidate de la rente oui j'ai dit c'est une forme de retour de la rente en politique parce que ce système partisan qu'est-ce que c'est ?

vous mettez des personnes qui ne sont pas d'accord entre elles sur l'essentiel et vous n'êtes pas capable ensuite de porter des réformes d'ampleur hier elle a dit j'ai mon projet et je vais voir comment je peux l'assaisonner avec des propositions d'Éric Ciotti mais ça ça porte un nom d'ailleurs c'est quasiment dit comme ça c'est de la tambouille nous on considère au contraire on peut faire travailler ensemble des personnes qui viennent de parties différentes mais qui sont d'accord sur l'essentiel et si on n'avait pas fait ça on n'aurait pas fait la PMA pour toutes on n'aurait pas fait la réforme du marché du travail la baisse de la fiscalité on n'aurait pas mené toutes ces réformes la réforme de la SNCF qui était considérée comme impossible on considère que c'est en dépassant ce système partisan qui a produit de l'immobilisme qu'on arrive à être efficace pour le pays là il faut laisser la place vraiment à Claude Escolomide

25:47
Présentateur

sinon on va être en retard merci beaucoup Gabriel Attal porte-parole du gouvernement 8h48 France Inter France Inter

25:57
Locuteur

France Inter France Inter