Les Soulèvements de la Terre, la loi Immigration, "l'initiative politique d'ampleur" voulue par Emmanuel Macron... Le "8h30 franceinfo" d'Aurélien Taché
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Bonjour Aurélien Taché, Emmanuel Macron n'a pas répondu à l'invitation du président Lula au sommet au Brésil pour tenter de sauver la forêt amazonienne, ce poumon vert de la planète, vous le regrettez ?
Évidemment que je le regrette, c'est encore un signe de plus du peu d'importance que le président de la République accorde à l'écologie. Je crois qu'il y a une autre raison aussi un peu plus politique, le président de la République boude visiblement de ne pas avoir été invité au sommet de Johannesburg des BRICS, mais je remarque que ça ne le dérange pas quand il n'est pas invité à ce sommet d'inviter M. Modi au 14 juillet, le président de l'Inde, pour une célébration en grande pompe parce que là il y a des rafales à vendre. Quand il s'agit d'aller défendre la forêt au Brésil avec Lula, M. Macron préfère les vacances à Brégançon.
Mais est-ce qu'il était bien nécessaire d'aller jusqu'au Brésil, sachant qu'on voit que ce qui ressort de ce sommet n'est pas très concret, une simple alliance contre la déforestation ?
Je pense que oui, puisque c'était aussi donné de l'importance à la Guyane, qui est un territoire français. Et là aussi, c'est le double mépris. C'est le mépris pour l'écologie, c'est le mépris pour les territoires d'outre-mer. Donc évidemment que la place du président de la République française était à côté des autres chefs d'État en Amérique du Sud.
Il n'a pas rien fait, Emmanuel Macron, sur ce sujet-là, le One Forest Summit organisé au Gabon ? Pour vous, ça ne suffit pas ?
Je pense qu'on pourrait parler de cette tournée africaine longtemps qui a été catastrophique. Le One Forest Summit, c'était surtout d'aller soutenir le président dictateur militaire, M. Bongo, au Gabon, alors que les élections sont le 26 août au Gabon.
Puisqu'on parle écologie, on revient en France, Aurélien Taché. Le Conseil d'État rendra sa décision d'ici la fin de la semaine pour dire s'il suspend ou non le décret de dissolution des soulèvements de la terre. On le sait, ils se sont fait connaître à Sainte-Soligne lors de violents affrontements. Gérald Darmanin avait alors parlé d'éco-terrorisme et décidé de cette dissolution. Face à la catastrophe écologique, est-ce que ce type d'action directe radicale a le soutien de votre partie Europe Écologie Les Verts ? Votre soutien ?
Alors vous savez, hier, c'était le jour le plus chaud enregistré sur la terre. Et tous les mois, ce record est battu. Pourquoi ? On le sait, c'est les énergies fossiles, c'est la combustion du gaz, du pétrole. Et finalement, on a toujours deux tiers des investissements totaux réalisés dans l'énergie qui sont sur ces énergies fossiles. Et ça depuis 20 ans, c'est-à-dire le même niveau qu'à la première COP. Maintenant, quand on a dit ça. Moi, cette dissolution, je pense qu'elle est purement politique, elle est purement idéologique. Monsieur Darmanin a finalement cédé au lobby de l'agro-industrie. Et donc non, je ne soutiens pas aucune violence. Je suis un élu.
Mon rôle n'est pas de finalement encourager à désobéir à la loi. Mais la désobéissance civile, elle a toujours fait partie de l'action en démocratie. La désobéissance civile, c'est ce qui permet aux Etats-Unis de mettre fin à la ségrégation raciale avec Martin Luther King. C'est ce qui permet de mettre le droit à l'avortement en France avec le manifeste des 343 femmes qui avaient avorté et qui ont fait cette tribune trois ans avant le fait que l'IVG soit légalisé.
Donc vous estimez que tous les moyens sont bons pour lutter contre les causes du réchauffement climatique ?
J'estime que la désobéissance civile est un moyen qui est purement démocratique et qui peut faire avancer l'état de droit. Finalement, les exemples ne manquent pas. Et donc les soulèvements de la terre, oui, s'inscrivent dans cette tradition, c'est vrai. Mais ce qu'ils font est véritablement très utile pour le climat. C'est grâce à eux que Notre-Dame-des-Landes a été abandonnée. C'est grâce à eux que d'autres grands projets le seront peut-être demain. Ils ne sont pas violents.
La désobéissance civile, ce n'est pas la violence, forcément. Alors que là, des sabotages, on l'a vu à Sainte-Soligne, c'était une manifestation violente contre les forces de l'ordre avec des instruments clairement à destination des policiers. Donc là, il y a autre chose quand même.
Moi, vous savez, à Sainte-Soligne, j'y étais. Franchement, tout était fait pour que ça dégénère. S'il y a des violences, qu'on arrête les individus qui commettent ces violences et qu'on les juge. Mais les soulèvements de la terre ne sont pas responsables de l'ensemble des individus qui étaient présents à Sainte-Soligne. Je vous dis encore une fois, moi, j'y étais. Et puis aussi, qu'on dise aux responsables du maintien de l'ordre, est-ce que vous avez bien fait votre travail ? Qu'on les mette devant leur responsabilité.
Quand la préfète des Deux-Sèvres réunit plusieurs milliers de policiers autour d'un trou, une bassine, pour ceux qui nous écoutent, c'est un trou dans lequel on va mettre de l'eau pour privatiser de l'eau. Sainte-Soligne, j'étais, c'était un trou vide avec 3000 policiers autour. On voit bien que tout est fait pour que finalement, il y ait un affrontement. Et derrière, ça permet de justifier des dissolutions plus politiques.
On a plusieurs dossiers à aborder avec vous, Aurélien Taché. Le Niger, à présent, vous êtes membre, vous, de la Commission des Affaires étrangères. Il semble qu'on s'éloigne d'une intervention militaire. Après le coup d'État, la CDAO, le Nigeria en particulier, veulent désormais privilégier la voie diplomatique. Est-ce que vous vous en félicitez ?
Oui, je m'en félicite, puisque j'étais assez inquiet quand j'ai vu effectivement ce terrible putsch. Si une dictature militaire s'installait finalement au Niger, ce serait absolument terrible. Elle serait probablement sous le couple de la Russie. Et en plus des djihadistes qui menacent ce pays, les Nigériens seraient donc sous le couple de cet État impérialiste qu'est la Russie. Maintenant, il faut absolument éviter l'intervention militaire. Et M. Macron a commencé par avoir des accents assez guerriers. L'Élysée disait qu'il soutiendrait toutes les interventions de la CDAO. Quand la CDAO est menacée d'une intervention militaire, ce serait absolument terrible.
Le Niger est déjà un des pays les plus pauvres au monde, le plus menacé par le terrorisme. Qu'est-ce que ferait une guerre ? À quoi elle mènerait ? À l'embrasement de toute, finalement, la région. Elle mènerait aussi, finalement, à plus de terrorisme et de pauvreté dans cette région qu'il n'en a pas besoin. Donc, il faut favoriser le dialogue. On peut choisir, par exemple, de demander au président du Tchad, qui n'est pas de la CDAO, de faire de la médiation.
Mais les bouches ne veulent pas discuter, Aurélien Tachet, la réalité est celle-là aujourd'hui. Ils ne veulent même pas recevoir de délégation de la CDAO.
C'est pour ça que je propose que le président du Tchad, qui n'appartient pas à la CDAO, M. Déby, puisse jouer, par exemple, le rôle de cette médiation. Et qu'ensuite, effectivement, on demande, sans condition de la libération du président Bazoum, c'est évident, mais qu'un dialogue se mette en place au Niger. Parce qu'il y a aussi des raisons sur le fait qu'une partie de la population nigérienne soutienne les poutchistes. Le régime de M. Bazoum et les régimes précédents au Niger sont des régimes affairistes, souvent corrompus. Les populations africaines ne supportent plus cela. Et donc, effectivement, elles en sont réduites parfois à soutenir des poutchistes militaires. Il faut comprendre ça.
Il faut comprendre aussi pourquoi il y a un sentiment anti-français aussi fort au Niger, mais dans toute une partie de la région, au Mali, au Burkina. Pourquoi ?
C'est-à-dire demander à la France de venir pour les aider aussi à éradiquer l'islamisme. À l'époque, on s'en souvient, avec François Hollande au Mali, l'intervention.
On s'en souvient effectivement d'une demande d'intervention très courte, très ciblée. C'était l'opération Serval, puis derrière, il y a eu l'opération Barkhane. Mais ce n'est pas que ça. D'abord, on ne veut jamais le dire dans ce pays parce que c'est un sujet difficile, mais il y a le poids des atrocités de la colonisation. Ça pèse encore. C'est encore une réalité dans la mémoire de très nombreux pays d'Afrique. Il y a ensuite la manière dont on se comporte quand on va là-bas. On fait toujours un peu comme si c'était nos anciennes colonies. Il y a de la part des autorités françaises une forme de mépris, un sentiment de hiérarchie et qui crée de la frustration.
Et puis surtout, pour beaucoup d'Africains qui voient la France à côté d'eux, à travers la langue, à travers la présence de militaires, à travers une économie qui va vers l'Occident, pour eux, il n'y a aucune chance d'accéder à la France. Aucun visa pour nos amis des différents pays d'Afrique francophones. Aucune façon là-bas de vivre et d'accéder à la prospérité malgré nos investissements. Oui, on est au Niger surtout pour deux choses, pour l'uranium et pour contrôler la politique migratoire. Ça crée un sentiment différencié.
Aurélien Taché, très concrètement, ça veut dire que vous appelez à rapatrier les soldats français là ?
Et rapatrier les soldats français, je ne sais pas si c'est encore le moment.
Et laisser la place aux Russes du coup.
Non, je ne veux pas céder la place aux Russes. Je vous l'ai dit tout à l'heure, ce serait la pire chose qu'il puisse arriver à une dictature militaire soutenue par les Russes. Ce que je souhaite, c'est que nous appuyions les efforts diplomatiques, les efforts de médiation pour qu'un dialogue se mette en place au Niger et que le président Bazoum soit libéré.
Aurélien Taché, député Europe Écologie Les Verts du Val d'Oise. Les arrêts maladie, c'est comme les antibiotiques, ce n'est pas systématique, déclare sur France Info Stéphanie Riste. Ce matin, la rapporteure de la commission des affaires sociales et médecins se dit pour un changement de réglementation. Un millier de médecins convoqués cet été parce qu'ils prescrivent trop d'arrêts de travail selon l'assurance maladie. Un alpiniste israélien s'est tué hier dans le massif du Mont Blanc. L'homme de 55 ans a dévissé à 3000 mètres d'altitude à cause d'une chute de pierre d'après France Bleu Pays de Savoie.
La reprise des exports de céréales ukrainiennes dépend des occidentaux, estime le président turc. Recep Tayyip Erdogan les appelle à tenir leurs promesses. Trois semaines, après la fin de l'accord, le président russe a refusé de le prolonger. Il réclame la levée des sanctions internationales sur l'exportation de ses propres produits agricoles. Les Bleus qualifiés en quart de finale du Mondial féminin de foot. Victoire écrasante hier des Françaises face à l'équipe du Maroc. 4 buts à 0. Prochain défi, battre l'Australie. Samedi, à domicile et devant 50 000 de leurs supporters. France Info On est avec Aurélien Taché, député écologiste du Val-d'Oise.
Aurélien Taché, êtes-vous gêné par l'invitation aux universités d'été d'Europe Écologie Les Verts ? Votre parti donc du rappeur Médine qui a tenu des propos homophobes et qui s'est fait photographier dans le passé en faisant une connelle à plusieurs reprises ?
Écoutez, je ne sais pas toute la biographie du rappeur Médine. En tout cas, ce que je sais, c'est qu'actuellement, c'est quelqu'un de très actif dans la lutte contre les violences policières qui gangrènent notre pays. C'est quelqu'un qui est ciblé par l'extrême droite. Moi, j'ai proposé une loi pour lutter contre le terrorisme d'extrême droite il y a quelques mois qui a été rejetée par la majorité macronienne avec l'aide du Rassemblement national et M. Médine est une de ses cibles.
Donc moi, je pense que pouvoir discuter finalement, nous sommes au Havre, Médine est un rappeur du Havre, avec lui, de ce sujet extrêmement important pour les écologistes que sont les violences policières qui sont une nouvelle attaque contre la démocratie que fait Emmanuel Macron. violences policières, bref, il attaque la démocratie sans cesse. Mais ça ne vous ennuie pas d'aller discuter avec quelqu'un
qui emploie par exemple le terme de Tarlouze ?
Mais évidemment qu'il faut condamner ses propos. Europe Écologie Les Verts a toujours été à l'avant-garde de tous les combats pour les droits LGBT. Donc personne ne va nous soupçonner d'homophobie. Par contre, si je ne discute qu'avec des gens avec lesquels je suis parfaitement d'accord, je ne vais pas discuter avec grand monde. On veut parler d'un sujet en particulier.
D'ailleurs, la séquence s'appellera explication de texte et je fais confiance à Marine Tondelier pour réaffirmer les valeurs des écologistes sur les sujets que vous évoquez comme sur tous les autres et pour pouvoir mener une discussion intéressante avec le rappeur Medine sur les questions de violences policières et de lutte contre l'extrême droite.
Homophobie quand même, antisémitisme. Donc il appelait dans l'un de ses textes ce rappeur Medine à crucifier les laïcars ?
Je n'ai pas... Alors ça, je connais cette phrase, antisémitisme, j'avais entendu qu'il avait tenu des propos antisémites. Il les photographiait
à de nombreuses reprises en faisant ce geste antisémite de la Connelle.
Il faut condamner absolument toute forme de condescendance, de finalement soutien dans l'ancémitisme.
Ce n'est pas justifier tout cela que de l'inviter. Vous comprenez quand même et moi qu'il peut y avoir le regard de vos combats.
Les propos et les attitudes que vous évoquez, je n'en avais pas connaissance. Aurélie Tachy,
vous êtes quand même allé voir sa biographie. C'est public. Quand vous invitez quelqu'un, vous savez qui il est.
D'abord, bon, très bien. Peut-être que ça remonte à plusieurs années. Peut-être que M. Medine a changé. Moi, ce que je sais, c'est que sur la question des violences policières, sur la question finalement de la lutte contre l'extrême droite, on peut avoir une discussion intéressante avec ce rappeur et nous, écologistes, on ne traversera pas sur nos valeurs, sur le reste. Il n'y a aucune soupçon à avoir que Europe Écologie les Verts soit pour l'homophobie ou l'antisémitisme. Donc, il y a une discussion avec lui sur certains sujets et nous, on réaffirmera nos valeurs et on l'offrage autant que nécessaire.
Aurélien Tachy, une nouvelle loi, immigration est en préparation. Dans une récente tribune au Monde, vous semblez ne pas rejeter tout à fait une partie du texte en tout cas qui est préparée par le gouvernement actuellement. Vous pourriez la voter, cette loi ?
Voter l'ensemble de la loi, ça m'étonnerait vu ce que j'ai entendu de ce qui figurait dans cette loi. Mais c'est vrai qu'il y a des choses sur lesquelles il faut regarder. Si véritablement, dans la loi de M. Darmanin, il y a l'autorisation de travailler pour les demandeurs d'asile dès leur arrivée sur le territoire, moi, je ne peux pas voter contre ça. Je demandais à M. Edouard Philippe de le faire en 2018 quand je lui ai remis mon rapport sur les réfugiés. S'il y a des régularisations pour les travailleurs, moi, à Sergile, je vois chaque jour des familles qui souffrent parce qu'elles n'ont pas accès aux papiers alors qu'elles travaillent. Donc ces aspects-là, je peux les voter.
En revanche, effectivement, sur tous les aspects qui consistent à mêler immigration et insécurité, et ce gouvernement fait cela sans cesse, ils pourront me trouver... À quel moment c'est fait dans ce projet de loi ?
Pardon ? À quel moment dans des dispositions vous voyez justement que ce thème de l'immigration et de la délinquance sont liés ?
Mais écoutez, quand on n'arrête pas de faire des grands mouvements de bras pour expliquer qu'on va expulser chaque étranger délinquant comme si toute la délinquance venait de l'immigration, c'est totalement faux. Regardons les chiffres. On a beaucoup d'infractions qui sont faites par des étrangers parce que ce sont des infractions qui sont liées à leur statut, des fois en écriture, évidemment que du coup, ça fait augmenter les statistiques. On a plus d'infractions faites par les étrangers parce que finalement, ils sont plus arrêtés que les autres. Ils sont plus sévèrement jugés. Il y a un traitement discriminatoire.
Ce n'est pas ce que dit Emmanuel Macron dans une interview dans le Figaro Magazine. Il dit que c'est d'abord une crise sociale ce qui s'est passé au moment des années. Il ne fait en aucun cas le lien entre immigration et délinquance.
Il a encore dit, il suffit il y a quelques semaines ou quelques mois qu'il suffisait de regarder à Paris et qu'on avait évidemment une réalité qui était que c'était les étrangers qui commettaient le plus d'actes de délinquance. Donc on voit bien qu'il y a une philosophie comme ça derrière ce projet de loi qui me gêne profondément que je combats et je l'ai d'ailleurs dit dans cette tribune. En revanche, s'il y a des choses intéressantes pour véritablement permettre l'accès au logement, l'accès au travail des immigrés dans notre pays, évidemment que je les voterai.
Lui dit en tout cas, Emmanuel Macron, pour reprendre ce qu'on disait à l'instant, qu'il n'y a pas de problème d'immigration mais un problème d'intégration. Ça c'est une analyse que vous partagez ou pas Aurélien ?
Écoutez, s'il y a un problème d'intégration, j'ai remis un rapport à son Premier ministre il y a cinq ans pour dire qu'il fallait augmenter les cours de français, pour dire qu'il fallait laisser les demandeurs d'asile travailler immédiatement. J'ai fait tout un tas, 72 propositions pour améliorer l'intégration. Mon rapport doit encore être en train de caler une armoire à Matignon. Donc qu'il arrête avec ses sujets sur l'intégration, ça ne l'intéresse pas.
Dans ce même entretien qu'il a accordé au Figaro Magazine la semaine dernière, le Front de la République annonce pour la fin de ce mois d'août une initiative politique d'ampleur mais uniquement à destination des forces politiques de l'arc républicain, ce qui veut dire sans les insoumis, a priori, vos alliés au sein de la NUPES. Est-ce que si les insoumis ne sont pas invités, les Verts doivent aller à l'invitation du Président de la République ?
Non, pas du tout. Vous savez, nous formons un bloc, nous sommes la nouvelle Union populaire, écologique et sociale et si l'un de nos alliés est méprisé et que finalement on a un gouvernement qui s'autorise à décider qui est républicain ou non quand M. Macron pour autant lui a toujours des gouvernements, a toujours des ministres qui sont soupçonnés de différentes affaires, va parler avec l'extrême droite ou appelle Éric Zemmour dès qu'il reçoit la moindre petite insulte dans la rue. Non, je ne crois que nous ne devons pas aller là-bas. C'est un piège pour nous diviser. Ne tombons pas dans le piège de M. Macron.
Cette position fait l'unanimité chez vous, chez Europe Écologie des Verts ?
Je n'ai pas pu échanger là-dessus avec mes amis récemment mais je suis certain que le groupe parlementaire écologiste à l'Assemblée refusera si nos amis insoumises ne sont pas invités de se rendre à cette invitation.
C'est une façon de tenter de vous rapprocher un petit peu des insoumis ? L'ambiance est moyenne disons depuis le début de l'été ? Vous tentez de recoller les morceaux ?
Je ne me sens pas du tout éloigné de mes camarades et collègues insoumis.
Les universités d'été en ordre complètement excercé par exemple
à la fin du mois d'août ? Oui, c'est vrai qu'il y a parfois... Écoutez, certains dirigeants des partis de la NUPS peuvent donner parfois le sentiment d'une espèce de je t'aime moi non plus pour rendre hommage à Jane Birkin qui nous a quittés il n'y a pas longtemps.
Par exemple ?
Je ne peux pas donner de nom mais si, on peut en donner un. Par exemple, M. Roussel, d'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi il est encore à la NUPES puisqu'il ne cesse de dire que finalement tout ce qu'on fait est très très mal. Mais pour le reste, nous sommes ensemble. Moi, ce que je souhaite, c'est que la NUPES se structure davantage. Moi, je souhaite effectivement que cette question des élections européennes ne nous empêche pas de continuer à avancer. Les élections européennes, le plus important, c'est d'envoyer un maximum de députés européens au Parlement, à Strasbourg. Là-bas, chaque voie compte.
On le voit encore avec la récente loi de restauration sur la nature qui est passée à quelques voies seulement. Donc, il faut envoyer un maximum de députés européens et les listes autonomes peuvent permettre ça. Mais en revanche...
Je n'étais pas qu'il y ait une liste unique. C'est un peu contradictoire entre ce que vous dites. Il faut une NUPES forte et en même temps, chacun part en ordre dispersé, y compris vous écologistes.
Écoutez, moi, j'étais plutôt favorable à une liste unique mais je peux comprendre que mes amis écologistes, que l'Europe Écologie Vert, où il y a une longue tradition d'attachement à avoir une liste autonome aux européennes pour pouvoir défendre à un fédéralisme son concession, on ait fait ce choix-là. Maintenant, je dis une chose. Il faut que la campagne se passe bien. Véritablement, moi, j'y serais très attaché. Vous savez, j'étais dans l'équipe de Yannick Jadot en 2022 et j'ai un mauvais souvenir de certaines attaques politiciennes contre Jean-Luc Mélenchon sur les questions d'Ukraine ou autres. Donc, je serais très attentif à ce que finalement cette campagne se passe bien.
Marie Toussaint est une excellente tête de liste. Elle permettra de porter une liste pour le climat, pour l'Europe. J'en suis fier. On enverra un maximum de députés européens au Parlement avec les listes autonomes. Mais il faut que la campagne se passe bien pour qu'on puisse reprendre le travail ensemble parce que pour 2027, ce ne sera pas un scrutin proportionnel. Et pour battre Dr Le Pen ou Mr Darmanin, il va falloir qu'on soit tous ensemble et qu'on ait un candidat unique. Vous les mettez sur le même plan Darmanin et Le Pen ? Écoutez, M. Darmanin dit que Mme Le Pen est trop molle. Moi, je ne sais plus trop à quel sein me vouer.
ce matin.
Aurélien Taché