PEREZIDA EMMANUEL MACRON ATI" KUVUGA UKURI KW'AMATEKA UKO KURI BYUBAKA AHAZAZA HEZA DUSANGIYE!"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:27Fait
« Notre nation regarde son histoire en face. Devoir pour elle-même, devoir envers autrui lorsque les actes commis en son nom s'écartent de l'idéal qui est le sien. »
- 12:44Fait
« Aucun crime contre l'humanité ne peut bénéficier de la prescription ou de l'impunité. Aucun. »
- 13:42Promesse
« Justice sera rendue. »
Temps de parole
- ?99 %
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Monsieur le président de la République du Rwanda, cher Paul Kagamé, madame la première dame, mesdames et messieurs les ministres, madame la secrétaire générale de l'organisation internationale de la francophonie. Mesdames et messieurs les ambassadeurs, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le délégué national de l'ordre de la libération, monsieur le maire de Paris, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs en vos grades et qualités, chers rescapé, chers amis, ce monument est un aboutissement. Il inscrit désormais le génocide des touts au Rwanda au cœur de notre capitale et de notre histoire.
Il est l'aboutissement d'un long et patient travail de vérité que nous avons collectivement fait nôtre et qui s'appuie sur des décennies de témoignages, d'écrit de travaux, d'une mobilisation acharnée. et merci pour les mots à l'instant prononcés madame avec courage. La lumière devait être faite, les mots devaient être posés, la reconnaissance devait être accomplie. à Kigali en mai 2021 au mémorial de Guisosi. J'ai reconnu au nom de la France les responsabilités de notre pays dans un engrenage qui a conduit à mener au génocide des Touts. J'ai dit alors ce que notre nation a fait, a laissé faire, a dit ou n'a pas dit.
Je n'entends rien retrancher de ces mots qui sont autant de pierres ajoutés à l'édifice de vérité que nous voulons bâtir. Je n'ai oublié aucun de ces mots. Je n'ai pas oublié non plus votre regard dans ces instants, président, votre attention, puis vos propres mots comme toujours choisi, pudique mais qui accueillait cette reconnaissance. Et je veux ici aujourd'hui à Paris vous remercier infiniment pour cela. En cela, j'entends demeurer fidèle à notre volonté de respecter les leçons de l'histoire toujours et partout comme nous le faisons et compons continuer de le faire avec l'Algérie, comme nous l'avons fait au Cameroun, au Sénégal. en Haïti.
Moment toujours arrasé par le cel des silences, de l'injustice, de l'absence trop longue de reconnaissance. Et soyez ici assurés de notre détermination à poursuivre cette œuvre de vérité et de justice. Oui, notre nation regarde son histoire en face. Devoir pour elle-même, devoir envers autrui lorsque les actes commis en son nom s'écartent de l'idéal qui est le sien. Devoir envers les victimes, les survivants, leurs enfants et les enfants de ceux qui ne sont plus, de celles et de ceux qui durant ces jours et ces nuits ont vécu la terreur comme vous l'avez admirablement rappelé.
La France le doit aussi au regard des liens fraternels qu'elle entend Noé avec les peuples amis au premier rang desquels le peuple rwandais. Elle le doit enfin car dire et nommer le passé permet d'ouvrir l'avenir. Depuis ces mots prononcés, depuis ce moment pour les présents et les absents, depuis lors, un rapprochement inédit s'est dessiné entre le Rwanda et la France. Et votre présence aujourd'hui à Paris, monsieur le président, madame, donne à ce moment un sens profond et une portée historique. Cette reconnaissance a été permise dans l'ombre et la persévérance par des esprits courageux.
Et je veux ici saluer, comme vous l'avez fait, le travail des associations et en particulier celui d'Ibouca France. Cher Marcel Cavanda, [applaudissements] sans lequel ce monument n'existerait pas. Ce monument est l'enfant de cette persévérance et de cette reconnaissance. L'œuvre de l'artiste se dialogue entre deux masses formantes un jardin où chacun peut prêter voix au souffle du temps. Cette œuvre, nous la devons à Grada Kilomba. Ces archives, c'est leur nom quelque chose du calme bloc ici-bas d'un désastre obscur pour évoquer ma larmée. Ce désastre, c'est celui du génocide où les toutsi furent massacrés pour ce qu'ils étaient.
Ce désastre est formé des appels à la haine, des nuits de massacre ininterrompus, des corps amoncelés sous la besogne des bourreaux. Le désastre, c'est celui de l'absence, de la nuit perpétuelle, de l'anéantissement, de l'épouvante au cœur des survivants. Cette œuvre incarne cette puissance du désastre où se fige la haine et l'esprit de mort. Cette œuvre relève aussi d'un mouvement inverse, celui de la mémoire à travers les mots inscrits en français, en anglais, en kinarwanda, en swili. Ces blocs sombres ne sont pas seulement un mausolé, mais un livre ouvert et qui, comme les livres restent et traverse le temps par de la lobbe et le crépuscule.
Et dans ces pierres imaginées se dessine la résistance de la vie à l'oubli, à la mort. Comme l'a dit Esther Mjawo, survivre c'est apprendre à vivre avec les absents. Près de ce mausolé, les absents sont là. Ils sont dans le cœur des vivants et dans ses blocs avec nous ici pour toujours. Je veux remercier en cela l'artiste, l'ensemble de ceux qui ont œuvré pour l'édification de cette œuvre qui dite avec force, calme et beauté la permanence pour nous du souvenir. Et je veux remercier monsieur le maire de Paris, monsieur Grégoire et sa prédécesseur, madame la mère Annie d'Algot pour avoir voulu ici cette œuvre, l'avoir porté et nous avoir accueilli par vos mots, monsieur le maire.
[applaudissements]
Mais ce monument, s'il est un aboutissement, il n'est pas une faim, c'est un jalon sur un chemin que nous avons ouvert. Nous avons collectivement ces dernières années beaucoup travaillé. Vous vous avez beaucoup lutté pour que des mots soient prononcés en 2021. Comme je l'ai dit, président, vous les avez accueillis avec beaucoup de courage et je ne sous-estime pas qu'il y avait beaucoup de gens pour vous dire que ça n'était pas assez, que ça aurait dû arriver plus tôt et cela d'autant plus que vous vous aviez combattu. Mais par ce travail de tous, par ces mots prononcés, parce que vous les avez accueillis, nous avons ouvert des chemins. Ils sont fragiles ces chemins encore, mais nécessaires.
Et le rassemblement d'aujourd'hui doit nous rappeler aussi tout le soin que nous devons y mettre. Chemin de vérité. Dans un monde où les empires parfois ont la tentation de falsifier l'histoire, dans ce moment aussi où le passé est un champ de bataille, dire la vérité est plus que jamais nécessaire. C'est la condition de la paix. Et tous ceux qui, y compris aujourd'hui encore dans votre région ni cette vérité prennent le risque du retour de la guerre. D'abord, nous devons continuer d'écouter la parole des survivants.
Je pense aujourd'hui au rescapé, au témo au témoignage bouleversant que nous venons d'entendre à l'innocence du quotidien opposé à la mécanique du crime de masse, à celles et ceux qui ont vu disparaître leurs proches, à celles et ceux qui ont traversé ces mois atroces et qui ont pourtant trouvé la force de témoigner, de transmettre, de reconstruire. Je pense à tant d'écrit, de romans, de témoignages. Je pense au récit brûlant de Jean Hatfeld. Je me souviens encore et les voix des rescapés de Niamata au livre texte de Gael Faille et de tant d'autres.
Je pense aussi à la diaspora rwandaise de France, à celles et ceux qui portent en eux le deuil, la survie, parfois l'attente longue, difficile de la justice. Ensuite, ce chemin de vérité, nous le ferons en donnant aux historiens les moyens de travailler, en écoutant leurs recommandation, en continuant chaque fois qu'il le faut d'accompagner cette œuvre scientifique. Et je veux ici remercier monsieur Ducler et tous les membres de la commission sous sa direction.
[applaudissements]
Merci cher Vincent, vous et tous vos collègues pour le travail mené avec rigueur, courage par la commission de recherche sur les archives françaises. Pour nous, la vérité se fonde et se fondra toujours sur le dialogue, la recherche historique, l'ouverture des archives, le travail des historiens menés dans le silence des livres au côté des sources et des traces de l'histoire. L'histoire prend ainsi sa juste place. Elle donne au témoignages, aux traces. Elle accueille les mémoires. Elle fait justice. Elle permet la vérité et la reconnaissance. Chemin de justice. Ensuite, ces dernières années encore, la justice française a poursuivi son travail. Il le fallait.
Mais ce que vous avez dit pour conclure tout à l'heure, madame est juste et nous allons éveiller. Des procès se sont tenus, d'autres enquêtes se poursuivent. Personne né ni sera au-dessus des lois. Et à celles et ceux qui pensaient avoir trouvé sur notre sol le refuge du temps ou l'abri de l'oubli, la justice française s'est trouvé les moyens de répondre. Aucun crime contre l'humanité ne peut bénéficier de la prescription ou de l'impunité. Aucun. Et je le redis avec force, justice sera rendue. Et je salue à ce titre le travail inlassable des associations de partie civil qui jouent un rôle fondamental dans ce processus, le travail des avocats, le travail des magistrats.
Chemin de vigilance aussi. Ces blocs irrécusables sont devant nous aussi comme des injonctions. Injonction à ne jamais nous accommoder, ne jamais oublier que ces masses obscures renferment aussi ce que l'esprit humain peut avoir de barbare. Ne cédons rien à la haine raciste de tous les jours. Et comme le dit l'auteur rwando canadien Benjamin Cé, le génocide commence quand on regarde son voisin comme un étranger. C'est vrai. Le seul remède à cet abandon chaque jour, à ce mal qui n'est jamais banal mais qui devient courant est un devoir de fraternité. Et comment ? Comment imaginer que le risque a disparu ? Comment ne pas s'épouvanter devant la force de frappe aujourd'hui ?
des propagandes en ligne. Il y a derrière nos écrans d'autres radio 1000 collines. Ouvrons les yeux
[applaudissements]
et soyons lucides aussi sur les logiques ethniques racialistes qui fleurissent ici ou là. Les mots peuvent varier, les masques changés. La logique à la fin demeure haine de l'autre, haine de tous les autres, haine totale et implacable qui conduit au meurtre de masse. La logique de ce crime de masse a été parfaitement décrite là aussi par plusieurs historiens, Stéphane Audoin Rousseau et plusieurs autres qui ont montré cette continuité, le retour de ces cycles dont vous avez parlé, président. Ceci nous oblige. Ce monument est donc aussi un enseignement.
Qui commence à haïir l'autre en raison de sa couleur de peau, de son identité, de son origine, de son ethnie, enclenche une mécanique qui emporte tout. Une soif de meurtre qui tenaille les esprits et le jour venu frappe, massacre, efface. Chemin de vigilance. Car le génocide est un crime contre l'humanité et par son caractère systématique, sa barbarie, sa volonté d'anéantissement et d'oubli, il est une offense que les bourreaux commettent contre tous les hommes. Une blessure faite à la conscience universelle.
Oui, ce génocide porte en lui la mémoire de tous les autres génocides dans leur différence particulière et irréductible, sans hiérarchie, sans confusion, avec la même indignation, la même douleur, la même résolution aussi à ne pas laisser se commettre le pire. Et notre conception de l'universel revient à dire cela. Nul ne peut être en paix dans le secret de sa conscience. Si l'humanité quelque part est prise pour cible. Chemin d'action ensuite. Car toute cette histoire nous oblige à toujours œuvrer pour la paix, le dialogue, pour que les armes cessent et que la mécanique des crimes ne se réenclenche plus jamais. À ce titre, être là nous oblige à vouloir la paix pour tous.
le respect de chacun et de toutes les souverainetés dans ce drame en cours depuis trop longtemps dans la région des grands lacs. Chemin d'espérance. Enfin, comment ne pas souhaiter ? Mais il est de notre devoir de le tracer et d'avancer ensemble. Rien n'est acquis, rien n'est conquis, rien n'est achevé. Mais ces blocs sont là pour nous rappeler ce passé, pour nous dire ce qui est désormais reconnu et pour nous permettre ensemble ce chemin. À nous de transmettre avec rigueur, dignité et fidélité ce message, de redire vos mots, de dire ces poèmes, de porter ensemble avec courage cette histoire. Tiboué touubaka.
[applaudissements]
ce souvenir bâtir ensemble et nous serons là. Je vous remercie.
[applaudissements]
Nous allons à présent procéder au geste inaugural. J'invite monsieur le président de la République du Rwanda et monsieur le président de la République à venir déposer une gerbe. Nous observerons ensuite une minute de silence suivi des hymnes nationaux.
Emmanuel Macron