Le discours halluciné de Macron aux Armées
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- 1:59Invité politiqueFait
« M. Macron dit tout et n'importe quoi, et qu'en réalité, nous avons à la tête de l'État un chef des armées qui souffre d'un problème psychiatrique. »
- 4:05Invité politiqueFait
« Faut-il rappeler ici qui a démoli le régime de Kadhafi en Libye, si ce n'est que l'Angleterre de David Cameron et la France de Nicolas Sarkozy, sans aucun mandat de l'ONU, du Conseil de sécurité ? »
- 6:07Invité politiqueFait
« M. Macron lui-même qui, en avril 2018, a décidé de balancer des missiles sur la Syrie suite à une affaire de gazage de la population qui, d'ailleurs, n'est toujours pas confirmée. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Faut-il rappeler qui a armé Daesh, qui arme Daesh, si ce n'est que des armements venus notamment d'Occident et notamment des États-Unis d'Amérique, et transitant ou financés par l'Arabie saoudite ou le Qatar ? »
- 8:49Invité politiqueFait
« Le président de la République ne connaît pas la nature de l'article 42 du TUE, qui pose le principe que la politique étrangère de sécurité et de défense de l'UE doit être compatible avec les engagements pris par les États membres de l'UE qui sont par ailleurs membres de l'OTAN. »
- 10:15Invité politiqueFait
« M. Macron élude le problème n°1, qui est celui des liens exacts en matière de stratégie, de géopolitique, d'intérêts que nous pouvons avoir avec des pays comme la Suède, l'Estonie, la Slovaquie, Chypre, la Slovénie, etc. »
- 12:58Invité politiqueFait
« La France, officiellement, s'abstient de condamner la glorification des Waffen-SS. La France a d'excellentes relations avec des pays où se développent de façon très rapide les mouvements néonazis. »
- 15:07Invité politiqueFait
« En revanche, dans le Land de Thuringe et dans les Länder de l'est de l'Allemagne : l'ancienne Allemagne de l'Est, il y a des dirigeants de Alternative für Deutschland qui ont des propos extraordinairement polémiques et très très très à droite, même de l'extrême-droite. »
- 18:33Invité politiqueFait
« C'est un secret de Polichinelle que de savoir que l'Inde ou Israël possèdent l'arme nucléaire. C'est un secret de Polichinelle que de savoir que la Corée du Nord est en train de posséder l'arme nucléaire, et maintenant teste des vecteurs. »
- 22:30Invité politiqueFait
« Macron nous explique qu'il faut absolument être dans le giron de l'OTAN, en quoi d'ailleurs il est conforme à l'article 42 du TUE que je citais précédemment. »
- 26:03Invité politiqueFait
« L'article 63 précise que toute restriction aux mouvements de capitaux est interdite entre les États membres de l'UE, et entre les États membres et les États tiers ! »
- 31:32Invité politiqueFait
« M. Macron, pour une fois, a dit non. Mais sur les 27 États, il n'y a que 3 États qui s'y sont opposés. C'est le Danemark, les Pays-Bas et surtout la France. »
- 38:30Invité politiqueFait
« Qu'est-ce qui se passerait ? Du fait de notre solidarité inébranlable, la France pourrait entrer en conflit nucléaire avec la Russie. C'est-à-dire que dans les 5 minutes, la France serait rayée de la carte. »
- 44:24Invité politiqueFait
« Mais quand on européanise la force de frappe entre Malte ou Chypre d'un côté et la très puissante Allemagne de l'autre, on sait très bien qui va tirer les marrons du feu. »
Temps de parole
- Emmanuel Macron100 %
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Mes chers compatriotes. Nous sommes aujourd'hui le dimanche 9 février 2020. Et je veux revenir avec vous... Et commenter un discours d'une très grande importance, qu'Emmanuel Macron, président de la République, a effectué avant-hier, le 7 février 2020, devant la 27e session de l'École de guerre. Il a parlé devant des ministres, devant le chef d'État-Major des armées, devant les officiers généraux et devant les officiers supérieurs, ainsi que les stagiaires de la session de l'École de guerre. Il a parlé stratégie militaire et en particulier stratégie nucléaire.
Le président de la République, de par nos institutions, étant le chef des armées, étant le décideur final de l'emploi de la force nucléaire française, de la force de frappe qui avait été décidée, mise au point, élaborée et de toute la doctrine stratégique qui allait avec par le général De Gaulle... Il est évidemment de la plus grande importance de s'intéresser aux propos d'Emmanuel Macron. Et ça n'est pas parce que ce débat paraît compliqué, complexe et réservé à des personnalités spécialisées, des experts, que le grand public ne doit pas y prêter l'œil et l'oreille, et comprendre de quoi il s'agit. J'ai regardé minutieusement...
J'ai pris quelques heures avant de réagir, parce que j'aime bien réagir en m'étant documenté et en revenant à la source des informations. Vous pouvez trouver le discours d'Emmanuel Macron sur Internet, sur Youtube, et vous pouvez trouver le verbatim de ce discours sur le site même de l'Élysée. Le discours est très long, je ne vais pas en faire un commentaire exhaustif. Néanmoins, j'ai retenu quand même quelques passages que je voudrais examiner avec vous, pour vous faire ressentir plus qu'un malaise, une véritable préoccupation d'une exceptionnelle gravité. C'est que M.
Macron dit tout et n'importe quoi, et qu'en réalité, nous avons à la tête de l'État un chef des armées qui souffre d'un problème psychiatrique. Et je ne dis pas ça... Ça n'est pas un effet de séance. On va examiner ensemble, si vous voulez, quelques-uns des passages de ce discours, et se poser la question de savoir si M. Macron a vraiment tous ses esprits. Premier passage : {L’idée même d’un ordre multilatéral fondé sur le droit, où le recours à la force est régulé, où les engagements sont respectés, où les droits créent des obligations qui s’appliquent à tous... Cette idée-là est profondément remise en cause aujourd'hui.
Cette déconstruction des normes internationales s’inscrit dans une logique assumée de compétition, où seules primeraient la loi du plus fort, la réalité du rapport de forces. Les plus cyniques vont jusqu'à se draper dans la légalité et un attachement de façade à l’ordre international, pour mieux les violer en toute impunité. Ces attitudes posent évidemment des questions fondamentales à nos démocraties. Pouvons-nous être les seuls à accepter de respecter les règles du jeu, les seuls dont la signature sur les engagements internationaux aurait encore une valeur ? Serait-ce aujourd'hui devenu une coupable naïveté ?
La réalité, c’est que ces enjeux restent essentiels pour l’immense majorité des États membres des Nations unies, pour lesquels le droit est protecteur et stabilisateur, et qui aspirent à un ordre international qui renforce la sécurité et la paix.} Voilà, j'arrête ici ce long extrait du discours d'Emmanuel Macron. Et j'invite toutes celles et tous ceux qui m'écoutent à y réfléchir. M. Macron nous explique qu'il faut respecter le droit international, conformément à l'attente majoritaire des pays membres des Nations unies, et que seules – d'après lui – les démocraties occidentales auraient la naïveté de l'appliquer contre les grands méchants qui seraient ailleurs.
Franchement, de qui se moque-t-il ? Faut-il rappeler ici qui a démoli le régime de Kadhafi en Libye, si ce n'est que l'Angleterre de David Cameron et la France de Nicolas Sarkozy, sans aucun mandat de l'ONU, du Conseil de sécurité ? C'est une violation absolument éhontée du droit international public et de la Charte de l'ONU. Faut-il rappeler qui a démoli le régime irakien de Saddam Hussein, au motif qu'il y avait des armes de destruction massive, ce qui s'est révélé faux ? C'est bien les États-Unis d'Amérique avec la plupart des pays de l'UE qui ont fait donc cette guerre illégale au regard du droit international.
Il faut rappeler que la France de Jacques Chirac s'y était opposée et avait eu raison de le faire. Elle avait fait respecter le droit international. Faut-il rappeler ce qui se passe en Syrie, où les États-Unis d'Amérique ont décidé de déstabiliser le gouvernement et les autorités légitimes de Damas, sans aucun mandat de l'ONU ni du Conseil de sécurité ? Qui respecte le droit international en Syrie ? Puisque M. Macron cite les États membres de l'ONU, je rappelle, que cela fasse plaisir ou ne fasse pas plaisir...
Je rappelle que les autorités de Damas sont les seules autorités légitimes au regard de la très grande majorité des États membres de l'ONU, et que le siège d'ambassadeur de la Syrie à l'ONU est occupé par un représentant de Bachar el-Assad. Faut-il rappeler que la France de M. Macron... C'est M. Macron lui-même qui, en avril 2018, a décidé de balancer des missiles sur la Syrie suite à une affaire de gazage de la population qui, d'ailleurs, n'est toujours pas confirmée. Les informations les plus contradictoires circulent sur cette question.
Sans (qu'aucune) enquête internationale contradictoire et avec des représentants du régime de Damas n'ait été menée à bien, et sans qu'il y ait surtout eu une autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU. Faut-il rappeler qui a armé Daesh, qui arme Daesh, si ce n'est que des armements venus notamment d'Occident et notamment des États-Unis d'Amérique, et transitant ou financés par l'Arabie saoudite ou le Qatar, qui sont les alliés de l'Occident et de M. Macron ? Qui a mis un terme à Daesh au Moyen-Orient, sinon la Russie, qui est intervenue en Syrie à la demande du gouvernement considéré comme légitime par l'écrasante majorité des pays du monde, et donc conformément au droit international ?
En réalité, depuis maintenant un certain nombre d'années, c'est la Russie qui applique le plus le droit international, et c'est l'Occident et nominativement les États-Unis d'Amérique et les pays de l'UE qui le violent le plus. Faut-il rappeler l'affaire de l'Ukraine ? Faut-il rappeler le deux poids, deux mesures permanent des États-Unis d'Amérique et de l'UE au Moyen-Orient et sur le conflit israélo-palestinien ? M. Macron, lorsqu'il parle du droit international, de la primauté du droit international public, et lorsqu'il l'attribue au seul fait des puissances occidentales et européennes, ment effrontément.
D'ailleurs, de nombreux sondages effectués à travers le monde ont montré que pour beaucoup de peuples du monde, ce sont désormais les États-Unis d'Amérique qui sont le premier risque planétaire pour la paix du monde. {Le choix qui se pose à nous est en effet celui d’une reprise en main de notre destin ou celui, renonçant à toute stratégie propre, d’un alignement sur quelque puissance que ce soit. C’est pourquoi un sursaut est nécessaire, et la refondation de l’ordre mondial au service de la paix doit être notre cap. Et la France et l’Europe y ont un rôle historique à jouer.} M. Macron qui nous explique qu'il ne faut pas être sous la tutelle d'une puissance extérieure quelle qu'elle soit.
Mais enfin, le président de la République ne connaît pas la nature de l'article 42 du TUE, qui pose le principe que la politique étrangère de sécurité et de défense de l'UE doit être compatible avec les engagements pris par les États membres de l'UE qui sont par ailleurs membres de l'OTAN, c'est-à-dire la quasi-totalité, à part la Suède, l'Autriche (Bafouillement)... Voilà. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la politique étrangère de l'UE est assujettie à l'OTAN, donc en fait au visé géopolitique et hégémonique de Washington. Tout le monde le sait.
Donc lorsque Macron nous explique qu'il ne doit pas dépendre d'une politique internationale, d'une puissance étrangère qui fixerait notre politique internationale, il dit le contraire de la réalité. D'ailleurs, plus tard dans le discours – on va le voir tout à l'heure –, il explique qu'en fait, la dépendance, l'appartenance de la France et de l'UE à l'OTAN est vitale, que c'est fondamental pour la protection du continent européen. Comment peut-il dire une chose et son contraire de façon permanente ? Quant à l'intérêt de l'Europe, j'y reviendrai tout à l'heure : quel est l'intérêt de l'Europe ? Il y a un flou artistique incroyable dans la définition des intérêts. M.
Macron élude le problème n°1, qui est celui des liens exacts en matière de stratégie, de géopolitique, d'intérêts que nous pouvons avoir avec des pays comme la Suède, l'Estonie, la Slovaquie, Chypre, la Slovénie, etc., le Danemark ou bien la Pologne, ou l'Allemagne. Troisième sujet : {C’est pour cela que je suis convaincu que les Européens doivent d’abord et avant tout définir ensemble ce que sont leurs intérêts de sécurité et décider souverainement de ce qui est bon pour l’Europe.
Ainsi, il ne peut y avoir de projet de défense et de sécurité des citoyens européens sans vision politique cherchant à favoriser la reconstruction progressive de la confiance avec la Russie.} Là aussi, on croit rêver. Comme l'avait dit De Gaulle, la France a un intérêt stratégique à être en bons termes avec la Russie. Le Général avait dit que tout au long de son histoire, depuis le mariage de Henri Ier de France avec Anne de Kiev jusqu'à la grande commission mixte franco-soviétique de 1966... Toute l'Histoire montre que lorsque la France est en bons termes avec la Russie, c'est des grands moments de l'histoire de France, disait De Gaulle.
Et quand la France est en mauvais termes avec la Russie, ce sont des mauvais moments de l'histoire de France. Bon. Il se trouve que dans le cadre de l'UE, nous sommes pieds et poings liés dans une solidarité européenne avec des pays comme les pays baltes : l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, mais aussi avec la Pologne, qui sont des pays... Il y en a d'autres. On pourrait citer la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, la Roumanie. Mais ces pays-là sont des pays qui ont un antagonisme séculaire à l'encontre de la Russie. Nous avons donc... Macron dit qu'il faut définir les intérêts européens, ce qui d'ailleurs est un aveu d'échec phénoménal.
62 ans après le traité de Rome, le président de la République française en est à se dire : « Il faudrait définir quels sont les intérêts européens en matière de sécurité ». Ça prouve que ça va pas. Mais surtout, ce que ça prouve, c'est que le périmètre de l'UE est un périmètre artificiel, et que la France est entraînée dans des postures anti-russes par solidarité avec les pays baltes, où l'on commémore chaque année les Waffen-SS, le gouvernement ! Le gouvernement de Tallinn en Estonie, le gouvernement de Riga en Lettonie ou le gouvernement de Vilnius en Lituanie commémorent officiellement chaque année les Waffen-SS qui se sont battus contre l'Union soviétique.
D'ailleurs, la Russie, chaque année, devant l'ONU, que par ailleurs Macron cite en exemple, demande à l'assemblée générale de l'ONU de condamner la glorification du nazisme et des Waffen-SS par les États baltes. Et la France, tous les ans... D'ailleurs, nous soulignons ce scandale. Sur les 193 États membres des Nations unies, il y en a en gros 160 et quelques qui sont représentés. Les micro-États n'ont pas toujours la possibilité financière d'envoyer un ambassadeur à New York. Mais sur les 160, 170 États qui ont un ambassadeur à New York au moment de l'assemblée générale qui reprend ses travaux début septembre... Et chaque année, il y a un vote.
Et chaque année, il y a à peu près 130 États qui votent la résolution russe qui condamne la glorification des Waffen-SS. Et chaque année, il y a une quarantaine d'États qui ne la condamnent pas. Les États-Unis puis parfois certains de leurs obligés, comme les îles Marshall en plein océan Pacifique, etc., votent contre. Et puis les pays membres de l'UE, dont la France, s'abstiennent par solidarité avec des pays membres de l'UE. On s'abstient. La France, officiellement, s'abstient de condamner la glorification des Waffen-SS. La France a d'excellentes relations avec des pays où se développent de façon très rapide les mouvements néonazis.
Ce qui pose d'ailleurs un énorme problème dont la presse française ne parle pas, mais qu'il faut regarder en face : actuellement, dans les États baltes : en Pologne, dans les Länder de l'est de l'Allemagne, se développent des mouvements politiques très très à droite et carrément néonazis, avec des banderoles, avec des slogans, avec des réhabilitations de la période hitlérienne qui devraient être quand même au centre des préoccupations des gens qui regardent la scène politique européenne. Je ne parle même pas de l'Ukraine, où Stepan Bandera est l'équivalent de... Enfin c'est un collaborateur notoire qui est chanté par les forces qui sont au pouvoir à Kiev.
Ce que je dis pose d'ailleurs tellement problème qu'on a vu hier même Mme Merkel, la chancelière d'Allemagne, licencier, limoger un des membres de son gouvernement, qui avait applaudi à l'alliance qu'il y a eu dans le Land de Thuringe entre la CDU allemande : le parti de Mme Merkel, et Alternative für Deutschland, qui est le parti anti-immigrés et qui est considéré comme étant à l'extrême-droite. En particulier... Ça dépend des Länder. Dans certains Länder, il y a des dirigeants qui ont des déclarations – disons – globalement fréquentables ou acceptables.
En revanche, dans le Land de Thuringe et dans les Länder de l'est de l'Allemagne : l'ancienne Allemagne de l'Est, il y a des dirigeants de Alternative für Deutschland qui ont des propos extraordinairement polémiques et très très très à droite, même de l'extrême-droite. Et notamment, le chef de l'AfD pour la Thuringe est considéré carrément comme un néonazi. Et il y a eu une alliance entre AfD et la CDU pour faire élire le nouveau ministre-président du Land de Thuringe, du parti libéral du FDP. Ça a créé une crise gouvernementale hier même en Allemagne. À la demande du parti social-démocrate, Mme Merkel a viré le ministre de son gouvernement qui avait applaudi à cette alliance.
Et le chef de la CDU en Thuringe a également dégagé. Ce qui prouve d'ailleurs qu'il va y avoir peut-être de nouvelles élections. Enfin bref, comment la France peut-elle vouloir définir une politique de rétablissement des relations avec la Russie, qui est – comme le disait De Gaulle, que j'ai cité tout à l'heure – conforme à ses intérêts géopolitiques à elle, la France, à nous... La France a intérêt fondamental à avoir de bonnes relations avec la Russie pour faire contrepoids à la Mitteleuropa, comme disent les géostratèges, c'est-à-dire le centre même de l'Europe.
Comment Macron peut-il demander à l'Europe d'avoir cette politique vis-à-vis de la Russie alors même que les pays que je viens de citer sont farouchement anti-russes ? Autre extrait : {La France, au titre de ses responsabilités propres, est également prête à participer à des discussions qui rassembleraient les cinq États dotés d’armes nucléaires au sens du TNP, sur les priorités du désarmement nucléaire, le renforcement de la confiance et de la transparence sur les arsenaux et les stratégies nucléaires de chacun. Cette discussion devra viser à renforcer la stabilité entre États dotés et à réduire les risques d’escalade involontaire en cas de conflit.} Là, c'est un changement de sujet.
Il s'agit du traité de non-prolifération nucléaire, avec ce que ce traité prévoit, c'est-à-dire l'interdiction de la diffusion nucléaire. Et ce traité a prévu qu'il y a 5 États, 5 États seulement, que l'on appelle les États dotés : dotés d'une arme nucléaire, et qui ont seuls le droit de l'avoir. Il s'agit, d'après ce traité, des États-Unis, de la Russie, successeur de l'Union soviétique, qui était la signataire au moment du TNP, de la République populaire de Chine, du Royaume-Uni et de la France. Mais M. Macron, bien sûr qu'on peut discuter avec les 5 puissances, mais le problème n'est pas là.
Le problème de la dissémination nucléaire, il est dans le fait que d'ores et déjà, un certain nombre d'États ont enfreint ce TNP. (NDLR : l'Inde et Israël n'ont pas signé le traité) C'est un secret de Polichinelle que de savoir que l'Inde ou Israël possèdent l'arme nucléaire. C'est un secret de Polichinelle que de savoir que la Corée du Nord est en train de posséder l'arme nucléaire, et maintenant teste des vecteurs. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les États-Unis de Donald Trump ont essayé de nouer un dialogue avec la Corée du Nord. Donc en fait, le discours que vous tenez est un discours qui porte à faux, qui ne porte pas sur le véritable sujet.
Le véritable sujet, c'est de savoir quels sont les pays qui ont enfreint le TNP, et pourquoi, et qu'est-ce que l'on fait. {La France, enfin, est convaincue que la sécurité à long terme de l’Europe passe par une alliance forte avec les États-Unis. Je l’ai redit lors du sommet de l’OTAN à Londres, et la France en fait chaque jour l’expérience dans ses opérations. Mais notre sécurité passe aussi, inévitablement, par une plus grande capacité d’action autonome des Européens.
Et que le dire, l’assumer, le porter suscitent tant de réactions, tant de doutes, me surprend vraiment.} {Oui, les vraies questions pour les Européens sont au fond plutôt les questions qu’ils doivent s’adresser à eux-mêmes, plutôt qu’aux Américains : pourquoi ont-ils diminué à ce point leur effort de défense depuis les années 90 ? Pourquoi ne sont-ils plus prêts à inscrire la défense parmi leurs priorités budgétaires et à faire pour cela les sacrifices nécessaires, alors même que les risques s’accumulent ?} Arrêtons-nous un instant sur ce passage.
D'abord, Macron nous explique qu'il faut absolument être dans le giron de l'OTAN, en quoi d'ailleurs il est conforme à l'article 42 du TUE que je citais précédemment. Mais on peut pas dire qu'on va être dans le giron de l'OTAN, dont le siège est à Bruxelles, mais dont les grandes décisions sont prises à Washington – tout le monde le sait –, et dans le même temps, en même temps, comme dit Macron, en même temps se plaindre d'être sous la domination d'une puissance extérieure. C'est complètement incohérent. Deuxièmement, Macron se plaint de la baisse du budget militaire. Mais enfin je me pince ou quoi ? Quand il est arrivé à l'Élysée, qu'est-ce qu'il a fait ?
Il a continué à diminuer le budget des armées. Il est dingue. Alors il est vrai que depuis 1 an ou 2, il a commencé à le réaugmenter très légèrement. Mais pourquoi est-ce que l'on tape dans le budget militaire, et pourquoi les pays européens ? Parce qu'ils obéissent aux GOPÉ, fixées par la Commission européenne, ils obéissent aux exigences de la BCE, qui font la chasse aux déficits budgétaires. C'est la raison pour laquelle la quasi-totalité... Pas tous. L'Allemagne a fait un effort, comme d'habitude, en matière militaire. Mais la plupart des pays d'Europe ont dû tailler dans le vif des budgets de tous les ministères, à commencer par le ministère de la Défense.
Là, en France, le seuil de crédibilité de l'armée française est tombé en dessous de la barre minimum. Je l'avais dit pendant la campagne présidentielle. Il faut en effet réaugmenter les dotations budgétaires du ministère de la Défense. Mais on ne peut pas à la fois augmenter les dotations budgétaires du ministère de la Défense et en même temps donner de plus en plus d'argent à l'UE, et en même temps diminuer les budgets de tous les autres ministères à la demande de Bruxelles. En d'autres termes, la politique que M. Macron appelle de ses vœux est incompatible avec notre appartenance à l'UE et à ses injonctions de réduction de déficit budgétaire.
{Mais la liberté d’action européenne, la défense et la sécurité de l’Europe, ne peuvent reposer sur une approche uniquement militaire. Pour construire l’Europe de demain, nos normes ne peuvent être sous contrôle américain, nos infrastructures, nos ports et aéroports sous capitaux chinois et nos réseaux numériques sous pression russe.} (Mains qui tapent sur la table) Franchement, les bras m'en tombent. M. Macron nous explique qu'il ne faut pas placer nos infrastructures sous capitaux chinois. Mais qui a cédé la gestion de l'aéroport de Toulouse à des Chinois, qui d'ailleurs étaient des escrocs ? M. Macron !
Qui est en train de lancer la privatisation d'ADP, avec malheureusement un référendum qui n'aura sans doute pas lieu, puisqu'il y a 1,2 million de signatures qui ont été réunies, ce qui est énorme, mais les médias ont eu la bénédiction du CSA pour ne pas appeler les Français à signer la pétition pour le référendum ? Et le référendum exige (NDLR : 4,7 millions de signatures. Pourquoi pas aussi 47 millions de signatures ?) C'est un seuil inaccessible. M. Macron privatise les aéroports, les autoroutes, etc. M. Macron a vendu Alstom aux Américains. M. Macron a laissé partir Latécoère.
J'ai fait il y a quelques temps de cela, il y a un mois environ, une vidéo pour expliquer le nombre de fleurons de haute technologie que nous laissons vendre aux Américains, aux Chinois, notamment parce que nous ne réagissons pas à la libre circulation des mouvements de capitaux qui est imposée par les traités européens. Et voici que Macron nous explique que ça n'est pas bien. Mais il est dingue ! C'est un cas psychiatrique. Il critique ce qu'il fait !
{Nous nous sommes même abandonnés entre Européens, poussant tant de pays du sud de notre Union européenne à laisser des investisseurs reprendre ce que nous ne savions pas acheter, ce que nous poussions à privatiser, quand bien même ces infrastructures étaient stratégiques. Funeste erreur. Nous devons, pour ces infrastructures critiques, retrouver, au niveau européen, une vraie politique de souveraineté !} Les bras m'en tombent ! Il fait allusion en effet au Portugal, à la Grèce, à l'Italie, à la France aussi, à tous ces États membres de l'UE qui ont le pistolet sur la tempe pour réduire leur déficit budgétaire, pour réduire leur endettement public.
Et tous les plans, notamment le plan de sauvetage de la Grèce, a imposé un programme absolument drastique de privatisations à la Grèce. Il y a également le même programme au Portugal. Et en France, on en applique de façon atténuée les mêmes injonctions : privatisation des services publics, privatisation des aéroports, privatisation des autoroutes, privatisation des PMU, privatisation de l'équivalent des caisses des dépôts et consignations, privatisation des lotos, etc. Et tout ça est racheté par qui ? M. Macron, si l'on comprend bien son discours, voudrait que ce soit racheté par des fonds européens. Mais M.
Macron, vous ne connaissez pas la nature de l'article 63 du TFUE sur la libre circulation des mouvements de capitaux ? Ça fait des années que j'explique aux Français, dans les conférences que je fais à travers la France, la nature extraordinairement nocive de ce traité. L'article 63 précise que toute restriction aux mouvements de capitaux est interdite entre les États membres : de l'UE, et entre les États membres et les États tiers ! Vous en pensez quoi, de ce morceau de phrase : « et entre les États membres et les États tiers » ?
C'est justement pour cela que les Américains, les Chinois, les Saoudiens, les Qataris, les Russes, un grand nombre de pays du monde rachètent les actifs des pays occidentaux de l'UE qui sont mis en vente par idéologie ou exigence de la Commission européenne, par application des traités.
Et d'ailleurs, il est assez logique qu'il en soit ainsi, puisqu'aux États-Unis d'Amérique, où il y a de la création monétaire en veux-tu en voilà, en Chine, où l'on se gave des excédents commerciaux et donc où l'on accumule des dollars en veux-tu en voilà, il y a des liquidités, alors qu'en Europe occidentale, où on a une politique malthusienne en matière économique depuis des années, eh bien statistiquement, il n'y a pas les mêmes quantités d'argent disponibles pour les investisseurs que venant des États-Unis, venant de la Chine, venant d'Arabie saoudite, du Qatar et j'en passe.
En d'autres termes, – et c'est exceptionnellement grave – le chef des armées nous explique en fait, nous révèle qu'en fait, il ne comprend rien aux traités européens. Ou alors s'il sait quelle est la nature de l'article 63, alors il doit se rapprocher de l'UPR. M. Macron, adhérez à l'UPR. Dites-nous qu'il faut sortir de ce processus de destruction de l'industrie française, et qui résulte de l'article 63. Ne nous dites surtout pas qu'il faut changer l'Europe, puisque vous connaissez l'article 48 du TUE qui explique qu'il faut l'unanimité des États membres pour modifier le moindre article des traités européens.
Il n'y aura jamais l'unanimité des États membres pour modifier cette libre circulation des mouvements de capitaux. Vous aurez toujours le Luxembourg, les Pays-Bas, Malte et un certain nombre de pays de l'Est qui s'y opposeront vertement par le principe de l'ultralibéralisme et du fait au Luxembourg que l'économie dépend essentiellement des questions financières. {Mesdames et messieurs, pour que la France soit à la hauteur de cette ambition européenne, à la hauteur aussi de son histoire, elle doit rester souveraine ou décider elle-même, sans les subir, les transferts de souveraineté qu’elle consentirait, tout comme les coopérations contraignantes dans lesquelles elle s’engagerait.
Et c’est le quatrième pilier de la stratégie que je veux pour notre pays : une véritable souveraineté française.} (Mains qui tapent sur la table) (x2) Est-il besoin de commenter ce passage ? M. Macron nous dit que le 4e pilier stratégique de sa pensée, c'est d'avoir une véritable souveraineté française, ne pas consentir de transferts de souveraineté que l'on ne voudrait pas, au même moment qu'il a signé le traité d'Aix-la-Chapelle avec l'Allemagne, où il est allé dans la direction de fourguer notre armée à l'Allemagne, en même temps qu'il est là à promouvoir plus d'Europe, plus d'Europe. C'est un cas psychiatrique. Je le dis sans effet de manche.
Nous avons à la tête de l'État quelqu'un qui dit des choses qui sont le contraire exact de ce qu'il fait. {Cette volonté de souveraineté nationale n’est absolument pas incompatible avec notre volonté de développer les capacités européennes. Je dirais même que c’est un prérequis indispensable. On coopère mieux quand on peut décider souverainement de coopérer.} Écoutez bien cette phrase : « On coopère mieux quand on peut décider souverainement de coopérer ». Eh bah celui qui comprend ce que ça veut dire est prié de nous le faire savoir. Ça ne veut rien dire. « On coopère mieux quand on peut décider souverainement de coopérer »... Parce que ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'actuellement, on n'est pas souverains ? Ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça ne veut rien dire. Et d'ailleurs, si on est souverains, on peut aussi ne pas coopérer, hein. On peut aussi décider de ne pas coopérer avec d'autres États, ou ne pas fusionner.
C'est d'ailleurs bien le problème auquel se heurte Macron, puisque je rappelle que les européistes ont décidé qu'après le départ du Royaume-Uni, pour montrer que la construction européenne, c'est l'avenir du monde, et pour répondre à des demandes formulées par les gouvernements de ces États, et pour répondre à la demande profonde des États-Unis d'Amérique, les dirigeants européens de la commission sortante ont dit... Et de la nouvelle commission. Il y avait à la fois Juncker, Mme von der Leyen et puis M. Borrell : le ministre des Affaires étrangères.
Ils nous ont dit qu'il fallait maintenant que l'UE accueille un 28e État membre, puisqu'on est tombés à 27 avec le départ du Royaume-Uni, et un 29e État membre, qui sont la Macédoine du Nord et l'Albanie. J'en ai déjà parlé dans une intervention antérieure. M. Macron, pour une fois, a dit non. Mais sur les 27 États, il n'y a que 3 États qui s'y sont opposés. C'est le Danemark, les Pays-Bas et surtout la France. Macron a dit : « C'est prématuré de faire entrer la Macédoine du Nord et l'Albanie ». Oui, en effet.
D'abord parce que ces États sont là pour évidemment empocher des milliards d'euros, au moment même où, le Royaume-Uni s'en allant, il va falloir que l'on comble le manque à gagner de la contribution britannique. On va demander aux Français d'augmenter les 10 milliards d'euros qu'on donne chaque année. Les 9 à 10 milliards d'euros vont peut-être passer à 12, 13, 14, 15 pour d'une part compenser le manque à gagner du départ britannique et d'autre part pour donner aux Albanais et aux Macédoniens du Nord. J'ajoute que ces deux pays, et particulièrement l'Albanie, sont connus pour être dans la main des mafias. C'est-à-dire que l'argent versé en Albanie va pas aller bénéficier aux Albanais.
Ça va bénéficier aux mafias, aux gangs qui dirigent le pays. J'ajoute que ce sont les pays de tous les trafics : trafic d'êtres humains, prostitution, trafic de drogue, trafic de cigarettes, trafic de produits illicites, etc., etc. Donc Macron a dit non. Sauf que l'un des adjoints du secrétaire d'État américain est venu en Europe pour dire : « Nous voulons que la Macédoine du Nord et l'Albanie entrent dans l'UE ». Et Macron va bien entendu se coucher. Donc quand il dit qu'on coopère mieux quand on décide souverainement de coopérer, ça ne veut rien dire. La réalité, c'est que Macron ne décide rien du tout.
Il est tout simplement le factotum, le larbin des forces qui l'ont fait élire à l'Élysée par une gigantesque manipulation médiatique. C'est tout. {Ce qui doit nous guider, c’est bien la réalité des menaces d’aujourd’hui et de demain pour la France et les Français, pour l’Europe et les Européens.} Dans l'esprit de Macron, les menaces qui frappent la France et les Français sont les mêmes que les menaces qui frappent l'Europe et les Européens. C'est bien ça. Or, c'est faux. J'ai déjà eu l'occasion de le dire tout à l'heure. Actuellement... Je suis désolé de le dire, mais la France a des intérêts géopolitiques qui n'ont rien à voir avec ceux des pays de l'Est.
J'en ai déjà parlé tout à l'heure : les pays de l'Est ont une hantise... Je pense notamment aux pays baltes, à la Pologne. La hantise qu'ils ont, c'est d'être de nouveau menacés par la Russie. La Pologne, à deux reprises dans son histoire, a été partagée entre l'Allemagne et la Russie. Ces pays veulent le parapluie américain de l'OTAN. Mais nous, la France, pour les raisons que j'ai exposées tout à l'heure et ce que disait De Gaulle, nous, notre intérêt géopolitique, c'est d'avoir une alliance stratégique avec la Russie pour faire contrepoids au centre européen, pour éviter d'être dominés en réalité par le monde allemand.
Donc nos intérêts géostratégiques n'ont rien à voir avec ceux de (nos) voisins. Lorsque M. Macron dit... Comme je le disais d'ailleurs tout à fait au début de cet entretien, lorsque M. Macron parle des menaces contre la France et contre les Français, contre l'Europe et les Européens, il fait semblant de croire que les menaces qui pèsent sur l'Europe et les Européens seraient les mêmes que les menaces qui pèsent sur la France et les Français.
Il y a un flou gigantesque sur la définition des menaces alors que toute pensée stratégique devrait être d'une excessive, d'une extrême précision sur qui défend quoi, parce qu'au bout du compte, l'usage de la force nucléaire, c'est vraiment défendre la nation française. Ça veut dire quoi, ce que fait Macron ? Eh bien il le précise dans la suite de ce discours, qui a d'ailleurs eu un certain écho dans la presse. C'est le seul point qui a eu d'ailleurs de l'écho. {Sur ce point, notre indépendance de décision est pleinement compatible avec une solidarité inébranlable à l’égard de nos partenaires européens.
Notre engagement pour leur sécurité et leur défense est l’expression naturelle de notre solidarité toujours plus étroite. Soyons clairs : les intérêts vitaux de la France ont désormais une dimension européenne.} L'indépendance de la décision d'utiliser la force nucléaire, dit Macron, est pleinement compatible avec la solidarité inébranlable avec nos partenaires européens. Inébranlable. Ça veut dire « automatique ». Ce passage est d'une exceptionnelle gravité. Je disais tout à l'heure qu'à Tallinn, à Riga, à Vilnius : dans les capitales des trois États baltes, règnent des gouvernements membres de l'UE...
Règnent des gouvernements où un certain penchant pour les théories néonazies se fait jour depuis maintenant de nombreuses années, des gouvernements extraordinairement anti-russes. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la France a prépositionné, dans le cadre de l'OTAN, sur une base qui s'appelle la base de Tapa, dont j'ai déjà parlé, en Estonie... Nous avons 300 soldats. Nous avons des engins blindés. C'est une base qui se situe – je crois – à 180 km à vol d'oiseau de Saint-Pétersbourg, qui est la deuxième ville russe. Mais qu'il vienne à l'esprit du gouvernement de Vilnius, de Riga ou de Tallinn en Estonie... Tallinn, c'est en Estonie. Riga est en Lettonie. Vilnius en Lituanie.
Ou qu'il vienne à l'esprit du gouvernement de Varsovie l'idée, d'un seul coup, d'entrer en conflit avec la Russie, par exemple sur l'enclave de Kaliningrad, qui est enserrée entre la Pologne et la Lituanie. Qu'est-ce qui se passerait ? Du fait de notre solidarité inébranlable, la France pourrait entrer en conflit nucléaire avec la Russie. C'est-à-dire que dans les 5 minutes, la France serait rayée de la carte. Le peuple français doit quand même avoir son mot à dire sur une stratégie de cette nature.
Je rappelle que Charles de Gaulle, quand on relit toute sa pensée stratégique, avait toujours dit que la force de frappe nucléaire, c'était pour défendre la sanctuarisation du territoire français. Justement, c'est parce que De Gaulle doutait que les Américains engagent la survie des États-Unis d'Amérique pour défendre l'Europe de l'Ouest face à l'Union soviétique que De Gaulle avait dit qu'à son avis, jamais les Américains n'accepteraient de mourir pour sauver les Français. C'est justement la raison pour laquelle De Gaulle avait voulu une force de frappe nucléaire pour sanctuariser le territoire national.
Et Macron, l'air de rien, nous explique que la solidarité et que la défense de la nation française, c'est la même chose que la défense de l'UE, alors que le périmètre de l'UE est un périmètre factice, que nous avons très peu de liens avec les pays baltes. Donc ça veut dire mine de rien que M. Macron est en train de laisser penser que la force de frappe bâtie par Charles de Gaulle, perfectionnée par ses successeurs, qui doit être normalement l'alpha et l'oméga de la défense, de la sanctuarisation du territoire national...
Eh bien maintenant, les Français seraient prêts à faire rayer de la carte la France et l'ensemble de l'Europe occidentale pour voler au secours, par solidarité inébranlable, (d'un pays balte) qui serait dirigé par une bande de demi-dingues et qui commencerait à attaquer la Russie. C'est de ça qu'il s'agit ? On poursuit avec le (12e) extrait du discours de Macron, qui poursuit... Donc ce passage a été celui qui a été le plus remarqué par les commentateurs.
Dans son discours devant l'École de guerre, Macron dit : « Dans cet esprit, je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ». {Les partenaires européens qui souhaitent s’engager sur cette voie pourront être associés aux exercices des forces françaises de dissuasion. Ce dialogue stratégique et ces échanges participeront naturellement au développement d’une véritable culture stratégique entre Européens.} C'est quasiment le clou du discours. Ça veut dire quoi ? Bah ça veut dire que... Alors Macron ne dit pas...
J'ai vu des commentaires un peu hâtifs, qui disaient que Macron donnait l'arme nucléaire aux autres pays d'Europe, notamment à l'Allemagne. C'est un petit peu hâtif. On en est au stade de dialogue stratégique. Mais néanmoins, néanmoins, ces commentaires ne sont quand même pas totalement faux dans leur essence, puisque ce que Macron fait pas à pas... Il met un pas en avant un peu plus loin par rapport au traité d'Aix-la-Chapelle. J'avais déjà dit, lors du traité d'Aix-la-Chapelle avec Mme Merkel, que Macron s'engageait dans une voie qui consistait petit à petit à offrir sur un plateau sans rien obtenir en échange la force de frappe française.
Certains m'avaient dit bien entendu que j'étais complotiste, nani, nana. Bien entendu, les chiens de garde de l'européisme, qui ont 100% du temps de parole sur les grands médias français, avaient défilé sur toutes les chaînes de radio et de télévision pour expliquer aux Français que dans ce traité de Marrakech, circulez, y'avait rien à voir. J'avais demandé benoîtement que si on signe un traité dans lequel il n'y a rien, pourquoi le signe-t-on ? À quoi sert-il ? C'est comme le pacte sur l'immigration. On a expliqué aux gens qu'il n'y avait rien du tout dans ces pactes et dans ces traités. C'est se moquer du monde. Dans le traité d'Aix-la-Chapelle...
Je vous invite à aller regarder ce que j'expliquais au moment où il a été signé. Il y avait des avancées... Enfin « des avancées »... Des avancées dans la destruction de la France et de sa défense nationale, des abandons, en fait, au profit de l'Allemagne, qui risquaient de nous coûter très cher. Eh bien ces abandons se confirment. M. Macron veut instiller dans la tête des Français... Parce que c'est aux Français qu'il s'adresse. Veut instiller dans la tête... Et aux officiers généraux, aux officiers supérieurs de l'armée française.
Veut instiller année après année son venin : le venin qui consiste à laisser penser que notre force de frappe nucléaire eh bien devrait en fait s'étendre à l'ensemble des pays de l'UE et être partagée. Je rappelle que c'est fondamentalement contraire à l'article 3 du traité de Moscou du 12 septembre 1990, qui règle définitivement la Seconde Guerre mondiale. On y avait consacré un article, un excellent article qui s'appelle « Euro-nukes » : E-U-R-O-(-)-N-U-K-E-S, qui a été publié sur le site de l'UPR et qui avait été rédigé par Vincent Brousseau, qui est un article tout à fait remarquable, que je vous conseille d'aller relire.
Petit à petit, donc depuis ce traité de Moscou du 12 septembre 1990, l'article 3 fait interdiction pour toujours et à tout jamais à l'Allemagne de posséder l'armement nucléaire militaire. Et toute la stratégie des Allemands – c'est ce qu'expliquait Vincent dans cet excellent article – consiste petit à petit à essayer de nous piquer notre force de frappe, mais comme ils ne le peuvent pas en vertu de l'article 3, d'européaniser notre force de frappe. Mais quand on européanise la force de frappe entre Malte ou Chypre d'un côté et la très puissante Allemagne de l'autre, on sait très bien qui va tirer les marrons du feu.
C'est la raison pour laquelle un certain nombre d'observateurs ont crié à juste titre au scandale devant ce nouveau dérapage. Certes, Macron n'en est quand même pas encore à nous dire qu'il offre sur un plateau d'argent contre rien... Enfin contre rien de visible, contre aucun bénéfice pour la maison France. Il y a peut-être des contreparties que nous ignorons. Mais contre rien à Mme Merkel et à l'Allemagne notre armement nucléaire. Il n'en est pas encore là. Mais année après année se dessine une perspective d'un abandon. J'en ai ici fini de commenter ce discours de Macron. J'y ai mis le temps. Certains vont me dire que c'est trop long.
Mais nom d'une pipe, ce dont il s'agit est d'une exceptionnelle gravité ! J'en appelle ici à toutes celles et tous ceux qui me regardent, et plus particulièrement aux chefs militaires, aux officiers généraux, aux officiers supérieurs de l'armée française de toutes les armes françaises. J'en appelle à tous les responsables politiques conscients de ce qui se passe. Que nous avons à la tête de l'État un président de la République, chef des armées, qui tient un discours complètement incohérent, qui condamne les actions mêmes qu'il mène au même moment. Il condamne la vente des aéroports aux Chinois. Il condamne la perte d'entreprises stratégiques à des intérêts américains. C'est ce qu'il fait.
C'est ce que Macron fait quotidiennement. M. Macron se prévaut... Il est le grand défenseur de la souveraineté nationale alors qu'il la combat constamment. L'affaire est grave. Je m'adresse ici de façon sérieuse et grave à tous les responsables politiques, à tous les milieux économiques, à tous les journalistes qui ont encore la volonté de défendre l'honneur de la profession de journaliste et de ne pas cirer les pompes de Macron matin, midi et soir. Cette affaire est d'une exceptionnelle gravité. Elle justifie... C'est une nouvelle raison qui justifie le lancement de la procédure de destitution de Macron, pour comportement manifestement incompatible avec l'exercice de sa fonction.
Malgré tout, je conclurai en disant : vive la République, mais une République libre, indépendante et souveraine, une République à la De Gaulle... Vive la République et vive la France.
Emmanuel Macron