Réunion publique à Paris avec François Ruffin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 78 %Attaque 16 %Défensif 6 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 13:09InvitéChiffre
« En France il y a quand même un étudiant sur deux qui travaille à côté de ses études pour les financer. »
- 14:51InvitéChiffre
« En France il y a un jeune sur trois qui déclare sauter plusieurs repas chaque semaine pour des raisons financières. »
- 21:55InvitéFait
« Personne ne parle de notre métier, personne ne parle de nos conditions du travail, personne ne parle de nos salaires qui sont très bas de l'échelle. »
- 39:09PrésentateurFait
« Les dés sont déjà jetés, que le match est plié et que, dans 507 jours, c'est Jordan Bardella à l'Elysée. »
- 41:40PrésentateurChiffre
« Marine Le Pen, dans les Hauts-de-France, vient de faire plus de 40%. »
- 45:30PrésentateurFait
« Jordan Bardella est déjà en train de préparer ses cartons pour Matignon. »
- 45:40PrésentateurChiffre
« En 24 heures, c'est 400 000 personnes qui signent une pétition pour dire au parti arrêtez vos conneries, soyez unis. »
- 46:00PrésentateurFait
« En 4 jours, on obtient un candidat par circo, en 4 jours, on obtient un programme, en 4 jours, on obtient une alliance. »
- 46:12PrésentateurFait
« Je ne dis pas qu'on a gagné, mais je dis qu'on a évité le pire. »
- 46:17PrésentateurFait
« Je dis que ce jour-là, nous avons fait match nul. »
- 50:35PrésentateurChiffre
« C'est un défi productif avec la part de l'industrie dans le PIB qui a glissé sous la part des 10%. »
- 53:09PrésentateurChiffre
« On peut dépenser 62 400 euros par an en maquillage pour Macron et Brigitte. »
- 53:20PrésentateurChiffre
« C'est 10 000 euros par mois d'argent de poche. »
- 53:52PrésentateurChiffre
« Ça sera moins 20 millions d'euros sur les factures de l'Elysée. »
- 56:45PrésentateurFait
« Quiconque s'est frauduleusement soustrait au paiement des impôts est passible d'un emprisonnement de 7 ans et d'une amende de 3 millions. »
- 57:10PrésentateurFait
« Quand on a les open lux, qu'on découvre les comptes des 37 plus grandes familles françaises, dont Hermès, Mulier, Arnaud et compagnie. »
- 1:00:10PrésentateurFait
« Emmanuel Macron avait promis reconnaissance et rémunération et qui ont vu que 2 ans de plus sur la retraite. »
- 1:23:08PrésentateurFait
« on a écrit un bouquin qui s'appelle le catalogue des bonnes initiatives »
- 1:23:46PrésentateurFait
« Ambroise Croizat ministre communiste des travailleurs en 1945 pose son vaste plan de sécurité sociale »
- 1:25:00PrésentateurFait
« pour aimer son pays on peut pas l'aimer si on n'en voit pas toute la beauté et qu'on ne rencontre pas la diversité »
- 1:29:35PrésentateurFait
« les français se battaient contre le plan Juppé qui était une première étape de la casse du système de protection sociale »
- 1:50:40PrésentateurFait
« en moyenne et grande section une ADSEM n'est pas toujours présente »
- 1:50:45PrésentateurFait
« quand il y en a une, c'est à mi-temps »
- 1:52:13PrésentateurChiffre
« pensez-vous qu'il soit possible d'amorcer une bissurcation de fonds pour produire et consommer un peu moins de biens matériels »
- 2:02:55PrésentateurChiffre
« c'est 80% des ouvriers qui disent non »
Temps de parole
- Présentateur66 %
- Invité7 %
- Invité 26 %
- ?6 %
- Invité 34 %
- Invité 44 %
- Invité 54 %
≈ 46,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Merci
à la fanfare. Merci aux musiciens. On est très, très heureux de vous accueillir ce soir dans cet espace masse, la maison des associations de solidarité, la bien nommée. On va avoir une soirée un peu spéciale, on va dire. Ça ne
va
pas être un meeting classique. On aime bien faire les choses différemment ici à Debout et avec François Ruffin.
Je
vais me présenter. Je suis Vincent Jarousseau. Je suis documentariste, photographe, auteur et ce soir, surtout le co-référent du mouvement Debout à Paris avec Hélène Gilquin, ici présente.
Je
vais commencer par vous remercier d'être ici et adresser une mention spéciale aux militants parisiens qui se sont mobilisés pour vous accueillir dans les meilleures conditions.
Parce
que cette soirée, cet agora, c'est la vôtre.
Ce
mouvement existe grâce à celles et ceux qui font l'effort de venir,
d
'écouter, de raconter, de questionner.
Et
ce soir, c'est exactement ce qu'on va faire. Parler du réel, tous ensemble. Dans un instant, vous entendrez la parole de travailleuses et de travailleurs de la deuxième ligne.
Celles
et ceux que nos reportages, avec François, nous ont appris à mieux connaître. Des gens qui font tenir le pays debout,
mais
dont on n'écoute presque jamais la voix.
Vous
aurez aussi la parole, vous le public.
Dans
ce format d'agora fait pour ça. Rendre la politique à tout le monde.
Et
bien sûr, on est un petit peu venu pour ça ce soir. On entendra François.
Mais
avant cela, je voudrais vous dire pourquoi je suis ici et pourquoi j'ai décidé de rejoindre debout.
Pour
être honnête, je n'avais pas prévu de revenir dans un engagement partisan. Pendant 20 ans, j'ai été un militant, puis élu socialiste à Paris de 2001 à 2014.
Et
puis au début du quinquennat de François Hollande, j'ai fini par lâcher les rares espoirs qui me faisaient encore tenir.
J
'ai tout arrêté, dégoûté par ce que devenait la gauche. Là, c'est des jeux d'appareils.
J
'ai eu besoin de distance, de respirer, de comprendre, de sortir de Paris aussi.
J
'ai consacré les 13 années suivantes à autre chose.
Aller
à la rencontre des gens, partout dans le pays et singulièrement dans les anciens bassins industriels laminés par la mondialisation.
Avec
mon appareil photo, mon carnet et mon micro, j'ai voulu raconter l'avis des gens.
Souvent,
j
'ai
compris une
chose. Le
pays n'est pas résigné. Il est fatigué. Fatigué d'être ignoré. Fatigué qu'on parle de lui sans lui. Jamais qu'on relègue en bas des priorités, c'est terminé. Terminé
! Leur
voix doit compter.
Elle
n'a pas moins de valeur que celle des exigés fiscaux. Ces dernières années, on m'a souvent dit qu
'on
en a marre,
mais
on ne croit plus en personne. Alors à quoi bon
? Et
forcément, moi aussi, j'ai pensé souvent à quoi bon
? Et
puis,
il
y a eu cette rencontre avec François.
C
'était au début du mouvement des Gilets jaunes, en 2019. Il m'a intrigué. On s'est suivi, on s'est observé mutuellement. Et puis, Debout est arrivé.
Et
ce qui m'a frappé, ce n'est pas seulement la figure de François. Debout,
c
'est un mouvement qui se construit par le bas, à la preuve ce soir. Avec des gens qui n'ont parfois jamais milité. Pas d'étiquette, pas de pédicry politique. Tout ce que je n'avais pas connu, en fait, avant. Juste une énergie simple et puissante. Celle de vouloir redonner un horizon à notre pays.
Un
horizon fait d'espoir et de respect.
Un
horizon où celles et ceux qui tiennent ce pays debout retrouvent enfin de la considération et de la fierté.
Le
sentiment aussi d'être représenté. Debout, c'est ça. Des néo-militants, des citoyennes et des citoyens ordinaires qui se disent «
On
n'a peut-être pas toutes les réponses, mais on en a une qui compte. On veut relever la tête ensemble, reprendre le contrôle, reconstruire un avenir qui nous ressemble.
» Parce
que rien n'est écrit. Rien.
L
'avenir de ce pays n'est pas figé.
Si
on se relève, si on se met en mouvement,
si
on retisse du collectif, alors oui, on peut faire mentir la résignation. Oui, on peut redonner de l'espoir. Oui, on peut gagner.
Je
ne sais pas vous, mais moi, je me suis reconnu dans ça, dans ce désir d'avancer. Non pas contre quelqu'un, mais pour quelque chose.
Pour
un pays qui respecte ceux qui le font vivre.
Pour
une démocratie qui écoute celles et ceux qui n'ont plus l'habitude d'être entendus.
C
'est pourquoi, après 13 ans, loin de tout engagement, j'ai choisi de revenir, non par nostalgie, non par calcul,
mais
parce que cette initiative m'a redonné un horizon et un espoir.
Et
croyez-moi, quand on revient après 13 ans,
ce
n'est pas par confort.
C
'est parce qu'on sent que quelque chose est en train de se passer.
Et
en vous voyant si nombreux ce soir,
je
me dis une chose très simple. J'ai eu raison de revenir.
Ce
soir, on va faire vivre cet esprit. On va entendre des vies, des expériences, des colères aussi.
Mais
surtout des solutions, des propositions qui viennent d'en bas.
Parce
que c'est de là que repartira la démocratie.
C
'est là que Debout veut être en France et à Paris. Nous espérons qu'à l'issue de cette soirée, vous serez nombreux à nous rejoindre.
À
venir militer dans les groupes locaux que nous mettons en place progressivement dans tous les arrondissements. Alors merci d'être ici. Merci d'être Debout.
Bonjour
à toutes et tous. Je suis Hélène Gilquin, co-référente de Paris Debout, comme Vincent vient de le dire. Alors désolée, je vais un petit peu tourner le dos à certains. Je vais essayer de me tourner de temps en temps. Donc, co-référente de Paris, puisque je suis francilienne depuis toujours, parisienne depuis une dizaine d'années désormais. Je voudrais, avant de commencer, remercier tout particulièrement les personnes qui ont décidé de témoigner ce soir. Je sais que ce n
'est
pas toujours évident de prendre la parole en public et surtout de parler de soi, de se raconter, de se livrer à des inconnus. Néanmoins, ces témoignages sont très importants, tout comme ceux que Vincent mentionnait avec ses reportages et ceux de François. C'est grâce à vos témoignages que la politique devient humaine et qu'elle s'incarne dans des réalités concrètes et du quotidien. Donc un grand merci.
Alors,
pourquoi Paris Debout
? Paris
Debout, je ne sais pas si vous le savez, mais Debout est le premier, le seul, ou alors peut-être un des rares partis politiques à n'être pas né à Paris. Effectivement, François, je pense que vous le savez tous, a d'abord mené ses combats politiques en Picardie. On a tous découvert, moi j'ai découvert ses terres grâce à lui en suivant ses reportages et puis évidemment ce qu'il défendait sur place. Donc on est très fiers de ça, d'être nés en dehors de Paris, contrairement à la plupart des partis politiques. Et on ne reniera évidemment pas la marionnette Lafleur qui était l'emblème de Picardie Debout, qui était une marionnette à l'esprit frondeur et moqueur. On garde cet état d'esprit.
Mais
nous ne pouvions pas ne pas nous implanter à Paris. Paris, vous le savez, c'est le centre politique, médiatique et même financier de notre pays.
C
'est un endroit de rencontre, de passage. C'est aussi une terre de contraste
et
une terre où il y a à la fois grandeur et colère. Paris n'est pas uniquement un décor pour
touristes parce
qu'ici, chaque rue raconte quelque chose. De la place de la Bastille en passant par l'édification du Sacré-Cœur qui a été un sacré pied de nez au communard. Chaque pavé de cette ville raconte quelque chose. Et je crois qu'avec Paris Debout, on veut s'inscrire dans cette histoire. On a envie de s'inscrire dans les pas de celles et ceux qui ont voulu faire de la dignité une réalité. On ne
veut
pas vous faire un cours d'histoire, ne vous inquiétez pas. Mais évidemment, on a tous en tête les grands moments de la Révolution française. Les Dames de la Halle qui vont chercher la famille royale qui s'était réfugiée à Versailles. 1848. Et évidemment, plus récemment, les étudiants de mai 68 ou encore Nuit Debout. Et la montée des Gilets jaunes à Paris.
Dans
cette histoire, il
y a
un moment qui nous tient particulièrement à cœur.
C
'est celui de la Commune de Paris. Ce moment est un moment qui a duré très peu de temps, quelques semaines. Et pourtant, c'est un moment durant lequel on a pu éventer des choses qui, j'espère, vont vous faire rêver. L'école gratuite et laïque pour toutes et tous. Les assemblées populaires et une vraie démocratie participative. Les coopératives ouvrières. Ou encore la séparation de l'Église et de l'État. Et on y reviendra ce soir.
Et
la Commune de Paris, c'est aussi un grand moment d'union de la gauche. Des blanquistes aux communistes en passant par les socialistes. Et je pense qu'on reviendra aussi ce soir sur l'union de la gauche. Donc si j'évoque le passé aujourd'hui, ce n'est pas pour célébrer un temps révolu. C'est
pour
vous rappeler que Paris demeure une terre de lutte. Une terre où l'on cherche, où l'on essaye, où l'on crée et surtout où l'on agit.
Ce
que nous lançons aujourd'hui, ce n'est pas une simple initie comme les autres. C'est une invitation à nous rassembler.
Pour
ouvrir un chemin face à un capitalisme qui broie. Et face à une internationale fasciste qui gronde.
C
'est une invitation à tous les sympathisants, les militants, les curieux. Mais aussi ceux qui ne se sentent pas légitimes. On les invite tout particulièrement, ceux-là. On les invite à venir nous voir, à rejoindre les groupes militants parisiens. Puisque la politique, ce n
'est
pas une affaire lointaine. C'est une manière déjà d'habiter la cité, mais aussi notre pays.
C
'est une invitation à reprendre confiance dans le pouvoir de l'agir collectif.
Et
donc je voudrais encore une fois remercier vivement les premiers militants parisiens qui nous ont rejoints dès septembre. Et qui ont permis l'organisation de ce temps commun aujourd'hui. Un grand merci à eux et un grand merci à vous tous d'être ici ce soir. Bonjour.
Alors
bonsoir à toutes et à tous. Moi je m'appelle Bastien Vigée. Je suis le co-responsable des Jeunes Debout. Et j'accueille Lina également sur scène qui nous
rejoint.
Merci beaucoup d'être là ce soir. Nous on souhaitait avec Bastien vous présenter Les Jeunes Debout. C'est donc le mouvement de jeunesse du parti qu'on a créé l'été dernier. A l'occasion de la fête de l'Humanité. Juste quelques semaines après le lancement du parti à Châteaudan. On avait envie de créer un mouvement pour rassembler tous les jeunes qui croient aux valeurs et aux principes que porte François Ruffin. Et que ce soit des jeunes travailleurs ou des jeunes étudiants. Des jeunes de Paris, de Amiens ou d'ailleurs.
Et
donc on a lancé ça à la fête de l'Humanité. Et puis après on a fait une petite réunion qu'on a lancée. On a fait un petit appel sur les réseaux sociaux
pour
nous rejoindre. Et à ce titre on n
'a
pas été déçus de la profondeur du parti dans les territoires en France. Parce que c'était dans un petit bord parisien. Et il y avait Jérôme de Montpellier, Axel de Rouen qui nous ont rejoint. Qui ont fait le trajet juste pour la soirée. Donc ça augure de bonnes choses pour Jeunes Debout. Et voilà on est ravis d'être là ce soir pour vous en parler. Je laisse la parole à Bastien.
Oui
alors moi j'aimerais avoir un petit mot sur la jeunesse. Puisque l'idée de Jeunes Debout évidemment c'est de porter les attentes, la voix de la jeunesse au sein du mouvement. Et les attentes elles sont nombreuses. Alors d'abord porter quand même une attention particulière aux jeunes travailleurs et aux jeunes travailleuses. Dont on parle assez peu souvent il faut le dire. Pourtant en France il y
a
quand même un étudiant sur deux qui travaille à côté de ses études pour les financer. Souvent dans des petits bourses qu'on appelle les jobs étudiants. Donc quand c'est pas de
l
'apprentissage ou du stage des emplois de caissiers, de serveurs, de vendeurs.
Et
j'aimerais aussi avoir une petite pensée ce soir pour un phénomène qui s'est particulièrement montré grave en 2025 et dont on a peu parlé je trouve.
Qui
est la mort de plusieurs mineurs sur leur lieu de travail.
Alors
on a eu des apprentis, on a eu également des stagiaires de seconde.
Dans
les stages dits d'observation de deux semaines. Et c'est aussi évidemment le résultat de vouloir toujours commencer plus tôt sur les lieux de travail. De mettre sur des lieux de travail qui sont aussi des lieux de danger des gens qui ne sont pas préparés. Il y a évidemment sur les usines, dans les exploitations agricoles, sur les chantiers. Voilà je voulais avoir ce mot là d'abord pour les jeunes travailleurs et les jeunes travailleuses. Alors évidemment quand on est jeune, la plupart du temps ou du moins souvent on étudie. Et donc nous on porte un intérêt particulier à la question des études, à la question de comment concilier la vie personnelle avec les études.
Un
des sujets qui est les plus prioritaires pour les jeunes c'est celui du logement. Surtout dans les grandes villes évidemment. On connaît les difficultés qu'il y a à trouver un appartement qui soit déjà abordable. Et puis ensuite qui ne soit pas insalubre. Que ce ne
soit
pas une passoire l'hiver et une bouloir l'été. Et donc ça c'est quelque chose qu'on a envie aussi de porter au sein du mouvement. Un autre sujet c'est celui de l'alimentation.
En
France il y
a
un jeune sur trois qui déclare sauter plusieurs repas chaque semaine pour des raisons financières. C'est un phénomène qui est massif et dont on ne parle pas assez. On aimerait mettre un peu ça sur devant de la scène. Alors bien sûr
parler
de la jeunesse comme ça. Partir de quand est-ce qu'on est vieux jusqu'à quand est-ce qu'on est jeune. Comme on dit on est tous le jeune ou le vieux de quelqu'un. Donc bon.
En
tout cas s'il y a des réalités qui sont diverses. Nous on a envie de porter cette voie là de la jeunesse. Une jeunesse qu'on décrit souvent sur laquelle on projette un peu des images. On la décrit souvent comme engagée. Comme particulièrement porteuse d'espoir. On attend des nouvelles générations qu'elles finalement prennent un peu le relais. Et qu'elles fassent mieux que celles d'avant. Alors c'est vrai parce que les jeunes ils portent haut et fort certains sujets. En les dernières années
ils
ont été peut-être les premières et les premiers à parler d'écologie. A parler d'antiracisme. A parler de féminisme. C'était eux qui étaient là dans les marches climat en 2019. Ils étaient là aussi en 2023 dans les retraites. Depuis deux ans pour demander la fin du génocide toujours en cours à Gaza. Donc ils se mobilisent. Ceci dit soyons pas aveugles. Et je pense que c'est aussi un peu l'esprit de ce mouvement. Debout. On sait que toute la jeunesse n
'est
pas comme ça. Et pas engagée déjà dans le même sens que nous.
On
a aussi totalement conscience qu'il y
a
des jeunes qui ne sont pas engagés. Qui sont désengagés. Qui sont éloignés de la politique. Pour plein de raisons. Pour des bonnes raisons parfois. Il y
a
une jeunesse qui est angoissée. Comme on peut l'être à 20 ans devant le monde. Dans lequel on cherche déjà et encore sa place. Et donc c'est aussi à ces jeunes là qu'on veut parler. Et ce soir avec l'INA on lance un appel à tous ceux qui ont moins de 26 ans de nous rejoindre. Pour ceux qui sont là ce soir venir nous parler directement. Pour ceux qui nous écoutent sur internet, sur les réseaux sociaux.
Et
j'aimerais conclure en partageant une citation de Paul Nisan. Qui est un écrivain communiste qui parlait beaucoup de la jeunesse. Et qui disait pas un soir à 20 ans où l'on s'endorme avec cette colère qui naît du vertige des occasions manquées.
Je
vous remercie.
Elles et ils ont mené une lutte victorieuse l'année dernière à Sciences Po. Elles et ils ce sont les hommes et les femmes de ménage.
Ils
sont ici présents et on les invite à monter sur scène pour témoigner. On les applaudit.
Bonsoir
à tous. Je ne savais pas, je ne pensais pas que vous alliez commencer par nous directement. Donc on n
'a
pas préparé de texte mais on va essayer d'être un peu spontané. Vous raconter un petit peu notre victoire. Qu'on
a
mené mars 2025. Pas l'année dernière mais
notre
lutte a commencé effectivement depuis plusieurs années. Donc je me présente. Moi je suis Leïla Mabrouk. Je suis chef de site sur l'école politique Sciences Po. Donc je gère un peu
mes
camarades. Nous qui ont fait en fait l'entretien des locaux de Sciences Po. Donc les femmes et les hommes de ménage
sur
Sciences Po. Je suis aussi membre du bureau syndical CFDT. Donc avec mon collègue Anjar Mohamed. Donc on accompagne aussi tous nos collègues et nos camarades en fait les femmes de ménage, les hommes de ménage dans les différents locaux. Les universités, les hôpitaux, les écoles, les mairies, donc un peu partout. Et c'est vrai que notre amitié malheureusement il est un peu, on va dire, il n
'y
a pas assez de lumière pour notre amitié. Pourtant c'est essentiel pour l'hygiène de tous et de toutes. Donc pour parler plus précisément sur notre grève, a commencé au moment où le donneur d'ordre a décidé de changer le prestataire. Donc quand le client décide de changer le prestataire, c'est souvent malheureusement pour chercher le moins cher. Parce que nous les travailleurs et les travailleuses on reste toujours sur le site. Mais ils cherchent celui qui paye moins cher. Donc celui qui paye moins cher pour trouver ses
comptes,
il devra en fait réduire l'effectif. Ça veut dire réduire les collègues, réduire les salariés. Du coup ce qui reste, nous qu'on reste,
c
'est nous qu'on subit en fait la surcharge du travail de nos collègues qui ne sont plus là. Et donc effectivement on a décidé à un moment donné de dire stop à ce changement de prestataire assez régulier, souvent tous les trois ans. Donc on a souvent en fait la boule au ventre qui seront les nouveaux responsables. C'est quoi les sanctions qu'on va encore devenir, enfin devoir plutôt en fait subir. Donc on a décidé avec nos responsables syndicaux de faire des réunions entre nous et de mener ce combat. Et où on était, enfin on était, on l'a fini par une victoire. Et on a remercié en fait à l'occasion,
on
remercie toujours en fait le soutien de François qui est venu nous soutenir, de Sophie aussi. Donc après il y avait les étudiants aussi qui ont joué un rôle énormément important. Donc ils nous ont soutenu d 'apporter en fait la lumière sur notre travail, de parler un petit peu aux médias. Donc il y a certains médias qui se sont déplacés pour couvrir notre lutte. Et après voilà, enfin le problème c'est toujours les conditions du travail qui ne sont pas améliorées. Mais on est, enfin notre métier il est très, il est vieillissant parce que c'est des postures répétitives. On rentre dans ce métier qui n'est pas très, on va dire, il n
'est
pas très sexy.
Ça
n'attire pas une popularité, ça n'attire pas n'importe qui en fait. C'est juste ceux qui ont des problèmes, des problèmes pour survivre, qui vont
vraiment
se diriger pour ce métier. Pourtant il est très important, il est très essentiel pour l'hygiène de tous. Mais, comment dire, mais malheureusement en fait il y a, c'est très peu en fait où on parle de notre métier. Donc si ce n
'est
pas des combats comme ça, c'est pas, on n'obtient pas en fait facilement des petites primes, des petites primes ou des petites avancées
qui
nous aident à s'en sortir à la fin du mois parce que notre métier, donc souvent c
'est
des, on a les horaires en fait qui sont décalés. On doit se réveiller à 4h du matin pour arriver à nos lieux du travail à 6h du matin pour tout nettoyer avant l'arrivée des salariés qui sont dans les bureaux qui commencent généralement à 8h ou à 9h. Les étudiants qui commencent ici à 8h, donc nous on est sur site, sur place, souvent on habite dans les beaux lieux. C'est pas sur Paris parce que c'est Paris, les logements ils sont trop trop chers pour nous.
Donc
la plupart de mes camarades, on a juste des temps partiels, donc 2h par-ci, après il faut courir, trouver un autre employeur pour compléter le mois par 2h par-ci, 3h par-là. Et après voilà, donc on a fait pas mal de grèves, que ce soit sur Sciences Po, on est sorti, voilà, c'était une victoire en fait pour les 77 salariés. Après on a fait une autre grève sur l 'université de Dauphine aussi pour soutenir nos camarades, pareil.
On
a fait une grève aussi sur l'hôpital de Bichard.
On
a fait une grève dernièrement sur Total Energy, énergie qui est aussi, enfin, c'est un client, on va dire, mondial, qu'ils ont des fortunes, qu
'ils
ont énormément d'argent. Mais malheureusement, ils font leur fortune en fait sur des petits métiers comme nous, nous, qu'on nettoie leurs locaux, qu'on fait tout, enfin,
pour
que tout le monde travaille dans des bonnes conditions. Sans oublier aussi en fait les efforts qu'on a fait pendant le Covid, pendant la crise sanitaire que le monde aussi l'a connu, donc où tout
le
monde était confié, tout le monde était, enfin, se cachait, parce que c'était une première pour le monde entier. Mais nous, on était dans, on
va
dire, dans une première ligne. On a nettoyé les hôpitaux,
on
a nettoyé les transports en commun, on a nettoyé les magasins, très souvent sans masque, sans formation, comment on doit agir, enfin, devant ce Covid, que c'était en fait une première pour tout le monde. On a perdu malheureusement des camarades à nous pendant cette crise qu'ils ont décidé. Après, voilà, donc, les problématiques qu'on rencontre, nous, c'est,
ils
sont, la liste, elle est très longue. Mais au jour d'aujourd'hui, en fait, c'est pour ça, enfin, on trouve dommage que pendant que tout le monde était, avait besoin de parler de nous pendant surtout le Covid, on avait entendu les promesses de, les promesses de plusieurs hommes politiciens et surtout de notre cher Macron, malheureusement. Donc, on était ravis que tout le monde nous applaudisse pour nous dire merci pour votre métier essentiel. On va revoir vos salaires, on va revoir les conditions du travail. Mais une fois la crise est passée, une fois la crise est partie, on est revenu, en fait,
des
invisibles. Personne ne parle de notre métier, personne ne parle de nos conditions du travail, personne ne parle de nos salaires qui sont très bas de l'échelle. Donc, voilà, je laisse un petit peu, peut-être mon collègue compléter un petit peu. Et merci encore une fois pour vous. Bonjour. Il a tout dit. Donc, je remercie l'invitation de François pour qu'on soit parmi vous, pour témoigner aussi de ce qu'on vit en quotidien tous les jours et surtout, qu'est-ce qu'il veut vraiment les salariés de nettoyeurs qui travaillent, qu'on ne les voit pas, en fait, souvent.
Qu'on va dans nos bureaux, qu'on va dans les hôtels pour dormir, qu'on va dans les hôpitaux, ou partout où on va, c'est souvent des salariés qui arrivent dans la nuit et par très tôt, on ne les voit pas du tout.
Et
compris au Sénat, et compris au ministère, et compris à Bercy, et compris partout où il y a les hommes politiques, on ne les voit pas du tout, on ne les considère même pas qu'ils existent. Mais par contre, tout le monde est content de les voir, voir leur bureau propre, voir les sanitaires propres, voir tout est propre. Avec Leila, et avec beaucoup de délégués qui combattent tous les jours, on combat tous les jours,
on
reçoit beaucoup de salariés dans les locaux pour voir leurs problématiques. Le métier de nettoyage,
et
le métier de service en général, parce qu'il n
'y
a pas que le nettoyage, il y
a
les services, la restauration, les caissières, le commerce, tous ces petits métiers qu'on ne voit pas, qu'on les voit, on est content qu'on passe à la caisse, qu'on passe... Et on les voit parce que c'est des gens qui souffrent, qui font des planines de misère. Vous voyez
? Pour
qu'ils ne puissent pas compléter leur salaire ailleurs, on les fait des planines, de lundi aux démarches, coupées par-ci, par-là, 4h le matin, 2h l'après-midi, le lendemain, le samedi, pour qu'on les oblige à rester toujours avec des bas salaires. Voilà. Je vais revenir tout à l'heure sur les grèves. La dernière grève qu'on a gagnée, c'est Total sur les planines de la Défense,
qui
date du mois d'octobre.
C
'est tout récent.
C
'est tout récent. Pourquoi on a combattu Total ? Parce qu'ils avaient un objectif,
c
'était de fermer la tour où ils sont, chez Total, parce qu'ils vont ouvrir une autre sur la planine. Vous voyez, sur la planine de la Défense, il
y a
un grand tour qui vient d'être construit, qui va être ouvert vers mars, avril. Vous voyez, l'année prochaine. Donc leur objectif, comme des salariés qui sont combattus pour avoir les avantages, comme la 13e mois, ils sont combattus pendant plus de 30 ans.
Donc
le donneur d'ordre, comme il vient de vous qui est tout à l'heure, ma collègue Leïla, c'est qu'il voulait plus voir ces salariés avec des avantages sur le nouveau loco. Vous imaginez à quel point comment on fait pour gagner des profits de l'argent sur des pauvres. C'est triste, mais c
'est
la réalité. Et j'assume entièrement ce que je dis.
C
'est la raison pour laquelle on a écrit à Total, à plusieurs reprises, on n'a même pas été entendus. Ils ne nous ont même pas répondu.
Donc
on était obligés de se battre.
Le
combat, il était dur, mais on a sorti victoriaux avec un protocole accord qui oblige Total et la société qui reprend le marché de prendre la totalité des salariés sur le nouveau loco.
Je
dois dire un truc depuis le Covid.
À
ce jour,
on
fait quelque chose, c'est vrai, pour certains, c'est magnifique, parce que le télétravail,
parce
que c'est inconfortable, c'est confortable pour certains, tant mieux, c'est bien, mais il faut que vous sachiez que ça détruit des emplois.
Je
tiens à le dire.
Je
vous donne un exemple, ou même d'autres, mais je vous donne un exemple pourquoi ça détruit les emplois.
Je
ne
veux
pas citer toutes les sociétés internationales, comme les assurances, comme les banques, qui ont des quarantaines de bâtiments sur Paris, en restant sur Paris,
des
40, 30 bâtiments sur Paris.
À
cause du télétravail, ils sont fermés des dizaines de bâtiments, fermés, condamnés. Quand on condamne ces bâtiments-là, c'est parce qu'on met leurs emplois au télétravail, mais on suprime des emplois, comme la sécurité, comme le ménage, comme la restauration, comme tous les floristes, les caissières, tout ce métier de service
qui
disparaît.
Et
malheureusement, on ne peut pas le proposer d'autres emplois parce qu'on n'a pas. Parce qu'ils ne
l
'ont pas, en fait. Donc on les demande de le mettre au chômage avec un petit chèque misérable, ou parfois on va muter les salariés d'un endroit à l'autre pour qu'ils refusent, pour qu
'on
puisse procéder à l'essentielment derrière, en fait. Voilà. Donc il y en a tellement de choses à raconter, mais je veux rester là. Et je vous remercie de votre écoute.
Dimanche, avec un groupe de militants du 2e arrondissement, on était sur le marché, comme tous les dimanches. On distribuait des tracks pour annoncer ce meeting.
Et
on a fait une rencontre, c'est Milan. Milan est ici présent. Il travaille le dimanche, il fait de
l
'intérim comme floriste,
mais
son vrai travail, ce n
'est
pas ça. Milan, il est d'abord technicien du cinéma, intermittent du spectacle,
et
on a tenu à ce qu'il vienne témoigner parce qu'on trouvait que c'était très intéressant. Milan, tu es le bienvenu. Bonsoir tout le monde.
Je
suis hyper heureux d'être avec vous tous. Comme vient de le dire Vincent, je suis intermittent du spectacle depuis maintenant deux ans, mais je vais bientôt perdre mon statut
parce
que je travaille peu. Je le perdrai en février. Je vais multiplier les petits boulots, notamment en ce moment floriste,
mais
je prévois de faire l'intérim au début de
l
'année prochaine.
Le
cinéma,
c
'est ma plus grande passion et je suis hyper heureux d'y travailler. Je n
'ai
pas envie de faire un autre métier que ça. Cependant, les lois de la vie font que je dois me nourrir, je dois me loger. C'est un peu compliqué, donc je travaille à côté. Ce n'est pas non plus la mort d'allier plusieurs métiers, mais
ça
crée une certaine précarité quand même dans ma situation. Donc, voilà, pour parler d'autre chose, la situation actuelle, enfin, je suis très heureux que vous criez debout
parce
que ça me redonne plein d'espoir, notamment par rapport à
l
'état de la société. En fait, cette disparition de la classe moyenne, vu qu'il y a de plus en plus de pauvres, enfin, les pauvres sont de plus en plus pauvres, les riches de plus en plus riches, la classe moyenne disparaît et ça m'inquiète un peu. Donc, si j'avais une question à vous poser, c'est comment faire pour qu'elle survive.
Donc,
vous êtes venu pour lui ce soir.
Un
tonnerre d'applaudissements pour François Ruffin. Bonsoir. Bonsoir à vous toutes et à vous tous. Évidemment, quand on a la chance de venir parler comme ça en public, qu'il y a une scène qui est installée, qu'il y a des lumières, qu'il
y a
de la sono, c'est parce qu'en amont,
du
moment où vous venez, il y
a
eu une masse de travail, une masse de travail invisible qui a été effectué, de tractage, de communication et ainsi de suite. Et moi, je voudrais qu'on remercie Vincent, Hélène, Bastien et tous les militants
qui
ont fait ça.
Je
vous remercie aussi d'être là parce que vous venez un peu servir de cobaye. On est en échauffement. On se chauffe là pour la campagne qui va venir. Et voilà. On va essayer des choses. On va essayer des choses ce soir. Je remercie aussi la fanfare parce que moi, je suis très attaché à ce qu'on ait une fanfare systématiquement. C'est une condition de venue
parce
que la politique, ça peut être un peu ennuyeux et la musique, la fanfare, ça va mettre une sauce de joie sur un plat de résistance qui peut être un peu difficile à avaler et je suis ce plat de résistance.
D
'abord, Hélène l'a dit, il y
a
un côté paradoxal presque à venir inaugurer Paris debout. Picardie debout s'est construit
hors
de Paris et même un peu contre Paris.
C
'est construit contre le Paris de François Hollande qui décide en une nuit de rayer la Picardie de la carte de France.
Il
s'est construit un peu contre le Paris qui centralise tous les pouvoirs, pouvoir économique, pouvoir politique, pouvoir médiatique qui fait que quand on est loin de Périf, on est hors de la vue et il y a point de salut. Et c'est presque pas un hasard s'il y a eu Corse debout, Savoie debout, Marseille debout, bien avant Paris debout. Voilà. Et il y a une originalité de ce mouvement, en effet, d'être né loin de Paris d'abord et de venir ensuite le faire avec vous. Maintenant, c'est une nécessité, c'est un besoin. Et je vous le dis, moi je viens pour vous passer ce message central, on a besoin, besoin, besoin de vous. On a besoin de vous. Le pays a besoin de vous et la gauche a besoin de vous.
Pourquoi ? Justement parce que tous les pouvoirs sont ici.
Tous
les pouvoirs économiques, politiques, médiatiques sont ici. Tous les centres névralgiques sont ici. Je dirais que tous les contre-pouvoirs sont aussi ici. Les manifestations se déroulent ici à Paris. Donc évidemment, quand on est près du centre, près des centres de pouvoir, on est à un lieu d'action qui est plus proche pour avoir des effets qui sont démultipliés. Donc je le dis, vous avez une responsabilité. Les assemblées générales d'actionnaires se déroulent à Paris.
Et donc évidemment, il est beaucoup plus facile pour des Parisiens d'aller aux assemblées générales d'actionnaires, par exemple, que ça ne l'est pour des grenoblois, pour des gens qui sont à la campagne, ou même, puisqu'on a parlé de Total, pour des gens qui sont en Afrique et qui sont impactés par les activités de Total. Donc il y
a
évidemment une responsabilité des Parisiens pour ça. Il y a, tout bêtement, très concrètement, on va avoir un Parlement debout qui va se dérouler le 14 février, ici à Paris, parce que c'est la capitale et c'est un peu fatal que ça se déroule ici. Eh bien, il va y avoir besoin d'hébergement, il va y avoir besoin de logement, il va y avoir besoin de capacité d'accueil, et on compte sur vous. Et puis, notre siège, notre siège, il est à Paris, il est à côté de la gare du Nord, ça doit être une ruche qui fait que, c'est là que se trouve l'énergie.
Je le dis, pendant la Révolution française, Paris a été le poumon, l'espèce de forge qui envoyait un souffle, un souffle de transformation dans tout le pays. Eh bien, de la même manière, dans la campagne qui vient, nous avons besoin d'un Paris, d'un Paris debout, d'un Paris plein de joie, d'un Paris plein d'énergie et plein d'envie, pour amener cette énergie et cette envie d'avoir envie, citons Johnny, dans le reste du pays. Donc moi, je compte, je compte sur vous. Il y
a
un fan de Johnny, là, c'est ça ? Voilà, il y a un fan de Johnny.
Donc,
après, je viens, et je vais essayer de te donner l'envie, l'envie d'avoir envie. Alors, bon, là, on est en pré-meeting, pré-campagne, on est un peu entre nous dans ce tour de chauffe, donc je vais peut-être y aller pour quelques confidences. Quel est notre plan de bataille que je vous donne
des
indices à l'avance
? 507
jours.
Il
nous reste 507 jours. Nous vivons avec un compte à rebours
parce
que il paraît, on nous dit,
que
les dés sont déjà jetés,
que
le match est plié
et
que, dans 507 jours, c'est Jordan Bardella à l'Elysée. Voilà l'histoire qu'on nous raconte.
Voilà
l'histoire qu'ils ont déjà écrite,
qu
'ont écrit les médias, qu'ont écrit les sondages,
que
racontent tous les JO, les hésitorialistes sur les plateaux, les journalistes paresseux dans leurs studios.
C
'est cette histoire
que
nous devons faire mentir.
C
'est cette pente de la fatalité
que
nous devons inverser.
Et
vous savez, il y
a
une petite musique, même à gauche, moi je l'entends. Alors, chez moi, dans mon coin, on ne les a pas encore essayées. Mais la musique que j'entends, y compris chez les intellos, c'est bon, il faudra en passer par là.
Ils
sont en Argentine, ils sont aux USA, ils sont là en Italie,
ils
sont là en Hongrie, ça monte jusqu'aux Pays-Bas. Eh bien, il faudra en passer par là.
Dans
une espèce de renoncement, de résignation, et comme si c'était banalisé et que l'extrême droite ne représentait plus un danger.
C
'est un danger.
C
'est un danger évident
par
les mesures qu'ils prendront d'en haut depuis l'Assemblée et depuis l'Elysée.
Mais,
imaginez
les
forces obscures, les forces de haine, les forces de racisme que ça va libérer d'en bas.
Je
ne veux pas voir ça dans mon pays.
Ce
qui nous rassemble ici, c'est que nous ne voulons pas voir ça. Et, comme disait Roosevelt,
il
faut essayer quelque chose. Le pays ne nous en voudra pas d'avoir échoué, mais il nous en voudra de ne pas avoir essayé. Nous devons essayer.
Je
l'ai dit, je l'ai répété, il n'y a pas de fatalité. Nous pouvons l'emporter.
Nous
pouvons l'emporter et nous l'avons déjà fait.
Je
vous fais
en
confidence, je me suis... Pourquoi je me suis engagé directement
?
J'étais déjà un journaliste engagé, mais pourquoi je me suis engagé politiquement, électoralement, il y a 10 ans maintenant, et je dirais 10 ans précisément, puisque c'était en décembre
2015. On
est entre deux des élections régionales. Marine Le Pen, dans les Hauts-de-France, vient de faire plus de 40%.
Et
je suis dans un train
qui
remonte de Paris vers Amiens,
qui
passe par Creil, donc une ville racisée, et là, les wagons sont bondés, il y a des Maghrébins, il y a des Blancs, il y a des Noirs, il y a... Mais qui se parle d'une banquette à l'autre ? Et presque en criant et en tout cas en jubilant. Il dit, c'est bon, cette fois, on va l'avoir, Marine, elle va l'emporter dimanche, tu vas coller où ? Toi, toi, tu traques où ? Et c'était la première fois que j'avais
des
gens du Rassemblement National qui parlaient aussi fort que ça
et
qui finalement avaient conquis le wagon pendant que nous on regardait nos pompes avec honte.
Et
à ce moment-là, je me suis dit, on ne peut pas se laisser aller, il faut réagir. Et c'était en fin d'année, on était en décembre, mon libraire, Philippe, de la librairie du Labyrinthe à Amiens,
m
'envoie une carte de vœux
avec
cette citation de Victor Hugo. Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête, voilà l'exemple dont les peuples ont besoin et la lumière qui les électrise. Oui, vous ne
pouvez
plus venir Victor Hugo. J'ai retenu étonner la catastrophe.
Nous
avons fait avec Fakir une une étonner la catastrophe et je me suis demandé comment nous pouvions étonner la catastrophe et c'est là qu'on a décidé de faire le réveil des betteraves.
Je
sais que passer du lyrisme de Victor Hugo au côté burlesque du réveil des betteraves et je pense que Sylvain est là et c'est lui qui se retrouvait en mascotte. Vous savez, on avait une mascotte, une grande mascotte de betteraves géantes et c'était Sylvain qui était stagiaire à
l
'époque et maintenant mon responsable de la communication qui faisait la betterave mascotte et qui attirait les enfants. Bravo Sylvain ! Évidemment, c'était un moyen, cette betterave, ce réveil des betteraves de venir transformer la honte,
la
honte d'une picardie qu'on venait de rayer de la carte en une fierté. La honte des goudieurs qui non seulement étaient licenciés mais en plus qu'on traînait devant les tribunaux pour avoir retenu leur cadre pendant 48 heures qu'on transformait en fierté et c'était par la manifestation, par ce réveil des betteraves et on a eu 2-3 000 personnes comme ça à froid à Amiens et c'est vrai que ce jour-là,
je
me suis dit bon allez, on va continuer, on va se présenter aux élections, on verra bien
et
évidemment, ensuite, il y
a
eu d'autres étapes puisqu'on a remporté un César, les Whirlpool, il y
a
eu les licenciements des Whirlpool et ainsi de suite mais à la fin, dans une circonscription où Marine Le Pen arrivait très largement en tête à la présidentielle, eh bien un mois après, nous l'emportions, nous avons gagné contre le Rassemblement National une première fois en 2017, nous avons gagné contre le Rassemblement National une deuxième fois en 2022, nous avons gagné une troisième fois contre le Rassemblement National en 2024, à chaque fois, nous avons déjoué les pronostics, à chaque fois, nous avons fait mentir les statistiques. Voilà.
Mais nous
l'avons déjà fait
en
grand, en partie, l'an dernier. Quand Macron, dans son coup de folie, annonce
le
9 juin au soir la dissolution, Jordan Bardella est déjà en train de préparer ses cartons pour Matignon.
Nous
disons Fonds Populaire.
Et
à ce moment-là, en 24 heures, c'est 400 000 personnes qui signent une pétition pour dire au parti arrêtez vos conneries, soyez unis.
Ce
sont des centaines de personnes qui se retrouvent devant les QG ici à Paris, d'où l'importance des Parisiens, pour mettre la pression, venir dire au parti soyez unis, arrêtez vos conneries. En 4 jours, on obtient un candidat par circo,
en
4 jours, on obtient un programme, en 4 jours, on obtient une alliance et en 27 jours,
en
27 jours, je ne dis pas qu'on a gagné,
mais
je dis qu'on a évité le pire. Je dis
qu
'on a empêché la victoire de l'extrême droite, je dis que ce jour-là, nous avons fait match nul.
En
27 jours. Là, nous avons 507 jours.
Nous
avons 507 jours pour gagner, nous avons 507 jours pour gagner, pour de vrai. Durant des mois,
je
me suis demandé, après ça, mais comment on fait les 400 000 qui ont signé la pétition
? Comment
on fait pour les retrouver ? Comment on fait pour les réveiller
? Les
7 millions
qui
ont liquité un bulletin Nouveau Front Populaire dans l'urne, comment on fait pour les réveiller
?
Comment on fait pour les retrouver ? Même les 200 qui, à 8 heures du matin, pendant la campagne, se trouvaient devant la gare de Noyon, une terre où on savait que c'était Rassemblement National, mais ils étaient là quand même pour se bagarrer en préparant l'avenir. Comment on fait
pour
les retrouver
? Et
c'est là qu'au printemps, j'ai dit primaire, j'ai dit primaire Gésaire, j'ai dit primaire de débordement. Jamais j'ai rêvé de primaire. ça ne me fait pas rêver ni ici avec les socialistes et les républicains ni aux Etats-Unis.
Mais je
me demande,
je
fais ce pari que nous aurons deux millions,
nous
aurons trois millions de personnes qui vont venir se saisir d'un bulletin
qui, c
'est un peu comme si on reprend son destin en main
et
qui ensuite se retrouvent engagés sur un chemin.
Très
concrètement,
ça
veut dire deux millions de personnes dont on a le contact mail.
Deux
millions de personnes dont on a le numéro de téléphone. C'est une base de données, c'est-à-dire la possibilité de se réimplanter dans tous les coins, dans tous les cantons du pays pour remener la bagarre, pour remener la bagarre
pied
à pied. Cette primaire que nous avons réclamée au printemps dernier, elle va exister. Cette primaire, vous aurez
toutes
les infos avant Noël maintenant, mais avant Noël, vous aurez la date du vote qui se déroulera à l'automne prochain et vous aurez le mode de scrutin.
C
'est une primaire que nous voulons ouverte, ouverte évidemment à tous les électeurs,
mais
ouverte aussi aux candidats.
Je
le dis, il faut faire passer le mot aux camarades communistes.
Dans
la lutte contre le fascisme, ils ont toujours joué
un
rôle majeur
pour
s'y opposer.
Ils
ne peuvent pas rester sur le bord du chemin. Ils doivent venir nous rejoindre dans cette bataille-là. Ils ont un rôle à jouer pour l'avenir du pays et pour l'avenir de la gauche. Mais je le dis,
je
le dis à tous les autres, de Jean-Luc Mélenchon à Raphaël Guxman, oui, pour lui aussi. La primaire peut servir de refuge pour candidat en perdition.
Et le
pari
que
je fais, que nous faisons, c'est que, au fond, quand un train part,
ceux
qui ne montent pas sur les wagons,
ceux
qui restent sur le quai ont l'air de cons et qu'à la fin, ils perdront. Voilà le pari que nous faisons. Cette campagne, quel en sera le ton
? Je
ne veux pas d'une campagne consensus où on s'enlise, où on serait supposément tous d'accord. Cette campagne, nous ne la mènerons pas avec de l'eau tiède. Nous ne vaincrons pas Marine Le Pen et Jordan Bardelat avec les mots connus et les formules convenues. Alors que le monde chavire, nous ne leur porterons pas en bons élèves, en cochons sagement toutes les cases avec 847 propositions. et 47 livrées. Ce n
'est
pas vrai.
Il
va nous falloir de l'audace, de l'audace, de l'audace et encore de l'audace. Les défis pour notre pays sont gigantesques. C'est un défi productif avec la part de l'industrie dans le PIB qui a glissé sous la part des 10%. C'est un défi démocratique avec la natalité qui a baissé de 20% en 10 ans et un vieillissement de notre population. C'est un défi climatique, évidemment, avec tout à changer,
les
déplacements, les logements, l'industrie, l'énergie, la culture, l'agriculture pour s'adapter au changement climatique.
Mais
le premier défi,
le
premier obstacle, il est sans doute démocratique.
C
'est la cassure, c'est la recueur. Nous vivons à l'ère du soupçon.
C
'est la grande méfiance, la grande défiance.
Et
comment on fait ?
Comment
on fait ? Vous allez mener campagne. Comment on va faire pour qu'il n
'y
ait pas en permanence des aires sceptiques, encore les politiques ?
C
'est ça
qui
va être notre principal adversaire. C'est la résignation. Vous savez, il y a une cinéaste qui m'a demandé mais finalement, que fabriquent les politiques
?
Je me suis dit c'est une bonne question ça, qu'est-ce que je fabrique ? Mon père travaillait chez Bonduelle,
il
fabriquait des boîtes de conserve. Le cordonnier, il répare des chaussures. Le politique, qu
'est
-ce qu'il fait ? Je pense qu'on est des fabricants d'espoir.
On
est des fabricants d'horizons communs.
Mais on
a en face de nous, vous savez, c'est un peu comme en amour, quand on a été déçu, quand on a été cocu, on se construit une pierre à passe, on ne veut plus aimer.
On
a des citoyens
qui
sont cocus qui sont déçus depuis 40 ans
et
qui ne veulent plus aimer. Ils se construisent une grosse carapace, une carapace de cynisme, une carapace d'indifférence et même une carapace qui les conduit en le sachant à choisir le pire, à choisir ce qui pue, mais
pour
mettre un gros fuck finalement.
Et
nous,
on
doit venir casser cette carapace. Voilà ce qu'on va avoir à faire dans la campagne, porte après porte, village après village.
Comment
on fait ?
Comment
j'ai fait
pour
mes législatives à un moment, à force de me faire renvoyer ça dans la figure, je serai un député au SMIC
?
Oui, ça paraît populaux et démagos. Mais à partir de ce moment-là, l'oreille s'ouvre
parce
que ça ne
va
pas être comme les autres. Oui, je pense qu'aujourd'hui, ça commence par nous, ça commence par les politiques,
ça
commence par dire que la monarchie, ce sera fini.
la
monarchie qui fait qu'on peut dépenser 62 400 euros par an
en
maquillage
pour
Macron et Brigitte. 62 400 euros par an. On comprend pourquoi Brigitte,
ça
rime avec déficit. En plus des salaires qu'ils ont, c'est 10 000 euros par mois d'argent de poche.
Vous
imaginez
?
Alors on fera comme De Gaulle, on payera nos factures d'électricité,
on
fera comme sa femme Yvonne qui allait acheter sa vaisselle au supermarché et on s'y engage. Oui, ça sera moins 20 millions d'euros sur les factures de l'Elysée. C'est symbolique, mais moins 20 millions d'euros, c'est quand même 400 infirmières.
C
'est de quoi avoir déjà payé un bel hôpital à la place de payer la moquette et la décoration de Macron.
Et
ça sera fini évidemment avec les avantages à vie, avec les chauffeurs, les majordomes, les cuistots. Sarkozy,
c
'est quand même un million d'euros. Même quand il est à la santé, ça continue à nous coûter un million d'euros. En plus, ce qui nous coûte à la santé quand même.
Ça
sera fini les ministres mis en examen, ça sera fini les pantouflages et les retropantouflages et ça sera fini les conflits d'intérêts. Nous ferons une grande loi, une grande loi de séparation de l'argent et de l'État.
Nous
avons besoin aujourd'hui d'une grande loi de séparation de l'argent et de l'État.
De
quoi engager le grand combat ? Le grand combat, c'est quoi ? C'est le combat de la démocratie contre l'oligarchie.
Une
oligarchie qui n'accumule pas seulement les fortunes, les dizaines de milliards, centaines de milliards, mais qui accumule aussi les pouvoirs, qui accumule aussi les médias qui accumulent ça entre quelques mains. J'ai décidé de me désarnautiser, enfin j'avais décidé de me désarnautiser, mais je dois bien dire que Bernard Arnault ne fait rien pour m'y aider. Bon, ce soir, il y a un numéro de cache investigation où on revient, entre autres, sur nos affaires d'espionnage et pendant la campagne, il y aura un procès. Il y aura un procès au civil contre Bernard Arnault sur ses atteintes à ma vie privée, sur l'espionnage qu'il a fait du journal Fakir et évidemment, ce sera un procès politique.
Ce
sera un procès politique contre
le
numéro 1 de l'oligarchie française qui se croit tout permis et qui croit pouvoir être au-dessus des lois. Qui a dit... Tiens, si vous voulez, vous n
'êtes
pas obligés.
Qui
a
dit... Aujourd
'hui, tous les riches fraudent, nous le savons, ça fait partie du jeu et ça les fait rigoler.
Vous
l'avez ou pas
? Qui
a dit ça
? Vous
l'avez pas
? Qui
? Lequel ? Jean-Philippe
?
Non, non, non, c'est pas la relation nationale. C'est Elie de Rothschild. Voilà. Qui nous dit... Et qui dit « Moi, je suis d'accord pour payer la taxe du Kman. » Bon, c'est un peu le bâtard de la famille, Elie de Rothschild.
J
'ai regardé, « Fils est légitime, machin. »
C
'est peut-être pour emmerder ses frères et sœurs, j'en sais rien. Mais il dit la vérité. Qu'est-ce qu'on va faire
? Qu
'est-ce qu'on va faire ? Nous allons appliquer la loi.
Tout
simplement.
Que
dit
l
'article 1741 du Code général des impôts
? «
Quiconque s'est frauduleusement soustrait au paiement des impôts est passible d'un emprisonnement de 7 ans et d'une amende de 3 millions.
Le
prononcer des peines complémentaires d'interdiction des droits civiques, civils et de famille est obligatoire.
»
Ça veut dire quoi ? Oui, vous pouvez applaudir la loi, si vous voulez.
Il
ne reste plus qu'à la faire appliquer. Mais ça veut dire que quand on a les open lux, qu'on découvre les comptes des 37 plus grandes familles françaises, dont Hermès, Mulier, Arnaud et compagnie, ce ne sera plus un ministre de l'économie qui ferme les yeux, ce seront des procédures et des procès.
Ça
veut dire que les prix de transfert multipliés par 30 qui font que on envoie ces bénéfices en Irlande et à Jersey pour toutes les multinationales, ce ne sera plus la complexité de Bercy, ce seront des procédures et des procès.
Ça
veut dire que les Elon Musk, les Zuckerberg, les Bezos qui échappent à l'impôt,
qui
font des réseaux sociaux à un dépotoir comme si le net était hors des lois, ce ne sera plus le tapis rouge déroulé à l'Elysée ou à Versailles, ce seront des procédures et des procès. Nul n'échappera à la loi.
On
ne sera pas les premiers à faire ça, vous savez. Dans notre histoire,
il
y a eu Louis XIV quand il a vu son surintendant fouqué qui avait son château à Vaule-Vicomte où il y avait des fontaines, où il y avait Jean de la Fontaine d'ailleurs et il y avait tout ce qu'il y avait de plus beau et qu'il trouvait qu
'il
se la pétait un peu trop et que c'était quand même lui, qu'est-ce qu'il l
'a
fait ? Il l'a envoyé en tol et il a voulu le faire condamner mais le procès n
'a
pas tourné exactement comme il voulait. Il l'a fait exiler en Italie. Ce qu'on ne sait pas, ça c'est connu, ce qu'on ne sait pas c'est que derrière Louis XIV, il a pris les 200 créanciers de l'Etat, il les a foutus en garde à vue et les gars ils ont dit bon, on efface les dettes, vous nous laissez juste notre château à la campagne et on est tranquille, c'est réglé comme ça. Mais plus près de nous, Roosevelt,
quand
il arrive au pouvoir aux Etats-Unis,
il
fait un grand procès
à
un monsieur qui s'appelle Mister Mellon
qui
était le précédent ministre de l'économie,
qui
était un grand patron de la sidérurgie et pour fraude fiscale, pour avoir trafiqué des documents comptables, il lui fait un grand procès qui va durer des années, qui aboutit plus ou moins mais qui devient le procès de la démocratie contre l'oligarchie. Nous devrons les mettre au pas et ça passera oui par des gardes à vue, où on enlèvera la ceinture, où on enlèvera les lacets et où on enlèvera les cravates. Voilà comment ça se passera aussi.
On
a parlé des méchants, maintenant les gentils. Leïla,
pour
qui nous ferons campagne
? Pour
qui nous serons là ? Pour qui nous serons les candidats
?
Nous serons candidats
pour
Leïla et les femmes de ménage.
Nous
serons candidats pour les 5 millions de femmes, d'hommes qui ont tenu le pays debout de la deuxième ligne pendant la crise Covid.
Nous
serons
les
candidats
de
tous ceux à qui Emmanuel Macron avait promis reconnaissance et rémunération et qui ont vu que 2 ans de plus sur la retraite qui pèse évidemment d'autant plus sur les métiers physiques et populaires et qui ont vu la crise et l'inflation qui pèsent sur les bas salaires.
Voilà
pour qui nous serons candidats. Nous serons candidats et cette fois nous ne manquerons pas l'occasion
parce
qu'en 2022 c'était le moment de saisir cette chance de mettre en avant ces métiers les auxiliaires de vie les assistantes maternelles les caristes les camionneurs les ouvriers de l'industrie agroalimentaire les travailleurs du bâtiment tous ceux qui ont continué à tenir le pays debout tous ceux
quand
la déclaration de 1789 dit les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune
et
c'est l'inverse dans notre pays
ce
sont ceux qui sont les plus utiles à la société
qui
sont les plus méprisés qui sont les moins valorisés
et
bien nous serons les candidats qui feront que oui pendant 18 mois on va parler de vous
pendant
18 mois on va vous montrer
pendant
18 mois on va vous mettre en avant pendant 18 mois on va faire les 5 millions de personnes qui tiennent le pays debout et qui pourtant vivent survivent à peine de leur métier
nous
allons en faire une question politique
nous
allons en faire le moment de construction classe la crise Covid a été un temps de construction classe où des métiers qui sont atomisés
se
sont retrouvés à avoir du commun à avoir une fierté à être mis en lumière et bien nous allons utiliser cette campagne et nous serons au moins utiles à ça à vous mettre en lumière à vous mettre en vent à en faire une question politique
et
nous bâtirons un statut pour les travailleurs essentiels avec salaire, horaire, carrière
nous
appellerons ça une carte avantage nous appellerons ça un statut premium mais les derniers cette fois seront les premiers voilà ce que nous allons porter dans cette campagne
et
il faut que chaque homme chaque femme
dans
ses métiers du lien
dans
ses métiers du back office de la seconde ligne
il
faut que chaque homme chaque femme soit convaincu dans cette campagne que oui avec nous
nous
améliorerons leur vie
il
faut qu
'on
soit convaincu que si nous gagnons c'est eux aussi qui vont gagner et qui vont gagner très concrètement dans leur porte-monnaie pour que les français tous les habitants de notre pays puissent vivre de leur travail bien en vivre et pas en survivre et quand tu demandais qu'est-ce qu'on fait pour la classe moyenne
qu
'est-ce qu
'on
doit faire pour la classe moyenne
c
'est que les gens puissent vivre de leur travail ça veut dire que nous devons défendre le travail contre le capital
ça
veut dire que très concrètement il y a un gigantesque gâchis productif aujourd'hui dans notre pays sur la jeunesse sur les étrangers sur les les personnes dites seniors nous devons être ceux c'est Christine Lagarde vous savez c'est pas très original qui dit ça fait 40 ans que le capital l'emporte sur le travail nous devons être ceux qui portons la volonté d'inverser ce cours de l'histoire
quand
je dis qu'on va faire que les plus utiles de notre pays seront reconnus et seront revalorisés
c
'est simplement pour remettre le pays à l'endroit
pour
le remettre sur ses pieds alors que le sentiment des gens aujourd'hui c'est qu'on a un pays qui marche sur la tête
on
a un pays qui marche sur la tête quand les gens vont à l'hôpital ils disent ben moi je paye des
impôts
voilà on a un pays où il y a un fort taux de prélèvement et pourtant j'attends 4 heures aux urgences où va notre argent
c
'est quand
sur
l'électricité on produit de l'électricité nucléaire ici
et
pourtant
il
faut que l'état verse 42 milliards
42
milliards d'euros en bouclier tarifaire pour protéger un peu les français les artisans les commerçants et l'industrie on marche sur la tête
on
marche sur la tête quand on voit comment fonctionne ma prime rénov' avec des carrés dans tous les sens avec 157 intervenants avec des dossiers qui se perdent sur des plateformes numériques
et
que en fait la moindre mesure de l'état on a le sentiment que ça devient une usine à gaz et un grand sac de noeuds
c
'est le maire d'Averna une petite commune de chez moi qui me racontait lui est spécialisé dans le logiciel libre pourtant donc il est dans l'informatique mais il me dit ma secrétaire de mairie elle a 26 applications et pour communiquer avec les services de l'état et tout ça et ces applications changent tous les deux ans ce qui veut dire que
c
'est 13 applications sur lesquelles elle doit se reformer tous les ans
on
marche sur la tête
on
marche sur la tête quand plus personne ne comprend sa fiche de paye quand plus personne ne comprend sa feuille d'impôt
et
on a là la nécessité d'une grande remise à plat je dis nous travaillons sur un livre dont le thème sera la grande remise à plat parce qu'on a aujourd'hui un système qui pour les gens est devenu à la fois illisible ruineux un déficit géant
et
complètement
injuste ça
veut dire qu'au moment où
on
viendra dire ou je viendrai dire voilà ce que je veux faire en matière de fiscalité on va aller taxer les riches et puis tout ça ça ne va pas marcher
ça
ne va pas marcher parce que ça sera automatiquement rejeté ça ne sera pas accepté pourquoi parce que les gens se font tellement avoir dans tous les sens depuis trop longtemps
que
s'ils n
'y
sont pas profondément associés le réflexe sera le réflexe du refus
et
quand bien même on aurait les meilleurs experts dans les ministères
les
propositions seront rejetées ce qui veut dire quoi c'est qu'il veut dire qu'il nous faut j'ai posé mais il nous faut des états généraux de la fiscalité
il
faut
tu
veux
mais
aucune grande mesure en matière d'éducation de logement de transport et ainsi de suite ne pourra vraiment être prise et pleinement acceptée si elle ne se fait pas par des états généraux si elle ne se fait pas par des référendums si elle ne se fait pas par des conventions citoyennes si elle ne se fait pas profondément par une démocratie qui accompagne ces réformes d'ampleur vous savez c'est un gilet jaune sur lequel il était écrit perd l'amour une fois tous les 5 ans ça n
'est
pas une vie sexuelle voter une fois tous les 5 ans ça n'est pas une vie démocratique et je pense que c'est le nœud que nous aurons à trancher pour conclure
dans
Zorba le grec je ne
sais
pas si vous avez vu ce film c'est un vieux film en noir et blanc avec Anthony Quinn
à
un moment le héros dit c'est quoi la vie c'est de défaire sa ceinture et de se
battre et
bien pendant 507 jours on va se battre
on
va se bagarrer contre les grands intérêts mais on va se bagarrer aussi contre les petites habitudes
on
va se bagarrer contre l'extrême droite et l'extrême argent d'autant plus que maintenant elles fusionnent
mais
on va se bagarrer aussi contre la gauche qui ronronne contre la gauche qui abandonne contre la gauche qui répète ses mantras comme si c'était les tables de la loi on va se bagarrer
pied
à pied alors profitez bien de Noël profitez bien des fêtes reposez-vous bien parce qu'après on défait nos ceintures et il va falloir toute votre énergie toute votre envie d'avoir envie pour qu'à la fin à la fin c'est à dire dans 507 jours c'est nous qu'on va
c'est
nous qu'on va merci à vous
bon
vous êtes
vous
commencez un peu à être chaud
mais
c'est pas fini c'est pas fini
on
a dit que ce soir ce serait une grande agora donc la parole va être maintenant au public on va prendre un premier tour de questions avec au milieu quelques témoignages on va peut-être commencer par le premier témoignage et une question posée par Axel sur l'intelligence artificielle
pour
la troisième fois merci beaucoup d'avoir pris ma question donc ma question concerne l'intelligence artificielle donc c'est une question qui est abordée politiquement uniquement en termes de gains de productivité donc derrière c'est souvent les profits donc moi ce qui m'inquiète c
'est
l'impact sur le marché du travail donc je suis économiste et je m'intéresse beaucoup aux effets des licenciements donc comme vous et je pense que les effets sur les emplois vont être massifs très rapides et donc je m'interroge sur la façon dont vous allez vous saisir politiquement la question parce que c'est jamais très vendeur de faire ce que je fais moi à la cassandre de dire voilà ça risque de décimer je sais pas 20-30% du marché de l'emploi et du coup je me demandais si vous aviez une façon de présenter les choses vous dites que vous fabriquez de l'espoir donc comment est-ce que on peut à la fois avertir les gens de ce qui va se passer et essayer de proposer des solutions voilà des nouveaux modèles ou des choses pour lesquelles je n'ai pas de réponse mais en tout cas je voulais avoir votre avis sur cette question
on
peut enchaîner on va répondre mais
on
prend un tour de questions on a un deuxième témoignage celui de Fabian c'est vous Fabian désolé donc Fabian qui est syndicaliste et qui représente les livreurs de plateforme oui merci merci de nous donner la parole ce soir je vais me faire le porte-parole ils sont à peu près 85 000 sur le territoire français ils sont à peu près la moitié dans le territoire francilien et ils sont un tout petit peu moins de 10 000 qui exercent tous les jours 7 jours sur 7 presque 24 heures sur 24 à vous livrer vos repas et ce sont les livreurs qu'on appelait à l'époque des livreurs à vélo mais qui sont aujourd'hui des livreurs essentiellement à scooter ce sont des travailleurs qui aujourd'hui subissent donc des travailleurs qui sont dits indépendants nous nous sommes une organisation de travailleurs indépendants et la bagarre que nous avons depuis 4 ans puisque l'état a fait le choix de donner au sein d'une instance la parole et le débat démocratique social entre les représentants de ces travailleurs et les représentants des plateformes
depuis
4 ans on se bat pour lutter contre un nouveau modèle de travail qui est en train d'essayer d'être mis en place par les plateformes
ce
nouveau travail c'est celui qui rebat toutes les cartes de la négociation sectorielle
je
vais vous donner un exemple aujourd'hui les plateformes notamment la plateforme Uber propose
aux
organisations syndicales de valider le fait que pour toucher ce qu'on pourrait appeler l'équivalent d'un SMIC
vous
devriez avoir au minimum un an d'ancienneté dans votre entreprise c'est à dire que si vous ne travaillez pas à minima un an dans une entreprise vous n'avez même pas le droit au minimal au minima sociaux c'est aussi ce que veulent les plateformes ce qu'elles veulent aujourd'hui c'est considérer que parce que vous êtes indépendant parce que vous êtes un travailleur à mi-temps voire à 2-3 heures travailler le soir le week-end vous devez être connecté entre 60 et 70 heures pour toucher l'équivalent d'un SMIC c'est ça qu'aujourd'hui on nous propose et moi la question que je vous pose finalement c'est qu'aujourd'hui on a derrière nous plus personne on est les seuls à se bagarrer face à ces coups de butoirs permanents face à ces coups de butoirs de volonté de casser en fait le modèle social qui existe qu'il soit d'ailleurs le modèle social du travail salarié ou du travail indépendant puisque à chaque fois qu'on casse un modèle d'un côté on met en difficulté le modèle qui est en face de lui comment vous allez pouvoir en fait aider ces gens et aider les organisations syndicales pour lutter contre ce coup de butoir qui est permanent et aujourd'hui pour lequel on est un peu seul à lutter merci beaucoup sur les deux questions qui ont donc trait au travail sur la question de
l
'intelligence artificielle
ce
que je dirais déjà c'est qu'il va y avoir les emplois qui sont supprimés mais il
y
a un deuxième fait qui me paraît majeur aussi c'est la dégradation des emplois eux-mêmes c'est à dire ce qu'on y fait à
l
'intérieur et le contenu du travail c'est politique je le dis parce que la gauche syndicale ou politique a eu tendance à travailler sur les salaires sur les horaires et les conquêtes c'était de mieux gagner sa vie et de passer le moins de temps au travail mais de pas s'intéresser à ce qu'on fait dans le travail au rythme qu'il
y a
dans le travail par exemple les femmes de ménage de l'Assemblée nationale sont malheureuses en ce moment par les cadences qu'on leur impose au travail et ça c'est politique et il doit y avoir la possibilité d'intervenir aussi sur le contenu du travail et pas seulement sur ce qu'on en tire ou la manière dont on le limite en termes d'horaires mais donc il y a ça la deuxième chose que j'aurais à dire là-dessus c'est que ça touche là des professions qui sont souvent plus intellectuelles plus créatives ce qui est une originalité par rapport au taylorisme qui s'était imposé dans d'autres métiers et je trouve que ça rejoint des observations que
j
'ai pu faire par exemple chez Arcelor les premiers qui sont délocalisés en fait ce sont aujourd'hui les designers ce sont les chefs de la comptabilité ce sont des informaticiens et ce sont ces métiers-là que maintenant il
y
a la possibilité de délocaliser et je dirais que un peu comme dans la lutte entre les horaces et les curiaces je ne
sais
pas si vous voyez ce truc-là où ils sont trois contre un il y en a un qui court et puis il est rattrapé c'est comme si la mondialisation ou le capital prônait les classes de manière successive et non pas en même temps pour avoir sa chance de gagner ce que je préconise j'écris un bouquin qui s'appelle Leur progrès et le nôtre sur la question des technologies à l'époque c'était la 5G mais ce que je préconise c'est que la technologie en fait c'est un objet politique c'est pas juste de la technique quand on fait entrer le téléphone portable dans nos vies ça change la société quand on fait entrer internet dans nos vies ça change la société quand on fait entrer pour ce qui est des charistes par exemple la commande vocale dans leur métier ça transforme complètement leur métier la technologie doit passer par le filtre de la démocratie ça doit passer seulement par le filtre du capital qui décide d'en faire ce qu'il en veut et à commencer par le lieu de travail le lieu de travail c'est un peu le lieu d'expérimentation du capital en matière de technologie mais ça doit passer par le filtre de la démocratie le filtre de la démocratie au travail ça veut dire des discussions avec les syndicats vous voulez nous mettre la commande vocale qu'est-ce que c'est les contreparties est
-ce
qu'on va avoir plus de temps de pause et tout ça et ça doit passer par le lieu de la démocratie et entre autres de la démocratie parlementaire et par exemple ce qu'on doit faire sur l'usage du téléphone portable à quoi doit servir l'intelligence artificielle quelles sont les finalités qui sont poursuivies avec ça pour ne
pas
laisser ça pleinement entre les mains du capital pour moi la question de non pas refuser la technologie mais la faire passer par la case démocratie et ça rejoint en fait il y
a
eu des dockers de San Francisco qui ont écrit des textes là-dessus dans les années 70 voilà le mouvement syndical le mouvement syndical international a déjà en partie pensé le rapport entre la démocratie qui doit exister dans le travail et la question de la technologie le problème c'est qu'aujourd'hui la démocratie elle n'existe pas par exemple dans l'entreprise c'est Jean Jaurès qui disait la révolution a fait des français des rois dans la cité mais elle les a laissés serre dans l'entreprise bon je doute qu'on soit des rois dans la cité aujourd'hui mais à coup sûr en tout cas il faut faire entrer la démocratie d'entreprise je suis long je vois sur les livraires Uber là où c'est extraordinaire c'est qu'on a un Emmanuel Macron qui a été sur ces questions-là et sur plein de questions plus libéral que Bruxelles plus libéral que la Commission européenne plus libéral que le Parlement qui était prêt à aller vers la présomption de salariat et ça aurait été à Uber de prouver que vous n'étiez pas un salarié de prouver qu'il ne donnait pas des ordres et donc du coup à partir du moment où vous étiez salarié il y avait des horaires il y avait des droits à la sécurité sociale des droits à la retraite des droits enfin voilà aux accidents du travail et ainsi de suite et donc on a un Emmanuel Macron là qui a pesé alors pour défaire ça au niveau européen et surtout ne pas l'appliquer au niveau français et c'est la grande transformation du marché du travail sous Macron c'est deux choses c'est les apprentis et c'est les auto-entrepreneurs 3 millions d'auto-entrepreneurs clés simplement il ne
faut
pas que le travail soit la jungle et de la même manière que les contrats d'intérim ça ne doit pas être 3 fois 6 mois on vous met à la maison pour 6 mois on vous reprend 3 fois 6 mois il doit y avoir des règles sur le travail et les règles on doit avoir des inspecteurs des contrôleurs du travail et on doit avoir des procédures et des procès pour les faire respecter alors
la
parole est encore à la salle
on
va prendre et bien madame je vous en prie justement on est là si vous voulez prendre la parole si vous avez une question à poser non vous n'avez pas de question mais qui a une question à poser directement madame
ah
mais ça peut être un témoignage je suis un politique même quand on ne
me
pose pas de questions je réponds vous n
'en
faites pas
la
première révolution ouvrière qu'il y
a
eu je suis dans cette association j'ai été secrétaire générale pendant 13 ans et demi et donc c'est un moment d'histoire qui donne vraiment une énergie aux gens moi je vois bien quand les gens entrent au local et on discute et on discute ils repartent avec plein d'espoir et il faut savoir qu'on est 2300 adhérents qu'on en a dans le monde entier on en a au Canada aux Etats-Unis bon aux Etats-Unis on en
a
15 on en a
quand même
en Grèce oui je ne
sais
pas ça que je cherchais enfin il
y
a plusieurs pays en Angleterre en Espagne en Allemagne en Italie et puis en France on est nombreux adhérents quand même et c'est faire connaître ce mouvement et donner de l'espoir aux gens leur montrer qu'on peut s'organiser
voilà
je tiens à le faire connaître parce que si vous allez sur internet vous tapez commune de Paris 1871 vous verrez toutes les informations qu'il y a on va peut-être me dire que je travaille pour ma paroisse mais il y a une richesse d'informations sur ce site c'est quelque chose d'extraordinaire il y
a
des amis qui travaillent
très très fort voilà merci on
est dans le 13ème arrondissement pas très loin de la rue de la Butocaille où est le siège de l'association des amis de la commune de Paris je crois si c'est toujours là ok je
ne
réponds pas mais j'ai une il y a une phrase
de
Walter Benjamin qui dit quand il fait froid dehors quand ça va mal pour la gauche il faut que la gauche aille se réchauffer aux braises de son histoire et évidemment la commune fait partie des braises de notre histoire
et
Debout Paris viendra vous rendre visite
est
-ce qu'il
y a
d'autres questions
?
alors il y a un jeune homme derrière et ensuite bonjour
déjà
merci beaucoup pour ce que vous dites et merci Bastien pour ce que tu as dit sur les étudiants ça me touche moi j'habite sous les toits et c'est
toujours
difficile j'avais une question alors du coup je voterai pour vous à cette primaire ça c'est sûr mais je ne suis pas de Debout moi je suis d'un parti qui s'appelle le parti Equinox et ça fait deux ans qu'on est dans les territoires à lutter à aider les gens pour les municipales parce que la prochaine échéance ce n
'est
pas les présidentielles c'est les municipales 2026 vous n
'en
avez pas beaucoup parlé mais les accès PMR le logement la mobilité c'est eux
et
je voulais savoir si Debout allait se mobiliser pour les municipales et puisqu'on est à Paris si Debout Paris allait faire quelque chose merci beaucoup on va prendre une deuxième question
une
dernière question oui non alors il y a des mains qui se lèvent de partout une femme c'est vrai que c
'est
une femme allez-y madame
merci
vous
pouvez vous mettre debout on est debout bonjour
habitante du 13ème arrondissement dans le prolongement de la question sur les municipales vous parlez de démocratie or la démocratie aujourd'hui dans les municipales et les élections me paraissent un leurre et ma question était que faites-vous du mouvement de communauté de communes qui a été imposé par différentes lois qui se sont succédées à marche forcée ça s
'est
un peu passé sous les radars
or
aujourd'hui quand on vote pour un maire dans une commune petite
on
ne sait pas pour quelle politique on va voter puisque la décision se prendra au niveau du conseil communal de l'ensemble des communes et là c'est plutôt une question de démographie qui va se mettre en place donc on n'a aucune idée de quel projet politique va se mettre en place dans les communautés de communes or ça il me semble que les partis de gauche lorsqu'ils lancent une liste dans une commune devraient faire en sorte que toutes les listes de ce même parti ou de ce même mouvement ou de ce ensemble de partis peu importe qui seront dans les autres communes faisant partie de la communauté de communes est un programme commun disant voilà ce que nous ferons dans cet ensemble dans ce lieu précisément
merci madame on va peut-être pouvoir répondre à des questions sur la question des municipales d'abord on a on a un principe on n'a pas de siège à défendre ce qui est un grand avantage pour nous je le dis dans les négociations donc nous notre principe c'est là où la gauche est unie on aide avec le souhait qu'elle soit le plus unie possible le plus unie possible au municipal pour être le plus unie possible derrière pour les présidentielles et pour les législatives c'est la première chose la deuxième chose c'est que l'échelon municipal il compte beaucoup pour nous on a écrit un bouquin qui s'appelle le catalogue des bonnes initiatives pourquoi ?
parce qu'en fait je ne crois pas moi à le meilleur des programmes qui serait amené et plaqué d'en haut sur la société et que c'est comme ça que ça marcherait et qu'au fond
ce
qu'on peut faire qui marche c'est quand il y a des bonnes initiatives qui sont prises par des acteurs que ça soit les communes que ça soit des entrepreneurs ou que ça soit les associations les généraliser les nationaliser je donne toujours un exemple qui est la sécurité sociale qui est quand même une formidable utopie réalisée comment ça s
'est
fait ? alors Ambroise Croizat ministre communiste des travailleurs en 1945 pose son vaste plan de sécurité sociale mais s'il avait dit aux gens voilà vous allez aller chez le médecin et puis vous allez être remboursé puis il y
a eu de
l'argent les gens se sont dit mais il est dingue celui-là qu
'est
-ce qu
'il
nous raconte
?
mais en fait c'était déjà là ça existait déjà en partie ça existait par les caisses de solidarité dans les usines ça existait par les mutuelles ça existait par les fédérations de travailleurs et donc il y avait un déjà là qui fait que Ambroise Croizat et le programme du Conseil national de la résistance ont pu s'appuyer là-dessus pour dire en fait ce qu'on va faire c'est le généraliser l'universaliser quand on a fait notre projet de loi proposition de loi pardon notre proposition de loi j'en suis pas encore là malheureusement mais bon ça viendra
quand
on a fait parce que la différence entre projet et proposition c'est qu'une proposition ça vient des députés un projet de loi ça vient du gouvernement donc voilà on fera même des décrets voilà mais quand on a fait notre proposition de loi et je suis très content il y avait des communistes il y avait des socialistes il y avait des écologistes il y avait des générations et moi j'étais dans le groupe insoumis à l'époque donc toute la gauche rassemblée pour proposer une proposition de loi sur les vacances qui disait voilà pour aimer son pays on peut pas l'aimer si on n'en voit pas toute la beauté et qu'on ne rencontre pas la diversité la mer et la montagne les gens qui y habitent et tout ça donc il faut que tous les gamins aient le droit à une semaine de vacances chaque été le fait de dire ça existe déjà à
Trappes
ça existe déjà à Poitiers pourquoi ça n'existerait pas pour tous les français on voit que c'est un argument qui est puissant donc évidemment le fait que dans les communes et je vous rejoins sur l'importance de la commune comme lieu de démocratie plus ou moins direct tandis que l'intercommunalité c'est le grand lieu de la délégation et on ne comprend plus ce qui s'y passe mais le fait que dans les communes il y
ait
des maires qui essayent qui inventent en plus c'est une échelle qui peut servir de laboratoire on tente un truc dans une commune ça ne marche pas ce n
'est
pas un drame vous voyez si vous tentez un truc dans le pays alors je sais que Macron a fait que ça et que ça ne marche pas c'est quand même le bazar ça installe le chaos et donc voilà avoir des expériences qui fonctionnent au niveau communal pour les faire monter en généralité les universaliser en fait notre grande bagarre c'est contre une phrase qui est toute simple c'est c'est comme ça c'est comme ça c'est la phrase la plus déprimante qui existe c'est une tautologie le ça renvoie au ça c'est un cercle fermé c'est le cercle fermé de la fatalité c'est comme si on ne pouvait plus en sortir dès qu'on vient dire ailleurs c'est autrement hier c'était autrement dès qu'on vient casser ce cercle du c'est comme ça on marque des points et on remet de l'air dans l'imaginaire et oui il y aura des candidats debout dans pas mal d'élections municipales dans le pays pour soutenir l'élite du gauche unie et avec l'objectif d'inventer d'essayer des choses d'essayer quelque chose voilà
sur
les municipales ce qu'on peut vous dire donc vous le savez debout est un parti relativement jeune donc on est on s'implante très jeune oui on s'implante de plus en plus on a je crois qu'on en est au cinquantième département là aujourd'hui donc dans les départements où on est présent évidemment on soutient au maximum les listes d'union comme François le disait mais voilà pour le moment on reste encore c'est une première échéance électorale qui n
'est
pas forcément la plus on ne pourra pas présenter de candidats sur tout le territoire mais en tout cas on a bien conscience que les maires de tout le pays notamment les maires enfin surtout les maires de gauche ont des choses à faire et voilà on sera très attentifs à venir les soutenir une fois qu'ils seront élus et donc
et
à Paris quand même parce qu'on est quand même à Paris on va avoir un rôle à jouer d'une part pour tous ceux qui vont nous rejoindre ou qui ont commencé à nous rejoindre ces dernières semaines ça va être une bataille une bataille évidemment pour l'union parce qu'il y
a
un enjeu aujourd'hui à mener cette bataille puisqu'on voit une gauche qui est relativement atomisée où chacun finalement joue dans son couloir donc nous on va essayer de contribuer à essayer de recoller les morceaux parce que fondamentalement je pense que Paris a besoin d'être une ville de gauche de rester une ville populaire on a doublé le nombre de logements sociaux en quelques années dans cette ville ce n'est pas rien Paris n'est pas New York Paris n'est pas Londres mais on voit bien qu'aujourd'hui il y a besoin de donner un nouveau souffle et accessoirement ça ne
vous
a peut-être pas échappé mais il
y a
un changement de mode de scrutin à Paris vous allez voter pour des listes au conseil de Paris et pour des listes dans les conseils d'arrondissement
et
on va accessoirement avoir besoin d'assesseurs de présidents de bureau de vote parce qu'on va devoir les doubler partout ce n
'est
pas un détail et moi je tiens vraiment à ce que Paris Debout prenne toute sa part dans l'organisation matérielle de ces élections ça ne paraît pas grand chose si on aura des candidats je ne sais pas pour l'instant on est en discussion
mais
en tous les cas on va prendre toute notre part
dans
cette bataille
on
va peut-être passer à la suite on reviendra tout à l'heure on aura d'autres possibilités pour poser des questions je vous rassure
cette
année est marquée par un triple anniversaire
un
triple anniversaire
nous
sommes en 2025 alors il y a 20 ans précisément
il
y a 20 ans
les
français votaient contre le traité constituel européen
moi
un titre personnel à l'époque comme militant socialiste j'avais pris part avec cette bataille avec Pascal Cherky ici présent
voilà et
puis en 1995 il y a 30 ans en novembre-décembre on était en plein dedans les français se battaient contre le plan Juppé qui était une première étape de la casse du système de protection sociale dans ce pays
et
là aussi on était sur le terrain à l'époque j'étais étudiant et pour payer mes études je travaillais à la poste donc j'étais à la fois sur le piquet de grève de mon bureau de poste rue de
l
'épée de bois dans le 5ème et puis à l'époque à Tolbiac dans les assemblées générales
et
puis il y a 120 ans ça c'est beaucoup plus lointain
en
fait là les 120 ans les députés adoptaient c'est dans quelques jours c'est le 6 décembre le 9 décembre adoptaient la loi sur la laïcité
et
donc je vais appeler sur cette scène Corinne Basta qui est comédienne et qui va nous lire un extrait du fameux discours d'Aristide Briand on l'applaudit
j
'aurais compris les hésitations de la chambre
au
début de la discussion
c
'est maintenant
l
'heure des responsabilités
il
faut les assumer
vous
ne pouvez pas vous plaindre messieurs
d
'avoir rencontré chez nous un parti pris tyrannique
puisque
nous nous sommes rendus à vos raisons désireux
que
nous étions de faire accepter la séparation par les nombreux catholiques de ce pays
nous
n'avons pas oublié un seul instant
que
nous légiférions pour eux
et
que les droits de leur conscience exigeaient de la loi une consécration conforme à l'équité
nos
collègues nos
collègues de
droite nous avaient dit
nous
n'avons pas confiance en vous
vous
êtes une assemblée jacobine sectaire passionnée
nous
ne pouvons attendre de vous aucune justice
et
nous nous avons répondu
vous
nous connaissez mal
nous
vous le prouverons par notre sang-froid
par
la raison
et
l'esprit de justice que nous saurons mettre au service de cette réforme
et
bien je vous le demande
que
pouvez-vous nous reprocher maintenant
trouver dans
cette loi
une
disposition qui justifie vos griefs montrer un seul article qui vous permette de dire demain aux électeurs vous voyez cela en est fini de la liberté de conscience cela en est fini de libre exercice du culte dans ce pays
non vous
ne pouvez plus dire cela
car
manifestement
ce
ne serait pas vrai
peut
-être de certains côtés épouvrèteront quelques mécontentements
de
la tournure pacifique prise par cette réforme
hélas sous
l'influence des passions politiques
les
hommes ne sont parfois que trop portés à nier tout progrès qui ne s'affirme pas par une violence au détriment de leurs adversaires
je
tiens à le dire hautement
le
progrès ainsi compris n'est pas dans ma manière
dans
ce pays
où
des millions de catholiques pratiquent leur religion
les
uns par conviction réelle
d
'autres par habitude par tradition
il
était impossible d'envisager une séparation qu'ils ne puissent accepter
nous
n'avons pas le droit de faire une réforme dont les conséquences puissent ébranler la république
pour
qu'il en fût ainsi
il
fallait
que
la séparation ne donna pas le signal des luttes confessionnelles
il
fallait
que
la loi se montrât respectueuse de toutes les croyances
et
leur laissa la faculté de s'exprimer librement
vous
n'aurez plus le droit demain d'aller dire aux paysans
aux
catholiques de France
que
la majorité républicaine de cette chambre
s
'est montrée à votre regard tyrannique et persécutrice
car
elle vous aura généreusement accordé tout ce que raisonnablement pouvaient réclamer vos consciences
la
justice
et
la liberté
ce
texte est issu des annales de la chambre des députés débat parlementaire session ordinaire
de
1905
merci
merci merci
alors
à debout on vous l'a dit on vous l'a répété on aime bien écouter les gens voilà et on a monté on a lancé reporter debout donc ce sont des militants il y en a un d'ailleurs derrière la caméra
on
peut l'applaudir
c
'est Rémi
voilà
Rémi qui est dans le groupe du 12e arrondissement
et
Rémi qui a réalisé le micro-trottoir que vous allez regarder tout de suite Magnéto
bah
en fait je ne sais pas trop qui
vous êtes monsieur Ruffin donc petite explication
est
-ce que vous pensez être féministe qu'est-ce que vous ferez pour les jeunes
surtout
les jeunes diplômés
est-ce
que nos députés font un concours de nullité
les
sondages prévoient que l'extrême droite passe sur les présidentielles est-ce qu'il serait ok pour rallier faire une coalition de gauche
mais
vraiment quoi arrêter de les égaux des uns des autres et mettre son mouchoir par dessus pour ne pas les laisser passer
moi
je lui poserai la question de faire tout de façon à ce que nous trouvions du travail il y en a des chômeurs beaucoup de chômeurs qui veulent travailler mais il n
'y a
pas l'emploi
je
serais plutôt d'avis qu'ils commencent déjà par gérer les problèmes en France avant de se décider d'aller régler les problèmes dans les pays comme l'Ukraine ou les pays balt tout ce truc là le pouvoir d'achat il est en baisse mais bon désindustrialisation toutes les entreprises sont revendues on écoutait encore aux informations ce matin il y a énormément de choses qui sont reprises par les chinois les ports etc on voit bien que tous ces pays là sont en train de se placer et que nous on est là en train d'attendre que ça se passe voilà
il
est sociologue il participe à notre laboratoire d'idées qui s'appelle idées debout je vous prie d'applaudir Camille Peny merci Vincent bon heureusement qu'il y
a
eu le micro au trottoir parce que déjà pour un chercheur c'est pas facile de parler ici et sinon plus j'avais dû enchaîner après Aristide Briand ça aurait pas été facile alors oui la jeunesse je sais
pas
si vous avez remarqué mais la jeunesse elle est omniprésente dans les discours des politiques mais très souvent pour l'instrumentaliser et pour servir de caution s'il faut travailler sans cesse plus tard 62, 64 puis peut-être 68 ans demain c'est pour que les jeunes d'aujourd'hui puissent avoir une retraite demain s'il faut des politiques d'austérité c'est pour rembourser la dette car on ne saurait la léguer aux générations futures donc on se préoccupe souvent des jeunes mais des jeunes en tant que futurs vieux ou des jeunes de demain moi je persiste à penser en tant que citoyen que le politique peut faire des choses pour les jeunes d'aujourd'hui et peut le faire aujourd'hui
alors
pour faire des choses pour les jeunes aujourd'hui me semble-t-il et je le dis d'autant plus que je ne suis plus jeune il me semble qu'il faut partir d'un bon constat et pour cela avoir en tête bien sûr le fait que la jeunesse mais ça a été dit dès l'introduction la jeunesse est extrêmement hétérogène pour vous donner juste un chiffre vous prenez aujourd'hui les 18-25 ans en France je parle d'aujourd'hui pas d
'il
y
a
20 ans les lycéens on peut encore être lycéen à 18 ans où les étudiants les étudiantes c'est à peine 47% des 18-25 ans évidemment ce sont les plus visibles puisqu'ils ont encore quelques syndicats quelques associations il y a quelques marronniers la rentrée universitaire le baccalauréat etc mais ce n'est qu'une petite moitié de la jeunesse finalement qui est elle-même cette frange étudiante hétérogène vous savez que la massification scolaire elle est arrivée à l'université maintenant et c'est pour ça qu'on a découvert pour certains pour certaines relativement ébahis pendant le Covid des étudiants des étudiantes qui faisaient la queue à des distributions de la banque alimentaire parce que bien que boursiers boursières c'est des étudiants qui sont contraints d'avoir un job à côté et qui en étaient privés pendant le Covid et puis évidemment la jeunesse elle est hétérogène elle est traversée par les mêmes clivages que le reste de la population des clivages de genre des clivages sociaux des clivages liés à l'origine ethno-raciale au territoire sur lequel on grandit c'est pas tout à fait la même chose d'être un jeune en milieu rural d'être une jeune en milieu urbain
alors
une fois qu'on a dit ça après tout si on se contente de dire que la jeunesse est traversée par tout un tas de clivages est-ce qu'on peut faire une politique de la jeunesse est
-ce
que ça a un sens d'avoir une politique publique pour la jeunesse alors oui d'une certaine manière même si plus le temps passe plus je me dis que la meilleure des politiques jeunesse ce serait une vraie réforme de l'héritage une vraie réflexion sur la fiscalité des successions vous savez que avec la génération du baby boom qui va hélas disparaître progressivement dans les prochaines années c'est des dizaines des centaines de milliards d'euros qui vont être légués aux générations suivantes et qui vont donc encore renforcer la reproduction des inégalités mais cette parenthèse étant en fait on peut faire des choses pour les jeunes me semble-t-il et on le sait quand on compare ce qui se passe en France à ce qui se passe dans d'autres pays
et
quand on se compare à ce qui se passe dans d'autres pays grâce à des travaux brillants réalisés par beaucoup de collègues on est capable de dire que ce qui caractérise les jeunes français les jeunes françaises au-delà de tous les clivages qu
'on
vient de donner c'est d'abord le fait qu'ils vivent cet âge de la vie sous étroite dépendance familiale beaucoup plus que dans d'autres pays deuxièmement et c'est lié comme on dépend de la famille à ce moment-là on vit le temps de la jeunesse dans une forme d'urgence de l'insertion c'est très mauvais de redoubler une classe c'est compliqué de se réorienter parce qu'on dépend de l'aide des parents etc.
et puis troisième caractéristique qui est liée à ce modèle familial familialiste la France est un pays dans lequel les inégalités se reproduisent avec force partout dans tous les pays du monde nos parcours dépendent de notre origine sociale mais les chiffres de l'OCDE et croyez-moi l'OCDE n'est pas un repère de sociologues gauchistes les chiffres de l'OCDE permettent de montrer que la reproduction des inégalités est particulièrement forte en France en tout cas beaucoup plus que du côté des pays scandinaves et donc on peut s'inspirer de ce qui est fait dans ces pays là j'ai pas du tout le temps de développer mais juste vous donner une clé on sait que lorsque l'état intervient beaucoup pour encadrer cet âge de la vie après tout c'est un âge fragile de la vie et bien les inégalités sont davantage contenues et la jeunesse est plus confiante donc à mon sens un projet politique pour la jeunesse c'est d'abord mais alors là on partirait dans des réflexions qui nous emmèneraient très loin un système éducatif moins élitiste parce que finalement la première politique jeunesse quelque part c'est l'école or notre système éducatif plus qu'ailleurs plus que dans les pays du nord en tout cas est élitiste c'est un pays qui ferait converger l'âge de la majorité politique avec l'âge de la majorité sociale en France les jeunes sont majeurs politiquement à 18 ans on a le droit de vote à 18 ans mais c'est à 25 ans qu'on devient pleinement citoyen puisque c'est à cet âge-là et seulement à cet âge-là qu'on a le droit au même dispositif de la protection sociale c'est la question du RSA qu'il faudra bien trancher à un moment donné et puis je termine juste en disant que ces dispositifs universels émancipateurs doivent être pensés à destination des étudiants bien sûr mais aussi à destination de celles et ceux qui beaucoup plus jeunes travaillent ou ont décroché ou sont déjà dans des formes d'inactivité ou de chômage
deux
choses pour terminer tout à fait pour ne pas être trop long d'abord il y a une urgence en France c'est les jeunes précaires les jeunes non diplômés nous sommes un pays qui fonctionne au diplôme nous sommes un pays dans lequel il y a très peu de deuxième chance et donc on joue toute sa vie à l'issue d'une compétition scolaire qui est socialement faussée dès le départ donc il faut vraiment et il y a des tonnes d'ouvrages de sociologues qui sont écrits sur la question comment construire une école qui soit véritablement démocratique 100 000 jeunes chaque année quitte le système éducatif sans diplôme ou avec au plus le brevet du collège et je dirais que cette politique jeunesse que cette révolution c'est aussi un impératif démocratique pourquoi parce que non seulement dans les pays du nord les inégalités sont plus faibles elles se transmettent avec moins de force mais en plus la confiance des jeunes envers les institutions envers la démocratie est plus forte c'est pas seulement parce qu'on donne une allocation universelle aux jeunes mais ça y participe c'est un vrai investissement de la société et là encore les travaux des collègues montrent que les politiques jeunesse renforcent la confiance des jeunes et à l'heure où la confiance manque à l'heure où le rassemblement national on parlait de Bardella tout à l'heure si populaire parmi les jeunes semble-t-il se nourrit sur la défiance il me semble que pour la gauche c'est un beau projet de société et je suis content d'en parler ici dans un mouvement qui en tant que citoyen me parle merci
merci
on est très très en retard donc on va quand même prendre un petit tour de questions donc monsieur
merci merci Vincent au début j'étais assez sceptique pourquoi venir ici bon il
n
'y avait pas de match de foot donc ça me libère une soirée
mais
je suis venu au départ par un métier pour Vincent qui avait été mon adjoint quand j'étais maire du 14e mais mon assistant parlementaire quand j'étais député avant que il décide de faire autre chose
j
'étais venu aussi parce que bon j'écoute ce que dit François
je
ne
suis
pas toujours d'accord mais je trouve qu'il a une qualité politique qui est très forte c'est qu'il part du réel voilà il
part
du réel moi j'avais été assez sensible beaucoup s'était moqué de lui quand il avait défendu les femmes de ménage à l'Assemblée Nationale lors d'une précédente législature et je trouvais qu'au contraire c'était important qu'un élu de gauche soit les deux pieds dans le réel
tu
as dit quelque chose avec lequel moi je suis complètement d'accord tu as dit que l'enjeu c'est de remettre le pays debout je pense qu'en effet la gauche ne pourra pas gagner si elle incarne un ressentiment ça c'est le carburant l'extrême droite elle gagnera si elle incarne un espoir de progrès et surtout le sentiment qu'on peut inverser la marche du déclassement
et
la marche de l'affaiblissement de ce pays parce qu'on oublie souvent que la France a été une grande puissance mondiale
nous
même on est au conseil de sécurité des Nations Unies on a un nucléaire on a été une des deux grandes puissances impériales avec beaucoup de dégâts d'ailleurs et donc ce pays là le sentiment que ce pays là fou le
camp
par tous les bouts avec la conscience d'une oligarchie tu as raison d'insister là dessus et produit une rage qui peut amener à un moment donné les gens par désespoir à renverser la table et
à
voter pour l'extrême droite je pense qu'une des clés tu l'as dit c'est pour ça si j'en viens à ma question
c
'est la question de la désindustrialisation
on
ne peut pas avoir un pays qui a un avenir si on a 10% du PIB moins de 10% du PIB dans l'industrie et si la plupart
des
flux économiques vers l'industrie sont dus à des investissements directs de l'étranger c'est
à
dire qu
'on
se met dans la main du capital étranger et donc par rapport à un système concurrentiel où finalement toujours le chantage à moins d
'impôts moins
de cotisations sociales moins de revendications salariales puisque on est dans un système concurrentiel donc moi ma question elle est très simple même si je pense que c'est pas facile d'y répondre mais
quels
sont les chemins pour reconstruire une base productive nationale
qui
permette à un moment donné sur un horizon de 10-15 ans parce que ça ne se fera pas en 2 ans ou même en 5 ans qu'on reprenne une trajectoire de réindustrialisation
qui
est la clé pour retrouver de la souveraineté nationale et de
la
souveraineté populaire merci
une
dernière question on aura une alors il
y
a on ne pourra pas s'assister toutes les demandes une femme on alterne madame
c
'est une question très simple c'est pour ou contre la 6ème république
merci
pour votre concision
et enfin
une dernière question témoignage mais très très court Alexis
donc
Alexis qui
qui va
se présenter
je
vais essayer de faire très très court alors par contre je ne serai pas capable forcément d'improviser enfin j'oublierai des choses mais j'ai fait des coupes dans mon texte donc voilà je vais essayer
vraiment de faire
donc moi je suis AVSH donc j'ai commencé à travailler comme AVSH ok ok je pourrais poser les petits papiers dessus comme ça merci alors j'ai commencé à travailler comme AVSH il y a une quinzaine d'années à l'époque alors AVSH moi je vais ah bah si déjà donc AVSH c'est le nouveau sigle avant c'était AVS auxiliaire de vie scolaire maintenant AVSH accompagnant d'élèves en situation de handicap donc voilà et après ça va de la maternelle jusqu'au lycée donc j'ai commencé à travailler comme AVSH ou AVS il y a une quinzaine d'années à l'époque je combinais ce travail avec mon premier métier de psychologue clinicien que j'ai décidé de quitter totalement il y a 8 ans je vais lire vite j'ai été amené à travailler brièvement en école maternelle en collège en collège tech pas mais l'essentiel de mon travail est depuis 8 années continues et dans une école primaire au sein du NULIS encore un sigle donc une classe spécialisée pour dire les choses très rapidement quand je pense à l'organisation du travail me concernant outre la précarité évidente qu
'on
sait être relié à ce métier d'AVSH avec du temps partiel imposé qui fait que nous sommes largement sous le SMIC je suis renvoyé au terme de bricolage cher à mon prof de guitare il l'utilise pour évoquer l'oeuvre d'un bricoleur du dimanche par opposition à quelque chose qui serait fait dans la règle de l'art alors pour ma part j'ai bricolé pour avoir l'emploi du temps vaguement rationnel et qui me convienne en combinant 21h comme AVSH lundi, mardi, jeudi, vendredi plus 8h de surveillance de cantine donc du périscolaire sur ces mêmes jours
j
'ai pu ainsi arriver à des semaines d'une trentaine d'heures c'est donc une semaine de 4 jours avec un break au milieu ce qui doit dire très appréciable et pratique pour tout un tas de choses et correspond par ailleurs à mes convictions profondes depuis très longtemps
j
'effectue par contre 4 journées continues de 8h30 à 15h ou de 8h30 à 16h30 sans aucune pause
mes
collègues ne sont pas des tortionnaires et on pourrait m'accorder à vrai dire une petite pause de 15 minutes mais je ne veux pas que mon choix d'emploi du temps porte préjudice au fonctionnement de l'IS et aux élèves
pour
moi la problématique de l'école est assez simple à résumer le ratio nombre d'adultes nombre d'élèves accueillis n'est pas toujours adapté et bien souvent la limite du déraisonnable loin de l'image d'épinal qu'on pourrait avoir à propos de l'école il faut bien comprendre qu'on ne se tourne jamais les pouces et qu
'on
est même très souvent sur une ligne de crête outre les enseignants les ADSEM les AVSH les personnels du Périsco je dirais que le manque de temps de médecins infirmières psy scolaires ainsi que des assistantes sociales et la casse totale ces dernières années du RASED encore ainsi que pardon donc Réseau d'aide spécialisé aux élèves en difficulté constitue la trame de fond du profond à l'est que vit actuellement l'école française
je
suis obligé de faire ici une rapide aparté en tant qu'exopsy et en travailler dans la protection de
l
'enfance le manque de ces derniers personnels empêche de faire de manière optimale ou juste au court le travail de repérage et de prévention que devrait pouvoir jouer l'école dans le domaine de la santé mentale et des violences
intrafamiliales l
'autre énorme bricolage auquel je pense alors mon truc est encore plus long je voulais parler des profs je voulais parler de ZCM je voulais parler des ATE c'est tout ça je l
'ai
enlevé non non non donc l'autre énorme donc je vais quand même parler des profs parce que je les vois travailler au quotidien donc l'autre bricolage énorme que subissent donc c'est celui que subissent les profs avec cette spécificité française bizarroïde d'un enseignant seul pour s'occuper de 20 à 30 élèves donc il faut savoir qu'en moyenne et grande section une ADSEM n'est pas toujours présente quand il y en a une c'est à mi-temps donc on a une situation où un adulte tout seul s'occupe de 25 enfants qui ont 4-5 ans voilà
j
'arrive presque à la fin troisième et dernière page bref dans l'éducation nationale on devrait pouvoir aller sans peine vers une bonne convergence des luttes entre toutes ces professions sus mentionnées possiblement pressées EES comme des citrons et sous-payées EES et oui EES très majoritairement comme de par hasard les AESH souhaitent accéder à un vrai statut accompagné d'un vrai salaire
je
ne veux pas parler à la place de mes collègues mais je pense que pour notre part on serait déjà bien content avec un SMIC complet et après il y
a
le sujet bien sûr à quel niveau on met le SMIC je pense que c
'est
une question très importante une reconnaissance de leur travail et leur rôle au sein de la communauté éducative
le
gros mot que l'éducation nationale fait attention à ne jamais lâcher dans les textes officiels s'agissant des AESH c'est celui d'enseignement non ils sont seulement des accompagnants en réalité un AESH dès la première seconde en poste fait de
l
'enseignement et de l'enseignement spécialisé qui plus est
on
se forme sur le terrain en pratiquant au contact des élèves et en échangeant avec les profs naturellement nous faisons beaucoup mieux notre métier au bout de quelques années de pratique pourtant nous avons droit seulement un passage d'échelon tous les 3 ans nous faisant gagner environ 10-15 euros de plus par mois j'arrive à ma question j'ai fini désolé d'avoir été un petit peu long donc ma question dans le elle est longue
dans
le contexte actuel où l
'on
commence à saisir et même observer en direct la mise à mal des limites de notre planète
et
même s'il est bien sûr indispensable par ailleurs de réindustrialiser notre pays j'en suis convaincu pensez-vous qu'il soit possible d'amorcer une bissurcation de fonds pour produire et consommer un peu moins de biens matériels et rediriger une partie des forces de travail vers les métiers décarbonés de l'humain de l'enseignement de la culture et de la santé
merci
beaucoup merci François va vous répondre mais moi j'ai quelque chose à vous dire avant c'est pas un mot de conclusion François va s'en charger mais Debout ne peut pas exister sans vous sans votre engagement
qui
peut être un engagement militant donc je réitère ce que je vous ai dit tout à l'heure venez, rejoignez-nous dans nos groupes locaux vous avez une table à l'entrée où vous pouvez laisser vos coordonnées un certain nombre d'entre vous l'ont fait
et
va s'afficher c'est déjà sur l'écran un QR code sur lequel vous allez être redirigé à la fois pour nous soutenir vous allez pouvoir vous informer vous allez pouvoir vous militer mais surtout aussi puisqu'on a des gens mais on n'a pas l'argent on a besoin d'argent pour faire vivre ce mouvement et donc vous pouvez faire des micro-dons des très gros dons des dons mensuels je rappelle que c'est défiscalisé pour ceux qui payent des impôts donc on a besoin de vous on a besoin de votre soutien pour avancer parce que sans argent il n'y a pas de mouvement merci à vous bon à nouveau un grand merci à vous d'être venu d'être resté on a pendant cette longue réunion et qui permet d'avoir des échanges il y
a
beaucoup de questions je vais essayer de les ramasser sur la 6ème république je suis pour le RIC tout de suite le référendum d'initiative tout de suite et maintenant et je suis pour qu'on lance une constituante si jamais quand on demande aux français s'ils veulent une constituante ils répondent majoritairement qu'ils veulent une constituante je pense que passer à changement de république ne peut pas se faire sans une validation par le peuple français en pensant que nous on le voudrait il faut bien vérifier que le peuple français le veut lui aussi ensuite sur l'industrie Pascal tu sais que j'ai beaucoup beaucoup beaucoup travaillé sur cette question là je le dis parce que c'est un enjeu je crains qu'aujourd'hui il y
a
un côté il soit trop tard en tout cas il soit trop tard pour que ça soit un objet de mobilisation populaire et que la classe ouvrière se sente concernée encore quand on lui parle d'industrie il
y
a 15 ans c'était le cas et il y a tellement des étapes qui ont été franchies par le bas que je crains qu'aujourd'hui il n'y croit plus ça veut pas dire qu'il ne
faut
pas le faire pour le pays mais en tout cas comme outil de mobilisation politique je suis malheureusement dubitatif aujourd'hui alors qu'est-ce qu'on fait on cible des aides publiques sur l'industrie sur les PME plutôt que d'arroser tous azimuts deux on protège pas de politique industrielle sans politique commerciale trois on mobilise le capital national on a un taux d'épargne qui est record et pourtant ça sert à financer la bourse américaine quatre on fait des prix d'électricité qui sont stables et qui varient pas comme du yo-yo je pense que si on met déjà ces quatre conditions-là bout à bout on a une possibilité que la question de la réindustrialisation ne soit pas un slogan mais devienne au moins en partie une réalité sur la jeunesse on a déjà travaillé ensemble Camille sur la question de la jeunesse je salue la présence de Auriane des jeunes générations puisqu'on veut l'union des partis avoir l'union des jeunes c'est pas mal aussi je pense que ce qu'on a fait pour les personnes âgées après-guerre je citais Ambroise Croizat c'est-à-dire c'était une espèce de fatalité depuis des millénaires que finalement quand on vieillissait dans les classes populaires c'était au crochet de la famille ou de la charité et finalement la retraite a permis de diviser par quatre en une génération le taux de pauvreté mais on a quelque part quelque chose qui s'est inversé et maintenant c'est comme si c'était une fatalité que quand on est jeune on est dans la pauvreté et qu'on doit vivre au crochet de sa famille en fait ce qu'on a fait pour les personnes âgées c'est-à-dire de passer d'une solidarité familiale à une solidarité sociale à une solidarité nationale il faut aujourd'hui faire le même chemin pour la jeunesse et passer de la solidarité familiale qui ne disséparaitra pas mais à laquelle nous devons ajouter de la solidarité sociale et de la solidarité nationale sur la question des AESH du handicap j'avais déjà porté que les métiers du lien je les défends pour plusieurs raisons femmes de ménage auxiliaires de vie assistantes maternelles pour une raison qui est que c'est un combat féministe quand même 95% ce sont des femmes qui sont là-dedans que c'est un combat populaire parce que ce sont des personnes d'origine populaire c'est un combat antiraciste parce que ça dépend des endroits mais pour beaucoup c'est des personnes d'origine émigrée qui travaillent dans ces métiers et enfin pour moi c'est un combat écologique c'est-à-dire de passer du toujours plus de bien à du mieux de lien et c'est une orientation de la société et je pense que le combat pour les métiers du lien comprend toute cette gamme féministe antiraciste populaire et écologiste voilà pourquoi je pense qu'on doit en faire notre pointe avancée et aujourd'hui j'enregistrais une vidéo avec Zepassien Petavi le député qui est en fauteuil roulant à l'Assemblée
quand
même dire quand la société elle avance dans le bon sens on peut le dire aussi je pense qu'il faut le noter parce que sinon on dit enfin voilà on déprime puis c'est tout c'est pas vrai que depuis 50 ans tout va mal je pense que sur la question du travail sur la question économie sur la question industrielle quand on met la focale là ça va mal mais si on regarde d'autres choses je regarde la sécurité routière c'est con mais quand même on a divisé par 6 le nombre de morts sur les routes
moi
quand j'étais jeune c'était enfin voilà on en entendait parler régulièrement la papa d'un copain qui s'est tué sur la route on a divisé par 6 ça veut dire que quand on décide de faire des pourrées on en fait mais sur la question du féminisme on a progressé depuis ce temps là sur la question LGBTQIA+, on a progressé depuis ce temps là mais sur la question du handicap en vérité on a progressé quand même dans un premier temps jusqu'aux années 70 c'était quand on a un gamin qui est handicapé on le cache à la maison parce qu'on en a honte
ça
a été ensuite le tout institution on met tout le monde dans des institutions maintenant c'est le tout inclusif bon je dis attention on peut pas avoir de l'inclusif low cost d'une part et ensuite moi je ne souhaite pas de dogme et je pense que il y a des gamins pour qui l'institution va bien et voilà il doit pas construire un troisième dogme mais en tout cas si on veut de
l
'inclusion il faut y mettre les moyens enfin je veux dire ce dont il s'agit de sortir c'est d'une inquiétude qui est devenue une certitude c'est nous vivons moins bien que nos parents et ce sera pire pour nos enfants
il
y a quelque chose de l'ordre d'une pente et qui s'est inscrit dans l'esprit des gens moi je veux dire ce qu'il faut à la société c
'est
un horizon commun je cite la phrase d'Antoine de Saint-Exupéry s'aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre c'est regarder ensemble dans la même direction et je pense que ce qui est vrai pour un couple que quand un couple n
'a
pas de projet commun d'avoir un gamin d'avoir un pavillon de partir en vacances il finit par se bouffer le nez c'est vrai aussi pour une société si elle n
'a
pas un horizon commun de quelque chose à faire ensemble je pense que le défi climatique est en vérité le principal défi que nous avons à relever parce qu'il réclame une transformation de toute la société mais on doit porter ça comme un horizon commun d'un combat qu'on a mené ensemble et évidemment je pense que c
'est
le fait d'avoir cet horizon commun qui peut casser les différences qui peuvent exister entre les gens les micro-jalousies la montée des ressentiments dans notre pays enfin
trois
dates ont été citées je dis la loi de 1905
il
n
'y a
pas une émission de radio de télé qu'on peut faire sans être interrogé sur le voile sur l'islam voilà et donc évidemment la loi de 1905 est notre repère chaque fois j'appelle moi Patrick Veil l'historien de la loi de 1905 pour qu
'il
me guide
dans
les méandres de ça comment répondre en s'appuyant sur un texte de droit parce que la loi de 1905 c'est un texte de droit
c
'est un texte de droit qui est né pour séparer l'église et l'état mais à laquelle l'église a mené une guerre
et
en vérité il y
a
une police du culte qui est venue régler les questions d'habits qui est venue régler les questions des cloches qui est venue régler les questions des messes qui est venue régler les questions des processions et tout ça c'est passé par des dizaines et des centaines de procès qui ont fait que puisqu'on citait Aristide Briand Aristide Briand disait dans la réellusion je vois toujours deux choses
je
vois le croyant dont on doit garantir la liberté de conscience la possibilité d'exercer sa foi et je vois l'institution qui peut venir se heurter à la république
et
c'est pour ça que c'est pas seulement une loi il y avait une police du culte avec c'était une loi qui était armée et qui possiblement se faisait respecter de la même manière aujourd'hui on doit maintenir ces deux choses là on doit maintenir le fait que c'est à la fois on doit garantir la liberté des croyants la liberté de culte d'exercice de liberté de conscience des croyants et de l'autre côté la république doit pouvoir s'armer et poser des limites quand il y a nécessité de poser des limites et ça c'est contenu dans la loi de 1905 qui je le dis doit être notre père notre boussole et notre espèce de bible laïque enfin sur les deux dernières dates parce que c'est le malheur français
le
malheur français c'est 1995 c'est 2005 c'est là que naît le malheur français 1995 c'est quoi c'est à peine à l'origine de ce mot j'ai détesté mon histe je les évite mais du néolibéralisme c'est la naissance les années 90 on sort à peine du prétératé de Maastricht et déjà on a des millions de personnes dans la rive qui viennent dire non on ne veut pas de ça et dix ans après ce non est vérifié dans les urnes
c
'est 55% des français qui disent non malgré la campagne de tous les grands partis tous les grands médias tous les grands patrons pour le oui mais c'est 80% des ouvriers qui disent non
et
c'est parce qu'ils ont une bonne raison ils savent ce que ça signifie pour eux concrètement dans leur vie que la concurrence libre et non faussée que la libre circulation des capitaux et des marchandises et je dis c'est le malheur français et on n'en serait pas là si depuis 20 ans et depuis 30 ans en vérité on n'avait pas eu des dirigeants qui ont fait comme si c'était oui si on n'avait pas eu des dirigeants qui avaient choisi
de
conduire le pays là où les gens ne veulent pas aller
et
en fait depuis 30 ans c'est un gouffre qui se creuse entre le pouvoir qui dit oui nous voulons la mondialisation oui nous voulons cette Europe là et un pays
et
en particulier les classes populaires de notre pays qui ont répondu non qui ont répété non qui disent non on ne veut pas aller sur ce chemin là et c'est dans ce gouffre entre là où veulent amener les dirigeants et là où refusent d'aller les gens c'est évidemment dans ce gouffre là que prospère le monstre du rassemblement national et évidemment nous nous voulons être ceux qui viennent fermer
ce
temps là
qui
viennent réconcilier là où veulent aller les gens et là où veulent aller les dirigeants
c
'est l'objet de ce que nous aurons à faire dans les mois à venir et je vous remercie beaucoup d'avoir été attentif jusqu'à cette heure tardive et le cash investigation spécial Bernard Arnault ne va pas tarder à commencer un grand merci à vous notre cridière
on
y va pour notre cridière et à la face et nous qu'on va
et à
la face et nous qu'on va merci à vous je remercie quand même aussi la présence de Sophie Taillet-Pollian qui est députée du Val-de-Marne et qui est constamment à mes côtés grand merci à toi Sophie
et à la
fin de suite de
la fin de suite merci à vous Merci.