CE QUE LA GAUCHE FERAIT AUX MÉDIAS SI ELLE GAGNAIT EN 2027 (BOLLORÉ, LIBERTE DE LA PRESSE, CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 55 %Attaque 33 %Défensif 12 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Pourquoi organiser ce speed dating sur la liberté de la presse avec la gauche ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Quels sont les principaux dangers pour la liberté de la presse en France aujourd'hui ?
- 4:53OuverteRéponse directe
Comment la France insoumise compte lutter contre la concentration capitalistique des médias ?
- 8:59RelanceRéponse directe
Comment lutter concrètement contre l'extrême droite dans les médias ?
- 9:38RelanceRéponse directe
Faut-il interdire CNews ou réformer l'ARCOM ? Quelles pistes concrètes ?
- 16:33OuverteRéponse directe
Quelles pistes pour lutter contre la concentration des médias et garantir l'indépendance des journalistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:16Aurélien Saint-TouleFait
« On donnera du pouvoir au conseil de déontologie des médias parce que aujourd'hui on a la possibilité pour un média de demander l'arbitrage du conseil de déontologie. C'est pas une obligation. »
- 9:38Aurélien Saint-TouleFait
« Le racisme n'est pas une opinion. Le racisme, c'est déjà un délit. »
Temps de parole
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Alors, bonjour à toutes et à tous. Merci d'être venu euh nombreuses et nombreux pour ce speed dating des parties de gauche sur la liberté de la presse et le droit de savoir. Alors, pourquoi seulement la gauche ? J'allais dire euh pas seulement parce qu'on est à la fête de l'huma parce que bah notoirement l'extrême droite est une menace pour la liberté de la presse. Il n'y a qu'à regarder les premières actions dans les mairies RN conquises en mars dernier où on voit déjà que la liberté de la presse est attaquée et parce que la droite et le centre au pouvoir depuis 10 ans ont montré qu'elle n'était pas capable d'agir pour la liberté d'informer et le droit de savoir. On peut prendre comme exemple l'absence de régulation face à l'empire Bolloré qui s'est étendu
pendant toutes ces années. On peut aussi penser et c'est important aux États généraux de la presse qui avaient été initiés par Emmanuel Macron. Ces états généraux n'ont donné lieu à aucun texte présenté au Parlement et pourtant les mesures qui étaient dedans étaient bien maigres. Euh donc aujourd'hui, ceux qui ont approuvé, celles qui ont approuvé sont euh les représentantes et représentants euh des partis de gauche que nous allons euh interroger aujourd'hui. Merci. Avant de vous en dire un peu plus sur qui on est, on va revenir sur l'origine de de ce speed dating. Donc comme tout le monde le sait, on est dans une période préélectorale et dans les prochaines semaines, les prochains mois, il y a de nombreuses thématiques qui
vont être au centre de l'attention politico-médiatique. Et pour nous, c'est fondamental que la question de la liberté de la presse, la question des médias plus globalement, ça soit discuté parce que en fait la liberté de la presse, c'est aussi la défendre la liberté pour les citoyennes et les citoyens d'avoir accès à une information. Et donc tout ça c'est un enjeu démocratique majeur. Pour autant aujourd'hui, comme probablement beaucoup de gens le savent aujourd'hui, euh la liberté de la la presse, elle est menacée en France. Il y a plusieurs raisons qui font qu'elle est menacée. Il y a la concentration médiatique, il y a aussi le fait qu'il y a un manque de garantie pour les journalistes et les rédactions de pouvoir se prémunir contre des ingérences sectionnariales, bref de
d'assurer leur indépendance. Il y a aussi la question du Rassemblant national et du fait que ces idées infusent de plus largement nos médias aujourd'hui et le fait qu'ils ont ils soient aussi virulent vis-à-vis de la presse. Et enfin, on a la question aussi de l'audiovisuel public français qui est menacé comme nous l'a montré ces dernières semaines la commission à l'oncle. Donc maintenant qui on est ? Alors on est plusieurs organisations à avoir fait ce speed dating aujourd'hui. Moi j'en représente deux. Il y a COP Media qui a un stand juste ici. C'est une coopérative citoyenne qui soutient le développement de la presse indépendante. Et je représente également un bout des Médias, une association citoyenne qui est d'ailleurs sociétaire de COP Média et nous on lutte pour la
liberté de l'indépendance pardon de la presse. Et on va passer à la suite. Oui, voilà. La dernière organisation et on va pas continuer longtemps là-dessus s'appelle la presse libre. C'est un regroupement de h médias que je représente dans un abonnement commun. Euh l'idée c'est de faire peser d'autres voies dans le paysage médiatique. Tous les médias que vous avez ici au village des médias indépendants, il faut le savoir, joue à armes inégales. L'essentiel, par exemple, des aides publiques vont aujourd'hui au médias détenus par des milliardaires et dans des proportions extraordinairement importantes. Et quand on doit par exemple sur les budgets tous les ans renier, et bien on rogne sur ce qui va essentiellement aux médias indépendants, qu'il soit en ligne, que ce soit des
radios associatives et cetera. Euh pourtant euh il est urgent de réguler ce ce domaine des médias. Nous on a fait le travail. Quand Emmanuel Macron lança ses états généraux, on a fait des contre-États généraux, des états généraux de la presse indépendante. On s'est mis à plus d'une centaine d'organisations, médias, syndicat, association de la société civile en général pour créer 59 propositions. Elles sont sur la table, elles sont là, elles sont concrètes, elles sont documentées. Charge à chacun et chacune de s'en emparer parce que effectivement l'information, on l'a dit, c'est un bien commun. C'est pas notre précaré qu'on défend, c'est bien notre droit de savoir à tous et on espère qu'aujourd'hui ces
propositions, elles émerge dans le débat public dans le cadre de de la présidentielle et des législatives qui suivront. Et pour répondre aujourd'hui à toutes ces questions, on a plusieurs personnalités de gauche qui vont être présentes. On aura Aurélien Saint-oule de la France insoumise. On va avoir Olivier Besancot pour le nouveau parti anticapitaliste. Sophie Taillet Pullian député écologiste et social et porte-parole de François Ruffin. On a également Pierre Laurent pour le parti communiste français et enfin Sandrine Rousseau pour Europe écologie les verts et on aurait aimé également avoir une personne du PS mais malheureusement on n'a pas répondu à nos sollicitations. Donc merci à tous et à toutes d'être présents ici. Donc pour débuter ce speeding euh de la gauche sur la liberté
de la presse. Donc on commence en accueillant Aurélien Saint-Toule, donc député de la France insoumise. Merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation. Merci de l'invitation. Pas de souci. Euh donc comme expliquait euh chaque invité aura une dizaine de minutes pour s'exprimer face au face au public sur trois thématiques en lien avec la liberté de la presse et l'élection euh présidentielle qui aura lieu l'année prochaine dans quelques mois. Euh donc peut-être pour débuter, on va dire, on va commencer de manière assez large. Comment est-ce que vous à la France insoumise et vous personnellement euh vous voyez cette lutte contre la concentration euh capitalistique des médias et aussi dans notre côté garantir l'indépendance des journalistes en tant que salarié, en
tant que travailleur et en tant qu'indépendant dans les médias privés comme dans le service public ? Alors, comme vous le savez sûrement pour euh la France insoumise, la question de la bataille idéologique et contre les concentrations dans les secteurs des médias, elle est prioritaire, elle l'est depuis très longtemps. Jean-Luc Mélenchon utiliser l'expression pour euh qualifier le système médiatique de 2uxe pot du système du système économique. Donc aujourd'hui, nous avons nous identifié que ce domaine de la bataille est tellement prioritaire que Jean-Luc Mélenchon a pu le dire déjà, ce sera le premier texte de d'un mandat Mélenchon que de mettre fin aux concentrations et démanteler l'empire médiatique de Boloré en particulier. Je soulligne que la fête
à la fête de l'humanité, on doit aussi au travail de l'humain d'avoir révélé le projet politique de Pierre-Edouard Sterrain, le projet Picclè. Ce qui montre bien que on a changé quand même de période où peut-être on avait des milliardaires qui avaient la main mise sur le sur les médias avec un objectif qui était disons de circonscrire le domaine de ce qu'on pouvait penser, accepter, le cercle de la raison comme disait Alain McC. Aujourd'hui, on est dans une démarche beaucoup plus propagandiste, agressive et avec évidemment une un positionnement politique qui situe euh bah évidemment ces news mais un certain nombre de titres à l'extrême droite. Le problème se pose que effectivement ces médias ont une capacité d'influence et de cadrage du débat public qui qui contamine
jusqu'au au service public. Vous l'avez vu récemment. L'année dernière, j'étais ici et je parlais du recrutement de Nathan de Vert, un rubricard, un éditorialiste de ces news qui est passé sur France sur France info cette année, c'est Charles Sapin, donc le numéro 2 de valeurs actuelles qui est embauché par France info ou France Interre. Et on voit bien que en réalité les chefferies euh de du service public attendent qu'une seule chose, c'est l'arrivée de l'extrême droite et aujourd'hui leur donne des gages. Bon bah écoutez, ils vont avoir une mauvaise surprise. C'est pas l'extrême droite qui va arriver au pouvoir. C'est la gauche radicale et c'est Jean-Luc Mélenchon. Donc ils feront ce qu'on leur dira, à savoir que ils vont ils vont être les acteurs ou les témoins, s'ils le veulent, de la
démocratisation du service public et des médias en général. Vous avez dit le l'essentiel en réalité, si on veut des médias démocratiques, et bien il faut donner des droits aux salariés, ils seront beaucoup plus compétents. Quoi que bien bien entendu, vous êtes bien placé pour savoir que de nombreux journalistes font mal le travail. Ça a été un, j'ai donné cet exemple récemment hein, j'ai eu affaire à un journaliste sur BFM qui ne savait même pas que la France insoumise avait fait l'objet de manipulation, tentative d'ingérence pendant les élections municipales. J'étais obligé de lui dire de travailler. Donc on est dans une situation où d'abord on donnera des droits aux salariés parce que ils savent très bien dans quelles conditions faire leur travail. On donnera du pouvoir au
conseil de déontologie des médias parce que aujourd'hui on a la possibilité pour un média de demander l'arbitrage du conseil de déontologie. C'est pas une obligation en fait de se soumettre au jugement de ses pères. Et ben nous, on pense que c'est le meilleur moyen de réguler parce que évidemment sinon on va expliquer que c'est le pouvoir politique qui vient s'ingérer dans le travail des rédactions. Et puis le troisème point évidemment c'est de donner du poids du pouvoir aux acteurs au au public lui-même, c'est-à-dire soit dans le dans le privé en donnant de de la place aux coopératives, aux moyens de donner de la place au aux sociaux comme le disent certains médias. indépendant ici et le donner au public du service public, bah tout simplement en donnant la leur en
ayant en donnant leur mot à dire tout simplement au aux spectateurs parce que aujourd'hui on voit que la régulation est en panne. J'anticipe un peu sur la question à venir, mais on voit que la régulation est en panne, l'ARCOM ne sert plus à grand-chose et que le meilleur moyen de pousser les autorité à faire réellement leur boulot, à faire ce que la loi déjà prévoit et ben en réalité c'est de mettre des usagers du service public en contrôle du service public et en contrôle de ceux qui doivent contrôler. Voilà, vous l'avez un peu commencé à le dire mais comment vous allez concrètement si vous arrivez au pouvoir lutter contre l'extrême droite et ces idées qui sont de plus en plus sur les plateaux télé ? Est-ce qu'il faut par exemple très concrètement interdire ces news ? Est-ce
qu'il faut réformer l'ARCOM ? Est-ce qu'il faut donner par exemple un canal à une alliance de médias indépendants ? Quelles sont vos pistes concrètes ? D'abord, j'ai envie de dire que le cadre législatif en la matière, il est assez robuste. Il faut que les gens veuillent le le mettre en œuvre. Vous savez, vous avez vu que Laurent Nounz c'est a découvert que ces news posaient problème à partir du moment où madame Fedorova a commencé à déverser sa propagande proutine. Et là récemment, il a expliqué que pourrait y avoir des poursuites contre ces news si elle continuait à intervenir. Ça lui posait pas de problème quand il s'agissait de racisme, quand il s'agissait de dire des horreurs sur les immigrés que peut-être c'était eux qui apportaient des punaises de lit
et cetera. Là, il y avait rien, il y avait personne. La réalité, c'est que aujourd'hui, déjà dans la loi, le racisme n'est pas une opinion. Le racisme, c'est déjà un délit. Donc tout simplement, il faut faire respecter la loi. Il faut que les autorités fassent respecter la loi et que l'ARCOM fasse respecter la loi. Si l'ARCOM est pas décidé à le faire, on le fera à sa place. Soit en trouvant une nouvelle structure. Je l'ai dit, il faudrait il faudra de toute façon associer le public. Et puis je c'est assez simple, c'est une question réellement de volonté. Après, sur le sur le terrain idéologique, je pense que personne parmi vous ne se laisse embobiner quand on lui dit "Ah mais vous êtes descenseur, vous voulez interdire ces news et cetera." Tout dans la loi et dans la convention
qui est signé par ces news manifeste que aujourd'hui, ils ne devraient plus avoir le droit d'mettre. Ils n'ont pas le droit d'être une chaîne d'opinion. Et moi, j'entends des gens qui disent "Oh bah, peut-être faudrait revenir sur le cadre de cette loi, permettre des chaînes d'opinion et cetera." Certainement pas. Les gens qui ont décidé qu'il ne devaiit pas y avoir de chaîne d'opinion l'ont fait en conscience et pour de très bonnes raisons et nous reviendrons pas là-dessus. En revanche, nous ferons pleinement respecter la loi. Alors, je parlais de se faire embobiner parce que vous avez tous déjà entendu des gens dire "Oui, mais euh c'est le pluralisme." Alors encore une fois, euh l'injure, on n' pas le droit d'injurier les gens. Vous savez bien que la liberté
d'expression, elle a des limites. Et ben, le racisme, c'est de l'injure collective. C'est aussi simple que ça. Vous voyez bien que c'est une mise en cause de personnes pour ce qu'elles sont à travers le groupe auquel elles elles peuvent être éventuellement affiliées. Donc ça n'a rien à voir avec une opinion. Et les glands qui arrivent à nous raconter ce genre de choses-là, et bien tout simplement on n'écoutera pas ou alors on leur donnera pas la possibilité de parler parce que encore une fois le racisme n'est pas une opinion. Je précise en Belgique Wallon il y a un respect du pluralisme hein. C'est pas une situation c'est pas la Corée du Nord. Les gens ont le droit de parler simplement. On ne met pas en en vedette les euh les stars de l'extrême droite, on les interroge pas. Alors, on
présente leurs idées tranquillement, rapidement. Il y a un professionnel, un journaliste qui présente les idées des gens et qui précise que bah voilà, l'extrême droite pour sa part propose ceci ou cela. Mais pas plus. Et ça a des effets très forts. Vous voyez que là où c'est pratiqué en Wallonie, bah l'extrême droite est très faible. Et là où c'est pas pratiqué en Flandre, bah l'extrême droite est forte. Et justement, dernière question donc avec l'échéance électorale qui va arriver à savoir l'élection présidentielle où la France insoumise est pleinement impliqué. Quelle stratégie en tant que formation politique vous comptez adopter, vous avez déjà adopté sur ces prochains mois en ce qui concerne votre vos apparitions sur les plateaux de télévision, au micro
de euh de de chaîne de radio la presse écrit. Écoutez, moi je crois qu'on va qualifier la stratégie de frontal. Voilà. euh Boloré nous fait la guerre, on lui fera la guerre. C'est aussi simple que ça et parce que nous on va la gagner. Et puis pour ce qui est de des médias, ben vous avez vu là cette semaine, on a décidé de plus aller du tout sur BFM. Euh on verra s'ils en viennent à de meilleurs sentiments. Ils ont fait n'importe quoi pendant plusieurs plusieurs jours. Ils nous ont obligé à parler des des salades sur le voile et cetera. Nous, on a autre chose à faire que d'utiliser notre temps de parole prévu par la loi pour parler de ces conneries là. Donc s'ils veulent se se s'engluer là-dedans sans nous, nous on est capable, on a eu une stratégie forte et déterminée pour
trouver les moyens de d'accéder au plus grand nombre via nos propres réseaux, nos propres canaux. Donc on va essayer d'aller au plus fort là-dedans, mais pour le reste, évidemment, on n'est pas idiot. Tout le monde n'est pas connecté sur tel ou tel réseau social et donc on va continuer à parler. J'étais sur LCP il y a quelques mois et on m'avait dit "Ah, Jean-Luc Mélenchon a présenté sa candidature sur sur TF1." J'ai répondu aux journalistes, je vois que vous avez jamais fait, vous avez sans doute jamais distribué de tracte parce que vous sauriez que distribuer 4 millions de tractes, 6 millions de tractes en un seul coup et ben on passe pas à côté. Donc une différence de + 1 ou + 2 millions quand on a une audience de ce type-là et ben on la prend. Donc on ira
faire du judo, on ira sur leur terrain et on ira les battre sur le terrain s'il le faut et puis une fois qu'on sera aux affaires, on les battra pour de bon parce que on aura les outils de la loi. Il va il va vous rester euh une dernière minute euh avant de laisser la place à la personnalité suivante. H peut-être aussi revenir sur on va dire votre stratégie en ce qui concerne les médias indépendants, les nouveaux médias. Je sais que la France a soumise aussi à beaucoup communiqué là-dessus. Est-ce que vous pouvez peut-être revenir dessus en une petite dernière minute ? Oui, effectivement, il y a une polémique sur la question des nouveaux médias. Nous, on a identifié effectivement queil y avait des groupes installés, des médias installés et puis il y avait depuis
maintenant plusieurs années une efflorescence de ce qu'on pourrait appeler des des créateurs de contenu. Certains disent des influenceurs, en tout cas des gens qui travaillent, qui produisent quelque chose de l'information ou de l'analyse de façon intéressante, honnête, qui respecte des règles en fait d'honnêteté intellectuelle et que eux, ils ont pas un accès direct à la source, à l'information ou en tout cas à la personnalité politique notamment qui est Jean-Luc Mélenchon. On vous trouvait que c'était particulièrement injuste et donc on a décidé non pas de ne plus faire de conférences de presse ordinaires, mais de faire aussi des conférences de presse qui soient accessible à ces créateurs de contenu. Nous avons décidé de casser un monopole de fête euh de l'officialité.
Bon, ils se sont vengés hein, ils ont répondu que on était descenseur, qu'on était contre la liberté et cetera. Vous avez remarqué que bizarrement il y a pas beaucoup de bruit quand il s'agit de censurer Adel sur France info et que une fois qu'elle a déclaré que il y avait un génocide en en Palestine et ben France Télévision encore une fois a trouvé le moyen tout de suite de suspendre la redif de cet extrait. Bon bah là pareil, ils nous sont tombés dessus. Bon, on sait qu'on est en train de de mener une bataille idéologique mais peut-être un dernier point sur ce sur ce sujet. deux choses. D'abord, on sait que dans le grand nombre des journalistes, il y a énormément de précaires et que cela ne se trompe pas, que c'est pour en défendant leur droit leur droit salar de
de salarié ou d'indépendants que évidemment on va réformer ou on va refonder le paysage médiatique. Et puis le deuxième point, c'est de dire que le but n'est certainement pas de faire apparaître de nouvelles stars chez les créateurs de contenu. Bien sûr, certains vont être suivis par des dizaines de milliers, voir peut-être des centaines de milliers de personnes. Mais pour lutter contre ce phénomène parce que évidemment ça veut dire derrière une marchandisation de l'info et de l'influence et ben il y a pas 36 solutions. Il va falloir socialiser, il va falloir créer des solidarités entre tous ces profils indépendants. Voilà. Merci beaucoup Aurélien Saintou. Je rappelle pour la France insoumise passer à la personnalité suivante. Olivier Besancot, porte-parole du NPA
anticapitaliste. Merci beaucoup d'être avec nous. Invitation. On va commencer. Bah c'est pareil hein, le jeu du speed dating, c'est les mêmes questions pour tout le monde. Quelles sont vos pistes à vous pour lutter contre la concentration des médias et garantir l'indépendance des journalistes, que ce soit euh dans les médias privés ou dans les médias publics ? Alors, je je vais essayer de faire speed mais pas d'état parce que en fait, je pense que c'est un sujet de fond et il y a des expertises militantes b beaucoup plus aguéries que moi ici dans la salle. Euh je voudrais d'abord partir du fait, je vais répondre à ta question, mais pourquoi la liberté de la presse euh l'indépendance des médias, ça nous dit aussi quelque chose du type de société qu'on veut construire, pas simplement de
celle qu'on dénonce. la liberté de la presse, l'indépendance des médias et vis-à-vis du système marchand, mais aussi vis-à-vis de tout système étatique bureaucratisé ou non et de tout pouvoir politique, ça nous dit quelque chose du type de socialisme qu'on veut construire, c'est-à-dire où il y ait en effet bah des pensées différentes, le multipartisme, des points de vues qui seront pas les mêmes et donc des médias qui vont dire des vérités qui vont aussi nous déranger. C'est à ce titre là en terme stratégique et émancipateur que situe l'utilité sociale de l'information. Donc pour répondre à ta question mais là je vais enfoncer un peu des portes ouvertes, il y a toutes les propositions des États généraux. Il y a des propositions qu'on connaît en terme de loi pour lutter contre la
concentration au minimum revenir sur la loi de 86 mais je dirais revenir peut-être à ce qu'a été un moment donné la philosophie des ordonnances de 44 et 45 au moment du Conseil national de la Résistance mais en version 2.0, c'est-à-dire empêcher la possibilité pour n'importe quel groupe capitalistique d'avoir la main mise et d'empêcher ce phénomène de concentration qui soit verticale ou horizontale, c'est-à-dire en nombre de titres ou en terme de de toile d'araignée tissé avant ou après la production de l'information. Euh ce qui implique en effet de discuter par la loi du seuil de détention des capitaux. Euh ça on peut discuter de ça. On pourrait aussi discuter du fait que des groupes capitalistes qui n'ont mais rien à voir avec l'information bah devraient tout simplement être exproprié
de ce domaine-là par la loi parce que euh des marchands d'armes, des marchands de béton, bah on sait globalement que c'est pas l'information qui va les intéresser. Et puis il y a le problème évidemment, il y a aussi le problème des gars femmes qui est un vrai sujet et qui doit pas nous tétaniser politiquement et qui doit pas nous pousser simplement à nous remettre à des promesses électorales aussi bien intentionné soit-elle. Moi, je crois à la mobilisation populaire et à la nécessité de se dire que là concrètement on a des groupes qui se constituent assez naturellement sous forme monopolistique mais dans le domaine privé. La question qui se pose, c'est comment on substitue un monopole public et un monopole privé qui existe dans ces différents gafames. Par
exemple, dans les GF femme, vous avez Amazon. Amazon à la base, c'est une plateforme d'échange de marchandise. Je vous en parle parce que je travaille à la Poste et je peux vous dire qu'au guichet, dans mon guichet, on travaille pour Amazon. On se récolte tous les colis d'Amazon et de fait, on est devenu un sous-traitant d'Amazon. La Poste fait des profits qu'elle nous repartage pas évidemment sur cette activité là. Mais là, ça peut paraître loin du sujet, mais ça allait pas tant que ça. La question se pose par exemple et bah de se dire "On va mettre Amazon sous propriété publique dans le cadre d'un service public postal nouveau qui nous invitera évidemment de sortir par exemple du shopping à Outrance et simplement répondre de manière coopérative nouvelle." Et donc sur les
médias, bah c'est favorisé les nouvelles formes qui sont déjà dans la pratique de financement et c'est pas moi de le dire qui des abonnements qui des souscripteurs, des donateurs pour les donations publiques de les placer en tous les cas sous le contrôle des salariés de public. Et donc donc là, on a beaucoup parlé d'un point de vue structurel et aussi donc de de ces géants du web aussi qui imposent leurs règles, leur marchés tant sur les médias que sur l'économie en général et sur le le point de vue des idées, des discours parce que ces dernières années, même bien au-delà, on a vu que l'extrême droite avait su diffuser ses thématiques, son agenda politique culturel au-delà de son cercle, on va dire strict au sensus de l'extrême droite. Vous comment est-ce que vous
pensez que l'on peut lutter justement sur cette puissance médiatique, on va dire idéologique qui a su imposer l'extrême droite ? Bah ça va être une course de fond et pas un sprint. Donc le NPA par exemple a pas décidé de se présenter à l'élection présidentielle et discuter avec la France insoumise. Tout le monde n'est pas obligé de faire pareil mais c'est pas le sujet parce que pour nous il y a une élection importante. Mais je voudrais dire quelque chose. Si on gagne pas au moment de l'élection camarade, le combat va continuer et le combat va continuer pour des mois et des années. Et dans ce combat, il y a ce que tu soulignais au titre de question. Alors, il y a la question qui est posée aux militants, aux militantes. Est-ce qu'on va dans les médias mainstream pour
essayer de continuer à participer à la bataille pour les gémonies politiques ? C'est toujours une ligne de crète. Et une ligne de crête par nature, c'est toujours casse-gueule parce que nous par exemple, on a décidé de boycotter ces news pour la simple et bonne raison qu'on pense que c'est le service minimum. Ces news devraient être fermé depuis belle Lurette. Mais en réalité, la question se pose dans une multitude de médias et y compris dans l'espace, ça a été dit juste avant, même dans l'espace public aujourd'hui médiatique, on voit que ça va devenir de plus en plus compliqué. Donc il faut mener cette bataille grand public. Mais je voudrais inverser la proposition et c'est pour flatter personne. Mais là dans le cours autoritaire mondial auquel on est confronté de
mémoire militante, personne n'a été préparé à ça. Que moi j'appelle une faschisation en cours. On est confronté au problème ne serait-ce que de la vérité. C'estwlien. Quand George Orwell revient de la guerre d'Espagne en tant que révolutionnaire antifasciste, il dit "Il y a un problème, c'est qu'on est même plus d' on est même plus capable dans les médias anglais de se mettre d'accord sur la réalité des faits. D'où la formule qui va reprendre dans 1984 que vous connaissez 2 + 2 = 4 et pas 5 qui est la marque du totalitarisme. Et dans ce que font les médias indépendants mais les journalistes y compris qui travaillent sur les zes publiques même sur des chaînes privées. Il y a cette question qui est posée et la question vous est posée. La bataille pour la vérité pour moi, elle est
éminemment politique. Rétablir les faits. Vous savez, il y a Victor Serge qui était un marxiste révolutionnaire antistalinien, je le dis à la fête de l'humanité qui aimé citer Charles Peggy en disant Peggy disait "Faut savoir gueuler la vérité. Il faut savoir gueuler la vérité quand on sait la vérité. Et quand on la gueule pas, quand on sait la vérité, on se rend complice des faussèes et de tous les menteurs officiels. Et je crois que dans ce qui est fait par les médias, il y a énormément d'apports politiques au bon sens du terme dans cette indépendance. Mais les médias ont joué dans les grandes pages de l'histoire de l'émancipation de ce pays, indépendamment ou non, des rôles éminemment politiques. Donc il faut favoriser cette indépendance aussi pour
ça. Raison pour laquelle moi je peux pas d'abord je suis candidat à rien, je postule à rien, mais simplement politiquement dire que on a besoin d'avancer ensemble dans l'indépendance et l'autonomie respective. C'est pas à moi dans le détail de dire par exemple si les médias doivent avoir ou pas alternatif leur chaînes sur les réseaux. Je comprends des fois ça m'est même arrivé de soutenir l'initiative parce que je comprends pourquoi. Mais de mon point de vue politique, l'enjeu, il est plus simplement de d'avoir notre C News à nous. Ça suffira pas. Ça suffira pas d'avoir un milliardaire rouge qui va substituer un milliardaire brun si vous voyez ce que je veux dire. Ça suffira pas non plus. Le problème il est différent. et l'accès à la formation. Cette logique libérale, je crois qu'elle
traverse y compris tous les médias, pas simplement dans la logique de précarité qu'on connaît avec évidemment celle du journalisme qu'on connaît, mais aussi dans la pratique du journalisme lui-même. C'est l'information pour moi, c'est un rapport avec l'émancipation, avec l'utilité sociale. Donc par exemple, je sais pas si les articles doivent avoir de l'impact par nature paraît que ça s'invite dans la profession. l'impact de l'article. L'article ça doit faire si ça doit faire ça. Non, un article c'est sur le long cours, je crois. C'est l'accès à l'information, à la vérité, à la transparence. Et ça, c'est se dégager de la dictature du profit immédiat. Et je pense que ça vous concerne aussi.
Euh vous parliez de stratégie politique de en tant que responsable politique ou personnalité politique, où est-ce qu'on va pour parler ? Vous disiez que vous boycottiez ces news. Est-ce que quand on a une grande annonce à faire, il faut aller la faire sur BFM parce qu'il y aura des millions de gens qui la regardent ou est-ce qu'il faut aller la faire sur un média indépendant parce que ça va faire grossir le média indépendant ? C'est une question qui se pose sur est-ce qu'on donne de la force à un média indépendant mais du coup on moins vu ou est-ce qu'on essaie de toucher le plus gros monde parce que on est en bataille culturelle. Bah ce que j'essaie d'expliquer c'est que c'est un point d'équilibre à trouver. Moi je pense que quand on est militant politique faut être le plus
toutterrain possible y compris y compris savoir jouer à l'extérieur mais pas sur le terrain politique où on joue à l'extérieur. Donc des fois c'est casse- gueule. Euh je fais pas d'une théorie le fait de pas participer à ces news mais parce que je me souviens qu'à l'époque moi ces ces news j'avais pas depuis Zemour. Nos camarades n'y vont pas depuis Zemour parce que collectivement politiquement on s'était dit on y va plus. Bon ça a pas tenu super longtemps. Donc moi politiquement je serais pas compte qu'à gauche dans la gauche radicale et plus c'est affinité bah on se dise vas-y collectivement on a une marche de conduite à suivre même si on n'est pas tous d'accord sur tout moi ça me dérange pas il y aura pas de problème. Je cours pas particulièrement après la lumière. J'ai joué ce jeu-là
aussi. Je connais les limites du genre et c'est pour ça que je renvoyais la balle. Dans ce qui est fait par les médias indépendants, il y a l'accès à l'information, à la réflexion, ce qu'on a du mal à faire passer sur un plateau. Même dans les séquences où moi parfois je me fais violence pour y aller parce que il y a une lutte de classe importante. Je sais qu'en général quand je reviens au boulot en disant "Ouais bah c'est bien, tu en as emplafonné deux trois." et tu dis "Ouais mais en vrai OK, tu as vu, j'ai essayé de dire un truc, c'est difficile donc je vais pas faire de théorie sur le sujet et je pense qu'il faut se défier des théories sur le sujet. Ça c'est des questions tactiques. La question stratégique c'est ce qu'on veut véhiculer ou pas en terme d'information. Et ça c'est c'est
extrêmement important. Ça concerne les partis de gauche parce que la gauche institutionnelle, même la gauche radicale, elle est pas indemme sur la question de l'indépendance des médias quand elle été au pouvoir. C'est pour ça que je parlais des promesses. Moi, j'entends toutes les promesses politiques de gauche, il y a pas de souci. Et j'entends même que des fois, on renvoie la la balle sur le terrain desmobilisation. C'est vrai pour les médias, c'est vrai en général. Si la gauche a foiré dans le passé, c'est parce qu'il y avait pas de lutte. Non camarade, quand la gauche a été pouvoir en France ou ailleurs, il y avait des luttes, des luttes sociales. Si ça a foiré, c'est parce que la gauche quand elle était élue, elle amener une politique de droite. Donc les promesses,
on les prendra jamais avec des chèqus en blanc. Et la mobilisation, elle est en continu en permanence au jour le jour. Ça concerne aussi la question de l'indépendance et la question de la liberté de la presse. Merci beaucoup Olivier Besnau pour être passéidarité avec le pigiste. Merci beaucoup. Sophite Sophie Taille Poliant d'avoir accepté notre invitation. Plaisir est pour moi. Donc bah comme monsieur Santou et monsieur Besnau, vous allez donc répondre, on va dire aux trois thématiques que l'on a décidé. Donc première thématique, on va dire toujours de manière un peu large, comment est-ce que vous donc en tant que porte-parole de François Ruffin euh vous comptez lutter contre cette concentration
capitalistique des médias ? et aussi d'un autre côté, même si c'est toujours lié, garantir l'indépendance des journalistes en tant que salarié, en tant que en tant que travailleur au plus général, qu'il soit indépendant ou non. Alors, d'abord moi tout mon boulot à l'assemblée, c'est sur la question. Donc, je dirais que c'est vrai que c'est une question que je que je travaille, que j'ai l'occasion de travailler régulièrement. Donc, j'ai une vue d'ensemble. Et en fait, d'abord, il faut se poser la question de quelles sont les conditions qui permettent à cette concentration aujourd'hui de monter comme ça et de devenir de plus en plus importante ? Il y a un premier sujet qui est le sujet du modèle économique parce que si il y a
Boloré, Stérin et compagnie qui rachètent des médias, c'est aussi parce qu'il y a des médias à vendre. Et s'il y a des médias à vendre, c'est aussi parce qu'ils vont pas bien. Et pourquoi ils vont pas bien ? parce que l'un des principaux éléments pour financer les médias, c'est la pub. et la pub, elle est partie sur les sur les grandes plateformes. Elle a été complètement aspirée par les grandes plateformes et sans rémunérer le travail des journalistes. Donc là, on a quand même un sujet d'abord, c'est de se dire comment est-ce qu'on fait pour euh faire en sorte que les médias puissent euh vivre et sortir du d'espèce de mirage qu'on participé à créer les réseaux sociaux et les grandes plateformes de dire que l'info c'est gratuit. L'info
c'est pas gratuit. Tout travail mérite salaire. Et dans notre pays aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui ont l'impression que c'est gratuit, c'est c'est comme ça, ça arrive tout cru. Non, il y a du boulot et pour qu'il soit de qualité, il faut des moyens, il faut des conditions de travail. Donc ça c'est quand même une première chose qui est absolument essentielle. Et puis après et puis après bien sûr qu'il faut réformer en profondeur la loi 1986 qui est censé, je dis bien censé empêcher la concentration mais qui est complètement obsolète. Je pense d'ailleurs que si elle a pas été changée depuis 1986, c'est-à-dire que vous imaginez qu'il y avait pas les réseaux sociaux, il y avait pas les plateformes, ça n'avait rien à voir. Les
télés étaient que des télés et faisait que du linéaire comme on dit. dans le dans le jargon. Euh et puis euh les les hebdomadaires avaient une parition dans la semaine. Donc les journalistes travaillaient pour le bouclage de la semaine. Maintenant même les hebdomadaires qui sortent un journal papier dans la semaine, ils ont une rédaction, ils diffusent et ils font paraître des des papiers tout le temps en fait. Donc il y a eu des changements absolument fondamentaux et cette loi a fait comme si enfin on a fait comme si il y avait zéro changement mais tout a changé. Moi, j'ai fait une proposition de loi qui a été débattue à l'heure dans la niche écolo contre la concentration des médias pour tout mettre à plat et pour faire en sorte que ce soit en fonction de la de
l'audience d'un groupe et pas seulement d'un titre queon puisse savoir si ça va trop loin ou pas. Si on prend, on cumule tous les médias bolorés, combien ça pèse dans l'audience. Et je dis pas seulement dans l'audience au moment où c'est diffusé, je parle aussi bien sûr de toutes les reprises sur les réseaux sociaux et des stratégies de rebond qu'il mettent en place parce que eux ils ont bien clairement des stratégies de groupe. Donc il faut réformer cette loi, faire en sorte que dès qu'un groupe a trop d'audience et a trop de part dans la fabrique de l'opinion publique, et ben soit il met en place des choses pour étanchéifier et garantir l'indépendance, soit on démantelle, soit on démantelle. Il faut que ça s'arrête maintenant et il faut qu'ils comprennent qu'ils vont pas
continuer comme ça à prendre le à prendre le pouvoir sur la fabrique de l'opinion publique. Mais c'est pas que les médias. La concentration à laquelle on fait face aujourd'hui, elle touche pas que les médias, elle touche toute la je veux parler justement de la fabrique de l'opinion publique parce que Boloré et compagnie, ils investissent dans la culture notamment dans les salles de spectacle. Ils investissent vous le savez, dans les maisons d'édition. On a vu ce qui s'est passé à Grasset. Ils investissent dans le cinéma à la fois dans la production du cinéma mais aussi dans la diffusion du cinéma. Ils investissent dans tous les pans pour mener cette bataille culturelle. Donc une grande loi contre la concentration. Elle ne fait pas que s'occuper des médias et de l'information. Elle
s'occupe bien plus largement pour éviter les concentrations vertical, horizontales et diagonales. Ça c'est hyper important. Sinon on est on est trop étriqué, on y arrivera pas. C'est clair et net. Sur la question du pluralisme, comment lutter contre l'extrême droite concrètement quand on est chef d'état ? Est-ce qu'il faut ça va être les mêmes questions, interdire C News par exemple, est-ce qu'il faut réguler l'ARCOM ? Je sais qu'il y a eu un débat pour l'ouverture d'un canal d'un média indé qui accueillerait d'autres médias ind. Tout à l'heure, on parlait de chaînne d'opinion ou pas. Donc c'est quoi en tant que chef d'état les les décisions concrètes qu'on prendrait sur le pluralisme ? Alors, d'abord, on ne peut
pas accepter que des propos racistes hors la loi soient tenue à longueur d'antenne et surtout pas sur un canal de un espace public qui est la TNT. Donc moi, j'ai fait j'ai fait vraiment tout ce que j'ai pu avec mon petit pour faire en sorte que ces news ne soient pas renouvelées. C'était pas interdire parce que alors je me suis fait traiter de stalinienne de toute catégorie de contre la liberté d'expression. Mais les amis, la liberté d'expression c'est comme la liberté tout court, c'est pas de faire n'importe quoi, n'importe où. Il y a des il y a des cadres, il y a des règles. Bon et ben il y a des cadres, il y a des règles, c'est respecter la loi et notamment bien sûr euh faire en sorte que tout euh euh que tout ce qui concerne le racisme, les insultes, les
ciblages de personnalités qui les mettent en danger euh ne puissent pas être continué. Donc bien sûr que Ces News n'a pas sa place sur la TNT, mais c'est mais c'est tellement évident. C'est une chaîne d'opinion. Tout dans dans dans son dans ses choix éditoriaux, dans ses dans dans la façon dont les sujets sont traités, dans la dans le choix des sujets, dans le choix des invités et cetera et cetera. Tout le tout le dit, tout le démontre. Et la base de la législation actuelle qui je crois est bonne et qu'il faut garder, c'est que normalement il devrait pas y avoir de chaîne d'opinion sur la TNT. Pourquoi ? Moi, je j'adore les journaux d'opinion. Franchement, je il y en a que je lis avec un grand plaisir. Je m'y retrouve, j'apprends des choses et je
sais que c'est mon orientation. Mais ce qu'on a décidé collectivement dans le temps où la France était une grande République et où la République faisait consensus, c'est que sur la télé qui a une légitimité particulière et qui arrive dans tous les foyers et bien il y avait pas chacun sa chaîne comme il y a chacun son journal. Il y a Luma, il y a le Figaro et cetera et cetera. Et ben on faisait pas comme ça sur la télé. Ben je pense qu'il faut il faut garder ça. Faut garder ça. C'est très important parce que la télé même si elle est de moins en moins regardée, elle reste quand même un endroit avec une légitimité particulière. Et c'est pour ça d'ailleurs que Bolloré et Consor veulent des télés, veulent des radios qui qui portent loin, qui ont des marques qui
sont très très connues. Après moi mon problème c'est pas que si si depuis fort longtemps, depuis 2017, je ne vais pas ces news, c'est pas parce que c'est une chaîne d'opinion. Parce que moi je je je bon le débat contradictoire, j'ai l'habitude et je pense que c'est aussi comme ça queon convainc des gens. Mais c'est parce qu'on nous laisse pas finir une phrase là-bas. En fait, on est à 1 contre 10. Enfin, à un moment donné, moi je suis pas un punching ball et donc il y a des limites à au respect en fait de la maîtrise de l'antenne, de la déontologie qui doivent absolument être respecté. Et je voudrais finir sur un point qui est l'ARCOM. Je suis en train de faire une
mission d'info. Bon, à l'Assemblée, on continue à bosser, hein, quand même. Une mission d'information sur la le rôle de l'Arcom parce que c'est quand même un vaste échec cette affaire. On a une autorité indépendante avec le devoir de faire en sorte que les médias restent indépendants, que la TNT reste pluraliste et cetera et patatra, enfin ça marche pas. Donc je fais je fais cette mission et je rencontre la la dame qui est chargée qui préside le groupe de travail sur le pluralisme et elle me dit faites un effort parce que pour que le pluralisme marche, il faut quand même que vous alliez vous et la gauche sur ces news. Je lui dis mais faites votre travail. Votre travail c'est de garantir la maîtrise de l'antenne. C'est-à-dire que les gens soient pardon juste
respectés dans leur prise de parole. Donc oui bien sûr il faut changer l'arcom. C'est d'ailleurs, j'espère les propositions que je pourrais faire dans le rapport que je suis en train de rédiger qui sortira je pense à la fin de l'année. Et concrètement donc dernière partie avec les prochains mois qui vont être majeurs là sur donc sur cet aspect politique avec l'élection présidentielle qui arrive à grand pas. Concrètement, quelle va être la stratégie de votre camp, votre stratégie personnelle au niveau médiatique, sur quel médias on va privilégier ? nouveaux médias, médias indépendants, grande chaîne de télévision pour viser la masse. Qu'est-ce que ça va être concrètement votre stratégie sur les prochains mois ? On privil on privilégie pas. Il faut qu'on soit sur tous les terrains. Il
faut qu'on soit en mesure de convaincre tous les gens qui veulent bien prêter une oreille à ce qu'on raconte. On a besoin de construire une majorité dans ce pays. Et pardon, mais la gauche tout mouillé, on fait pas beaucoup plus de 30 %. C'est pas comme ça qu'on va gagner. Donc bien sûr qu'on a besoin d'aller convaincre, mais comme je vous le dis, pour convaincre, il faut quand même des conditions qui soient à peu près réunies, c'est-à-dire que vous puissiez finir votre phrase. C'est c'est la base. Donc tous les médias bien entendu doivent être que ce soit des médias des journaux, des médias qui qui qui respectent les règles de déontologie ou que ce soit des personnes qui font leur propre chaîne sans forcément se soumettre à la déontologie journalistique et c'est tout à fait leur
droit. Moi, ça me pose aucun problème. Bien sûr, on ira partout, partout, partout et on se battra aussi pour que les journalistes puissent avoir des conditions de travail les plus dignes et les meilleures possibles. Parce que quand même, on sait que pour être indépendant, il faut pas ou pour avoir la force d'être indépendant, il faut pas dépendre de la pige qu'on aura ou qu'on aura pas. Et donc bien sûr soutenir tout toutes les tout toutes les mobilisations et il y en a une à Radio France en ce moment. Ils vont faire greffe demain. Je vous appelle à les soutenir si vous n'êtes pas là. Ils seront en grève demain et euh et et voilà, il faut faut qu'on soit à côté d'eux. On va accueillir maintenant Pierre On va accueillir maintenant Pierre Laurent, ancien sénateur communiste et
ancien directeur du journal l'Humanité. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Bah première question, ça va être comme les autres. Comment concrètement vous pouvez avancer des pistes de solutions pour lutter contre la concentration des médias et garantir l'indépendance des journaliste ? B avant de dire une chose là-dessus, il faut bien prendre conscience d'une chose, c'est que la concentration des médias aujourd'hui n'est pas seulement un objectif de grands groupes capitalistes comme ça toujours été le cas parce que la lutte contre la concentration des médias a toujours existé. et Jean Jorès qui a fondé l'humanité fondait l'humanité en disant
déjà cela à l'époque. Mais ce qui a changé dans la dernière période, c'est que la concentration des médias est devenue un projet politique en particulier d'une alliance de grands groupes capitalistes internationaux et de forces d'extrême droite. Et les deux, ils ont image emblématique de ça, c'est Boloré en France et Elon Musk aux États-Unis. Parce qu'on a pas beaucoup parlé de l'intelligence artificielle depuis le début, mais c'est évidemment un énorme enjeu dans la question de l'information. Donc il a une volonté aujourd'hui de ces forces d'extrême droite allié à une grande partie des forces capitalistes de contrôler les
consciences, de contrôler l'information, de contrôler le débat d'idée, de contrôler la culture. Effectivement, comme ça a été dit, ces concentrations, elles visent pas seulement le domaine de la presse et des médias, mais des groupes culturels, les industries culturelles comme on dit, le les industries du spectacle et cetera. C'est une concentration la la l'édition et tout. Donc on est face à un projet politique extrêmement dangereux et qui vise en fait à imposer un modèle d'autoritarisme antidémocratique et antirrépublicain très profondément. Donc moi, je pense que une des priorités absolues du de force de gauche qui se battent pour reconquérir le pouvoir, c'est de mettre en haut de leur agenda politique
une très grande loi anticoncentration. Soitdite en passant la la loi de 86 n'est pas une loi anticoncentration. À l'époque, c'est une loi de déréglementation du système médiatique pour permettre au privés au nom de la concurrence d'entrer en force dans le monde de l'information. Ça avait d'ailleurs commencé avant parce que malheureusement il faut se rappeler que c'est la gauche et François Mitteran qui ont privatisé TF1 parce qu'on l'a oublié mais TF1 était une chaîne publique et pas une chaîne privée à l'origine. Donc il faut une très grande loi anticoncentration pour démanteler des groupes comme Boloré et interdire cette concentration verticale et horizontale. Je développe pas plus mais ça a été dit mais je pense qu'il faut faire ça et ce que je veux dire sur ça c'est
qu'évidemment il faut qu'il y ait une bataille pour pour cette loi mais pour que cette loi advienne il faut pas seulement attendre le résultat des élections. Il faut en faire pour moi dès maintenant un objet de mobilisation citoyenne et populaire. Je sais que dans la fête de l'humanité, j'ai croisé la société d'électeurs et la société des amis de l'UMA qui ont lancé ensemble une pétition pour exiger cette loi. Il faut utiliser cette pétition ou tout autre moyen pour que les citoyens exigent cette loi anticoncentration et en faire un objectif qui soit en haut de l'agenda politique de toutes les forces de gauche. Et hement sur cette problématique euh des idées d'extrême droite qui ont infusé au-delà de leur cercle, que ça
soit en France comme à l'international ou alors l'international qui va poser sur les débats français notamment grâce aux réseaux sociaux, aux plateformes et au rachat massif. Euh comment est-ce que concrètement on lutte contre ces idées d'extrême droite qui ont infusé le débat, qui sont ancré avec des thématiques avec un agenda qui a été aussi repris par plusieurs médias et par plusieurs représentants politiques qui ne sont pas normalement liés directement à l'extrême droite. Donc est-ce qu'on privilégie justement des médias indépendants, des nouveaux médias ? Est-ce qu'on essaie de privilégier, de pousser, de soutenir, on va dire, une presse alternative, des chaînes de télévision alternatives, réformer l'ARCOM, comment est-ce qu'on lutte là-dessus sur ce pointl ?
Bah pour bien se battre contre l'offensive de l'extrême droite, déjà il faut bien comprendre comment il eux mènent cette offensive. Il y a la concentration dont on vient de parler. Ils achètent tous les médias, ils essayent de les contrôler, ils vident les rédactions quand ils achètent des titres et puis ils organisent des ils ont fait ça ces news, on se rappelle, c'est le rachat d'élé. Ils ont viré toute la rédaction et ils en ont mis une autre qu'on connaît aujourd'hui et qu'on entend ultra raciste tous les jours. Donc qui se battent comme ça. Mais le deuxième axe en ce moment qui est très dangereux pour moi, c'est la campagne qu'a mené à l'oncle là le député qui a fait une commission d'enquête pendant des mois dont il a fait une tribune dans les médias et qui consiste à dire queil
y a un problème de pluralisme en France. Et c'est quoi le problème de pluralisme en France ? que l'extrême droite ne peut pas s'exprimer partout et ne peut pas s'exprimer assez notamment sur le service public. Et donc le sommet du pluralisme et bien c'est maintenant de mettre des journalistes d'extrême droite partout. Et c'est ça la bataille qui sont en train de mener par exemple avec la nomination de Charles Sapin à Radio France et il faut soutenir il y avait il va y avoir une grve des journalistes de Radio France contre l'arrivée de Charles Sapin. Il faut soutenir les syndicats de Radio France, soutenir les journalistes qui mènent cette bataille. Je veux au passage aussi adresser un message de
solidarité fort et ça devrait s'exprimer partout avec Adelle et Nel parce que ce qui vient de se passer,
c'est pour moi c'est intolérable qu'on accepte que le service public interdit de rediffusion l'émission de la grande librairie sous au prétexte que Adelle Anel a parlé de génocide à Gaza. ça dans cette émission interdire la rediffusion c'est une et ça tout ça tout ça en fait c'est la pression de l'extrême droite qui grandit et il ne faut pas laisser faire donc il faut réagir à tout ça leur projet c'est de tuer le service public à term donc il faut à la fois défendre le service public mais défendre ses principes parce qu'évidemment le service public tel qu'il marche aujourd'hui je viens d'en citer des exemples, ne fonctionne pas comme il Il faudrait donc il faut
défendre ces principes, le faire au côté des syndicats et des journalistes du service public qui essaie de le faire et l'ARCOM, il faut changer l'ARCOM. On nous dit c'est une autorité indépendante, on se moque du monde comme toutes ces autorités indépendantes. Pour ne prendre qu'un exemple, quand j'étais un responsable politique, je rencontrais une dame qui s'occupait de la question du pluralisme à l'Arcom qui s'appelle Christine Kelly. C'était soi-disant une personnalité indépendante qui siit à l'Arcom et c'était elle qui nous expliquait que si si le pluralisme était respecté dans les médias. Bon bah, on connaît la carrière de Christine Kelly dans les médias d'extrême droite, donc on se moque du monde. Donc il faut supprimer l'ARCOM dans sa forme
actuelle. Et notre proposition, le collectif média du parti communiste, il faut créer un conseil national des médias ouvert aux citoyens, ouvert au monde associatif, ouvert au monde syndical, ouvert à la société en vérité pour effectivement s'occuper de la question des médias qui est une question de bien publicale. Et une dernière chose parce que dans la question il y avait aussi il y a dans vos questions que vous m'aviez envoyé interdire ou pas l'arcom, je voudrais redire un ces news. Je voudrais dire un truc les chaînes de la TNT, on l'oublie, les canaux de diffusion de la TNT sont des biens publics. Les canaux de diffusion de la TNT sont propriétés publiques. C'est la puissance publique
qui décide ou non de donner tel ou tel canal à telle ou telle chaîne. Donc il n'y a pas comme ça une un truc qui s'est un jour installé avec ces news machin et telle et ou tel autre chaîne. Donc la puissance publique a tout à fait la capacité de dire non on ne distribue pas les chaînes à des à des émetteurs comme ces news qui professent du racisme à longueur d'antenne qui ont été 10 fois condamnés mais on sait bien que l'arcom ne fait pas le boulot. Donc je crois qu'il faut revoir tout ça et ouvrir effectivement la possibilité d'accéder au réseau TNT à des médias indépendants, des médias citoyens. Il faut repenser complètement tout ça. Mais arrêtons de
faire comme si on oublie, les gens ont oublié que ces canaux là c'est ils nous appartiennent. Ils appartiennent à la nation. Ils ne sont pas la propriété de ceux qui émettent sur ces canaux.
Euh pour terminer euh quelle stratégie politique il faut adopter quand on veut convaincre, quand on veut mener la bataille culturelle à propos des médias. Est-ce que c'est la question que je posais tout à l'heure aussi quand on a une grosse annonce à faire, est-ce que on va sur un média mainstream parce que il y aura de l'audience et donc de l'impact ou est-ce que on donne la la primeur à un média indépendant qui fera moins de bruit mais qui du coup aidera ce média indépendant à se développer et un petit peu se crédibiliser face au médias mainstream. Bon, moi je dirais un peu comme tous ceux qui m'ont précédé, je pense qu'il faut donner beaucoup plus de de place aux médias indépendants dans la manière de les aider à grandir, à se développer et cetera parce qu'ils sont une garantie
de pluralisme et une garantie démocratique. Mais après, il faut aller mener la bataille partout. Mais il faut savoir avec quel objectif. Et par rapport à ce que disait tout à l'heure Olivier Bosannau, je suis assez d'accord pour avoir aussi pratiqué les médias quand j'étais responsable politique, il y a une bataille à mener mais qui peut pas être seulement l'affaire de ceux qui vont dans les médias responsables politiques ou autres mais qui doit être une bataille citoyenne. Il faut se battre sur moi ce que j'appelle l'agenda médiatique. Il y en a marre. Alors que les grandes préoccupations populaires, c'est les salaires, c'est le pouvoir d'achat, c'est le service public, c'est les questions, c'est le féminisme, c'est les questions climatiques. Et bien on a
un monde médiatique qui lui vit au rythme l'immigration, l'effet d'hiver, la sécurité et cetera. Donc, il faut me des batailles sur l'agenda médiatique. Il y en a marre de ces journaux télévisés qui dévitent tous les soirs toujours le même agenda médiatique qui n'a rien à voir avec ce qui est le véritable agenda populaire. Et par exemple, pour prendre un seul exemple, la question euh climatique. La question climatique, elle vient d'occuper tous les esprits de faire un retour en force à cause de la canicule de cet été. Et bien, il faut que pendant toute la campagne présidentielle, la question climatique, elle soit en haut de l'agenda médiatique. Sinon, moi je vous assure, elle va elle va redisparaître elle va
redisparaître aussi vite qu'elle s'est imposée parce que ça n'est pas leur agenda. Eux, et d'ailleurs, on a bien vu comment fait le RN, ils veulent imposer leur agenda médiétique, ils sortent leurs conneries sur le voile islamique pour que tout le monde parle de ça. Est-ce que le pays tout entier a envie de parler que de ça jusqu'à la présidentielle ? Évidemment non. Il y a 1000 autres préoccupations sociales, environnemental, démocratique dont il faut parler. Donc pour moi la bataille c'est une bataille pour imposer un autre agenda médiatique. Et quand on va dans les médias, il faut essayer, il faut leur dire vous m'interrogez sur ça, mais c'est pas de ça dont les Français veulent parler. Il y a d'autres questions importantes. Cette bataille-là, il faut qu'on l'amène
ensemble, mobilisation citoyenne et tout ça. Et d'ailleurs, une anecdote dans le rapport à l'oncle, c'est une proposition, le rapport du gars d'extrême droite sur les médias. Il y a une proposition qui est un peu passée sous silence mais qui est pour moi très significative. à dans son délire propose de supprimer la petite émission qui s'appelle Météo Climat qui précède sac journal télévisé. Ça dure quel 2 minutes 3 minutes. Pourquoi ? parce que il dit que c'est une émission de propagande pour les partisans de la lutte contre le réchauffement climatique parce qu'évidemment comme tout responsable d'extrême droite qui respecte, il est climatosceptique. Donc même ça ça les gêne. Ça veut dire
que la question de l'agenda médiatique, ce dont on parle et ce dont on ne parle pas, c'est une bataille permanente. Nous nous voulons des médias qui vont chercher la vérité et qui aient le courage de la dire comme disait Jean Jorè, mais des médias qui parlent de ce qui préoccupe en profondeur le pays et qui n'est pas l'agenda politique et médiatique qu'on nous impose. Il faut que cette parole citoyenne, syndicale, cette parole populaire, elle vienne au devant de l'agenda médiatique. Et mon dernier mot sur ça, c'est que je crois là, c'est l'ancien journaliste qui parle parce que j'ai été 25 ans à la rédaction de l'humanité que j'ai dirigé pendant quelques années. Il faut mener cette bataille avec les
journalistes. Bien sûr, je sais que les militants ont souvent dans le collimateur tel ou tel journaliste qu'ils ne peuvent pas supporter parce qu'il le voi un peu trop souvent dire des conneries à la télévision. Mais le monde des journalistes, ça n'est pas ça. Il y a dans notre pays des dizaines de milliers de journalistes qui essayent de bien travailler, qui aimerait pouvoir bien travailler. Il y en a dans le monde des dizaines de milliers qui essayent de bien travailler et il y en a beaucoup qui sont tués notamment dans les conflits et les guerres parce qu'ils veulent faire leur travail et montrer la vérité. Il faut faire
il faut faire des journalistes, des alliés dans cette bataille et pas des ennemis en ne se focalisant pas sur quelques personnalités qui sont d'ailleurs d'ailleurs pas forcément des journalistes mais souvent plutôt des propagandistes d'extrême droite ou autre. Mais en se focalisant sur le monde des journalistes, sur tous ces journalistes qui essayent de faire leur métier, sur tous les journalistes précaires, sur tous ceux qui aiment leur boulot et qui peuvent travailler à une information, comme disait le Conseil national de la Résistance, une information digne de confiance. Maintenant, nous allons accueillir notre dernière invitée pour pour ce créneau pour ce débat. Donc je vous prie d'accueillir Sandrine Rosseau. Une question toujours un peu large mais qui est tout à fait
pertinente qui est comment est-ce qu'on lutte contre la la concentration capitalistique des médias et aussi dans un autre temps et aussi en parallèle parce qu'il y a un lien toujours très fort comment est-ce qu'on garantit l'indépendance des journalistes en tant que travailleur indépendant ou salarié dans des médias privés comme dans des médias publics ? Bonjour à tous et toutes. Merci beaucoup d'être aussi nombreux. Ça me touche beaucoup.
Al déjà sur l'indépendance des médias, moi je suis toujours interpellé par le fait que l'Europe dès qu'il y avait un monopole de service public était la première à dire il faut arrêter ce monopole de service public. Mais par contre, dès qu'il s'agissait des médias, et bien là, ils sont aux abonnés absents et il y a personne. Donc, il y a pas 36 solutions pour faire en sorte qu'il y ait des médias indépendants. C'est déjà de ne pas leur donner de fric. Petit un, petit, de leur de financer les de financer les médias par de l'argent public et notamment par la redevance. Et puis la troisième chose, c'est d'assurer un véritable statut aux journalistes avec une possibilité de d'avoir un droit de véto qui rachète le média. Moi, je voudrais
juste vous faire un petit point sur Twitter parce que là, je suis sûr que dans la salle, il y a énormément de gens qui sont sur Twitter. Je rappelle que Twitter est tenu par Elon Musk, que Elon Musk est un est un connard de suprmaciste et qu'à un moment donné
et qu'à un moment donné, à chaque fois qu'on poste sur ce réseau et bien on lui donne de l'importance et que si toute la gauche quitte ce réseau, alors on laisse l'extrême droite comme des poissons rouges dans un bocal qui se boufferont la tronche et Ce sera très bien comme ça. Voilà,
tout ça pour vous dire qu'on a une responsabilité individuelle enant en tant que citoyen et citoyennes, qu'on a aussi une responsabilité collective et qu'à un moment donné, pour moi, c'est la bataille des batailles. C'est-à-dire qu'il faut réhabiliter la capacité des journalistes à vivre de leur travail, mais il faut aussi réaffirmer qu'il n'y a pas de démocratie avec un niveau comme nous le connaissons actuellement de concentration des médias. On le voit, l'ARCOM ne peut plus jouer son rôle de manière indépendante parce qu'en face ils sont trop puissants. Donc si nous arrivons au pouvoir, plus exactement quand nous allons arriver en pouvoir en 2027, on détruira l'Empire Bolloré. Ouais.
Bon, la transition est un peu trouvée. Comment on lutte contre l'extrême droite et ses idées omniprésentes sur les plateaux ? C'est des questions très concrètes. Si vous arriviez au pouvoir ou vos camarades, est-ce qu'il faut interdire ces news ? Est-ce qu'il faut réformer l'ARCOM ? Est-ce qu'il faut donner un canal à une alliance de médias indépendant ? concrètement, quelles seraient vos pistes bah concrètes en fait ? Non mais là, je vais me reprendre un cyberharcèlement mais je suis désolée, on ne peut pas donner un canal public à ces news, une chaîne qui a été multicondamnée pour des propos racistes, sexistes et en fait à un moment c'est notre argent mais c'est aussi notre bien commun. C'est notre société qui est en en danger à cause de ces chaînes-là. Et
donc oui euh l'ARCOM n'a pas fait son travail, je le pose, en en attribuant un canal à ces news. Et que ça plaise ou que ça plaise pas, c'est comme ça. Ça n'est pas une chaîne d'information, c'est une chaîne de propagande ouverte 24h sur 24. Nous ne pouvons pas et pas n'importe quelle propagande, l'extrême droite. Si nous voulons lutter efficacement contre l'extrême droite, nous devons euh lutter contre le sa visibilité et notamment sur ses news, sur un canal de la TNT. Maintenant, je voudrais aussi dire qu'il ne faut pas surestimer ces news. C'estd que là, on est quand même dans une situation où Boloré aimait beaucoup d'argent. C'est un type qui aime énormément l'argent
mais il en dépense beaucoup en ce moment. Et les audiences de ces news étaient de 6 % il y a quelques mois. Aujourd'hui, elle chute à 2,4 %. Et
qu'en fait ce qu'on est en train de montrer c'est qu'ils peuvent mettre tout l'argent qu'ils ont à la fin. La société française n'est pas majoritairement fasciste et que cette société française est en capacité d'organiser la résistance. Il va falloir qu'on s'en souvienne dans les mois qui viennent
en parlant des mois qui viennent. Donc, ce sont des mois qui vont être un des mois un moment Allez-y, allez-y. Pardon. Sur l'ARCOM, il va falloir lui donner plus de pouvoir, plus de représentativité, mais aussi une feuille de route d'une indépendance parce qu'en fait une démocratie ne fonctionne pas sans contrepouvoir totalement indépendant. On a grignoté cette indépendance au fil des mois et l'ARCOM fait partie de ces agences qu'il va falloir complètement euh fortifier, doter de moyens, doté aussi d'une personnalité juridique qui qui maintiennent et qui garantissent son indépendance parce que sinon forcé de constater qu'elle ne fait pas elle ne va pas suffisamment loin dans la régulation des médias. Et donc sur les prochains mois, donc
prochains mois qui vont être le théâtre d'une échéance électorale majeure à savoir l'élection présidentielle. Vous Sandrine Rosseau, concrètement, quel va être votre rapport, votre stratégie médiatique sur ces prochains mois et plus largement pour vous, quels vont être les points à aborder ? Quelles vont être les priorités euh pour le champ politique, notamment la gauche ? sur ces prochains mois avec les son présidentielles avec l'extrême droite qui est donnée gagnante avec une myiade de sondage des plateaux de télévision qui perpétue ce récit à outrance concrètement comment est-ce qu'on fait pour apporter sa voix et imposer sa voix et imposer son récit sur les prochains mois avec l'élection présidentielle ? Alors déjà, on nous disait que le Rassemblement national était gagnant aux
dernières législatives anticipées lors de la dissolution et ça n'est pas vrai. Ils n'ont pas été gagnants et nous avons été premiers. Et cette victoire nous a été volée et je je me permets quand même de le rappeler parce que
je pense que nous sommes encore dans un espace où nous pouvons changer le récit des mois qui arrivent et qu'en fait presque notre premier et demi c'est notre notre désespoir face à la situation politique et donc il ne faut pas y céder. Mais moi ma stratégie politique, elle est déjà de ne pas aller à ces news, de n'aller dans aucun des médias bolorés, ce qui n'est pas totalement simple, hein, de ne plus être sur Twitter, c'est-à-dire de ne pas donner un gramme d'importance à tous ces médiaslà. Après, c'est une enfin je le dis, c'est un acte politique qui a aussi des conséquences en terme de visibilité, en terme de de place dans lequel je peux parler et donc à qui je peux parler et
cetera. Mais moi, j'ai fait le choix de ne pas donner un gramme d'importance, je le disais, à tous les médias bolorés. Je continuerai à le faire pendant toute l'année de campagne électorale 202. Je continuerai à garder mon cap qui est euh d'affirmer des valeurs, mais je vais vous dire, je pense qu'aujourd'hui nous avons un cap supplémentaire qui est de lutter contre l'arrivée de l'extrême droite sur des chaînes euh qui ne se revendiquent pas de l'extrême droite, qui invite et ça m'est arrivé il y a pas longtemps, il y a 2 tr jours sur LCI qui a invité un masculiniste qui insulte les femmes et cetera et je pense qu'il va nous falloir avoir le
courage de dénoncer ce qui ne se voit pas forcément de l'autre côté de la télé pour ne rien lâcher vis-à-vis de l'extrême droite parce que là c'est soit nous soit nous montrons notre capacité à lutter pied à pied contre cette idéologie soit nous sommes morts pour 2027 et moi je ne renoncerai pas je vous invite vraiment à ne jamais lâcher là-dessus partout de la pause qu'a fait au boulot de la famille et du réveillon Noël jusqu'à la fête de l'humain et partout. À chaque fois qu'il y a une parole d'extrême droite, à chaque fois qu'il y a une parole raciste, à chaque fois qu'il y a une parole sexiste, à chaque fois qu'il y a une parole transphobe, et cetera, on ne lâche rien.
On mène la lutte partout, partout. Il n'y a que comme ça qu'on arrivera à gagner.
Et juste juste un point à mes amis de gauche qui cherche parfois trop facilement à être respectable aux yeux de la droite. Je vous dis là, nous sommes dans la lutte quasiment finale du capitalisme. Il va falloir vraiment montrer notre radicalité, ne pas ne rien lâcher là-dessus parce que toutes celles et ceux qui nous appellent à la respectabilité, qui qui pensent que nous allons trop loin, que nous sommes trop extrémistes ou je ne sais pas quoi, toute cette personne-là, même si vous lissez complètement votre discours, s'il vous reste ne serait-ce qu'une molécule dans votre corps de gauche, alors ils vous trouveront trop à gauche. Donc ne lâchez rien sur la radicalité. Pas maintenant. C'est au contraire
maintenant qu'il faut lancer le truc.
Merci beaucoup Sandrine Rousseau d'avoir été avec nous. J'ai juste un petit mot pour la fin. Moi je m'appelle Lisa, je représente le média. ont porté un projet de d'alliance des médias indé sur la TNT qui a été refusé par deux fois alors que le dossier il avait été financé, bossé, que les camarades qui sont tous là étaient OK pour venir tous avec nous et on a été refusé alors que on était solide pour des raisons politiques. La deuxième chose, c'est que je remercie l'humanité parce que du coup là, on est tous réunis et c'est très important que les médias indés se parlent entre eux, se donnent de la force, s'apprennent les uns des autres et forment un pluralisme entre eux. Et la toute dernière chose, c'est pour dire que le génocide en Palestine continue. On entend beaucoup
moins parler parce que Israël a tué, ciblé, visé les journalistes sur place. Ils ont été plus de 200 à avoir été tués. Donc, j'aimerais bien leur rendre hommage quand même. C'est important de leur rendre hommage à chaque fois qu'on parle de liberté de la presse. On n jamais vu ça. Un pays qui a autant tué Israël, qui a autant tué, ciblé, visité journalistes. Donc voilà, c'est important de leur rendre hommage aussi.
Merci beaucoup Lisa et merci à tout le monde donc d'avoir assister à ce speeding. Encore merci aux invités d'avoir accepté de de prêter leur leurs paroles et de venir sur le plateau.
Aurélien Saintoul