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Podcast / conversationSébastien Gobert· 1 mars 2026 13 minActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

400 km2 de terrain repris? l'Ukraine est-elle repartie à l'offensive?

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Sébastien GobertFait
    « l'Iran démola est un des pays qui avec la Corée du Nord, le Béarusse et la Chine soutiennent le plus l'agression russe contre l'Ukraine »
  • 6:00Sébastien GobertChiffre
    « Mirailo Fedorov a fixé l'objectif de 50000 morts russes par mois »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

L'Ukraine est-elle effectivement repartie à l'initiative en reprenant du territoire conquis au préalable par les Russes ? On a assister ces dernières semaines à des mouvements très localisés sur le terrain qui ont donné lieu à des déclarations de Volodimir Zelenski qui a dit que 300 km² de terrain avait été repris. Il a été minoré par le commandant en chef des forces armées ukrainiennes Alexander Sirski qui a lui assuré que c'était 400 km² de terrain qui avait été reconquis.

Mais dans le même temps, beaucoup d'analystes estiment qu'il ne s'agit pas vraiment d'euroconquête, mais plutôt de mouvement de consolidation dans une zone grise qui n'était de facto tenu par personne. Qu'en est-il réellement et qu'est-ce que ça veut dire pour la conduite des opérations ? Parlons-en.

Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où je fais donc un point sur les récentes évolutions militaires. Un moment et j'en suis bien conscient où nous sommes tous focalisés sur d'autres évolutions militaires et là évidemment je pense à l'Iran. Je n'en parlerai pas ici parce que ce n'est pas le sujet de cette chaîne.

Je me permets juste un petit commentaire sur l'attitude des Ukrainiens face à ces frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. Donc en gros, les Ukrainiens adorent ça. Il faut voir que depuis 2022, pas moins de 57000 drones shahed, donc soit de production, soit de design iranien, se sont abattus sur l'Ukraine avec les dégâts matériels et humains que l'on connaît.

L'Iran démola est un des pays qui avec la Corée du Nord, le Béarusse et la Chine soutiennent le plus l'agression russe contre l'Ukraine. Et donc tout ce qui affaiblit un allié de la Russie voire qui amène à son changement de régime et bien vu de Kief, c'est évidemment bon à prendre. Ça soulève énormément de questions hein sur la cohérence de la position ukrainienne par rapport aux droits international puisque l'Ukraine dénonce l'agression russe depuis 2022, depuis 2014 comme une agression injustifiée en violation du droit international et évidemment en violation de sa propre souveraineté.

Et c'est plus ou moins ce que les Américains sont en train de faire à l'Iran et ce qu'ils ont fait il y a déjà quelques semaines au Venezuela. Et le fait que au Venezuela, ça a été une opération éclaire de quelques heures n'enlève absolument rien à l'illégalité de l'opération au regard du droit international. Et donc à un moment donné, l'Ukraine va peut-être bien devoir adresser cette contradiction.

Et je rajouterai que résoudre cette incohérence est quand même particulièrement important puisque la nature d'un régime ne peut pas justifier que on le change, qu'on souhaite à le renverser depuis l'extérieur. Imaginez si jamais Donald Trump en venait à détester Vodimir Zelenski encore plus que maintenant et à vouloir le renverser par la force comme il l'a fait avec Ali Hameney et comme il l'a fait avec Nicolas Madura. Mais pour l'instant, comme je l'ai dit, les Ukrainiens adorent ça, d'autant plus que ça expose la position de plus en plus marginalisée de la Russie sur la scène internationale.

Moscou n'a rien fait pour aider Bachar Al-Assad en Syrie. Moscou n'a rien fait pour aider Nicolas Maduro au Venezuela. Et Moscou ne fait rien pour aider Ali Hamene et le régime des Mola en Iran.

Et donc assez probablement, on comprend que la Russie ne fera rien pour aider Migwald Ascanel, le dirigeant cubain, une fois que son tour à lui viendra. Et ce qui fait que l'on a vu sur l'année qui s'est écoulée que la capacité de projection de la puissance russe que l'on a longtemps considéré comme étant global, comme étant à l'échelle de la planète et bien elle s'est vraiment régionalisée. Maintenant sa capacité de projection c'est sur 20 % du territoire ukrainien sur le Belarus et sur quelques États africains.

Et ça c'est évidemment un phénomène fascinant à observer. se replie sur soi qui va à l'encontre de la tradition de puissance à laquelle on était habitué nous-même en tant qu'européen, en tant qu'observateur et aussi évidemment qui va à l'encontre des discours du crébelin. Et ça je le dis en tant qu'observateur parce que c'est aussi similaire à la régionalisation de l'Europe.

Ça c'est un thème que j'avais abordé avec le chercheur Pierre Arroche. On était revenu sur son livre dans la forge du monde dans lequel il expliquait que depuis le 16e siècle, les Européens avaient touché l'ensemble de la planète et l'avait plus ou moins façonné à leur image. Au 20e siècle, ils avaient perdu le rôle de moteur des relations internationales, mais ils en étaient quand même restés l'enjeu principal.

On voyait bien que l'Europe était au cœur de la guerre froide, de la compétition entre les États-Unis et l'URSS, mais que maintenant, en ce début du 21e siècle, elle ne devient qu'un objet parmi d'autres des relations internationales qui n'est plus au cœur des grands enjeux de notre époque. Donc évidemment à part ce cas de la guerre en Ukraine, mais qui aussi a perdu ses capacités d'agir sur des dossiers en dehors de sa propre région, que ce soit au proche et au Moyen-Orient, en Amérique latine ou dans l'Indo- Pacifique. Et ça c'est une tendance vraiment intéressante et qui donc est partagée par la Russie qui s'est beaucoup régionalisé ces dernières années avec un phénomène d'accélération depuis que Moscou a décidé de concentrer toutes ses ressources dans sa lutte contre l'Ukraine.

Et ça c'est d'autant plus embarrassant pour l'héritage politique de Vladimir Poutine que l'on voit que sur le terrain le grignotage se fait très lentement que la situation s'est même un peu détériorée ces dernières semaines ou en tout cas qu'elle ne va pas dans le sens désiré par le créelin. Ça on le voit à travers plusieurs indicateurs. Je sais que je mets un certain temps à arriver à ce sujet du front mais j'y arrive.

Euh aujourd'hui, moi j'enregistre le 1er mars. En Ukraine, comme en Russie, le 1er mars, c'est le prer jour du printemps, hein. Donc il ne fonctionne pas euh selon les solstics, mais selon des dates arrêtées.

Voilà, c'est le premier du mois et puis on dit que c'est le printemps et donc ça veut dire que c'est la sortie de l'hiver et euh l'Ukraine a tenu malgré la crise énergétique dont j'ai beaucoup parlé et on voit que cette crise énergétique n'a pas été de nature à pousser le pays à capituler. On le voit aussi dans la poursuite des tirs ukrainiens dans la profondeur russe. Le 27 février, il y a eu une alerte aérienne qui a été déclenchée dans 13 régions de la Russie.

Pour h d'entre elles, c'était la première fois depuis 2022. Et cela à cause de la menace d'un tir de missile ukrainien flamingo qui finalement a visiblement été abattu et n'a rien touché. Mais donc quand même, on est passé d'une opération militaire spéciale qui devait durer quelques jours, quelques semaines en 2022 à avoir 13 régions russes qui font retentir des alertes aériennes, ce qui quand même est assez inédit.

Et puis évidemment donc pour parler de ce qui ne va pas vraiment dans le sens désiré par le créelin et bien on le voit sur le terrain puisque ces dernières semaines on a assister à des contre-attaques très localisées de la part des Ukrainiens qui maintenant avec un peu de recul on sait nonont pas seulement consolidé des positions dans la zone grise mais ont aussi repris des positions russes qu'il tenaient depuis au minimum le mois d'octobre et ça on le voit notamment dans les oblastes de Zaborien et de Nipopetrovsk et notamment dans la direction de Verbové et de BZOV. Alors, je vous avertis tout de suite, ça ne veut pas forcément dire que les Ukrainiens tiennent désormais ces positions de manière pérenne ou alors qu'ils vont encore plus pousser à l'est. D'autant plus que ces derniers jours, on constate grâce à des prises de vue satellites que les Russes ont pris les devants et renforcé les défenses de Ouspenifka et de Temerifka.

Donc c'est une chose pour les Ukrainiens de progresser à travers la zone grise et un peu au-delà sur un terrain qui est principalement composé de steps, de champ sans relief, mais s'attaquer à une ville ou un village fortifié, ça c'est encore autre chose. En tout cas, qu'est-ce que ça donne sur le terrain ? Et bien ça a permis aux Ukrainiens de reprendre le contrôle d'une ligne de défense qu'ils avaient établie auparavant mais que donc les Russes avaient percé et à partir de là de consolider les défenses autour de Pokrovsky.

Donc non pas Pokrovsk mais qui est une des villes qui est sur le chemin des Russes vers l'ouest. Et ne serait-ce que ça c'est un succès tactique notable pour l'armée ukrainienne qui est sur la reculade depuis déjà de longs mois, de longues années et qui n'a plus de bonnes nouvelles à annoncer. depuis l'incursion dans l'oblast de course en territoire russe.

Ça c'était en août 2024 et on sait comment ça s'est terminé et donc c'est important d'autant plus que ça met aussi en valeur un autre grand succès là pour le coup du ministre de la défense Mirail Fedorov qui a réussi à négocier avec SpaceX. Donc ça, j'en avais déjà parlé, le débranchement des terminaux au côté russe et ça selon les données du ministère de la défense et bien cela diminuer la connectivité des drones russes par 11 ce qui évidemment soulage les forces ukrainiennes tout le long du front. Cela étant dit, on voit que ces avancées ukrainiennes, elles sont très localisées et que même si les Russes sont désavantagés par le débranchement de l'air terminaux Starlink, leur front ne s'est pas effondré et ils ont déjà mis en place leur propre système de communication, moins efficace mais ça marche quand même.

Et quandbien même ils auraient été aveuglés sur les 1400 km de la ligne de front, et bien on voit que les Ukrainiens n'ont tout simplement pas la capacité de les repousser un peu partout simultanément. Ça, la question des ressources humaines et de la crise du recrutement, c'est une donnée fondamentale avec laquelle l'Ukraine va devoir vivre pendant encore toute la durée de cette guerre et probablement encore après. Et la meilleure preuve, c'est que les Russes continuent de pousser dans plusieurs autres secteurs, notamment autour de Royal Polé, hein.

On voit qu'il continu à l'ouest pour tenter de modeler le front et contourner les défenses de la ville de Orif et donc ensuite continuer leur avancée vers la ville de Zaporia. et que les Russes continuent aussi à pousser très brutalement contre Constantinfka. Euh regardez cette vidéo d'une attaque d'un quartier de Constantinfka euh par des bombes au phosphore qui sont censées être interdites parce que elles sont incendiaires et particulièrement dangereuses mais qui ont été utilisées plusieurs fois dans le cadre de ce conflit.

Et dans le même temps, à la fin de la semaine dernière, les Russes ont aussi diffusé cette vidéo d'une attaque contre un barrage donc autour de Constantinka, ce qui peut mener à des inondations mais aussi à la contamination de l'eau potable. Évidemment, il y a beaucoup moins de civils à Constantinfka qu'il y a quelques semaines, mais on s'imagine bien ce que ce genre d'attaque peut faire pour encore aggraver la crise humanitaire qui existe. Et donc la poussée russe, elle se poursuit et si les drones ont perdu en connectivité et bien on voit que les Russes ont encore tout un tas de méthodes de destruction à leur disposition.

Ce qui fait que ces données chiffrées de reprises de 300 km² 400 km² en fait ça n'a pas vraiment beaucoup d'importance car elle ne révèle pas une tendance générale qui permettrait d'inverser le rapport de force sur le terrain. C'est un phénomène qui est important hein pour la zone concernée et notamment évidemment pour renforcer les défenses de Pokrovsky. Mais ça ne veut pas forcément dire grand-chose au-delà.

Et donc il faut évidemment saluer la capacité des Ukrainiens à mener des contre-attaques localisé, mais il ne faut pas non plus tomber dans le piège des effets d'annonce du leadership ukrainien. Ce qui vaut aussi évidemment he pour le côté russe qui est aussi spécialisé dans des effets d'annonce qui n'ont pas beaucoup de prise avec la réalité. Et dans la même perspective, hein, pour terminer cette vidéo, euh je mentionne qu'il faut se méfier des annonces ukrainiennes concernant les pertes russes sur lesquelles visiblement euh le ministère de la défense a construit une bonne partie de sa stratégie.

He j'en avais déjà fait une vidéo. C'est-à-dire que Mirailo Fedorov a fixé l'objectif de 50000 morts russes par mois comme un espèce de seuil ultime qui à un moment donné pousserait la Russie à cesser le combat. J'en avais déjà fait une vidéo en exprimant mon scepticisme.

Et ce scepticisme, il est partagé par le média russe indépendant Musa qui conduit des enquêtes assez rigoureuses sur ces question des pertes et qui en fait a mené donc sa propre enquête et qui s'est aperçu qu'il y a bien eu une augmentation du nombre de per donc du nombre de morts russes à la fin de l'année 2025 mais que cette augmentation était pour une bonne partie liée à des procédures administratives pour clore des dossiers de soldats disparus. Donc des soldats disparus depuis des mois, depuis des années et bien par décision de justice, ils ont été prononcés morts au combat et ce qui a donc automatiquement gonflé les statistiques des pertes. Selon Médusa, on serait plus proche donc sur les mois de novembre, décembre, janvier de 27000 pertes russes par mois.

Donc par perte, on entend évidemment les morts, les blessés graves et les disparus euh plutôt que les 35000 annoncés par Mirailo Fedorov et repris par Volodimir Zelenski. Et donc évidemment, on reste très loin de l'objectif de 50000 morts russes par mois. Et donc je reviens là-dessus, il faut se méfier de ces effets d'annonce et plutôt se référer aux logiques à l'œuvre sur le terrain.

Et c'est logique, c'est que effectivement les Ukrainiens ont repris et consolidé quelques positions dans un secteur très particulier, mais que globalement les Russes conservent l'initiative et ils s'en servent pour continuer à grignoter du terrain et pour continuer à pousser sur plusieurs zones du front en même temps. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. je file et je vous retrouve très vite.